- il y a 2 mois
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM, grand soir, se poursuit. A 22h30, on accueille Didier François.
00:04Bonsoir Didier, le général Vincent Desportes, ancien directeur de l'école de guerre.
00:08Bienvenue à vous sur ce plateau.
00:10Ulysse Gosset est avec nous, Edwige Chevrillon également.
00:13Bernard Guetta va nous rejoindre dans un instant.
00:14Il a un tout petit peu de retard, mais voilà, on l'attend.
00:18La place est là.
00:19Il nous rejoindra dans quelques minutes.
00:21On voulait évidemment parler de cet accord historique.
00:25C'est en tout cas en ces termes que Vladimir Zelensky en parle.
00:28Kiev qui veut acheter 100 rafales à la France.
00:31Ce serait une première.
00:32Alors attention, il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un engagement politique réciproque.
00:38On écoute les mots d'Emmanuel Macron ce lundi.
00:42Cet accord prévoit ainsi un renforcement de la coopération bilatérale, immédiat et sur les dix prochaines années.
00:50Avec l'acquisition de capacités décisives à très court terme.
00:54Drones, intercepteurs de drones, bombes guidées.
01:00Ensuite, avec l'acquisition de nouveaux systèmes de défense antiaérienne, sametés de nouvelles générations.
01:06Et puis l'acquisition jusqu'à 100 rafales, nos chasseurs de dernière génération, avec leur armement complet.
01:15Qu'on comprenne bien déjà, Ulysse Gosset, là on ne parle pas d'un contrat.
01:19C'est une sorte de document symbolique où on s'engage à envoyer 100 rafales à l'Ukraine.
01:25Ce n'est pas un bon de commande.
01:26C'est une lettre d'intention.
01:28Comme une lettre d'intention qui a été signuée en Suède pour l'achat de 100 à 150 chasseurs grippens suédois.
01:37Mais rien n'est fait en réalité.
01:39C'est le début d'une longue négociation qui va durer des mois, des semaines, peut-être même des années.
01:46Car il faudra déterminer le prix, le moment de la livraison.
01:49Il faudra déterminer les types d'armement, la formation des pilotes.
01:52Donc il y a un travail considérable.
01:54Donc c'est surtout un symbole d'un engagement supplémentaire de la France.
01:58Et c'est surtout la promesse d'un investissement pour l'avenir de la sécurité de l'Ukraine.
02:03Mais pas seulement d'Ukraine.
02:04C'est ça qui est intéressant en fait.
02:05C'est qu'on investit sur une défense aérienne à l'échelle de l'Europe.
02:10Parce que le financement, il faudrait bien qu'il vienne de quelque part.
02:12Et ce n'est pas l'Ukraine qui n'en a pas les moyens.
02:15Encore aujourd'hui, on a vu que l'Ukraine avait un déficit programmé de 26 milliards d'euros.
02:20Donc l'Ukraine n'a pas les moyens d'acheter sans rafale.
02:22Mais par contre, l'Europe pourrait financer cet achat.
02:26Avec l'aide de la France bien sûr.
02:28Mais ce qui est important, c'est que l'idée de Zelensky,
02:30c'est de constituer une flotte aérienne de quelques 250 appareils
02:34pour se prémunir de toute attaque russe dans le futur.
02:38Une fois la guerre terminée, une fois le cessez-le-feu signé.
02:41Et là, ça garantirait pour des décennies.
02:44Puisqu'on parle, si vous voulez, en fait, d'un accord qui va porter sur une décennie
02:48qui commencerait dans trois ans avec la formation des pilotes
02:51et peut-être des premières livraisons d'ici 2030, mais pas avant.
02:54Donc c'est un travail de longue haleine.
02:56C'est spectaculaire.
02:57Mais pour l'instant, ce n'est qu'une annonce.
02:59Alors, ce n'est qu'une annonce.
03:01Et vous le dites, on se projette là sur un horizon d'une dizaine d'années.
03:04Bernard Guetta vient de nous rejoindre, député européen,
03:06réunion et spécialiste de géopolitique.
03:08Bienvenue à vous sur ce plateau.
03:12Quand est-ce que les premiers rafales pourraient être livrés ?
03:15En fait, peut-être même après la guerre, c'est ça ?
03:18Après la fin de la guerre en Ukraine ?
03:19On prépare l'après-guerre avec cette livraison ?
03:21Après l'éventuelle fin de la guerre en Ukraine, c'est possible.
03:24S'il y a un cessez-le-feu et un accord que je n'oserais pas qualifier de paix, disons tout simplement,
03:30un accord avant 2027, comme le président de la République voudrait le croire.
03:36Ce qui n'est pas prouvé, c'est un souhait dans sa bouche.
03:39C'est un souhait, mais c'est intéressant.
03:42On prépare donc l'après, c'est ça Didier François ?
03:44Alors pas seulement.
03:45En fait, on prépare les deux.
03:46C'est-à-dire que par exemple, les bombes guidées qu'on va donner là,
03:49c'est sur les trois prochaines années, il y en a 600.
03:51Les bombes guidées, ce n'est pas l'après, c'est maintenant.
03:53Les drones intercepteurs, ce n'est pas l'après, c'est maintenant.
03:56Donc en fait, vous voyez bien qu'il y a toute une palette qui va être prévue dans cette palette d'intention,
04:00qui commence par des besoins immédiats.
04:02En attendant qu'on mette au point justement le contrat Rafale
04:05et de savoir comment exactement vont se monter les chaînes qui permettraient de les fabriquer,
04:10parce que là aujourd'hui, une centaine de Rafale,
04:12ça serait l'équivalent de deux ans de production d'assaut l'année prochaine.
04:15Ils sont en train de monter en cadence.
04:17Bien sûr, et ils seraient à cinq.
04:19La montée en cadence, ça veut dire justement cinq par mois pendant onze mois,
04:22ce qui veut dire cinq ans de par an à la louche.
04:24Donc 100, ça veut dire deux ans.
04:26Donc c'est ça l'idée.
04:27Donc là, il faudra peut-être faire une chaîne à côté, c'est ça qui va être négocié.
04:30C'est en ça que la lettre d'intention permet de commencer des négociations sérieuses pour 2035.
04:36Et entre les deux, il y aura quelque chose qui va se passer,
04:38qui n'est pas annoncé dans la lettre d'information.
04:40On va essayer de travailler aussi à la fourniture.
04:43Ce qu'on a commencé à faire, des Mirage 2000-5,
04:46puisque là, il y en a trois qui ont été donnés, trois autres qui vont arriver.
04:49Et comme il y a une partie des Rafales qui vont être vendues,
04:52douze Rafales vont être vendues à la Grèce,
04:54la Grèce a des Mirage 2000 qui, entre-temps, pour faire la soudure,
04:58pourraient être transférées à l'Ukraine.
05:00Donc en fait, tout ça est quand même déjà bien avancé, malgré ce qu'on dit,
05:03parce qu'évidemment, ça ne sort pas du chapeau.
05:06Et donc, en fait, on voit bien que l'idée générale de Manœuvre,
05:11c'est de pouvoir commencer à préparer la souveraineté,
05:14comme l'a très bien expliqué Ulysse,
05:15la souveraineté ukrainienne, mais aussi la souveraineté européenne.
05:18Parce que cette affaire-là, en fait, on a deux cagnottes possibles en Europe.
05:22On a le système SAFE, où il y a 150 milliards.
05:27Et pour l'instant, il n'y a que les Américains qui en profitent.
05:29Et il y a le système qui est sur 140 milliards des intérêts, des avoirs gelés.
05:33Alors vous savez quoi ? On va parler de la question du financement,
05:36parce qu'elle est effectivement primordiale.
05:38Mais juste avant, pour que les téléspectateurs qui nous regardent comprennent,
05:40on parle de Rafale.
05:42Pourquoi est-ce que le fait que la France s'engage à livrer 100 Rafales à l'Ukraine
05:46est si important ?
05:47Est-ce que c'est un game changer, comme on dit ?
05:51Est-ce que ça peut changer la donne ?
05:52Jusque-là, on avait livré des Mirages.
05:56Quelle est la plus-value d'un Rafale par rapport à un Mirage, par exemple ?
05:59Alors la réponse, c'est que ça ne change pas la donne.
06:01Ça ne change pas la donne sur la guerre immédiate.
06:04Ça change la donne après.
06:07Et je crois que c'est important de bien comprendre,
06:09de ne pas se laisser abuser.
06:12Ce n'est pas parce qu'on va livrer peut-être 100 Rafales
06:14que la guerre est gagnée, comme le disait Didier François.
06:18La guerre, elle est maintenant, la situation est critique.
06:21Et il est important maintenant, pour qu'un jour,
06:23on donne des Rafales ou qu'on vende des Rafales à l'Ukraine,
06:25qu'on n'oublie pas le présent et qu'on aide l'Ukraine immédiatement.
06:29Et on voit bien que c'est absolument urgent
06:32que sur toute la ligne de front, les Ukrainiens reculent, etc.
06:38Néanmoins, c'est pour le futur, mais c'est aussi pour le présent.
06:41Parce que c'est un signe, si vous voulez, de la volonté de la France et de l'Europe
06:45de se dire, on tiendra ferme, on tiendra ferme longtemps.
06:49Or, on sait que Poutine n'a aucune raison de s'arrêter aujourd'hui.
06:53Et qu'il ne s'arrêtera que si, dans son calcul coût-avantage,
06:56il se dit, au fond, ces gens que je prenais pour des faibles en 2022
07:00se sont enfin réveillés et ont décidé à faire face.
07:04Et donc, ça peut changer son calcul stratégique, en quelque sorte.
07:08Et donc, je crois que c'était un signal politique et psychologique tout à fait important.
07:12C'est un signal donné, Bernard Guetta, à Vladimir Poutine.
07:15C'est vrai qu'on en parlait sur ce plateau il y a quelques jours.
07:17Le chef d'état-major des armées qui disait,
07:19Vladimir Poutine considère que l'Europe est faible.
07:22Là, on est en train de lui dire, non, on tiendra bon,
07:25et pour les dix prochaines années, s'il le faut.
07:27Écoutez, moi, je crois que trois choses se sont jouées aujourd'hui.
07:32La première, c'est qu'on va délivrer dans l'immédiat,
07:36enfin, aussi rapidement que possible, dans les semaines ou les mois qui viennent,
07:39des moyens à l'Ukraine de résister plus fortement qu'elle ne peut le faire jusqu'à présent.
07:45Deuxièmement, il y a un message qui est envoyé,
07:47et ça, ça me semble absolument fondamental,
07:49je vous rejoins complètement.
07:50Quoi complètement, M. Poutine, contrairement à ce que vous pensez,
07:54nous ne sommes pas des lavettes, nous serrons les rangs,
07:57nous allons mettre de l'argent,
07:59nous allons augmenter la cadence de nos chaînes de production,
08:03et cela, s'il le faut, pour les dix années qui viennent.
08:07C'est-à-dire, le message est très, très fort.
08:09Et puis, il y a une troisième chose qu'il ne faut absolument pas sous-estimer.
08:13D'une manière ou d'une autre, il peut y avoir, avant 2027, après 2027,
08:17un accord de cessez-le-feu, un accord de cessez-le-feu bon pour les Ukrainiens
08:21ou bon pour les Russes, on verra, c'est une question.
08:23Bon, mais il sortira de cet accord de cessez-le-feu
08:27deux Ukraines, comme il était sorti,
08:30deux Allemagne, comme il y a toujours deux Coquere.
08:33Et la France vient de prendre une place très, très importante,
08:39en vérité, la première place,
08:42dans la future Ukraine libre, je dirais,
08:44ou la future Ukraine démocratique,
08:46et donc, dans l'ensemble du cœur de l'Europe,
08:51et troisièmement, donc,
08:54dans le dispositif de défense commune
08:58que l'Europe est en train de développer.
09:01À condition que les Européens agissent.
09:05D'une certaine manière, c'est un message à Poutine,
09:07c'est presque un défi nouveau à Poutine, lancé par Macron,
09:09et certainement, il y aura des déclarations fortes
09:12de la part du président russe,
09:13mais c'est aussi un message à Trump
09:16qui, lui, espère continuer à vendre des F-35 aux Européens.
09:20Et c'est là où l'accord, aujourd'hui, de principe, est intéressant,
09:24parce que, que dit Macron, finalement, aux Européens ?
09:27La France n'a pas d'argent, elle est en déficit,
09:29l'Ukraine n'en a pas non plus,
09:31nous, nous sommes prêts à faire des efforts,
09:32mais il faut que tout le monde participe.
09:34Et donc, si les Européens continuent à acheter des F-35,
09:37au lieu d'acheter, par exemple, des Rafales,
09:38ou des avions de chasse suédois, comme les Grypens,
09:41alors, on va changer la donne.
09:43Et le message, il est là aussi, aujourd'hui, à l'Élysée,
09:46c'est de dire aux Européens,
09:47oui, c'est vrai, c'est très dur de trouver l'argent,
09:49mais il y a quand même des fonds.
09:50La Commission européenne a plusieurs dizaines de milliards de dollars d'euros
09:54qui sont prêts à être investis,
09:55et les Allemands, les Polonais, continuent à acheter américains.
09:59Donc, il faut qu'ils se mettent à acheter européens,
10:02et pourquoi pas français ou suédois.
10:03Ça coûte combien, Louis Chevrillon, une centaine de Rafales ?
10:06Il y a un expert, je disais, qui disait que c'est environ 30 milliards d'euros.
10:08Un Rafale, c'est entre 80 et 100 millions,
10:10ça dépend ce qu'on met dessus.
10:12En plus, ça serait la dernière version des Rafales.
10:15Juste un point, les Allemands, voire les Polonais,
10:17ils continueront toujours à acheter des F-35,
10:19parce qu'en tous les cas, derrière,
10:21il y a toute une question de logistique, de logistique nucléaire.
10:24Ils achèteront toujours des F-35.
10:27Je pense que c'était une manière,
10:29puisque Trump a été mis en échec par Vladimir Poutine,
10:32c'est une manière aussi de montrer que l'Europe pouvait retrouver sa place,
10:37et puis la France, comme l'a dit Ulysse,
10:39est redevenue dans la course,
10:41parce que le 22 octobre dernier,
10:43la Suède a effectivement signé une très grosse commande
10:45de ces fameux 115 GRIPEN-E,
10:47des fameux GRIPEN-E.
10:49Donc, c'est une manière pour le président français
10:52de montrer que la France était toujours là.
10:55Et puis, il faut voir que si on n'a pas d'argent,
10:56surtout quand on n'a pas de budget,
10:58si jamais on revient au budget 2025
11:00et non pas le budget qui pourrait être voté,
11:03alors là, la loi de programmation militaire,
11:05elle est un peu à sec.
11:06Donc, il y a très peu d'argent,
11:08mais en revanche, nous, on a des idées,
11:09c'est-à-dire qu'on a des Rafales.
11:10On a vraiment...
11:12Nous, on peut être ceux qui peuvent faire
11:14gagner l'Ukraine
11:16et éventuellement, derrière,
11:18préparer l'après-guerre.
11:19Ça, c'est le côté positif.
11:20Alors, maintenant, reste la question,
11:22comme le disait Didier,
11:23de comment Éric Trappier,
11:26le patron de Dassault,
11:27peut arriver à gérer autant de Rafales,
11:29parce qu'il faut en Inde,
11:31il faut en Grèce,
11:32il faut aussi en Moyen-Orient,
11:33il y en a...
11:34Tout le monde a des Rafales.
11:34Pour donner l'idée, par exemple,
11:36le plus gros acheteur de Rafales, c'est qui ?
11:38C'est l'Inde.
11:39Non, ce sont les Émirats avec 80 Rafales.
11:41Oui, mais bien sûr, ça sera...
11:42En Inde, c'est 90.
11:43Oui, en Inde, c'est 90.
11:44L'Indonésie.
11:46Vous voyez, l'ordre de grandeur,
11:47on s'engage à verser,
11:49enfin, à donner ou à vendre
11:52des Rafales à l'Ukraine
11:53à l'auteur de 100 appareils.
11:55C'est considérable.
11:56Est-ce qu'on en a les moyens ?
11:57J'ai posé la question tout à l'heure à l'Élysée,
11:59il y avait l'un des ministres présents
12:01et je lui ai dit
12:01qu'est-ce que ça aura comme implication
12:03pour l'armée française ?
12:04Est-ce que, par exemple,
12:05on va retirer de l'armée française,
12:09pour les donner aux Ukrainiens ?
12:10Et la réponse n'a été pas question.
12:12Donc, on ne va pas dépoiler l'armée française ?
12:13Mais non, ça veut dire qu'il faut maintenant
12:15déjà passer une chaîne,
12:16qu'il faut donner une chaîne de montage.
12:17Ça a été le cas, ça a déjà été le cas.
12:19Ulysse, pardon, mais un mot,
12:21on ne va pas les donner,
12:22on va les vendre.
12:23Oui, attendons de voir.
12:24Attendons de voir.
12:25Mais alors, on ne va pas les donner,
12:27on va les vendre.
12:28Alors, on va les vendre,
12:29mais il faut les produire.
12:30Alors, comment on va faire ?
12:31Pour les produire, écoutez,
12:33ça ne va pas se faire du jour au lendemain,
12:36absolument, on va monter la cadence.
12:37Je crois qu'aujourd'hui,
12:39Dassault produit, si je ne me trompe pas,
12:41trois rafales par mois,
12:42on passerait à cinq.
12:43Oui, trois rafales,
12:43il y a déjà une nouvelle ligne
12:44qui a été faite,
12:45qui a été créée maintenant.
12:46Il faut peut-être recréer
12:47une troisième, je crois.
12:50Mais en fait, pour l'instant,
12:51on dit ça.
12:51Justement, c'est pour ça que
12:52la lettre d'intention, justement,
12:54permettra de régler ces questions-là.
12:57Ça sera partie des discussions.
12:59Est-ce qu'il y a la possibilité
13:01d'ouvrir une chaîne spécifique
13:02pour les Ukrainiens,
13:04puisqu'on est sur un volume
13:05quand même qui est conséquent ?
13:06Encore une fois,
13:07on serait sur deux ans
13:08de production complète
13:09des chaînes totales
13:10abouties de Dassault.
13:12Donc, vous voyez bien
13:12que là, on pourrait aussi discuter
13:14ce qui a été discuté
13:14pour les 90 rafales indiens,
13:17d'une partie de la production
13:18sur place,
13:19avec des joint ventures.
13:21Ce qu'on fait d'ailleurs
13:21avec les drones,
13:22puisqu'on va ouvrir une usine
13:24de fabrication de drones mâles
13:25en Ukraine.
13:27Donc, on est sur des choses
13:28comme ça qui sont en train
13:29d'être travaillées.
13:30C'est compliqué parce qu'il y a
13:32des problèmes de savoir
13:33qu'est-ce qu'on transfère,
13:33qu'est-ce qu'on transfère par,
13:34qu'est-ce qu'on garde,
13:35qu'est-ce qu'on ne garde pas.
13:36Mais en fait,
13:37on ne pouvait pas rentrer
13:38dans cette discussion concrète
13:40de fabrication
13:41s'il n'y avait pas
13:42la lettre d'intention.
13:43Cette lettre d'intention...
13:43Et là, c'est un aspect
13:44très intéressant d'idée.
13:44C'est le fait qu'il y a
13:45une coopération
13:46qui va s'engager
13:47entre les industriels français
13:49de la défense
13:49et les Ukrainiens
13:50qui sont de grands experts.
13:52Vous savez,
13:52du temps de l'Union soviétique,
13:53c'est en Ukraine
13:54qu'on fabriquait les fusées
13:55en particulier
13:55et les avions de chasse.
13:57Donc, il y a déjà
13:57une coopération
13:58qui s'est engagée
13:59sur les drones.
14:00Maintenant,
14:00est-ce qu'on peut travailler
14:01sur le futur Rafale
14:03ou des pièces du Rafale
14:04qui soient fabriquées
14:05en Ukraine
14:05en même temps qu'en France
14:07et assemblées le tout ?
14:08Ça, c'est un vrai enjeu
14:09pour l'avenir.
14:10Un autre enjeu.
14:10Bernard Guetta,
14:11le Rafale sera capable
14:12entre autres
14:13d'affronter
14:14les meilleurs chasseurs russes,
14:15de faire des raids
14:16pénétrant en Russie
14:17pour pouvoir,
14:18le cas échéant,
14:18frapper des cibles
14:19de haute valeur
14:20comme une usine
14:21de drones Shahed.
14:22C'est clairement,
14:23on le disait,
14:23un message à Vladimir Poutine.
14:26Comment va réagir
14:27le Kremlin ?
14:29Pour l'instant,
14:30pas de réaction officielle.
14:31Est-ce qu'il faut s'attendre
14:32à une vengeance
14:33de la part de Vladimir Poutine ?
14:35Écoutez,
14:36ils peuvent multiplier
14:37les actions hostiles
14:38qu'ils multiplient
14:39depuis des mois
14:40et des mois
14:41contre nous.
14:42Elles peuvent être
14:43un peu plus spectaculaires
14:44mais il ne faut pas
14:45s'attendre
14:46à ce que Vladimir Poutine
14:47ne bombarde Paris
14:48ni même
14:49le moindre village
14:51en France.
14:51Alors on dit
14:52les réactions de Poutine,
14:53les réactions de Poutine
14:53très bien,
14:54restons calmes
14:55car lesquelles ?
14:56Et de toute manière,
14:58le jour où les rafales
14:59seront livrées
15:00à l'Ukraine
15:01et entreront en action,
15:02ils ne seront pas pilotés
15:03par des pilotes français.
15:04Ils seront pilotés
15:06par des pilotes...
15:08Il faut les former.
15:08Bien sûr,
15:09il faut les former.
15:10Ce que je veux dire par là,
15:12c'est que la France
15:12ne va pas entrer en guerre.
15:14On ne devient pas
15:14co-bénigérant
15:15comme l'insinuent
15:16certains déclarations.
15:17On a des mirages.
15:18Nous sommes alliés,
15:20naturellement,
15:21nous le sommes
15:22de plus en plus
15:23et à mes yeux,
15:24c'est plus que souhaitable
15:25et c'est même
15:26long overdue
15:27comme on dit
15:28en anglais,
15:29c'est-à-dire qu'on arrive
15:29même un peu tard,
15:31même très très tard,
15:32mais nous ne sommes pas
15:33que belligérants.
15:35Il n'y aura pas
15:35de troupes françaises
15:36en Ukraine,
15:37il n'y aura pas
15:37de pilotes français
15:38dans les rafales
15:39qui seront livrés
15:40à l'Ukraine.
15:40– Mais ça reste
15:41un tournant,
15:42ça reste un tournant
15:43que la France…
15:43– Ça s'inscrit dans la durée,
15:44c'est là où est le tournant,
15:46c'est-à-dire que ce n'est pas
15:46uniquement,
15:47on ne livre pas
15:48pour trois mois,
15:48quatre mois,
15:49on s'inscrit dans dix ans.
15:51– Mais c'est ça
15:52le tournant,
15:52c'est le message
15:53qui est envoyé
15:54à Poutine,
15:55contrairement à ce
15:57que vous croyez,
15:58ce n'est pas
15:58parce que
15:59les États-Unis
16:01trahissent l'Ukraine
16:02et trahissent
16:03leurs alliés européens,
16:04ce n'est pas
16:04parce que
16:05vous multipliez
16:07les bombardements
16:08contre les infrastructures
16:09du pays
16:10de l'Ukraine
16:11et contre les zones
16:12d'habitation civile
16:14que nous allons reculer,
16:16que nous allons lâcher l'Ukraine,
16:18bien au contraire.
16:19Vous voyez la conséquence
16:21de vos actes,
16:22c'est que nous nous engageons
16:22sur dix ans.
16:23– C'est ça,
16:24mais je repose ma question
16:25en général de départ
16:26puisque,
16:27et je viens vers vous,
16:27je vous le promets,
16:29mais c'est un tournant
16:32dans le sens où
16:32je me souviens quand même
16:32du début de la guerre
16:33où on faisait attention
16:36au moins à la moindre arme
16:37que l'on fournissait
16:38à l'Ukraine.
16:38– Comme on avait peur.
16:39– Est-ce que c'est
16:40une ligne rouge
16:41qu'on est en train
16:41de franchir
16:42vis-à-vis de Vladimir Poutine ?
16:43Et on en est maintenant
16:43à signer,
16:45non pas un contrat
16:46tout de suite,
16:47mais une lettre d'intention
16:48pour dire
16:49sur dix ans
16:50on vous fournira
16:51sans rafale.
16:52En ça,
16:52on a vraiment évolué
16:53nous la France.
16:54– Sur l'affaire
16:55des lignes rouges,
16:55on doit en être
16:56à la centième ligne rouge
16:58qui est un concept
16:59poutinien
17:00qui est établi.
17:01Qu'a fait l'Europe
17:03elle a eu peur
17:04de Poutine
17:05et donc
17:06elle a procrastiné,
17:07elle a attendu
17:08et elle n'a rien fait.
17:10Ce qui fait que l'Europe
17:11qui est quand même
17:12dans le PIB
17:12dix fois supérieure
17:13à celui de la Russie
17:14donc globalement
17:15les forces militaires
17:16sont à peu près
17:17équivalentes
17:17à celles de la Russie
17:18est en train
17:19de perdre cette guerre
17:20parce qu'on a toujours
17:21eu peur de Poutine
17:22et je crois
17:23qu'il était temps
17:24enfin de dire
17:25nous n'avons plus peur
17:26et nous faisons.
17:27Imaginez à l'inverse
17:28que le 25 février 2022
17:31tout ce qu'on a pu donner
17:33en trois ans et demi
17:34on les donnait
17:35en un coup
17:35mais la guerre
17:35se s'arrêtait immédiatement
17:37immédiatement
17:38donc il est temps
17:39de faire ça.
17:42Certains disent
17:43mais non
17:43n'énervons pas Poutine
17:45il risque d'être
17:46un peu plus agressif.
17:47Là je les renvoie
17:47à ce que disait
17:48le général de Gaulle
17:48en 1962
17:49au moment
17:50d'une bure de Berlin
17:51il disait
17:52tout recul
17:52excite l'agresseur
17:55qui accroît
17:56son agressivité
17:57et donc je crois
17:58qu'il était temps
17:59enfin
17:59d'avoir
18:00une police enferme.
18:01Je rappelle
18:01que depuis le début
18:02de la guerre
18:02nous sommes en réaction
18:04on ne fait pas de stratégie
18:05on répond à Poutine
18:06et bien pour une fois
18:07on passe en proaction
18:08et on ne peut
18:09véritablement
18:10Oui c'est vrai
18:10sur le long terme général
18:11mais dans le court terme
18:12il va falloir que l'Ukraine
18:14résiste concrètement
18:15aux attaques de Poutine
18:16qui sont de plus en plus
18:17nombreuses, violentes
18:18par exemple
18:18C'est ce que je disais tout à l'heure
18:19Autre exemple
18:20aujourd'hui
18:21La France a cette fois
18:22signé un contrat
18:23pour vendre
18:2455 locomotives
18:26à l'Ukraine
18:27Pourquoi c'est important ?
18:28Parce que Alstom
18:29des locomotives
18:30produites à Bruxelles
18:31ça ça nous touche directement
18:32et ça c'est de l'argent cash
18:33Pourquoi cette commande
18:35est importante ?
18:36Parce que Poutine
18:37est en train de bombarder
18:38le réseau ferroviaire
18:39ukrainien
18:39ce qu'il ne faisait pas avant
18:41Il avait bombardé des gares
18:42faisant de nombreuses victimes
18:43mais pas les trains
18:44et donc il y a aussi là
18:45du changement
18:46donc il faut assurer
18:47le court terme
18:47c'est vrai que le message
18:48à long terme
18:49on peut dire que c'est un tournant
18:50mais il faut aussi accélérer
18:52sur le moment
18:53pour empêcher par exemple
18:54que le front ne bouge trop
18:56et que Poutine en profite
18:57et qu'il fasse tomber
18:58ville les unes après les autres
19:00et je dirais une dernière chose
19:01sur l'importance du contrat
19:03c'est que ça va donner
19:04du baume au cœur
19:04à tous les soldats ukrainiens
19:05qui sont dans les tranchées
19:06ou qui sont dans les villes
19:09et qui subissent
19:09les bombardements russes
19:11chaque jour
19:11on le voit le matin
19:12en se réveillant
19:13après des bombardements à Kiev
19:14Alors que la situation
19:15reste extrêmement compliquée
19:16Elle est très dure
19:17pour une raison simple
19:19c'est qu'en fait
19:19là pour le coup
19:21on n'y peut rien
19:22il n'y a pas que les armes
19:23pour faire la guerre
19:23le problème des ukrainiens
19:24aujourd'hui c'est les hommes
19:25donc ils ont un vrai problème
19:26quand l'essentiel des brigades
19:28sont à 70% de leurs effectifs
19:29et manquent 30% des effectifs
19:31sur un front de 1200 km
19:32c'est un problème
19:33moi je suis encore allé
19:35voir sur la ligne de front
19:36les commandants
19:37ceux qui manquent aujourd'hui
19:38ce qui leur pose problème
19:39c'est qu'il n'y ait pas
19:40de mobilisation
19:40des jeunes de 18 à 25 ans
19:42la moyenne d'âge
19:43d'un mec d'infanterie
19:44dans une tranchée en Ukraine
19:45c'est 42 ans
19:46donc ils ramassent
19:47avec les drones etc
19:48plus deuxième chose
19:50c'est que le drone
19:51c'est bien gentil
19:51et ça a servi
19:52à bloquer les russes
19:54pendant tout l'été
19:54sauf que là aujourd'hui
19:56il y a depuis 10 jours
19:57il y a de la brume
19:58de tous les côtés
19:59et du brouillard
19:59de tous les côtés
20:00donc les drones
20:01ils ne volent pas
20:02et les russes
20:02ils envoient des vagues d'assaut
20:04qui eux n'ont rien à foutre
20:05de savoir s'il y a du brouillard
20:05ou pas
20:06parce que c'est des ouzbeks
20:07des tchouks
20:08et des coréens du nord
20:10et qu'ils avancent
20:11et c'est comme ça
20:11que ça se passe
20:12à Pocrofs etc
20:13donc attention
20:14il ne faut pas tout mélanger
20:14tout n'est pas que de l'armement
20:16tout n'est pas
20:17voilà
20:17et le sujet
20:18et les Ukrainiens
20:19le connaissent parfaitement
20:20il est celui-là aujourd'hui
20:21donc là
20:22et pour essayer
20:24de résoudre ça
20:24effectivement
20:25la première phase
20:26ça a été
20:27de donner des capacités
20:28de frappe
20:28un peu plus lointaines
20:29d'où le premier contrat
20:31qui tombe
20:31sur les trois prochaines années
20:32de donner 600 bombes guidées
20:34ça c'est important de le faire
20:36et je rappelle
20:36pour tous ceux
20:37qui ont la trouille
20:37que Poutine s'énerve
20:38parce qu'il y a des rafales
20:39qu'il y a des mirages
20:41qui volent et qui abattent
20:42des missiles balisiques russes
20:45depuis maintenant
20:45plusieurs mois
20:46et que ça n'a pas fait bouger
20:48une oreille
20:48à qui que ce soit
20:49donc il ne faut pas avoir peur
20:51de Vladimir Poutine
20:51il ne faut pas avoir peur
20:52de personne
20:52surtout pas
20:53en principe de base
20:55il n'y en a que des rapports de force
20:57non mais
20:57c'est très simple
20:58si on ne bouge pas
21:00ce qu'on a largement fait
21:02au début
21:03de l'agression russe
21:04contre l'Ukraine
21:05et bien
21:05Poutine avance
21:06Poutine
21:07il n'aurait aucune raison
21:08de freiner
21:10de ralentir
21:11son action
21:11et encore moins
21:12de reculer
21:13si nous ne montrons pas
21:14les dents
21:15il faut lui dire
21:16si vous continuez
21:18si vous avancez
21:19si vous progressez
21:20et bien
21:20ça aura un prix
21:22et le prix
21:23aujourd'hui
21:24on vient
21:25d'en montrer
21:26le montant
21:27merci beaucoup
21:28merci Bernard Guetta
21:28d'être venu sur notre plateau
21:29merci général
21:30Didier François
21:31et Ulysse Gosset
Écris le tout premier commentaire