- il y a 7 mois
- #legrandrdv
Pierre de Vilno reçoit Hervé Morin, président de la région Normandie et ancien ministre de la Défense dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour, bienvenue au Grand Rendez-vous Europe 1 CNews, Les Echos.
00:04Bonjour Hervé Morin.
00:05Bonjour Pierre-Hervé Villeneuve.
00:06Merci d'être avec nous, vous êtes président des centristes,
00:08président de la région Normandie et ancien ministre de la Défense.
00:12Nouvelle semaine en perspective avec peut-être une dissolution,
00:16peut-être une censure, peut-être un 49-3, peut-être des ordonnances,
00:20les spectres à nouveau réapparaissent alors que la France est en panne
00:24et que Sébastien Lecornu est arrivé au bout de son jeu de cartes,
00:26incapable aussi d'apporter des réponses solides aux agriculteurs,
00:29rentrés, dépités, notamment après le Mercosur, après un tour de piste à Paris.
00:33Mais le plus grave, c'est que la France n'est plus avec le tour de force de Donald Trump.
00:42L'ordre mondial est bouleversé, les nations qu'on croyait solides,
00:46tremblent, les garde-fous qu'on espérait encore,
00:49crient dans le vent le Venezuela, demain le Groenland,
00:52après-demain peut-être l'Iran, l'Ayatollah Khamenei a beau dire que Trump
00:55a les mains pleines de sang, les paroles sont inaudibles,
00:58Le Monde va-t-il voir en 2026 les plaques géopolitiques tournées ?
01:04La Chine va-t-elle prendre Taïwan ?
01:06La Russie va-t-elle s'étendre sur le territoire européen ?
01:09Sur toutes ces questions, Stéphane Dupont avec moi.
01:11Bonjour Stéphane.
01:12Bonjour.
01:12Stéphane Dupont des Echos et Mathieu Bocoté.
01:14Bonjour Mathieu.
01:15Bonjour.
01:15Sommes-nous arrivés au bout de l'impasse politique ?
01:19Hervé Morin avant-hier dans l'avènement d'une censure,
01:21Sébastien Lecornu a demandé à son ministre de l'Intérieur d'organiser des législatives
01:25au moment des municipales, si jamais, et là, voici le spectre d'une dissolution
01:30qui revient, est-ce que ça y est, c'est la fin de la récré ?
01:34Tout ça fait confirmer ce que je dis depuis la dissolution, c'est qu'Emmanuel Macron
01:42aurait dû tirer les conséquences du désaveu du peuple, comme est la lecture de la Ve République
01:47et partir.
01:49Mais il ne l'a pas fait.
01:50Mais il ne l'a pas fait.
01:51Et donc désormais, on a simplement à gérer, le Premier ministre a à gérer en quelque
01:58sorte la survie d'Emmanuel Macron jusqu'en 2027, voulant jouir jusqu'au bout du pouvoir
02:05avec cette espèce de narcissisme pathologique qui le caractérise.
02:11Vous voulez dire que Sébastien Lecornu est en train de sauver Emmanuel Macron plutôt
02:14que de sauver la France ?
02:15C'est une évidence.
02:16Quand vous avez un budget dans lequel vous mettez 40 à 45 milliards d'impôts supplémentaires
02:21si on fait financement de la Sécu et budget de l'État, des dépenses publiques
02:24supplémentaires, un déficit qui va être à 5,3-5,4 %,
02:28où se situe la stabilité qui est le moteur de la soi-disant négociation permanente
02:34d'un budget qui est de plus en plus un budget socialiste.
02:38Et très franchement, Sébastien Lecornu est un ami, donc ça me fait de la peine de
02:42dire ça, mais c'est la misère de la politique auquel on insiste aujourd'hui, la comédie.
02:49Et je dis aux parlementaires, j'ai été député 20 ans, j'ai été président de groupe,
02:53j'ai voté la censure du gouvernement Villepin, je sais ce que ça représente tout ça,
02:57ce n'est pas des décisions faciles.
03:00Mais je dis aux députés, notamment de ma famille politique, des républicains, de droite,
03:04je leur dis, mais ayons d'abord le référentiel de ce qui est bon pour la France
03:11et non pas de se poser la question de savoir si je vais rester député de ma circonscription.
03:15Et donc, c'est la misère de la politique auquel on insiste aujourd'hui.
03:20Et je leur dis, n'ayez pas peur, il n'y aura pas de dissolution.
03:25Il n'y aura pas de dissolution.
03:26Vous en êtes certains.
03:26Mais je vais vous dire pourquoi.
03:28Parce que le jour de la dissolution, combien de macronistes reviennent ?
03:3310, 15 ?
03:36Un priori public qui est à 12, 13, 14% d'opinions favorables.
03:43Ils reviennent à 15, à 20.
03:45Je ne suis même pas sûr qu'ils seraient capables de faire encore un groupe.
03:49Et deuxièmement, s'il fallait, pardon, excusez-moi, laissez-moi finir, juste deux secondes.
03:53S'il fallait qu'il y ait dissolution, la dissolution serait bien sûr un échec pour le pouvoir en place.
03:58Et derrière, qui reste en première ligne ?
04:04Qui y a-t-il ?
04:04Il n'y a plus qu'Emmanuel Macron.
04:06Donc, Sébastien Lecornu et sa tentative, elle est simplement le bouclier pour protéger,
04:12pendant encore un an, l'exercice d'un pouvoir factice, qui est celui du président public.
04:16Vous disiez que le Premier ministre est l'un de vos amis, mais est-ce que ce n'est pas l'échec de sa méthode ?
04:22L'ami personnel.
04:23L'échec de sa méthode, parce qu'il voulait rechercher le consensus,
04:26il l'a trouvé difficilement en lâchant tout sur le budget de la Sécu.
04:31Manifestement, sur le budget de l'État, on n'y arrive pas.
04:33Sur le Mercosur, plusieurs groupes d'opposition ont déposé une motion pour le censurer.
04:39Est-ce qu'il a raté le coup ?
04:43Est-ce qu'il était naïf ?
04:44C'est mentir aux Français que d'évoquer que c'est d'assurer la stabilité de la France.
04:51En fait, cette situation politique génère l'instabilité.
04:55C'est ça la réalité.
04:57Elle génère l'instabilité, elle génère l'impuissance.
05:00Par la volonté d'un seul homme qui est Emmanuel Macron ?
05:02Ben oui.
05:03Mais par la réalité peut-être du pays aussi.
05:05C'est-à-dire l'instabilité, c'est aussi le fait qu'il y a globalement, dit-on, trois blocs, peut-être deux et demi.
05:09Mais il n'y a pas de consensus aujourd'hui comme il y en a eu autrefois.
05:12Mathieu Bocoté, je peux vous dire une chose, c'est que le lendemain d'élections présidentielles, il y aura, sauf si le président ne peut pas le faire parce qu'il y aurait eu une dissolution avant, mais il y aura une dissolution.
05:23Je peux vous garantir une chose, c'est que le président public qui sera élu, il y aura une majorité, mais alors vague massive.
05:29Quels qu'ils soient ?
05:31Je suis sûr de ça. Les Français diront qu'on avait tout ça.
05:33Parce qu'on a fait les sondages, mais...
05:34Oui, ben les sondages...
05:35Les sondages se sont parfois trompés.
05:36C'est vrai.
05:37Les sondages, on a vu Edouard Balladur élu...
05:39Donc si le RN l'emporte, majorité nette RN. Si la droite classique l'emporte, majorité... Et si Mélenchon l'emporte ?
05:46Ben là, je ne peux pas croire un seul instant que la France et les Français aient perdu tellement leur repère qu'ils puissent mettre à la tête du pays celui qui serait, lui, un vrai danger pour la démocratie.
06:01Hervé Morin, je saisis la balle au bon. Ce n'est pas tous les jours que je fais ça au Grand Rendez-Vous. Vous venez de dire que Sébastien Lecornu est votre ami personnel.
06:08Oui, c'est vrai.
06:09Vous voyez la caméra, là, celle qui est allumée rouge, là ?
06:11Laquelle ?
06:12Là, celle qui est allumée rouge, voilà. Adressez-vous à Sébastien Lecornu et dites-lui ce qu'il doit faire aujourd'hui.
06:17Mais je le lui dis, je dis simplement à Sébastien Lecornu qu'il y a des principes qui sont des principes intangibles.
06:23Donc, ça a été un mec de droite dont la référence politique a été celle du général de Gaulle.
06:31Et donc, je dis simplement, il y a un moment, il y a le sens de l'intérêt...
06:35L'Attaï, c'est ses idées ?
06:36Il y a le sens de l'intérêt de l'État, il y a le sens de l'intérêt des Français, et qu'à ce titre-là, on ne peut pas accepter des budgets qui deviennent des compromis, qui soient néfastes au pays.
06:48Est-ce que le budget qui sera voté sera bon pour l'économie française et qui sera bon pour le pouvoir d'achat de nos papiers ?
06:53Est-ce que le budget bon pour l'économie française était possible et même imaginable dans la configuration actuelle ?
06:58Surtout avec une classe politique, tout le monde, à gauche, à droite, au centre, ils veulent tous en dernière instance de nouvelles dépenses.
07:03C'est bien ce que je vous dis.
07:04Même dans votre famille politique, si je peux me permettre ?
07:06Je suis très critique sur le positionnement de mes amis politiques au sens républicain et sans pas droit, parce qu'il aurait fallu voter la censure.
07:18Vous en voyez un dans la classe politique qui n'est pas atteint le fiscalite aigu ?
07:22Si, il y en a quand même. David Disnard, avec qui je travaille, Bruno Rotaillot, pour lequel j'ai aussi beaucoup d'estime.
07:30Ces gens-là ne sont pas des fiscalistes dingues.
07:34Et tous ces gens-là, si on écoute Éric Ciotti, devraient s'unir. Il le dit encore ce matin dans le journal du dimanche.
07:39Non, ce qu'il nous faut...
07:40L'union des droites, c'est la seule solution ?
07:41Mais l'union, c'est quoi ? C'est l'union dans la vassalité ?
07:45Non, c'est l'union, ça passe par un élément simple, c'est une primaire qui rassemble le maximum de candidats.
07:51Une primaire, bien sûr, complètement ouverte, comme ce qui a été la prime...
07:56De où à où ?
07:57Comme ce que vous dites...
07:58De CNAFO à Darmanin, voilà.
08:01Vous arrêtez à Darmanin ?
08:03Oui, je ne sais pas si c'est Darmanin.
08:04Vous n'allez pas plus loin dans le bloc central ?
08:06Je ne sais pas où ça va, parce qu'on ne sait même pas qui est candidat.
08:09Enfin, bref, ceux qui reposent sur l'idée d'une économie sociale de marché.
08:13Allez, voilà, arrêtons ça comme ça.
08:14Alors, 77% des Français sont pessimistes pour l'année à venir, c'est un sondage...
08:19Les plus pessimistes d'Europe ?
08:20Europe 1, JDD, et c'est mieux, exactement, 77% sont pessimistes, c'est le cas des agriculteurs.
08:26Un tour et puis s'en va, des agriculteurs qui sont montés à Paris,
08:28ils ont été des centaines à faire des centaines de kilomètres en tracteur,
08:33à 50 km heure, pour monter à Paris, pour crier leur colère.
08:35Je crois savoir qu'ils étaient dans votre région, sur le pont de Normandie, sur le pont du Havre.
08:40Oui, oui, il y a des manifestations un peu partout.
08:43Et finalement, ces agriculteurs, les ministres, ne les ont pas reçus.
08:47Sans doute trop honteux de pouvoir leur dire autre chose que ces pliés.
08:50Jeudi soir, Emmanuel Macron disait fièrement qu'il s'opposerait au Mercosur,
08:54mais en même temps que la signature de cet accord n'était pas la fin de l'histoire.
08:58Comment est-ce qu'on peut comprendre cette phrase ?
09:01Ça n'est pas la fin de l'histoire, je continuerai à me battre,
09:03je continuerai à voir, dit le Président de la République,
09:07que les engagements demandés à cet accord du Mercosur soient respectés,
09:12et notamment, justement, le contrôle des marchandises.
09:15Et tout cela est totalement impossible.
09:16Bon, si, c'est vraiment un sujet.
09:20L'agriculture est un sujet que je crois bien connaître.
09:23En plus de ça, c'est une partie de ma vie, une partie de mes racines.
09:26Donc, j'ai beaucoup d'amis agriculteurs avec lesquels je parle beaucoup,
09:32qui me font... Ils sont livre ouverts sur leur situation, etc.
09:35– Aussi bien des gros que des petits agriculteurs.
09:37– Oui, je veux dire, moi, je suis d'une zone de petits agriculteurs,
09:40et en Normandie, il y a aussi une agriculture qui est une agriculture
09:44des grandes plaines céréalières.
09:47– Le Mercosur, c'est le totem d'agriculteurs
09:53qui n'en peuvent plus de la gestion politique de leur secteur.
10:00Et on ne peut plus parler d'une agriculture unique.
10:03C'est une erreur grave qui est celle de dire,
10:05il y a une agriculture en France, il y a des agricultures.
10:09Et il y a une agriculture, je sais que je me fais engueuler
10:12par mes copains chaque fois que je dis ça,
10:13qui va plutôt pas mal, disons ça comme ça,
10:16qui est celle du nord-ouest de la France,
10:18pas trop impactée par le réchauffement climatique.
10:20Et il y a une agriculture du sud de la Loire,
10:23qui est une agriculture qui souffre, et qui souffre énormément.
10:27Et avec une agriculture qui souffre, plus encore,
10:30parce que le réchauffement climatique est en train d'impacter
10:33les modèles agricoles.
10:34Et je commence à le vivre aussi en Normandie,
10:36quand vous êtes dans le sud de l'Or,
10:38quand vous êtes dans certaines plaines de l'Or, etc.
10:42Vous avez aujourd'hui, avec le réchauffement climatique,
10:45des exploitations céréalières,
10:48qui sont des exploitations qui étaient très performantes il y a 20 ans,
10:51et dont les résultats sont en train de s'effondrer.
10:54Et donc, on ne peut pas avoir une vision monolithique
10:58du modèle agricole français.
10:59Sauf que, tout le monde,
11:02que vous ayez des bons résultats,
11:04et moi je connais des copains qui ont des très bons résultats agricoles,
11:07ils sont aussi sur le pont de Normandie,
11:08ou ils sont aussi au part du lait.
11:10Par solidarité pour les petits agriculteurs,
11:12pour les agriculteurs qui souffrent,
11:14qui sont en difficulté,
11:14parce qu'ils n'en peuvent plus du modèle agricole.
11:17Et c'est justement ce modèle agricole
11:19qu'on va détailler dans un instant,
11:20sur CNews et sur Europe.
11:21Toujours avec Hervé Morin,
11:26ancien ministre de la Défense,
11:27président de la région d'Orandi,
11:28président des centristes,
11:29on parlait des agriculteurs,
11:30et vous nous expliquez en substance,
11:32Hervé Morin,
11:32que ce n'est pas tant le problème du Mercosur,
11:34c'est le problème de la gestion.
11:37Voilà, le problème,
11:38c'est la gestion de l'agriculture en France.
11:41Il n'y a pas une agriculture,
11:42il y en a plusieurs.
11:42Pour que vos auditeurs,
11:43qui ne sont pas forcément du monde paysan,
11:45comprennent,
11:46un agriculteur aujourd'hui,
11:49c'est une exploitation
11:50où vous travaillez 60-70 heures par semaine,
11:53et on vous demande 15 à 20 heures
11:54de papier par semaine.
11:56Des contrôles tous azimuts dans tout genre.
11:58La boîte de pharmacie,
12:01des choses, les phytosanétiques.
12:03Alors qu'il n'y a pas la réciprocité
12:04dans les pays d'Amérique latine, par exemple.
12:07On leur dit,
12:08conditions de travail des salariés,
12:10c'est tout à fait normal.
12:12Bien-être animal.
12:13Conditions sanitaires.
12:18Interdictions d'un certain nombre d'insecticides
12:20qui sont autorisés
12:20dans les autres pays européens.
12:22Je ne parle même pas de ce qui est autorisé
12:23dans les pays du Mercosur.
12:27Et derrière, on leur dit,
12:28il y a des contrôles.
12:29Mais il y a des contrôles en quoi ?
12:30En rien.
12:31En rien.
12:32Et puis parce que les agriculteurs,
12:33ils connaissent quand même un peu la musique.
12:34Je vais vous raconter l'histoire,
12:37réelle, sérieuse,
12:38des œufs et des cages à poules.
12:42Des cages à poules.
12:43Oui, parce qu'on n'a plus le droit d'avoir de cages
12:44depuis un certain nombre d'années.
12:46Et donc, l'Europe a dit,
12:47terminez les cages à poules.
12:49Bien-être animal.
12:51Les cages à poules ont été vendues.
12:54Elles sont...
12:55Vous croyez qu'elles sont parties ou à la casse ?
12:57Pas du tout.
12:58Les cages à poules,
12:59elles sont en Ukraine
12:59ou elles sont dans les pays du Maghreb.
13:01Et donc, aujourd'hui,
13:02quand vous mangez des œufs...
13:03Alors, vous allez me dire,
13:04mais non, moi, quand j'achète mes œufs,
13:05j'achète mes œufs.
13:06Non, certifié, machin, c'est vrai.
13:08Ce qui est vrai, il n'y a pas de triche.
13:09La traçabilité est parfaite.
13:11Sauf que vous avez ce qu'on appelle
13:13les ovoproduits.
13:14Les ovoproduits.
13:15C'est-à-dire que...
13:16Vous savez, quand vous êtes
13:17dans la pâtisserie industrielle,
13:18vous achetez des bidons de jaune d'œuf
13:20ou des bidons de blanc d'œuf.
13:22Mais là, ça ne vient pas forcément de chez nous.
13:25Et donc, en clair,
13:26grosso modo,
13:26les fameuses poules
13:27qu'on a interdites
13:28en France et dans toute l'Europe,
13:30elles sont dans les pays d'à côté
13:31avec nos propres cages
13:32et ensuite,
13:33concurrence...
13:34On a revendu les...
13:34...notre production.
13:36Concurrence, notre production.
13:36Je prends le Mercosur.
13:39Qui va faire le contrôle
13:41des conditions d'exploitation
13:43et d'élevage en Argentine,
13:45au Brésil, etc ?
13:46Non, mais c'est ça là.
13:49Deuxièmement,
13:49je vais prendre un autre exemple.
13:51Qui va aller contrôler ?
13:51C'est ça, votre question.
13:52Qui contrôle ?
13:53Comment ?
13:53Où ?
13:54Quelles sont les sanctions ?
13:55Alors que l'agriculteur, lui,
13:58en France,
13:59il est sanctionné tous les matins.
14:01Et attendez, je termine.
14:02Deuxième exemple.
14:03Les volailles, on dit
14:04c'est pas très grave les volailles,
14:05on manque beaucoup de volailles, etc.
14:07Pardon, monsieur Dupont.
14:08Mais les volailles.
14:10Sauf que, nous,
14:12qu'est-ce qu'on va apporter,
14:13Européens ?
14:14On va apporter du blanc de volaille
14:15pour les produits transformés
14:17ou totalement transformés,
14:19ce qu'on appelle
14:19les produits industrialisés.
14:23Bon.
14:24Mais le blanc de volaille,
14:25vous savez comment
14:26s'est abattu, les volailles,
14:28dans les pays du Mercosur ?
14:29S'est abattu comme chez nous.
14:30Sauf qu'après,
14:32pour des...
14:33Ce qui est totalement interdit en France,
14:34ils sont trempés dans des bains
14:35dans des bains chlorés.
14:38Bon.
14:39Qui va contrôler ensuite
14:40que ces blancs de volaille
14:42qui n'arrivent pas
14:43qui n'arrivent pas
14:44dans la grande distribution
14:45chez notre boucher ?
14:46Mais qui va aller contrôler
14:47que ces blancs de volaille
14:48vont avoir les mêmes systèmes
14:49de prescription ?
14:50On vous entend,
14:50mais moi je vais vous poser
14:51une question très simple.
14:53Est-ce que cet accord
14:54avec le Mercosur
14:55est bon ou pas
14:56pour l'économie française ?
14:58Il ne peut pas être bon
14:59pour l'économie française
15:00quand il est inacceptable
15:01pour ceux qui produisent
15:02pour la France ?
15:03C'est ça le sujet.
15:05Pour nos industriels,
15:06même pour les producteurs laitiers,
15:08les gens qui font du comage
15:09dans votre région,
15:09c'est un bon accord.
15:10Je sais qu'il est bon
15:11pour le vin,
15:12je sais qu'il est bon
15:13probablement pour le camembert,
15:15mais ce que je veux
15:16simplement vous faire comprendre,
15:17c'est que celui
15:18qui produit du camembert,
15:19il produit de la viande bovine,
15:21et que celui
15:22qui produit de la viande bovine...
15:23Parce qu'il y a un risque
15:25d'importation peut-être
15:26très limité
15:27de viande bovine
15:28d'Amérique latine,
15:29il faut dire non
15:29à cet accord.
15:30Il faut le dire.
15:3299 000 tonnes par an.
15:33L'équivalent d'un pour cent
15:34de la consommation...
15:35C'est rien, un pour cent.
15:38D'accord.
15:38Alors, monsieur Dupont,
15:40vous savez quoi ?
15:42Vous allez venir avec moi
15:43en Normandie,
15:44et vous allez voir.
15:45Moi, mon père élevait
15:46120 charolais,
15:47donc je peux en parler
15:48en connaissance de cause.
15:51Pendant 30 ans,
15:53vous avez été
15:55en permanence
15:56dans une situation
15:57de grande difficulté financière,
16:00avec une viande de bœuf
16:01qui a quasiment pas bougé
16:03autour de 3 euros du kilo,
16:05et que tout d'un coup,
16:06parce qu'il y a
16:07moins de production
16:09de viande bovine,
16:10parce que moins
16:10de production laitière,
16:12on passe à 7 euros,
16:137,50 euros.
16:14Qu'enfin,
16:14pour la première fois
16:15depuis des décennies,
16:17des éleveurs
16:17de polyculture élevage
16:19arrivent à vivre correctement
16:20de leur métier,
16:21avec des prescriptions
16:22sanitaires majeures,
16:24des contrôles permanents,
16:26on leur dit,
16:27eh bien, écoutez,
16:28les amis,
16:28la première conséquence,
16:30c'est que vous n'allez pas
16:30nous emmerder
16:31pour les 90 000 tonnes
16:32de viande
16:32produites dans des conditions
16:35tout à fait différentes
16:36des vôtres.
16:36Il y a un jour,
16:37ça s'appelle quoi ?
16:38Vous savez ce que ça s'appelle ?
16:39Donc c'est non.
16:39Ça s'appelle le respect.
16:42Respecter celles et ceux
16:44qui travaillent la terre
16:47depuis des décennies,
16:49souvent de père en fils,
16:51de moins en moins,
16:52puisqu'il y a de plus en plus
16:53d'urbains qui s'installent
16:54en agriculture.
16:55Est-ce que les enjeux...
16:56Mais est-ce qu'on peut
16:57simplement ne pas considérer
16:59que l'agriculture française
17:00est sacrifiée
17:01pour permettre aux Allemands
17:01de pouvoir vendre
17:02leur bagnole ?
17:03Mais il n'y a pas
17:03de France-Allemands.
17:05Sur ce sujet,
17:05vous noterez deux choses.
17:06Premièrement,
17:07au-delà des seuls agriculteurs,
17:08il y a à peu près 70 à 80 %
17:09des Français
17:10qui s'opposent au Mercosur.
17:11Surtout,
17:12Emmanuel Macron a dit
17:13qu'il avait l'intention
17:14de voter contre.
17:15Or,
17:15l'Union Européenne
17:16va néanmoins imposer le traité.
17:17Donc,
17:17si Emmanuel Macron dit
17:18je vote contre,
17:19c'est contre l'intérêt vital
17:20de la France,
17:21mais ce traité est imposé
17:22néanmoins à la France
17:23par la technostructure
17:24fédérale européenne,
17:25est-ce que les intérêts
17:26de la France
17:26ne sont pas sacrifiés
17:26pour l'environnement ?
17:27Il y a un autre élément
17:28de la colère des agriculteurs,
17:30c'est qu'ils ont le sentiment
17:31qu'ils étaient en train
17:32de se faire avoir
17:32par Emmanuel Macron.
17:33Mais par l'environnement...
17:34Attendez,
17:34attendez,
17:35oui,
17:37et il voyait bien
17:37qu'Emmanuel Macron,
17:39moi j'ai relu
17:40pour l'émission,
17:41toutes les déclarations
17:42d'Emmanuel Macron
17:42j'ai pu trouver
17:43sur le Mercosur.
17:44Il a dit tout à son contraire.
17:45Tout.
17:46Depuis 2018,
17:47c'est bien,
17:47c'est pas bien,
17:48machin, etc.
17:49Bon,
17:49à la Macron.
17:51Et donc,
17:53si vous voulez,
17:53ils ont le sentiment
17:54pour ne rester poli
17:55qu'ils allaient encore
17:57se faire en tour loupé.
17:58Je l'aurais dit autrement
17:59si je n'avais pas été
18:00sur un plateau de télévision.
18:03Et donc,
18:03ça engendre
18:04une colère considérable.
18:06Il aurait fallu
18:07bâtir un modèle
18:08dans lequel
18:09on rentre
18:11dans un vrai dialogue,
18:12on crée
18:12avec les organisations
18:13syndicales
18:14quelles sont les frontières
18:15qu'on ne doit pas
18:16dépasser dans le cadre de l'accord.
18:17J'entends tout ça,
18:18mais ça n'a pas été vivé.
18:20Et en fait,
18:20Emmanuel Macron
18:21espérait que
18:22l'accord du Mercosur,
18:24il allait pouvoir
18:24le mettre
18:25sur le dos de l'Europe
18:25et pouvoir se débarrasser
18:27de l'histoire.
18:27Bon, mais là,
18:28en ce moment,
18:28Emmanuel Macron
18:29qui parle au nom de la France
18:30dit que c'est contre
18:31nos intérêts vitaux,
18:32on vote contre.
18:33Mais l'Europe
18:33va l'imposer néanmoins.
18:34Est-ce que du point de vue
18:35de la construction européenne,
18:39ses intérêts,
18:40à l'idéal européen ?
18:42Écoutez,
18:43si la messe n'est pas finie,
18:44comme le dit
18:45Pierre Devineau
18:46en évoquant les mots
18:47du chef de l'État,
18:48ça veut dire
18:48qu'il y a
18:48la Cour de justice,
18:50le Parlement européen...
18:51Est-ce que la France
18:51demande des contrôles aussi ?
18:52Il propose des contrôles.
18:54L'Union européenne.
18:55Désolé,
18:56vous votez contre nous,
18:57on ne finance plus.
18:57Mais à contrario,
18:58est-ce que la France
18:59a raison contre tous
18:59les autres pays européens ?
19:01Parce qu'à part la Pologne,
19:02la Hongrie,
19:03il y a une poignée.
19:05Parce que,
19:06M. Dupont,
19:06le fait
19:07ce que tout ça prouve...
19:09Il y a des agriculteurs
19:09en Espagne,
19:10en Italie,
19:10il y a des agriculteurs
19:11en Allemagne...
19:12Ce que tout ça prouve,
19:13c'est la faiblesse
19:14de la France.
19:16La grande puissance agricole
19:18qu'était la France
19:19peut être piétinée
19:21par des pays européens
19:23qui, avant,
19:24grosso modo,
19:24considéraient qu'il y avait
19:25des pays qu'on devait écouter
19:26et qui, grosso modo,
19:28bâtissaient la politique
19:29européenne,
19:30quels qu'en soient les sujets,
19:31qui s'appelaient
19:32l'Allemagne et la France
19:33et quelques autres.
19:34On est tellement faible
19:35et Emmanuel Macron
19:37a tellement été arrogant
19:38à leur égard.
19:40Parce que tout ça...
19:40Moi, je vais souvent
19:41à Bruxelles,
19:41donc j'entends
19:42ce qu'on raconte
19:44au sein de la Commission.
19:46Il a tellement été arrogant
19:47que là,
19:48eh bien,
19:49on se retrouve tout seul.
19:50On se retrouve tout seul
19:51tellement on apparaît
19:53comme le malade
19:54de l'Europe.
19:55Malheureusement,
19:56je suis obligé
19:56de dire ça.
19:57Et je reviens
19:58à mes agriculteurs.
20:00Mes agriculteurs
20:00en question,
20:01ils accepteraient
20:02d'autant plus volontiers
20:03ce genre d'accord
20:05que si on leur permettait
20:07de produire.
20:08On nous promet
20:09depuis des années
20:10des simplifications.
20:11Elles sont où
20:12ces simplifications ?
20:13C'est chaque année
20:13un peu plus.
20:14Votre ami Lecornu
20:15vient d'en promettre encore.
20:17Écoutez,
20:17alors on va voir
20:18si on peut,
20:19par exemple,
20:19installer plus facilement
20:20un poulailler.
20:21On monte beaucoup
20:22de volailles en France
20:23puisqu'on consomme
20:24de plus en plus de volailles.
20:25Est-ce qu'on va pouvoir
20:25installer plus facilement
20:27un poulailler
20:28alors qu'aujourd'hui,
20:29c'est un enfer
20:29de plusieurs années
20:30pour arriver à obtenir
20:31la construction
20:31d'un tel bâtiment ?
20:32Est-ce qu'il faut
20:33en dix secondes
20:34revoir la politique
20:35agricole commune
20:36ou est-ce que c'est
20:37un dispositif
20:37qui marche encore
20:38aujourd'hui en Europe ?
20:39La politique agricole commune,
20:41elle doit à la fois
20:42soutenir les agriculteurs
20:44sur leurs revenus
20:46et deux,
20:48devenir une agriculture,
20:50une politique agricole.
20:51C'est le boulot
20:52notamment de la région.
20:53C'est ce que nous,
20:53on essaie de bâtir
20:54et qu'on va bâtir
20:55avec les organisations agricoles
20:56mais dans un dialogue,
20:58un respect,
20:59la reconnaissance
21:00des autres
21:01de l'adaptation.
21:03L'adaptation
21:04au réchauffement climatique
21:05fait qu'il y a des zones
21:06dans lesquelles
21:07il va falloir penser
21:08l'agriculture autrement.
21:10Peut-être plus
21:10les grandes cultures,
21:12essayer de revenir
21:13à des élevages
21:13autant que possible.
21:14Bref,
21:15chercher à aller vers
21:16de nouvelles productions.
21:18Enfin,
21:18je ne rentre pas
21:18dans le détail
21:19mais clairement,
21:21il y a le revenu
21:22et l'adaptation.
21:23Dans un instant,
21:23au Grand Rendez-vous,
21:24on parle du nouvel ordre mondial
21:25et aussi cette idée
21:26d'Emmanuel Macron
21:27de lancer
21:28un haut commissariat
21:29à la diversité
21:30et au diaspora.
21:31A tout de suite
21:31sur CNews et Europe.
21:33Je n'ai pas vu ça.
21:35Sur le plateau
21:36du Grand Rendez-vous
21:36Europe 1 CNews,
21:37les échos
21:37avec notre invité,
21:38l'ancien ministre
21:39de la Défense,
21:39président des centristes,
21:40président de la région
21:41Normandie,
21:42Hervé Morin.
21:43On va parler
21:43de Donald Trump
21:44dans un instant
21:45et notamment
21:45ses velléités
21:46de conquérir
21:47le Groenland
21:47mais pas que.
21:48Pendant ce temps,
21:49Emmanuel Macron
21:50a une autre idée.
21:51Il va y réunir
21:51des personnalités
21:53comme Christiane Taubira,
21:54comme Najat Vallaud-Belkacem
21:56ou encore Teddy Riner
21:57pour son haut commissariat
21:59à la diversité
22:01et au diaspora.
22:02Vous avez donc
22:03les personnalités
22:04qui s'affichent
22:05à l'écran de CNews,
22:07notamment Pape Diaye,
22:08l'ancien ministre
22:09de l'Éducation.
22:09Excellent,
22:10le ministre de l'Éducation.
22:11L'écrivaine
22:13Leila Slimani.
22:15C'est en vue
22:15du sommet Africa Forward
22:17qui réunira
22:17en mai 2022
22:18le président de la République
22:19et les dirigeants
22:20africains
22:21diversité
22:22et diaspora.
22:24Mathieu Bock-Côté.
22:25Oui,
22:25alors la question
22:26que j'ai vue,
22:27c'est une nouvelle,
22:27vous l'avez vue aussi.
22:28Haut commissariat
22:29à la diversité.
22:30Donc la question
22:31que je me pose
22:31voyant cela,
22:32c'est quel groupe
22:33devra-t-on représenter ?
22:34C'est-à-dire,
22:35si je comprends bien,
22:36il faut y aller
22:36quand on lisait
22:37le papier dans l'opinion,
22:38on disait les Asiatiques.
22:40Est-ce que c'est
22:40les diversités déjà religieuses ?
22:42Ah ben voilà,
22:43donc religieuses,
22:44ethniques,
22:44raciales.
22:45Est-ce qu'on doit par ailleurs
22:46traiter les Européens,
22:47tous les Français assimilés,
22:48donc les Portugais,
22:49les Italiens,
22:50tout ça ?
22:51Si c'était un sujet,
22:54si ça n'était pas
22:55un sujet sérieux,
22:56on pourrait même demander
22:57pourquoi on n'y met pas
22:57les Bretons et les Corts.
22:59Mais ça va,
22:59alors la question que je pose,
23:00c'est que que vous inspire
23:01cette proposition ?
23:02Est-ce que c'est dans la continuité
23:03de la politique
23:04d'Emmanuel Macron
23:04ce multiculturalisme revendiqué ?
23:06C'est le discours de 2017
23:08de Marseille.
23:10Vous vous souvenez
23:10de ce discours de Marseille ?
23:12Non, c'était en 2017.
23:13Il y avait la réélection
23:14en 2022,
23:14le grand discours
23:16de Marseille sur la colline.
23:17En 2017 à Marseille,
23:18ils ont la réélection.
23:192017 où il avait d'abord
23:20les Comoriens.
23:22Bonjour les Comoriens,
23:23bonjour etc.
23:242017,
23:25on avait eu le droit
23:25pendant trois minutes
23:26où tout d'un coup
23:26la France était devenue
23:28la France des origines,
23:30si je puis dire.
23:32Il y a au moins un sujet,
23:34c'est que je croyais
23:36que si on est dans la diversité
23:39et dans ce genre de pratiques,
23:42c'est totalement contraire
23:43à la Constitution elle-même.
23:46par exemple,
23:49il a toujours été considéré
23:51comme contraire
23:52à la Constitution,
23:54l'idée qu'on puisse avoir
23:55de la discrimination positive,
23:58qu'on puisse avoir
23:58des recensements ethniques,
24:01qu'on puisse faire
24:02des recensements
24:03sur lesquels
24:03on pourrait partir
24:04des origines.
24:05Tout ça est interdit.
24:07Et là,
24:08en quelque sorte,
24:09d'un coup,
24:09on a le sentiment
24:10d'une espèce
24:11de reconnaissance
24:12qui est totalement contraire
24:13à la République
24:14une et indivisible.
24:15Ça va dans le sens aussi
24:17de certains députés LFI,
24:19dernièrement Mme Obono
24:20ou M. Bilingo,
24:21qui justement,
24:22j'allais dire,
24:23vont sur ce terrain
24:24des différences ethniques,
24:26sur certaines ethniques
24:27qui seraient plus endurantes,
24:28je cite Carlos Martins-Bilingo.
24:30On arrive à un sujet
24:32qui, pour l'instant,
24:33n'était pas...
24:34Et puis,
24:35cette question-là,
24:36elle doit être traitée
24:36déjà par...
24:38Elle est déjà traitée
24:39par des dizaines
24:40d'administrations,
24:41pas au nom
24:41de la diversité ethnique,
24:43mais à travers
24:43toutes les problématiques
24:44d'intégration sociale,
24:46d'accès à l'école,
24:47etc.
24:47Donc, en clair,
24:48on est en train
24:48de créer encore
24:49une administration de plus
24:50qui va coûter
24:52je ne sais combien
24:52de millions d'euros
24:53ou dizaines de millions
24:54d'euros par an,
24:54rien comme un salarial
24:55pour une efficacité
24:57qui, bien entendu...
24:57Et pourquoi il a fait ça,
24:58Emmanuel Macron,
24:59selon vous ?
24:59Pourquoi il a annoncé ça ?
25:00Parce qu'il faut qu'elle existe.
25:04Je n'ai pas d'autre
25:04explication que ça.
25:07On va évoquer la question,
25:09j'imagine,
25:10ukrainienne tout à l'heure.
25:12Je me suis posé cette question...
25:14Pardon,
25:15je change,
25:16mais il y a un truc
25:17qui m'échappe.
25:19Il a annoncé,
25:21dans le cadre
25:21de l'accord de paix,
25:24de la construction
25:25de l'accord de paix
25:26et des conditions
25:27de la réassurance
25:28de l'accord de paix,
25:29il est question
25:30pour l'Ukraine,
25:31pardon,
25:32il est question
25:33d'envoyer des troupes,
25:34qui soient des troupes
25:35qui fassent la réassurance.
25:38Je suis bien entendu
25:38totalement hostile
25:40à l'idée
25:40d'envoyer des troupes
25:41tant qu'il n'y a pas
25:41d'accord de paix,
25:42comme il a évoqué
25:43il y a quelque temps.
25:44Alors là,
25:45c'est une folie complète.
25:50Mais il faut fournir
25:52des armes,
25:52il faut permettre
25:53aux Ukrainiens
25:53de combattre,
25:55il faut bien entendu
25:55considérer
25:56qu'il est inacceptable
25:57qu'il puisse y avoir
25:57une agression quelconque
25:58à tout autre pays,
25:59quelle que soit
26:00la position américaine.
26:02Mais vous aurez observé
26:04la différence
26:05de comportement
26:06de tous les autres pays.
26:08Il y a 28 autour de la table,
26:1027 autour de la table.
26:11C'est qu'aucun n'a annoncé
26:13de chiffres.
26:14Aucun n'a annoncé
26:15quel serait le volume
26:17des troupes.
26:18Ah mais ils vont de là-dessus.
26:18Les Britanniques disent
26:20qu'ils sont seulement
26:21dans un pays de l'OTAN,
26:22donc pas en Ukraine.
26:23L'Italie ne dit pas
26:24de troupes au sol.
26:25Donc finalement,
26:25la coalition des volontaires
26:26est moins coalisée,
26:27moins volontaire qu'on le dit.
26:28Mais bon, très bien.
26:29Alors ça pose d'ailleurs
26:30toute la question
26:30de la détermination
26:31des Européens
26:32assurée par eux-mêmes
26:32leur sécurité.
26:33Parce que franchement,
26:34quand il y a les Allemands
26:34qui augmentent
26:35leur budget militaire autant
26:36et dont la première décision
26:38et dira « non, nous,
26:39on n'y participera pas »,
26:40c'est quand même assez étonnant.
26:41Mais au-delà de ça,
26:43c'est quand même
26:44quand, par exemple,
26:45le Premier ministre britannique
26:46dit « nous, bien entendu,
26:48on participera
26:49à la construction
26:51de la solidification
26:54de l'accord de paie »,
26:54il n'annonce pas de troupes.
26:56Il dit « on va y participer ».
26:57Et bien nous,
26:58non, non, je termine.
26:59Et nous, on va mettre
27:00au moins 2000 hommes.
27:02Pourquoi 2000 ?
27:02On ne sait pas pourquoi 2000.
27:03Mais bon,
27:04deuxièmement,
27:06c'est quoi ?
27:07Pourquoi le dit
27:08ça fait partie
27:09de négociations
27:10qui sont des négociations
27:11internationales,
27:11diplomatiques ?
27:12Et puis,
27:12c'est remettre 100 balles
27:13dans la machine.
27:15Ça permet de dire à Poutine
27:16« vous voyez,
27:18en vérité,
27:18les Européens
27:19sont agressifs
27:20à l'égard des Russes »
27:23et donc de renforcer
27:24encore les exigences
27:25de Poutine
27:26et donc de créer
27:27les conditions
27:27du blocage
27:28d'un accord de paie.
27:29Donc, je n'arrive pas
27:30à piger cette nécessité
27:32tous les matins
27:33de vouloir être
27:34au-devant de la scène.
27:35Ce qui est,
27:36d'ailleurs...
27:36Oui, mais attendez,
27:37parce qu'il y a
27:38d'autres moyens
27:38d'être sur le devant
27:39de la scène.
27:40Il y a énormément
27:41de chantiers
27:42qui ne sont pas réglés
27:43et notamment
27:43le chantier
27:44de l'antisémitisme.
27:45Aujourd'hui,
27:46on a des Juifs
27:47tous les jours français
27:49qui partent en Israël
27:51qui disent
27:52« moi, la France,
27:53je ne me sens plus
27:53en sécurité ».
27:54Il y a eu des témoignages
27:55tout à l'heure
27:56dans l'heure des pro
27:58avec Elliot Deval
27:59avec une dame
28:00qui est une rescapée
28:01de l'hypercachère
28:02qui disait
28:03« moi, je ne peux plus
28:03vivre en France,
28:04ce sont des insultes
28:06antisémites
28:07tous les jours ».
28:07Il y a sur la table
28:09par la ministre
28:10Aurore Berger
28:10les assises
28:12pour la lutte
28:13contre l'antisémitisme
28:14qui avancent
28:16bon an, mal an
28:17mais on n'a pas encore
28:17plusieurs résultats.
28:18Les actes antisémites
28:19sont toujours aussi grands.
28:20Pourquoi créer
28:21un haut commissariat
28:22à la diversité
28:23alors qu'il y a
28:24par exemple
28:25ce sujet-là
28:26qui n'est toujours
28:27pas résolu ?
28:29Nous sommes d'accord
28:29que j'allais terminer
28:30par ça
28:30en disant
28:31mais où se situe
28:32la lutte
28:33contre l'antisémitisme
28:34le sentiment
28:35de nos amis juifs
28:36qui chaque jour
28:38se disent
28:38« mais est-ce que
28:39j'ai encore ma place
28:40en France ? »
28:41Ça, ce n'est pas traité.
28:43Et je pense que...
28:45Qu'est-ce qu'on fait
28:45pour ça, Yervé Morin ?
28:46Qu'est-ce que vous,
28:46vous feriez pour ça ?
28:47Qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
28:49C'est toute la question
28:50de faire en sorte
28:51qu'on remette la République
28:52au milieu du village.
28:53Il y a loi
28:54au milieu du village.
28:55De redonner de la fermeté,
28:56de l'autorité.
28:59Ne pas s'asseoir par exemple
29:00sur un sondage de l'IFOP
29:01où vous avez 57%
29:02des jeunes musulmans
29:03de France
29:03qui disent qu'ils placent
29:04la loi de l'islam
29:05avant la loi de la République.
29:06Là-dessus...
29:07Je connais ce sondage.
29:09Je l'ai vu.
29:10Je pense que quand on a...
29:12Parce que c'est les jeunes.
29:13Oui.
29:13Je pense que quand on est jeune...
29:14C'est des jeunes
29:15qui vont voter en 2020.
29:16Oui, mais quand on est jeune,
29:17parfois,
29:17on n'a pas forcément
29:19les bons repères.
29:19Vous avez l'excuse facile ?
29:21Non, parce que j'ai été jeune aussi.
29:23Quand vous étiez jeune,
29:23vous étiez...
29:24C'est un préjugé favorable.
29:25Si on ne sait pas ce qu'on dit
29:27dans ce cas-là,
29:27on supprime le vote à 18 ans.
29:29Le préjugé favorable
29:31envers la charia,
29:32c'est quand même original.
29:33Quoi ?
29:33Le préjugé favorable
29:34envers la charia
29:35de ces jeunes,
29:36c'est quand même original.
29:37Je suis d'accord,
29:38mais je ne suis pas sûr
29:39que les jeunes représentent
29:40la totalité
29:41de la communauté musulmane.
29:42Ce n'est pas la question,
29:43mais ils représentent peut-être
29:44un peu la vie.
29:45Ils sont manifestement
29:48plus religieux
29:49et plus attachés
29:50à la religion
29:51que leurs parents
29:52ou leurs grands-parents
29:53qui viennent en France.
29:54Vous l'avez constaté.
29:55Ce n'est pas nouveau.
29:56Et vous l'expliquez comment ?
29:57Oui, mais qu'est-ce qu'on fait ?
29:58On l'explique parce qu'on a été...
30:00J'ai déjà eu cette conversation,
30:01je ne sais plus
30:02sur quel plateau de télé,
30:03parce qu'on n'a pas eu...
30:05On a été lâche
30:06sur toute une série
30:08de règles,
30:08de lois,
30:09de textes
30:10sur lesquels
30:10on aurait dû être implacable.
30:13Voilà.
30:13Vous trouvez que la laïcité
30:14n'est pas respectée en France ?
30:16De dire la laïcité,
30:18on va s'y tenir
30:18et on va s'y tenir jusqu'au bout.
30:20Mais c'est-à-dire
30:20que vous avez des jeunes aujourd'hui
30:21qui ne sont pas forcément arrogants
30:22dans le sens où
30:23ils vont prendre des armes
30:24et ils vont tuer des mécréants,
30:26comme on le dit.
30:27Mais en revanche,
30:27ils sont dans le dogme
30:29de la religion.
30:30C'est-à-dire,
30:30ils disent,
30:31ben non,
30:31moi en fait,
30:31je suis voilé,
30:32donc je suis voilé.
30:32C'est comme ça.
30:33Il n'y a pas de république
30:34ou de loi
30:35ou de quoi que ce soit
30:36qui doit se dire.
30:37C'est comme ça.
30:38Parce qu'ils ont baigné
30:39dans cette culture-là
30:40et aujourd'hui,
30:41c'est très difficile de défaire.
30:42Et ce sont ces mêmes jeunes
30:43qui apparaissent
30:44dans ce sondage de l'IFOP
30:45qui est un sondage très simple.
30:46Oui,
30:46mais je pense que
30:47quand on est jeune,
30:48on a des excès
30:49qu'on peut gommer,
30:50qu'on gomme aussi
30:50avec le temps.
30:52Vous êtes plutôt pessimiste.
30:54Parce que j'étais jeune,
30:55j'ai eu des excès
30:57et vous aussi.
30:57C'est le principe de la jeunesse.
30:59Vous étiez quoi
30:59quand vous étiez jeune alors ?
31:00Vous étiez exagérément centristes ?
31:04Attention,
31:04on est en train de faire
31:04le Wikipédia.
31:05Non,
31:06mais revenons-y un instant
31:07parce que c'est important
31:08dans la mesure
31:09de la question de l'antisémitisme.
31:10C'est aujourd'hui
31:10une question centrale en France
31:11et partout en Europe d'ailleurs.
31:13Est-ce qu'on peut dissocier
31:14cette question
31:15ou aussi des changements démographiques
31:16qui ont frappé l'Europe
31:17depuis quelques décennies ?
31:18Eh bien,
31:19au moins Emmanuel Macron
31:20dans son discours
31:21où il a évoqué
31:23ce haut commissariat
31:24aurait dû au moins évoquer
31:26d'abord et avant tout
31:27la lutte contre l'antisémitisme
31:28et commencer par cela.
31:30C'était un discours
31:30aux ambassadeurs.
31:32La preuve,
31:33c'est que c'est tellement
31:33un discours ambassadeur
31:34qu'on en parle aujourd'hui.
31:35Mais est-ce qu'il n'y a pas
31:35une forme de faiblesse
31:36dans le monde
31:36qui est une autre aujourd'hui
31:37qu'on en parlait
31:37avec l'émergence
31:38de grands empires,
31:39de grands blocs,
31:39de grandes puissances
31:40que la France
31:41consente à sa fragmentation
31:42sur le mode
31:43« nous ne sommes
31:43qu'une multiplication
31:44de communautés
31:44et de diasporas » ?
31:45Est-ce que les pays forts
31:46ne sont pas des pays
31:47qui assument leur identité
31:48plutôt qu'ils ne se fragmentent ?
31:49Vous voyez bien
31:50que la demande des Français
31:51est exactement inverse.
31:52Je constate que le président
31:53de la République
31:53voit les choses autrement
31:54et il ne manque pas
31:55de légitimité.
31:55La question du détachement
31:59ou du moins
31:59de la décorrélation
32:01d'un dirigeant
32:02avec son peuple
32:03prend toute son ampleur
32:05quand on voit
32:06la fin de ce quinquennat.
32:07Bien.
32:08Une dernière partie
32:09à suivre
32:10dans le grand rendez-vous
32:12Europe 1 CNews
32:12Les Échos
32:13avec Hervé Morin.
32:14On va parler de Donald Trump
32:15et des questions internationales
32:17à tout de suite
32:17sur nos antennes.
32:20Dernière partie
32:21du grand rendez-vous
32:22Europe 1 CNews
32:23Les Échos
32:23avec l'ancien ministre
32:24de la Défense
32:25et président des centristes
32:26Hervé Morin
32:27Donald Trump
32:27va avoir 80 ans en juin.
32:29Les mid-termes arrivent
32:30et il est à son dernier mandat.
32:32Ce self-made billionaire
32:34sait qu'il lui reste deux ans
32:35pour faire tout ce dont il a rêvé
32:37rebâtir une Amérique forte.
32:40Alors il frappe fort.
32:42Il fait passer la doctrine
32:43avant le droit international
32:44à tel point
32:44que la première réaction
32:45du président de la République
32:47en France
32:47à la capture de Nicolas Maduro
32:49a été de le féliciter.
32:51La question c'est
32:52avec ses cartes rebattues
32:53comment est-ce qu'on regarde
32:55la France ?
32:56On est septième puissance militaire.
32:58Nous avons la dissuasion.
33:00Dans le même temps,
33:01nous tenons au maximum
33:02dix jours
33:03en force conventionnelle
33:04dans un combat
33:04de haute intensité.
33:06Et quand je dis dix jours,
33:07je vois votre mot
33:08parce que certains états-majors
33:09sont moins que ça.
33:11Un sous-marin nucléaire
33:12est dissuasif
33:13puisqu'il peut lancer
33:14un M51
33:14simplement,
33:15c'est mille fois
33:16la bombe d'Hiroshima
33:17en puissance.
33:19Est-ce que donc
33:20c'est une dissuasion muselée
33:22ou une dissuasion
33:23qui n'a que le nom ?
33:25Non,
33:26ce n'est pas une dissuasion muselée
33:27qui n'a que le nom.
33:28Non,
33:29elle est totalement crédible
33:30la dissuasion française.
33:31Elle est crédible
33:31sachant que si on dissuade,
33:34si on décide de lancer
33:35un missile M51,
33:37on fait mille fois
33:37la puissance de Hiroshima.
33:39Oui,
33:40mais l'idée de la dissuasion,
33:43c'est ce qu'on appelle
33:44une arme de non-emploi.
33:46C'est-à-dire qu'elle est là
33:47pour nous protéger
33:48de nos intérêts vitaux.
33:49Alors expliquez-moi,
33:49comment est-ce qu'on peut dissuader
33:50en disant
33:51on a une arme
33:52mais on ne va pas l'utiliser ?
33:52Non,
33:53on dit
33:53cette arme,
33:55elle est pour assurer
33:56nos intérêts vitaux.
33:58Voilà,
33:59tant que nos intérêts vitaux
34:00nous l'imposent.
34:00Donc on l'utilise
34:00en dernier sort,
34:01mais on l'utilise.
34:02Ah oui,
34:02d'accord,
34:02bon,
34:03le jour où on l'utilise,
34:05c'est l'apocalypse.
34:06Il faut quand même
34:07l'avoir en tête.
34:08C'est ce que dit Poutine,
34:09justement.
34:09La lumière Poutine
34:10dit de toute façon
34:10si on commence à jouer.
34:11C'est Armageddon.
34:13Juste avant l'apocalypse,
34:14il n'y a pas d'autres étapes,
34:15non ?
34:15Juste avant l'apocalypse,
34:16il n'y a pas d'autres étapes.
34:17En ce moment,
34:17je me permets d'y aller directement
34:18à la question du Groenland.
34:20Les États-Unis
34:21annoncent très clairement
34:22leur volonté d'annexer
34:23d'une manière ou de l'autre
34:24un territoire
34:25qui est lié
34:26à un pays européen
34:26au Danemark.
34:27Dans l'effet
34:28qui est membre de l'OTAN,
34:29donc c'est un choc direct
34:30potentiellement militaire
34:31au sein de l'OTAN.
34:32Ce n'est pas un choc.
34:33Est-ce que l'OTAN existe encore ?
34:34Mais l'OTAN
34:37ne peut survivre à cela.
34:40C'est aussi simple que ça.
34:42Si ça qu'apparaît
34:44le Groenland,
34:44ce que vous voulez dire.
34:44Bien sûr.
34:46On ne peut pas imaginer...
34:47Déjà, un,
34:48tout ça n'est qu'à Libye,
34:51pour ne pas se raconter
34:52d'histoire.
34:53La question du Groenland,
34:55c'est l'accès aux terres rares,
34:56c'est l'accès à des minéraux,
34:58c'est l'accès à tout ce qu'on veut,
35:00à des minerais
35:00et tout ce qu'on veut.
35:03Clairement,
35:04les militaires
35:05américains
35:08peuvent faire ce qu'ils veulent
35:08déjà au Groenland.
35:09Ils peuvent y mettre
35:10les troupes qu'ils veulent.
35:11Mais ils veulent quelque chose
35:12de plus.
35:12Ils veulent en voyager
35:13qu'ils peuvent aller
35:13à l'accès de victoire.
35:14Ils veulent l'accepter d'abord.
35:15Ils proposent aussi
35:1610 000 à 100 000 euros.
35:18Non, mais attendez,
35:20on n'achète pas des peuples
35:21maintenant.
35:22Ça n'existe pas.
35:23La proposition est sur la table.
35:24Oui, d'accord,
35:25mais enfin,
35:25tout ça n'a aucun sens.
35:27On n'est pas au 19ème siècle.
35:31Alors que justement,
35:32c'est le sens
35:34que donne Donald Trump.
35:35Il renverse les cartes.
35:36Il bouleverse l'ordre.
35:37Là où Emmanuel Macron
35:38s'est encore trompé
35:39sur les questions
35:40de politique étrangère,
35:41comme il s'est tellement trompé
35:43sur tellement de sujets
35:44en matière de politique étrangère.
35:45Je vous rappelle
35:45qu'on a fait le pari de l'Algérie
35:47au détriment
35:49de notre relation
35:50avec le Maroc,
35:51etc.
35:51Au bout du compte,
35:52rien du tout.
35:53On s'est fait virer d'Afrique.
35:55Il a trouvé le moyen
35:56d'insulter des chefs d'État
35:57africains
35:57avec des plaisanteries
35:59à trois balles
35:59comme par exemple
36:00au Burkina Faso,
36:01souvenez-vous.
36:02Bon, bref,
36:03on a eu le droit à tout.
36:04Mais là,
36:05il a quand même été incroyable.
36:06C'est qu'il a été un des seuls
36:08à féliciter Donald Trump
36:10au lendemain
36:10de la capture de Maduro.
36:14bon,
36:16on disait Trump mieux
36:17pour la démocratie,
36:18mais Trump,
36:19il s'en fout de la démocratie.
36:20Ce n'est pas son débat.
36:22Aujourd'hui,
36:22Donald Trump,
36:22Trump,
36:23il fait des affaires
36:24avec ses armes en partie.
36:27Enfin voilà.
36:28Et d'ailleurs,
36:29il l'a dit,
36:29quelques heures après,
36:31quelques heures après,
36:32il a dit,
36:32ça va permettre
36:33aux compagnies pétrolières américaines
36:34de pouvoir mettre la main
36:35sur 17%
36:35des ressources pétrolières mondiales.
36:37Et là,
36:37au Groenland,
36:38c'est exactement
36:38le même jeu qui joue.
36:39Vous fuyez un peu le sujet.
36:41Non,
36:41je termine.
36:42Est-ce qu'il y en a
36:43dans le même éternel ?
36:43Alors,
36:44je termine.
36:46Là,
36:47c'est le constat.
36:48Trump est en train
36:49de mettre par terre
36:51l'ordre mondial
36:52bâti au lendemain
36:53de 1945.
36:54Ça,
36:54c'est une évidence.
36:55Bon,
36:56il ne respecte plus rien
36:57la non-ingérence,
36:59le non-recours à la force,
37:01la détermination des peuples,
37:03le respect des frontières,
37:04tout ça par terre.
37:05Le Conseil de sécurité
37:06des Nations Unies,
37:07tout ça.
37:08Souvenez-vous
37:08comment on intervenait
37:15par exemple au Kosovo
37:16ou dans l'ex-Yougoslavie
37:17il y a 25 ans
37:18avec le Conseil de sécurité
37:19des Nations Unies,
37:20etc.
37:20Qu'est-ce qu'on fait ?
37:20Très bien.
37:21Alors,
37:21nous,
37:22Européens,
37:22qu'est-ce qu'on fait ?
37:23On sort de l'idée,
37:25on sort de la vassalité
37:26dans laquelle
37:28on est entré
37:31il y a
37:3150 ans
37:34ou 70 ans.
37:35Bon,
37:3680 ans.
37:36on sort de la vassalité.
37:39Et nous,
37:41Européens,
37:42on décide que face
37:43aux immenses empires
37:45que vous évoquiez,
37:46eh bien,
37:47nous reprenions
37:47notre destin
37:49et notre souveraineté.
37:50C'est une sorte de généreuse formule.
37:51Mais le jour où les Américains
37:52disent
37:53le Groenland est à nous,
37:54on envoie...
37:55Eh bien,
37:55c'est la fin.
37:56On ne peut pas avoir
37:59l'article 5.
38:01D'accord.
38:02Que fait la France
38:02à ce moment-là ?
38:03La France dit
38:03l'OTAN s'est terminé ?
38:04On envoie des troupes
38:05à Groenland.
38:06Ça veut dire que l'OTAN
38:07est terminé.
38:07Ça veut dire que
38:09le traité européen...
38:10En même temps que les Nations Unies.
38:11Ça veut dire que tout est mort.
38:14Mais vous voyez bien
38:15déjà dans quel état...
38:17Le seul fait, par exemple,
38:18moi, j'aurais aimé
38:19que les Européens...
38:22Alors, je pense
38:22qu'ils sont tétanisés
38:23par la question ukrainienne.
38:26Mais j'aurais aimé
38:28qu'au lendemain du Venezuela,
38:30les Européens saisissent
38:31le Conseil de sécurité.
38:33On a deux États membres
38:35et les Britanniques.
38:37Ce que vous dites,
38:38c'est qu'on a besoin
38:40de l'aide américaine en Ukraine.
38:40J'aurais aimé que...
38:41On a fermé notre bouche
38:42sur le Venezuela
38:43et on est en train
38:44de se faire sur le gouvernement.
38:45C'est ça ?
38:45J'aurais aimé
38:46que les Européens
38:48décident de faire
38:48une conférence internationale,
38:50de prendre en main les choses,
38:51de rappeler le droit,
38:54rappeler l'ordre mondial
38:55dans lequel on est.
38:56Mais non, ils l'ont pas fait.
38:57Même Emmanuel Macron...
38:58Ils l'ont fait après.
38:59Jour 1, Emmanuel Macron
39:00félicite Trump.
39:02Jour 1, il y a eu 2.
39:03Il dit, ah,
39:03il y a quand même
39:04le droit international.
39:05Jour 3, c'est Sébastien Lecornu
39:06devant l'hémicycle
39:07qui dit que finalement,
39:09ni la méthode,
39:10il n'y a rien qui va en cours.
39:10On a eu pire que ça.
39:11On a eu jour 1,
39:13communiqué du quai d'Orsay
39:14qui est forcément relu
39:15par l'Elysée
39:16et validé par l'Elysée
39:17parce que c'est comme ça
39:17que ça fonctionne,
39:19qui dit, c'est pas bien.
39:20Et 3 heures plus tard,
39:22un tweet de Macron
39:22qui dit, c'est bien.
39:23Bon, mais tout ça
39:26impose aux Européens
39:283, à mon avis,
39:303 piliers majeurs
39:33de sa reconstruction.
39:341, le premier,
39:37c'est pas à Mme Van Der Leyen
39:39de s'occuper de ses affaires,
39:41ce sont aux États
39:42souverains.
39:44Ce n'est pas au sein
39:46de l'Union Européenne
39:47qu'on construit
39:48l'Europe de la défense,
39:50ce sont des discussions
39:52gouvernementales
39:53entre pays
39:53qui ont envie
39:54de faire les choses.
39:55l'Europe de la défense.
39:58Vous avez vu déjà,
39:59on essaie de construire
40:00un avion commun,
40:01même il y a
40:01deux avionneurs français
40:02qui n'arrivent pas
40:03à se mettre d'accord.
40:04Derrière,
40:04vous avez les Allemands
40:06qui disent,
40:07nous, on va avoir
40:07le lit de là-dessus.
40:08Les Français,
40:09et ils ont raison,
40:10disent, on a quand même
40:11un savoir-faire,
40:11donc non.
40:13Pardonnez-moi,
40:14mais de quoi parle-t-on
40:15l'Europe de la défense ?
40:16Eh bien,
40:16de l'Europe de la défense
40:17qui est une Europe
40:18de la défense
40:19telle que quand j'étais
40:20ministre de la défense
40:21sous l'autorité
40:22de Nicolas Sarkozy,
40:22on a fait le traité
40:23de Lancaster.
40:24Le traité de Lancaster
40:25qui est un accord
40:26entre les Britanniques
40:27et les...
40:27Mais nous sommes en 2026,
40:28Hervé Morin,
40:29qu'est-ce qui reste
40:29du traité de Lancaster ?
40:30Eh bien, je suis désolé,
40:31je ne vais pas rentrer
40:32dans le détail
40:32parce qu'il y a des éléments
40:33qui sont secrets.
40:34Il y a des collaborations,
40:35il y a des coopérations
40:36entre États,
40:37ça, ça se fait.
40:38Vous parliez du Kosovo,
40:39c'était soldat au Kosovo
40:40en 2001,
40:41il y avait effectivement
40:42des nations diverses
40:43qui étaient là
40:43pour collaborer,
40:44pour soutenir la paix.
40:45On doit faire des...
40:46Mais une collaboration,
40:48ça n'est pas une Europe
40:49de la défense commune.
40:50Je ne demande pas
40:51qu'il y ait une Europe
40:52de la défense commune,
40:52je demande qu'il y ait
40:53des États européens
40:56qui décident
40:57de relever la tête,
40:59à la fois dans leur esprit
41:01pour sortir de cette espèce
41:02de vassalité
41:03dans laquelle on est rentré
41:04depuis des décennies
41:06parce que l'Alliance Atlantique,
41:07ça nous allait bien.
41:08Et deuxièmement,
41:09d'avoir trois éléments.
41:12Trois points.
41:13Le premier,
41:14un véritable effort
41:15sur le budget de la défense.
41:17Pardon de vous dire,
41:18mais moi,
41:18j'ai réuni
41:19les 50 entreprises
41:21en Normandie
41:22sous-traitantes
41:22de l'industrie de défense,
41:24économie de guerre
41:25depuis 2021,
41:26ils n'ont pas eu,
41:27je vous l'ai déjà dit,
41:28une commande,
41:29un euro de crédit supplémentaire.
41:31Ce qui impose,
41:32derrière,
41:33d'avoir la construction
41:34d'un modèle économique
41:35dans lequel on est
41:36suffisamment en capacité
41:37de produire de richesses
41:38pour alimenter
41:39toute une série de politiques,
41:40notamment la politique
41:41de défense.
41:42Donc, premier point,
41:43être crédible
41:43quand on dit
41:44qu'on va augmenter
41:44le budget de la défense.
41:46Deuxième point,
41:47on décide de le faire
41:48avec des pays
41:48qui veulent aller de l'avant.
41:50Ça ne peut pas se faire
41:50au sein de la Commission européenne.
41:53Ça doit se faire
41:53dans l'intergouvernemental,
41:55je l'ai dit.
41:56Troisièmement,
41:57ça impose
41:58de bâtir une stratégie.
42:00Et quelle doit être
42:01la stratégie européenne ?
42:02Quelles sont les zones majeures
42:04sur lesquelles on doit
42:05construire notre système
42:07de défense ?
42:08On a, en fait,
42:09deux grandes zones
42:10d'influence
42:10et deux grandes zones
42:11de responsabilité.
42:12C'est, un,
42:13prendre en compte
42:13la menace russe,
42:14faire en sorte
42:15que, globalement,
42:16on ait au sein
42:17des Européens
42:17la capacité
42:18de pouvoir tenir
42:19et de pouvoir
42:19se faire respecter.
42:21Et deuxièmement,
42:21bien sûr,
42:22la zone africaine.
42:23Parce que la zone africaine,
42:24elle est aussi
42:25stratégique pour l'Europe.
42:27Donc, on a à bâtir
42:29cette réflexion stratégique
42:32et ensuite,
42:34faire bâtir
42:35un outil militaire,
42:37un outil productif,
42:39donner les moyens
42:40d'avoir des munitions,
42:43d'avoir des missiles,
42:44de bâtir la défense.
42:46Mais ça,
42:46ça ne se fait pas
42:46du jour au lendemain.
42:47Eh bien,
42:47mais sauf qu'ici,
42:48la menace en Russie,
42:50elle est limitante.
42:51Sauf que M. Dupont,
42:52il ne s'est rien fait.
42:55Moi, je ne connais pas
42:56un industriel
42:57en France
42:58qui peut vous dire
42:59« Je peux aller voir
43:00une banque
43:01parce que j'ai des contrats
43:02et que ces contrats
43:04me permettent
43:05de pouvoir investir
43:06dans des nouvelles
43:06chaînes de production
43:07et de pouvoir former du monde. »
43:09Ça n'existe pas.
43:10Hervé Morin
43:10et bon dimanche à vous
43:11sur Europe 1
43:12et sur CNews.
43:13C'est parti.
43:14Sous-titrage FR ?
Commentaires