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  • il y a 4 mois
Paola Puerari vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On revient avec vous, disiez, sur l'information de la soirée.
00:03C'est cette opération en cours sur ce navire qui a d'ailleurs différents noms.
00:07Ça y est, j'ai oublié son nom, le Pouchpa, mais qu'on pourra...
00:10Oui, parce qu'il a tellement changé de nom.
00:12Il a tellement changé de nom, il a tellement changé aussi de pavillon.
00:16Et pourtant, c'est un navire de la flotte Fantôme Russe.
00:19Un navire sur lequel des militaires français sont montés ce soir.
00:24Deux personnes sont en garde à vue puisqu'il était au large des côtes de Saint-Nazaire.
00:27Oui, voilà. Alors, à la fin des fins, c'est ça qu'il faut retenir.
00:30Oui, derrière l'espèce de maskirovka russe pour essayer d'exporter son pétrole,
00:37ce qui est très important pour la Russie.
00:39Parce qu'aujourd'hui, cette fameuse flotte Fantôme, c'est quand même plusieurs centaines.
00:42Le président de la République disait 800, ce que disent les services de renseignement à peu près.
00:46Navires qui, aujourd'hui, vendent le pétrole russe essentiellement à la Chine, à l'Inde et à la Turquie.
00:55C'est 70% de l'exportation du pétrole russe.
00:57Et c'est 40% de l'économie russe.
00:59Et l'effort de guerre russe passe par là.
01:02Et là, pour la première fois, effectivement, un petit coup d'arrêt a été mis.
01:06Pourquoi ? Parce que, d'ailleurs, ce navire, c'est pas trop qui...
01:09La France a fait très attention de rester justement dans le cadre du droit international pour cette intervention.
01:14C'est pas trop qu'il était contre l'embargo.
01:18C'est qu'il n'appliquait pas les règles de la navigation, puisqu'il arborait un pavillon de Bénin,
01:26alors qu'il n'a jamais été enregistré.
01:28En tout cas, le Bénin disait qu'il n'était pas enregistré chez lui.
01:31Ce qui a donc permis d'utiliser le fameux article 110 qui permettait de faire une visite.
01:37Et comme son commandant, quand il est arrivé en proximité des eaux territoriales françaises,
01:44s'est refusé à répondre aux injonctions de la Marine nationale et du procureur de Brest,
01:50eh bien, des commandos marines ont fait une opération de ce qu'on appelle du contre-terrorisme en mer.
01:55Là, il n'y avait pas de terroristes à bord en soi.
01:56De commandos, oui.
01:57Mais ils sont montés à bord pour faire ce qu'on appelle une visite,
02:01et donc pour prendre contrôle du navire et obliger le commandant à répondre aux règles de droit
02:08et aux procureurs sur d'où ils venaient, quel était leur pavillon,
02:11parce qu'en fait, on n'a pas le droit de se balader sans pavillon.
02:15Sinon, ça veut dire qu'on est des pirates.
02:17Donc, voilà, les pirates, on les aborde.
02:19Donc, c'est ça qui s'est passé.
02:20Ce qui est intéressant, c'est que ça a montré deux choses, et après, j'ai fini.
02:23C'est, un, les capacités militaires françaises à le faire.
02:28Là, c'est un geste technique.
02:31Et la volonté politique, dans un cadre important,
02:33qui est en ce moment-là la réunion de l'Union Européenne,
02:35justement, où répondre à toutes les provocations russes,
02:37pour essayer de nous déviser,
02:39la volonté politique de répondre aux provocations russes.
02:43Bruno Jeudy, vous voyez cette volonté, effectivement, de répondre.
02:46On rappelle qu'Emmanuel Macron est au Danemark pour un Conseil européen de la défense.
02:51Et, effectivement, vous voyez cette fermeté dans la réponse ?
02:56Oui, c'est un changement de temps.
02:57Mine de rien, ce qui s'est passé aujourd'hui,
02:59ce n'est pas du tout quelque chose de secondaire.
03:03La France, Emmanuel Macron, depuis déjà plusieurs mois,
03:06hausse le ton, parle d'une confrontation face à la Russie,
03:10parle d'une menace réelle,
03:11essaie de mobiliser l'opinion sur le fait que la Russie
03:14mène une guerre hybride, une guerre informationnelle.
03:18tout ce qui s'est passé ces derniers mois,
03:20les têtes de cochons,
03:22les cercueils devant l'église russe à Paris,
03:26ou encore les pochoirs sur le monument de la Shoah.
03:32Tout ça fait partie de cette guerre hybride
03:35menée par la Russie et ses alliés.
03:40Mais là, aujourd'hui, ce qui a été fait,
03:42c'est répondre concrètement, c'est dire
03:43stop, le message qui est envoyé,
03:47c'est maintenant, vous n'allez pas faire ce que vous voulez.
03:50On vous voit, en fait, on voit ce que vous faites.
03:53Ces bateaux servent à contourner les sanctions.
03:57Et donc, la France dit non.
03:59Comme la Pologne et l'Estonie ont dit non
04:00il y a quelques jours après le survol de leur espace aérien,
04:05tout ça s'inscrit dans une stratégie globale des Européens
04:11qui, un, reste unie pour défendre l'Ukraine face à la Russie.
04:16Deux, ont bien l'intention de répondre.
04:18Et à mon avis, l'avertissement qui a été,
04:21et les actes qui ont suivi,
04:24peuvent très bien se traduire par des choses
04:26beaucoup plus importantes.
04:27Si jamais les Russes voulaient s'aventurer
04:30avec des avions au-dessus des espaces aériens,
04:32Voilà, on va revoir la déclaration du président de la République
04:34qui dit rien n'est exclu en termes de riposte
04:37si un avion russe viole l'espace aérien européen.
04:40Ça, ça veut bien dire que c'est une mise en garde.
04:42C'est une mise en garde.
04:43Et c'est quand même, aujourd'hui, un passage à l'acte.
04:47Et j'allais dire, sans doute,
04:48parce que si jamais les autorités russes
04:50décident d'aller plus loin dans cette espèce de guerre hybride,
04:54de harcèlement des opinions européennes
04:57et des capitales européennes,
05:00parce que l'idée, c'est de déstabiliser
05:01tous les pays occidentaux
05:04et notamment les pays européens
05:06qui soutiennent l'Ukraine,
05:07eh bien, Poutine, aujourd'hui,
05:10a reçu un carton jaune
05:12qui peut se transformer en carton rouge
05:14dans d'autres pays.
05:15Parce que ce que dit Emmanuel Macron,
05:17c'est aussi ce que pensent beaucoup
05:18des responsables voisins des pays voisins.
05:22Juste une précision,
05:23c'est que ça se passe en plus aujourd'hui
05:25et puis demain,
05:26où il y a cette réunion à Copenhague.
05:28Donc, c'est aussi un signal qui est envoyé
05:31montrant la force européenne,
05:33dans tous les cas,
05:34montrant que les Européens sont tous un peu
05:36mobilisés dans ce sens-là.
05:39Vous voyez, ça ne peut pas n'apporter le jour.
05:41Et tout ça, après que...
05:41Après que, aussi, Donald Trump,
05:44interrogé la semaine dernière,
05:47ait répondu,
05:48lors d'une conférence de presse,
05:50que s'il fallait abattre
05:52un des avions qui a survolé l'espace,
05:54je ne sais plus si c'était Estonien ou Polonais,
05:56il a dit qu'il faut l'abattre.
05:59Donc, on voit bien que il y a...
06:01Donc, il a donné un peu son blanc-seing,
06:04je puis dire aussi, Donald Trump.
06:05En fait, ce qui est intéressant,
06:07c'est de voir qu'aujourd'hui,
06:08la solidarité atlantique,
06:10qui avait pu être mise en cause
06:11par certaines déclarations de Donald Trump
06:13ou la crainte, cet été,
06:14d'un rapprochement avec Poutine,
06:16aujourd'hui, on voit que, finalement,
06:18on a un retour des Américains
06:20dans le jeu de la solidarité transatlantique.
06:23Et on l'a vu très clairement,
06:24parce que Donald Trump le fait à sa façon
06:26et on sait qu'il y a toujours l'inquiétude
06:28du fait qu'il est un poil girouette
06:30par-ci, par-là.
06:31Mais que là, ça a été quand même
06:32gravé dans le marbre
06:35par l'intervention du général,
06:37qui est le commandant américain
06:38des troupes de l'OTAN en Europe,
06:42qui a dit, lui, dans les termes plus construits,
06:45exactement la même chose.
06:46C'est-à-dire, les règles d'engagement
06:47ont changé.
06:48On l'a fait savoir aux Russes.
06:49Elles sont durcies.
06:51Donc, ils arrêtent de nous tester
06:52pour éviter qu'ils aient
06:54à en subir les conséquences.
06:55– Oui, et la stratégie de Poutine,
06:57d'essayer, évidemment,
06:58dans chaque pays européen,
07:00de favoriser des partis,
07:02des mouvements, des leaders
07:03qui, demain, pourraient être des alliés.
07:04Évidemment, pour l'instant,
07:06ça ne fonctionne pas
07:07parce que l'Europe reste unique.
07:09Et ça, c'est quand même
07:10une surprise très importante.
07:12On voit bien que l'arrivée de Trump
07:13aurait pu faire bouger
07:14les Italiens et d'autres.
07:15Eh bien non.
07:15– Sous-titrage Société Radio-Canada
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