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  • il y a 3 mois
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 10 novembre 2025.

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00:0012h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole, avec Amandine Bégaud.
00:07Et à la une, pardon, Nicolas Sarkozy peut-être bientôt libre, on saura ça dans une demi-heure,
00:15la cour d'appel de Paris examine en ce moment même sa demande de mise en liberté,
00:21décision donc attendue tout à l'heure à 13h30, on vivra ça en direct ensemble sur RTL.
00:27L'ancien président qui n'était pas présent à l'audience ce matin au palais de justice de Paris,
00:32mais il a comparu en visioconférence à distance depuis la prison de la santé.
00:37La prison c'est dur, a-t-il dit ? Très dur, ça l'est certainement pour tout détenu.
00:42Je dirais même que c'est terrain temps.
00:44Vincent Serrano, vous êtes devant cette prison de la santé à Paris ?
00:47Oui, devant la rue de la santé puisqu'on a été mis à l'écart par un important dispositif de sécurité.
00:53Maître Darwa, l'un des avocats de Nicolas Sarkozy se présente à l'instant devant l'entrée de cette maison d'arrêt.
00:59Il a été précédé dans la dernière demi-heure par la mise en place de cet important dispositif de sécurité.
01:05Il est très conséquent, une cinquantaine de policiers et gendarmes sont en ce moment dans cette rue de la santé
01:10avec des motards, une vingtaine de motards qui pourraient potentiellement escorter une voiture,
01:17peut-être celle de Nicolas Sarkozy. On ne le sait pas encore mais voilà, tout s'accélère depuis une demi-heure maintenant
01:22devant cette maison d'arrêt de la santé.
01:25Et on saura ça précisément à 13h30.
01:28Merci à vous Vincent Serrano, on vous retrouvera bien sûr devant cette prison de la santé.
01:31On retrouvera aussi Sophie Nemeier qui est à la cour d'appel de Paris, décision,
01:35donc dans une petite trentaine de minutes à 13h30.
01:39La météo avec vous Louis Baudin, bon, ça reste bien frais.
01:46Aujourd'hui.
01:46Aujourd'hui, mais ça va changer.
01:47Seulement aujourd'hui et ça va changer effectivement parce que la perturbation qui traverse la moitié nord de la France
01:52va nous quitter la nuit prochaine et dès demain c'est un vent de sud qui va s'installer
01:56et avec lui de l'air de plus en plus doux et du vent assez fort d'ailleurs.
02:00Ça sera sur les Pyrénées jusqu'à 80-90 km heure, vent d'autant sur la région toulousaine.
02:05Mais petit à petit c'est bien le soleil qui va finir par s'imposer quasiment partout.
02:08Quelques nuages dans le Languedoc, quelques nuages sur la pointe bretonne et c'est tout.
02:12Et des températures qui vont commencer à grimper.
02:13Alors pas forcément demain matin où ça sera encore froid dans le nord-est
02:16mais l'après-midi, nous serons entre 12 et 15 degrés au moins dans la moitié nord.
02:20Revoilà un peu au-dessus des moyennes de saison et 15 à 20 dans le sud.
02:24Mercredi et jeudi seront les journées les plus douces ou les plus chaudes.
02:27C'est à vous de choisir parce qu'on ira jusqu'à 19-20 degrés dans la moitié nord.
02:31En moyenne plus de 25 dans le sud.
02:33C'est quoi 10 degrés au-dessus de la moitié ?
02:34On est 10 degrés au-dessus des moyennes de saison au nord comme au sud.
02:3825 degrés au moins possible dans les régions du sud-ouest.
02:41Tout ça avec encore beaucoup de soleil.
02:43Sauf dans le Languedoc-Roussillon et sur la pointe bretonne
02:46où là on aura quelques nuages et quelques pluies.
02:48Ailleurs donc du temps sec, doux et toujours ce vent fort.
02:51Près des Pyrénées ou encore sur la façade atlantique jusqu'à 80-80 km heure.
02:56Vendredi encore de la douceur mais les pluies reviendront par l'ouest.
02:59Et ça, ça annonce un week-end un petit peu plus agité et un peu plus frais également.
03:03Puisque avec cet air océanique qui reviendra, les températures baisseront sensiblement.
03:07Merci beaucoup Louis.
03:10Jusqu'à 14h.
03:12Les auditeurs ont la parole.
03:13Amandine Bégaud sur RTL.
03:16Et avant d'évoquer cette possible remise en liberté de Nicolas Sarkozy,
03:21on va parler inégalité de salaire entre les hommes et les femmes.
03:25Pourquoi ?
03:25Et bien parce que d'après les calculs de la lettre d'information,
03:29les Glorieuses, depuis 11h31 ce matin,
03:32les femmes travaillent gratuitement en France.
03:35Alors bien sûr, c'est une image, un symbole pour illustrer ces inégalités de salaire
03:40qui persistent à ton travail identique.
03:43Les femmes gagnent en moyenne aujourd'hui 14,2% de moins que les hommes.
03:48Bonjour Frédéric.
03:49Bonjour.
03:50Vous nous appelez d'où s'il vous plaît ?
03:52De l'Essonne.
03:53De l'Essonne.
03:54Et vous faites quoi dans la vie ?
03:56Ben, génial.
03:56Et vous les constatez, vous, ces inégalités de salaire entre femmes et hommes ?
04:01Ben, c'est toujours difficile à savoir,
04:04puisqu'en fait, en France, on n'échange pas trop sur les salaires.
04:09Et moi, j'ai travaillé pendant 30 ans dans une grande société.
04:15Et je pense qu'au départ, en fait, non, c'est pas, je pense, je suis même certaine,
04:18les salaires d'embauche sont identiques pour des postes.
04:22Après, une femme a une carrière qui est plus hachée que celle d'un homme.
04:26Elle a des congés maternité, elle peut prendre des congés parentaux,
04:30elle peut se mettre à temps partiel,
04:32elle doit s'arrêter si les enfants sont malades.
04:36Et en fait, tout ça fait que, finalement, la carrière, pendant certaines durées, s'arrête.
04:42Et puis, vous n'évoluez pas.
04:44Quand vous rebonnez, vous repartez du point où vous étiez.
04:49Et puis, un homme qui avait commencé exactement en même temps que vous,
04:52lui a continué à évoluer.
04:53Je pense que c'est plus dans ce sens-là qu'il y a, en tant qu'ingénieur,
04:58dans la société où j'étais, qu'il y avait des différences, en fait.
05:02Mais à l'embauche, c'était la même chose ?
05:04Oui, je pense qu'à l'embauche, il n'y a pas de grosse différence.
05:06Dans les grosses sociétés, j'entends.
05:08Parce qu'en fait, ils ont des tableaux de coefficients.
05:13Enfin, il n'y a pas trop de secrets, en fait.
05:15On dit aussi, parfois, que les femmes ont plus de mal à négocier, par exemple, une augmentation de salaire.
05:21Est-ce que, vous, c'est quelque chose que vous constatez ou pas du tout ?
05:25Non, je ne dirais pas ça, non.
05:27Non, je vous dis, moi, je le ressens plus qu'un décalage, un retard pris dans la carrière, en fait.
05:32Restez avec nous, Frédéric, on va rejoindre Elisabeth.
05:36Bonjour, Elisabeth.
05:37Bonjour.
05:38Vous nous appelez de Garche, c'est ça ?
05:40Absolument.
05:41Et vous êtes-vous retraitée ? Vous avez quel âge, Elisabeth ?
05:43À chaque fois, vous me demandez, j'ai 75 ans.
05:47Non, mais je rigole.
05:4975 ans.
05:50Et ça vous fait réagir, ces inégalités de salaire entre hommes et femmes ?
05:54Oui, mais je vais vous dire, moi, quand je travaillais, c'était donc vieux.
06:00Elle était déjà là.
06:01Ah ben bien, et c'était nettement plus, même.
06:04Alors, je disais à 8 ans que je n'étais pas sûre, mais pour moi, c'était du 25%.
06:08Ah oui, oui, oui, oui, ça s'est considérablement resserré.
06:13Et ce que nous disait tout à l'heure notre invité, qui est l'ancien DRH de L'Oréal,
06:17c'est qu'aujourd'hui, même à qualification et à travail égal,
06:21on n'est plus que, si j'ose dire, à 4,5% d'écart de salaire.
06:26Oui, et puis il faut parler aussi des inégalités, parce qu'une maman, c'est à vous que je l'apprends,
06:36peut partir pour un enfant malade, et selon ça, les directeurs prennent peur.
06:43Et puis celle-là, elle va être... Donc, ils se servent de ça, enfin, ils se servaient de ça pour payer moins.
06:52Vous comprenez, vous êtes absurde.
06:54Alors moi, j'ai eu beaucoup de chance.
06:55J'ai été dans des sociétés américaines.
07:00Alors là, j'étais le petit jésus en culotte de velours.
07:03C'est vrai ? Mais vous faisiez quoi comme métier, Elisabeth ?
07:07J'étais commerciale.
07:08Oui.
07:09Et vous avez eu un commercial l'autre jour au téléphone, ça m'a fait rire,
07:13qui disait que lui, il était dans cette même boîte,
07:18et qu'il avait une Porsche.
07:20Oui.
07:21Et ça m'a fait rire, parce qu'effectivement, ils avaient tous des Porsche.
07:24Ah oui ?
07:25Oui.
07:26Mais bon, moi, j'avais l'inverse, c'est très bien.
07:28Mais alors, vous, vous disiez, vous avez le sentiment que vous n'étiez pas lésée dans cette entreprise ?
07:35Non.
07:36Non ?
07:36Écoutez, ils me payaient.
07:37Mais baby-suit, ils me retornent de m'achat.
07:40S'il y avait une réunion importante, elle était réglée.
07:43Vous voyez, c'était le côté américain.
07:46Vous ne trouverez jamais ça si c'est un employeur français.
07:50Frédérique, elle disait tout à l'heure, en France, on ne sait pas le salaire des autres.
07:54Dans une boîte américaine, c'est différent.
07:57Combien ? Pardon.
07:59On sait tout.
08:00Tu gagnes combien ?
08:02Non, mais il n'y a aucun.
08:03D'ailleurs, je vais vous dire, je trouve que la France est ridicule quand les gens ouvrent leurs fils de paix.
08:09À l'époque, c'était, vous savez, dans des enveloppes.
08:11Tout doucement, ils le mettent dans le sac avec le foulard par-dessus.
08:15C'est rigolé, quoi.
08:17Il suffit d'avoir un ami à la comptabilité, on se fait tout de suite.
08:20C'est là, comme ça, là.
08:21Donc, vous voyez ce que je veux dire ?
08:22C'est ridicule.
08:24J'ai toujours trouvé ça ridicule.
08:26Enfin bon, c'est peut-être parce que je suis une gay dame, aussi.
08:29Ah bah non, non.
08:31Ah bah si, c'est sur le cas de la vie, quand même.
08:33Bah oui, oui, mais regardez, vous êtes en forme.
08:35C'est pas tout neuf.
08:37Non, c'est sûr.
08:38Mais au moins, vous avez du recul et vous pouvez effectivement comparer.
08:41Restez avec nous, Elisabeth.
08:43On va accueillir Cédric.
08:44Bonjour, Cédric.
08:45Bonjour, Dandine.
08:46Vous nous appelez d'où, Cédric ?
08:47De Bourg-en-Bresse, dans l'Ain.
08:49Et vous faites quoi dans la vie ?
08:50Moi, je suis cadre dans la grande distribution.
08:52Et alors, moi, les gens que je recrute, il n'y a pas d'inégalité entre hommes et femmes.
09:01C'est-à-dire qu'ils ont exactement le même salaire.
09:05Je suis dans une société où on est plutôt bien payé.
09:10Et il n'y a vraiment aucune différence entre les hommes et les femmes.
09:13Il y a quelque chose qui est intéressant sur une future directive européenne.
09:18C'est de savoir, on va pouvoir connaître le salaire de l'autre.
09:21Oui, le salarié va pouvoir demander le salaire de ses collègues, mais qui occupent le même poste.
09:27Exactement.
09:28Pas tous les salaires.
09:29Oui, non, mais voilà.
09:30Mais je trouve ça très bien parce que, alors, Elisabeth, elle a raison.
09:33En France, on a un rapport à l'argent assez stupide, finalement.
09:36Je veux dire, c'est bon, je gagne tant, tu gagnes tant, on s'en fiche un peu quelque part.
09:40Mais, en revanche, pour ces inégalités-là, ça va mettre, si vous voulez, ça va mettre les patrons face à leurs défauts.
09:48Parce que, moi, j'ai connu des boîtes, j'ai travaillé dans des grands groupes qui sont au CAC 40 encore aujourd'hui.
09:54Et, effectivement, il y avait une inégalité salariale.
09:57Et l'inégalité salariale, elle ne se joue pas tant sur le salaire, finalement.
10:01Elle se joue beaucoup sur les primes.
10:03Et là, ça triche.
10:06Parce que, souvent, la prime, c'est un peu à la tête du client.
10:09C'est-à-dire qu'on explique que lui ou elle a mieux travaillé.
10:12Et ce que je disais, Cédric, je ne sais pas si vous partagerez mon avis,
10:14mais les femmes, souvent, et c'est ce que disent un certain nombre de chefs d'entreprise, de DRH,
10:18les femmes, souvent, ont plus de mal à plaider leur cause pour une augmentation,
10:23à venir demander à progresser au sein de l'entreprise.
10:27Vous le constatez, vous, ça ?
10:29Alors, après, c'est pareil.
10:31Ça dépend aussi, je pense, du manager qu'on a, du patron qu'on a, du PDG qu'on a, peu importe.
10:37Mais c'est aussi à nous de les mettre en confiance.
10:39C'est-à-dire qu'il n'y a pas de raison de faire une différence entre hommes et femmes.
10:42C'est-à-dire, à partir du moment où la personne a les compétences,
10:45c'est peut-être au manager d'aller vers cette personne et de dire,
10:48je pense que tu as les compétences pour évoluer.
10:51Moi, dans mon équipe, quand je suis arrivé dans la boutique où je suis actuellement,
10:55j'avais que des hommes.
10:56Et bien, moi, là, j'ai déjà recruté deux femmes.
10:59Dans mon équipe.
11:00Parce que je ne trouve pas ça normal de me dire,
11:03pourquoi ce travail ne serait réservé qu'aux hommes ?
11:05Pourquoi les hommes seraient mieux payés que les femmes ?
11:08Je veux dire, pour moi, tout le monde doit être sur le même pied d'égalité.
11:11Et cette loi européenne, finalement, pour moi, elle est très bien.
11:14Ça va mettre les patrons face à leurs responsabilités.
11:16Parce qu'on ne sait pas tout.
11:17Et on devra aller plus loin.
11:18Et je pense qu'on devra aller chercher dans les primes.
11:20Parce que vraiment, dans les primes, on triche beaucoup.
11:23C'est dans les primes qu'on triche.
11:24Et quand vous entendez Frédéric, qui est toujours avec nous, dire qu'en fait, c'est surtout la progression qui va être freinée pour une femme avec un congé maternité...
11:32En fait, elle a totalement raison.
11:34Mais c'est pareil.
11:35C'est aussi au patron de prendre ses responsabilités.
11:37Moi, par exemple, j'ai recruté deux femmes.
11:39Je sais pertinemment qu'elles sont jeunes.
11:41Je sais pertinemment qu'à un moment ou à un autre, elles risquent d'être absentes pour congé maternité.
11:46Ça ne me dérange pas.
11:48Ça ne va pas freiner leur carrière, leur augmentation.
11:51Ça ne va rien freiner de tout ça.
11:53Après, c'est à chacun de prendre ses responsabilités aussi.
11:56Et c'est là-dedans qu'il faudra progresser.
11:58On peut faire autant de lois qu'on veut.
12:00Je veux dire, mais elle a raison, Frédéric.
12:02Elle a raison.
12:03C'est-à-dire qu'il y a un frein de carrière parce qu'une femme accouche, parce qu'une femme, souvent, c'est elle qui va prendre ses congés pour enfants malades, etc.
12:10Tout ça, ce n'est pas normal.
12:11Et d'ailleurs, de la même manière, ce n'est pas normal qu'à chaque fois, ce soit une femme qui doit prendre des congés pour enfants malades.
12:19Et je veux dire, il faudrait tout reprendre, en fait.
12:22C'est une responsabilité collective et un changement de société aussi à engager.
12:26Je voudrais juste vous entendre, Florence.
12:28Bonjour.
12:29Bonjour.
12:30Vous nous avez laissé un message.
12:32On l'a entendu tout à l'heure.
12:33Vous êtes ancienne enseignante.
12:35Et vous nous disiez, dans la fonction publique, oui, aussi, il y a des inégalités de salaire.
12:40Tout à fait.
12:42Parce qu'on confie plus volontiers des responsabilités aux hommes.
12:48C'est-à-dire que, bon, moi, je parle pour les enseignants.
12:54À échelon égal et à diplôme égal, les hommes, par exemple, vont être plus souvent professeurs principaux.
13:03Lorsqu'il y a des heures supplémentaires vacantes, on va les confier plus volontiers à des hommes qu'à des femmes.
13:11Donc, finalement, au total, à la fin du mois, un enseignant gagne plus qu'une enseignante.
13:17Ce qui n'est pas forcément qu'un salaire de base, mais effectivement, en rajoutant...
13:22Le salaire de base est identique, mais il y a des responsabilités supplémentaires qui font qu'à la fin du mois, l'enseignant gagne davantage.
13:32Vous en avez souffert, vous, Florence ?
13:34Non, personnellement, je n'en ai pas souffert.
13:38Parce que lorsque j'ai fait le choix d'arrêter d'être professeure principale, ça a été un choix personnel.
13:47Cela dit, j'ai mis du temps avant d'accéder à cette responsabilité.
13:53Plus de temps qu'à l'heure.
13:54Oui, oui, oui, oui, tout à fait.
13:57Et puis même, on sait très bien qu'il y a plus de femmes que d'hommes dans l'enseignement.
14:04Mais justement, à proportion, on se rend compte qu'il y a un pourcentage d'enseignants qui a plus de responsabilités que les femmes.
14:14C'est le cas notamment, aussi bien, au niveau des principaux de collège et des professeurs de l'essai.
14:20Merci beaucoup, Florence, pour votre témoignage.
14:23Merci aussi à Frédéric, Elisabeth et Cédric.
14:26Dans un tout petit instant, Nicolas Sarkozy va-t-il ou non sortir de prison ?
14:30On saura ça dans 15 minutes.
14:32Et vous, qu'en pensez-vous ?
14:33Vous nous appelez au 3210.
14:35A tout de suite.
14:36Envoyez-nous vos messages sur l'application RTL ou appelez-nous au 3210.
14:4050 centimes la minute.
14:44Amandine Bégaud.
14:45RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
14:48À propos de M. Nicolas Sarkozy.
14:50C'est déjà été un scandale de le mettre en prison.
14:53Et maintenant, mais relâchez-le.
14:56Il ne va attaquer personne.
14:58Il va nuire à personne.
15:00Il a eu droit à des parloirs chaque jour.
15:03Il fait des traitements de faveur.
15:04Et maintenant, le droit de ne pas le libérer.
15:06Alors qu'il croque et la France, comme beaucoup d'hommes politiques, c'est inadmissible.
15:11Voilà, beaucoup de réactions autour de Nicolas Sarkozy.
15:14Sera-t-il ou non libéré ?
15:15On saura ça dans une dizaine de minutes, puisque la Cour d'appel doit rendre sa décision tout à l'heure à 13h30.
15:21On va bien sûr suivre et vivre ça avec vous en direct sur RTL.
15:26Avant cela, je voudrais qu'on donne la parole à Jean-Louis.
15:29Bonjour Jean-Louis.
15:30Oui, bonjour.
15:31Vous nous appelez d'où Jean-Louis ?
15:32De Lyon, la banlieue lyonnaise.
15:35Mes yeux dans le Rhône.
15:36Vous souhaitez, vous, que la justice libère Nicolas Sarkozy ?
15:40Alors, c'est ce que je disais à votre collaborateur tout à l'heure, ma chère Amandine Bégaud.
15:44On est tous responsables.
15:46Vous, vous causez un accident.
15:48On est tous responsables.
15:50On doit assumer sa responsabilité.
15:52Un chef d'entreprise est responsable.
15:54Ce que je n'ai pas du tout aimé, que ce soit Nicolas Sarkozy ou un autre,
15:57c'est que là, les quatre chefs d'occupation, trois annulés,
16:02on suppose une association de l'affaiteur.
16:06On ne met pas quelqu'un en prison en supposant.
16:09Ça, pour moi, c'est niaître.
16:11Soit il a fait, on le met, soit il n'a pas fait, on le laisse dehors, déjà.
16:16Il avait droit à l'appel.
16:18Ça, c'est déjà ça.
16:19Et puis, c'est quelque chose qui...
16:21Vous voyez, j'espère qu'ils vont le lâcher parce que depuis un mois, je ne suis pas bien.
16:24J'ai son âge et c'est ce genre de choses, moi, qui m'est insupportable.
16:30C'est intéressant, Jean-Louis, que vous disiez j'ai son âge.
16:33Parce que ça veut dire quoi ?
16:34Que vous, vous ne vous verriez pas en prison ?
16:38Non, ce n'est pas ça.
16:39C'est sur le jugement.
16:42Alors, on dit qu'il ne faut pas critiquer la justice et tout.
16:44Non, vous êtes journaliste, vous faites votre métier.
16:48La justice s'est trompée.
16:50Outreau s'est trompée.
16:51Grégory s'est trompée.
16:52On a mis des gens en prison pour rien du tout.
16:54Un juge doit être responsable de ses actes comme vous, comme citoyen, comme vous, comme moi.
17:01Et en plus, surtout dans ce métier-là, il n'y a pas de politique.
17:07Il doit rendre et tout.
17:09Là, l'impression que ça a donné, croyez-moi, je ne suis pas le seul à le penser, à tort ou à raison,
17:15mais ce que ça a donné, il vous laisse le payer, l'humilier.
17:18Donc là, je pense que ça suffit.
17:21C'est un ancien président, il doit être comme tout le monde et tout.
17:24On est là, avec tout.
17:27Alors, Jean-Louis, c'est intéressant ce que vous nous dites,
17:31parce que c'est le sentiment d'un certain nombre d'auditeurs qui nous appellent depuis plusieurs semaines.
17:35On est avec Aurélien Martigny, qui est secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats,
17:39qui est lui-même procureur adjoint à mots.
17:43Aurélien Martigny, vous entendez ce que dit Jean-Louis ?
17:46Oui, bien sûr que je l'entends, mais il faut rassurer les auditeurs qui pensent comme lui.
17:52La justice en France, elle n'est pas politisée.
17:54Et surtout, on ne condamne pas en France sans preuve.
17:57Il faut arrêter de dire ça en reprenant les éléments de langage des communicants qui ont pu le dire.
18:01C'est faux.
18:02Et on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de preuve de l'association de malfaiteurs.
18:04Je ne sais pas si votre auditeur a mis le jugement.
18:06Moi, je l'ai fait.
18:07Il y a les preuves de l'association de malfaiteurs.
18:09En France, on ne condamne pas sans preuve.
18:10On n'est pas dans une république bananière où la justice se permettrait de mettre en prison des gens sans un dossier solide.
18:17Donc ça, c'est faux.
18:17C'est le premier point.
18:19Le deuxième point, c'est que je veux bien qu'on parle de l'exécution provisoire.
18:22Il y aurait beaucoup de choses à dire.
18:24Mais l'exécution provisoire, elle est prononcée dans plus de la majorité des cas des décisions pénales en France.
18:29C'est dire si c'est le cours normal de la justice que d'avoir recours à l'exécution provisoire.
18:33Donc, oui, il y a une infraction qui est constituée, l'association de malfaiteurs,
18:36qui n'est pas une petite infraction.
18:37Pardon, on a tenté de dire cela aussi, de dire que ça n'était pas grave.
18:41Et au final, on n'avait que l'association de malfaiteurs.
18:43L'association de malfaiteurs, c'est une infraction extrêmement grave.
18:46Elle est punie dix ans d'emprisonnement dans le cas qui nous concerne.
18:48Dix ans, c'est la peine maximum pour un délit.
18:51Le législateur, quand il choisit de punir cette infraction de cette peine-là,
18:55il le fait parce qu'il sait que c'est grave.
18:56Et c'est le législateur qui le dit.
18:58Jean-Louis, vous entendez ce que nous disons ?
19:00Non, alors, M. Martini, que je respecte tout.
19:03M. Martini, dans l'affaire Doutreau, je vais prendre un autre exemple.
19:07Oui, mais alors, juste, ça n'a rien à voir, Jean-Louis.
19:09Je rappelle juste l'affaire Doutreau.
19:11Oui, mais c'est l'exemple.
19:12Ils ont mis des gens en prison qui n'avaient rien à voir.
19:16Le juge n'a pas été, il y a eu une sanction, puis une promotion.
19:20Il ne faut pas dire ça.
19:22Et dans l'exécution de Nicolas Sarkozy, il y a eu, comment il s'appelle,
19:26l'autre ministre qui a détourné, je ne sais plus quoi.
19:28Lui, il est resté dehors.
19:29Fillon est resté dehors.
19:31Voilà, ça, c'est quelque chose pour moi qui m'insupporte.
19:34Mais juste, Jean-Louis, c'est parce qu'il avait aussi déjà été condamné,
19:38Thomas Proutot, qui est chef du service police-justice, qui est avec moi en studio.
19:42Thomas, juste d'un mot, il se trouve que cette décision de l'incarcéré,
19:45elle a aussi été prise parce qu'il avait déjà été condamné dans une autre affaire.
19:49En tout cas, la présidente du tribunal, quand elle a expliqué cette décision à l'audience,
19:53a relevé deux choses.
19:54la gravité manifeste de l'infraction, c'est-à-dire cette préparation d'une corruption possible
20:00avec le président libyen.
20:03Et par ailleurs, le fait qu'il avait, pendant l'audience quand elle a interrogé,
20:06visiblement, pas bien compris la gravité de sa condamnation précédente.
20:09En tout cas, qu'il n'avait pas suffisamment pris conscience dans la manière dont il en a parlé.
20:13Ce sont les deux piliers sur lesquels repose l'incarcération de Nicolas Sarkozy.
20:17Jean-Louis, restez avec nous parce qu'on va continuer à échanger dans un tout petit instant
20:21et on attend bien sûr cette décision qu'on aura dans 6 minutes maintenant à 13h30.
20:28Je voudrais qu'on aille voir Vincent Serrano devant la prison de la santé à Paris.
20:32Vincent Serrano, vous nous disiez tout à l'heure que ça s'activait quand même.
20:35Oui, bien sûr.
20:36Tout se stabilise, mais cet important dispositif de sécurité qui est mis en place devant cette maison d'arrêt de la santé
20:42avec, je vous le décris, une cinquantaine de policiers et gendarmes.
20:46Il y a de chaque côté de cette rue pour boucler l'accès des barrières de sécurité
20:51et puis à chaque fois, 3-4 fourgons de gendarmerie.
20:54Et puis un peu plus loin, vous avez une vingtaine de motards de la Bravem
20:58qui pourraient potentiellement escorter le véhicule dans lequel serait Nicolas Sarkozy jusqu'à son domicile.
21:03En tout cas, vous avez devant cette maison d'arrêt le quotidien inhérent à une prison,
21:07c'est-à-dire des avocats, des détenus qui reviennent à l'intérieur, d'autres qui sortent.
21:11Voilà, tout cela avec ces policiers, encore une fois, et ces gendarmes armés, pour certains,
21:16qui stationnent les mains dans le dos devant la prison de la santé
21:20pour pouvoir agir éventuellement dans les minutes qui viennent.
21:24Voilà, donc ce dispositif de sécurité très conséquent, en tout cas ici sur place.
21:28Merci beaucoup.
21:29Et vous restez, vous aussi, avec nous.
21:31Décision dans 5 minutes à 13h30.
21:3213h30, on saura si Nicolas Sarkozy est tout nom libéré.
21:37Et puis à 14h, l'heure du crime.
21:39Bonjour Jean-Alphonse Richard.
21:40Bonjour Amandine.
21:41Vous nous emmenez en Grande-Bretagne avec, j'allais dire, les mésaventures,
21:46mais le mot est sans doute très mal choisi, du prince Andrew.
21:49Oui, le mot est devenu faible parce qu'on croyait sorti de l'auberge, ce prince Andrew.
21:53Et effectivement, là, la justice commence à s'activer à nouveau.
21:57L'affaire Epstein commence à rebondir de tous les côtés, que ce soit aux Etats-Unis ou en Angleterre.
22:03Donc on va s'interroger aujourd'hui sur que risque, finalement, le prince Andrew.
22:07Et il y a un vrai enjeu.
22:08Est-ce qu'il peut être interrogé ? Est-ce qu'il peut aller en prison ?
22:11Il y a certaines personnes qui le disent, que ce soit d'ailleurs en Angleterre ou aux Etats-Unis.
22:15Donc on vous fait le point avec ces mensonges, ces SMS, ces manipulations,
22:18tout ce qu'il y a dans le dossier et qu'on ne connaît pas,
22:20sur l'ex-prince Andrew, qui s'appelle Andrew Mountbatten-Windsor maintenant.
22:24Une histoire avec beaucoup de suspense, c'est dans l'heure du crime.
22:30Et c'est à 14h sur RTL.
22:32Et on sera bien sûr fidèles au poste.
22:34Merci beaucoup Jean-Alphonse.
22:35La décision concernant Nicolas Sarkozy, c'est dans un instant sur RTL.
22:38A tout de suite.
22:39Il est bientôt 13h30 sur RTL dans les toutes prochaines secondes, minutes au pire.
23:00On devrait savoir si Nicolas Sarkozy est ou non libéré, puisque la Cour d'appel a annoncé
23:06qu'elle rendrait sa décision à 13h30 pour ou contre une libération de l'ancien président.
23:11On échange avec vous en attendant cette décision.
23:13Thomas Proutot, chef du service police-justice, est toujours avec moi.
23:16Et puis on est en ligne avec Aurélien Martini, le secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats.
23:21Bonjour Thomas.
23:24Allô ?
23:25Oui, vous nous appelez d'où Thomas ?
23:27D'Ortès.
23:28Et alors vous, vous êtes contre la libération de Nicolas Sarkozy.
23:33Pourquoi ?
23:33Oui, moi je suis complètement contre, parce que c'est pas vrai qu'il a été président,
23:37qu'il ne doit pas assumer ses fautes.
23:40Je suis un peu contre l'argument qu'a donné le président.
23:47Jean-Louis ?
23:47Je ne fais pas de la politique politicienne.
23:49Il faut assumer ses responsabilités.
23:52Il a fait une erreur, il a fait une erreur.
23:54Il faut l'assumer jusqu'au bout.
23:55Et maintenant, bon, puisqu'il a apparemment 10 ans à faire, il faut qu'il les fasse ces 10 ans.
23:59Mais il a fait appel de cette décision, Thomas.
24:02Je voudrais juste savoir aussi, si par contre maintenant, même s'il sort maintenant,
24:06s'il sort au secrétaire, est-ce qu'il va être inscrit dans son carnet judiciaire ?
24:12Parce que normalement, le carnet judiciaire, après il ne peut plus avoir d'emploi dans la fonction publique.
24:16Alors, il ne doit pas être rayé de la fonction publique.
24:20Thomas Proutot, qui est chef du service police-justice, va vous répondre.
24:24Thomas, on rappelle que ce n'est pas une condamnation définitive dans le cadre de cette affaire-là.
24:30Oui, ce n'est pas terminé, Thomas.
24:31En fait, Nicolas Sarkozy a fait appel de sa condamnation en première instance.
24:35Donc, on remet en quelque sorte les compteurs à zéro.
24:37Il est présumé innocent.
24:38Alors, vous avez dit 10 ans.
24:39En première instance, il a été condamné à 5 ans de prison ferme.
24:43Maintenant, un nouveau procès va avoir lieu au printemps prochain.
24:46On remet les compteurs à zéro.
24:48Et toute l'éventail des possibilités est ouverte.
24:50C'est-à-dire, une relaxe, une condamnation, on ne sait pas encore.
24:55Donc, il va falloir attendre ça.
24:56Et encore après, il y aura un possible pourvoi en cassation.
24:59Donc, la condamnation définitive, on n'y est pas.
25:01Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il peut demander sa libération, sa mise en liberté.
25:07C'est au titre de la détention provisoire.
25:09Les critères de la détention provisoire ne sont pas ceux de la condamnation.
25:12C'est-à-dire, on se demande si la personne a vraiment besoin de rester en prison jusqu'au prochain procès.
25:18On a répondu à votre question, Thomas.
25:20Et ensuite, est-ce qu'on va continuer à payer dans ses honoraires et dans nos impôts, tout ce qu'il a droit, chauffeur et tout ça ?
25:28Ah, alors ça, c'est parce qu'il est ancien président.
25:31Et donc, il a droit, comme tous les anciens présidents, à un certain nombre de collaborateurs, des bureaux notamment.
25:40Ça, ça vous choque ? Mais c'est la règle pour tous les anciens présidents ?
25:44Ah oui, mais non.
25:45Mais bon, on a un président qui est en prison.
25:48Il n'est pas représentatif.
25:49Il est présumé innocent, Thomas.
25:51Pardon, c'est la règle.
25:53Oui, c'est la règle.
25:54Mais moi, il ne faut pas tourner autour du pot.
25:56Il y a beaucoup de monde qui sont, de mon avis, aussi.
25:57Alors, justement, on va écouter Hélène.
26:01Thomas, restez avec nous.
26:02Hélène, bonjour.
26:03Oui, bonjour, Amandine.
26:05Bonjour à toute l'équipe de RTL.
26:07Vous n'êtes pas de l'avis de Thomas ?
26:09Pas du tout.
26:10Parce qu'en fait, d'une part, il faut quand même informer vos auditeurs
26:14que le séjour d'un détenu en prison coûte 35 000 euros par an aux contribuables.
26:20Alors, imaginez le nombre de détenus.
26:22La France est dans un état catastrophique.
26:25On le sait, nous avons des milliards de dettes.
26:27Donc, j'estime que c'est de l'argent public complètement gaspillé.
26:30Et moi, j'estime que la prison devrait être réservée aux criminels, aux violeurs d'enfants,
26:37et j'en passe, et les pires.
26:38Enfin, aux personnes qui représentent un danger pour leurs concitoyens.
26:42M. Sarkozy n'est pas un fou furieux qui va nous attaquer avec un couteau dans la rue.
26:47Ce monsieur ne représente aucun danger pour les concitoyens.
26:50Nous sommes d'accord.
26:51Donc, qu'il soit puni par la justice s'il a commis des fraudes,
26:57ce que nous ne savons pas, puisqu'il n'y a pas de preuves pour le moment,
26:59et qu'il ait un bracelet électronique, des amendes à payer, je suis complètement d'accord.
27:04Mais là, c'est vrai que nous, les Français moyens, nous avons l'impression que la justice veut montrer un exemple,
27:10un exemple, M. Sarkozy, pour que tous les hommes politiques se tiennent à carreau.
27:15Mais il n'est pas le seul à avoir des casseroles, excusez-moi.
27:18Et Hélène, je voudrais juste qu'on s'arrête sur ce chiffre que vous donnez,
27:2135 000 euros par an par détenu Aurélien Martini.
27:25C'est ça.
27:26Vous êtes secrétaire générale adjoint de l'union syndicale des magistrats.
27:30C'est ça ce que coûte un détenu, 35 000 euros par an ?
27:33Alors, ça coûte très cher. Je pense que c'est peut-être même plus cher que ça.
27:37Mais je n'ai pas le chiffre exact en tête.
27:39Oui, mais alors, il y a tout, il faut mettre tous les frais.
27:41Après, il faut savoir ce qu'on veut. La justice, ça a un coût aussi.
27:45Mais il y a une chose qui, à chaque fois, me surprend et me choque un peu
27:48quand on dit qu'il n'y a pas de preuves.
27:50Je ne sais pas si les gens qui disent cela, vos auditeurs qui disent cela,
27:52et je le dis sans acrimonie, ont lu le jugement.
27:56Parce que quand on lit le jugement, en toute honnêteté, on ne peut plus dire qu'il n'y a pas de preuves.
28:01Les preuves, il y en a vraiment beaucoup sur l'association de malfaiteurs.
28:05Donc, je sais que c'est une musique qu'on a beaucoup entendue
28:08et forcément, à force de l'entendre beaucoup, on finit par le répéter et y croire.
28:12Mais je demande vraiment aux gens d'aller lire le jugement pour se faire leur idée
28:15et de ne pas écouter ce qu'ils entendent.
28:17Parce que quand on dit qu'il n'y a pas de preuves, c'est faux.
28:20C'est faux. Et au lieu d'écouter ceux qui le disent, allez lire le jugement.
28:24Là, on a le texte et il est accessible, il est sur Internet.
28:27Allez lire le jugement, ou au moins les parties que la presse, les parties saillantes,
28:30peut-être pas tous, parce que c'est un peu technique et un peu long.
28:33Mais là, vous vous ferez une idée.
28:34On ne le condamne pas en France sans preuve.
28:36Thomas Proutot.
28:37Alors, d'un mot, quand même, ce jugement, il fait 380 pages et c'est du droit.
28:42Je ne suis pas sûr que les auditeurs aient le loisir,
28:44et même s'ils le prenaient, de le lire pour les éclaircir.
28:47On peut quand même dire que cette association de malfaiteurs en vue d'eux,
28:50elle est compliquée à expliquer, en fait, à faire.
28:53C'est ça qu'on constate à travers nos auditeurs.
28:54Est-ce que c'est avoir eu l'intention d'eux, ce n'est pas l'avoir fait ?
28:56Il y a des preuves, c'est parfaitement conçu selon le jugement,
28:59mais visiblement, il y a un besoin d'explication,
29:01un besoin pédagogique sur cette décision qui n'est pas si simple,
29:04parce qu'effectivement, c'est un délit qui n'est pas réalisé,
29:07mais qui est préparé.
29:09Alors, vous avez raison.
29:10L'association de malfaiteurs, elle est réalisée.
29:11C'est le délit de destination qui n'est pas réalisé.
29:15Je vais vous donner un exemple très simple que j'ai connu moi en tant que juge d'instruction.
29:18Vous avez une équipe de malfrats qui s'apprête à attaquer un fourgon blindé,
29:21un fourgon de transport de fond.
29:23Vous le savez par un informateur.
29:25Ces gens-là se réunissent, achètent des cagoules, achètent des talkie-walkie.
29:28On sait qu'ils ont des armes, mais on n'en a pas la preuve formelle.
29:31Et puis, ils font des repérages.
29:33La question, c'est, tout ça, ça constitue une association de malfaiteurs.
29:36Prise élément, chacun de ces faits ne sont pas punissables.
29:39Question que je pose, si on n'a pas l'association de malfaiteurs,
29:41il faut attendre qu'ils attaquent le fourgon pour intervenir et donc risquer des morts.
29:45Et moi, par exemple, dans ce dossier, j'avais pris la décision de les faire interpeller avant
29:49pour ne pas mettre en danger la vie des convoyeurs de fonds, notamment,
29:53sur le terrain de l'association de malfaiteurs.
29:55C'est ça, une association de malfaiteurs, et ça permet de faire ça.
29:58Donc, c'est une infraction, par ailleurs, dont nous avons besoin.
30:00Donc, c'est faux de dire qu'il n'y a pas de preuve.
30:02C'est un groupement formé ou une entente établie caractérisé par des éléments matériels.
30:06Donc, il faut caractériser des éléments matériels.
30:08Il faut caractériser une intention, mais pas que.
30:10Pas qu'une seule intention.
30:11Il faut caractériser des éléments matériels.
30:13Ici, c'est au jugement.
30:15Ça a été d'ailleurs, encore une fois, il faudrait, à l'audience,
30:17le patron des services secrets est venu dire qu'il n'avait jamais vu ça de sa vie.
30:20Enfin, il y a vraiment des éléments très probants au dossier.
30:23Donc, moi, je le sais parce que j'ai lu la décision.
30:25J'entends bien que tout le monde ne peut pas lire la décision, etc.
30:28Il y a des résumés qui ont été faits dans plusieurs journaux.
30:32Il faut au moins aller regarder ça.
30:32Et on a pris le temps sur RTL d'essayer de l'expliquer.
30:35Hélène, vous entendez ce que dit Aurélien Martigny ?
30:39Oui, mais moi, je ne remets pas en cause le jugement.
30:42Je dis simplement que c'est de l'argent public gaspillé de mettre un monsieur
30:45qui ne représente pas un danger pour ses concitoyens en prison.
30:49Qu'il y a d'autres solutions plus économiques pour les Français.
30:52Parce que là, en plus, on a en plus à payer sur nos impôts les gardes qui le gardent en prison.
30:57Plus, toute l'équipe qui l'attend à la sortie de la prison.
31:00Alors, si on fait l'addition, je vous rappelle qu'en France, nous avons quand même des milliards de dettes.
31:06Donc, je trouve que c'est de l'argent public gaspillé de mettre en prison des gens qui ne représentent pas un danger pour les autres.
31:12Et M. Sarkozy n'est pas dangereux.
31:15C'est tout le travail ?
31:17On peut dire qu'ils soient punis, oui, mais avec des économies.
31:21C'est-à-dire des amendes, qu'ils payent des amendes.
31:24Je ne sais pas, il y a des solutions.
31:25En France, l'électronique, mais pas un séjour en prison avec en plus des gardiens.
31:29Et puis là, toute l'équipe qui va le chercher, mais ça va nous compter combien à nous, aux contribuables français, je veux dire.
31:34Vous voyez, donc j'estime que c'est de l'argent public gaspillé pour un monsieur qui ne représente pas de danger pour les autres.
31:40C'est tout.
31:41Hélène, merci beaucoup pour votre appel.
31:44Damien, bonjour.
31:46Oui, bonjour Amandine, bonjour à toute l'équipe.
31:48Vous nous appelez d'où, Damien ?
31:50Depuis de Dôme à côté de Clamont-Ferrand.
31:51Et alors vous, vous en pensez quoi ?
31:53Moi, je suis tout à fait d'accord avec Hélène.
31:55Elle m'a un peu enlevé les mots de la bouse.
31:59C'est tout à fait ça.
32:00C'est que je pense qu'on est dans une situation compliquée financièrement.
32:03Et moi, je pense que M. Sarkozy n'a rien à faire en prison.
32:07Déjà pour l'image de la France.
32:12Et en plus de ça, comme il a fait appel, pour moi, il n'a rien à faire en prison.
32:17Un bras électronique et que ses gardes le gardent chez lui, pour moi, c'est tout à fait tolérable.
32:24Comme Hélène disait, ce n'est pas du tout un criminel.
32:27Il ne va pas aller poignarder quelqu'un dans la rue ou faire autre chose.
32:31Donc, c'est dommage de laisser des choses comme ça.
32:35Merci beaucoup, Damien, pour votre appel.
32:40Aurélien Martini, vous entendez ce que disent les auditeurs ?
32:43Quand on ne représente pas de danger pour la société, ce n'est pas normal d'être en prison ?
32:49Oui, absolument.
32:50Je l'entends parce que c'est une question que se posent aussi les magistrats.
32:54C'est le sens de la peine.
32:56Et vos auditeurs, en fait, traduisent très bien ce que doit être le sens de la peine.
33:00Est-ce qu'il ne faut mettre en prison que les gens dangereux ?
33:02Et donc, est-ce qu'il ne faut avoir comme seul critère que la réitération possible des faits ?
33:08Ou est-ce que la prison, c'est aussi fait pour punir ?
33:12Or, la loi donne une indication puisqu'elle dit que la prison, ça doit effectivement prévenir la récidive,
33:17ça doit resocialiser, mais ça doit aussi punir.
33:20C'est aussi une punition.
33:21Alors, j'entendais votre audite qui disait qu'on pourrait avoir des peines pécuniaires, en fait.
33:25Oui, des amants.
33:26Des peines d'amants, etc.
33:27Oui, mais c'est un débat qu'il faut avoir, mais qu'il faut avoir au Parlement.
33:31C'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir ce débat sur un cas particulier.
33:33Moi, j'entends parfaitement ça.
33:35Après, d'autres vous diront, oui, mais alors les délinquants en col blanc,
33:37ceux qui détournent des millions d'euros, ils ont de l'argent pour payer,
33:40ils n'iront jamais en prison, tandis que les autres…
33:42Oui, c'est un débat qui est un peu compliqué.
33:43Mais c'est un débat qu'on peut avoir dans une société,
33:45mais ce débat, il doit avoir lieu au Parlement.
33:47Et il a déjà eu lieu.
33:49Notre peine de référence, en France, quoi qu'on en dit, s'arrête que la peine d'emprisonnement.
33:51Et je vous interromps à l'instant, Aurélien Martigny,
33:53puisque ça y est, on a la confirmation.
33:55La justice ordonne la remise en liberté de Nicolas Sarkozy.
33:59Le maintien en détention de l'ancien président n'est pas justifié.
34:03Voilà ce que dit la Cour d'appel de Paris.
34:06C'est donc très clair.
34:08Il va pouvoir sortir de prison dans les prochaines heures, Aurélien Martigny ?
34:13Oui, c'est assez rapide.
34:14Après, il y a des formalités de sécurité.
34:19C'est-à-dire qu'il faut bien s'assurer que la décision est bien la bonne.
34:22Et voilà, il y a quelques mesures comme ça sur lesquelles j'entraîne dans le détail,
34:25mais qui permettent de s'assurer que la décision est bien celle-là.
34:27Puis ensuite, il y a des formalités de lever des crous qui sont assez rapides,
34:31de l'ordre d'une heure, une heure et demie.
34:32D'autant qu'on imagine que tout ça a peut-être été un tout petit peu anticipé
34:35quand on entendait que les motards, par exemple,
34:37avaient déjà été disposés devant la prison de la santé.
34:41Je ne dis pas que la cour d'appel a appelé d'abord.
34:46Non, il ne fallait pas y voir un mot.
34:47Je ne suis pas sûr.
34:49Je pense que ça a été mis au cas où, pour ne pas être pris de court.
34:53Mais je ne suis pas sûr que cette décision ait pu filtrer.
34:56Non, je pense que ça a été…
34:57Peut-être que je me trompe, je n'ai pas d'informations précises,
34:59mais ça m'étonnerait quand même qu'on ait donné la décision en avance,
35:03mais qu'on ait pris des dispositions au cas où.
35:05On le fait souvent comme cela, dans des grands procès,
35:08ou quelle que soit la décision, on met en place un service d'ordre
35:10pour, le cas échéant, faire face.
35:13Merci beaucoup Aurélien Martini pour toutes ces précisions.
35:16Vous n'êtes pas surpris, vous, qu'il soit libéré ?
35:19Même si vous n'avez pas commenté une décision de justice, mais…
35:22Non, je ne suis pas surpris.
35:24C'était le sens des réquisitions.
35:25Donc, c'est vrai que ça donne quand même une orientation,
35:26même si on n'est jamais sûr de rien.
35:28Ce qui est important de dire, c'est que ce n'est pas un désaveu,
35:31parce qu'on n'était pas, et votre journaliste l'a parfaitement dit,
35:33on n'était pas sur les mêmes critères que le fond.
35:35Je veux dire, ça n'aurait pas été un acharnement qui les reste,
35:37ce n'est pas un désaveu qui le sort.
35:39C'est le cours normal de la justice, certes,
35:41appliqué à un ancien président de la République,
35:42ce qui rend les choses extraordinaires.
35:44Mais il faut que la justice passe, et c'est aussi important,
35:46et d'ailleurs les Français le disent,
35:48il faut qu'elle passe pour tout le monde, la justice.
35:49Il ne faut pas qu'elle soit réservée à un certain nombre.
35:52Il faut qu'elle puisse passer pour tout le monde.
35:53Et c'est aussi le signe, je finirai là-dessus,
35:55d'une démocratie qui va bien,
35:57qu'on puisse aussi juger sereinement un ancien président de la République.
35:59Merci beaucoup Aurélien Martini pour nous avoir éclairé une nouvelle fois
36:04et fait preuve de beaucoup de pédagogie.
36:06On va retrouver Sophie Le Meilleur en direct de cette cour d'appel de Paris.
36:12Sophie, on le disait, Nicolas Sarkozy va sortir de prison.
36:16Et ce, dès aujourd'hui, vous étiez, vous, dans la salle d'audience
36:18au moment où les juges ont prononcé leur décision.
36:23Oui, effectivement, ils ont donc autorisé Nicolas Sarkozy à sortir de prison,
36:28mais avec un contrôle judiciaire particulièrement strict
36:32et même, on peut le dire, inédit.
36:34Puisque, donc, plus classiquement,
36:36il a l'interdiction de quitter le territoire national.
36:39Il a l'interdiction aussi de rencontrer un certain nombre de témoins
36:43et de personnalités parmi lesquelles le garde des Sceaux,
36:47Gérald Darmanin, le président de la cour,
36:50a expliqué le risque d'obstacle que Nicolas Sarkozy puisse s'entretenir
36:55avec Gérald Darmanin afin de maintenir la sérénité des débats
36:59et pour l'indépendance de la justice.
37:03Donc, Nicolas Sarkozy n'a pas le droit de s'entretenir
37:06avec le ministre de la Justice ainsi que tous les membres de son cabinet.
37:09Ça fait partie du contrôle judiciaire ne pas s'entretenir avec Gérald Darmanin ?
37:13Effectivement, c'est ce que vient de dire à l'instant le président de la cour d'appel
37:18en rappelant que si Nicolas Sarkozy ne respecte pas ses obligations,
37:23eh bien, cela entraînera la révocation du contrôle judiciaire
37:26et donc un retour en prison immédiat.
37:29Sophie, je le disais, vous étiez dans la salle d'audience.
37:31Est-ce que Nicolas Sarkozy était de nouveau en visioconférence au moment de l'énoncé ?
37:37Oui, tout à fait, toujours assis sur cette table avec cette fois de chaque côté de lui l'un de ses avocats.
37:44Il a écouté avec attention le président de la cour détailler ce contrôle judiciaire
37:48auquel il va être astreint avec un certain agacement, on pourrait en tout cas l'interpréter comme ça.
37:55Mais vous avez vu du soulagement chez lui, Sophie, ou pas ?
37:58Je ne peux pas dire soulagement, je pense qu'il a été assez agacé par les termes de son contrôle judiciaire.
38:06C'est comme ça, en tout cas, que je l'ai ressenti depuis la salle d'audience.
38:08Mais il a remercié à la fin, bien sûr, le président de la cour d'appel de lui autoriser cette remise en liberté.
38:15Et c'est donc l'information qu'il faut retenir à 13h45.
38:19Nicolas Sarkozy va donc sortir de prison aujourd'hui.
38:21Décision de la cour d'appel de Paris qui explique que le maintien en détention provisoire de l'ancien président n'est pas justifié.
38:30Dans quelques toutes petites minutes, on va écouter...
38:34L'avocat de Nicolas Sarkozy, maître un grain.
38:42Le droit du code de procédure pénale, c'est une étape.
38:46La prochaine étape, c'est le procès en appel.
38:50Et notre travail, maintenant, désormais, à Nicolas Sarkozy et à nous, c'est de préparer cette audience d'appel.
38:58Voilà, je vous remercie.
38:59Voilà, quelques mots très simples de l'avocat de Nicolas Sarkozy qui ne commande pas la décision de la cour d'appel.
39:10Et vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce que c'est normal, d'après vous, que Nicolas Sarkozy ait été, soit bientôt, dans les prochaines heures, remis en liberté ?
39:19On va continuer à échanger et en débattre dans un instant sur RTL.
39:22A tout de suite.
39:23Contactez-nous gratuitement via l'appli RTL ou au 30 de 10.
39:2750 centimes la minute.
39:28Marche ou le vélo.
39:2813h50 sur RTL et c'est donc l'information de cette mi-journée.
39:40La cour d'appel de Paris a ordonné, il y a une quinzaine de minutes, la remise en liberté de Nicolas Sarkozy,
39:46incarcéré depuis 20 jours après sa condamnation au procès libyen.
39:51Il est placé sous contrôle judiciaire.
39:53On va revenir sur les détails dans un instant avec Sophie Neumeyer qui est toujours avec nous en direct de cette cour d'appel et du palais de justice de Paris.
40:01Je voudrais vous donner la parole avant cela.
40:02Jean-Louis, vous nous disiez j'aimerais qu'il soit libéré.
40:05Vous êtes satisfait ?
40:07Tout à fait.
40:08Et c'est dommage.
40:09Je voulais juste, je suis très heureux, le juge, M. Martigny, je voulais lui poser la question.
40:15Je ne sais pas s'il écoute.
40:16Et après, je laisserai les autres éditeurs.
40:18Est-ce qu'il trouve normal qu'il y a quelques jours, le directeur de la cour de cassation ait passé la télévision en disant que ce n'est pas normal que M. Darmanin allait voir M. Sarkozy et tout ?
40:35Alors, il n'est plus avec nous, Aurélien Martigny, mais je vous promets qu'on lui posera la question parce que je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler.
40:40Est-ce que, sincèrement, vous trouvez que c'est sa place de passer déjà, que c'est sa place de dire ça ?
40:47Parce qu'il a dit en plus, les juges n'aiment pas trop ça, ça pourrait altérer la décision.
40:53Ce n'est pas sa place.
40:54C'est ce que je vous disais tout à l'heure.
40:56Ces gens-là, il n'a pas à dire ça.
40:59Il a un droit de rétablir.
41:00Sauf que la justice, là, Jean-Louis interdit à Nicolas Sarkozy d'entrer en contact avec le garde des Sceaux.
41:05C'est ce qui a été prononcé.
41:07Oui, tout à fait.
41:08C'est différent.
41:08Là, on n'avait pas le résultat.
41:10Ce directeur de la Cour de cassation, il n'a rien à faire là.
41:14Il n'a pas à dire ça.
41:16Alors, n'importe qui intervient.
41:17Vous voyez ce que je veux dire ?
41:18C'est ça.
41:19Ils doivent rester.
41:20Moi, ce que je leur demande aux juges, enfin, ce que je leur demande, je dis,
41:23c'est que je voudrais entendre un juge ou le président des juges qui voulait dire,
41:30voilà, on peut faire des erreurs.
41:34Je ne leur dis pas qu'ils font.
41:35Ben oui, on s'est trompé.
41:37Mais là, ce n'est pas une erreur, Jean-Louis.
41:39Là, et Thomas Proutot est avec moi, là, c'est vraiment sur la détention provisoire.
41:45On ne juge pas du fond du dossier.
41:47En aucun cas, on juge du fond du dossier.
41:49On juge des garanties, notamment de représentation de Nicolas Sarkozy.
41:52Est-ce qu'il risque de fuir, de prendre un avion et de partir à l'étranger ?
41:55Ou de réitérer l'infraction, c'est-à-dire de chercher un financement étranger pour une campagne présidentielle ?
42:02A l'évidence, ce n'est plus le cas aujourd'hui.
42:05J'ai très, très bien compris, mais il faut que c'est des humains comme tout le monde.
42:17Jean-Louis, on a compris.
42:19Premier, on transmet la question à Aurélien Martini.
42:22Je voudrais qu'on entende Jessie.
42:23Vous vous étiez contre cette libération.
42:26Comment vous réagissez en apprenant qu'elle va avoir lieu dans ces prochaines heures ?
42:30Moi, perso, je trouve ça inadmissible, même tous les témoignages que j'ai entendus,
42:35je les trouve inadmissibles dans le sens où ça coûte de l'argent à la France
42:38et tout l'argent qu'il a, entre guillemets, volé, tout ce qui a été...
42:43Il n'y a aucune preuve d'argent volé ou détourné de Jessie, pardon, mais...
42:48Ou il n'y a aucun enrichissement personnel dans ce dossier à aucun moment.
42:51En soi, c'est ce que j'ai lu, en tout cas.
42:55Donc, clairement, il y a de la malversation et clairement,
42:59je prête à un citoyen lambda, on ne l'aurait pas libéré.
43:01Jessie, il n'y a pas d'enrichissement personnel à aucun moment.
43:04Nicolas Sarkozy, en tout cas, ça n'est pas prouvé et ça n'est pas dit dans aucun dossier...
43:08Ce n'est pas d'enrichissement personnel, c'est pour sa campagne.
43:10Oui, mais il n'y a pas de trace de cet argent, même pas pour sa campagne.
43:13Et ce n'est pas du tout retenu contre lui.
43:17Voilà.
43:17Mais bon, malgré tout, ça vous choque qu'il soit libéré.
43:20Oui, ça me choque.
43:21Bon, on va retourner voir Sophie Nemeier en direct du Palais de Justice de Paris.
43:26Sophie, on le disait, libération donc dans l'après-midi
43:30et la justice a prononcé un contrôle judiciaire extrêmement strict.
43:36Oui, particulièrement strict.
43:38Le président de la Cour d'appel n'a pas mâché ses mots
43:40puisque, effectivement, comme le disait Thomas Proutos,
43:43il écarte le risque qu'il ne se présente pas à son procès
43:48ou de réitération des faits.
43:50Et au contraire, il n'écarte pas le risque de pression et de concertation sur des témoins.
43:54Et il a même rappelé qu'en tant qu'ancien président de la République,
43:58Nicolas Sarkozy pouvait avoir des contacts avec des chefs d'État
44:02dans les pays où se trouvent certains témoins du dossier libyen.
44:06Et donc, c'est pour cela qu'il a demandé à ce que Nicolas Sarkozy
44:09ne puisse pas sortir du territoire national.
44:11et il a demandé également qu'il ne puisse pas rencontrer certaines personnes du dossier.
44:17Il a énuméré un certain nombre de personnes, plusieurs dizaines de noms.
44:22Et puis, cette personnalité que l'on n'attendait pas,
44:25mais voilà, et c'est assez inédit,
44:26c'est-à-dire que Nicolas Sarkozy est interdit de rentrer en contact
44:30avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
44:32ou avec les membres de son cabinet.
44:34On se souvient que Gérald Darmanin est allé le visiter en prison,
44:38à la prison de la santé.
44:41Et on se souvient aussi qu'à la suite de la condamnation de Nicolas Sarkozy,
44:45il y avait eu beaucoup de condamnations du monde politique
44:48envers cette condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy
44:52et envers les magistrats qui ont prononcé cette condamnation.
44:54Et donc, le président de la Cour d'appel, il y a quelques instants,
44:58a dit que pour la sérénité des débats
45:00et pour garantir l'indépendance de la justice,
45:03Nicolas Sarkozy et Gérald Darmanin ne doivent pas se parler.
45:06Ça, ça va sans doute faire beaucoup réagir, Thomas Proutot.
45:09Ah oui, c'est totalement inédit, effectivement,
45:12parce que le principe, mais on reste prudent,
45:14parce que le droit est complexe.
45:15Vous le savez, il y a un certain nombre de jurisprudences.
45:17On imagine que la Cour a quand même, évidemment,
45:20sous-pesé cette décision avant de la prendre.
45:22Bref, en tout cas, de manière classique,
45:24ce sont les gens du dossier que l'on ne peut pas voir.
45:27Soit les victimes, soit les autres prévenus,
45:30les complices, les co-auteurs.
45:31Gérald Darmanin n'est en aucun cas cité dans le dossier libyen,
45:36ni de près, ni de loin.
45:37Donc, on imagine que c'est sur le principe de la séparation des pouvoirs
45:41que va se baser, ce que se base cette décision,
45:44cette interdiction de rencontre entre Nicolas Sarkozy et Gérald Darmanin.
45:49On se souvient que le procureur général,
45:51après la Cour de cassation,
45:52avait manifesté, on va dire,
45:55ses doutes, ou en tout cas,
45:57avait froncé les sourcils
46:00quand Gérald Darmanin est allé rendre visite à Nicolas Sarkozy
46:05à la prison de la santé.
46:06On va voir maintenant les motivations de se délibérer
46:09pour essayer de comprendre sur quoi cela repose.
46:12Merci beaucoup, Thomas Proutot.
46:13Sabrina, bonjour.
46:15Oui, bonjour.
46:16Je voulais avoir votre réaction,
46:18donc, après cette décision de la Cour d'appel de Paris.
46:21Nicolas Sarkozy, qui va pouvoir sortir de prison ?
46:24Eh bien, écoutez, tant mieux.
46:25Je suis ravie, parce que déjà,
46:27il n'aurait pas dû faire une journée de prison.
46:29Je trouve que la justice,
46:34ce qu'il a vécu, ce n'est pas normal.
46:36Je pense qu'il a été sanctionné.
46:38On a voulu l'humilier,
46:39parce que déjà, moi, je ne comprends pas.
46:42Il a été reconnu non coupable
46:44sur trois chefs d'accusation.
46:48Ça a été reconnu que les documents
46:51de Mediapart étaient des faux.
46:55Entre guillemets, en plus,
46:56Mediapart, c'est un journaliste de gauche.
46:58Et en plus, là,
47:03il a été emprisonné
47:05pour soupçon de malfaiteurs.
47:07Soupçon d'association de malfaiteurs.
47:09Pardon, soupçon d'association de malfaiteurs.
47:12Ça veut dire qu'il est en prison immédiate
47:15en cas que ce soit un danger pour la société.
47:19Mais je ne vois pas où il est en danger pour la société.
47:22Donc, c'est vraiment, pour moi,
47:24ça a été fait...
47:26Voilà, c'était pour l'humilier, quoi, en fait.
47:30Voilà.
47:31On rappelle juste que la décision du tribunal,
47:34c'était au vu de l'extrême gravité de l'infraction,
47:36c'est-à-dire d'avoir préparé une possible corruption
47:38avec un dictateur d'un pays étranger.
47:41Oui, mais est-ce que ça a été prouvé ?
47:43Ah oui, c'est ce que rappelait Aurelien Martini
47:45tout à l'heure dans le jugement de 380 pages.
47:47Il y a un ensemble d'éléments de preuves
47:48qu'il y a bien eu préparation de cela,
47:51notamment avec Claude Guéant et Brice Sortefeux.
47:54Alors, est-ce que ça a été jugé ?
47:56Ça a été jugé en première instance.
47:58Vous le savez, Nicolas Sarkozy a été condamné
48:00à 5 ans de prison ferme
48:01par un jugement de 380 pages, on le redit.
48:04Il a fait appel.
48:05Les compteurs sont remis à zéro.
48:06Un nouveau procès aura lieu au printemps.
48:08Il pourra de nouveau faire valoir ses arguments
48:10et demander à être acquitté.
48:13Merci.
48:14Alors, pourquoi on parle toujours de soupçons ?
48:16C'est ça que je ne comprends pas.
48:17C'est comme ça qu'est formulé dans le dossier
48:20ces soupçons d'association de malfaiteurs.
48:24Dans tout le procès, on a dit des soupçons
48:25et une fois que la condamnation est prononcée,
48:27Nicolas Sarkozy est condamné sans plus des soupçons.
48:29C'est une condamnation.
48:31Mais, encore une fois, il a fait appel.
48:33C'est le principe.
48:34Il redevient présumé innocent
48:36et il sera rejugé au printemps prochain
48:39par la Cour d'appel de Paris.
48:40Merci beaucoup, Sabrina.
48:41Et je vous rappelle cette information.
48:43Nicolas Sarkozy, qui va pouvoir sortir de prison,
48:45libéré dès cet après-midi.
48:48Le maintien en détention provisoire
48:49n'est plus justifié.
48:51Voilà ce qu'a décidé la Cour d'appel.
48:53Merci beaucoup, Thomas Proutot.
48:54Merci à Sophie.
48:55Merci à tous.
48:56Merci à tous.
48:56Merci à tous.
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