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  • il y a 9 mois
Ce lundi 3 novembre, Amandine Gérard, président de La Financière de l'arc, s'est penchée sur le risque de l'effet domino pour les marchés de l'interdépendance des géants de la tech US, et la bonne saison de résultats en Europe, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Elle vient de nous rejoindre, Amandine Gérard, la financière de l'ARC.
00:03Bonjour Amandine.
00:04Bonjour Monsieur.
00:05Je vous invite à vous retrouver, vous allez rendre votre verdict et le prononcer dans un instant en direct à l'antenne.
00:09Ce moment, cet instant, ce verdict que l'on va vivre, est-ce que vous l'assumez ?
00:14Je l'assume Guillaume.
00:15On vous écoute.
00:16Alors les investissements dans les géants de la tech et les annonces de ces dernières semaines,
00:22si l'on regarde bien, font qu'il s'agit d'un cercle quelque part vicieux,
00:25que tout le monde se tient par la barbichette pour employer une expression de mise avec Antoine.
00:40Et ça pourrait entraîner un cercle vicieux, assez dangereux pour les marchés.
00:45Ah oui.
00:46Donc les publications des GAFAM, la semaine dernière, qui ont toutes été au-dessus des attentes,
00:51même si elles n'ont pas toutes été appréciées quand même, ne suffisent pas à vous rassurer.
00:55Vous dites « les GAFAM risquent de nous entraîner dans un effet domino fatal au marché ».
00:59C'est le thème que vous employez aujourd'hui, Amandine.
01:00En tout cas, le risque est là.
01:01Est-ce qu'il se matérialisera et quand est-ce qu'il se matérialisera ?
01:06Ça, on ne le sait pas.
01:07Mais ce qui est clair depuis les annonces de septembre,
01:10c'est que si vous regardez, il y a effectivement deux sociétés prépondérantes
01:13et omniprésentes dans ces annonces, que sont OpenAI et NVIDIA.
01:18Dans le cadre de OpenAI, n'oublions pas qu'on s'attend à une introduction en bourse
01:21qui a été annoncée par son CEO d'ici a priori la fin 2026.
01:27Je vous le rappelle, les banquiers d'affaires sont rémunérés au pourcentage
01:30sur les émissions en primaire.
01:32Donc, plus cette introduction en bourse et la valorisation de la société est élevée,
01:38plus tout le monde y gagne.
01:39Donc, en fait, si on regarde ce qu'on appelle le news flow,
01:42depuis le début de septembre, il est alimenté avec OpenAI,
01:45avec les premières annonces avec NVIDIA, derrière AMD, puis Broadcom,
01:50puis Qualcomm qui a fait en parallèle d'autres annonces sur de nouvelles puces.
01:54Donc, tout ça, ça s'alimente.
01:55Et aujourd'hui, OpenAI annonce un partenariat avec Amazon pour le cloud
01:59et Amazon gagne 5%.
02:00Voilà.
02:01Donc, quelque part, oui, on le sait, c'est une certitude.
02:06L'intelligence artificielle est une révolution technologique.
02:09Maintenant, qu'est-ce que prennent en compte les marchés boursiers ?
02:13Est-ce qu'ils ne prennent pas une valorisation trop élevée ?
02:15Ou peut-être à trop court terme, en fait, des bénéfices qui arriveraient à trop court terme
02:19dans le niveau de valorisation ?
02:21Et le risque, il est là, clairement, puisque tous ces CAPEX qui ont été annoncés
02:25ne tiennent, en fait, qu'à deux sociétés qui alimentent d'autres sociétés.
02:30OpenAI devrait s'introduire en bourse l'année prochaine,
02:32donc peut-être pour 1 000 milliards de dollars.
02:33Ce sera sans doute, de toute façon, la plus grande introduction en bourse
02:36de l'histoire de l'humanité.
02:38Non, mais vraiment, la plus grosse introduction en bourse jamais vue.
02:40On voit aussi de plus en plus de big tech américaines lever de l'argent,
02:45emprunter, justement, pour financer les investissements annoncés.
02:48On a vu Meta la semaine dernière et on voit de plus en plus, effectivement,
02:51de levées de dettes depuis septembre, octobre.
02:53Certains nous disent que c'est inquiétant, c'est le signe qu'on revient à 2 000
02:55quand, effectivement, l'argent n'était pas au rendez-vous pour financer tout ce qui était annoncé.
03:00Est-ce que le fait que les entreprises, que les big tech américaines,
03:03viennent lever de l'argent pour financer leurs investissements
03:06vous inquiète aussi ou, finalement, c'est la vie normale d'une entreprise ?
03:10Alors, non, il y a quand même une grosse différence avec 2 000.
03:13C'est que, justement, ces big tech génèrent énormément de cash flow
03:16de par leur activité opérationnelle.
03:18Et, effectivement, si on cherche, entre guillemets, la sécurité,
03:21on va choisir du Microsoft ou du Amazon,
03:24qui ont des activités récurrentes, dans le cas de Microsoft,
03:27avec son cloud et son offre de services globales,
03:30dans le cas d'Amazon, avec la partie, on va dire, e-commerce.
03:32Donc, ça, c'est très différent.
03:34On a un niveau d'endettement qui est beaucoup, beaucoup plus faible
03:37que ce qu'il était lors de la bulle des techs,
03:40puisqu'on est autour de deux fois la dette nette sur EBITDA,
03:44en tous les cas autour de 40% d'endettement,
03:46versus un 120% à la fin de la bulle tech.
03:49Donc, ça, ce n'est pas comparable.
03:51Et, effectivement, dans l'optimisation de la structure capitalistique,
03:54il est important d'emprunter.
03:56Vous parliez de Berkshire Hathaway, qui a trop de cash aujourd'hui.
04:00Donc, ça, c'est la vie logique de l'entreprise.
04:03Maintenant, ce qui commence à être dérangeant dans ces CAPEX,
04:07c'est qu'il va falloir aussi pouvoir les réaliser.
04:10Et ce qu'on voit dans le résultat d'entreprise et dans les communications,
04:13c'est qu'il est de plus en plus difficile d'honorer,
04:16un peu comme dans l'aéronautique, d'ailleurs,
04:17soit pour des problèmes de fournisseurs,
04:19soit pour des problèmes d'espace,
04:21d'honorer ces CAPEX-là, en fait, et ces investissements.
04:26Ou ne serait-ce que des problèmes d'électricité suffisantes ?
04:28Est-ce qu'il y aura assez d'électricité pour nourrir tout ce qui nous est annoncé là ?
04:30C'est beau, ce monde où on est obligé de s'endetter.
04:35C'est beau, on en rêve.
04:38Sans mauvais jeu de mots, l'endettement est une obligation.
04:40Bon, je vous laisse m'écouter sur ce fameux.
04:43Tout le monde est en forme aujourd'hui.
04:44Oui, mais paradoxalement, ça fait que la margin debt,
04:52ce qu'on appelle les obligations margées,
04:57en termes d'encours, ça dépasse tout.
04:59Maintenant, même les encours de cartes de crédit aux États-Unis sont dépassés.
05:02Et pourtant, ils sont historiquement hauts.
05:04Donc, est-ce que ce n'est pas un risque supplémentaire, finalement ?
05:06Un déséquilibre supplémentaire ?
05:08Alors, je pense sur le bilan des techs, encore une fois, il est très sain.
05:12Mais effectivement, la consommation, on le voit dans les dépenses hebdomadaires
05:15du consommateur américain, ne cesse de croître chaque semaine.
05:19Et ça, c'est très certainement influencé aussi par la hausse du Nasdaq,
05:23puisqu'on le sait, les Américains se reçoivent très investis sur les marchés,
05:27notamment en cryptoactifs et en valeur du Nasdaq.
05:31Et donc, il y a un effet d'entraînement qui est certain.
05:33Si ça s'arrête net, pour x ou y raisons,
05:35l'effet inverse sera effectivement assez violent, du moins à court terme.
05:40Oui, il y a un petit côté château de cartes.
05:42Même si, du côté des techs, il y a énormément de trésorerie,
05:44des moyens qu'on n'avait jamais vus de la part de quelque entreprise que ce soit.
05:48Mais en même temps, un côté château de cartes.
05:49C'est ça qui est très paradoxal.
05:50Et on ne sait jamais de quel côté pencher.
05:52Côté château de cartes ou côté, c'est quand même du sacrément solide.
05:55Quand on voit les résultats des GAFAM, on est quand même encore éblouis.
05:57Et les marchés ont été plutôt rassurés la semaine dernière.
06:00Ici, en Europe, les publications, est-ce qu'elles vous rassurent ?
06:03On a bien avancé.
06:04On est au deux tiers de la saison des résultats.
06:06Est-ce que c'est plutôt meilleur à loi que ce qu'on aurait pu craindre ?
06:10Disons que les attentes en Europe sont pour le coup relativement basses.
06:14Mais il n'y a rien d'extraordinaire, si ce n'est peut-être les résultats de GTT ce matin
06:18qui sont très au-dessus et qui relèvent leurs guidances.
06:21Mais là, pour le coup, on est dans une société qui n'a pas de dette et qui a beaucoup de cash.
06:24Mais c'est plutôt décevant comparativement, forcément,
06:28puisqu'on a quand même toujours une croissance à deux chiffres,
06:32souvent aux US des entreprises.
06:35Et nous, on peine à être à l'équilibre.
06:37C'est ce qu'on va voir peut-être demain avec Ferrari,
06:39puisqu'on attend une baisse de la marge par rapport à l'année dernière
06:43et par rapport à ce qu'on appelle en quarter-quarter,
06:46donc en comparable du troisième trimestre.
06:49Et également, une croissance légèrement négative des revenus.
06:53Idem pour Bouygues, sur Novo Nordisk, on sait qu'il y a beaucoup de ventes défavorables.
06:59Donc là aussi, il y a des résultats en croissance négative.
07:02Vous citez Novo Nordisk parce qu'il publie mercredi, Bouygues également mercredi.
07:04Demain, ce sera Ferrari, effectivement.
07:06Donc là, c'est un petit coup d'avance que vous nous apportez sur les publications.
07:08Donc, c'est un peu mieux qu'attendu parce que les attentes étaient plutôt basses,
07:12mais en réalité, il y a une vraie pression qui se concrétise,
07:14qui se sent sensible sur ces valeurs européennes.
07:17Oui, clairement.
07:18Soit on choisit la croissance, la valorisation élevée,
07:21et là, on est aux US.
07:23Soit, effectivement, nous, par rapport à notre niveau historique, on est en ligne.
07:26Donc, on peut se dire, côté valorisation, ça vaut le coup.
07:31Mais il y a très peu de croissance, voire pas de croissance.
07:35Amandine Gérard, elle préside la financière de l'ARC.
07:38Elle nous accompagne régulièrement.
07:39Merci beaucoup, Amandine, de nous avoir accompagnée sur le plateau encore aujourd'hui.
07:42Amandine Gérard, elle préside la pièce de la pièce de la pièce de la pièce de la pièce de la pièce de la pièce.
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