00:00Elle vient de nous rejoindre, Amandine Gérard, la financière de l'ARC.
00:03Bonjour Amandine.
00:04Bonjour Monsieur.
00:05Je vous invite à vous retrouver, vous allez rendre votre verdict et le prononcer dans un instant en direct à l'antenne.
00:09Ce moment, cet instant, ce verdict que l'on va vivre, est-ce que vous l'assumez ?
00:14Je l'assume Guillaume.
00:15On vous écoute.
00:16Alors les investissements dans les géants de la tech et les annonces de ces dernières semaines,
00:22si l'on regarde bien, font qu'il s'agit d'un cercle quelque part vicieux,
00:25que tout le monde se tient par la barbichette pour employer une expression de mise avec Antoine.
00:40Et ça pourrait entraîner un cercle vicieux, assez dangereux pour les marchés.
00:45Ah oui.
00:46Donc les publications des GAFAM, la semaine dernière, qui ont toutes été au-dessus des attentes,
00:51même si elles n'ont pas toutes été appréciées quand même, ne suffisent pas à vous rassurer.
00:55Vous dites « les GAFAM risquent de nous entraîner dans un effet domino fatal au marché ».
00:59C'est le thème que vous employez aujourd'hui, Amandine.
01:00En tout cas, le risque est là.
01:01Est-ce qu'il se matérialisera et quand est-ce qu'il se matérialisera ?
01:06Ça, on ne le sait pas.
01:07Mais ce qui est clair depuis les annonces de septembre,
01:10c'est que si vous regardez, il y a effectivement deux sociétés prépondérantes
01:13et omniprésentes dans ces annonces, que sont OpenAI et NVIDIA.
01:18Dans le cadre de OpenAI, n'oublions pas qu'on s'attend à une introduction en bourse
01:21qui a été annoncée par son CEO d'ici a priori la fin 2026.
01:27Je vous le rappelle, les banquiers d'affaires sont rémunérés au pourcentage
01:30sur les émissions en primaire.
01:32Donc, plus cette introduction en bourse et la valorisation de la société est élevée,
01:38plus tout le monde y gagne.
01:39Donc, en fait, si on regarde ce qu'on appelle le news flow,
01:42depuis le début de septembre, il est alimenté avec OpenAI,
01:45avec les premières annonces avec NVIDIA, derrière AMD, puis Broadcom,
01:50puis Qualcomm qui a fait en parallèle d'autres annonces sur de nouvelles puces.
01:54Donc, tout ça, ça s'alimente.
01:55Et aujourd'hui, OpenAI annonce un partenariat avec Amazon pour le cloud
01:59et Amazon gagne 5%.
02:00Voilà.
02:01Donc, quelque part, oui, on le sait, c'est une certitude.
02:06L'intelligence artificielle est une révolution technologique.
02:09Maintenant, qu'est-ce que prennent en compte les marchés boursiers ?
02:13Est-ce qu'ils ne prennent pas une valorisation trop élevée ?
02:15Ou peut-être à trop court terme, en fait, des bénéfices qui arriveraient à trop court terme
02:19dans le niveau de valorisation ?
02:21Et le risque, il est là, clairement, puisque tous ces CAPEX qui ont été annoncés
02:25ne tiennent, en fait, qu'à deux sociétés qui alimentent d'autres sociétés.
02:30OpenAI devrait s'introduire en bourse l'année prochaine,
02:32donc peut-être pour 1 000 milliards de dollars.
02:33Ce sera sans doute, de toute façon, la plus grande introduction en bourse
02:36de l'histoire de l'humanité.
02:38Non, mais vraiment, la plus grosse introduction en bourse jamais vue.
02:40On voit aussi de plus en plus de big tech américaines lever de l'argent,
02:45emprunter, justement, pour financer les investissements annoncés.
02:48On a vu Meta la semaine dernière et on voit de plus en plus, effectivement,
02:51de levées de dettes depuis septembre, octobre.
02:53Certains nous disent que c'est inquiétant, c'est le signe qu'on revient à 2 000
02:55quand, effectivement, l'argent n'était pas au rendez-vous pour financer tout ce qui était annoncé.
03:00Est-ce que le fait que les entreprises, que les big tech américaines,
03:03viennent lever de l'argent pour financer leurs investissements
03:06vous inquiète aussi ou, finalement, c'est la vie normale d'une entreprise ?
03:10Alors, non, il y a quand même une grosse différence avec 2 000.
03:13C'est que, justement, ces big tech génèrent énormément de cash flow
03:16de par leur activité opérationnelle.
03:18Et, effectivement, si on cherche, entre guillemets, la sécurité,
03:21on va choisir du Microsoft ou du Amazon,
03:24qui ont des activités récurrentes, dans le cas de Microsoft,
03:27avec son cloud et son offre de services globales,
03:30dans le cas d'Amazon, avec la partie, on va dire, e-commerce.
03:32Donc, ça, c'est très différent.
03:34On a un niveau d'endettement qui est beaucoup, beaucoup plus faible
03:37que ce qu'il était lors de la bulle des techs,
03:40puisqu'on est autour de deux fois la dette nette sur EBITDA,
03:44en tous les cas autour de 40% d'endettement,
03:46versus un 120% à la fin de la bulle tech.
03:49Donc, ça, ce n'est pas comparable.
03:51Et, effectivement, dans l'optimisation de la structure capitalistique,
03:54il est important d'emprunter.
03:56Vous parliez de Berkshire Hathaway, qui a trop de cash aujourd'hui.
04:00Donc, ça, c'est la vie logique de l'entreprise.
04:03Maintenant, ce qui commence à être dérangeant dans ces CAPEX,
04:07c'est qu'il va falloir aussi pouvoir les réaliser.
04:10Et ce qu'on voit dans le résultat d'entreprise et dans les communications,
04:13c'est qu'il est de plus en plus difficile d'honorer,
04:16un peu comme dans l'aéronautique, d'ailleurs,
04:17soit pour des problèmes de fournisseurs,
04:19soit pour des problèmes d'espace,
04:21d'honorer ces CAPEX-là, en fait, et ces investissements.
04:26Ou ne serait-ce que des problèmes d'électricité suffisantes ?
04:28Est-ce qu'il y aura assez d'électricité pour nourrir tout ce qui nous est annoncé là ?
04:30C'est beau, ce monde où on est obligé de s'endetter.
04:35C'est beau, on en rêve.
04:38Sans mauvais jeu de mots, l'endettement est une obligation.
04:40Bon, je vous laisse m'écouter sur ce fameux.
04:43Tout le monde est en forme aujourd'hui.
04:44Oui, mais paradoxalement, ça fait que la margin debt,
04:52ce qu'on appelle les obligations margées,
04:57en termes d'encours, ça dépasse tout.
04:59Maintenant, même les encours de cartes de crédit aux États-Unis sont dépassés.
05:02Et pourtant, ils sont historiquement hauts.
05:04Donc, est-ce que ce n'est pas un risque supplémentaire, finalement ?
05:06Un déséquilibre supplémentaire ?
05:08Alors, je pense sur le bilan des techs, encore une fois, il est très sain.
05:12Mais effectivement, la consommation, on le voit dans les dépenses hebdomadaires
05:15du consommateur américain, ne cesse de croître chaque semaine.
05:19Et ça, c'est très certainement influencé aussi par la hausse du Nasdaq,
05:23puisqu'on le sait, les Américains se reçoivent très investis sur les marchés,
05:27notamment en cryptoactifs et en valeur du Nasdaq.
05:31Et donc, il y a un effet d'entraînement qui est certain.
05:33Si ça s'arrête net, pour x ou y raisons,
05:35l'effet inverse sera effectivement assez violent, du moins à court terme.
05:40Oui, il y a un petit côté château de cartes.
05:42Même si, du côté des techs, il y a énormément de trésorerie,
05:44des moyens qu'on n'avait jamais vus de la part de quelque entreprise que ce soit.
05:48Mais en même temps, un côté château de cartes.
05:49C'est ça qui est très paradoxal.
05:50Et on ne sait jamais de quel côté pencher.
05:52Côté château de cartes ou côté, c'est quand même du sacrément solide.
05:55Quand on voit les résultats des GAFAM, on est quand même encore éblouis.
05:57Et les marchés ont été plutôt rassurés la semaine dernière.
06:00Ici, en Europe, les publications, est-ce qu'elles vous rassurent ?
06:03On a bien avancé.
06:04On est au deux tiers de la saison des résultats.
06:06Est-ce que c'est plutôt meilleur à loi que ce qu'on aurait pu craindre ?
06:10Disons que les attentes en Europe sont pour le coup relativement basses.
06:14Mais il n'y a rien d'extraordinaire, si ce n'est peut-être les résultats de GTT ce matin
06:18qui sont très au-dessus et qui relèvent leurs guidances.
06:21Mais là, pour le coup, on est dans une société qui n'a pas de dette et qui a beaucoup de cash.
06:24Mais c'est plutôt décevant comparativement, forcément,
06:28puisqu'on a quand même toujours une croissance à deux chiffres,
06:32souvent aux US des entreprises.
06:35Et nous, on peine à être à l'équilibre.
06:37C'est ce qu'on va voir peut-être demain avec Ferrari,
06:39puisqu'on attend une baisse de la marge par rapport à l'année dernière
06:43et par rapport à ce qu'on appelle en quarter-quarter,
06:46donc en comparable du troisième trimestre.
06:49Et également, une croissance légèrement négative des revenus.
06:53Idem pour Bouygues, sur Novo Nordisk, on sait qu'il y a beaucoup de ventes défavorables.
06:59Donc là aussi, il y a des résultats en croissance négative.
07:02Vous citez Novo Nordisk parce qu'il publie mercredi, Bouygues également mercredi.
07:04Demain, ce sera Ferrari, effectivement.
07:06Donc là, c'est un petit coup d'avance que vous nous apportez sur les publications.
07:08Donc, c'est un peu mieux qu'attendu parce que les attentes étaient plutôt basses,
07:12mais en réalité, il y a une vraie pression qui se concrétise,
07:14qui se sent sensible sur ces valeurs européennes.
07:17Oui, clairement.
07:18Soit on choisit la croissance, la valorisation élevée,
07:21et là, on est aux US.
07:23Soit, effectivement, nous, par rapport à notre niveau historique, on est en ligne.
07:26Donc, on peut se dire, côté valorisation, ça vaut le coup.
07:31Mais il y a très peu de croissance, voire pas de croissance.
07:35Amandine Gérard, elle préside la financière de l'ARC.
07:38Elle nous accompagne régulièrement.
07:39Merci beaucoup, Amandine, de nous avoir accompagnée sur le plateau encore aujourd'hui.
07:42Amandine Gérard, elle préside la pièce de la pièce de la pièce de la pièce de la pièce de la pièce de la pièce.
Commentaires