- il y a 3 mois
Mardi 21 octobre 2025, retrouvez Jordan Chiche (Fondateur, Patchwork), Justine Gay (Rédactrice en cheffe de la plateforme d’annonces, Figaro Immobilier) et Ludovic Huzieux (Cofondateur, Artémis Courtage) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.
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00:00Bonjour, bienvenue à tous, bienvenue dans Smartimo, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle édition.
00:15Au sommaire, on va tout d'abord s'intéresser à la situation politique inédite du moment et ses impacts sur les taux.
00:22Alors est-ce que les taux peuvent reflamber ? C'est la question qu'on va poser à notre expert dans une seconde.
00:27On va s'intéresser également au co-working, quel avenir pour le co-working à l'heure où tout le monde ou presque rentre dans ses bureaux.
00:36Et puis enfin, acquérir une maison à 100 000 euros, est-ce possible ? Réponse dans Smartimo.
00:46Et avec une rentrée politique inédite, on va se poser cette question tout de suite dans Smartimo.
00:51Est-ce que les taux vont-ils reflamber ? Si vous êtes en cours d'un projet immobilier, on pose la question à un spécialiste, Ludovic Uzieux.
01:00Bonjour.
01:01Bonjour Fabrice.
01:02Ludovic, vous êtes fondateur d'Artemis Courtage, donc vous êtes au cœur des négociations.
01:06En tout cas, vous parlez beaucoup avec les banquets.
01:08On va en parler et voir le niveau des taux, mais également peut-être une astuce pour gagner quelques milliers d'euros une fois qu'on a signé son crédit.
01:15Tout d'abord, je voudrais vous entendre sur, effectivement, je le disais, la situation politique complètement inédite et peut-être les effets aussi sur votre activité.
01:24Comment ça se passe quand on a ce maelstrom gouvernemental ?
01:28Vous avez raison, il y a un petit côté effet papillon sur les taux de crédit immobilier, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
01:34alors on a retrouvé un Premier ministre et un gouvernement, donc un peu plus de stabilité,
01:39mais les effets de cette instabilité politique, c'est des soubresauts sur les marchés économiques et sur les marchés obligataires.
01:47Le niveau de la dette, le taux d'intérêt auquel l'État emprunte est indirectement corrélé avec le niveau des taux de crédit pour les particuliers
01:57quand vous empruntez ou quand j'emprunte pour un appartement ou une maison.
02:00C'est-à-dire que plus la France s'endette finalement, au moins elle est bien notée par ses créanciers, plus je vais payer cher mon crédit demain ?
02:07C'est un peu ça. Le lien de causalité n'est pas complètement direct, mais en tout cas, les deux courbes sont parallèles quand on les observe sur plusieurs années.
02:15Et donc, quand il n'y a pas de gouvernement ou quand il y a un projet de réforme des retraites qui est en stand-by,
02:21ça peut avoir des conséquences, une tension sur les marchés obligataires, un taux d'intérêt de la dette pour l'État qui augmente,
02:26et donc, par voie de conséquence, des taux de crédit pour les particuliers qui augmentent aussi.
02:31D'accord. Donc, pas de climat de confiance pour les acquéreurs en ce moment.
02:36On voit que le marché se cherche aussi un petit peu.
02:40Et puis, jusqu'ici, on avait même, en tout cas dans Le Cornu 1, pas de ministre du Logement. Là, on en a un.
02:44On a retrouvé un ministre du Logement qui arrive avec sa petite polémique, mais en tout cas, on a un ministre et un gouvernement.
02:522025 est plutôt une bonne année. C'est une année de reprise après deux années qui étaient compliquées au niveau du volume de transactions et du volume de crédit négocié.
03:002025 est une bonne année où on devrait atterrir tranquillement aux alentours de 930 000 transactions dans l'ancien,
03:07et une augmentation, là aussi, substantielle du volume de crédit négocié.
03:10Donc, on est dans une année de renormalisation, même si ce n'est pas très joli, en tout cas de retour à la normale avec des volumes qui sont corrects.
03:19On repart peut-être pour un petit peu plus d'instabilité ou un peu moins de confiance dans le marché en cette fin d'année.
03:27Mais 2026 n'a pas de signe négatif à date.
03:30On se souvient de toute façon de ce coup d'arrêt extrêmement fort avec cette hausse des taux d'intérêt.
03:35On avait dépassé les 4%. Là, on a perdu grosso modo 100 points de base.
03:38On va voir les niveaux de taux dans un instant.
03:41Mais d'abord, comment se comportent les banques, Ludovic ? Est-ce qu'elles sont prêteuses, finalement, et pour quel type de projet ?
03:47Elles sont toutes à la table du crédit, en tout cas toutes revenues et toutes présentes aujourd'hui à la table du crédit.
03:52Elles financent tout type de projet, tout type d'emprunteur, avec une augmentation.
03:58Moi, je suis en train de faire mon atterrissage de l'année 2025,
04:02puisque un projet dure trois mois, on est au mois d'octobre,
04:04donc je vois à peu près clairement comment va se terminer l'année 2025.
04:08Un vrai retour des primo-accédants dans mes livres,
04:11c'est-à-dire qu'on était à 29% en 2024 et qu'on est aux alentours de 42% au moment où je vous parle.
04:17Donc, c'est aussi la conséquence d'une politique volontariste des banques.
04:20Toutes les banques prêtent et elles ont toutes des offres commerciales pour les primo-accédants,
04:24avec des prêts bonifiés à 0,99% ou 1,99% sur des sommes limitées,
04:29mais qui en tout cas donnent un coup de pouce aux primo-accédants,
04:32également aux logements verts et également aux logements dans le neuf.
04:35Alors, c'est vrai qu'on voit des offres bonus, bonifiées, vous dites, effectivement.
04:39Et quand on rajoute effectivement un crédit avec un taux qui était en baisse ou plutôt stable,
04:45un PTZ, un prêt à taux zéro plus certain et cette offre bonifiée,
04:48finalement, ça fait un package assez sympathique pour ces primo-accédants.
04:51Ça peut même déclencher des comportements d'acheteurs et transformer des intentions en projets réels.
04:59On en a pas mal et effectivement, ça baisse quand même la facture du coût du crédit.
05:04À l'époque où on empruntait aux alentours de 1 à 1,50, avoir un prêt bonifié à 1% ou même un prêt à taux zéro,
05:12ça ne changeait pas vraiment la phase du projet.
05:14Aujourd'hui, on est plutôt en taux moyen, toutes durées confondues, aux alentours de 3,30.
05:19On emprunte aux alentours de 3,15 sur 20 ans.
05:22On comprend bien l'intérêt d'un prêt à taux zéro ou l'intérêt d'une poche bonifiée à 1% ou même à 2%.
05:28Ça baisse quand même sympathiquement et substantiellement les mensualités.
05:32Le niveau des taux, justement, vous l'évoquiez, octobre 2025, aujourd'hui, on est quoi ? 3,15 environ sur 20 ans ?
05:383,15 sur 20 ans en moyenne.
05:40Pour les plus beaux dossiers, plus beaux profils, plus beaux emprunteurs, avec tous les guillemets que cela entend,
05:46on arrive encore à trouver en deçà de 3% sur 20 ans, mais ça devient l'exception.
05:51Le principe, c'est quand même d'emprunter à partir de 20 ans au-delà de 3%
05:56et à peu près pour tout type de profil, sauf les dossiers excellents.
06:00D'accord. Vous disiez, retour des prix beaux accédants avec ce chiffre, on passe de 29% à 42%.
06:05Qu'en est-il des investisseurs ? Ils sont encore là avec la fin du Pinel ou ils ont complètement disparu ?
06:10C'est compliqué. Il y a une curiosité de la part des investisseurs,
06:14parce qu'il y a eu un gain de pouvoir d'achat entre la baisse des prix de l'immobilier et la baisse des taux de crédit.
06:19Certains investisseurs se sont posé la question de savoir s'il y avait un peu de rendement qui revenait avec ces deux bonnes nouvelles.
06:26Mais en réalité, l'année 2025, à l'intérieur de mes indicateurs d'activité,
06:32c'est la pire année en termes de financement à destination des investisseurs.
06:37C'est-à-dire que dans le volume de mes crédits négociés sur l'année, je vais descendre en dessous de 10%.
06:42Alors que c'est une année de fort rebond, qu'on va être probablement au-delà de 50% de volume de crédit distribué en plus en 2025,
06:50j'arrive à à peine 9% de ces crédits qui sont destinés à des investisseurs.
06:55Donc c'est la conséquence de plein de paramètres qui ont été compliqués pour les investisseurs ces dernières années.
07:02La hausse des taux d'intérêt, la hausse de la fiscalité immobilière, les étiquettes énergétiques,
07:08et l'absence de loi de défiscalisation, vous l'avez souligné.
07:11Tout ça fait que les investisseurs sont un peu loin des projets aujourd'hui.
07:15On va quand même terminer avec une bonne nouvelle.
07:18On peut économiser plusieurs milliers d'euros.
07:21Alors évidemment, au début, il faut bien négocier son taux, mais il y a un autre élément qui est important,
07:26c'est l'assurance emprunteur, on n'y pense pas.
07:28C'est ce que vous glisse votre banque, parce que vous êtes obligé évidemment d'assurer votre crédit.
07:32Vous pouvez renégocier cette assurance emprunteur.
07:34C'est, oui, la conséquence d'une loi qui a un peu plus de deux ans maintenant, qui s'appelle la loi Le Moine,
07:40et grâce à laquelle on peut résilier à tout moment l'assurance emprunteur,
07:45qui, dans, on va dire, pas loin de 80% des cas, est distribué par la banque qui vous octroie le crédit.
07:52Cette assurance, elle peut être déléguée individuellement et représenter votre profil d'assuré,
07:58avec, du coup, votre âge qui est pris en considération, vos habitudes professionnelles, sportives, de voyage,
08:04qui fait que vous avez un taux bien à vous, et qui, dans certains cas, est très inférieur à ce que peuvent proposer les contrats des banques.
08:10D'accord. Je parlais de plusieurs milliers d'euros. C'est vraiment ce qu'on peut économiser ? Parce que ça paraît beaucoup.
08:15Ça dépend des types de profils. Le principe des contrats groupes, des banques, c'est de mutualiser les risques sur une certaine tranche catégorie d'âge.
08:24Le principe de l'assurance individuelle, c'est d'avoir un taux qui vous ressemble par rapport aux mêmes critères.
08:31Ça veut dire que, dans certains cas, et plus quand on est un jeune emprunteur, on a un taux qui va être très inférieur à un contrat individuel,
08:37et vous allez gagner quelques milliers d'euros, à partir de 45 ans, il faut faire la comparaison entre les deux contrats pour être bien certain que c'est un intérêt financier.
08:46Voilà. Et ça, on peut demander également chez Artemis Courtage. Vous le faites ?
08:50Absolument. On est courtier en assurance, en plus d'être courtier en crédit immobilier.
08:53Donc voilà. Donc, ça vaut le coup, peut-être, d'aller regarder du côté de votre crédit pour, peut-être, économiser également.
08:59Merci Ludovic. Ludovic Cusieux, je rappelle que vous êtes fondateur d'Artemis Courtage.
09:04À très bientôt dans Smartimo. Tout de suite, on regarde comment peut-être acquérir une maison à 100 000 euros.
09:12Est-ce que c'est possible ? Réponse dans un instant.
09:18Et tout de suite, dans Smartimo, on se pose la question, quel avenir pour le co-working ?
09:22Pour en discuter, on est en compagnie d'un expert, Jordan Chiche. Bonjour.
09:26Bonjour.
09:26Vous êtes le fondateur de Patchwork.
09:29Tout à fait.
09:29Et avec vous, on va voir comment on peut peut-être réinventer ce co-working et ce qui change au niveau du bureau.
09:35Mais tout d'abord, Patchwork, c'est quoi ?
09:37Patchwork, c'est un opérateur de co-working, donc qui a un peu plus de 8 ans maintenant.
09:43Oui.
09:45Exclusivement parisien.
09:46Et aujourd'hui, c'est aussi un opérateur d'événements d'entreprise.
09:52D'accord.
09:52Donc, voilà, plusieurs métiers pour Patchwork.
09:55Plusieurs cordes à l'autre art.
09:56Exactement.
09:57Alors, c'est vrai qu'on parle beaucoup de bureau en ce moment, puisqu'on sent bien que le vent a tourné.
10:02Les télétravailleurs sont sommés de revenir au bureau.
10:06Ce n'est pas toujours évident.
10:07Pourtant, on a eu une énorme vague de co-working après la crise sanitaire.
10:11On a retrouvé ce mode de travail.
10:13Qu'est-ce qui a changé depuis les 4-5 dernières années ?
10:15Qu'est-ce que vous constatez ?
10:17Disons que, en effet, la crise du Covid, ça a été un événement amplificateur du télétravail, par la force des choses à l'époque.
10:27Et puis après, on s'y est adonné de manière assez importante dans toutes les industries.
10:33Aujourd'hui, quand on parle de retour au travail, c'est, à mon avis, une normalisation plutôt du télétravail.
10:39À savoir qu'on a testé plutôt les deux extrêmes et qu'aujourd'hui, chaque entreprise a, on va dire, compris quel était le bon fonctionnement d'un point de vue du télétravail
10:50et est capable donc de mieux jauger et de mieux doser la partie présentielle et la partie, évidemment, en remote.
10:59Sauf que, Jordan, c'est vrai qu'il y a beaucoup d'entreprises qui ont diminué leur surface, justement, qui sont passées en flex office.
11:05Aujourd'hui, si tout le monde revient, on va peut-être faire appel à vous pour se dire, tiens, il manque peut-être un desk, un plateau entier.
11:12Oui, tout à fait. Aujourd'hui, les entreprises comme les nôtres, c'est-à-dire tous les opérateurs qui fournissent plus de flexibilité qu'un bail traditionnel,
11:19accompagnent pas mal ce mouvement qui, en fait, par nature, restera fluctuant, vraisemblablement.
11:24Puisqu'on va avoir besoin de plus en plus de bureaux en fonction des projets de l'entreprise, de certaines phases, on va dire, économiques de l'entreprise, de croissance ou de stabilisation.
11:38Et du coup, la consommation de bureaux en mode serviciel comme ce que l'on propose, c'est devenu un outil pour les grands groupes,
11:45mais aussi pour les entreprises de taille intermédiaire, pour gérer le coût de leur espace de travail.
11:52Alors, je ne vous apprends rien, vous n'êtes pas nombreux sur le secteur.
11:54On a l'impression que n'importe qui qui avait une petite surface s'est dit, bon, moi, maintenant, je fais du co-working.
11:59Exactement.
12:00Qu'est-ce qui fait la différence ? Comment on se différencie sur ce marché hyper concurrentiel ?
12:04On pense bien sûr aux grands noms, les Spaces, le groupe IWG, on se pense à WeWork.
12:11Comment on fait pour se différencier ?
12:12Alors aujourd'hui, il y a plusieurs façons de se différencier.
12:16En général, ce qu'on a observé depuis le début, on va dire, des années 2010,
12:25c'est les groupes traditionnels qui faisaient des centres d'affaires historiques.
12:30Vous avez parlé d'IWG, de toutes ces marques.
12:32Aujourd'hui, la valeur ajoutée qu'on peut apporter, elle est soit dans le prix.
12:38Donc, il y a plus ou moins d'opérateurs low cost ou haut de gamme.
12:43Et dans la qualité du service et, on va dire, le nombre d'étapes qu'on fait économiser à l'utilisateur d'un côté
12:51et même au propriétaire de l'autre.
12:53Et c'est une façon de se positionner sur le marché.
12:57L'exemple de patchwork, il est assez simple, c'est qu'aujourd'hui, nous,
13:00on remplit à peu près la quasi-totalité de toute la chaîne de valeur immobilier tertiaire
13:05pour le client, l'utilisateur final, comme pour le bailleur et plutôt sur un segment haut de gamme.
13:11Ça commence par quoi, justement, le début de la chaîne ?
13:14C'est de trouver les espaces adaptés qui vont très bien aux clients ?
13:18Exactement. Donc, d'abord, trouver un plateau de bureau ou un espace privatif,
13:23puisque c'est notre métier aujourd'hui, on ne fait pas de co-working au sens communautaire.
13:27Trouver un plateau privatif ou un espace privatif adapté à la taille de l'entreprise
13:31pour les 12 ou 24 prochains mois.
13:33L'aider à le concevoir, donc, avec des architectes en interne
13:37qui vont s'asseoir avec le client pour construire un cahier des charges
13:40ou déployer un cahier des charges, du space planning jusqu'au branding des locaux.
13:46Ça veut dire que vous prenez des surfaces pratiquement nues ?
13:49Exactement. Nous, Patchwork, on restructure des immeubles.
13:52Donc, on a aussi une filiale Design & Build qui accompagne les bailleurs
13:55et donc qui restructure les immeubles.
13:56On fait une coque haut de gamme, mais plutôt neutre.
13:59Et lorsque le client vient s'installer, on va personnaliser les locaux
14:01de l'espace space planning jusqu'à même les options IT ou sécurité physique.
14:10D'accord. Mais vous dites 12 à 24 mois.
14:12Vous travaillez quoi avec des startups qui ont besoin peut-être de 50 personnes,
14:14100 personnes à une première étape ?
14:16C'est assez variable.
14:18Les durées d'engagement ont eu tendance à s'allonger ces dernières années
14:23puisque nous, on s'est tourné plutôt vers le marché des grands corporate,
14:28à savoir des boîtes tout à fait traditionnelles,
14:30des grands groupes ou des filiales de grands groupes
14:33ou même des business units entières de sociétés cotées en bourse
14:38et qui, aujourd'hui, consomment leurs bureaux sur des contrats flexibles,
14:45mais donc plutôt sur des durées de 24-36 mois que de 12 mois ou 18 mois
14:49comme on pouvait voir au départ.
14:51Mais on a toujours évidemment des clients startups
14:53qui, eux, ont tendance aussi à s'engager plus longtemps,
14:56mais à avoir des clauses pour pouvoir justement augmenter la taille de leurs locaux
15:00à certaines échéances.
15:03Vous confirmez, Doc, que le bureau n'est pas mort.
15:06En revanche, c'est vrai que toute la banlieue est en souffrance
15:09et les acteurs, vos clients, j'imagine, se réfugient sur Paris.
15:13Est-ce qu'il y a des zones prioritaires sur lesquelles ils vous disent
15:14« moi, je veux être sur ce quartier, ce quartier, ce quartier ? »
15:17Alors, tout à fait. D'abord, Paris connaît une demande beaucoup plus soutenue
15:23que la première et la deuxième couronne.
15:26À l'intérieur de Paris, on distingue le grand gagnant,
15:31c'est ce qu'on appelle le quartier central des affaires, donc le QCA.
15:35Et à l'intérieur de ce QCA, il y a aussi pas mal de disparités en termes de demandes,
15:39avec Opéra qui ne cesse de grandir en termes de demandes
15:44et Étoile qui est toujours bien demandée, mais un peu moins.
15:48Et on va dire que l'Est de Paris est plutôt en souffrance aussi.
15:51Très bien. Est-ce qu'il y a un quartier qui monte ?
15:54On a parlé du sentier il y a quelques années, justement, pour les startups, etc.
15:57Alors, le sentier, c'est toujours demandé.
15:59Alors, un peu moins, justement, depuis la crise de financement des startups,
16:03mais toujours pas mal, on va dire.
16:05On va dire que le quartier le plus demandé, c'est le quartier autour d'Opéra et de la Bourse.
16:11Voilà, Opéra, Bourse, c'est les beaux quartiers historiques de Paris.
16:15Et puis, c'est vrai, on a tout à proximité, ce qui est aussi, évidemment, très sympathique.
16:20Merci, en tout cas, pour cet aperçu.
16:22Voilà, on en sait un petit peu plus sur votre activité Patchwork,
16:26qui réinvente donc le coworking.
16:28Merci, Jordan.
16:28Merci à vous.
16:29Je rappelle que vous êtes le fondateur de Patchwork.
16:31Et à très bientôt dans ce parti.
16:32À très bientôt, merci.
16:35Et dans ce parti, tout de suite, on se pose cette question.
16:41Comment acquérir une maison ?
16:42Une maison, oui, mais une maison à 100 000 euros.
16:45Est-ce que c'est vraiment possible et où ?
16:46On pose la question à notre invitée.
16:48C'est une experte, Justine Gay.
16:50Bonjour.
16:50Bonjour.
16:51Vous êtes rédactrice en chef de la plateforme d'annonce Figaro Immobilier.
16:55Et avec vous, on va voir, effectivement, si on peut vraiment acquérir une maison à 100 000 euros.
16:59Alors, c'est étonnant parce qu'on sait que le prix d'une maison, en moyenne, c'est à peu près 270 000 euros, France entière.
17:05Et là, vous nous dites, eh bien, il y a encore 200 communes.
17:08On vous fait confiance.
17:09Vous avez scanné le marché.
17:10Ou on peut encore acheter une maison, une maison en plus spacieuse, pour moins de 100 000 euros ou à peu près.
17:16Exactement.
17:17Alors, on a établi ce classement un petit peu avant l'été.
17:19Et donc, on a identifié au Figaro Immobilier environ 200 communes qui proposent encore des maisons à moins de 100 000 euros.
17:26Donc, on a pris les communes qui disposaient d'un stock d'au moins 5 maisons de plus de 90 mètres carrés à moins de 100 000 euros.
17:34Alors, ce classement, c'est vraiment un voyage dans la France cachée, on va dire.
17:38Puisqu'on voit, quand on regarde la carte de ces 206 communes, qu'une grande partie d'entre elles sont situées dans ce qu'on appelle communément la diagonale du vide.
17:49Donc, c'est cette large bande du territoire qui va de la Meuse au Land.
17:54Donc, c'est forcément des territoires qui vont être très ruraux, où la demande immobilière va être relativement faible.
18:00Et ce qui va expliquer aussi, en grande partie, que ce soit des villes aussi accessibles financièrement.
18:07J'ai une question, pardon.
18:08Oui, bien sûr.
18:09Quand on parle de ces maisons, donc vous dites plus de 90 mètres carrés, ce sont des ruines où il y a tout à refaire, où on peut y habiter dès demain ?
18:15Pas forcément.
18:16Alors, je n'ai pas regardé en détail toutes les annonces qui rentraient dans le scope.
18:23Maintenant, forcément, il y a des biens immobiliers avec travaux, ça c'est sûr.
18:27Mais je pense, sans être allé vérifier toutes les annonces au cas par cas, qu'il peut y avoir aussi des maisons dans lesquelles on peut rentrer, s'installer, poser ses valises.
18:38Oui, voilà.
18:38Votre étude, elle repose sur une cinquantaine de critères de l'emploi à la couverture numérique.
18:45Quels sont les facteurs les plus déterminants pour finalement repérer ces villes bonnes affaires ?
18:50Oui. Alors, nous, on a vraiment mis l'accent sur l'emploi parce que c'est ce qu'avant tout recherchent les familles, la stabilité financière et l'emploi.
19:00Donc, de ce côté-là, on a pris en compte deux critères de l'INSEE.
19:03À la fois, le pourcentage de la population active occupée, c'est-à-dire la part des personnes qui déclarent exercer une activité rémunérée et aussi le pourcentage de cadres.
19:14Donc, ça, c'était le facteur déterminant dans notre étude.
19:17On lui attribue un coefficient 6.
19:19On a aussi mis l'accent sur la couverture numérique.
19:24C'est très important.
19:24Aujourd'hui, on ne peut pas imaginer un territoire attractif sans fibre optique, sans 4G, sans 5G.
19:31Donc, on a aussi priorisé ce critère-là et aussi l'accessibilité financière,
19:36c'est-à-dire le nombre d'années de revenus nécessaires pour un habitant de l'aire de commune pour acquérir un logement.
19:45D'accord. On reparle, tiens, je reparle des travaux.
19:50C'est vrai qu'il y a des maisons qui nécessitent des travaux importants, des rénovations.
19:54Est-ce que ça vaut toujours le coup quand il faut rajouter comme ça peut-être 20, 30 000, 40, 50 000 euros de travaux ?
19:59Oui. Alors, sans hésitation, les travaux représentent une réelle opportunité pour deux raisons.
20:05La première, c'est que tout le monde n'est pas prêt à se lancer dans des gros travaux.
20:09Donc, acheter une maison avec travaux, ça peut aussi représenter un levier de négociation intéressant.
20:15Vis-à-vis du vendeur.
20:18La deuxième raison pour laquelle ces travaux sont une opportunité intéressante,
20:22quand on est prêt à les faire ou en tout cas à les faire faire,
20:25ça va être les frais de notaire parce qu'on ne paye pas les mêmes frais de notaire sur les travaux.
20:29Donc, si j'achète une maison, par exemple, à 90 000 euros et que je rajoute 40 000 euros de travaux,
20:35je vais payer grosso modo 7 000, un peu plus de 7 000 euros de frais de notaire,
20:39si on compte des frais de notaire à 8 %.
20:41Par contre, si avec la même enveloppe de 130 000 euros, j'achète une maison qui est déjà refaite à 9,
20:47là, je vais payer près de 10 000 euros de frais de notaire.
20:50Donc, rien que ça, déjà, j'économise 3 000 euros en frais de notaire.
20:54Et puis, il y a aussi toutes les aides dont on peut bénéficier quand on fait des travaux
20:57et éventuellement aussi, selon les communes, des exonérations de taxes foncières.
21:03Donc, oui, tout ça, mis bout à bout, ça peut représenter vraiment une belle économie pour les acquéreurs.
21:08Justine, j'ai une question concernant, effectivement, cette demande croissante.
21:12On le sait, pour les résidences secondaires, les Français adorent.
21:15Et une ruée, un petit peu, avec le télétravail il y a quelques années, post-criste sanitaire, on s'en souvient.
21:20Est-ce que ces villes, justement, ces petites, moyennes villes,
21:22deviennent une alternative crédible face aux grandes métropoles ?
21:26Oui, alors, oui, j'apporterais quand même une petite nuance à ça,
21:30notamment à tout ce mythe autour de l'exode urbain qu'on a pu entendre après le Covid.
21:36Donc, oui, c'est sûr, il y a eu des achats de reports à ce moment-là.
21:41Maintenant, une véritable vague, non, c'est ce qu'ont démontré les chiffres.
21:45Il n'y a pas eu d'exode urbain.
21:46Non, il n'y a pas eu d'exode urbain.
21:49Donc, voilà, il faut écarter un petit peu ce mythe.
21:52Maintenant, oui, ces villes, elles peuvent représenter des opportunités.
21:55Alors, d'ailleurs, il y a des villes qui ne sont pas forcément dans ce classement,
21:59mais les communautés aujourd'hui, les communes, s'emparent de ce sujet
22:04et essayent d'attirer des habitants.
22:07Je pense notamment à Lagnon, avec son programme Work in Lagnon,
22:10qui essaye d'attirer des professionnels du numérique et des familles.
22:14On a tout un tas de villes comme ça qui surfent intelligemment
22:16sur cette tendance d'une France qui se redessine un petit peu.
22:20Sur le plan des résidences secondaires,
22:22oui, je pense que ces villes-là qu'on a identifiées au Figaro Immobilier
22:27peuvent représenter de vraies opportunités.
22:31Quand on voit aujourd'hui les prix exorbitants
22:34qui sont pratiqués dans les stations balnéaires,
22:36on se dit que ces territoires-là,
22:39oui, qui sont un peu plus reculés,
22:41peuvent offrir l'opportunité d'acquérir une maison spacieuse,
22:45au calme, avec un jardin peut-être,
22:48en tout cas pour le prix d'un studio en bord de mer,
22:51et on voit énormément le tourisme vert qui se développe.
22:55Donc oui, on a des opportunités à ce niveau-là.
22:58C'est vrai, pour le prix d'un studio sur le littoral,
23:00là, à 100 000 euros, on peut avoir cette maison.
23:03Alors justement, on va quand même parler de certaines villes
23:04où on peut y être, où certains...
23:07Voilà, vous mettez en avant Bourges, Pouzoge, en Vendée,
23:10Saint-Flour, près de Clermont-Ferrand.
23:12Est-ce qu'on voit émerger une nouvelle géographie
23:13de l'attractivité immobilière en France,
23:16capable aussi de redynamiser certains territoires ?
23:19Vous avez peut-être d'autres villes à nous citer, d'ailleurs.
23:21Alors, c'est effectivement le trio de tête qui remporte tout.
23:25Alors, Pouzoge, qui est deuxième en Vendée,
23:29c'était pour la couverture numérique, notamment,
23:31que la ville s'était démarquée des autres.
23:34Ce qui était intéressant aussi dans cette ville,
23:36c'était la présence de grands groupes comme Fleury-Michon,
23:40comme l'entreprise de luxe Longchamp.
23:42Donc, un petit côté un peu industrie à la campagne pour cette ville.
23:46Bourges, qui arrive numéro un de ce classement des meilleures villes
23:50où acheter une maison de 100 000 euros,
23:53elle se distingue par son dynamisme économique.
23:56Parce qu'il ne faut quand même pas oublier que le télétravail,
23:59oui, c'est bien, c'est une opportunité.
24:01Ça reste quand même une préoccupation d'urbains
24:04qui ne s'applique pas à tous les secteurs.
24:08Donc, voilà, je dirais que, oui, on peut imaginer
24:13que ces territoires attirent du monde.
24:17Maintenant, aujourd'hui, sans emploi,
24:19il n'y a pas vraiment d'attractivité.
24:21Aujourd'hui, ce que recherchent les familles,
24:22c'est quand même la stabilité financière, c'est l'emploi.
24:25L'emploi, le numérique et le cadre de vie.
24:28Et le cadre de vie, mais sans emploi,
24:30on ne peut pas forcément imaginer
24:31qu'il y ait une nouvelle géographie qui se dessine.
24:35Voilà, pour les petits budgets
24:37qui n'ont pas peur d'aller un petit peu plus loin
24:39et sortir des grandes villes,
24:40on peut trouver cette maison à 100 000 euros.
24:43Bourges, Pouzeuge, c'est en Vendée,
24:44ou encore Saint-Flour, le trio de tête.
24:47Et puis, le reste du classement,
24:47à retrouver sur le site Figaro Immobilier.
24:51Merci, Justine Guet.
24:52Je rappelle que vous êtes rédactrice en chef
24:53de la plateforme d'annonces Figaro Immobilier.
24:56Cette édition de Smartimo touche à sa fin.
25:00Merci de l'avoir suivie.
25:01On se retrouve très prochainement
25:02pour une nouvelle édition.
25:04Très bonne journée à tous.
25:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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