00:00BFM Business et RMC Live présentent la matinale de l'économie.
00:05Good morning business.
00:088h43, Marc Fiorentino est là sur BFM Business et sur RMC Live.
00:12Bonjour Marc, est-ce que vous avez passé une bonne semaine ?
00:15Écoutez, j'ai passé une semaine que je trouve hallucinante,
00:17parce que j'ai essayé de prendre un peu de recul avant de venir ici sur les événements de la semaine,
00:22et je me suis dit en fait cette semaine est complètement dingue.
00:24Parce que si on prend les différents événements, on va aller très vite,
00:28entre la suspension de la réforme des retraites,
00:31une droite qui a tellement peur d'être taxée de libéral,
00:36et qui a tellement peur surtout pour ses postes à l'Assemblée,
00:39qui vote socialiste en fait, il faut dire les choses telles qu'elles sont,
00:43et ensuite la sortie hallucinante de la présidente de l'Assemblée nationale,
00:47qui nous explique que l'héritage c'est un truc qui tombe du ciel,
00:52et qu'il faut le taxer parce que maintenant ça suffit,
00:56qui ne se rend même pas compte.
00:58que ce qu'elle est en train de défendre,
01:00c'est une des dix mesures proposées par Karl Marx dans le manifeste du Parti communiste.
01:05La suppression de l'héritage considéré comme un accélérateur de l'inégalité.
01:13C'est-à-dire, ce qu'il faut bien se rendre compte,
01:15parce qu'on parle de micro-phénomènes,
01:17et puis nous on est vraiment sur l'actualité au quotidien,
01:21c'est qu'on ne prend pas assez de recul,
01:23et quand on prend du recul, on se dit, mais comment est-ce possible ?
01:26Comment un pays comme la France peut continuer à aller dans des débats ?
01:32Alors là, on nous agite, la nouvelle idée du référendum par point.
01:37C'est-à-dire qu'on est en train de nous créer des leurs, évidemment,
01:41puisque là on vient de faire un recul qui est un recul dramatique.
01:45Parce que pour moi, le recul sur la réforme des retraites,
01:49c'est une nouvelle dramatique.
01:51Pas tellement sur le plan de, je ne veux pas rentrer,
01:55on perd deux milliards, on perd un milliard.
01:57Mais c'est quoi ? C'est le déni démographique qui vous mine ?
01:59Non, il y a plusieurs choses.
02:00C'est le déni d'abord, ce n'est même pas le déni démographique,
02:03c'est le déni économique, arithmétique, de bon sens paysan, de logique.
02:09Bon, on rappelle en deux secondes,
02:11retraite à 65 ans, 1945,
02:15on a une espérance de vie de 65 ans,
02:19et on a un taux de fécondité de 3,
02:22c'est-à-dire 3 enfants par femme.
02:24Oui, c'est arithmétique.
02:24Et aujourd'hui, 80 ans, 1,60,
02:30et on a une retraite entre 62 et 64.
02:33Donc, je vais dire qu'on puisse suspendre cette réforme,
02:38alors qu'au contraire, il faut juste expliquer
02:40que même la réforme, qui était la seule réforme
02:43que Macron a faite pendant son deuxième quinquennat,
02:47qui était une réforme déjà insuffisante,
02:49ce n'est pas une question de calcul,
02:52ce n'est pas une question de milliards,
02:54ce n'est pas une question d'économie,
02:56c'est juste une question de principe,
02:58c'est-à-dire que le fait d'abord de reculer sur une réforme
03:01alors qu'on doit en faire plus,
03:02c'est déjà dramatique,
03:04mais le fait d'être dans le déni de réalité,
03:07ce n'est même pas un déni de démographie,
03:08c'est un défi de réalité,
03:10c'est juste une aberration.
03:11Et non seulement d'être dans un défi de réalité,
03:13mais on est dans un lavage de cerveau
03:15socialiste, égalitariste, marxiste,
03:19c'est-à-dire qu'on continue à nous répéter des mêmes choses
03:22et on ne se rend même plus compte de ce qu'on est en train de faire.
03:25– Ok, je voudrais revenir une seconde sur l'héritage,
03:26vous dites que c'est un truc de marxiste de vouloir taxer l'héritage.
03:29Il y a certains libéraux,
03:30j'étais à 7h45 avec Maxime Sbailly,
03:32c'est plutôt pas vraiment un marxiste,
03:34lui il est pour remettre tout à plat,
03:36pour faire en sorte que les capitaux circulent,
03:38en disant aujourd'hui que l'héritage est trop coincé
03:40au-dessus des baby-boomers.
03:42– Mais il n'est pas pour la confiscation ?
03:43– Non, il n'est pas pour la libéralisation de l'héritage,
03:46le fait qu'on puisse en faire ce qu'on veut.
03:47– Évidemment, mais attendez,
03:48c'est une chose, on ne peut pas confondre la confiscation.
03:51Aujourd'hui, on a une taxation confiscatoire sur l'héritage
03:56et on veut encore l'augmenter,
03:57et on va encore l'augmenter,
03:59parce qu'elle a fait cette saillie,
04:02mais je pense que de toute façon,
04:03on va avoir une augmentation de la taxation,
04:05on va avoir une augmentation de la taxation surtout,
04:08sur l'héritage.
04:08– Mais on pourrait dire,
04:09on vous taxe plus sur l'héritage,
04:10mais si vous faites des donations de votre vivant,
04:12là, c'est plus intéressant.
04:13– Mais pourquoi ?
04:14– On peut très bien faire circuler le capital
04:18sans taxer plus.
04:19Vous voyez, même vous, vous êtes imprégné.
04:21– Mais parce que je dis, si vous taxez,
04:22vous êtes mort, ça vous donne envie de donner de votre vivant.
04:24– Mais non, mais même vous,
04:25vous êtes imprégné par cette idéologie.
04:27– Si moi, je suis marxiste.
04:28– Non, mais c'est-à-dire de dire,
04:29globalement, pour flécher,
04:32là encore, on est en train d'expliquer aux gens
04:35ce qu'ils doivent faire.
04:35Pour les flécher, on doit taxer.
04:38Non, les gens font ce qu'ils veulent de leur argent.
04:39C'est-à-dire que non seulement il faut réduire
04:42la taxation sur l'héritage et pas l'augmenter,
04:46mais effectivement, là où vous avez raison,
04:48peut-être faire des incitations sur les donations
04:50pour permettre à ce capital,
04:52qui va de toute façon être transmis,
04:54puisque ça y est, on y est.
04:55– Ça arrive.
04:56– On y est, donc à la limite,
04:57oui, on peut accélérer, vous avez raison,
04:58les donations pour essayer de fluidifier un peu la transmission,
05:02mais elles arrivent.
05:03Donc, ce n'est pas le moment de taxer,
05:06au contraire, pour redonner de l'argent à l'État,
05:09qui ne va rien en faire.
05:11– Un mot de la guerre commerciale.
05:13Vous me promettez une rencontre,
05:15Xi Jinping, Donald Trump, depuis des mois.
05:17Ça ne sera peut-être pas à Mar-a-Lago,
05:18ce sera peut-être au sommet avec les pays asiatiques
05:21dans deux semaines.
05:22Est-ce que les Chinois sont, on l'a vu ces derniers,
05:25trop forts dans la guerre commerciale ?
05:27– Non, mais je sais que c'est votre argument,
05:30et à la fin, je me rappelle encore cette émission,
05:32vous avez fait, à la fin, c'est la Chine qui gagne,
05:34mais non, mais je ne sais pas,
05:35c'est les États-Unis qui gagnent à chaque fois.
05:37C'est-à-dire que vous ne vous rendez pas compte,
05:39mais attendez, on n'y est pas, on n'y est pas encore.
05:42OK, les Chinois ont un atout dans la main,
05:47un atout dans la main.
05:48Les Américains ont tous les atouts dans la main.
05:50Donc, on est en négociation,
05:51on est dans un bras de fer,
05:52que je vous explique depuis des mois,
05:53c'est-à-dire entre deux personnes
05:54qui fonctionnent exactement pareil.
05:57C'est-à-dire des personnes qui fonctionnent
05:58en disant la veille de la signature ou d'un accord,
06:01alors moi je mets 100% de taxes,
06:03et puis l'autre il dit,
06:03ah ben sur les terres rares,
06:05moi je ne vais plus arrêter,
06:06je vais arrêter les exportations.
06:07Mais c'est leur mode de fonctionnement.
06:09Et vous voyez bien qu'ils s'entendent très bien,
06:10parce que le lendemain de cette annonce,
06:12la semaine dernière où tout le monde a paniqué,
06:14on a dit, finalement c'est juste,
06:17on vous explique, c'est notre posture,
06:18c'est comme ça qu'on négocie.
06:19Donc, ils sont en train de négocier,
06:20chacun avec leurs atouts.
06:21D'un côté, vous avez un pays qui a énormément d'atouts,
06:24de l'autre côté, je vous le répète,
06:26la Chine est dans une crise profonde,
06:28profonde de modèles économiques et sociales.
06:32Ça va très mal en Chine,
06:34contrairement à tout ce qu'on entend
06:35dans les médias français, notamment.
06:37Mais quand elle appuie sur le bouton des terres rares,
06:39quand même...
06:39Mais elle a que ça comme bouton.
06:40Bah c'est quand même pas mal.
06:41Oui, mais elle appuie d'abord,
06:43elle appuie sur la menace des terres rares,
06:48elle n'appuie pas sur les terres rares pour l'instant.
06:50Pour l'instant, elle a effectivement cet avantage en main.
06:54Bon, bah voilà, elle l'utilise,
06:56elle a raison de l'utiliser.
06:57C'est une arme de négociation.
06:59Dernier point, il nous reste deux minutes,
07:01ça tombe bien.
07:02C'est un truc, ça va vous faire frémir.
07:04Olivier Faure a fait un tweet pour dire
07:05qu'il était très content que Bernard Arnault
07:07ait gagné 16 milliards d'euros en quelques instants
07:09grâce à la hausse du titre LVMH,
07:11parce que ça allait pouvoir relancer
07:12le débat sur la taxe Zuckman.
07:13Non, mais là, vous n'êtes pas sympa.
07:18Je vous cherche un peu.
07:18Là, vous me cherchez un peu.
07:20Mais je n'ai même pas envie de parler de Zuckman,
07:21parce que je pense que justement,
07:22le fait d'en parler,
07:24c'est lui donner une importance
07:25qu'il ne devrait pas avoir.
07:26Pour moi, c'est un politique.
07:28Est-ce que je vais commenter ici
07:30les discours de Mélenchon ?
07:31La réponse est non.
07:32Non, mais si, c'est la même chose.
07:34Ce que je veux vous dire,
07:35c'est que ça promet à l'Assemblée nationale
07:36des débats et des amendements
07:38qui vont être gratinés.
07:39Non, mais c'est pour ça que je vous dis
07:40qu'avoir fait reculer sur la réforme des retraites
07:44pour un budget de compromis et de compromission
07:48qu'on n'est même pas certain d'avoir,
07:49il aurait mieux fallu ne pas avoir de budget
07:51que de reculer sur la réforme des retraites.
07:56Parce qu'on aurait eu de toute façon
07:57une loi spéciale et on aurait eu un budget.
07:59On a dit que ça coûte 15 milliards.
08:01C'était mieux d'avoir ça,
08:02parce que le recul sur la réforme des retraites,
08:05d'un point de vue psychologique,
08:08c'est dramatique.
08:08C'est ce qu'il y a de pire.
08:09On ne peut pas imaginer pire.
08:11Reculer sur la réforme des retraites,
08:13c'est le pire qu'on aurait pu imaginer.
08:15Et si on faisait un référendum ?
08:17Mais non, mais ça aussi,
08:17vous voyez, on tombe dans le panneau.
08:19C'est-à-dire que Macron,
08:20qui recule sur la réforme des retraites,
08:23nous agite un nouveau truc
08:24pour nous permettre de faire des débats sans fin
08:26en disant, oui, est-ce que c'est génial,
08:27la retraite par coin,
08:28et nous, on tombe dans le panneau.
08:30Ben non, on ne va pas tomber dans le panneau.
08:31Moi, je ne tombe pas dans le panneau.
08:32Je ne discuterai pas de la retraite par coin.
08:33Mais comme notre métier, c'est parler, Marc.
08:35Enfin, surtout le bien.
08:37Non, non, mais je comprends.
08:38Mais si vous voulez,
08:38ce que vous disiez tout à l'heure était très juste.
08:41Je veux dire,
08:41ce n'est pas une question de retraite par coin
08:43ou de retraite, système de retraite.
08:45C'est une question de déni de réalité.
08:47Merci, Marc.
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