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  • il y a 3 mois
Ce mercredi 22 octobre, Raphaël Legendre a reçu Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, Rafik Smati, fondateur de Louxor.ai et président du groupe Aventers, et Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Le Gendre
00:10Bonjour à tous, bienvenue sur Les Experts, il est 10h, Emmanuel Macron reste droit dans ses bottes.
00:17La réforme des retraites de 2023 a été nécessaire, dit le Président de la République.
00:23Et surprise, le choix fait par son Premier ministre pour apaiser les débats ne signifie ni l'abrogation, ni la suspension de la réforme, indique le Président de la République, mais seulement le décalage d'une échéance, celle du relèvement progressif de l'âge légal.
00:41De départ, a-t-il expliqué depuis la Slovénie, un pavé dans la mare parlementaire.
00:47LFI et le RN tournent en boucle depuis pour expliquer qu'ils l'avaient bien dit et qu'ils avaient raison et que c'était bien une entourloupe.
00:55Pas de suspension, le mot a pourtant été explicitement formulé par le Premier ministre la semaine dernière lors de son discours de politique générale et répété mardi à l'Assemblée après la sortie présidentielle.
01:08Sébastien Lecornu expliquant être allé plus loin que le Président.
01:12Une lettre rectificative sera d'ailleurs apportée au budget de la Sécurité sociale.
01:18Emmanuel Macron sème le doute et complique la tâche de son Premier ministre.
01:23C'est le premier thème de l'émission du jour.
01:25Et puis c'est Nicolas qui paye.
01:26Alors non, pas Nicolas Sarkozy, on parle de cette étude du haut commissariat au plan qui revient sur la génération des trentenaires qui se sent lésés, déclassés,
01:37qui a l'impression de payer pour tout le monde et notamment les quinquas et les boomers.
01:43Et puis on parlera des marchés, Wall Street, le CAC 40, vol de record en record.
01:49On va essayer de voir ensemble les raisons de cet optimisme quand l'économie, elle, ne va pas si bien.
01:55Et puis le dernier thème, ce sera l'automobile et la France qui ouvrent ce bras de fer avec Berlin sur la remise en cause du 100% électrique en 2035.
02:05Bienvenue à tous, il est 10h02, c'est les experts, c'est parti.
02:14Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Isabelle Bordry.
02:23Bonjour Isabelle, fondatrice de Retency, à vos côtés Rafik Smati, bonjour Rafik.
02:28Bonjour.
02:29Fondateur de Luxor.ai et président du groupe Aventer, c'est face à vous Ludovic de Sauté.
02:35Bonjour Ludovic.
02:35Bonjour Raphaël.
02:36Directeur délégué de la rédaction de la Tribune.
02:38On va commencer avec vous Ludovic sur cette petite sortie d'Emmanuel Macron sur les retraites.
02:44Alors non, non, un peu comme Magritte, ceci n'est pas une suspension promis, c'est simplement un décalage.
02:52Raphaël, il vient mettre un peu des bâtons dans les roues de son Premier ministre, là il ne va pas l'aider en tout cas à négocier.
02:56Je ne sais pas si vous avez eu la même sensation Raphaël, mais on a eu le sentiment hier après-midi de vivre dans une forme de cohabitation presque.
03:02Oui, c'est ça, entre l'Elysée et Matignon.
03:04Un moment de flottement comme ça, où on se dit tiens, pourquoi il prend la parole en plus depuis l'étranger,
03:09sur un sujet sur lequel là on patauge depuis lundi, réellement c'est le budget.
03:14Alors que la règle normalement à l'international est de ne pas parler des affaires domestiques, quand on est président de la République.
03:19Donc tout ça, ça a déclenché la fameuse lettre rectificative qui va arriver en Conseil des ministres demain,
03:25qui va graver dans le marbre ce décalage, pour prendre la nouvelle expression consacrée sur la réforme des retraites.
03:33Mais au-delà de cette notion-là, je pense que vous le disiez tout à l'heure,
03:36parce qu'Emmanuel Macron a aussi pris la parole en parlant d'un possible référendum.
03:41Je vais vous arrêter, on l'a le son, on va écouter Emmanuel Macron.
03:45D'ailleurs, c'était hier en Slovénie, on l'écoute.
03:48Le Premier ministre a fait un choix pour apaiser le débat actuel,
03:54qui a consisté à proposer le décalage d'une échéance.
03:59Je le dis ici parce que ça n'est ni la brogation ni la suspension.
04:03De toute façon, il faudra reposer le débat.
04:05Sur ce sujet, les perspectives de référendum sont possibles, encore faut-il qu'on sache sur quoi.
04:10Et donc, elle ne pourrait se faire, mais il ne m'appartient pas encore de décider cela,
04:14sur un accord qui serait ainsi scellé.
04:17Voilà.
04:18Ni abrogation ni suspension, peut-être référendum.
04:20Peut-être référendum.
04:21Et au-delà du jeu politique qui a mis, on va dire, Sébastien Lecornu dans une position un peu délicate hier,
04:27et le fait de sortir les rames, on va dire, la vision socialiste, l'opération et toutes les troupes.
04:32Ce qui est peut-être intéressant dans les propos d'Emmanuel Macron qu'on vient d'écouter,
04:36c'est aussi cette voie vers le référendum, et qui fait acte de se dire, en fait,
04:41et c'est peut-être là où Emmanuel Macron challenge davantage Matignon et l'attelage, on va dire, de l'Assemblée actuelle,
04:48c'est de se dire, en fait, on ne va peut-être pas attendre la présidentielle pour aller dans une nouvelle réforme,
04:53la réforme des retraites.
04:55Et donc, la pression est mise très clairement sur la conférence des partenaires sociaux qu'on attend,
05:00qui doit se mettre en branle, et de se dire, en fait, si cette conférence devait arriver à un résultat,
05:05peut-être qu'on ne va pas attendre 2027 pour acter une évolution dans cette réforme des réformes de retraite.
05:11On est un peu en suspens, et on est dans un jeu très politique.
05:14C'est vrai que s'il essaie de remettre sur la place publique, c'est aussi l'idée d'une réforme des retraites,
05:21enfin, de la réforme à point des retraites.
05:22Il essaie de faire de cette crise une opportunité pour remettre l'idée de cette réforme à point sur le débat.
05:29Est-ce que c'est, un, une bonne idée, et deux, est-ce qu'un référendum sur les retraites est une bonne idée, Raphix Maty ?
05:36Toute la question, Raphaël Lejean, c'est la question de la temporalité.
05:40Est-ce que le sujet des retraites est important ?
05:42Évidemment, oui. On est en train de parler de loin du premier poste de dépense publique dans notre pays,
05:47et qui est l'un des principaux gouffres financiers.
05:50Donc, il y a un sujet, et ce n'est pas un petit sujet.
05:53Est-ce qu'on a vocation à faire trancher les grands sujets par référendum ? Pourquoi pas ?
05:57D'autant plus que vous avez plusieurs paradigmes qui s'affrontent.
05:59Vous avez les défenseurs absolus de la retraite par répartition,
06:03qui sont d'ailleurs dans un déni d'une certaine forme de mathématiques.
06:06C'est-à-dire qu'ils ne regardent pas qu'il y a 40 ans, vous aviez un actif pour 4 retraités,
06:10alors qu'aujourd'hui, on a un actif pour 1,7 retraités,
06:13qui ne voient pas que 25% des budgets des ministères aujourd'hui sont grévés par les retraites.
06:18On est aujourd'hui dans une apocalypse budgétaire du fait d'un modèle social
06:24que nous ne réussissons plus à assumer, ça c'est un fait.
06:26Donc, ceux qui s'arc-boutent à ce système-là sont dans une posture absolument suicidaire.
06:31Donc, évidemment qu'il faut sortir de ça.
06:33Ensuite, vous avez plusieurs approches.
06:34Vous avez une approche qui consiste à dire, vous mettez la retraite à point,
06:38et vous faites sauter ce que moi je crois.
06:41Je crois que ce qu'ont démontré ces dernières semaines,
06:44et même toutes les réformes des retraites,
06:46c'est que le seuil, vous partez à la retraite à 63, 64, 65 ans,
06:51je pense que les Français ne veulent pas.
06:52Donc, il faut prendre acte du fait que...
06:54Il y a un blocage, c'est vrai que c'est l'âge pivot dans la réforme des retraites à point
06:58qui avait bloqué le débat.
06:59Il faut prendre acte du fait que les Français ne veulent pas de ça,
07:02mais tout en disant que nous allons devoir quand même, malgré tout,
07:04collectivement plus travailler.
07:06Ça veut dire que, imaginez, et je vais sans doute faire grincer des dents en disant ça,
07:10imaginez que l'on dise que la durée minimum de cotisation pour avoir une retraite à taux plein,
07:14c'est 45 ans.
07:1545 ans, c'est plus que ce qu'on a aujourd'hui.
07:16C'est beaucoup plus.
07:17Ça veut dire que si vous commencez à bosser à 16 ans, vous partez à 61 ans.
07:20Ça veut dire que si vous commencez à bosser à 25 ans comme moi, vous partez à 70 ans.
07:24Mais si vous commencez à bosser à 25 ans, ça a été votre choix.
07:27Vous avez fait des études et probablement pas des études qui vont vous mettre dans un métier
07:31extrêmement manuel qui va vous épuiser.
07:33Donc, vous allez bosser jusqu'à 70 ans.
07:34Je crois qu'il y a un système de mathématiques et de vérité à tenir.
07:37Si tu as commencé à travailler tôt, et puis peut-être que certaines personnes ont envie de commencer à bosser tôt,
07:42si tu as commencé à travailler tôt, tu vas partir à la retraite plus tôt.
07:45Si tu commences tard, tu pars à la retraite plus tard.
07:47Mais dans un système dont le prérequis de base doit être l'équilibre.
07:49Et puis, troisième point, je suis obligé de mettre ça sur la table,
07:52la question de la retraite par capitalisation.
07:55Parce que le modèle aujourd'hui qui consiste à dire qu'on va financer une partie de notre retraite
08:00sur la performance des marchés, c'est le meilleur cadeau qu'on puisse faire aux classes populaires.
08:05Ça, Rafismati, on sait qu'il faut aussi des décennies pour abonder un régime pour tous.
08:12C'est très très long.
08:13Il faut des centaines de milliards d'euros.
08:14Et c'est la raison pour laquelle, et j'en terminerai là,
08:18que tout cela ne peut se faire que dans le cadre d'un débat national,
08:21avec une mise en perspective sur plusieurs décennies.
08:25Ce qu'on a vu dans le précédent budget, c'est que si vous venez voir des acteurs économiques,
08:29sans vision économique, dans une cacophonie absolue,
08:32et que vous leur dites, on va vous augmenter vos impôts, vos cotisations,
08:34tout le monde va vous dire non, et tout le monde aura raison de dire non.
08:37En revanche, si vous venez voir les acteurs économiques,
08:39dont le chef d'entreprise que je suis, dont le citoyen que je suis,
08:41en disant, voilà le modèle que l'on va mettre en place ces 30 prochaines années,
08:44on va avoir une période de transition, on va devoir financer la capitalisation,
08:48donc on va avoir besoin de faire ça, ça et ça,
08:49je pense qu'on sera capable d'embarquer la nation derrière ça.
08:51Beau sujet de présidentielle.
08:52Est-ce que c'est un sujet de référendum ?
08:54Pierre Moscovici, premier président de la Cour des Comptes,
08:57a alerté ce matin, c'était chez le confrère de RTL.
09:00Les retraites, c'est un sujet hautement inflammable,
09:02et pour un référendum, il faut qu'il y ait un débat serein.
09:05Il ajoute que les Français, quand on leur pose une question en référendum,
09:10en général, ils regardent qui pose la question,
09:12et très souvent, la réponse est non, je me permets d'ajouter.
09:14Oui, et puis alors, il y a un autre sujet,
09:16c'est qu'aujourd'hui, la majorité des votants ont plus de 50 ans.
09:20Pour la première fois cette année.
09:21La bascula a été faite, absolument.
09:23Et qu'aujourd'hui, les moins de 30 ans dans la population française
09:26représentent moins d'un tiers.
09:28Donc déjà, quelle va être la question qui va être posée,
09:31et la question va être soumise à des gens
09:33qui potentiellement n'ont pas un intérêt véritable
09:36à une abrogation, une suspension ou une pause.
09:39De changer le système.
09:40De changer le système.
09:41Et je suis tout à fait d'accord avec Rafik,
09:43parce qu'effectivement, aujourd'hui, les retraites,
09:45c'est 300 milliards à peu près.
09:47C'est 400 milliards, les retraites.
09:48400 milliards, et c'est plus que la TVA collectée.
09:51Donc aujourd'hui, c'est des monceaux d'argent
09:53qui sont effectivement proposés
09:57et qui grèvent le travail quotidien des plus jeunes.
10:00Et donc, c'est un vrai sujet de société.
10:03Poser une question est extrêmement compliqué.
10:05Quelle question va être posée ?
10:06Est-ce que vous voulez une retraite à point ?
10:08Est-ce que vous voulez une retraite par capitalisation ?
10:10C'est extrêmement complexe.
10:12Donc je suis d'accord avec Moscovici
10:13sur le fait qu'il faut un débat apaisé.
10:15La seule chose, c'est qu'on a une assemblée aujourd'hui
10:17qui n'est pas apaisée.
10:20Et vous parliez tout à l'heure de distension
10:22entre effectivement le Premier ministre
10:24et le Président de la République.
10:26On est aujourd'hui, on devrait être en cohabitation.
10:29En réalité, les Français veulent une cohabitation.
10:32Là, on la voit entre l'Elysée et Mastignon.
10:34Finalement, on est dans le même temps.
10:34Voilà, c'est ça.
10:35Je trouve qu'effectivement, le Président continue
10:37à donner des pistes
10:38et qui ne sont pas forcément des pistes
10:41que veulent suivre son gouvernement.
10:42Bon, Ludovic.
10:43Oui ?
10:43C'est intéressant ce que partagent Rafik et Isabelle.
10:48Et peut-être, alors je vais y aller au doigt mouillé,
10:50mais dans cette réforme des retraites,
10:52c'est évident que quand on a 50 ans, 60 ans, 70 ans,
10:55on ne pense pas à la même chose
10:56que quand on a 30 ans ou 25 ans
10:58et qu'on rentre dans la vie active,
11:00la perception de la retraite.
11:01Et peut-être que là où le débat collectivement
11:03est raté en termes politiques,
11:05c'est que je crois que sur la réforme des retraites,
11:08la génération qui vient
11:09est une génération qui demande la liberté.
11:12C'est-à-dire, en fait,
11:13qui ne s'attend pas tellement à des systèmes d'annuité,
11:16quand on sait que le taux d'épargne est à 19%,
11:18quand on sait qu'avec la fin de la génération,
11:22la génération baby-boom,
11:23il y a 1 400 milliards d'héritage
11:25qui va arriver dans l'économie
11:26dans les 20 ans qui viennent et tout ça,
11:27il y a des gens qui vont piloter, finalement,
11:30leur retraite là-dedans
11:30et qui veulent retrouver ou trouver une liberté.
11:33Ce n'est pas se défaire d'un système,
11:36j'allais dire, dans lequel on est tous unis,
11:38tel qu'il existe,
11:39mais de se dire, en fait,
11:40à la marge, sur les âges et tout ça,
11:42on voit ces très très montants
11:43chez les moins de 30 ans,
11:44se dire, moi je vais voir.
11:46C'est-à-dire que peut-être
11:46je serai amené à travailler à 70 ans
11:48comme le scénario dont on faisait tard Rafik,
11:51et peut-être que par des opportunités,
11:53par des choix de vie,
11:53des choix professionnels,
11:54à l'inverse, j'arrêterai à 60 ans
11:56parce que j'aurais réussi à capitaliser,
11:58parce que j'aurais un autre chemin professionnel.
12:00Donc, il y a aussi un décalage
12:03très profond, générationnel,
12:05et j'abonde vraiment ce que dit Isabelle,
12:07on ne vit pas la même chose aujourd'hui
12:08quand on est à quelques années de la retraite
12:10ou qu'on est déjà en retraite
12:11et qu'on a peur qu'un système s'écroule.
12:13C'est ça, c'est juste ça.
12:15Ou quand on va être client de ce système-là
12:17dans 30 ans,
12:18on se dit que ce système n'existera plus.
12:19– Et oui. – Exactement.
12:21– Ce décalage générationnel, Isabelle ?
12:23– En fait, les jeunes n'y croient plus.
12:25Les jeunes aujourd'hui...
12:25– On l'entend beaucoup ça,
12:26je n'aurai pas de retraite de toute façon.
12:28– Mais n'y croient plus.
12:29– Oui, alors ce déclassement,
12:30ce sentiment de déclassement
12:31et cette crainte de l'avenir,
12:33c'est justement le sujet
12:33d'une étude passionnante
12:35du Haut-Commissariat au plan
12:36sur ce mouvement, vous savez,
12:39qui a émergé sur les réseaux sociaux
12:41il y a quelques mois,
12:41c'est Nicolas qui paye.
12:43C'est quoi ce mouvement, ce Nicolas ?
12:44C'est un idéal typique,
12:46le trentenaire diplômé qui bosse,
12:50qui paye un maximum d'impôts
12:51et qui a l'impression d'avoir un peu tout perdu
12:55par rapport aux générations précédentes,
12:57aucun cas, surtout par rapport aux boomers
12:59et qui en a un peu ras-le-bol.
13:00Il y a un petit fonds de ras-bol fiscal
13:02derrière ce mouvement,
13:04c'est Nicolas qui paye.
13:05Qu'est-ce qu'elle dit cette étude, Isabelle ?
13:07Je commence par vous,
13:08ensuite Rafik Smati,
13:10de ces jeunes qui sont déclassés.
13:12Je trouve ça très intéressant
13:13parce que ça met en exergue
13:15une paupérisation de la jeunesse aujourd'hui.
13:18Et quand on regarde les chiffres du travail
13:21et quand vous prenez le salaire brut,
13:23le salaire net,
13:23ce que l'on paye en impôts,
13:25ce que l'entreprise paye à l'État,
13:26c'est-à-dire sur un salaire 200,
13:28l'entreprise paye 140.
13:29Et en réalité, le salarié ne touche en net
13:32que 42 lorsque vous retirez
13:34les charges patronales,
13:35les charges sociales
13:35et l'impôt sur le revenu.
13:37Donc aujourd'hui,
13:38le travail ne paie plus
13:39et vous avez en face
13:41un système public,
13:42que ce soit l'hôpital,
13:43que ce soit l'éducation,
13:45qui ne fonctionne plus
13:47ou qui fonctionne beaucoup moins bien
13:48qu'il y a 30 ans.
13:50On n'en a plus pour notre argent,
13:51ce que vous dites.
13:52On n'en a plus pour notre argent.
13:54Il y a un problème d'efficacité
13:55de l'impôt.
13:57Et aujourd'hui,
13:58avoir un contrat de salarié français
13:59qui était, il y a 30 ans,
14:01quelque chose de tout à fait envié
14:03à travers l'Europe
14:04et à travers le monde,
14:05n'est plus envié par nos jeunes.
14:07Ils cherchent aujourd'hui à partir,
14:08puisque le système,
14:10effectivement,
14:10ne fonctionne plus.
14:11Oui, c'est ce que dit
14:12une étude du Sintec récemment.
14:13Donc il y a un ras-le-bol,
14:14effectivement, fiscal.
14:15Et puis après,
14:16il y a une dévalorisation des diplômes,
14:18ce que dit cette étude.
14:19C'est-à-dire que les étudiants
14:21sortent, effectivement,
14:23après Bac plus 4,
14:24Bac plus 5,
14:25ce qu'évoquait tout à l'heure
14:26Rafik vers 24-25 ans.
14:28Ils gagnent un tout petit peu plus
14:30que ce qui touchait il y a 30 ans.
14:32Oui, ça, ça fait partie
14:32des points positifs.
14:33Et il faut dire
14:34qu'il y a des points positifs aussi
14:35entre la génération de 1970
14:36et celle de 2020.
14:38Le premier emploi
14:39est 10% mieux payé,
14:41même en prenant compte
14:42l'inflation.
14:43Au premier emploi,
14:44on est mieux payé
14:45à moyenne de 10%
14:46par rapport à la génération de 1970.
14:46Oui, mais cette étude
14:47met bien en exemple
14:48que ça ne tient pas compte
14:49le prix de l'immobilier
14:50et l'évolution du prix de l'immobilier.
14:52Donc aujourd'hui,
14:53lorsque vous regardez
14:54l'accession
14:55à la résidence principale,
14:57le primo-accédant,
14:59comme on dit dans le secteur,
15:00eh bien en fait,
15:00il est de plus en plus âgé.
15:02On est passé de moins de 30 ans
15:03à un petit peu moins de 35 ans.
15:06Donc en réalité,
15:06il y a un sentiment
15:07d'appauvrissement général
15:09qui n'est pas tenable
15:10chez nos jeunes.
15:11Qu'est-ce que vous retenez
15:11de cette étude-là ?
15:12Sur le logement,
15:13c'est très important.
15:14On se rend compte
15:14que c'est à la fois
15:15la dévalorisation du diplôme
15:17qui entraîne
15:18ce sentiment de déclassement
15:19et les problèmes
15:21de logement
15:21absolument majeurs.
15:23Là où il fallait 10 ans
15:24pour acheter
15:25un bien immobilier
15:26en 1970,
15:27il faut 23 ans
15:29aujourd'hui
15:29pour la même surface.
15:30Ça, c'est un des gros sujets,
15:32Rafix Matinon.
15:33La situation des jeunes
15:34aujourd'hui est en réalité
15:36tellement révélatrice
15:37de la situation globale
15:38de notre pays.
15:39Je rappelle qu'il y a
15:40quelques années,
15:40parce qu'on est aujourd'hui
15:41dans un processus
15:43d'appauvrissement collectif.
15:45En termes de richesse
15:45par habitant,
15:46on était cinquième
15:48il y a une trentaine d'années.
15:49On est aujourd'hui
15:5026e.
15:5126e.
15:52Je veux bien
15:54que les personnes
15:54qui nous regardent
15:55et qui nous écoutent
15:55aient conscience de ça.
15:56Et les jeunes aujourd'hui
15:58sont d'une certaine façon
15:59la variable d'ajustement
16:00de ça.
16:01On maltraite nos jeunes,
16:02c'est ça que vous nous dites ?
16:03On favorise les plus âgés
16:05et on défavorise nos jeunes.
16:06On maltraite nos jeunes,
16:07on maltraite ceux qui travaillent.
16:09Quelques chiffres
16:10pour la clarté du débat.
16:11La France,
16:12c'est 67 millions de personnes.
16:13C'est un modèle social généreux
16:14qui alimente
16:16une population
16:17de 67 millions de personnes.
16:18Vous avez 22 millions
16:20de Français
16:20qui travaillent dans le privé,
16:22c'est-à-dire
16:22qui produisent
16:23pour alimenter,
16:24pour financer
16:25ce modèle social
16:25de 66 millions de personnes.
16:27Il n'y a pas besoin
16:28d'avoir fait
16:28de très grandes études
16:29de mathématiques
16:29pour comprendre
16:30qu'il y a un déséquilibre.
16:31Quand vous avez
16:3222 millions de personnes
16:32qui produisent
16:33et qui créent de la richesse
16:34pour financer un modèle social
16:35de 67 millions de personnes,
16:37ça ne peut pas tourner éternellement.
16:39Regardez votre fiche de paye.
16:40La fiche de paye,
16:41le post-retraite,
16:42c'est 28%
16:43de votre salaire brut.
16:45Il y a une trentaine d'années,
16:47on était à moins de 10%
16:48du salaire brut.
16:48C'est-à-dire que
16:49même sur les retraites,
16:51on vient amputer
16:52le pouvoir d'achat
16:52des actifs.
16:54Et donc aujourd'hui,
16:55nous sommes là
16:56dans un scénario
16:57où nous sommes en train
16:58de faire de la France
16:59un pays de rentier,
17:01un pays qui regarde le passé,
17:03qui s'accroche
17:03à des vieilles lunes.
17:05Et d'ailleurs,
17:05le simple fait
17:05que nous ayons aujourd'hui
17:07encore un débat
17:08sur les réformes des retraites
17:09alors que le monde entier
17:09est en train de parler
17:10de la super-intelligence
17:11et de l'avenir du monde
17:12est tellement révélateur
17:13de l'impasse
17:14dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
17:16Et donc nous sommes
17:16un pays qui regarde en arrière
17:18alors que nous devrions
17:18regarder en avant.
17:19Et moi, je suis extrêmement inquiet
17:21parce que quand un pays
17:22a renoncé
17:23à faire en sorte
17:24qu'une classe d'âge
17:24soit plus riche,
17:25plus heureuse
17:26et plus prospère
17:26que la classe d'âge
17:27qui l'a précédée,
17:29eh bien ça ne laisse
17:29jamais augurer rien de bon.
17:32Oui, il y a un sujet
17:33concentration du patrimoine.
17:34Vous en parliez tout à l'heure,
17:351 400 milliards
17:36doivent être transmis.
17:38Comme par hasard,
17:39on commence à entendre
17:39parler de taxation
17:40des héritages aussi.
17:41Ça revient dans le débat
17:42budgétaire à l'Assemblée.
17:44Mais il y a cet écart aussi,
17:46c'est-à-dire que le patrimoine
17:46est de plus en plus détenu
17:48entre les mains des seniors.
17:50Alors ça, c'est aussi
17:50un des enseignements
17:51de cette étude.
17:52Il y a des équipes
17:52très mal adressées
17:53par François Bayrou
17:53cet été avec son attaque
17:55sur les boomers
17:56parce que ce n'est pas
17:56une lutte des classes
17:59entre des générations.
18:00Non, on n'a pas envie
18:00non plus de...
18:01On n'a pas envie
18:02de tomber dans ce jeu-là.
18:02D'épingler les boomers.
18:04C'est comme disait Isabelle
18:05qui est très très juste.
18:06C'est-à-dire que
18:07cette photographie
18:08que je trouve vraiment excellente
18:09parce que cette photographie
18:10elle pose des mots
18:12magnifiques
18:13qui sont importants
18:15et qui révèlent
18:16comme le disait Rafik
18:17finalement
18:18tous les problèmes
18:19qu'il y a la France.
18:20Je vais citer juste
18:21un chiffre de cette étude
18:22qui me paraît intéressant.
18:23En 79,
18:25en moyenne,
18:25quelqu'un de 30 ans
18:26touchait 13% de plus
18:28en termes de salaire
18:29que quelqu'un de 50 ans.
18:30Pourquoi ?
18:30Parce que l'économie
18:31est en mutation.
18:32Il y avait de nouveaux emplois,
18:34il y avait le développement
18:35de l'industrie et tout ça.
18:37Arrivé en 2019,
18:3840 ans plus tard,
18:39maintenant,
18:40cette génération
18:40elle touche 9% de moins
18:42que les 50 ans.
18:44Et pourquoi ?
18:45Parce qu'en grande partie,
18:46ce sont les prélèvements sociaux
18:47qui sont passés
18:48de 32 à 38%.
18:49C'est-à-dire qu'on est dans un système
18:50qui finance la démographie.
18:53Qui finance la démographie.
18:55Et tant mieux,
18:56c'est une bonne nouvelle
18:56collectivement
18:57qu'on vive plus vieux,
18:58qu'on soit en bonne santé.
19:00Le problème,
19:01c'est qu'on a affaire
19:02à une génération d'abord
19:03qui a été emmenée
19:04à 80% au bac,
19:05qui a du mal à rentrer
19:07quand même
19:07dans un monde professionnel
19:08qui ne s'est pas adaptée
19:09à ces profils-là.
19:10C'est-à-dire qu'on a
19:11quelque part
19:11une logique de surqualification
19:13sur une partie...
19:14Avec une dévalorisation
19:15des diplômes,
19:16c'est très net.
19:17Il y a des métiers sous tension
19:18par ailleurs
19:19dans d'autres domaines,
19:20donc c'est la curiosité.
19:22Il y a la part du logement
19:23dont vous parlez.
19:24Et c'est quand même
19:25une génération
19:26qui aujourd'hui,
19:28on va le dire,
19:28n'est pas portée
19:29au plan politique.
19:30C'est-à-dire que
19:30je n'entends pas
19:31un parti politique
19:32exprimer aujourd'hui
19:34ce que ressent
19:34les moins de 35 ans
19:35par rapport à l'avenir.
19:37Et cet avenir
19:38est important
19:38parce que cet avenir,
19:39c'est l'avenir du pays.
19:40C'est-à-dire que
19:41c'est des gens
19:41qui vont avoir à gérer
19:43les ruptures technologiques,
19:45l'innovation,
19:46les questions du climat,
19:47les questions démographiques
19:47et tout ça.
19:48Or, si ces gens-là
19:49ne sont pas représentés
19:51par les gens
19:52qui débattent aujourd'hui
19:53dans l'hémicycle
19:53et qu'ils ont juste
19:55le sentiment de savoir
19:56s'ils vont être prélevés
19:56de un ou deux points de plus
19:58pour que le système
19:58tienne deux ou trois ans de plus,
20:00on ne va pas aller très loin.
20:01Honnêtement,
20:02on ne va pas aller très loin.
20:02Et le problème,
20:04c'est que les politiques
20:04ont un discours schizophrène,
20:06c'est-à-dire que d'un côté,
20:07ils veulent des talents,
20:09pousser les start-up,
20:11investir dans l'IA,
20:12investir dans l'innovation,
20:14et de l'autre côté,
20:14rien n'est fait pour les jeunes.
20:16Et c'est les jeunes
20:17qui vont mener
20:17la révolution de l'IA,
20:19de la transformation, etc.
20:20Et aujourd'hui,
20:22on voit bien
20:23que nos plus grands ingénieurs
20:24sont beaucoup
20:25dans des grosses sociétés américaines.
20:27Et que ceux qui transforment
20:29les grandes sociétés américaines
20:30sont souvent des Français,
20:32souvent des Européens.
20:33On voit chez Tesla,
20:34on voit chez Meta,
20:35on voit chez Google.
20:36Il y a énormément de Français
20:37à des postes stratégiques.
20:39Et c'est terrible
20:40parce que tout ça
20:41est effectivement issu
20:42d'un sentiment
20:43où la France
20:44n'est plus un terrain
20:46sur lequel ils sont susceptibles
20:48de créer la croissance
20:49ou de créer suffisamment de valeur
20:50et de pouvoir en bénéficier.
20:52Et quand vous ajoutez
20:53à tout ça
20:54la taxe Zucksmann,
20:56et alors là,
20:57on marche sur la tête.
20:58C'est-à-dire qu'on est
20:59dans une schizophrénie totale.
21:01Pourquoi ?
21:02Parce que la taxe Zucksmann,
21:03c'est l'antithèse
21:04de la prise de risque,
21:06c'est l'antithèse
21:06de la compréhension économique
21:09basique
21:09d'une gouvernance d'entreprise
21:11où lorsque vous êtes
21:13détenteur d'actions
21:14qui ne sont pas liquides,
21:17vous n'avez pas pour autant
21:18le patrimoine à 30 ans
21:20ou à 25 ans
21:21pour payer une taxe
21:22qui s'applique
21:23sur ce niveau
21:23de valorisation des actions.
21:25Donc, en fait,
21:26c'est la France
21:28pâtit de son mauvais niveau économique.
21:30Alors, nous venons
21:31d'avoir un prix Nobel d'économie
21:32qui d'ailleurs s'exprime
21:34de manière très forte
21:36pour la retraite à point.
21:37Pour l'innovation
21:37et contre la taxe Zucksmann.
21:39Pour l'innovation,
21:40pour la retraite à point
21:41et contre la taxe Zucksmann.
21:43Il faut absolument
21:45qu'on laisse
21:46des personnalités
21:46de ce type-là
21:47prendre la parole,
21:48rentrer dans le débat
21:49et se faire écouter.
21:51Puisqu'aujourd'hui,
21:52il y a un vrai besoin
21:53d'explications profondes
21:55des Français,
21:56des basiques
21:57de l'économie.
21:58Et puis, changer d'état d'esprit,
22:01changer de cette passion
22:03que nous avons
22:03pour la protection
22:04pour aller vers le risque.
22:05Aujourd'hui,
22:06on a fait de la France
22:06une société
22:07de la protection à outrance.
22:09Les retraites,
22:1014% de notre produit
22:11intérieur brut.
22:12Oui,
22:12deux points de plus
22:13qu'à la moyenne européenne.
22:14Deux points de plus.
22:15Il y a 40 ans,
22:15c'était 7%
22:16du produit intérieur brut.
22:17L'éducation nationale,
22:18aujourd'hui,
22:197% du produit intérieur brut.
22:21Il y a 40 ans,
22:227% du produit intérieur brut.
22:23Donc, on voit bien
22:24à travers ces chiffres
22:25les choix qui sont faits
22:27collectivement,
22:27par nous tous, citoyens,
22:28à travers les personnes
22:29que nous avons élues.
22:31On ne peut pas,
22:32à ce point,
22:32sacrifier...
22:33Et quand je vous dis
22:33que l'éducation,
22:357% de notre produit
22:35intérieur brut,
22:36je vous renvoie aux travaux
22:37de Jean-Pascal Beauffray
22:38qui démontrent que dans le budget
22:39de l'éducation nationale,
22:40vous avez 25%
22:40qui sont là pour financer
22:42les retraites des agents
22:43de l'éducation nationale.
22:44De sorte que,
22:45quand vous regardez
22:46l'évolution du budget
22:47de l'éducation
22:48depuis ces dernières années,
22:49il augmente en valeur absolue.
22:50Mais si vous faites
22:51le retraitement
22:51et que vous enlevez les retraites,
22:52le budget de l'éducation nationale
22:54en France baisse.
22:55Et l'investissement
22:56par élève baisse.
22:58Comment voulez-vous embrasser
22:59la plus grande révolution
22:59de l'histoire de l'humanité
23:00qui est devant nous
23:03à travers la biogénétique,
23:05l'IA, etc.,
23:05qui va nécessiter
23:06de faire des générations
23:07d'ingénieurs
23:07et de mathématiciens ?
23:08Comment vous voulez affronter
23:09cette révolution
23:10en abaissant le niveau
23:11de manière assumée ?
23:12Ce n'est pas possible.
23:13C'est suicidaire.
23:14C'est suicidaire, Raphaël.
23:15Bonjour.
23:16Ce budget d'éducation nationale,
23:18c'est,
23:19quand vous le mettez
23:19en perspective
23:20d'autres pays européens
23:21et notamment,
23:22par exemple,
23:22de l'Allemagne,
23:23vous apercevez qu'en Allemagne,
23:25les professeurs sont,
23:26pour un budget équivalent global,
23:28sont mieux payés
23:29qu'en France.
23:29Parce qu'en France,
23:30on n'arrive plus
23:31à recruter des instituteurs,
23:33des professeurs,
23:34puisqu'aujourd'hui,
23:35leur travail n'est plus valorisé
23:36à la hauteur.
23:38Et donc,
23:38c'est ce que expliquait
23:39très bien Rafik.
23:40On a un problème
23:41de valorisation
23:42et de répartition
23:44de la richesse
23:45sur des points
23:46absolument clés
23:47qui doivent être
23:48le moteur de l'économie.
23:50Et les politiques
23:50ne l'entendent pas
23:51parce qu'aujourd'hui,
23:53ceux qui votent
23:54ont plus de 50 ans.
23:55Et le Nicolas qui paye,
23:57ce sont aussi les fonctionnaires.
23:59Vous devriez aujourd'hui
23:59avoir des fonctionnaires
24:00qui sont dans la rue
24:01au nom de Nicolas qui paye
24:03en disant
24:03à cause de ce modèle social
24:05qui nous retient dans le passé,
24:07on est mal payé
24:07et on sacrifie
24:08notre mission de service public.
24:10Parce que moi,
24:10aujourd'hui,
24:11c'est pour ça
24:12que vous ne m'entendrez
24:12jamais opposer
24:13à les fonctionnaires
24:13et les gens
24:14qui travaillent
24:14dans le privé.
24:15Parce que les fonctionnaires,
24:16aujourd'hui,
24:16ce sont les variables
24:17d'ajustement
24:18d'un système
24:19qui est à bout de course
24:19et qui ne fonctionne plus.
24:20Moi, je ne sais pas
24:21comment, Ludovic,
24:22on sort de ce système
24:23dans la mesure
24:24où le politique
24:24suit les gens qui votent.
24:28Et que,
24:28comme Isabelle l'a dit
24:29tout à l'heure,
24:29pour la première fois
24:30cette année,
24:31les plus de 50 ans
24:32sont majoritaires
24:33dans le corps électoral.
24:34On a eu un exemple hier
24:35en commission des finances.
24:37C'est droite et gauche
24:38réunis
24:39pour revenir
24:40sur la suppression
24:42de l'abattement
24:42de 10%
24:43professionnels
24:44des retraités.
24:45On ne touche pas
24:46aux retraités.
24:48C'est la poule
24:49aux oeufs d'or
24:50électorale.
24:51Comment on s'en sort là ?
24:52Très compliqué.
24:53C'est ce qu'on va partager
24:55avec Isabelle à l'instant.
24:56C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
24:56on voit bien
24:57qu'on dirait en mathématiques
24:58le baril centre politique,
25:00on voit bien
25:00où il est en termes d'âge.
25:01Il est au-dessus
25:02des 50 ans
25:02et 60 ans.
25:04C'est une question profonde
25:06que va croiser
25:06la classe politique.
25:07Je ne sais pas
25:08si elle la croisera
25:08en 2027
25:09parce que pour l'instant
25:10on est vraiment
25:11dans ses moyennes d'âge.
25:13Mais le problème
25:14c'est que même
25:15quand on a des jeunes présidents,
25:16ils agissent comme des vieux.
25:17Honnêtement.
25:18Donc c'est un premier problème.
25:20Mais au-delà de ça,
25:21l'enjeu profond,
25:23Rafi,
25:23que le souligne à l'instant,
25:24c'est que l'innovation,
25:26pour l'innovation,
25:26il y a un cocktail
25:27qui est connu.
25:28D'abord,
25:28il faut de l'investissement,
25:29donc il faut de l'argent
25:29qui ruisselle.
25:30Il faut des diplômes.
25:31Mais il faut de la jeunesse
25:32aussi en fait.
25:33L'innovation,
25:33il n'y a pas d'innovation
25:39il y a 70 ans
25:40qui gère une assurance vie
25:41qui va provoquer
25:43de l'investissement
25:44dans l'économie.
25:45Clairement,
25:46aujourd'hui,
25:46on a un grand problème
25:48de mauvaise répartition
25:50de ce qu'est l'investissement.
25:51Il y a de l'argent
25:52dans ce pays.
25:52Il y a de l'argent.
25:53Il y a beaucoup d'argent
25:54même dans ce pays.
25:55Mais cet argent
25:55ne circule plus,
25:57n'alimente plus.
25:58Alors oui,
25:59on a eu la Startup Nation,
26:00mais il y a d'autres leviers,
26:03il y a d'autres chantiers
26:04que la Startup Nation.
26:05La Startup n'est pas
26:06la réponse à tout.
26:07Il y a des enjeux
26:08en termes d'industrie,
26:08il y a des enjeux
26:09en termes de services,
26:09il y a des enjeux
26:10en termes de potentiel économique
26:14sur ce qu'est un pays
26:15qui vieillit aussi,
26:16mais qui crée aussi
26:17des nouvelles activités,
26:18des services
26:19de proximité possibles.
26:20Donc politiquement,
26:21ces questions,
26:22j'allais dire,
26:23elles sont presque taboues.
26:24La question des héritages,
26:25elle illustre à merveille
26:27le côté tabou
26:28aujourd'hui
26:29de la problématique
26:30qu'on a à faire.
26:31C'est-à-dire que
26:31je crois que Yann Brunpivet
26:33hier disait
26:34que c'est de l'argent
26:34qui tombe du ciel.
26:35Cet argent tombé du ciel,
26:36disait la présidente
26:37de l'Assemblée nationale,
26:38effectivement.
26:38Mais ce n'est pas de l'argent
26:39qui tombe du ciel.
26:40C'est-à-dire qu'il y a
26:41aujourd'hui,
26:42il y a une masse
26:43qui est 1 400 milliards,
26:45il y a encore,
26:46il y a de l'argent placé de ça,
26:47dont l'économie
26:48aurait vraiment besoin
26:50pour se mettre en mouvement,
26:51honnêtement.
26:51La dette française aussi,
26:52parce qu'elle croit
26:53et donc elle est beaucoup
26:54placée en dette.
26:56La formation
26:56et le logement
26:57de priorité
26:58pour notre jeunesse.
27:00On espère que le message
27:01du commissariat au plan
27:02sera entendu
27:04de nos politiques.
27:05Ne quittez pas,
27:05on revient tout de suite
27:07après une page de publicité.
27:09On va parler marché.
27:10Pourquoi Wall Street
27:11comme le CAC 40
27:12vol de record en record
27:14et puis on reviendra
27:15sur le bras de fer
27:16franco-allemand
27:17autour de l'interdiction
27:18des véhicules thermiques
27:19en 2035.
27:20A tout de suite.
27:20BFM Business
27:27et la Tribune
27:28présente
27:28Les Experts
27:30Raphaël Legendre
27:31Il est 10h30,
27:34bienvenue pour la seconde partie
27:35des Experts
27:36avec toujours autour de la table
27:37Ludovic Desautés,
27:38Isabelle Bordry,
27:39Rafi Kismati.
27:41On va parler marché
27:42avec deux records
27:44simultanés hier,
27:46Wall Street
27:46et le CAC 40
27:48au plus haut.
27:49Alors Wall Street
27:50on sait principalement l'IA
27:52et on va y revenir
27:53très largement
27:54dans cette seconde partie.
27:55Le CAC 40,
27:55Ludovic,
27:56moi je suis quand même
27:56un peu surpris
27:57qu'on batte des records
27:58en France
27:58quand on voit
27:59l'état général du pays.
28:03On a une France dégradée
28:04et des marchés au sommet.
28:06Il y a déjà
28:07le corps nu.
28:08C'est ni abrogation
28:09ni suspension.
28:11Non, plus sérieusement.
28:13Alors déjà,
28:14oui, c'est un record
28:14pour le CAC 40
28:15mais attention
28:16parce que c'est un record
28:17qu'il faut mettre,
28:18éclairé par rapport
28:19à d'autres records
28:20qui sont battus en Europe
28:20parce que le CAC augmente
28:22environ 12%
28:23depuis le début de l'année.
28:24On est en retard
28:24par rapport aux autres places.
28:25Là où l'Allemagne
28:26c'est à 22%,
28:27là où l'Espagne
28:28c'est à 39%.
28:29Donc oui,
28:30il y a en ce moment
28:30un appel d'air européen.
28:32Ce n'est pas la France
28:32qui superforme là-dedans.
28:34C'est la première chose.
28:35Donc ne mettons pas
28:37numéro 1
28:38sur le podium
28:38parce que la France
28:39est plutôt en retard
28:40par rapport aux autres places européennes
28:41dans ce mouvement aussi.
28:42Après,
28:43quelque part,
28:44merci Donald Trump,
28:45c'est-à-dire que l'instabilité
28:46qu'a créé Donald Trump
28:47sur les droits de douane,
28:49sur différents dossiers
28:49mais énormément
28:50sur les droits de douane,
28:52a créé un refléchage
28:54qu'on a vu se dessiner
28:55avant l'été,
28:56on va dire,
28:56on a vu des investissements
28:57traverser l'Atlantique
28:58gentiment dériver
28:59avec le Gulf Stream
29:00pour arriver jusqu'aux places européennes.
29:02Pourquoi ?
29:02Parce que les actions européennes
29:03elles sont aujourd'hui
29:04largement sous-côtées.
29:06Il y a des bonnes affaires à faire.
29:07C'est ça que vous nous expliquez,
29:09Ludovic.
29:09Très clairement,
29:09il y a des bonnes affaires.
29:10Il y a une partie
29:10de cet investissement
29:11qui va sur la place européenne.
29:13Maintenant, attention,
29:14ce n'est pas une manne éternelle.
29:15Pour l'instant,
29:16il y a une mécanique
29:17d'opportunité,
29:18il y a un appel d'air.
29:19Les marchés européens
29:20ont été jugés
29:21un peu plus rassurants
29:22pour rééquilibrer
29:23des portefeuilles
29:24mais ça ne sera pas éternel
29:25sauf qu'on n'est jamais
29:26à l'abri avec Donald Trump
29:27qui a des rebonds
29:28en plus par ailleurs
29:28dans les mois qui viennent.
29:29Oui, effectivement.
29:30Mais ça veut dire
29:31que nos entreprises
29:32partent un peu plus
29:32à l'étranger aussi
29:33si on se fait racheter
29:34en ce moment,
29:35Isabelle Banderie.
29:35Oui, et puis je crois
29:36qu'il y a aussi
29:36un effet valorisation
29:38des valeurs aux US
29:39qui est devenu
29:40tellement gigantesque
29:41justement poussé par l'IA.
29:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui
29:45investir aux US
29:46coûte extrêmement cher
29:47pour un petit porteur
29:48et donc effectivement
29:49se réintéresser
29:51à des sociétés
29:52plus traditionnelles
29:53qui intègrent d'ailleurs
29:54l'innovation.
29:54C'est ce qu'on voit
29:55avec Essilor
29:56où effectivement
29:58ces lunettes
29:59avec Meta
30:00ont clairement généré
30:02non seulement
30:02une innovation
30:03mais des augmentations
30:04de marques
30:04et puis
30:05une agilité
30:07même des plus grandes
30:09vieilles dames
30:09comme LVMH
30:10c'est-à-dire
30:11qui était
30:11en début d'année
30:15et qui là tout d'un coup
30:16annonce des marges
30:17tout à fait
30:18à la hauteur
30:19avec plusieurs choses
30:20je pense
30:20c'est que
30:21ce que vous évoquiez
30:22avec les tarifs
30:23les tensions géopolitiques
30:25entre la Chine
30:25et les Etats-Unis
30:26on est dans un moment
30:27on ne sait pas
30:28combien de temps
30:28il va durer
30:29qui s'apaise
30:30et donc les Chinois
30:31et les Asiatiques
30:33rachètent
30:34ils reprennent
30:34les achats
30:35auprès des marques
30:36européennes
30:37donc ça c'est
30:37une première chose
30:39et puis effectivement
30:40on s'aperçoit
30:40qu'en termes géopolitiques
30:42c'est un effet Trump
30:44aussi
30:45même si on va voir
30:46combien de temps
30:46tout ça a dur
30:48au Moyen-Orient
30:50ça se calme
30:51un petit peu
30:52on va voir
30:52pour combien de temps
30:53et puis
30:55en Ukraine
30:55il y a
30:56en tous les cas
30:57de la part de Trump
30:58une prise en compte
31:00du sujet ukrainien
31:01qui n'est pas
31:02uniquement
31:03Poutine
31:04qui commence
31:05à être
31:06beaucoup plus balancé
31:07et qui met en avant
31:08beaucoup plus
31:09en tous les cas
31:10l'Ukraine
31:11et les nécessités
31:11de l'Ukraine
31:12il y a donc
31:12une fenêtre
31:13de marché
31:14il y a une fenêtre
31:14de marché
31:15géopolitique
31:15et économique
31:16qui font qu'aujourd'hui
31:17même si la politique
31:20n'est pas à la hauteur
31:21il y a quand même
31:22un décalage
31:23entre l'économie
31:23et la politique
31:23avec ce qu'on entend
31:24dans le paysage politique
31:25qui est absolument
31:26incroyable
31:27aux Etats-Unis
31:28c'est clairement
31:28l'intelligence artificielle
31:29qui tire les marchés
31:30Rafix Maty
31:31pas que l'intelligence artificielle
31:32il y a aujourd'hui
31:34quelque chose
31:35d'absolument passionnant
31:35c'est qu'on est
31:37en train de vivre
31:38la plus grande révolution
31:39de toute l'histoire
31:40de l'humanité
31:40pour plein de raisons
31:41ça passe par l'IA
31:42ça passe par la biogénération
31:43ça passe par le fait
31:44que quelque chose
31:46dont vous allez entendre parler
31:47dans les prochains mois
31:47c'est la révolution
31:48qui va nous permettre
31:49de passer du bite
31:50à l'atome
31:50c'est-à-dire que
31:51comment les intelligences artificielles
31:53vont pouvoir interagir
31:54sur des molécules
31:54et nous permettre
31:55de créer des nouveaux traitements
31:56avec à la clé
31:57une révolution majeure
31:59dans le domaine biomédical
32:00qui peut repousser
32:00de manière drastique
32:01l'âge de la vie
32:03on est en train de parler
32:04de cette civilisation-là
32:05alors il y a
32:06dans les prochains mois
32:07vous nous dites
32:07c'est en ce moment
32:08que ça se passe
32:09dans le domaine
32:09de la fusion nucléaire
32:10là aussi
32:12le mix entre
32:13la fusion nucléaire
32:14et l'intelligence artificielle
32:15nous permet
32:16d'atteindre
32:17des plasmas
32:18à des vitesses
32:18que l'on ne pouvait pas imaginer
32:19bref
32:20tout ça est en train
32:21de changer la planète
32:21et est en train
32:22de changer l'humanité
32:23alors il y a des soubresauts
32:24nous en France
32:24vous allumez
32:26une chaîne d'info
32:27il y a évidemment
32:29les crises géopolitiques
32:30l'Ukraine
32:31le Moyen-Orient
32:31qui font passer
32:34un bruit de fond
32:34assez anxiogène
32:36qui monte selon
32:36mais en réalité
32:38la réalité
32:39le monde
32:40aujourd'hui
32:40est en train
32:41de se métamorphoser
32:41et c'est ce que traduisent
32:43les marchés
32:43je prends le pari avec vous
32:44que si aujourd'hui
32:45on avait une baguette magique
32:46qu'on arrêtait le conflit
32:47en Ukraine
32:48au Moyen-Orient
32:48et qu'on avait
32:49un gouvernement digne
32:51de ce nom en France
32:51mais je prends le pari avec vous
32:53que nous vivrions
32:54une période
32:55de très grande euphorie
32:56et de prospérité
32:57de nouvelles 30 glorieuses
32:58parce qu'aujourd'hui
32:58tout se prête à ça
32:59c'est-à-dire qu'on se dit
33:00aujourd'hui le moral des ménages
33:02est au plus bas
33:02on pourrait se dire
33:04oui mais parce que
33:04notre société
33:05notre civilisation
33:06est arrivée à bout de course
33:07et il y a eu des moments
33:09dans l'histoire de France
33:10où on arrivait à des moments
33:11où on ne savait plus quoi faire
33:13et c'est pour ça
33:13qu'on a fait des guerres
33:14c'est pour ça
33:14qu'on a fait des révolutions
33:15aujourd'hui on sait quoi faire
33:16on a un monde à inventer
33:17et notre jeunesse
33:18aujourd'hui
33:18ne demande que ça
33:19cette partie prenante
33:20de la fondation
33:22de ce monde qui vient
33:23donc moi je suis
33:24malgré toute la mascarade
33:26et la médiocrité
33:27ambiante du débat public
33:28je suis convaincu
33:29que nous avons
33:30de grandes choses à faire
33:31à condition
33:31à condition
33:32que nous soyons
33:33collectivement
33:34en tant que français
33:35et en tant qu'européens
33:36animés par un état d'esprit
33:37entrepreneurial
33:38quand je vois
33:39et ça sera ma conclusion
33:41que l'acte fondateur
33:43de l'Union Européenne
33:43en matière d'intelligence artificielle
33:45c'est un acte de régulation
33:46c'est-à-dire que
33:47le fameux AI Act
33:49c'est-à-dire qu'on a voulu réguler
33:50avant de créer de la richesse
33:51je me dis qu'il y a
33:53une véritable révolution
33:54copernicienne
33:54à laquelle nous devons procéder
33:56si nous voulons faire partie
33:57des maîtres du monde
33:58sur l'évolution du monde
34:00un article passionnant
34:01du New York Times
34:02que je vous conseille
34:03aujourd'hui
34:04sur Amazon
34:04ils ont eu accès
34:05à des documents internes
34:06d'Amazon
34:07qui va
34:08alors il ne va pas supprimer
34:10mais il ne va pas embaucher
34:11600 000 personnes
34:12dans les dix prochaines années
34:13pour doubler la production
34:14parce que ce sont des robots
34:15qui vont remplacer
34:17ces 600 000 personnes
34:18Amazon
34:19aujourd'hui
34:19Isabelle Bordry
34:20c'est un million de robots
34:211,2 million de salariés
34:24et la proportion va s'inverser
34:25les robots
34:26vont
34:27prendre le pouvoir
34:29on n'en est pas encore à là
34:30mais être plus important
34:31et ça en Europe
34:32on en est encore très très loin
34:33mais je ne suis pas de
34:34celles qui pensent que
34:36l'IA
34:36va tuer l'emploi
34:37l'IA
34:38va transformer l'emploi
34:40et on parlait tout à l'heure
34:41du niveau des diplômes
34:42et des talents
34:43aujourd'hui
34:44quand vous regardez
34:45sur le marché du retail
34:46aux Etats-Unis
34:46donc de la grande distribution
34:47le niveau moyen
34:49des études
34:50a augmenté
34:51dans les embauches
34:52c'est-à-dire que
34:52sous pression
34:53notamment d'Amazon
34:54lorsque vous travaillez
34:56maintenant dans l'univers
34:57de la grande distribution
34:58vous avez en moyenne
34:59un diplôme plus élevé
35:01que ce que vous aviez
35:02il y a 30 ans
35:03donc en réalité
35:04il ne va pas y avoir
35:04une perte des emplois
35:06il va y avoir
35:06une transformation
35:08des emplois
35:09et ce qu'évoquait
35:10effectivement Rafi
35:10qui est absolument passionnant
35:11parce que
35:12lorsque l'on parle
35:13effectivement des travaux
35:14de l'IA
35:15sur l'Atom
35:16ce que tu évoquais
35:17tout à l'heure
35:17ça veut dire
35:19la fusion
35:20et la fusion
35:21si un jour on l'a
35:21c'est l'énergie éternelle
35:23donc il n'y a plus
35:24de problème de climat
35:25il n'y a plus de problème
35:26de contingence énergétique
35:29et donc ça veut dire
35:30que la vie totale
35:31est transformée
35:32donc non seulement
35:33on s'augmente
35:34en termes médical
35:36mais en plus
35:37on a accès à une énergie
35:38qui va devenir
35:39une énergie
35:40quasi éternelle
35:42illimitée
35:42et gratuite
35:44et donc il y a un enjeu
35:45aujourd'hui
35:46que l'on sent
35:47une espèce d'enjeu
35:48géopolitique
35:49entre la Chine
35:50et les Etats-Unis
35:51sur qui
35:53aujourd'hui
35:54a les meilleurs talents
35:55et crée
35:56le contexte
35:57économique
35:58qui sera
35:59le plus favorable
36:00pour obtenir
36:01ces grandes transformations
36:03et l'enjeu
36:04sur Taïwan
36:04c'est hyper anxiogène
36:05ce que vous nous dites
36:06là Isabelle
36:06parce que je peux vous dire
36:07qu'en Europe
36:07on en est encore
36:08très très loin
36:09non ?
36:10je ne pense pas
36:10parce que regardez
36:11on a des prix Nobel
36:12l'école normale supérieure
36:14et l'école
36:15sur les 20, 30, 40
36:17dernières années
36:17qui a promu
36:19ou formé
36:20le plus grand nombre
36:21de prix Nobel
36:22et notamment mathématiques
36:23avec les médailles Fields
36:24donc non
36:25en fait c'est terrible
36:26force d'attraction encore
36:27pour les talents
36:28qu'ils soient asiatiques
36:29ou américains
36:31alors je ne sais pas
36:32si on est une force d'attraction
36:33il faudrait déjà
36:34qu'on arrive à retenir
36:35nos talents
36:36ce qu'on évoquait tout à l'heure
36:37et donc faire en sorte
36:38que ce pays
36:38qui aujourd'hui vieillit
36:40porte un regard positif
36:43sur la jeunesse
36:43et entraîne la jeunesse
36:45vers le haut
36:45ce qui veut dire
36:47investir dans l'éducation
36:48mieux payer nos professeurs
36:50et faire en sorte
36:51que l'univers fiscal
36:53de ces jeunes
36:54qui veulent se lancer
36:55beaucoup dans l'entreprenariat
36:57soient facilités
36:59et leur permettent
37:00effectivement
37:01de générer de la croissance
37:02Ludovic on voit
37:03que ce n'est pas tout à fait
37:03ce qui se présage
37:04en tout cas pour le budget
37:05de la croissance
37:06ce que dit Raphique
37:09est important
37:09et d'ailleurs
37:09on témoigne dans les chiffres
37:11c'est une espèce de miracle
37:12dans lequel on est
37:13malgré tout ce qu'on commente
37:14la situation politique
37:15le budget
37:16toujours un peu de croissance
37:17donc ça s'approuve
37:18que s'il n'y avait pas tout ça
37:19il y aurait vraiment
37:20de la croissance
37:20ça sera même un peu meilleur
37:21en 2025
37:22après là où je vais
37:25peut-être faire l'avocat du diable
37:27mais peu importe
37:28c'est à dire que
37:28je pense que ce qu'on est
37:30en train de vivre
37:31fait partie d'un tout
37:32c'est à dire qu'on est
37:33dans des périodes de rupture
37:33et une période de rupture
37:34ça ne crée pas que du positif
37:35c'est évident aussi
37:36donc même une période
37:39où il va y avoir
37:39des ruptures technologiques
37:40va créer des à-coups
37:42des à-coups dans l'économie
37:43et ça fait partie
37:44de la rupture
37:44très très clairement
37:45le risque
37:46puisqu'on parlait des marchés
37:47on parlait du CAC
37:48et on parlait de Wall Street
37:49le risque
37:51on le connaît tous
37:51Isabelle l'a vécu
37:52c'est le syndrome
37:54de la bulle interne
37:55du début des années 2000
37:57c'est à dire que
37:58par contre
37:58là il y a un peu une alerte
37:59sur certaines valos
38:00on va dire
38:00est-ce qu'on peut comparer
38:01ce qui se passe aujourd'hui
38:02sur l'intelligence artificielle
38:04les Magnificent Seven
38:05à Wall Street
38:06et la bulle
38:07des nouvelles technologies
38:08de l'information
38:08et de la consommation
38:09en tout cas
38:10il y a
38:10d'investissement
38:12avec notamment
38:13des gros investissements
38:14je crois qu'on est sur
38:15un régime
38:16rien qu'aux Etats-Unis
38:17350 milliards
38:19pour les centres de données
38:21et tout ça
38:21c'est pas juste
38:23j'allais dire
38:23des logiciels
38:24c'est vraiment
38:25on est aussi
38:26sur des infrastructures
38:27très énergivores
38:28qui demandent
38:29des capacités
38:30et des microprocesseurs
38:31ainsi de suite
38:31mais au-delà de ça
38:33le risque
38:35qu'on peut poindre
38:36aujourd'hui
38:37c'est que
38:38par l'instant
38:38l'IA on est à la période
38:39de l'investissement
38:40et on va attendre
38:40la période du retour
38:41sur l'investissement
38:42moi ce qui m'a marqué
38:43pour la petite anecdote
38:44la semaine dernière
38:45on avait une journaliste
38:46qui était en Californie
38:47sur un événement
38:48sur l'intelligence artificielle
38:49il y avait plein plein
38:50de stands
38:51et tout ça
38:51et la réalité
38:52c'est que quand on disait
38:53au fait
38:53qu'est-ce que vous faites
38:54exactement
38:54dans 90% des cas
38:56c'était un chatbot
38:56et avec un service client
38:59donc il y a encore
39:01quand même
39:01aujourd'hui
39:02un décalage
39:03entre ce qu'on raconte
39:04sur l'IA
39:04et la réalité des choses
39:06dans l'économie
39:07il y a un effet de mode
39:09sur l'IA
39:09qui est très réel
39:11ça va toucher
39:11l'école blanc
39:12ça va toucher
39:13l'école bleue
39:13et ça va être une mutation
39:14en termes d'accord
39:14avec Isabelle
39:15ça va pas enlever
39:17de l'emploi
39:18ça va créer
39:18des vases communicants
39:19en termes d'emploi
39:20mais cette période-là
39:22aujourd'hui
39:22on attend vraiment
39:23la période de ce retour
39:24sur l'investissement
39:24qui n'est pas très claire
39:25la différence
39:26entre la bulle
39:27des années 2000
39:28et aujourd'hui
39:29c'est que
39:29tous ces chatbots
39:30ils ont un débouché
39:31industriel
39:32si je puis dire
39:32il y a un marché
39:33et il y a une demande
39:35alors que les produits
39:35qui émergeaient au début
39:36des années 2000
39:37étaient arrivés un peu
39:37trop tôt finalement
39:39puisque tout le monde
39:39n'avait pas encore
39:40internet
39:41donc bulle ou pas bulle
39:43Isabelle Bordry ?
39:43Le sujet effectivement
39:45de la bulle internet
39:46des années 2000
39:46c'était qu'il y avait
39:47un décrochage
39:48entre l'audience
39:49espérée
39:50et la transformation
39:51espérée
39:52dans un délai très bref
39:53et la réalité des marchés
39:54ça c'était effectivement
39:56c'est ce qui a déclenché
39:57la bulle
39:58dans les années 2000
39:59aujourd'hui
40:01on vit un peu ça
40:02avec Nvidia
40:03les microprocesseurs
40:05mais ce qui est
40:06plus dangereux
40:07qu'il y a 25 ans
40:09c'est qu'aujourd'hui
40:10on est sur un oligopole
40:11extrêmement riche
40:13et extrêmement puissant
40:14et quand on voit
40:15ce qui s'est passé
40:16ce week-end
40:16avec la chute
40:17de AWS
40:18qui a mis à mal
40:20une très grosse partie
40:21de l'économie
40:22le cloud d'Amazon
40:23qui a empêché
40:25beaucoup de services
40:25il y a dépendance
40:25au cloud
40:26depuis maintenant
40:275 ou 6 ans
40:27et le cloud
40:28c'est 3 sociétés
40:29c'est Google
40:30AWS
40:31et Microsoft
40:32et donc effectivement
40:34on est à la différence
40:35d'il y a 25 ans
40:36dans une sorte
40:37de dépendance
40:39sur 3 ou 4 sociétés
40:41qui est extrêmement
40:42forte dans l'économie
40:43et puis pour effectivement
40:44rebondir sur ce que vous
40:45disiez sur les chatbots
40:46relationnels
40:47à la satisfaction client
40:48il y a encore
40:49effectivement une difficulté
40:50aujourd'hui
40:50des grandes entreprises
40:51les entreprises industrielles
40:53les entreprises de service
40:54on va dire
40:54plus traditionnelles
40:56d'intégrer
40:56ces nouveaux supports
40:58pourquoi ?
40:58parce qu'ils sont
40:59assez chers
41:00et en fait
41:01trouver une rentabilité
41:02à ces nouveaux produits
41:04est encore
41:05assez compliqué
41:06pourquoi ?
41:07de nouveau
41:07parce qu'ils sont détenus
41:08par 3 ou 4 sociétés
41:09et qu'il n'y a donc
41:10pas véritablement
41:11une concurrence
41:12sur le prix
41:12donc ça c'est un sujet
41:13de droit de la concurrence
41:14c'est un sujet
41:15de droit de la concurrence
41:15et c'est pour ça
41:16que l'Europe
41:17a raison de continuer
41:19et à la différence
41:20de ce que disait Rafik
41:21je pense que l'IA Act
41:22est absolument fondamentale
41:24pourquoi ?
41:25parce qu'on peut innover
41:26dans un cadre
41:28qui doit être
41:28respectueux
41:29des valeurs européennes
41:31et c'est absolument
41:33important de le faire
41:34dès le départ
41:34puisque si vous laissez faire
41:36c'est très compliqué
41:38de revenir en arrière
41:38regardez ce qui se passe
41:40aux Etats-Unis
41:40ou en Chine ?
41:41aujourd'hui en Chine
41:42vous avez le scoring social
41:44aux Etats-Unis
41:46vous êtes tracé
41:47en permanence
41:48alors il y a 4 ou 5 ans
41:49on disait
41:50que je préférais être tracé
41:51par une société américaine
41:52qu'une société chinoise
41:54aujourd'hui
41:55je ne suis plus sûre de rien
41:56et je suis très contente
41:57d'être européenne
41:58donc toutes ces règles
42:00et d'ailleurs
42:00qui sont demandées
42:01à corps et à cri
42:02par des prix Nobel
42:03par des salariés
42:05des sociétés
42:05qui en fait
42:06aujourd'hui
42:07produisent de l'IA
42:08il n'est pas question
42:10d'une régulation
42:11qui s'immisce
42:12dans l'exécution
42:13de l'innovation
42:14il est question
42:15d'un cadrage
42:17de principes
42:18ce qu'a fait le RGPD
42:19et ce que fait l'IA Act
42:21c'est des principes
42:22de vivre ensemble
42:23en société
42:24et c'est extrêmement important
42:26pour éviter tout débardement
42:27la force de l'IA
42:29est telle
42:30qu'il faut avoir
42:31absolument des lignes rouges
42:33la force de l'IA
42:34est telle
42:34que certains demandent
42:35même il y a un appel
42:35qui vient d'être passé
42:37
42:37d'énormément
42:39de personnalités
42:40pour stopper
42:42la recherche
42:43sur la super intelligence
42:44artificielle
42:45l'étape d'au-dessus
42:46Ludovic
42:46c'est l'étape suivante
42:47j'abonde
42:48alors Rafik
42:49mais Rafik réagira
42:51etc
42:51j'abonde vraiment
42:52sur les propos
42:54d'Isabelle
42:55parce que
42:55j'allais dire
42:57il y a deux exemples
42:58assez patents
42:59c'est-à-dire qu'on est mis
43:0025 ans pour arriver
43:02à commencer à réfléchir
43:03comment les mineurs
43:04on peut limiter
43:06auprès des mineurs
43:07l'accès à des sites pornos
43:08ça montre
43:09non mais ça montre
43:10en fait
43:10que si on ne prend pas
43:11le problème à la racine
43:12c'est très compliqué
43:13de rattraper derrière
43:14et même quand on tente
43:15de rattraper
43:16c'est compliqué
43:16je vais parler de TikTok
43:18mais TikTok
43:18il y a eu un rapport
43:19parlementaire
43:20qui est une catastrophe
43:21quand même sanitaire
43:22on n'a pas peur des mots
43:23pour une jeunesse
43:24et tout ça
43:25c'est très compliqué
43:26de poser un rapport
43:28et quelque chose
43:29alors qu'on est déjà
43:29dans des usages
43:30qui sont complètement installés
43:31quand le tsunami est là
43:32c'est compliqué
43:33de construire la digue
43:34ou alors il faut faire
43:35comme Trump
43:35c'est le racheter
43:36oui voilà exactement
43:37mais donc il y a
43:39100 années après
43:40je ne voudrais pas
43:41non plus diaboliser
43:42l'intelligence artificielle
43:44l'intelligence artificielle
43:45va sûrement poser
43:46des questions
43:47des questions très aiguës
43:48dans certains domaines
43:50sur lesquels
43:51aujourd'hui finalement
43:52dans le militaire
43:54dans le scientifique
43:56et tout ça
43:56après là
43:57on est en train de parler
43:57de l'IA
43:58j'allais dire de métier
43:59c'est-à-dire l'IA
43:59qui va se déployer
44:00dans les entreprises
44:01sur lesquelles
44:02là l'enjeu
44:04va être l'intégration
44:05au sein des équipes
44:06au sein des ressources humaines
44:08et d'aller perturber
44:10peut-être une population
44:11qui n'était pas habituée
44:12à être perturbée
44:12donc c'est aussi
44:13des métiers
44:14qu'on va qualifier
44:15à plus à valeur ajoutée
44:17à valeur cognitive
44:17c'est-à-dire des métiers
44:18qui se croyaient protégés
44:20en disant
44:20tant que c'est des robots
44:22tant que c'est des automatismes
44:23je ne vais pas être concerné
44:24maintenant on peut aller
44:26vers un monde merveilleux
44:27un monde augmenté
44:27parce que finalement
44:28honnêtement
44:29lire un rapport annuel
44:31d'une entreprise
44:32du CAC 40
44:33il y a un plus sympa
44:34comme journée
44:35il y a une intelligence
44:36artificielle
44:36qui arrive à faire
44:37un compte-rendu
44:37avec du sens
44:38et que ça nous permet
44:39pendant ce temps-là
44:40de faire une belle émission
44:41tant mieux
44:42non mais honnêtement
44:43on ne sait pas
44:44comment tout ça
44:44va être géré
44:45la grosse grosse alerte
44:46c'est vraiment
44:47le retour sur investissement
44:48parce que très clairement
44:50moi je sens une fragilité
44:51là-dessus
44:51et j'entends
44:53que sur l'usage
44:54il y a un développement
44:55massif
44:55contrairement à ce qu'on avait
44:56connu le décalage
44:57début des années 2000
44:58mais vu les niveaux
45:00de valo qu'on a
45:01honnêtement
45:01comme Nvidia et d'autres
45:03attention
45:03parce qu'aujourd'hui
45:05j'allais dire
45:06chaque semaine
45:06on observe des petites flamèches
45:08en disant
45:08est-ce que c'est la flamèche
45:09qui ?
45:10honnêtement
45:10on voit bien
45:11cet exercice sur les marchés
45:12en ce moment
45:13c'est vraiment
45:14cette vigilance
45:15en disant
45:15oh là
45:16est-ce que ça va être
45:16le point de déstabilisation
45:17Rafix Maty
45:18il y avait
45:20je me souviens d'un slogan
45:21qui disait
45:21sans contrôle
45:22la puissance n'est rien
45:22ou quelque chose
45:23comme ça
45:24c'est un peu ce qui se passe
45:24avec l'IA
45:25quand vous entendez
45:25cet appel de 700 personnalités
45:27à stopper la recherche
45:28sur la super intelligence
45:29artificielle
45:30qui risque de
45:32détruire
45:33beaucoup trop d'emplois
45:34qu'est-ce que vous dites ?
45:36vous-même spécialiste
45:36de l'intelligence artificielle
45:37je trouve que l'on mélange
45:38pas mal de sujets
45:39si vous me permettez
45:41je vais
45:41essayer de faire
45:42un part des choses
45:43je pense
45:45et j'ai écrit un livre
45:46il y a à peu près
45:47un an et demi
45:47qui s'appelle
45:48le nouveau temps
45:49où je parle de la nécessité
45:50d'accompagner l'avènement
45:51de ce que j'appelle
45:52un humanisme technologique
45:53donc la question
45:54des valeurs qui sont portées
45:56et que l'Europe doit s'approprier
45:57que l'Europe doit apporter
45:58pour moi
45:59elle est absolument cardinale
46:00et je ne les conteste pas
46:01maintenant
46:02je regarde les choses
46:03de manière pragmatique
46:04je regarde les choses
46:05en entrepreneur
46:05je vois une chose
46:07c'est que
46:07l'intelligence artificielle
46:08ce n'est pas qu'un fait
46:09économique
46:10c'est un fait civilisationnel
46:12c'est un fait civilisationnel
46:14aujourd'hui dont
46:15vous avez deux centres de gravité
46:16l'un se situe aux Etats-Unis
46:18et l'autre se situe
46:19en Chine
46:20vous avez les deux maîtres du monde
46:22qui sont en train
46:22de changer le cours
46:24de l'avenir de la planète
46:25et lisez le dernier rapport
46:27de l'analyste américaine
46:28bien connu
46:29qui s'appelle
46:29Marie Meeker
46:29qui a été sur
46:30l'intelligence artificielle
46:31qu'elle a publié
46:32il y a quelques semaines
46:32un rapport absolument remarquable
46:34dans lequel
46:35elle dresse
46:36l'état des lieux
46:37de ce qu'il y a aujourd'hui
46:38elle parle évidemment
46:39de ce qui se passe aux Etats-Unis
46:40évidemment de ce qui se passe
46:41en Chine
46:42et l'Europe est citée
46:43trois fois uniquement
46:43et trois fois
46:44uniquement pour parler
46:46de régulation
46:47c'est-à-dire que
46:48moi ce que
46:48ce que je dis
46:50et ce que je répète
46:51même si je ne nie pas
46:51la nécessité
46:52d'une régulation interne
46:54c'est que si notre prisme
46:55d'analyse aujourd'hui
46:56c'est le prisme
46:57de la régulation
46:57on ne fera pas partie
46:59des gagnants
47:00de cette guerre
47:01parce que la priorité
47:02aujourd'hui
47:02et j'emploie volontairement
47:03et à dessein ce mot
47:04nous sommes dans une guerre
47:06nous sommes dans une guerre
47:06pour l'intelligence
47:08entre les Etats-Unis
47:09et la Chine
47:09c'est très clair
47:10ceux qui maîtriseront
47:11l'intelligence artificielle
47:13et toutes ses conséquences
47:14dans le domaine
47:15de l'énergie
47:16avec la fusion nucléaire
47:17dans le domaine
47:17de la biogénétique
47:19avec le fait de décaler
47:20l'âge de la vie
47:22ceux-là seront
47:22les nouveaux maîtres du monde
47:23c'est foutu déjà pour l'Europe
47:25ou pas
47:25Raphix Maty ?
47:26Non mais moi je pense
47:27que rien n'est jamais foutu
47:28quand on est entrepreneur
47:28on est par définition
47:30optimiste
47:31et on regarde
47:32le verre à moitié plein
47:33plutôt que le verre à moitié vide
47:34mais par contre
47:35on est mal
47:36quand je vois que
47:37d'un côté
47:38alors le verre à moitié plein
47:39c'est quoi ?
47:39c'est le rapport Draghi
47:40qui est extrêmement lucide
47:42et qui vous dit
47:42voilà il faut mettre
47:43800 milliards
47:43sur la table
47:45tous les ans
47:45pour qu'on fasse partie
47:46des piliers
47:47du monde qui vient
47:4914% appliqués
47:50alors qu'on l'a
47:50depuis 18 mois
47:51là je dis banco
47:52à condition qu'il y ait
47:53un leadership européen
47:54leadership qui est capable
47:55d'incarner Mario Draghi
47:57qui est incapable
47:58d'incarner Ursula von der Leyen
47:59donc on a un vrai problème
48:00de leadership en Europe
48:01et on a
48:02et c'est là où je suis optimiste aussi
48:03on a des sacrées entreprises
48:05des sacrés entrepreneurs
48:06en Europe
48:06on a des têtes
48:07on a des médailles fils
48:08on a des ingénieurs
48:09donc la messe n'est pas dite
48:11si je puis me permettre
48:12en revanche
48:13on est aujourd'hui
48:13et je veux revenir
48:14à ce que disait
48:15Isabelle Bordry
48:16c'est la question de la temporalité
48:17la régulation
48:18dans l'absolu
48:19évidemment
48:20parce que la super intelligence
48:21elle peut compromettre
48:21l'avenir de l'espèce humaine
48:23en revanche
48:23qu'est-ce qu'on fait là maintenant
48:24est-ce qu'on fait partie du game
48:26et est-ce qu'on joue
48:27le rapport de force
48:28et là dans ce cas-là
48:28il faut qu'on y aille
48:29il faut qu'on innove
48:30et qu'on ne se pose pas de questions
48:31ou est-ce qu'on régule maintenant
48:32au risque
48:33d'encourager
48:34nos chercheurs
48:35et nos jeunes
48:35à aller le faire ailleurs
48:36je vous voyais réagir
48:37Isabelle Bordry
48:37quand
48:38question un peu provocante
48:39pour dire
48:40est-ce que
48:40c'est pas déjà foutu en Europe
48:42mais
48:42on a quand même raté
48:44assez grandement
48:45le virage
48:46de la robotisation
48:47au début des années 2000
48:48on a raté
48:49le virage du numérique
48:50au début des années 2010
48:52donc
48:52il y a une vraie question
48:53qui se pose aujourd'hui
48:54sur la révolution
48:56de l'intelligence artificielle
48:57quand même
48:57oui
48:58mais
48:59je crois que tout va
49:01très très vite
49:01c'est-à-dire que moi
49:02j'ai vécu
49:03le passage
49:04de
49:04le leadership
49:05de Yahoo
49:06qui était basé
49:07sur une réflexion humaine
49:08et une orchestration
49:09un annuaire
49:10qui était fait
49:11uniquement par des hommes
49:12et enrichi par des hommes
49:13l'idée au départ
49:14c'était effectivement
49:15d'organiser
49:17toute la connaissance humaine
49:18ce qui était une ambition
49:19extrêmement forte
49:20et puis tout d'un coup
49:21est arrivé Google
49:22et Google en fait
49:23c'est que des maths
49:24c'est uniquement des maths
49:26et donc à l'époque
49:27on n'y a pas cru
49:29on s'est dit
49:30l'algorithme
49:30ne sera jamais
49:31plus intelligent
49:32que l'ensemble
49:33de nos surfers
49:34c'est-à-dire
49:35nos bibliothécaires
49:36qui à l'époque
49:37mettaient en ordre
49:38justement internet
49:39sur quelques pages
49:40Je rappelle qu'à l'époque
49:40vous dirigeiez
49:41Yahoo France
49:42et donc en fait
49:43ça va très très vite
49:45et une grande société
49:48quelle que soit
49:49sa valorisation
49:50peut du jour au lendemain
49:52être préférée
49:53à une autre
49:54et donc c'est ça
49:55pour lequel je reste
49:56optimiste
49:57c'est-à-dire que
49:58dans tout cet univers-là
49:59une innovation
50:01un usage
50:02regardez aujourd'hui
50:03OpenAI
50:04qui tout d'un coup
50:05tout le monde
50:06fait ses recherches
50:07sur OpenAI
50:08et Google
50:08qui n'avait jamais été
50:10déstabilisé
50:11et qui lance son navigateur
50:12et qui lance son navigateur
50:13donc le marché
50:14est en train
50:14en quelques mois
50:15de complètement se transformer
50:17donc il n'y a aucune raison
50:18pour que les Européens
50:19n'y arrivent pas
50:20alors sauf qu'on passe
50:21de Yahoo à Google
50:22donc d'Américain
50:23à Américain
50:24à OpenAI
50:24qui est aussi Américain
50:26voilà
50:26mais après
50:27il y a Mistral
50:28moi je crois beaucoup
50:29en des
50:30par exemple
50:30Skyway
50:31qui aujourd'hui
50:32se positionne sur le marché
50:33alors on a vu
50:34qu'OVH avait
50:34quelques difficultés
50:35mais Skyway
50:36aujourd'hui
50:36c'est des gens
50:37extrêmement brillants
50:38qui apportent
50:39une dimension
50:40qui est une dimension RSE
50:43une nouvelle approche
50:44sur tout ce qui est hébergement
50:45donc aujourd'hui
50:46on a des talents
50:47et il faut que les grandes entreprises
50:49françaises
50:50et européennes
50:51acceptent
50:52de travailler
50:53avec des entreprises
50:54start-up
50:55ou plus jeunes
50:56qui portent l'innovation
50:57sans forcément
50:58aller vers les GAFA
50:59il faut peut-être des fonds aussi
51:00c'est ça qui manque
51:01beaucoup en Europe
51:02c'est clairement
51:04un des constats
51:04c'est qu'il manque
51:05de financement
51:06après
51:06je ne pense pas
51:08que la situation
51:08soit foutue
51:09pour reprendre l'expression
51:10Raphaël
51:11sur l'Europe
51:11elle est vraiment complexe
51:14elle est liée aussi
51:14au vieillissement
51:15de ce que l'Occident
51:16c'est-à-dire
51:16honnêtement
51:17un continent qui vit
51:19et pas un continent
51:19qui est favorable
51:20à une mécanique d'innovation
51:21c'est-à-dire que
51:22nos problématiques
51:23sont un peu ailleurs
51:23après
51:25l'IA est un moteur
51:27c'est-à-dire que
51:27évidemment
51:28là en ce moment
51:29c'est
51:30les 7 merveilleux
51:32le nombre
51:33arrête pas d'évoluer
51:34mais ok
51:34on est très concentré
51:35sur des acteurs
51:36demain
51:37ces outils
51:38on va espérer
51:39se déploient
51:40dans l'économie
51:40et en se déployant
51:41dans l'économie
51:42ils vont créer
51:43d'autres merveilleux
51:43dans d'autres domaines
51:44c'est-à-dire que
51:45c'est là
51:45aujourd'hui
51:46on est en phase première
51:46on est en phase pionnière
51:47évidemment
51:48ceux qui sont
51:49à la manœuvre
51:50sur cette technologie
51:51au sens matrice
51:52aujourd'hui
51:53engrangent
51:54demain
51:55on va peut-être avoir
51:55des pépites
51:56en biomédecine
51:57des pépites
51:58en industrie
51:59qui vont apparaître
51:59qui dotent
52:00de ces outils-là
52:01et là
52:02le jeu est ouvert
52:03honnêtement
52:03le jeu est ouvert
52:04dans les années 70
52:05les experts n'existaient pas
52:07on aurait fait une émission
52:08on aurait probablement
52:09déprimé
52:09sur la place
52:10de l'Europe
52:11dans l'aéronautique
52:12et voilà
52:13il y a eu une solution
52:15il y a Airbus
52:15qui n'a pas eu
52:15donc ça veut dire
52:16que c'est à l'Europe
52:18surtout de se saisir
52:19des entreprises
52:20de se saisir
52:21de ces outils-là
52:22qui vont créer
52:23des opportunités
52:24clairement
52:25le secteur de la santé
52:26en est un majeur
52:27c'est une évidence
52:28oui mais on a
52:28le principe de précaution
52:29on a le principe
52:30de précaution
52:30c'est-à-dire que
52:31il y a les vieilles lunes
52:32françaises et européennes
52:33qui viennent à chaque fois
52:34s'inviter dans cette révolution
52:36oui en matière de biogénétique
52:37on va pouvoir faire
52:38des trucs extraordinaires
52:39mais
52:39Emmanuel Charpentier
52:41qui a inventé
52:42le ciseau ADN
52:43CRISPR-Cas9
52:45elle est allée le faire
52:46à Berlin
52:46et quand vous lui posez
52:48la question
52:48est-ce que tu aurais pu
52:49le faire en France
52:49elle vous dit non
52:50donc c'est ça
52:52la révolution copernicienne
52:53que l'on doit mettre en oeuvre
52:54accepter l'idée
52:56que le monde
52:57et que l'Europe
52:57se reconstruira
52:58en mettant
52:59en valorisant le risque
53:00plutôt que la protection
53:01et l'innovation
53:02et si on devait avoir
53:04une politique industrielle
53:05et si on devait avoir
53:06une politique industrielle
53:07une idée parmi d'autres
53:08très simple
53:09parce que la bataille
53:11des chatbots
53:12est très difficile à gagner
53:14essayons de nous mettre en amont
53:15on sait que
53:16l'intelligence artificielle
53:17la matière première
53:18c'est l'électricité
53:18c'est quelque chose de majeur
53:19oui
53:20et bien
53:20essayons de faire de la France
53:22en France
53:22ça tombe bien
53:23essayons de faire de la France
53:24une terre
53:26en construisant massivement
53:27un nombre de nouveaux opères
53:28le pays
53:29où l'électricité
53:30est la plus abondante
53:31et la moins chère possible
53:32pour que vous ayez
53:33des open high
53:33qui aient envie
53:34de venir entreprendre
53:35en France
53:35dans un terrain
53:35fiscalement
53:37et en termes
53:39de règlement acceptable
53:40voilà
53:40tout est question
53:41d'écosystème
53:42en fait
53:42il faut créer l'écosystème
53:43et aujourd'hui
53:44on a les chercheurs
53:44on a les laboratoires
53:46on a les laboratoires
53:47des grandes universités
53:48qui se sont regroupées
53:49ces 5-10 dernières années
53:51pour effectivement peser
53:52et faire en sorte
53:53d'avoir des chercheurs
53:54qui soient encore à la pointe
53:55vous avez le groupe
53:57sur le plateau de Saclay
53:59où il y a eu
53:59énormément d'innovation
54:01et de regroupement
54:02et ça se passe
54:03aujourd'hui
54:04tant en IA
54:05qu'effectivement en biotech
54:06ou l'IA biotech
54:07aujourd'hui
54:08il y a énormément de jeunes
54:09qui s'emparent de ces sujets
54:10et il faut les aider
54:11il manque l'étincelle
54:12pour faire émerger tout ça
54:14on a l'impression
54:14il faut l'écosystème
54:16et les politiques
54:16et puis
54:18c'est tellement passionnant
54:19qu'on n'aura même pas le temps
54:20de parler du bras de fer
54:21que Paris lance
54:22avec Berlin
54:23sur l'interdiction
54:26des véhicules thermiques
54:27en 2035
54:27c'est pas grave
54:28on aura l'occasion
54:29d'y revenir
54:29dans une prochaine émission
54:30merci à tous
54:31de nous avoir suivis
54:32tout de suite
54:32c'est tout pour investir
54:33Antoine Larigauderie
54:34l'émission est disponible
54:35en podcast et replay
54:36sur l'appli
54:37BFM Business
54:38quant à nous
54:38on se retrouve
54:39demain
54:40toujours au même heure
54:4110h-11h
54:42en direct sur BFM Business
54:43bonne journée
54:44les experts
54:48débats et controverses
54:50sur BFM Business
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