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  • il y a 3 mois
Ce mercredi 22 octobre, les difficultés que l'enseigne L'Oréal affronte provoquant une baisse de sa performance en bourse ont été abordées par Alain du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Alain Dubreuil, directeur général délégué de Claresco Finance, pour nous aider à analyser en effet ces publications qui sont mal arbitrées aujourd'hui.
00:09Contrairement à la semaine dernière, souvenez-vous, Essilor et LVMH avaient gagné plus de 10%,
00:13et bien là, aujourd'hui, les publications de L'Oréal et d'Hermès sont vendues.
00:17Bonjour Alain Dubreuil, merci d'être avec nous ce matin.
00:19Bon, commençons quand même par L'Oréal qui cède plus de 6% sous les 372 euros à l'instant ce titre.
00:27Qu'est-ce qui cloche là dans la publication ? C'est les ventes aux Etats-Unis qui ressortent en dessous des attentes ?
00:33Bonjour Etienne, un petit peu tout.
00:36Enfin bon, on n'est pas non plus dans des déceptions majeures.
00:38La croissance organique était de 4,2%, le marché attendait 4,7%.
00:43Ça reste une amélioration vis-à-vis des précédents trimestres, mais en effet, c'est décevant par rapport aux attentes.
00:50Surtout que toutes les divisions sont un peu en dessous, notamment le luxe à plus de 5% alors qu'on attendait plus 3,2%.
00:56Et puis par région, alors bon, effectivement, l'Asie du Nord est à plus 4,7%, on attendait 2,9%,
01:00donc ça confirme ce que d'ailleurs d'autres sociétés ont dit, que la Chine commence à aller mieux.
01:05Enfin, pas extraordinaire, mais en tout cas, la Chine a l'air d'atterrir à minima.
01:09Mais en revanche, oui, la zone Amérique du Nord déçoit, puisqu'elle a plus 1,4%, on attendait 3,1%.
01:14Et sur 2026, pour l'instant, la société ne s'engage pas beaucoup.
01:19Donc voilà, pas beaucoup de visibilité, des chiffres d'affaires décevants.
01:22Il y avait pas mal d'attentes après les bonnes publications, notamment de LVMH.
01:26Bon, le marché est déçu.
01:28Rappelons que tout le luxe et L'Oréal aussi avaient pas mal monté dans les dix derniers jours,
01:34puisque le marché avait été boosté par les bons résultats de LVMH.
01:37Et puis, il y a eu également l'annonce de l'acquisition des parfums de Kering, qui avait aussi profité au titre.
01:42Donc là, il y a un peu de prise de profit.
01:44Bon, c'est un peu violent parce qu'il y a de la déception, mais c'est pas non plus la fin du monde.
01:48D'autant plus que c'est une valeur qui se paye sur des niveaux assez exigeants,
01:5230 fois les profits attendus pour l'année prochaine.
01:54Est-ce que ça en fait un point d'entrée, là, ce moins 6 ce matin, 371 euros ?
02:00Probablement oui, à la marge, je dirais.
02:02Disons que L'Oréal, le problème, c'est que c'est une très belle valeur, mais qu'elle a toujours été très chère.
02:05Je veux dire, c'est la même chose.
02:07Pour Hermès, mais c'est vrai que dans le contexte actuel, on a LVMH qui est plus proche de 24-25 fois les résultats.
02:13L'Oréal est à 30.
02:15Sur ces niveaux-là, il ne faut pas décevoir.
02:17Maintenant, je dirais quand même que le groupe a plutôt très positivement surpris par sa résistance dans des marchés compliqués au cours des 18 derniers mois.
02:25On voit aussi là qu'il est capable de faire des moves stratégiques en renforçant ses positions dans le parfum.
02:31Ça reste une société très solide.
02:33Et globalement, je comprends la prise de profit, mais fondamentalement, c'est un fil qu'on peut avoir en portefeuille sur ces niveaux.
02:39Hermès, de son côté, a publié ce matin un chiffre d'affaires en croissance de 10%.
02:43Mais si vous regardez avec les taux de change, taux de change constant plus 10, plus 5 par contre en croissance publiée,
02:51l'impact de l'euro-dollar, mais également des devises asiatiques, a très clairement pesé au troisième trimestre chez Hermès, Alain Dubrulle.
02:57Oui, en effet, mais ça, ce n'est pas une surprise en soi.
03:00Le marché regarde surtout la croissance organique, c'est-à-dire la capacité à accroître durablement sur un marché.
03:05Là-dessus, Hermès continue de délivrer, puisqu'ils ont la croissance organique était à plus 9,6 contre plus 9,3 attendus.
03:12Là, contrairement à L'Oréal, c'est solide partout, notamment dans les montres, qui sont à plus 8,8 contre 2,4 attendus.
03:18La mode et la maroquinerie, plus 13,3, un tout petit peu en dessous des attentes à 13,8, mais ça reste très solide dans le contexte actuel.
03:25Toutes les régions sont au-dessus des attentes, notamment la région Amérique, à plus 14,1 contre 12,5 attendus.
03:31Donc là, je pense que c'est plus une prise de profit après le rallye des derniers jours.
03:35Rappelons que là, actuellement, le titre est en baisse de 4%, mais si on se situe avant le rallye des résultats LVMH de la semaine dernière,
03:44on reste quand même 6% au-dessus de ce niveau.
03:46Donc là, c'est plus une prise de profit, pas d'inquiétude particulière sur le titre Hermès.
03:50Moins 4,3% à l'instant pour ce titre Hermès à 2154 euros.
03:55Bon, revenons quand même sur la folle séance de Eden Raid hier, qui a connu une envolée de 19% à la clôture.
04:01Alors vous allez me dire, certes, le titre vient de loin, il est toujours divisé par 3 par rapport à ses plus hauts historiques.
04:07Qu'est-ce qui a rassuré dans la publication de Eden Raid hier, Alain Dubrul ?
04:11Deux choses. Bon, d'abord que le chiffre d'affaires était quand même au-dessus des attentes.
04:15Un plus 8,2 contre 6,5 attendus, tiré par l'Europe, ce qui était plutôt une surprise.
04:20Mais en fait, sur Eden Raid, le titre a divisé quasiment par 3 en deux ans et demi, alors que les résultats ont à peine souffert.
04:29Donc c'est un titre qui est un petit peu, à l'intérieur de téléperformance, subit une sorte de dérating liée à des craintes sur le fait que l'endurcissement
04:38de l'environnement réglementaire pourrait peser durablement sur sa rentabilité.
04:42Alors ce n'est pas totalement faux, parce qu'il y a notamment eu en Italie une révision des conditions d'anonymisation des commerçants
04:50qui fait que, effectivement, sur ce semestre, l'EBITDA va être affecté de 60 millions.
04:55C'était prévu. Et donc ça pèse pour quelques pourcents sur la rentabilité, sur les résultats du groupe cette année.
05:03On a eu aussi une petite alerte au Brésil où il aurait été question d'avoir un système national
05:09pour que tous les tickets restaurants passent sur une sorte de carte bleue globale.
05:13Mais une crainte qui a priori a peu de fondement, mais en tout cas qui a pesé.
05:17Et puis le dernier point qui reste d'actualité, c'est un durcissement de la fiscalité ou de la réglementation sur les titres restaurants en France.
05:25Par exemple, dans le budget actuel, il est question que la part patronale des tickets restaurants soit soumise à un forfait social de 8%.
05:33Donc bien sûr, tout ça, ce sont des ventes face.
05:35Mais il faut bien rappeler que par rapport à ce qu'est le groupe aujourd'hui, sa rentabilité actuelle, etc.,
05:40je ne dirais pas que c'est des piqûres de moustiques, mais ce sont des éléments qui peuvent marginalement peser sur sa rentabilité,
05:45mais pas complètement remettre en cause le business model.
05:47Rappelons aussi que la partie ticket restaurants, qui est un peu le business d'origine, ne pèse plus que 60% de l'activité.
05:5440%, c'est plus la gestion des bénéfices, des cartes de paiement dans les stations-services,
06:01la gestion des notes de frais dans les entreprises.
06:03Donc il y a plein d'autres choses, en fait, chez Eden Red.
06:05Donc je dirais que globalement, le titre a massivement directé.
06:09Il y avait aussi beaucoup de vendeurs à découvert sur l'idée que le business serait plus comme avant,
06:15parce que la réglementation serait horrible.
06:17Oui, ça se durcit un petit peu, mais là, le marché réagit.
06:20Il se rend compte que oui, quelque part, ça se détériore très marginalement,
06:24mais ça reste une belle société capable de croître avec de fortes marges.
06:27Et donc il y a un rebond du titre, ce n'est pas du tout...
06:29Quand on vient de 60 euros, moi personnellement, même avec les petits problèmes qu'ils ont aujourd'hui,
06:34je pense que ça vaut largement 40 euros.
06:37Donc qu'on ait un rebond de 20% après la chute qu'on a vue, ce n'est pas du tout illogique.
06:41Et moi, je suis très favorable sur ce titre.
06:43Plus 1,3% à l'instant, après donc une hausse de 19% hier.
06:47Et le titre qui retrouve de peu les 25 euros à 25,35 euros, donc pour Eden Red.
06:52Dans le même ordre d'idées, intéressant de voir également que Worldline,
06:55qui a beaucoup déçu, rassure ce matin avec la publication.
06:59La valeur est la plus forte hausse du SBF 120.
07:01Plus 19% pour Worldline à 2,94 euros.
07:04Des plus 19, moins 19, il y en a également eu hier du côté de OVH.
07:09Ce sera peut-être le mot de la fin.
07:11OVH hier qui a perdu 20%.
07:13On est à moins 55% quand même depuis l'introduction en bourse.
07:17Assez dingue de se dire qu'aujourd'hui, cet acteur du cloud est en difficulté,
07:20alors qu'on parle d'intelligence artificielle, on parle de cloud souverain.
07:24Et là, au final, les résultats ne sont pas là.
07:26La promesse n'est pas tenue visiblement sur OVH.
07:30La promesse, moi, personnellement, je n'ai jamais cru.
07:32C'est-à-dire que quand ça a été introduit, à mon avis, beaucoup trop cher,
07:35c'était une entreprise, c'était un petit poussé par rapport au géant américain
07:38qui avait de bonnes positions sur les PME avec de l'Internet un peu low cost
07:43sur les segments particuliers et qui avait pour ambition finalement de croître.
07:48Mais le problème chez OVH, ce n'est pas tellement la marge EBITDA qui est de l'ordre de 40%.
07:52C'est le fait qu'ils ne sont pas assez gros et qu'aujourd'hui,
07:55les investissements représentent 32% du chiffre d'affaires.
07:59Ce qui fait qu'à la fin, ils sont à peine rentables,
08:01là où les gros Américains sont à plus de 20% de rentabilité.
08:05Donc, la difficulté supplémentaire pour OVH, c'est que, historiquement,
08:09ils étaient surtout un acteur PME low cost.
08:12On a vu un jour, il y avait un serveur qui est tombé.
08:14Il y avait des gens qui n'avaient même pas sécurisé leurs données avec des backups.
08:19Donc, ce qui va faire l'avenir, le cas d'investissement pour eux,
08:23c'est de dire qu'ils seront sur le cloud souverain en Europe,
08:25un acteur finalement européen et non-américain.
08:28Mais ça, ça impose d'avoir une offre entreprise avec des prestations plus haut de gamme.
08:34Et ça, pour l'instant, c'est à construire en réalité.
08:36Ça, ça nécessite énormément d'investissement.
08:38Et c'est une migration du business qui va prendre du temps
08:42et pendant laquelle ils seront à peine rentables.
08:44Alors, l'autre point aussi, c'est que le titre souffre d'un endettement relativement élevé.
08:48Et en plus, au moment où il y avait pas mal de dettes et que le titre avait chuté,
08:51ils ont fait une offre partielle de rachat d'actions, une opra,
08:54dans laquelle le management, à l'époque, avait vendu.
08:56Donc, ce n'était pas très bon signe.
08:58Pourquoi endetter l'entreprise de manière supplémentaire,
09:00alors qu'elle a des investissements massifs devant elle ?
09:04Et aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on voit que ces investissements massifs sont toujours là.
09:08Et là, on voit aussi que le PDG, qui s'était mis un petit peu en retraite depuis 2018, est revenu.
09:11Donc, ça suggère quand même que la situation est complexe.
09:15Et un titre qui rebondit très légèrement après les moins 20% d'hier,
09:18plus 2,3% pour OVH à 9,13 euros.
09:21Merci beaucoup Alain Dubrul de nous avoir éclairé ce matin sur ces différentes publications,
09:25que ce soit sur L'Oréal, Hermès, Edenred ou encore OVH.
09:29Merci.
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