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Ce lundi 20 octobre, les perspectives pour les IPO en France, et la croissance de STIF dont le cours a été multiplié par 8 depuis 2023, ont été abordés par Julia Bridger, associée chez EuroLand Corporate, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Avec Julia Bridger qui nous accompagne comme très régulièrement dans cette émission associée chez Euroland Corporate.
00:06Bonjour Julia Bridger. Merci d'être avec nous ce matin. Dans un instant on va parler de Steve.
00:11Mais juste avant, parlons quand même du contexte des IPO, des introductions en bourse à la bourse de Paris.
00:17Il y a eu un gros boom après le Covid en 2021, 2022, 2023, il y a eu des grosses années.
00:21Là désormais c'est très calme. Est-ce qu'avec les baisses de taux de la BCE et puis des conditions qui s'améliorent quand même
00:28par rapport à l'an passé ? Vous voyez un marché un petit peu plus propice pour ces introductions en bourse ?
00:34Alors on ne le voit pas encore mais on l'espère. Mais c'est vrai que cette année 2025 sera une année assez historique
00:40sur le marché des introductions en bourse, notamment en France et en Europe de manière générale
00:45puisqu'on voit qu'il y a très peu d'introductions en bourse sur les 9 premiers mois en Europe.
00:48Mais en France on n'a eu qu'une seule introduction en bourse. C'est spectaculaire.
00:53On n'a jamais eu des années de disette de cette manière-là au niveau des introductions en bourse.
00:59Et c'est vrai alors que le contexte est favorable. Il y a plusieurs éléments qui pourraient militer
01:03au retour des introductions en bourse. Déjà si on regarde le track record des introductions en bourse
01:08ces trois dernières années. Et ça on oublie de le souligner mais on n'a que de belles performances.
01:13Alors on cite SEMCO qui est l'introduction en bourse de cette année, qui s'est réalisée au mois de juillet 2025,
01:19qui progresse très fortement, qui est au plus de 50% de son cours d'introduction en bourse.
01:24Mais si on regarde l'année dernière, il y avait eu deux introductions en bourse assez significatives
01:27comme Planisware et Exosense. Alors même si Planisware est revenu par rapport à ses plus hauts,
01:33on est quand même sur une hausse de 25% par rapport à son introduction en bourse.
01:37Exosense, on sait qu'il est porté par le secteur de la défense.
01:40On sait que ça fonctionne bien et a une progression de plus de 100%.
01:43Donc on a un track record sur les introductions en bourse qui est très bon,
01:47ce qui peut laisser imaginer et ce qui peut laisser entendre que les investisseurs vont dire
01:51tiens, en fait ce sont des bonnes opportunités de rentrer lors d'une introduction en bourse.
01:54Donc on a ce contexte-là. Deuxièmement, on a une nouveauté assez réglementaire,
01:58alors ça c'est spécifique à la France, c'est l'Autorité des marchés financiers la semaine dernière
02:03qui a publié un communiqué de presse jeudi dernier, pour dire voilà,
02:06on va aussi mettre du nôtre, on va dire, pour faciliter et rendre un peu plus souple
02:13les process d'introduction en bourse. Et ça, ce sont des éléments qui peuvent être très favorables
02:17au retour des IPO.
02:18Avec notamment avant une portion qui était réservée aux investisseurs individuels,
02:22bon désormais cette part n'existe plus. Pour nos auditeurs, téléspectateurs,
02:25avant ils étaient sûrs d'avoir au moins quelques actions, maintenant c'est moins garanti.
02:28Tout à fait, c'est moins garanti. Alors ça a déjà été mis en place pour Planisware et pour Exosense,
02:33et on voit que ça n'a pas été trop préjudiciable derrière pour les particuliers.
02:37C'est vrai que, pourquoi c'est important pour l'Autorité des marchés financiers,
02:41au détriment des particuliers, de pouvoir permettre à la société de ne pas réserver
02:46cette tranche aux actionnaires individuels. On sait que dès lors qu'on offre des titres
02:49à des particuliers, le timing est plus long. Les émetteurs vont d'abord faire leur placement
02:54auprès des investisseurs institutionnels et ensuite vont prendre le risque,
02:58pendant la période d'offres, d'avoir des soubresauts du marché,
03:01ou un momentum du marché qui n'est pas bon, pendant cette période d'offres aux particuliers.
03:06Et souvent, on a vu des opérations qui échouent, puisque pendant la période d'offres
03:10où on permet aux particuliers d'y souscrire, tout d'un coup, il y a un mini-crack,
03:13il y a une mauvaise nouvelle, il y a une déclaration de Trump ou d'autres,
03:16et du coup, l'opération est annulée. Là, au moins sans offrir cette tranche,
03:20ça permet à des sociétés d'offrir uniquement leurs titres aux investisseurs institutionnels
03:26et de faire ces opérations en se libérant des contraintes du marché.
03:31Ça offre plus de visibilité.
03:32Ça offre plus de visibilité.
03:33Oui, c'est bien le but de cette réglementation de l'AMF,
03:35c'est moins de paperasse, entre guillemets, et faire en sorte que ce soit plus simple
03:39de rentrer en bourse.
03:40Et au niveau du timing, surtout, d'avoir moins de contraintes par rapport
03:43aux sous-brosseaux de marché.
03:45Alors, il n'y a pas d'IPO, et pourtant, quand vous regardez dans le private equity,
03:48dans le non-côté, il y a énormément de fonds qui aimeraient sortir certaines sociétés
03:53de leur portefeuille, puisque dans le private equity, il faut que ça tourne,
03:57il faut que les lignes tournent.
03:58Historiquement, les IPOs étaient un bon moyen de faire sortir des sociétés du portefeuille.
04:03Pourquoi aujourd'hui, le private equity n'arrive pas à faire en sorte
04:07que ces sociétés aillent en bourse ?
04:09C'est vrai que ça fait plus d'un an où on se dit, voilà,
04:11il y a quand même aussi sur le marché du fonds du prêt de equity,
04:14certains resserrements.
04:16Ils ont plus de difficultés à lever des fonds,
04:18et donc ils ont la nécessité de sortir leur participation.
04:20Et de tout de même, le marché du M&A, c'est aussi restreint pour eux.
04:25Donc on s'est dit, voilà, ils vont sortir leur participation en bourse.
04:29On voit que ce n'est pas encore le cas, et qu'ils ne le font pas encore.
04:32Alors, on pourrait avoir plusieurs raisons.
04:34La première, c'est que c'est vrai que sur leur participation,
04:37qui sont dans le haut du panier,
04:39on voit que le marché du M&A reste assez dynamique encore.
04:42Donc ils arrivent à sortir à des valorisations assez intéressantes pour eux,
04:46auprès d'industriels ou auprès d'autres fonds financiers.
04:49Donc on va dire que ça, c'est le haut du panier.
04:50Et sur les entreprises qui aimeraient céder et qui n'y arrivent pas en M&A,
04:56on voit que ça ne répond pas encore aux critères du marché financier.
05:00Et finalement, les investisseurs boursiers ne sont pas prêts à accepter non plus n'importe quelle société.
05:04C'est-à-dire qu'ils ne veulent pas avoir des sociétés comme on l'a eue dans les années précédentes.
05:09Et c'est vrai que ça a terni l'image des introductions en bourse.
05:11Ils ne souhaitent pas avoir des sociétés qui sont en manque de croissance,
05:14qui ne sont pas rentables, qui ne génèrent pas de cash flow.
05:16Et c'est ces sociétés-là que le fonds de prête equity aimerait sortir en bourse,
05:21mais que l'investisseur boursier n'est pas encore prêt à valoriser.
05:24Avec la visibilité politique également, on n'en a pas parlé,
05:26qui compte énormément pour ces sociétés souvent domestiques.
05:30Alors vous avez parlé de belles réussites en bourse ces dernières années,
05:33avec notamment Exocence.
05:34Il y a également eu Steve qui est rentré en bourse il y a deux ans.
05:38Deux ans pile, bientôt deux ans, parce que c'était en décembre 2023.
05:41Et ça a été un peu le début du retour des belles introductions en bourse.
05:45Et c'est Steve qui a mis le pied à l'étrier, on va dire.
05:47Alors aujourd'hui, c'est un peu plus de 300 millions de capitalisations boursières.
05:51C'est un groupe qui est notamment spécialisé dans tout ce qui est explosif.
05:55Et donc là, avec aujourd'hui toutes les problématiques de terres rares, de mines, etc.,
06:00ça apporte de la visibilité.
06:02Ça apporte de la visibilité.
06:03Alors ce qui est intéressant, et c'est pour ça qu'on veut le souligner,
06:04c'est donc à la base, c'était une toute petite introduction en bourse.
06:07Ils ont levé moins de 10 millions d'euros.
06:09Ça faisait 35 millions d'euros, un peu plus de 35 millions d'euros de chiffre d'affaires
06:12sur l'exercice 2023.
06:14C'était une société rentable, mais qui faisait moins de 15% des bidiers.
06:18Et une société familiale avec à sa tête la famille Burkos.
06:21Et ils se sont introduits pour se développer dans le secteur notamment des explosifs
06:26et notamment sur tout ce qu'est le secteur des énergies renouvelables
06:29pour la protection de l'électricité.
06:32Et le parcours a été phénoménal.
06:34Là aussi, c'est assez historique.
06:35La société, qui a été cotée à 6,50 euros, vaut aujourd'hui plus de 66 euros,
06:41sachant qu'elle est montée à plus de 80 euros ces derniers temps.
06:44Et en fait, parce que le développement a été simplement impressionnant.
06:47Ils avaient mis un plan stratégique avec un objectif de 80 millions d'euros
06:51de chiffre d'affaires en 2027.
06:53Il faut savoir qu'ils l'atteignent dès 2025, donc avec deux ans d'avance.
06:58Ce qui les a amenés au mois d'octobre à revoir leur plan stratégique
07:01et a annoncé un nouveau plan stratégique pour 2030, où ils visent désormais 200 millions d'euros de chiffre d'affaires,
07:07avec une marge d'ébidier qui serait toujours de l'ordre de 20%.
07:09Donc voilà, une croissance, une rentabilité, de la croissance externe,
07:14puisqu'ils veulent intégrer le maximum de chaînes de valeur et s'étendre au niveau géographique.
07:20Des clients renommés, puisque Tesla fait partie de leur premier client,
07:25qui est donc sur le stockage des énergies et de l'électricité.
07:29Et donc voilà, tout ça, c'est l'exemple du candidat parfait pour l'introduction en bourse,
07:34qui au début est venu avec des ambitions, mais des ambitions raisonnables,
07:37qui s'est introduite aussi à une valorisation très raisonnable.
07:40Ce qui a fait que derrière, ça a laissé la place à surperformer son plan stratégique,
07:44à donc surperformer et à avoir de nouvelles positives pour le marché.
07:47Et aujourd'hui, c'est 330 millions d'euros de capitalisation boursière.
07:51Quand on a 330 millions d'euros de capitalisation,
07:53déjà on peut apporter un peu plus de liquidités, c'est ce que la famille Burgos a fait.
07:56Ils ont cédé quelques titres et il y a eu des reclassements de titres,
07:59ce qui a permis l'entrée de nouveaux investisseurs institutionnels,
08:02et donc plus de liquidités.
08:03Et ça peut laisser la place à éventuellement lever des fonds dans le futur,
08:07s'ils ont besoin pour des croissances externes.
08:09Et c'est tout ça que la bourse fermait, et c'est tout ça qu'on ne voit pas forcément.
08:12Et ils sortent des micro-caps, ce qui est important notamment pour beaucoup de girants.
08:15Le micro, c'est devenu une mid-cap.
08:17Avec un peu plus de 300 millions de capitalisation boursière désormais.
08:22Merci beaucoup Julia Bridger de nous avoir accompagné ce matin
08:24pour faire un point sur les IPO,
08:25et donc pour faire un point sur Steve que vous suivez chez Euroland,
08:28dont vous êtes associé.
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