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  • il y a 3 mois
DB - 18-10-2025

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00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30C'est absolument, madame. Alors, j'y êtes direct.
00:35Oh, laissez-moi vous y...
00:37Merci beaucoup.
00:39Quel soulagement.
00:40J'ai un rendez-vous des plus importants à Saint-Paul à 5h.
00:43Je ne veux pas le rater.
00:44Madame, il est 4h moins 5h. Vous avez tout votre temps.
00:47C'est très gentil.
01:00Ah, mon cher, en voilà une belle surprise.
01:05Désolée.
01:07Je sais pourquoi l'Aura préfère voyager avec l'omnibus.
01:09Oh, mon Dieu.
01:17C'est une escarpille.
01:19Oh, mamie.
01:27Ah, c'est gentil à vous.
01:29Merci, mon cher.
01:31C'est trop absurde.
01:32Je crois que nous sommes arrivés à Farrington Street.
01:49Il vaut peut-être mieux que...
01:51Merci beaucoup.
01:54Je vous prie de m'excuser, madame.
02:07Ce train aurait dû aller direct jusqu'à Aldersgate.
02:12Ici Farrington Street.
02:15Dépêchons, s'il vous plaît.
02:17Dépêchons, madame.
02:19Vous êtes sourde ?
02:24Au 19e siècle, la ville de Londres comptait beaucoup de détectives.
02:43C'était les rivaux de Sherlock Holmes.
02:54Sous-titrage Société Radio-Canada
03:24Ce n'est que lorsqu'ils ont aperçu les deux policiers traverser les voies en direction du train,
03:30que certains passagers en réalisaient qu'il se passait quelque chose.
03:35Le style est infantile.
03:36Je te jure que si c'est moi qui avais écrit cet article...
03:39Je sais, tu nous auras brevé de petits détails,
03:41tels que la couleur du costume de l'inspecteur.
03:45Tu prends quoi ?
03:47Ils peuvent présider, s'il vous plaît.
03:50Des carottes et une part de pouding.
03:52Oui, suis plutôt mon conseil, Polly.
03:54Reste donc à la rubrique, Maud.
03:56Tu ne peux pas rencontrer meilleur monde.
04:00Des pommes vapeur, s'il vous plaît.
04:06Voilà.
04:09De plus, tu t'en sors très bien.
04:11Faire une page avec le chapeau de Lady Sengami, ça devient de l'art.
04:14Tu oublies la tiare cousue d'or et d'argent de l'évêque de Madagascar.
04:18C'est fini, Serge Fobicheur, vous avez bien ri.
04:20Tu ne veux plus de pouding ?
04:21Non, j'en ai déjà, et toi aussi.
04:23Non, mais alors peut-être une tarte aux fraises ?
04:24C'est mauvais pour ta concentration.
04:34L'homme ne fait pas attention à tous ces petits détails.
04:37Pas comme tu le fais.
04:40Tu veux mon opinion ?
04:41L'écho a beaucoup de chance d'employer une fille comme toi.
04:44Non, ce qu'il faut en réalité, c'est un article original sur cette affaire.
04:47Oh, regarde ça, Polly.
04:48Il y a une matinée demain.
04:49Qui puisse apprendre au lecteur la vraie raison de cette mort.
04:51C'est au Palas.
04:52Écrit par une personne travaillant avec la police.
04:54Et c'est Maud, Alan.
04:55Mais qui se concentre sur les faits.
04:57J'aimerais bien que tu viennes avec moi.
04:58Ce sera avec Joachim.
04:59Alors, qu'en prends-tu ton service ?
05:02Oh, pas avant 6 heures.
05:03Ce qui nous laisse amplement le temps pour cette matinée.
05:05Oh, oublie cette matinée.
05:06Qu'en prends-tu ton service à la morgue aujourd'hui ?
05:10Oh, mon Dieu.
05:11Polly.
05:14À 18 heures.
05:16Ça me convient parfaitement.
05:17Je vais pouvoir décrire à mes lecteurs à quoi elle ressemblait,
05:20la façon dont elle était vêtue.
05:21Parce que tu crois que ça les intéresse ?
05:23Oh, mais bien sûr que ça les intéresse.
05:26Ils veulent savoir quel parfum elle mettait, comment elle...
05:29Non, mais arrête.
05:30On ne sait même pas comment elle s'appelle.
05:32Eh bien, dans ce cas, sergent Frobichère,
05:33il est possible que l'écho puisse vous permettre de le découvrir.
05:38Oh, bon sang.
05:41Je dois passer la journée avec oncle Arthur.
05:44Dans ce cas, t'es coincé.
05:45Oh, mais demain, après la matinée...
05:46Non, je vais lui demander avec insistance.
05:49Tu sais comment il est.
05:50Oh, oui, je le sais.
05:52Richard.
05:54À propos, il mange toujours des cacahuètes.
05:55De plus, dans la mesure où votre infortuné client a jugé bon
06:02de se placer fondamentalement du mauvais côté de la loi,
06:07un seul M et un seul L, je vous prie,
06:09en se faisant conduire délibérément,
06:13E.N.T.,
06:15par sa cupidité aveugle et insouciante...
06:18Point ou virgule, oncle Arthur.
06:19Ni l'un ni l'autre.
06:21Polly, ce n'est pas parce que j'ai eu la grande faiblesse
06:24de répondre à la demande de votre mère
06:26de vous accepter comme assistante
06:28qu'il est indispensable que vous me rappeliez
06:30notre lien de parenté en vous adressant à moi.
06:32Mais oncle Arthur...
06:33Mais il n'y a pas demain et surtout pas d'autres.
06:35Ah, oncle Arthur.
06:39Où en étions-nous ?
06:40Par sa cupidité aveugle et insouciante.
06:44Ah oui, c'est vrai.
06:45N'oubliez jamais, ma chère, que dans 9 cas sur 10,
06:48le mobile de tous les crimes est l'argent.
06:51N'oubliez jamais cela.
06:52Le reste n'est que secondaire.
06:54Qui bono ?
06:56N'est-ce pas une de vos expressions, Sir Arthur ?
06:57À qui profite le crime ?
06:59Précisément ce que nous avons ici,
07:00un truc pour laisser croire un crime passionnel,
07:02le cœur brisé d'une pauvre mère.
07:04Tout cela n'est que foutaise.
07:06Ce qu'il voulait, c'est l'argent qui me contredira.
07:09Personne, voyons, Sir Arthur.
07:10Oui.
07:11Bon, espérons que cette missive effraira le vieux Richardson,
07:15car je n'ai encore aucune preuve à montrer au juge.
07:19Mais si vous êtes sûr de la culpabilité de quelqu'un...
07:21Cela ne vaut rien, ma chère Pauly.
07:23La loi ne s'intéresse pas à ce que nous savons,
07:25mais à ce que l'on prouve.
07:27Un coupable peut ne pas être condamné ?
07:28Si on ne peut pas prouver sa culpabilité,
07:30oui, c'est comme ça que la justice fonctionne.
07:31Oh, mais s'il y avait des témoins sur les murs...
07:33Les témoins peuvent disparaître ou ne pas se présenter.
07:36Parce qu'ils ont peur.
07:37C'est possible.
07:38Si un meurtrier sait que vous avez des indices contre lui,
07:44n'aurez-vous pas peur, vous aussi, Pauly ?
07:46Certainement pas.
07:47Et j'ai bien l'intention de rapporter à mes lecteurs la vérité telle que la police l'aura trouvée.
07:51C'est très louable à vous.
07:53D'excellentes boules de gomme.
07:58Astucieusement mises hors de portée des regards de Madame Johnson
08:00grâce aux douze volumes du code pénal.
08:04C'est devenu infernal, ici depuis qu'ils ont construit le viaduc.
08:07La morgue a reçu la dépouille hier soir,
08:09et depuis, c'est un véritable défilé pour la voir.
08:11Des voyeurs, ma chère Pauly, rien que des voyeurs.
08:14Un phénomène de la nature humaine
08:15qui est malheureusement trop bien ancré en nous
08:17et que je déplore absolument.
08:19Le secret du succès dans notre profession, voyez-vous,
08:23c'est une question de psychologie.
08:24Le mystère du métropolitain, qui est la jolie victime ?
08:27Tous les détails à l'intérieur.
08:32Je sais, Sir Arthur,
08:34mais on dit que c'est le corps le plus beau que la morgue ait reçu.
08:38Le mystère du métropolitain, qui est la jolie victime ?
08:54Le mystère du métropolitain, qui est la jolie victime ?
09:24Le mystère du métropolitain, qui est la jolie victime ?
09:54Et je crois qu'il est possible que...
09:57Que ce soit la personne morte dans le métropolitain.
10:00Je vous demanderai d'inscrire vos noms et adresses sur ce registre.
10:08Bonjour, monsieur.
10:09Le sergent Fubicheur est-il là ?
10:11Mademoiselle Burton, il est de l'autre côté.
10:14Merci beaucoup.
10:14Hier, nous étions le 12 ?
10:20Le 13.
10:22Ah, bonsoir, Paulie.
10:24Tu as été la voix ?
10:25Oui, c'est fait.
10:28Assieds-toi.
10:30Il est impossible qu'il n'y ait pas...
10:31Oui, je sais, quelqu'un qui puisse identifier.
10:34C'est ce que nous nous disons aussi.
10:35Merci, gardien.
10:4170 à 80 personnes sont déjà venues la voir aujourd'hui.
10:45Vous êtes en droit d'espérer que l'un d'entre la connaisse.
10:48Ce sont ses effets personnels.
10:50Oui, tu peux y jeter un coup d'œil.
10:52Un avis féminin inspiré serait le bienvenu.
10:54Alors ça, c'est le genre de réflexion qui me hérisse,
10:57sergent Fubicheur.
10:58Et tu serais le bienvenu de t'en dispenser.
11:02Oh, je vois.
11:03La journée a été dure chez ton oncle.
11:06Une paire de gants de chez Hepton.
11:10Des chaussures de chez Lily de Bond Street.
11:14Mon oncle est de plus en plus insupportable.
11:17Tout cela est de bon goût et coûte une petite fortune.
11:20Rien dans le sac à main ?
11:22Rien de bien intéressant, un poudrier, un peu d'argent
11:25et un ticket pour Aldersgate.
11:29Ça sent la menthe.
11:30Qu'est-ce que tu crois que c'est ?
11:31Ce sont probablement des cachets.
11:33Une analyse est en cours pour le cas où...
11:34Elle a été empoisonnée, c'est la théorie.
11:36En tout cas, il n'y a pas de signe de strangulation.
11:41Ça, c'est du muguet.
11:43Ça doit être son mouchoir.
11:46Et ça, c'est le mouchoir d'un homme.
11:48Elle l'a peut-être emprunté.
11:49Son mari, sans doute.
11:50Mais je me demande pourquoi.
11:52Il y a des initiales.
11:55Regarde.
11:57F.E.
11:58Vous n'aviez pas remarqué cela ?
12:00Pouvez-vous venir, sergent, un jeune homme se sent mal.
12:03Il semble avoir reconnu le corps.
12:13Pardonnez-moi, monsieur.
12:14Qui est-ce ?
12:15Je n'en sais rien.
12:17Qu'est-ce qui s'est passé ?
12:18Je m'appelle Laura Stanley.
12:21Madame Stanley.
12:23Cette jeune femme était ma soeur, Béatrice.
12:26Une chaise, je vous prie.
12:28Asseyez-vous, Madame Stanley.
12:34Vous en êtes certaine ?
12:35Absolument.
12:38Voici monsieur William Hazeldin.
12:40C'était le mari de Béatrice.
12:44William Hazeldin ?
12:46William était en France pour affaire.
12:49Nous habitons la même maison et j'ai naturellement commencé à m'inquiéter quand j'ai constaté que ma soeur n'était pas rentrée.
12:54Et ça, c'était hier soir, le 13.
12:56Oui.
12:58Et j'ai lu cette annonce parue dans le journal du matin.
13:01C'est la cape.
13:03Il parlait d'une cape sombre rayée de lignes bleues.
13:08Monsieur Hazeldin est revenu aujourd'hui ?
13:11Son bateau a pris du retard.
13:13J'étais assez inquiète parce que...
13:14Nous devions aller à l'opéra ce soir, ma femme et moi.
13:17Il donnait Tristan et toutes mes excuses.
13:21J'ai retrouvé William à la gare Victoria et je lui ai montré le journal.
13:26Et d'un commun accord, nous sommes venus pour voir si c'est...
13:31L'enquête nous amènera à vous poser d'autres questions, monsieur Hazeldin.
13:35Mais sans vouloir pour autant ajouter à votre détresse, je suis obligé de vous demander de formellement identifier cette femme.
13:41Oui.
13:42Oui, je comprends, sergent.
13:44Je... je ne peux... je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est...
13:59Ah oui, c'est bien ma femme.
14:01Merci, monsieur.
14:06Madame Stanley, pourquoi n'êtes-vous pas venue avant ?
14:08Était-ce parce que vous n'étiez pas sûre ?
14:11J'ai simplement manqué de courage.
14:14Qu'y a-t-il, madame ?
14:17Frank Harrington.
14:21Je crois avoir aperçu Frank Harrington.
14:27Pouvons-nous nous retirer ?
14:29Mais certainement.
14:31Venez, mon ami.
14:32Frank Harrington.
14:41Frank Harrington.
14:45S.
14:46E.
14:46Et depuis quand étiez-vous marié, monsieur Hazeldin ?
14:57Plus de six ans, votre honneur.
14:59Six ans.
15:02Et combien d'enfants avez-vous ?
15:05Aucun, votre honneur.
15:06Cela devait être pénible pour vous deux.
15:09C'est vrai, mais...
15:11J'avais toujours espéré avoir un enfant.
15:16Et votre épouse ?
15:19Elle l'espérait aussi ?
15:23Elle en aurait été ravie, naturellement.
15:27Malheureusement, sa santé était précaire.
15:29Ah, bon.
15:30Qu'entendez-vous par précaire, monsieur Hazeldin ?
15:34Son... son cœur n'était pas très fort.
15:39Et il y a quelques semaines...
15:40Elle est restée alitée à cause d'une mauvaise grippe.
15:48Elle était souffrante, c'est certain.
15:50Quant à dire que...
15:51Vous n'avez donc pas appris la chose au sérieux.
15:54Le docteur Jones nous a assuré...
15:55S'il vous plaît, le docteur nous donnera son avis le moment venu.
15:59Bonjour, sergent.
16:00Mais aviez-vous une raison...
16:01Ton oncle sait que tu es ici.
16:03Je suis chez moi avec une poussée soudaine de température.
16:06J'espère que ce n'est pas contagieux.
16:10Et diriez-vous de votre mariage qu'il était heureux dans l'ensemble, monsieur Hazeldin ?
16:16Très heureux, votre honneur.
16:17Y avait-il des attitudes ou des paroles qui vous auraient donné des raisons ?
16:21De suspecter que votre épouse ait voulu attenter à sa vie ?
16:26Je...
16:26Je ne vois rien, non.
16:28Rien du tout, si ce n'est...
16:35Voyez-vous...
16:38Béatrice a toujours été pleine de vivacité.
16:42Elle trouvait la vie terriblement amusante.
16:44Elle n'était jamais la dernière à rire.
16:47Mais ces derniers temps, il nous semblait parfois, à Laura...
16:50À sa sœur.
16:52Mais aussi à moi, que...
16:54Qu'elle était...
16:57Oh, mais tout est de ma faute.
17:00J'ai des responsabilités professionnelles et parfois je dois m'éloigner de chez moi pendant plusieurs jours.
17:06Et quand je revenais, je la trouvais...
17:08Dans le salon, assise, sans lumière, repliée sur elle-même en train de broyer du noir.
17:19Connaissez-vous la raison qui serait la cause d'une telle détresse ?
17:22Savez-vous si elle avait des difficultés financières, par exemple ?
17:26Ma femme a toujours eu son indépendance financière. Elle n'avait aucune difficulté.
17:29Et durant vos absences, y avait-il quelqu'un vers qui il lui arrivait de se tourner ?
17:34Elle avait sa sœur, Laura. Aucune autre.
17:37Vous vous absentiez assez souvent, il me semble.
17:40N'y a-t-il aucune relation vers laquelle vous auriez pu faire exception ?
17:44Je suis désolé, je n'en vois aucune.
17:47Merci, M. Aldine.
17:51Je n'ai plus de questions pour le moment.
17:59Il ment dans l'intention de sauver la réputation de sa femme.
18:03Je suis sûre qu'elle avait un ami.
18:05Cet homme que nous avons aperçu à la morgue, il s'appelle Frank Harrington.
18:08L'homme que tu as vu ne s'appelle pas Harrington, mais Travis est un infirmier quelque peu dérangé.
18:13Comment le sais-tu ?
18:14En quête de routine, Pauly.
18:16Il semble qu'à chaque fois qu'une femme est à la morgue, il vienne pour se rincer l'œil.
18:20Il est très connu.
18:21Mais tu es sûr qu'il n'a pas...
18:22Écoute, il n'a rien à voir dans cette histoire, Pauly.
18:24Il était de service d'aujourd'hui, décès.
18:25En tant que médecin personnel de la défunte, vous avez assisté le médecin légiste
18:29lors de l'examen post-mortem de Mme Zeldine.
18:34Oui, c'est exact.
18:37Et quelles ont été vos conclusions ?
18:41Le décès est dû à un arrêt du cœur, votre honneur.
18:44Provoqué par une absorption en grande quantité d'acide cyanétrique.
18:50Communément appelé acide prussique, exact.
18:53Mélangé à autre chose, oui.
18:54Mélangé à la menthe ?
18:56Vous avez dit grande quantité.
18:58Deux grammes est une grande quantité.
19:00Ça suffit à tuer deux ou trois hommes.
19:02Et dans le sac de la victime, vous avez découvert...
19:05Des traces d'acide prussique, tout à fait.
19:07Les pilules qui s'y trouvaient ?
19:09Non, ces pilules contenaient du magnésium, du carbonate et de l'essence de menthe.
19:14Oui, en d'autres termes, un simple médicament.
19:17Exact, votre honneur.
19:18En conclusion, d'après vous dire, la victime aurait causé son propre décès en absorbant ces pilules très dangereuses.
19:24Pardonnez-moi, mais je n'ai jamais dit une telle chose.
19:26Ah non ? Je croyais que nous...
19:28Nous ignorons la façon dont la drogue a pu être administrée, mais certainement pas par voie orale.
19:33Comment pouvez-vous...
19:33Nous n'en avons trouvé aucune trace dans l'estomac.
19:39Merci, Dr. Jones.
19:40Y a-t-il des questions ?
19:42Bardwell et Roche, votre honneur, pour la succession de Mme Hazeldin.
19:46Dr. Jones, vous devez sûrement avoir une petite idée quant à la manière dont la substance a été administrée.
19:51En effet, oui. Il se peut que vous trouviez ça peu plausible, vu les circonstances.
19:55Nous pensons par une sorte d'injection.
19:57Merci. Et cela a-t-il pu se produire avant que Mme Hazeldin monte dans le train ?
20:01Absolument pas. Dans ce cas, le décès de la personne n'est qu'une question de secondes.
20:05Quelques convulsions peut-être, mais guère plus.
20:07Merci, Dr.
20:09Merci, Dr. Jones.
20:11J'aimerais entendre Mme Laura Stanley.
20:21Je suis convaincue, moi, que c'est un meurtre, Richard.
20:27Mais enfin, Polly, tu ne crois pas que tu devrais attendre le verdict avant de tirer tes propres conclusions ?
20:30Est-ce que tu supposes qu'elle a pu rester assise là devant une demi-douzaine de passagers sans avoir...
20:34Mais qu'est-ce que tu crois qu'il y a eu un meurtre devant ces mêmes passagers ?
20:37Ce que je pourrais faire, c'est essayer de retrouver le propriétaire du mouchoir.
20:41Nous pourrions passer un appel à témoins dans les cours.
20:43Chut !
20:45Oui, nous étions très proches.
20:47Béatrice n'était que de deux ans, ma cadette.
20:50Enfant déjà, nous partagions tout ensemble.
20:53Au décès de notre père, cela fait maintenant un an, Béatrice a insisté pour que je vienne chez elle.
20:59Elle et son époux ont été plus que gentilles avec moi.
21:02Et dans la semaine précédente, le décès de votre sœur, avez-vous noté des changements dans ses attitudes ?
21:10Je sais que William lui manquait énormément.
21:12Naturellement, bien sûr.
21:14Et vous, vous pourriez peut-être nous dire comment se sont passées les toutes dernières heures de sa vie.
21:21Lorsque Will n'était pas chez nous, ma sœur et moi prenions le petit déjeuner ensemble dans le petit salon.
21:26Nous discutions de nos projets pour la journée.
21:28Nous espérions le retour de William dans un jour ou deux et Béatrice voulait être en beauté.
21:33On venait de lui apporter sa nouvelle robe de soirée.
21:36Il devait aller à l'opéra.
21:38Elle avait pris rendez-vous chez son coiffeur.
21:40Avez-vous son adresse, madame Stanley ?
21:42Elle se rendait chez Eplines, c'est dans Saint-Paul, votre honneur.
21:44À quelle heure est-elle partie de chez elle ?
21:47Elle est sortie après le déjeuner.
21:49Elle avait d'abord pensé y aller le matin, mais...
21:51Qu'est-ce qui n'en empêchait ?
21:54Elle a reçu une visite d'un ami.
21:56Enfin, d'un ami de la famille.
22:04Et c'est là qu'elle a décidé de...
22:05Vous pouvez nous donner le nom de cet ami ?
22:09Oui, votre honneur.
22:15C'était Frank Erington.
22:19Monsieur Erington.
22:23Était-il un habitué de la maison de votre beau-frère ?
22:26Il venait assez souvent chez nous, oui.
22:28Et ce jour-là, combien de temps est-il resté ?
22:31Il est resté presque deux heures.
22:33Cela me semble plutôt long pour une visite.
22:35Pas particulièrement. Pas pour M. Erington.
22:38Mme Stanley, puis-je dire que vous ne semblez pas apprécier ce M. Erington ?
22:42En réalité, je n'ai aucun sentiment pour ce monsieur, quel qu'il soit.
22:46Si mon beau-frère ne s'inquiétait pas de ses visites, alors je n'avais aucune raison de m'en soucier.
22:51Laura, pour l'amour du ciel !
22:53Il n'y avait donc aucune suspicion concernant ses visites, et cela malgré l'absence de son époux.
23:04Absolument, oui.
23:04C'est tout ce que je m'efforçais d'établir, Mme Stanley.
23:07Y a-t-il des questions, messieurs ?
23:08Oui, si la cour le permet.
23:11Mme Stanley, étiez-vous présente lors de l'entrevue entre votre sœur et M. Erington ce matin-là ?
23:17Oui, en effet, je t'ai présentée.
23:18A-t-il été dit ou fait quelque chose ayant pu avoir un rapport avec le décès de votre sœur ?
23:23Rien à ma connaissance.
23:24La raison principale de cette visite ?
23:27M. Erington partait en voyage et il était passé dire au revoir.
23:31Ce voyage devait-il durer un certain temps ?
23:35Je le pense, il devait se rendre assez long.
23:36Merci, Mme Stanley.
23:37Je te ferai remarquer, Polly, que nous n'avons pas les deux pieds dans le même sabot.
23:40L'adresse d'Erington, 58 Albert Bundchen.
23:43Je vais chercher un mandat pour effectuer une perquisition.
23:45Oh, mieux vaut tard que jamais ?
23:46Je veux que tu restes ici, Polly.
23:48Sergent Frobichère, vous n'avez pas le droit d'entraver la liberté de la presse.
23:59Non, écoute, Polly...
24:00Ne dis rien, si tu tiens à ce que je viens à cette matinée.
24:18Ah, c'est Erington, oh, le gentleman a tout si bien de mieux.
24:24Nous sommes désolés de son départ.
24:25Il ne doit pas revenir ?
24:26Ah, vraiment désolé.
24:27Il déménage pour de bon.
24:29Il n'était jamais le dernier à vous glisser la pièce pour les petits services rendus.
24:32C'est tout à son honneur, d'ailleurs.
24:34Vous ne trouvez pas un peu soudain ce départ pour l'île de Ceylon, justement, en ce moment ?
24:38Ah, là, vous venez de taper dans le mille, jeune fille.
24:40Ah, c'est certain.
24:41Ah, bien, nous sommes plusieurs à approuver la décision de M. Erington.
24:44Et ça, je peux vous le dire.
24:46Comment ça ?
24:47M. Erington a plein d'amis, et tout le monde nous le dira.
24:50Des amis-femmes, également ?
24:51Ah, de ce côté-là, monsieur n'était pas à plein.
24:54Et toutes ont été de charmantes personnes.
24:57Jusqu'à ce qu'il arrive.
25:01C'est par ici.
25:03Suivez-moi.
25:03Ça, c'est dingue ?
25:23C'était un homme d'une grande intelligence.
25:25Oui, il pouvait parler de tas de choses que je ne souhaitais même pas.
25:28Animal, végétal, vulnéral.
25:30Vous disiez qu'elle lui donnait du fil à retombre ?
25:32Oh, elle ne laissait jamais tranquille.
25:34Toujours après lui, toujours en train de braguer,
25:36de lui répéter qu'elle ne pouvait pas survivre sans lui.
25:39Oh là là, on peut dire que ses connaissances sont vraiment là.
25:41Ben, et certaines fois, je l'entends lui hurler jusqu'au rez-de-chaussée.
25:44Richard, il y a toute une série sur la musique.
25:47L'opéra, le théâtre.
25:49Oh, et une encyclopédie sur l'histoire.
25:52Ça, on dirait des livres de Sion.
25:54Ah, c'était une femme mariée.
25:55Elle ne prenait même pas la peine d'auté son lien.
25:58Moi, je trouve ça scandale, si vous voulez, mon ami.
26:00Je n'aurais jamais pu supporter de me faire traiter de cette façon-là.
26:03Ça, je peux vous le dire.
26:04Est-ce que par hasard, vous connaissiez son nom ?
26:06Ah, ben écoutez, j'ai pas mal de travail qui m'attend.
26:08Vous prévenez en partant que je vais me refermer.
26:12Etait-ce cette jeune femme ?
26:15Richard !
26:15Euh, s'il vous plaît.
26:23Ah, ce qu'elle était embêtante, celle-là.
26:28À l'évidence, Harrington s'est fatiguée d'elle.
26:31Hum, mais pourquoi aurait-il voulu la tuer ?
26:34Par perversité, pourquoi pas ?
26:36Richard, tu peux venir une seconde.
26:40Nouvelle science de la toxicologie, trois volumes.
26:43Usage des poisons en médecine et dans les tribus de volum.
26:46Sergent, vous pouvez venir ?
26:47La pointe envenimée, une histoire de poison.
26:51Chloridoïque, nitrique, sulfurique, un vrai laboratoire de chimie.
26:54Bon, reposez-moi ça.
26:56Polly, qu'est-ce que c'est ?
26:58Sends-moi ça.
27:00De l'amande amère.
27:02Je trouve que c'est anormal qu'il ait laissé tout ça bien en vue.
27:05Cet homme prend un certain plaisir à courir des risques, Polly.
27:07Après tout, il a bien choisi de la tuer dans un train au beau milieu de la journée.
27:11Dépêchons, il est peut-être déjà à Marseille.
27:13Holtz !
27:17Richard, est-ce que tu réalises que j'ai là le plus beau scoop de Londres ?
27:21Et tu n'en parleras à personne, Polly, tant que Frank Erington ne sera pas en prison.
27:31Désolé.
27:39Oh, mon oncle Arthur, il faut que je vous dise, nous avons résolu le dossier des métropolitains.
27:44J'en suis ravi.
27:45C'est-à-dire que le sergent Frobicher est sur le point de résoudre l'affaire.
27:49Polly, j'ai un client important qui a de temps à côté.
27:53Nous avons un dossier urgent avec mille choses à faire et vous êtes en retard.
27:56Oh, je vous en prie, mon oncle, asseyez-vous, écoutez-moi.
27:59Nous sommes allés chez ce monsieur Erington.
28:01Le portier nous a raconté qu'il avait une liaison avec une femme mariée.
28:04Et nous avons trouvé une de ses photos.
28:06Et ensuite, je vous jure que c'est la vérité,
28:08nous avons trouvé dans la salle de bain des fioles d'acide et de poison.
28:12Très intéressante suite de circonstances purement théoriques, mais intéressantes.
28:15Le sergent Frobicher dit que l'homme ne pourra pas s'en sortir.
28:19Si seulement nous savions où il peut être.
28:21Ce soir, il envoie des télégrammes dans tous les ports d'Europe.
28:23Espérons que votre sergent ne gaspille pas les taxes des contribuables.
28:27Ce très éloquent portier, Polly, croyez-vous qu'il soit, disons, digne de confiance ?
28:31Je reconnais qu'il est un peu excentrique.
28:33Vous avez sans doute un solide témoin qui...
28:37Un passager, par exemple, qui aurait vu la tragédie ?
28:40Eh bien, s'il existait un tel passager, il ne semble pas pressé de se faire connaître.
28:43Ah, je vois, oui. Et tous ces poisons que vous avez découverts,
28:47pas mal de gens les utilisent pour différents usages.
28:50Vous avez les photographes, les jardiniers, les entomologistes.
28:53Oui, mais enfin, il a toute une documentation sur les poisons.
28:56Ah, oui, ah, ça c'est très intéressant.
28:58Dans ce cas, vous avez sans doute découvert comment le poison est administré.
29:01Eh bien, pour le moment, nous n'avons qu'une certitude...
29:03Non, dans ce cas, permettez que je vous le dise,
29:05de la manière la plus simple connue de toutes les canailles du sud de l'Europe,
29:09une bague empoisonnée telle que celle-ci.
29:11Oh, mon oncle, où avez-vous trouvé ça ?
29:14Je suis allé voir votre cadavre aujourd'hui.
29:17Voir quoi ?
29:17Pourquoi ?
29:19J'ai trouvé une petite marque à son poignet gauche,
29:22apparemment qui a échappé à la police
29:24et qui a été provoqué par un objet tel que cette bague.
29:26Mais je ne vois pas.
29:27Quel est le rapport avec vous, Sir Arthur ?
29:36Je vous ai dit que nous avions eu un nouveau dossier urgent et très intéressant.
29:40Et vous m'avez dit que le sergent Frobisher était parti à la recherche de Frank Errington.
29:45Permettez-moi de faire les présentations.
29:47M. Errington, ma nièce, Mlle Barton.
29:53M. Errington a lu les journaux du matin alors qu'il allait être embarqué à Southampton.
29:57Persuadé qu'il allait être l'objet d'une arrestation,
29:59il est revenu à Londres et, très prudemment,
30:02a remis son sort entre mes mains.
30:04Enchanté.
30:07Sir Arthur,
30:09vous n'allez pas vous occuper de ce dossier ?
30:11Mais au contraire, j'ai bien l'intention de représenter M. Errington, si nécessaire, devant la cour d'assises.
30:18Maintenant, cher,
30:19voudriez-vous,
30:21comme la bonne petite que vous êtes,
30:24gentiment nous préparer
30:25un bon thé ?
30:30M. Hazeldin,
30:33vous étiez donc habitué au fait que votre femme recevait la visite de l'incousé ici présent ?
30:38M. Errington était un des amis de mon épouse.
30:42Oui.
30:43Et en tant que tel, il venait lui rendre visite.
30:45Des visites assez fréquentes.
30:47Il venait assez souvent.
30:49Et restait tard.
30:50À l'occasion.
30:51Vous saviez qu'en votre absence, il accompagnait votre femme au théâtre, entre autres ?
30:56Oui.
30:57Je vous demanderai de parler plus fort, s'il vous plaît.
31:01Oui, je le savais.
31:02Que pensiez-vous de ces sorties nocturnes ?
31:06J'étais heureux pour ma femme qu'elle puisse sortir, parfois.
31:10Votre servante Emma Watson nous a raconté qu'elle vous trouvait souvent effondrée et déprimée
31:14quand vous appreniez ce qui se passait dans votre dos.
31:17Je crois que ce sont des exagérations de servante.
31:19Avec une partie de vérité, je présume.
31:21Je crois que non.
31:22Je pense au contraire, monsieur Hazeldin, que vous étiez jaloux de votre femme, qui ne le serait pas.
31:28Et cela vous déplaisait qu'elle sorte ainsi.
31:30Tout au contraire.
31:32Je reconnais ne pas avoir d'affinité particulière avec ce monsieur.
31:36Mais je ne me serais jamais permis de critiquer un ami de ma femme.
31:40Ce sera tout, monsieur Hazeldin.
31:42Sœur Arthur, est-ce que vous...
31:44Non, à votre honneur.
31:46Vous pouvez disposer.
31:49Ah, Polly, j'ose souhaiter que vos recherches ont été fructueuses.
31:54J'appelle madame Laura Stanley.
31:55Madame Laura Stanley.
31:57Un petit flacon de menthe, des cacahuètes grillées, une tarte au caramel et un sachet de bêtises de cambray.
32:02Sœur Arthur, j'ai une chose importante.
32:07Tout à l'heure, Polly.
32:08J'ai pu réussir à trouver...
32:09Chut !
32:10Lors de la visite d'Erington, le jour de la mort de votre sœur, vous étiez présente.
32:14C'est exact, oui.
32:16Et vous l'avez entendu dire qu'il partait pour s'élan au plus vite ?
32:19Absolument.
32:19Comment cette nouvelle a-t-elle affecté votre sœur ?
32:21Eh bien, elle l'a prévenu que s'il persistait dans son idée, il risquait de le regretter.
32:26Madame Stanley, je vous conjure de bien faire attention.
32:29Un, êtes-vous certaine que ce furent ces mots ?
32:32Elle parlait fort doucement, mais...
32:36Oui, elle ne le regardait pas, non, mais elle regardait un tableau.
32:42Une copie d'une toile de Ford Maddox Brown, le départ.
32:45Mais peut-être le connaissez-vous.
32:48Oui, cela représente un jeune homme et une femme qui s'en vont sur l'océan vers un nouveau continent.
32:55C'est cela, oui.
32:55À votre avis, quelles étaient les pensées de votre sœur à ce moment-là, Madame Stanley ?
33:00Je retire ma question.
33:01Elle voulait qu'il l'emmène avec lui.
33:03Votre honneur !
33:04Je n'ai plus de questions.
33:05Le jury voudra ne pas tenir compte de cette réponse, ainsi que de la question.
33:10Sœur Arthur ?
33:12Madame Stanley, vous avez dit que votre sœur a prévenu M. Harrington qu'il risquait de le regretter.
33:18Oui, c'est exact.
33:19Mais qu'entendait-elle exactement par là ?
33:21Eh bien, elle lui avait prêté une grosse somme d'argent. Je crois qu'elle voulait simplement être remboursée.
33:26Oui, autrement dit, une menace.
33:28Je le pense aussi.
33:28Oui, entendu.
33:29Et ensuite, est-ce que M. Harrington s'est tourné vers elle en hurlant qu'il la massacrerait si elle osait encore le menacer ?
33:36Votre honneur, je proteste contre toute cette comédie.
33:38Je vous demande de vous contenir et d'éviter des envolées inutiles, Sœur Arthur.
33:42Oui, entendu, Sœur. Quelle a été la réaction de M. Harrington, Mme Stanley ?
33:48Il n'a rien dit du tout. Il est parti après nous avoir sauvé.
33:51Avaient-ils l'air furieux, très en colère ?
33:54Je pense qu'il devait se contenir.
33:56Mais comme vous, sûrement, si je repense à la véhémence de votre sœur.
33:59Je...
34:01Voyons, après tout, de menacer un vieil ami en lui tournant le dos, en regardant une toile.
34:08Ce n'était pas du tout dans son caractère.
34:09Et vous avez dû être surprise, je suppose.
34:11Oui, je reconnais Mme quelque peu à l'armée.
34:14Sans doute.
34:15Et voilà que 48 heures plus tard, au cours d'un interrogatoire pour l'enquête, vous avez dit,
34:21alors que l'on vous avait demandé si quelque chose de particulier s'était produit durant cette visite,
34:26rien.
34:28Si mes souvenirs sont exacts, il ne s'est rien passé de particulier.
34:32Mais à cet instant, il ne me serait jamais venu à l'idée...
34:35Que quoi ?
34:36Que M. Harrington ait pu commettre un meurtre ?
34:39Jamais, mais...
34:40Oui, en fait, cela n'est pas du tout dans son caractère.
34:43Non, mais...
34:43Je n'ai plus de questions, votre honneur.
34:45Mais je...
34:46Le témoin peut répondre.
34:49Je voulais juste dire que...
34:50J'ignorais qu'il portait de l'intérêt aux poisons.
34:54Oh oui, oh, un moment, votre honneur.
34:56Peut-on examiner la pièce à conviction 5, le livre sur les poisons ?
34:59Mme Stanley, je vous remercie de me l'avoir rappelé.
35:04La science nouvelle de la toxicologie.
35:07Mme Stanley, connaissez-vous ce livre ?
35:09Oui.
35:10Les usages barbares à travers les civilisations.
35:12Tiens, il est marqué des initiales sur la page de garde GLS.
35:18Connaissez-vous leur signification ?
35:21Puis-je voir le livre ?
35:24Mais avec plaisir.
35:25Alors, Mme Stanley ?
35:34Ce livre appartenait à mon père.
35:37En fait, il y en a d'autres comme ça, Mme Stanley.
35:40Je n'en avais aucune idée.
35:42Comment sont-ils arrivés chez M. Harrington ?
35:44Je n'en sais rien.
35:45Sans doute.
35:46Et pourtant, on en a beaucoup parlé de l'intérêt que porte M. Harrington
35:49à l'utilisation des poisons.
35:51Et l'explication qu'il m'a faite au sujet de la présence de tel livre chez lui
35:54m'insatisfait.
35:55C'est un géologue.
35:57Et n'est-ce pas là une des raisons de son départ pour ces lents ?
36:00Votre honneur, vraiment.
36:01Vous n'êtes pas là pour faire des discours, ce rapture.
36:04Et vous le savez parfaitement bien.
36:06Votre honneur, toutes mes excuses, cet incident ne se reproduira plus.
36:09Je n'ai plus de questions, Votre honneur.
36:13J'appelle M. Andrew Campbell.
36:14M. Andrew Campbell.
36:15D'où sort-il, ce juge-là ?
36:16Il semble que ces témoins ne se soient manifestés qu'aujourd'hui.
36:19Oui, mais je n'étais pas au courant.
36:21C'est vous qui cherchiez un témoin digne de foi ?
36:24Il était dans le train.
36:27Quelle est votre situation, M. Campbell ?
36:28Je dirige la société Campbell & Swenson, située à Mincing Lane.
36:32L'activité de cette société ?
36:33Nous nous considérons les meilleurs emplacements boursiers.
36:37Rien que ça.
36:38Bien.
36:40Dans la journée du 13 mars de cette année,
36:42étiez-vous dans une voiture de première du métropolitain souterrain ?
36:46J'y étais, en effet.
36:47Et Mme Asseldine, était-elle passagère dans le même compartiment, M. Campbell ?
36:51Oui, monsieur. Je pense être le seul témoin de toute cette affaire.
36:57Oh, il faut que j'expédie un message, à l'écho.
37:00Vous n'êtes pas au banc de la presse, vous êtes mon assistante.
37:03Oh non, s'il vous plaît.
37:03Essayez-vous, Paulie.
37:08Vous voulez un caramel ?
37:09Alors, vous avez remarqué Mme Asseldine ce jour-là.
37:12Voyageait-elle seule ?
37:13Elle était indiscutablement seule en montant dans le train.
37:16Mais alors que nous partions, un homme est venu nous rejoindre.
37:19Elle semblait le connaître.
37:21Ils ont échangé quelques paroles durant le voyage.
37:23Pouvez-vous nous décrire cet homme, s'il vous plaît ?
37:25Certainement.
37:27Il était de taille moyenne et il ne semblait pas particulièrement heureux.
37:31Il portait un costume en tweed et un chapeau melon.
37:33M. Campbell,
37:36le reconnaîtriez-vous ?
37:38Bien entendu.
37:41Et c'est l'homme qui est là.
37:44Je suis désolé pour Sir Arthur.
37:46C'est rare qu'il se trombe sur quelqu'un.
37:47On ne croit pas qu'il ait encore dit son dernier mot, Richard.
37:53Pourquoi est-il sorti si vite de la salle d'audience ?
37:55C'est une affaire classique.
37:57Votre client s'est procuré le moyen et la sœur a procuré le mot.
38:02Ça, c'est certain.
38:04Ah, c'est les assises, Paulie.
38:07Richard, tu ne crois pas que...
38:08Non, non, par ailleurs, t'as entendu, Harrington.
38:10Il n'a pas le moindre alibi.
38:12Il a dit qu'en sortant de la maison, il était allé dans le parc.
38:15Oui, ou personne ne l'a vu.
38:16Et personne ne peut dire où il a fini la journée.
38:18Je ne sais que trop.
38:20Toujours en petit.
38:20Les indices sont touches contre lui.
38:23Richard, tu ne trouves pas qu'il y a beaucoup trop d'indices ?
38:26Toutes ces fioles de poison, son mouchoir, les livres, la photographie,
38:30si c'est lui, c'est le criminel le plus minable qu'on ait jamais connu sur Terre.
38:33Précisément, Paulie.
38:34Je suis content que vous l'ayez noté.
38:35Sergent Frobicheur, trouvez-vous logique qu'un témoin de l'accusation déjeune avec l'assistante de l'avocat de la défense ?
38:41Je ne suis qu'un policier qui apporte son aide à un membre de la presse.
38:44Soyez assez bon pour aller me chercher un café.
38:46Ah, bien, monsieur.
38:49Et pendant que vous y serez, apportez-moi une petite part de cet excellent plan.
38:56Ah, ma police.
38:57Mon clair vient de m'apporter cela de Covent Garden.
39:00C'est le programme de la saison.
39:01Pourriez-vous utiliser vos jeunes yeux pour me dire ce qui se jouait le soir du 14 mars, s'il vous plaît ?
39:06Le 14, c'était vendredi.
39:13Il n'y avait pas de représentation.
39:15Exact, n'est-ce pas très intéressant ?
39:18Si seulement nous pouvions remettre cela...
39:20Oh, si vous vouliez que je m'en occupe...
39:21On serait gentil à vous, ma nièce, mais je ne crois pas que je puisse vous demander cela.
39:24Sœur Arthur, si c'est pour aider M. Errington en quoi que ce soit, vous devriez me faire confiance.
39:32Même si cela risque de vous mettre face à face avec le vrai meurtrier...
39:37Réfléchissez, Pauline.
39:48Vous pensez que je peux obtenir une entrevue ?
39:50C'est possible, mais une très dangereuse entrevue.
39:56Ne vous en faites pas.
39:58Donnez-moi l'enveloppe.
39:58Non ! Merci, sergent.
40:01Sœur Arthur, je suis impatient de voir comment vous allez réfuter le témoin.
40:05Ah, oui, oui, oui.
40:07Le roi des courtiers en bourse.
40:14Nous vous sommes tous très reconnaissants de vous être présentés, M. Campbell,
40:18malgré l'heure si tardive, pour nous parler de cet horrible voyage dans le métropolitain.
40:25Et avoir lors d'une audience le témoin d'un meurtre est une chose,
40:28un privilège que peu d'entre nous ont eu dans ce monde imparfait.
40:32Toutes mes félicitations.
40:34Je vous en prie.
40:36M. Campbell, vous nous avez décrit avec force détail l'impression qu'a fait sur vous cette si extraordinaire femme.
40:43J'aimerais en savoir plus.
40:45Décrivez-nous ce qu'elle portait.
40:46Ce qu'elle portait ?
40:47Ce qu'elle portait.
40:48Je ne suis pas un connaisseur en fanfreluche.
40:50Donnez-nous une idée du style de sa robe, la couleur, par exemple.
40:55Portait du vert en grande majorité.
40:57Un vert clair ou alors vert sombre ou vert comme le gazon ?
41:00Un velours vert, si je me souviens, ainsi qu'un chapeau en velours.
41:03Avec plumes ou bien sombre ?
41:04Des plumes, oui, dans le genre de plumes de pertes.
41:08Une cape ou était-ce plutôt une pelisse orientale ou occidentale d'inspiration ?
41:11C'était un manteau, il me semble.
41:13Et toujours vert ?
41:14Un vert plus clair.
41:15Une tunique, une veste, avez-vous vu son cou, son chemisier ?
41:18Non, je suis désolé.
41:20Bijoux ?
41:21Oui.
41:22Ah !
41:22Un joli pendentif ainsi qu'une sorte de bracelet.
41:26Donc, lors de cette terrible journée, pourrions-nous voir la pièce 15, je vous prie ?
41:31Mme Hazeldin portait, comme vous semblez avoir une excellente mémoire, une robe de velours vert, rehaussée de bijoux et un chapeau à plumes.
41:40Tout à fait, oui.
41:40Votre honneur, avec votre permission, voici la tenue exacte que portait la victime à l'heure de son dernier souffle.
41:52Dites-vous toujours que cela est vert, M. Campbell ?
41:55Pas avec cette lumière, je l'admets.
41:57Et ce chapeau, quel que soit l'éclairage, n'a rien d'un chapeau à plumes en velours vert.
42:01Ce devait être d'approche.
42:02Que vous avez prise pour le chapeau, à moins que ce ne soit le penantique ou le bras de stade.
42:06Je vous ai dit, je ne suis pas connaisseur.
42:09Et de plus, ce n'était pas très aisé de distinguer quelque chose dans le...
42:12Je vous en prie, continuez.
42:13Il y avait beaucoup de fumée et je lisais mon journal.
42:18Et puis, je ne reste pas bouche bée devant les gens tel un vieux voyeur.
42:22Bien entendu, M. Campbell, ce qui est étonnant, ce qui me paraît plutôt bizarre dans tout cela,
42:26c'est que la jeune dame assise en face de vous vous soit apparue si mal que vous êtes incapable de décrire un seul de ses vêtements
42:34et que pourtant, vous êtes prêts à jurer sous serment que l'homme assis à votre droite
42:38et que vous ne regardiez que du coin de l'œil et dans les mêmes conditions de mauvaise visibilité
42:43est l'homme qui se trouve au banc des accusés.
42:46Alors, je vous repose la question.
42:49M. Campbell, de la société Campbell & Swanson,
42:53êtes-vous certain que c'était lui dans le compartiment ?
42:57Il est lui ensemble. Et les journaux disent...
43:00Les journaux disent qu'un homme a été arrêté. Et vous en concluez que c'est l'homme que vous avez vu.
43:07Il est possible que... que je... je ne suis pas certain.
43:14Merci, M. Campbell.
43:16Le témoin peut se retirer.
43:23Votre honneur, notre cher confrère ayant essayé de nous embrouiller à l'aide de ce dernier témoin,
43:30j'ai moi aussi, que la cour m'excuse, préparé une petite surprise.
43:35Cette enveloppe contient une pièce à conviction essentielle.
43:42Mais il se fait déjà tard et il me semble qu'un ajournement serait de rigueur.
43:48Cela permettrait à M. le procureur de ne pas se retrouver dans une situation mal aisée.
43:54La séance est levée jusqu'à demain matin à 9h.
43:56M. le procureur de ne pas se retrouver dans une situation malheureuse.
43:59Tu es de la possibilité de me faire un peu de chose.
44:00Je ne sais pas si je ne peux pas se retrouver dans une situation malheureuse.
44:01On a vu que le procureur de ne pas se retrouver dans une situation malheureuse.
44:03C'est bon.
44:13Pauvre Campbell, il voulait juste dire ce qu'il avait vu.
44:17Au crevoir, il n'y a rien de pire que d'être trop sûr de soi.
44:22Toujours est-il que même sans lui, le dossier à charge lui souligne.
44:27Merci de m'avoir accompagné jusqu'ici.
44:30Je vais rentrer et mettre mes notes au propre.
44:36Il se peut que ça t'intéresse de savoir que quelle que soit l'issue, je vais obtenir le grade d'inspecteur.
44:43Oh ! Tu le mérites, Richard.
44:49Je suis bien contente pour toi.
44:51Oui, je voulais.
44:54Écoute, Pauly, tu ne veux pas que je vienne avec toi ?
44:56Non, non, c'est très gentil. Je suis grande maintenant.
44:59Tu es sûre ?
45:00Et j'ai aussi une bonne nouvelle. Ils ont aimé mon article à l'écho.
45:04À partir de lundi, je suis chargée de la rubrique juridique uniquement.
45:06Ça veut dire qu'on va se voir davantage ?
45:08Je crois bien, oui. J'y vais. À demain, Richard.
45:12Attends une seconde, Pauly.
45:17Bonne nuit.
45:29Oh ! Qu'est-ce que vous faites ici ?
45:45Mademoiselle Burton, bonsoir. L'assistante du redoutable Sir Arthur.
45:49C'est mon trajet habituel pour rentrer chez moi, ma chère.
45:53J'avais eu l'impression que vous étiez reparti en voiture avec votre sœur.
45:58En effet. Mais j'ai changé d'avis.
46:01Sir Arthur a sans doute remarqué aussi la voiture.
46:03La manière qu'il a de mettre un témoignage en morceaux est vraiment étonnante.
46:10Ces questions sont particulièrement, je dirais, cinglantes.
46:15Sir Arthur sait très bien démolir un mensonge.
46:19Il ne faut jamais sous-estimer un avocat intelligent.
46:22J'admets que si j'étais l'accusé...
46:27Je suis curieux de voir le lapin qu'il va sortir de son chapeau à l'audience demain.
46:32La culpabilité d'Erington semble maintenant évidente.
46:38Ça n'est pas très éthique, je suppose.
46:42Mais...
46:50Les billets de théâtre.
46:52Ma servante les a retrouvés dans une poubelle.
46:55Malheureusement, M. Hazeldin, il n'y avait pas de représentation le soir de votre retour.
46:59Vos billets étaient pour la veille.
47:02Et M. Campbell se souvient de ce passager disant...
47:05Ne sois pas en retard ce soir.
47:07Ça ne pouvait être que vous, M. Hazeldin.
47:09Vous avez tué votre femme.
47:11Comment avez-vous pu ?
47:14C'était une grande malade, Mlle Burton.
47:17Ce n'était plus qu'une question de moi.
47:18Je n'aurais jamais dû commettre ce crime et tout aurait pu m'appartenir.
47:21Cui bonheur.
47:23À qui profite le crime ?
47:25Je vous demande pardon.
47:26C'est une expression de Sœur Arthur.
47:28C'est le père de Béatrice qui vous a donné votre situation, n'est-ce pas ?
47:32Oui.
47:33Quand nous nous sommes connus, j'étais commissionnaire.
47:35Je n'avais pas un sou.
47:36Je vois.
47:37Et vous avez eu de gros ennuis financiers.
47:40Oui.
47:44Vous auriez dû demander de l'aide à votre femme.
47:48Béatrice n'avait que peu de foi en mon sens des affaires.
47:51Et sa sœur ?
48:01Ah, Laura.
48:03Elle, elle croyait en moi.
48:06Suffisamment pour mentir pour vous.
48:09Elle a dit à la police que vous êtes rentrée...
48:10Ça n'aura pas servi à grand-chose d'apporter ces bouquins chez France.
48:12Elle a dit que vous êtes rentrée chez vous le jour suivant.
48:15D'étudier sa démarche, ses attitudes, de façon à me faire passer pour lui.
48:21Mais Sœur Arthur a réussi à démolir mon alibi.
48:25Je dois en trouver un autre.
48:27Je pense que vous le savez, Mademoiselle Burton.
48:29Il est inutile de me menacer. Sœur Arthur a tout deviné.
48:34Mais sans ceci, il sera incapable de prouver quoi que ce soit.
48:39Par ailleurs, quand un autre corps sera découvert dans le métropolitain,
48:43tout le monde croira que Jack Léventreur a réapparu.
48:47Une fois encore, les regards ne seront plus sur le pauvre veuf que je suis,
48:51du moins jusqu'à ce que je touche l'héritage et que je règle mes affaires.
48:55Vous ne sentirez rien, Mademoiselle Burton.
48:57Ma pauvre Béatrice n'a pas souffert, elle.
49:00Je peux vous le promettre.
49:02Et si vous voulez bien me donner votre main ?
49:04C'est une autre main.
49:25Police ! Police !
49:26Je suis chez vous au lieu de hurler.
49:29Elle est ici.
49:37J'avais raison. Exactement ce que j'avais prévu, comme je l'avais prévu.
49:42Sœur Arthur, pourriez-vous laisser mes hommes faire leur travail, s'il vous plaît ?
49:44Bon, il est mort.
49:46Richard, j'ai cru.
49:50Sœur Arthur, savez-vous qu'il a failli tuer Polly ?
49:53Le savoir est une chose, mais être capable de le prouver, sergent.
49:57Et puis c'est une fille pleine de ressources.
49:58Je devrais vous mettre en état d'arrestation.
50:00Non.
50:02Oh, sergent.
50:07Au sujet de votre proposition, vous vous souvenez ?
50:11Oui, Polly.
50:14On ne peut s'empêcher d'admirer le culot de cet homme.
50:17Évidemment, le fait qu'Erington quitte le pays ne l'a pas aidé.
50:21Comme je l'ai dit toujours, Polly, connaître la psychologie est primordial, est essentiel.
50:27Indispensable aux hommes de loi.
50:33Non, j'entends.
51:41...
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