00:00Bienvenue à tous, c'est BFM Bourges jusqu'à 18h au rythme de Wall Street qui vient d'ouvrir.
00:05Vous venez d'entendre la cloche retentir, ça se passe là-bas à New York et notre Dream Team est regroupé là,
00:11mobilisé pour vous faire vivre cette séance.
00:13John Plassard, procité de gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:15Bonjour Guillaume.
00:16Et Antoine Larigauderie, re-bonjour Antoine.
00:18Bonjour Guillaume.
00:19On est ravis également de se retrouver Antoine, on va vivre ensemble cette dernière fin de séance de la semaine en Europe,
00:25mais d'abord à Wall Street, ça y est c'est l'ouverture. Comment ça se passe ?
00:28Petit coup de faiblesse quand même avec un Nasdaq qui perd 0,48%. On est à 22 469 points.
00:34Le Dow Jones surnage, plus 0,09%, 45 992 points et moins 0,18% pour le S&P 500 qui cote en ce moment à 6 615 points.
00:45La volatilité, c'est bien installé au-dessus des 20 points. On est à 24 points sur l'indice VIX de la bourse de Chicago.
00:52Et puis le CAC 40, on a quand même rattrapé pas mal du terrain qu'on perdait ce matin.
00:55On est quasiment à l'équilibre, on était même dans le vert il y a encore quelques minutes.
00:59Moins 0,06% seulement, on est à 8 183.
01:03Et alors on parlera, on vous le promet, en long, en large et en travers d'Essilor Luxottica qui nous fait, comme LVMH avant-hier,
01:08plus 12, plus 13% même à l'instant Essilor Luxottica après son incroyable publication.
01:12Et on va se demander si quelque part c'est un destin à la Nvidia qui attend Essilor Luxottica.
01:17Pourquoi ? Parce que vous savez que les lunettes META, les lunettes connectées avec l'IA de META, c'est eux qui les fabriquent Essilor Luxottica.
01:22Est-ce que pour META, Essilor Luxottica va devenir ce qu'est Nvidia à l'IA, celui qui fournit les besoins physiques ?
01:31C'est une question qu'on abordera et si l'Or Luxottica gagne 13%.
01:34Auparavant, John, donc on vous retrouve.
01:35La grande question, alors que Wall Street ouvre en légère baisse, c'est celle des banques régionales quand même.
01:39Les banques régionales américaines, après les annonces de Zions et de Western Alliance,
01:44est-ce qu'on est parti pour une crise peut-être comparable à celle de 2023 sur ce secteur ?
01:49On se souvient en 2023, Guillaume, on avait absolument toutes les banques régionales,
01:54même les grandes banques qui avaient perdu énormément de terrain.
01:58On avait parlé presque d'une crise systémique.
02:01Et bien là, évidemment, on a ses réminiscences.
02:03Et vous l'avez dit, Zion Bank Corp et Western Alliance ont révélé des pertes liées à des prêts frauduleux.
02:1250 millions pour Zion et Western n'ont pas encore dit.
02:16Alors, vous allez me dire, 50 millions pour des banques régionales, des petites banques,
02:21eh bien, ce n'est pas grand-chose.
02:23Mais, mais, mais, c'est des signaux extrêmement inquiétants dans le crédit.
02:28Les révélations, donc, de Western Alliance et Zions font et s'ajoutent aux faillites récentes des prêteurs automobiles,
02:38tricolores holding et, évidemment, le fameux first brand.
02:43Donc, ça nourrit la crainte d'un risque systémique latent dans les crédits privés américains.
02:51Et si je vous dis ça, Guillaume, eh bien, vous vous souvenez, on l'avait dit sur BFM Boursière en primeur,
02:58avant que les marchés baissent, qu'on avait Jimmy Diamond qui avait, qui considérait le marché, eh bien, du crédit privé comme des cafards.
03:09Ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui qui le dit.
03:11Donc, lorsqu'il, je vous le rappelle, il avait dit lorsqu'il y en a un, il y en a plusieurs.
03:16Et il craignait, les investisseurs craignent que ces pertes qu'il y a sur les banques régionales,
03:24eh bien, soient en effet boule de neige, un enchaînement de pertes non déclarées.
03:30Donc, évidemment, ça fragilise, pardon, le segment des prêts à risque.
03:36Pourquoi cette thématique surgit-elle maintenant ?
03:38Les taux aux États-Unis sont plus élevés qu'ils ne l'étaient il y a quelques années.
03:43Et donc, ces crédits privés qui doivent être refinancés, le sont à des taux plus élevés qu'avant et certains n'arrivent pas à suivre le rythme.
03:49Enfin, comment est-ce qu'on explique que ça surgisse maintenant, John ?
03:52Oui, alors, ce qu'il faut rappeler, vous l'avez dit justement avant, il y a deux ans, on a eu cette crise très, très violente sur les banques régionales américaines.
04:01Et on a l'impression que depuis 2023, il n'y a pas grand-chose qui a été fait.
04:05Pourquoi ? Parce que pour ces banques régionales américaines, et on ne parle pas des grandes, qui ont révélé des chiffres assez impressionnants la semaine passée et en début de semaine,
04:14comme JP Morgan, notamment et Goldman Sachs, eh bien, on a une fragilité structurelle de ces petites banques.
04:23Quand on dit petites banques, ce n'est pas aussi petites que ça, mais aux États-Unis, c'est petite.
04:26Elle reste exposée à des dépôts volatiles, à un resserrement du crédit.
04:33Donc, tout ça, nous met en avant un élément le plus important possible, c'est la confiance.
04:40Et lorsque vous n'avez pas confiance dans une banque ou dans un secteur, un sous-secteur de la banque, eh bien, qu'est-ce que vous faites ?
04:48Eh bien, vous retirez vos vies. C'est ce qu'on a vu un tout petit peu hier.
04:52Et même si certaines de ces banques sont assez capitalisées, lorsque les investisseurs n'ont plus confiance, eh bien, ils transfèrent leur argent vers des banques plus grandes.
05:02Donc, en définitive, cette petite crise, ou ce petit étincelle, on l'espère qu'il n'appelera pas un feu de forêt sur les banques régionales,
05:13eh bien, pourrait, comme à chaque fois, bénéficier aux grandes banques américaines, parce que les épargnants mettront leur argent chez eux,
05:22s'il y a encore plus de doutes et un manque de confiance.
05:25Secteur bancaire américain qui repart un peu à la hausse déjà, aujourd'hui, après l'alerte d'hier, y compris les banques régionales.
05:30Et Zions, par exemple, gagne aujourd'hui 3,5%.
05:33Il y a quelques jours, Jérôme Powell avait clairement envisagé la fin du quantitatif tightening, autrement dit, la fin de la réduction du bilan de la Fed.
05:40Est-ce que c'est le signe que la Fed est au courant de ce problème et qu'elle pourrait, du coup, venir rajouter des liquidités en cas d'incendie ?
05:45Et du coup, on peut dormir tranquille, John ?
05:48Oui, alors, c'est un peu la théorie du complot, Guillaume, mais effectivement, vous avez raison, la Fed était peut-être au courant
05:55qu'il ne fallait pas autant resserrer le crédit et potentiellement remettre de la liquidité dans le marché.
06:03Ce n'est pas encore le cas, mais on est dans une situation où, effectivement, s'il devait y avoir, comme je disais avant,
06:10l'effet boule de neige sur le secteur des petites banques régionales, évidemment, c'est ce que ferait la Fed.
06:18Il faut rappeler qu'en 2023, la Fed avait tardé à mettre de la liquidité dans le marché et ça avait été reproché à Jerome Powell.
06:29Donc, est-ce qu'il fait, comme il fait avec les taux de manière préventive, il va mettre de la liquidité, la Fed va mettre de la liquidité dans le marché ?
06:40Peut-être. En tout cas, ce qu'on a vu hier, qui était une chose aussi intéressante, on parlait avec ce que vous dites,
06:44c'est qu'on a vu une fuite vers la qualité. Le rendement du 10 ans américain est passé sous les 400.
06:51Et évidemment, l'or, mais ça ne s'est presque tous les jours, l'or a trouvé un autre record.
06:56Donc, c'était un peu une aversion au risque et un rappel que le ciel bleu que l'on voit depuis quelques temps,
07:03que ce soit au niveau géopolitique, politique et monétaire, eh bien, il y a quelquefois quelques petits nuages et quelques petits éclairs.
07:13– Effectivement. Cet univers incertain se traduit effectivement par une quête d'actifs-refuges, l'once d'or qui aura vécu là.
07:20Antoine, sa meilleure semaine, il a gagné 10%. L'once d'or, il ou elle d'ailleurs, une once, a gagné 10% sur la semaine.
07:26Sa meilleure semaine en… – 17 ans.
07:28– 17 ans, l'once d'or. – 17 ans, effectivement.
07:30– Et depuis le début de l'année, on est à plus 60 sur l'once d'or, c'est-à-dire que l'once progresse plus que la plupart des valeurs technologiques américaines.
07:35C'est quand même assez incroyable. – Mieux qu'Nvidia, en tout cas.
07:37– Mieux qu'Nvidia, oui, sur l'année. C'est fou. Qui l'aurait cru ?
07:41– Il faut dire que le contexte géopolitique aussi reste très incertain.
07:43Alors là, cet après-midi, Donald Trump tente à nouveau d'adoucir les angles, d'arrondir les angles avec la Chine.
07:48Mais le FMI est inquiet de la montée des tensions entre Pékin et Washington, John ?
07:52– Oui, très inquiet. C'est un cri, j'allais dire un cri du cœur presque.
07:57Le FMI a alerté sur les risques significatifs qui peuvent peser sur la croissance mondiale.
08:05Le groupe, le groupement, le FMI, dit que s'il y a un découplage technologique et que la hausse des tarifs,
08:13bien évidemment, pourrait réduire le PIB mondial de 0,8% à moyen terme.
08:19Donc, évidemment, le FMI rappelle et pousse pour éviter une fragmentation durable du commerce mondial
08:29et que tout le monde marche main dans la main.
08:31Alors, on ne sait pas si c'est le cas.
08:33Et surtout, on ne sait pas si Donald Trump va rencontrer le président Xi avant la fin de l'année.
08:38Mais si ça devait être le cas, eh bien, le FMI aura eu raison de donner cette directive.
08:45Je ne sais pas s'ils l'ont suivie, mais en tout cas, c'est la directive vers laquelle on va.
08:49– Complètement. L'euro-dollar, aujourd'hui…
08:51Alors, c'est intéressant parce que le dollar n'avait pas arrêté de reculer depuis le début de l'année.
08:54Puis là, depuis 2-3 semaines, ça s'est calmé.
08:56On est sous le dollar 17 toujours, 16,78 en ce moment.
08:59Et Wall Street qui ouvre dans le calme.
09:01C'est ce qu'il faut retenir parce que Donald Trump a expliqué que ça allait mieux avec la Chine.
09:06Je pense que ça va aller avec la Chine.
09:08Voilà ce qu'a expliqué tout à l'heure Donald Trump interrogé par un journaliste
09:11sur le maintien des taxes douanières élevées sur la Chine.
09:14On ne sait toujours pas si la rencontre est maintenue avec Xi Jinping.
09:17Alors, les valeurs, John, bien sûr, chaque jour, on parle d'intelligence artificielle,
09:21on parle du Nasdaq, mais il va peut-être falloir apprendre à parler d'intelligence artificielle
09:24aussi dans une langue, en tout cas, de manière plus européenne.
09:28On se demande si ici, à la Bourse de Paris, le titre est « Silor Luxottica »
09:31n'est pas sur le point de devenir une valeur tech.
09:34Vous avez bien entendu.
09:35« Silor Luxottica », c'est les lunettes, celles que vous portez,
09:37que je porte, qu'Antoine porte très probablement.
09:39Oui, mais ce n'est pas que des lunettes, c'est peut-être aussi de plus en plus de la tech
09:41puisqu'il y a ce partenariat avec Meta pour faire des lunettes connectées
09:44et des lunettes dotées d'IA.
09:46Il se trouve que « Silor Luxottica » a présenté ses résultats.
09:49Ils sont rayonnants.
09:50Le titre gagne 13% aujourd'hui.
09:52Est-ce que pour vous, « Silor Luxottica » pourrait devenir une valeur tech à son tour ?
09:56Oui, tout à fait.
09:58Ça paraît fou, mais elle s'impose progressivement comme une valeur de croissance
10:03puisqu'on a un modèle, et c'est vraiment un modèle pour Silor Luxottica
10:10qui combine une industrie solide avec une forte capacité d'innovation.
10:16On a vu que le partenariat entre Meta et Ray-Ban,
10:20les fameuses Ray-Ban connectées dont vous parliez,
10:22ça ouvre un nouveau marché qui est estimé à plus de 50 milliards de dollars.
10:27Vous avez bien entendu, 50 milliards de dollars d'ici 2030.
10:31Donc, il y a un profil, qu'on le veuille ou non, de croissance technologique
10:36plutôt que d'une valeur défensive.
10:40Et aussi, il faut noter ici que « Silor Luxottica » n'arrête pas d'acheter,
10:46on n'en parle pas toujours, mais n'arrête pas d'acheter des plus petites barques.
10:50Alors, qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
10:52Ça veut dire qu'« Silor Luxottica » aujourd'hui détient déjà plus de 60% du marché de monture premium.
10:59Donc, c'est vraiment le leader.
11:01Donc, on est dans une situation où le partenariat avec Meta,
11:06on disait au début que c'était un espèce de coût marketing.
11:09Aujourd'hui, pas du tout, parce que ça devient vraiment une plateforme d'intelligence artificielle embarquée.
11:16Et donc, vous savez, lorsqu'on parle d'intelligence artificielle embarquée,
11:20on parle de caméras, micros, connexions directes à l'écosystème de Meta.
11:26Donc, c'est un peu une combinaison « Luxottica » et « Silor Luxottica »,
11:31je vais y arriver, entre le luxe et la tech.
11:34Donc, oui, pour moi, c'est vraiment une valeur de croissance.
11:37Ah, incroyable ! « Luxottica » et des boutiques qui pourront ici en France aussi
11:42vendre des Ray-Ban Meta à partir de l'an prochain, parce que ce n'est pas le cas jusqu'ici.
11:45Oui, ce sera possible. Donc, première commercialisation de ces Ray-Ban Meta dotés d'IA
11:50et connectés en tout cas en France, en Italie, au Royaume-Uni et au Canada l'an prochain.
11:54Cet auditeur, Lucas, nous écrit, il vous demande si Apple, par exemple,
11:59voulait se lancer à son tour dans les lunettes,
12:02si le marché Apple dans les lunettes connectées dotées d'IA reviendrait aussi à Isilor,
12:06c'est-à-dire qu'Isilor aurait et Meta et Apple,
12:08et si dans ce cas-là, Isilor pourrait devenir la première capi européenne.
12:11Il va loin, mais pourquoi pas ? Qu'est-ce que vous pensez, vous, de cette question
12:15et qu'est-ce que vous avez envie de répondre à Lucas ?
12:17Écoutez, d'abord, on rappelle, on en est parlé la semaine passée ensemble,
12:21Apple prépare des lunettes de réalité augmentée notamment,
12:24mais ça dépend évidemment, Apple dépend d'experts optiques,
12:30et lorsqu'on parle d'experts optiques, notamment dans la miniaturisation
12:34et la qualité des verts, on pense à qui ? On pense au leader.
12:37Et si l'Orluxotica, oui, il y aura très certainement un type ou un co-développement
12:44ou un partenariat entre les deux entreprises, et puis à la question de savoir si
12:51et si l'Orluxotica deviendra un jour la plus grande capitalisation européenne,
12:57c'est assez simple, on peut faire un calcul assez mathématique,
13:01parce que si la société maintient une croissance annuelle de 8 à 10%
13:06et poursuit ses innovations dans cette vision augmentée,
13:10et on peut dire, eh bien, sa capitalisation boursière pourrait dépasser
13:15les 300 milliards d'euros d'ici quelques années.
13:20Donc oui, potentiellement, et si l'Orluxotica pourrait, à terme,
13:24devenir la première capitalisation en Europe, ce qui paraît assez incroyable aujourd'hui.
13:29Oui, à suivre, et bon, on est encore, bien sûr, dans la séquence,
13:32la phase de conjecture là-dessus, mais c'est intéressant,
13:35parce qu'après tout, pourquoi pas, et qui aurait pu penser qu'un jour
13:37on puisse se poser cette question autour des silents Luxottica ?
13:39Merci beaucoup.
13:40John Plassard avec nous pour Cité Gestion.
13:42On vous souhaite, John, un très très bon week-end.
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