Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Paul-Adrien Cormerais, cofondateur et directeur général de Pony, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce vendredi 17 octobre. Il a annoncé le rapatriement en France de la fabrication du vélo électrique Double Pony, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On parlait réindustrialisation ce matin dans la matinale de l'économie, il est 8h23 sur BFM Business et sur RMC Live avec Pony.
00:06Notre invité ce matin c'est Paul-Adrien Cormeray. Bonjour, vous êtes venu annoncer sur notre plateau que vous allez rapatrier en France la fabrication de votre vélo électrique double Pony.
00:16Jusqu'ici il était produit en Asie. La première réflexion qu'on s'est faite hier quand on a regardé le sujet c'est qu'on a dit « c'est pas possible ».
00:24Vous nous dites « c'est possible ».
00:25C'est tout à fait possible parce que d'ailleurs c'est pas on va le faire, c'est on l'a fait. Les vélos ont été produits, le premier batch pilote a été produit la semaine dernière,
00:35cette semaine qui vient de s'écouler. Les derniers vélos sont sortis de la ligne de production hier et donc c'est effectivement, on va le voir je pense à l'image, un vélo qui est particulier.
00:43C'est un vélo qui est destiné à la location en libre-service et c'est le seul vélo en location en libre-service de place dans le monde.
00:51Donc c'est un vélo qui est assez particulier et sur lequel on avait besoin effectivement d'être vraiment en maîtrise de la conception et on avait besoin d'avoir des standards qualité vraiment très hauts.
01:02Historiquement on travaillait avec Taïwan qui est un peu la mecque du vélo électrique haut de gamme aujourd'hui dans le monde.
01:07Mais on voyait qu'on butait finalement sur l'amélioration de la qualité. Au-delà d'un certain niveau, on n'arrivait plus à collaborer avec nos partenaires asiatiques
01:15qui étaient coincés dans leur méthode de fabrication, qui n'étaient pas trop prêts à se challenger.
01:20Et voilà, on s'est dit il nous faut aller plus loin, on est allé chercher comment faire et en réfléchissant on s'est dit mais c'est probablement possible en Europe.
01:28On a lancé un gros travail de redesign entièrement de zéro il y a un peu plus d'un an.
01:34Ce travail, on a commencé à le faire en allant chercher d'abord les industriels, comprendre qu'est-ce qu'on était capable de faire.
01:40Vous avez commencé par ce qu'on pouvait faire avant de designer le vélo.
01:43Voilà, comprendre avec qui on pouvait travailler, qu'est-ce qui était possible, quelles étaient les techniques qu'on maîtrisait
01:47et on a conçu entièrement le vélo autour de ces processus industriels et des champions industriels qu'on a sur le territoire.
01:55Anthony ?
01:55Donc moi ce qui me fascine c'est comment est-ce que ça peut fonctionner d'un point de vue économique.
01:59Vous le dites, il y a des modèles qui sont plutôt haut de gamme, vous avez cherché une haute technicité,
02:03il y a de la technologie à l'intérieur, en plus vous avez rapatrié la production en France.
02:07Comment ça c'est compatible avec la société complètement décivilisée dans laquelle on vit, dans les grandes villes,
02:12et où ces magnifiques vélos vont se retrouver au fond de la scène ?
02:15Non mais je lisais quand même les chiffres, ils sont hallucinants.
02:17Par exemple sur les Vélib, c'est 640 vélos qui disparaissent chaque semaine,
02:21et les opérateurs disent que 60% des réparations sont liées à des actes de vandalisme.
02:25Comment c'est compatible avec des vélos haut de gamme ?
02:27Alors tout à fait, c'est une bonne question.
02:30Les chiffres de Vélib, ils sont spécifiques à cet été.
02:34Historiquement, et nous on a eu effectivement, je pense comme tous les opérateurs, cet été,
02:38un peu une vague de vandalisme suite à des trains TikTok mal maîtrisés.
02:43La réalité c'est qu'historiquement, les chiffres c'est quoi ?
02:45C'est 0,6% de pertes par mois sur l'ensemble de la flotte.
02:50C'est-à-dire qu'en gros, on est à peu près à 8% par an des vélos,
02:53soit qui sont vandalisés, soit qui sont volés, qu'on ne retrouve pas.
02:57Ça c'est relativement, aux charges d'exploitation, c'est zéro.
03:01C'est-à-dire que c'est une métrique qu'on regarde, mais de loin,
03:05et ce n'est pas du tout un obstacle en vrai au business.
03:06Il y a eu un problème sur un défaut de fabrication sur le cadenas d'un de nos concurrents en Allemagne.
03:1420 000 vélos sont sortis sur le terrain, il était presque plus facile de les voler
03:18que de les dérouiller à travers l'application.
03:20Et ça, ça a déresponsabilisé complètement tout un tas de gens qui se sont dit
03:25mais en fait c'est normal, je le vois partout sur les réseaux.
03:27Mais globalement, ils sont quand même maltraités les vélos, on le voit bien.
03:29Alors en fait, en pratique, pas du tout.
03:32C'est sûr que Paris, c'est un marché probablement un peu particulier.
03:35Nous, ce qu'on voit, c'est que sur l'ensemble des territoires
03:37sur lesquels on opère, Pony est présent dans plus de 23 villes,
03:40on est l'opérateur avec le plus gros nombre de villes en France aujourd'hui.
03:44Réellement, les cas de vandalisme et de méchanceté gratuite, c'est marginal.
03:48Et pour une bonne raison, c'est qu'en fait,
03:50ce n'est pas très amusant d'aller vandaliser un vélo.
03:52Si moi, j'étais un vandal, j'imagine que je prendrais probablement
03:55beaucoup plus de plaisir à casser des pare-brises
03:57qu'à essayer de vandaliser un vélo qui, au mieux, va se tord.
04:00Pour les jeter dans la Seine, ce n'est pas possible.
04:02Sur la fabrication, vous réussissez à faire en France
04:04200 euros moins cher qu'en Asie.
04:06Voilà, ça, c'est le coup de mettre.
04:08Et pour comprendre ce qu'on fait,
04:09ce n'est pas simplement, on a pris le vélo, on fait la peinture.
04:13Ici, on est sur un vélo, les batteries sont faites à Angoulême
04:15avec une technologie propriétaire d'une start-up bordelaise gouache
04:18basée à Bordeaux.
04:20On est sur des modules cellulaires Velco, boîte nantaise
04:24avec un partenaire industriel nantais.
04:25Les composants électroniques sont faits à Nantes.
04:27Le cadenas, l'électronique, est fait par nous-mêmes
04:29avec un partenaire industriel à Strasbourg.
04:32Tout ce qui est roues, jantes, c'est fait à Saint-Etienne.
04:38Tous les composants plastiques, paniers, garde-boue,
04:41tout ça, c'est entièrement fait au Portugal,
04:43chez Polysport, leader mondial du siège bébé.
04:45La cellerie est faite chez GES, Pays-Basquet espagnol,
04:48qui fournit KTM, Yamaha.
04:51Donc, toute la cellerie aujourd'hui qu'on a sur des motos...
04:52Et tout ça, ça fait moins cher que Taïwan ?
04:56Les pièces plastiques, c'est moitié moins cher qu'en Chine.
04:59C'est dingue.
05:00Par contre, il faut choisir les bons partenaires industriels.
05:03On travaille ici avec des gens qui sont tous
05:05soit leaders européens, soit leaders mondiaux
05:07dans leur domaine,
05:08qui ont les capacités de production,
05:10qui ont l'échelle,
05:11et qui sont sur ce produit
05:14les mieux disants.
05:15C'est-à-dire qu'on a une vraie expertise française
05:16quand même dans ce domaine,
05:17dans tous les composants qui permettent de fabriquer les mieux européens.
05:20Et voilà, effectivement, nous,
05:22sur notre produit, sur notre segment,
05:24on a réussi à faire quelque chose
05:25qu'on n'arrivait pas à faire en Asie.
05:27Eh bien, bravo.
05:28Oui.
05:28Eh bien, bravo.
05:29Voilà.
05:29Ils sont magnifiques en plus,
05:30ils sont très beaux, c'est déco.
05:31Vous n'avez pas fait un petit tour, Anthony ?
05:32On n'a plus le temps.
05:33C'est dommage, j'aime bien quand vous faites du vélo
05:34autour du plateau.
05:36Merci beaucoup, Paul-Adrien Cormeret,
05:37d'être venu nous parler de Pony
05:38pour cette réindustrialisation en France.
Commentaires

Recommandations