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  • il y a 3 mois
Jeudi 16 octobre 2025, retrouvez Priscille Allais (CEO, Cosmogen) dans BOSSA NOVA, une émission présentée par Olivia Vignaud, Caroline de Senneville et Céline Toni.

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Transcription
00:00Bonjour, je m'appelle Priscilla Allais, j'ai 47 ans et je suis dirigeante d'une entreprise
00:25qui s'appelle Cosmogène, qui crée et qui fabrique des packaging pour les marques de cosmétiques.
00:35Alors quand j'avais 20 ans, ma grande ambition, je pense que j'en avais qu'une et qui a driveé toute ma vie,
00:42c'est d'être indépendante. Être indépendante financièrement, puisque c'est ce que ma maman m'avait appris.
00:49Je fais partie de la nouvelle génération qui s'est vraiment émancipée et qui a gagné sa vie
00:53qui peut se permettre d'être indépendante. Et indépendante également, ce qui me drivait,
00:58c'était dans mes fonctions et mes responsabilités. Je voulais être sûre d'avoir un champ d'action
01:05très large et très libre, d'agir en fonction de mes intuitions, de mon expérience,
01:13de mes décisions également. Donc voilà, je pense que l'indépendance, c'était ma grande ambition.
01:23Alors l'intrapreneuriat, en fait, il est né finalement de ma carrière. J'ai eu la chance d'expérimenter
01:32plusieurs situations professionnelles. J'ai commencé en étant avocate. Donc c'est une situation de personne
01:38libérale, on appelle ça libérale, où on est pour le coup très indépendant évidemment, avec un rôle
01:44très commercial. Ensuite, j'ai eu l'occasion d'être salariée, salariée tout à fait classique,
01:50dans un gros groupe comme L'Oréal, par exemple. Ensuite, j'ai eu la chance de pouvoir créer mes
01:56propres sociétés. J'avais 28 ans à l'époque et j'ai créé des sociétés également dans le domaine
02:01des cosmétiques. Donc là, j'ai connu véritablement la création d'une société de A à Z, partir de zéro
02:08et finir à pratiquement une dizaine de millions d'euros en quatre ans. Donc j'avais vécu finalement
02:14le libéral, le salariat, l'entrepreneuriat. Et l'expérience d'après a été une révélation pour moi,
02:22c'était l'intrapreneuriat dans un très gros groupe qui s'appelle Michael Kors, qui est une marque
02:26américaine de mode. Je vivais à Dubaï à l'époque et en fait, j'étais directrice générale de cette
02:32marque, mais à l'intérieur d'un très grand groupe. Donc en fait, j'avais toute la latitude dans la zone
02:38dans laquelle je dirigeais, mais en ayant un reporting et de la guidance également de la part
02:45d'un groupe beaucoup plus important et d'un siège à qui je devais reporter. Et finalement, je me suis
02:51extrêmement épanouie dans ce rôle d'intrapreneur. Donc une nouvelle fois, c'est se comporter comme un
02:57entrepreneur, mais sans avoir les clés de l'actionnariat finalement de la société. Ce qui ne m'a pas
03:03pas empêché ensuite de recréer des boîtes, puisque j'ai créé un cabinet de conseil ensuite. Et
03:09aujourd'hui, d'être à la tête d'une société donc qui s'appelle Cosmogène, mais bien que je
03:16sois actionnaire et dirigeante, j'ai également la chance de bénéficier d'un actionnariat extrêmement
03:23présent et tout à fait pertinent qui s'appelle, donc c'est un fonds d'investissement qui s'appelle
03:31Vimbert Capital Partner, et qui me permet de vivre cet intrapreneuriat au quotidien et avec
03:37beaucoup d'indépendance.
03:42Alors, la rencontre la plus déterminante, c'est un avocat. Comme je vous l'ai dit, j'ai commencé
03:49ma carrière en tant qu'avocate, en droit pénal des affaires, dans un très gros cabinet français.
03:55Et j'étais déjà relativement ambitieuse à l'époque. Et l'avocat pour lequel je travaillais, qui était
04:02extrêmement brillant, un jour m'a demandé ce que je voulais faire. Et évidemment, je ne me suis pas
04:07démontée. Je lui ai dit, dans quelques années, je souhaite devenir associée. Bon, à l'époque, il n'y avait pas de
04:12femmes associées dans les cabinets d'avocats. Ça n'existait pas. Il y en avait deux sur 400. Donc, c'était vraiment très limité.
04:17Et là, il m'a donné un conseil très juste. Il m'a dit, c'est très bien, mais déjà, le premier problème, c'est que
04:25tu es une femme. Bon, aujourd'hui, il pourrait y avoir un procès pour ça. Mais à l'époque, ça passait très bien. Donc, le premier
04:32problème, c'est que j'étais une femme. Et le deuxième problème, c'est que je n'avais pas ce qu'on appelle de double cursus.
04:36Donc, j'avais fait la fac, j'avais fait un DEA, un DESS, etc. Mais je n'avais pas fait d'école de commerce. Et il m'a dit, vraiment, si tu veux
04:43devenir associé, il faut avoir fait une école de commerce. En plus de ton cursus de droit, aussi brillant, futile, il faut une école de commerce.
04:51Et c'est amusant parce que ça a été un déjeuner déclic où je suis rentrée de déjeuner. Je me suis connectée immédiatement sur le site d'une école
04:59qui s'appelle l'ESSEC. Et j'ai postulé. J'ai passé les concours. J'ai été prise. Et là, j'ai découvert le monde merveilleux de l'entreprise.
05:09Et je pense que si cet avocat n'avait pas eu la franchise de me dire les obstacles qui allaient m'attendre et les solutions pour y remédier,
05:17je n'aurais jamais osé changer de voie et je n'aurais jamais eu la carrière que j'ai eue aujourd'hui. Donc, oui, il a changé ma vie.
05:30Alors, hormis la petite anecdote que je viens de citer, mais qui n'était pas véritablement un obstacle,
05:35je crois que j'ai la chance de n'avoir jamais subi de discrimination négative sur le fait d'être une femme.
05:47Au contraire, j'ai toujours utilisé le fait d'être une femme véritablement à mon avantage.
05:53Et je pense que ça m'a véritablement servi parce que je pense qu'on a des qualités. Moi, je n'ai jamais singé les hommes, véritablement pas.
06:04Au contraire, j'ai joué sur notre complémentarité et sur les qualités qui sont féminines.
06:10Et moi, je suis très fière de dire qu'il y a des qualités, en effet, que je considère comme plus féminines que masculines.
06:15En tout cas, les gens de mon époque, enfin de mon époque, de ma génération.
06:20Et j'ai plus utilisé ma condition comme une force que comme un obstacle. Vraiment, je pense que je ne l'ai jamais subi.
06:31Alors, le plus grand défi, c'était il y a peu d'années, c'est quand j'ai repris la tête de Cosmogène.
06:37Donc, avant d'appartenir à Vinberg Capital Partner, Cosmogène appartenait à un autre fonds d'investissement.
06:45Et Cosmogène avait connu des difficultés.
06:48Et ma mission, en fait, en tant que nouvelle présidente et directrice générale,
06:52était de restructurer la société, en fait, pour la ramener sur le chemin de la croissance.
06:58Bon, si j'ai accepté le job, c'est que je pensais que c'était faisable.
07:00Sinon, évidemment, je ne l'aurais jamais accepté.
07:04Sauf que le Covid est arrivé trois mois après ma nomination.
07:08Et il faut quand même se souvenir que le Covid, ça a été un événement absolument tellurique.
07:12personne ne savait quoi faire, il faut se le dire quand même.
07:16On n'avait jamais vécu ça.
07:18Donc, moi, j'avais une société à restructurer avec des salariés
07:22qui étaient absolument contre, évidemment, la restructuration.
07:26En plus, chacun chez soi.
07:28Et on communiquait par Teams.
07:29Donc, je vous avoue que j'ai passé des jours et des nuits extrêmement compliqués.
07:39Oui, ça a été compliqué, mais tout le monde vous le dira,
07:43tous les gens qui me connaissent, je suis vraiment structurellement optimiste.
07:47Et je vois toujours le côté positif.
07:48Donc, je me suis dit, finalement, ce Covid, il faut que ce soit un accélérateur de transformation
07:52et surtout pas un ralentisseur de transformation.
07:56Et là, j'en ai profité, en effet, pour restructurer la société à vitesse grand V.
08:00Alors, faire un travail de restructuration, tout le monde sait ce que c'est.
08:03Donc, ça a permis de modifier des process, ça a permis de se séparer de certaines personnes,
08:08ça a permis de changer complètement la stratégie de l'entreprise,
08:11de relancer l'innovation.
08:12Et finalement, la société, alors la bonne nouvelle, c'est que
08:16cette société qui n'allait pas très bien, aujourd'hui, va extrêmement bien.
08:21Elle va tellement bien qu'elle a été cédée à Vimbert Capital Partner,
08:25après, dans des très bonnes conditions.
08:28Et aujourd'hui, on affiche, cette année, pratiquement encore 20% de croissance.
08:33Donc, on est encore sur une très belle perspective.
08:37Mais ça a été du sein et des larmes.
08:42Alors, aujourd'hui, Cosmogène, en effet, est dans plusieurs pays.
08:50En Chine, en France, globalement en Europe, aux États-Unis et au Brésil.
08:58Dans mes expériences précédentes, quand j'étais au Moyen-Orient,
09:01j'avais la responsabilité de huit pays différents.
09:04Et en tout, je crois qu'il y avait 80 nationalités dans les huit pays.
09:08Donc, le management interculturel, j'ai connu.
09:12Déjà, un, j'ai été formée, ce qui est une bonne chose.
09:15Ça, c'est un conseil que je donne à tout le monde.
09:17Le management, ce n'est pas inné.
09:18Faites-vous former, c'est toujours utile.
09:22Et les secrets, enfin les secrets, les règles que j'applique pour manager efficacement à distance,
09:30c'est surtout la régularité.
09:31C'est-à-dire que j'ai des points qui sont dans mon agenda absolument toutes les semaines ou toutes les deux semaines
09:36avec mes N-1 qui se trouvent à l'étranger.
09:42Et mon job, c'est un qui me remonte l'information, évidemment.
09:45Et surtout, diffuser la même qualité et quantité d'informations que je délivre au siège à Paris,
09:51je la répartis également dans les différents pays.
09:53Mais je crois qu'avant tout, c'est vraiment la régularité des points et la régularité de la communication.
10:05Lancez-vous.
10:05Je dis ça en rigolant et en même temps, je crois que c'est assez sérieux.
10:13C'est-à-dire que pour se lancer dans l'entrepreneuriat, il faut une dose de conviction non fondée.
10:23C'est-à-dire qu'il faut tellement croire en son projet qu'on peut mettre parfois d'autres contre-arguments sur la table,
10:29et bien on ira quand même.
10:30Et je pense qu'il faut avoir cette intime conviction, cette profonde conviction qu'on va y arriver,
10:35et qu'on a la bonne idée, qu'on a la bonne équipe pour mener le projet.
10:40Donc si on a cette conviction, il faut se lancer, indéniablement.
10:48Alors une bonne entrepreneuse, c'est une femme heureuse, déjà,
10:54qui dirige une entreprise qui fonctionne bien, qui est plutôt en croissance,
11:01et qui est entourée d'une équipe solide et épanouie.
11:05Merci.
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