- il y a 3 mois
Mardi 14 octobre, Frédéric Simottel a reçu Stéphane Mallat, professeur au Collège de France, membre du département de l'ENS et Médaille d'Or du CNRS, Samuel Hassine, CEO et cofondateur de Filigran, Stéphane Roder, président d'AI Builders, Emmanuel Vignon, président de Theodo Data et AI, et Erik Campanini, associé chez Alixio Group, dans l'émission Tech&Co Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le samedi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale. Frédéric Simotel.
00:11Bonjour et bienvenue dans Tech & Co Business. On est ensemble pendant une heure, on va démarrer
00:16avec la médaille d'heure du CNRS. C'est l'une de nos plus prestigieuses récompenses et c'est
00:23Stéphane Mala qui est professeur au Collège de France qui va la recevoir, ce sera le 17 décembre,
00:26mais il sera là avec nous pour parler justement de la théorie des ondelettes. Vous ne connaissez pas,
00:31vous l'utilisez sans doute un peu tous les jours et puis on ira parler évidemment d'intelligence
00:36artificielle et comment attirer les plus jeunes vers les maths parce que ça c'est l'objet aussi
00:40de son initiative Stéphane Mala. On aura ensuite comme invité Samuel Hassine qui est le patron de
00:48la startup Filigrane qui vient de lever 50 millions d'euros. On est là dans la cybersécurité et puis
00:52deuxième partie de l'émission on fera le décryptage et là il y a beaucoup de choses à dire avec nos
00:56experts, décryptage de l'actualité sur l'intelligence artificielle, tout ce qui nous concerne, beaucoup de
01:01choses avec les nouvelles sorties de chat GPT, de Gemini et puis Nvidia qui est dans tous les coups.
01:06On parlera tous avec nos experts, restez avec nous, c'est pendant une heure c'est sur BFM Business.
01:09Tech & Co Business, l'invité !
01:14Voilà notre invité, nous sommes très honorés de recevoir et enchanté Stéphane Mala, bonjour !
01:21Bonjour ! Vous êtes professeur au Collège de France et médaille d'or du CNRS, on va y revenir puisque la médaille d'or du CNRS distingue des carrières
01:28des carrières scientifiques d'exception depuis 1954, c'est cela. C'est là l'une des plus prestigieuses récompenses scientifiques, si ce n'est la plus prestigieuse.
01:36Alors vous avez déjà reçu pas mal de récompenses aussi au cours de votre carrière mais celle-ci marque particulièrement des travaux sur la théorie des ondes lettes,
01:43une méthode qui stocke des données avec peu de mémoire et puis on les analyse efficacement. Tiens, ça nous fait penser un peu à l'IA, on va s'y retrouver et on va en parler avec vous.
01:51Vous travaillez aussi autour des réseaux de neurones, de l'apprentissage profond, de l'IA générative.
01:56Vous avez aussi un parcours intéressant privé-public et puis on devance un peu la cérémonie, ce sera le 17 décembre officiellement cette remise de médaille.
02:03Mais ma première question, c'est en quelques mots votre parcours. Alors vous êtes vraiment à la croisée des chemins entre mathématiques et informatique, c'est cela ?
02:10Oui, j'ai fait un doctorat aux Etats-Unis, à l'Université de Pennsylvania, puis donc durant ce doctorat j'étais entre d'un côté les mathématiques et les applications au traitement de l'information.
02:22Et puis j'ai été professeur aux Etats-Unis, à l'Université de New York pendant une dizaine d'années, avant de revenir en France à l'école polytechnique.
02:31Et c'est à ce moment-là qu'avec des étudiants, on a créé une start-up que j'ai dirigée pendant 7 ans avant de revenir à la vie académique et à la recherche.
02:41Et donc là, je suis passé à l'école normale supérieure, puis au Collège de France.
02:45Et alors vos travaux, c'est beaucoup sur le traitement du signal et de l'image, c'est ça ?
02:51C'est souvent l'inspiration, mais en fait derrière, il y a les grandes questions de comment on représente l'information qui est dans les données, quelles sont les structures élémentaires fondamentales.
03:03Et quand on abstrait ce genre de problème et on l'étudie d'un point de vue mathématique, on se rend compte que les applications touchent des domaines encore bien plus grands, la physique, la chimie et d'autres domaines du traitement de l'information médicale, biologique.
03:17Donc ça, c'est un peu la spécificité de ce travail en mathématiques, c'est qu'on part d'un côté d'une application en informatique, en traitement d'images, on extrait des concepts dont les applications ensuite sont beaucoup plus larges.
03:31C'est un peu ce qui guide un peu votre carrière, c'est toujours expliquer les mathématiques, montrer comment les mathématiques, on les retrouve partout en quelque sorte.
03:39Oui, parce que pourquoi on les retrouve partout ? Parce qu'on se retrouve devant des problèmes qui sont extraordinairement complexes.
03:45Et l'enjeu, c'est de simplifier ces problèmes, d'en extraire l'essence pour pouvoir les penser.
03:51Et c'est à ça que ça sert, les mathématiques. Ensuite, on peut calculer, ensuite on peut démontrer et revenir sur l'application pour résoudre le problème d'origine.
03:59Et on en reparlera parce que vous poussez justement, vous êtes à l'origine de l'initiative auprès des étudiants, mais aussi des lycéens, on va en reparler dans un instant.
04:06Alors dans l'article que le CNRS vous consacre à l'occasion de cette médaille d'or, il est dit vos travaux ont eu un impact profond et durable et ses contributions formalisent des concepts fondateurs.
04:16Alors expliquez-nous, je crois que vous avez notamment travaillé sur la, qui va nous parler à tous, sur la compression des fichiers JPEG, c'est ça ?
04:22Oui, le problème qui est derrière, c'est comme je le disais au départ, c'est de comprendre quelles sont les structures importantes qui permettent de représenter les données de façon efficace.
04:32Pensez à de la musique, comment on écrit de la musique avec des notes de musique sur une partition ?
04:37Eh bien une note de musique, c'est une ondelette.
04:40Simplement là, on a l'impression que c'est complètement contextuel à la musique.
04:44Or, quand on analyse ça d'un point de vue mathématique, on se rend compte que n'importe quel autre type de données,
04:48données, y compris des images, des électrocardiogrammes, peuvent se décomposer dans ces fameuses ondelettes.
04:55Et l'intérêt, c'est que ça va permettre d'avoir une représentation très économique.
05:00D'une certaine manière, quand vous avez une image et que l'image est quasiment constante,
05:05c'est un peu comme un silence en musique.
05:07Vous n'avez pas besoin de notes, vous n'avez pas besoin d'ondelettes.
05:10Donc on va avoir besoin de beaucoup moins d'ondelettes.
05:12Et pourtant, ça fait partie de la partition.
05:13Et ça fait partie de la partition, mais on n'a pas besoin de spécifier de notes.
05:17Du coup, ça devient plus économique.
05:19Et quand on représente une image en ondelettes, on obtient une forme compressée.
05:25Et c'est ce qui a effectivement donné lieu au standard JPEG 2000.
05:29Là où les maths ont été très importantes, c'est ce qui a permis, et c'est là une grande partie de mon travail,
05:35de développer aussi des algorithmes efficaces pour calculer la décomposition des images et définir ces standards.
05:41Alors, je revenais, vous l'avez dit, vous avez, parce que quand j'en ai discuté avec Antoine Petit,
05:48donc le dirigeant du CNRS, il me disait, oui, le parcours intéressant de Philippe, c'est qu'il a aussi fait ce public privé.
05:54Donc c'est vrai, cette start-up créée dans les années 2000, Let It Wave, que vous revendrez en 2008.
05:59Vous revenez vers, vous l'avez dit, un parcours plus académique.
06:02Il n'y a pas eu d'autre moment où vous avez été tenté d'une aventure entrepreneuriale ?
06:05Parce qu'on imagine, vous côtoyez des étudiants, on les voit tous, qui sortent de l'X, qui ont monté, et des Mistral, et d'autres entreprises.
06:12On se dit, tiens, ceux-là, je les suivrai bien.
06:15D'une certaine façon, j'ai contribué dans la mesure où, quand je suis revenu à l'école polytechnique,
06:20j'ai créé les premiers cours de création de start-up.
06:22Beaucoup de mes anciens élèves ont créé ces start-up avec des succès assez impressionnants pour nombre d'entre eux.
06:30Personnellement, c'est plutôt dans une direction d'un projet éducatif que je me suis lancé.
06:39Mais pour moi, c'est aussi une start-up.
06:41C'est-à-dire développer un projet qui peut atteindre un niveau national,
06:47que ce soit pour gagner de l'argent ou pour ne pas gagner de l'argent,
06:51peu importe, c'est le même processus créatif.
06:53Et c'est ça, votre start-up aujourd'hui ?
06:56C'est une initiative, je comptais y venir un peu plus tard, mais je vais y venir tout de suite.
06:59C'est un challenge pour les étudiants que vous avez lancé.
07:04Vous avez lancé aussi Mathadata, une initiative dédiée aux élèves du secondaire, c'est ça ?
07:09Exactement, ça s'appelle Mathadata, mathadata.fr pour ceux qui veulent aller regarder.
07:15Et c'est une initiative pour faire un peu face à la crise des mathématiques et de l'enseignement,
07:21en montrant, pour motiver les élèves, que les maths sont au centre des grands problèmes,
07:27et notamment de l'intelligence artificielle.
07:29Donc ce qu'on leur propose, c'est des problèmes très pratiques,
07:32comme par exemple un diagnostic médical, classification d'images.
07:36On fait émerger les mathématiques à partir de là,
07:39et on montre que ça permet de résoudre les problèmes.
07:42Donc ce sont des choses que l'on fait en classe, on forme les professeurs,
07:46tout ça s'est fait en partenariat avec l'éducation nationale.
07:49Et notre ambition, c'est un passage à l'échelle en 2026.
07:53On a actuellement formé de l'ordre de 300 professeurs dans plusieurs académies.
07:56C'est quelque chose qui fonctionne bien sur les essais pilotes qu'on a fait.
08:00Et l'éducation nationale embraye bien sur ce sujet-là ?
08:04Tout à fait, parce que les professeurs sont tout à fait conscients
08:07qu'il y a un véritable enjeu pour motiver les élèves,
08:10notamment les élèves qui ont décroché, qui ne voient plus à quoi ça sert.
08:14Et le fait d'introduire des phases de manipulation avec l'informatique,
08:19devant des écrans, ça permet aussi de se développer une intuition
08:22et de se rendre compte que non seulement il y a une utilité,
08:26mais il y a une intuition des mathématiques qu'on peut tirer du réel.
08:31Et c'est comme ça qu'on réembraye les élèves
08:34et on leur fait faire ensuite des mathématiques abstraites.
08:37Donc l'éducation nationale est un vrai partenaire très enthousiaste, je dois dire, pour ça.
08:41Donc voilà votre start-up, en tout cas.
08:44Et c'est vrai, on le disait hors caméra tout à l'heure,
08:46c'est vrai que les élèves vont à part leur faire calculer la hauteur de la tour Eiffel
08:50avec le soleil qui tombe et un soleil couchant.
08:52Bon, une fois qu'on a fait ça, c'est un peu moins intéressant
08:54que si on les relie vraiment avec des sujets qu'ils côtoient au quotidien.
08:56Surtout pour des adolescents, absolument.
08:59Et pareil, j'imagine, pour les jeunes filles,
09:01parce que les jeunes femmes, il faut les attirer davantage.
09:03Absolument, c'est aussi quelque chose de très important.
09:06Et donc les sujets sont extraordinairement divers.
09:09C'est vrai que toucher à des sujets sociétaux, à des sujets liés à la médecine,
09:14ça fait partie des facteurs pour montrer aux jeunes filles aussi
09:17que les maths, c'est important dans la vie.
09:20Alors, dans vos travaux, vous travaillez aussi sur la modélisation mathématique
09:23des réseaux de neurones.
09:24Donc évidemment, hop, on se projette dans l'IA, l'IA générative.
09:28Comment vous percevez un peu tout ce qui se passe ?
09:30Vous connaissez évidemment l'IA depuis très longtemps,
09:32la Genéa y a aussi depuis plus longtemps que nous,
09:35qui l'avons davantage découvert fin 2022, 2023.
09:38Mais comment vous percevez un peu cette démocratisation de l'IA aujourd'hui ?
09:43Alors, il y a plusieurs aspects.
09:44D'un point de vue scientifique, l'IA, ça a été, malgré tout,
09:47cette explosion, une grande surprise.
09:49Personne n'imaginait que ces réseaux de neurones auraient de telles performances.
09:53Et il y a des vrais mystères mathématiques derrière.
09:56On sait comment ils fonctionnent d'un point de vue informatique,
09:58mais on comprend encore mal leurs performances.
10:00Quel type, justement, de structures ils extraient pour analyser aussi efficacement
10:06l'information numérique ?
10:08Et ça, ce sont des enjeux qui, d'un point de vue mathématique et des applications,
10:12sont importants pour pouvoir les contrôler, leur robustesse,
10:16les rendre plus efficaces d'un point de vue énergétique.
10:19L'autre aspect, évidemment, c'est l'impact sociétal absolument considérable
10:25de ces technologies, mais ça, vous le connaissez aussi bien.
10:29Alors, dernière question.
10:31Aujourd'hui, on peut, parce qu'on en parle beaucoup de cette fuite des cerveaux,
10:34pour vous, aujourd'hui, on réussit à garder,
10:37comment faire pour réussir à garder nos jeunes ici,
10:41nos jeunes bien formés, justement, et vous en êtes un exemple,
10:44ici sur notre territoire, au moins dans un contexte européen ?
10:48Alors, il y a un premier facteur, c'est l'environnement de la recherche.
10:51En ce moment, il y a une chose qui est positive pour l'Europe,
10:57parce que ça se passe mal aux États-Unis,
10:59c'est le fait qu'on offre un environnement qui est, disons,
11:05plus positif vis-à-vis de la science.
11:07Mais, il faut bien le dire, en France, il y a un problème qui est un problème salarial.
11:11Or, ce problème est très réel pour les jeunes.
11:13Quand on rentre dans une institution de recherche
11:16et qu'on ne peut pas se louer un appartement à Paris,
11:19ça pose des vrais problèmes, surtout lorsqu'on a des offres de sociétés
11:24qui multiplient par 10 le salaire.
11:27Et quand je dis 10, c'est vraiment 10.
11:29Et c'est comme ça qu'on a vu, en fait, beaucoup de fuites de cerveau,
11:32même restant à Paris, mais allant dans les laboratoires de recherche des GAFA.
11:36Donc ça, ça a été quelque chose de très présent pendant un nombre d'années.
11:40Je pense qu'on peut faire face,
11:42mais malgré tout, l'enjeu reste un enjeu salarial
11:45qu'on compare à d'autres institutions européennes en Suisse,
11:49qu'on compare aux États-Unis, qu'on compare aux privés.
11:52Ceci étant, je dois dire que l'environnement, malgré tout,
11:56de la recherche française est vraiment très bon,
12:00surtout dans cette interface entre mathématiques et informatiques.
12:04Donc, on a toujours des chercheurs de très, très grand talent,
12:08des jeunes qui sont passionnés par le monde.
12:11Donc, vous êtes assez enthousiaste.
12:12Oui, ça, il n'y a absolument aucun doute.
12:14Et on suivra.
12:16Matadata, donc 303.
12:17La prochaine étape, vous l'avez dit, c'est 2026,
12:19ou ça va être peu intéressant ?
12:202026, c'est le passage à l'échelle.
12:22C'est-à-dire, pour l'instant, on est sur trois académies.
12:24C'est vraiment de se développer à un niveau totalement national.
12:28Eh bien, merci.
12:29Stéphane Malat, je rappelle, vous êtes professeur au Collège de France,
12:31êtes membre du département de l'ENS
12:33et médaille d'or du CNRS.
12:35Donc, vous recevrez le 17 décembre prochain.
12:37Bravo encore pour cette récompense.
12:39qui rejoint d'autres.
12:42Vous en avez eu beaucoup auparavant.
12:44Et merci d'avoir fait, de nous avoir fait l'amitié
12:46de venir sur ce plateau pour nous parler des mathématiques.
12:48Et on suivra, on verra comment reparler de cette initiative Matadata,
12:52parce que nous, ici aussi, on essaie de promouvoir
12:54toute cette science, ces mathématiques, cette informatique
12:57auprès des jeunes.
12:59Merci encore à vous.
13:01On marque une toute petite pause
13:02et on va parler cybersécurité dans un instant.
13:05Tech & Co Business, Startup Booster.
13:09Voilà, Startup Booster, c'est plus qu'un booster.
13:12Avec notre invité, tout de suite, Samuel Alassine.
13:14Bonjour.
13:15Bonjour, merci de me recevoir.
13:16CEO et cofondateur de Filigrane.
13:18On est dans la cybersécurité.
13:20Fondée en septembre 2022, vous fêtez tout juste vos trois ans.
13:23Déjà 160 personnes dans l'effectif.
13:26Vous me disiez, vous allez organiser une grande réunion.
13:27C'est après un fois que tout le monde aura un badge.
13:29Voilà, pour que tout le monde se connaisse.
13:30Absolument.
13:31C'est le passage à l'échelle.
13:33Voilà, croissance XXL, 160 clients,
13:35mais déjà plus de 6 000 utilisateurs.
13:37On va voir ce que vous faites exactement.
13:39100 millions d'euros de levés en deux ans,
13:41mais surtout là, dernièrement, 50 millions d'euros.
13:43Quand on connaît un peu le contexte global,
13:45c'est vraiment une belle performance
13:46et qui montre la qualité de votre entreprise.
13:50Vos premiers passes cyber, c'était peut-être avant,
13:53mais en tout cas, vous étiez à l'Annecy.
13:54Et c'est là où vous étiez en train de travailler sur un projet.
13:56Puis de là, il n'est une idée qui vous a donné l'envie de fonder une entreprise.
14:03C'est ça ?
14:04Absolument.
14:04Avec mon cofondateur, Julien, on a eu cette idée.
14:08Julien Richard.
14:09Julien Richard, absolument.
14:11On a eu cette idée de créer cette plateforme d'analyse des cybermenaces,
14:16qui est OpenCTI.
14:18Et on a commencé à y travailler sur notre temps libre.
14:21C'est une plateforme qui est open source.
14:22Donc, on a pu aussi rassembler une communauté
14:24avant la création de l'entreprise en octobre 2022.
14:27Et qu'il y a deux missions.
14:28Il va y avoir une troisième bientôt.
14:30Mais c'est l'état des attaques.
14:32Et puis, simuler des scénarios d'attaques, c'est ça ?
14:35Absolument.
14:35En fait, nous, notre mission,
14:37c'est la gestion proactive des menaces de bout en bout.
14:40Et c'est assez simple à comprendre.
14:41C'est que la première étape pour prévenir une menace,
14:44c'est d'abord de la connaître.
14:45Et donc, par conséquent, le premier outil,
14:48la première plateforme qu'on a, OpenCTI,
14:50c'est vraiment une plateforme qui va permettre d'agréger,
14:52de consolider sa connaissance sur les cybermenaces.
14:55Et ensuite, la prochaine question que vous avez,
14:57généralement, quand vous connaissez bien votre menace,
14:58c'est est-ce que j'ai des écarts dans mon entreprise ?
15:01Est-ce que ma posture de sécurité est bonne au regard de ces menaces ?
15:04Et donc, le deuxième outil, c'est de prendre ces informations-là,
15:07de simuler les menaces dans l'environnement
15:08et de vérifier, en fait, la posture de sécurité d'une entreprise
15:11au regard de ces menaces.
15:12Et il va y avoir un troisième axe à venir ?
15:17Absolument.
15:17On a toujours eu dans l'idée de faire justement un troisième axe
15:19puisque une fois qu'on a simulé cette attaque
15:22et qu'on a identifié ces décarts,
15:23on a besoin de les remédier.
15:24On a besoin de prendre des actions.
15:26Et généralement, pour prioriser ces actions,
15:28ça va être en fonction du niveau de risque auquel on fait face.
15:31Et donc, c'est pour ça que ce troisième outil,
15:33il va amener une couleur de risque sur cette partie-là
15:36qui va permettre aux entreprises justement
15:38de prioriser l'ensemble des remédiations
15:41et surtout de dire, OK, est-ce que c'est vraiment grave ?
15:44Est-ce que c'est tel département ?
15:46Est-ce que c'est telle personne ?
15:47Et donc, par conséquent, de mesurer
15:50et de pouvoir mieux préparer ces actions.
15:52Et là, on voit tout l'intérêt de l'intelligence artificielle
15:54que vous allez utiliser sur cette plateforme.
15:59C'est quel type de menace que vous regardez ?
16:00Est-ce que c'est la menace qui peut être,
16:02je suis le PDG d'une entreprise
16:05et je me suis montré dans les médias
16:08sur tel ou tel sujet, ça va jusque-là ?
16:11Sur les réseaux sociaux ?
16:12Est-ce que ça va où on est confronté à des ransomware ?
16:16C'est toute la palette des menaces
16:18que peut subir l'entreprise ?
16:20C'est toute la palette.
16:21C'est d'ailleurs également pour ça qu'on a parlé déjà
16:24sur votre plateau que, par exemple,
16:26des sociétés comme le FBI utilisent nos plateformes.
16:29C'est qu'on est capable vraiment de modéliser la menace
16:31un peu de manière holistique.
16:33C'est-à-dire qu'on est capable de regarder
16:35ce qui se passe sur le dark web,
16:36on est capable d'identifier plutôt des choses
16:38sur les cybercriminels,
16:39mais aussi la menace interne, par exemple,
16:41qui peut provenir de l'intérieur.
16:43Et l'idée, c'est vraiment de construire son cockpit
16:45sur tous les types de menaces possibles.
16:48Donc, ça veut dire qu'OpenCTI, la votre plateforme,
16:49elle est toujours en train de sonder un peu
16:51tout ce qui se passe sur les réseaux
16:53pour essayer de comprendre un peu, en ce moment,
16:56est-ce que c'est plutôt des attaques ?
16:57On entend beaucoup parler des dips,
16:59de fake.
17:00Là, il y a quelques jours,
17:01on a été jugé à Paris,
17:02des personnes qui travaillent sur des SMS frauduleux,
17:05donc là, des campagnes de SMS.
17:06C'est tout ça que vous suivez.
17:08Alors, c'est tout ça,
17:08mais pour la plupart des cas,
17:10on va s'intégrer avec des solutions
17:11qui, justement, sont spécialistes
17:12dans ce type, dans la détection,
17:15dans le scan, etc.
17:16Parce qu'aujourd'hui,
17:16il y a énormément de fournisseurs
17:18qui sont capables.
17:20Nous, on est vraiment l'agrégateur
17:21et la couche qui vient agrégier tout ça
17:23et surtout permettre ensuite
17:24d'utiliser cette information,
17:25de la normaliser
17:26et de pouvoir prendre des actions
17:27de manière effective.
17:29Alors, Samuel Lassine,
17:30vous parliez de vos clients,
17:31FBI,
17:31à la Commission européenne,
17:33j'en cite quelques-uns,
17:34Thales, Airbus, Booktélécom.
17:36Ça veut dire que c'est une solution
17:37qui s'adresse uniquement
17:38à des grandes structures
17:39ou est-ce que les PME aussi
17:41qui nous écoutent,
17:41qui nous regardent,
17:42se disent,
17:42tiens,
17:43parce qu'elles sont des cibles aujourd'hui,
17:45on le voit chaque jour,
17:46elles peuvent être aussi intéressées
17:48par votre solution filigrane ?
17:49Alors, je dirais que nous,
17:50effectivement,
17:51en tant qu'entreprise,
17:52on se focalise principalement
17:53sur des grands comptes
17:54secteur public.
17:56En revanche,
17:57la solution est aussi open source.
17:59On sait qu'elle est déployée
18:00dans des plus petites entreprises.
18:03Généralement,
18:03ce qui se passe
18:04dans les plus petites entreprises,
18:05c'est que la cybersécurité
18:06plutôt opérationnelle
18:07et même les analyses de risque
18:08sont externalisées
18:09à des prestataires.
18:11Donc là,
18:11dans ces cas-là,
18:11ça va plutôt être
18:12du côté des prestataires,
18:14ce qu'on appelle
18:15traditionnellement
18:15les MSSP.
18:16C'est plutôt eux
18:18qui vont utiliser nos plateformes,
18:19pas les entreprises en direct.
18:21Néanmoins,
18:21on a quand même
18:22des ETI
18:22qui utilisent nos produits
18:24et d'ailleurs,
18:26dans deux ans,
18:27on pense que nos produits
18:28seront prêts justement
18:29à adresser aussi
18:30ce type de marché.
18:32Je parlais des levées de fonds
18:33sur ce sujet,
18:34donc 50 millions d'euros levés,
18:36ce qui est exceptionnel
18:37en ce moment,
18:38que ce soit dans la cyber
18:39ou dans d'autres domaines.
18:41Pourquoi autant de levées de fonds
18:43en quelques mois ?
18:44Dans un contexte global
18:46un peu instable,
18:48un peu incertain,
18:49on a vu que des entreprises
18:50étaient un peu en difficulté.
18:51Je voyais Tetris
18:53il y a quelques jours
18:54qui avait levé aussi
18:5550 ou 60 millions
18:56il y a 18 mois.
18:58Voilà,
18:59pourquoi pour vous,
18:59vous avez besoin
19:00de tout cet argent ?
19:02Alors nous,
19:03on a toujours eu
19:05la capacité,
19:07si vous voulez,
19:08à faire un plan
19:09sur trois ans,
19:10généralement,
19:11qui nous amène
19:11jusqu'à l'équilibre financier.
19:14L'objectif de chaque levée,
19:17ça a été souvent
19:18d'accélérer ce plan
19:19ou de saisir
19:21des opportunités
19:21sur un certain nombre
19:22de marchés.
19:23Nous, aujourd'hui,
19:24cette quatrième levée,
19:26c'est vraiment
19:27dans l'objectif
19:28de s'étendre
19:29sur des marchés
19:29dans lesquels
19:30on avait déjà prévu
19:31de s'étendre,
19:32mais d'accélérer
19:33le calendrier
19:34sur ces marchés-là.
19:35Géographique ou plutôt
19:35sectoriel ?
19:36Alors, plutôt géographique.
19:37Japon,
19:38Arabie Saoudite,
19:39aussi, on voit
19:40énormément
19:40de développement
19:42aux États-Unis.
19:42On a déjà une équipe
19:43sur place
19:44et donc on aimerait
19:44continuer et renforcer
19:46vraiment cette équipe
19:47de manière assez conséquente
19:48l'année prochaine.
19:49Et puis, c'est vrai
19:50qu'en termes d'IA,
19:51on a un certain nombre
19:52d'innovations
19:53qu'on aimerait pousser
19:54au sein de nos produits
19:55et donc ça veut dire
19:55aussi renforcer
19:56les équipes R&D.
19:57Et puis, ce troisième produit
19:58dont vous parliez
19:59sur les risques,
20:00si je vous donne l'exemple,
20:00il était plutôt
20:01initialement prévu
20:02pour 2027.
20:03Et, il y a vraiment
20:04360.
20:05On a véritablement
20:06besoin de l'avoir
20:08immédiatement.
20:09On a beaucoup de partenaires
20:09qui veulent travailler
20:10avec nous.
20:10Donc, si vous prenez
20:11tout ça mis bout à bout,
20:12c'est simplement
20:13vraiment pour accélérer
20:14mais pour nous,
20:16ce n'était vraiment
20:16pas une question
20:17d'argent, entre guillemets,
20:19et une question de trésorerie.
20:20C'était vraiment
20:21une question d'accélération.
20:22Alors, tout juste trois ans,
20:23on l'a dit,
20:23vous aviez été créé
20:24en septembre 2022
20:25donc là, vous fêtez
20:26vos trois ans.
20:28Déjà 160 personnes.
20:29C'est quoi votre secret
20:29de recrutement ?
20:30Parce qu'on sait,
20:32recruter des ingénieurs
20:32mais c'est encore plus
20:33compliqué de recruter
20:34des ingénieurs cyber.
20:36Donc, comment vous faites ?
20:38Ça, le recrutement,
20:39effectivement,
20:40ça a été l'un des gros enjeux
20:42au départ.
20:44Je pense qu'au bout
20:46d'un certain temps,
20:47si vous voulez,
20:47il y a quand même aussi
20:48une marque employeur
20:48qui se met en place.
20:50Il y a eu beaucoup
20:50de bouches à oreilles,
20:52de réseaux
20:52qui nous ont permis
20:54d'accélérer.
20:55C'est vrai qu'aux Etats-Unis,
20:57on a eu la chance
20:57de créer une équipe
20:58assez forte
20:58et un noyau
20:59assez fort au départ
21:00qui nous a permis
21:01justement de capter
21:02aussi de nouveaux talents.
21:04Et contrairement,
21:05je le dis souvent
21:06dans les médias,
21:07mais c'est vrai que
21:08contrairement à d'autres sociétés,
21:09on n'a pas vraiment eu de...
21:10Alors,
21:11sur certaines compétences,
21:13ça peut être assez complexe,
21:15on n'a jamais vraiment eu
21:15de mal
21:16à staffer nos équipes.
21:18Et puis,
21:18je pense que même si
21:19c'est vrai que c'est compliqué
21:20de recruter des ingénieurs
21:21en ce moment,
21:22le marché est un peu
21:24en train de changer,
21:25comme vous l'imaginez
21:26avec l'IA, etc.
21:26Oui,
21:26et les ingénieurs,
21:27ils regardent aussi
21:27les parcours des entreprises
21:29et disent,
21:30tiens,
21:30là je sens que c'est
21:30un peu plus pérenne
21:31et un peu plus stable.
21:34Des investisseurs européens,
21:36ça veut dire,
21:37est-ce que cette petite musique
21:38de la souveraineté,
21:40elle tourne dans votre tête
21:41et dans celle de Julien Richard,
21:43avec qui vous avez cofondé,
21:44Filigrade ?
21:45La souveraineté,
21:46c'est une question
21:47qui a des années
21:50et je pense que d'ailleurs
21:52dans le numérique
21:52comme en cybersécurité,
21:54alors c'est vrai que maintenant
21:54on a beaucoup déplacé le débat
21:56sur le domaine vraiment
21:56de la cybersécurité,
21:57même si l'ensemble du numérique
21:59est concerné.
22:01Pour nous,
22:02ce n'est pas ce qui a été
22:03le principal levier
22:04de choisir
22:05les investisseurs européens.
22:07Le levier, en fait,
22:08de choisir les investisseurs,
22:09c'était de se dire
22:10aujourd'hui,
22:10on a des investisseurs
22:11plutôt américains,
22:12Axel,
22:13Inside Partners,
22:13donc on a cette couleur-là
22:15au sein du board
22:17de Filigrane
22:18et puis dans nos actionnaires.
22:20En fait,
22:21on voulait choisir
22:21quelque chose de complémentaire
22:22qui reflète l'identité globale
22:24de l'entreprise
22:25et on aurait pu choisir
22:27un investisseur australien,
22:28un investisseur saoudien,
22:29on a d'ailleurs hésité,
22:30on avait plusieurs propositions
22:31et puis le choix s'est porté
22:32sur Eurasio
22:33et Eticapital
22:35qui est l'investisseur
22:35de Deutsche Telecom
22:36justement parce que
22:38ça a apporté
22:38cette couleur complémentaire
22:39et cet aspect très global
22:40pour des questions d'équipe,
22:42pour des questions aussi
22:43de régionales.
22:45Et on pense qu'aujourd'hui
22:46du coup,
22:46on a un actionnariat
22:47qui est effectivement
22:49beaucoup plus,
22:50qui représente bien
22:50l'identité de Filigrane.
22:52Eh bien,
22:53merci d'être venu parler
22:53de tout ça.
22:54Samuel Hassin,
22:54je rappelle,
22:55vous êtes le cofondateur,
22:56CEO cofondateur
22:57de la pépite française
22:58Filigrane
22:59qui,
23:00voilà,
23:00une belle croissance
23:01qui vient de lever
23:0250 millions d'euros
23:03et puis on vous souhaite
23:03tout le succès
23:04pour ce développement
23:05à l'international.
23:06L'Asie,
23:07le Japon,
23:07vous avez dit,
23:07les Etats-Unis,
23:08ça se poursuit.
23:08L'Arabie Saoudite,
23:09le Japon,
23:10donc Moyen-Orient,
23:11Japon et puis les Etats-Unis.
23:13Eh bien,
23:13on va suivre tout ça.
23:14Merci d'être venu
23:16sur le plateau
23:16de Tech & Co-Business.
23:23BFM Business présente
23:24Tech & Co-Business,
23:25le magazine
23:26de l'accélération digitale.
23:28Frédéric Simotel.
23:30Allez,
23:31c'est parti,
23:31décryptage de l'actualité
23:32et intelligence artificielle.
23:33Sans plus attendre,
23:34on va rentrer
23:34dans le vif des sujets
23:35parce qu'il y a
23:36beaucoup de choses
23:36à dire avec nos invités.
23:38Je vous les présente
23:38tout de suite.
23:39Stéphane Rodeur,
23:39bonjour Stéphane.
23:40Bonjour.
23:41Président de AI Builders
23:43ou AI Builders
23:44si on prononce en anglais.
23:45Emmanuel Vignon,
23:46président de
23:46Théodo D'Attaïa.
23:47Bonjour.
23:48Bonjour Frédéric.
23:49Et bonjour Eric Campagnini.
23:51Bonjour Frédéric.
23:51Associé chez Addictio Group.
23:53Messieurs,
23:54on a plusieurs sujets.
23:55On a la guerre
23:56des gars-femmes
23:56contre la France.
23:57On a industrialisé
23:58les agents,
23:59il y a entreprise
23:59et on a vu la bataille
24:00OpenAI.
24:01L'IA qui continue
24:02à supprimer,
24:03enfin on pense
24:04que ça va supprimer
24:04beaucoup d'emplois
24:05mais là c'est le Sénat américain
24:06qui le dit.
24:07Et puis j'aimerais bien
24:08qu'on trouve un moment
24:08pour parler des processeurs
24:09parce qu'il y a
24:10des processeurs
24:11et cette industrie circulaire
24:13où OpenAI,
24:16qui lui-même rachète
24:17des processeurs NVIDIA.
24:18Enfin voilà,
24:19ça tourne un peu en rond
24:20tout ça.
24:20On va essayer de comprendre.
24:21La guerre des gars-femmes
24:22contre la France
24:23à cause du RGPD.
24:29Oui, en fait,
24:30c'est une tendance de fond
24:32qui est...
24:33Je prends ça
24:34mais voilà,
24:35on voit qu'il y a vraiment...
24:36En fait,
24:36c'est un peu un sujet de fond.
24:37C'est pas forcément...
24:38Enfin, il y a quelques actualités
24:39qui ont eu lieu.
24:40Gemini de Google sort
24:41mais la France
24:42n'est pas concernée.
24:44Oui, alors justement.
24:45En fait,
24:45pour moi,
24:46ça démarre vraiment...
24:47Enfin, ça s'accélère vraiment
24:48au mois d'août
24:49avec Trump
24:50qui encore
24:50nous fait le coup
24:52des droits de douane
24:52en disant
24:53ceux qui vont...
24:55Enfin, les pays
24:55qui vont embêter
24:56les grands massolants américains,
24:58je vais leur mettre
24:58des droits de douane.
24:59Ça, c'était autour du 25 août.
25:00Il y a eu déjà
25:01des sorties comme ça.
25:02Et puis après,
25:02on a eu plusieurs choses.
25:03On a eu la CNIL
25:04qui est sortie un peu du jeu,
25:05un peu sortie du bois
25:06pour faire
25:09ce qu'ils sont censés faire,
25:10en fait,
25:10c'est-à-dire
25:11mettre des amendes
25:12dès lors qu'il y a
25:13des entreprises
25:13qui ne respectent pas
25:14un certain nombre de textes
25:16autour notamment du RGPD.
25:17Autour du RGPD.
25:18Alors, ce n'est pas
25:18tellement le RGPD.
25:19Il y a surtout
25:19E-Privacy,
25:20la directive E-Privacy
25:21qui est une ancienne directive
25:22qui régit
25:22le fonctionnement
25:23des cookies.
25:25Et donc là,
25:26c'est Yahoo
25:29qui en fait les frais.
25:31Et puis un peu plus tôt
25:32aussi en septembre,
25:32il y a eu Google
25:34et Shein.
25:36Shein, je crois
25:36qu'on ne dit pas Shine.
25:37Ou Shein, Shein.
25:38Ouais, Shein.
25:39On se levé le I
25:40en même temps.
25:41Voilà, Shein
25:41qui écope
25:43d'amendes record,
25:44325 millions
25:45pour Google
25:46et 150 millions
25:47pour Shein.
25:49On a Ken Walker
25:51qui est
25:52un des porte-parole
25:54de Google
25:54qui, début octobre,
25:56s'exprime
25:57en disant
25:58bon,
25:59c'est dommage,
26:00la France
26:01se prive
26:01de nouvelles fonctionnalités.
26:03On a Apple
26:04qui demande
26:05tout simplement
26:06la suppression
26:06du DMA
26:07qui est aussi
26:07un des textes.
26:08Qui sort des fonctions
26:09notamment de traduction
26:10mais parlant
26:11sauf en France.
26:11Exactement.
26:12En fait,
26:12ils menacent.
26:13Ils disent
26:13si il y a le DMA,
26:14désolé,
26:15je ne vous aurai pas
26:16la traduction.
26:16Qu'est-ce qu'on va faire alors ?
26:18En fait,
26:20je pense qu'il ne faut pas
26:20non plus
26:21être complètement naïf
26:23sur le sujet.
26:24Moi,
26:24je suis plutôt,
26:25quand je regarde
26:26un peu
26:26les différents
26:27textes
26:28de protection
26:29qu'il y a en Europe,
26:31je me dis
26:31qu'ils sont quand même
26:31nécessaires.
26:32Protéger l'espace numérique,
26:34protéger les mineurs,
26:36contrôler le monopole
26:38des ce qu'on appelle
26:38les gatekeepers,
26:39c'est les grands,
26:40les Apple,
26:41Meta,
26:42Google et tout ça
26:43qui ont un pouvoir
26:44d'influence extrêmement forte.
26:46Ils peuvent pousser
26:46leurs produits
26:47au détriment des autres.
26:48Donc,
26:48c'est un frein aussi
26:48à la concurrence,
26:49en tout cas,
26:50à une concurrence loyale.
26:51Donc,
26:52je pense qu'il ne faut pas
26:52non plus
26:53être extrêmement naïf
26:57et se coucher
26:58en disant
26:58annulons tout
26:59et prenons le mode IA
27:01de Google Chrome.
27:02Eric ?
27:03Il faut tenir
27:04et la France
27:05est un peu en avance
27:06en tout cas
27:07faire de lance
27:07par rapport à l'Europe.
27:08il y a un impératif sociétal,
27:10tu l'as dit,
27:10effectivement,
27:11par rapport à l'usage
27:11de nos données.
27:14Donc,
27:14ça,
27:14c'est la première chose.
27:15Il y a une deuxième chose
27:15qui est cette fermeté
27:17réglementaire.
27:18Elle peut peut-être
27:18ramener quand même
27:19à avoir des solutions
27:21qui émergent
27:21qui sont privacy by design.
27:23Il y a une question
27:24de transparence.
27:24On ne les voit pas
27:25ressortir,
27:27parce qu'on pourrait dire
27:27que des acteurs européens
27:28pourraient en profiter
27:29pour revenir.
27:30Il n'y a pas
27:31pour commencer
27:32Apple ou Google.
27:33Il y a le cadre
27:33réglementaire
27:34qu'il faut absolument tenir
27:35et il y a l'investissement,
27:36on en parlera tout à l'heure,
27:37sur l'investissement
27:38qu'on peut faire en Europe
27:39sur les différentes stars
27:41en termes technos
27:41pour justement pousser
27:43des solutions alternatives.
27:44Mais la démonstration
27:45qui est faite là,
27:46elle est aussi
27:47sur un temps assez long.
27:48On parle de la France,
27:49mais il y a l'Espagne aussi
27:50qui fin 2023
27:51a intenté contre Meta
27:52un procès
27:53dont le jugement
27:54a été rendu
27:55la semaine dernière.
27:57Donc on a un temps
27:57naturellement long,
27:59il faut tenir.
28:00Effectivement,
28:00quand on a 325 millions
28:02de sanctions
28:03qui sont données là,
28:05c'est des signaux
28:05qui sont importants
28:06à donner
28:06dans un contexte
28:07où l'administration Trump
28:08évidemment ne nous aide pas.
28:09Mais du coup,
28:10est-ce qu'on peut être
28:11désavantagé,
28:12Stéphane Totua ?
28:13Vous accompagnez
28:14toutes ces entreprises,
28:15mais il y a parfois
28:16les technos,
28:17on se dit
28:17tiens en France
28:17par contre,
28:18on ne peut pas les utiliser.
28:18Ça poche quand même
28:20à un problème
28:20de compétitivité
28:21parce que d'une part,
28:24oui,
28:24il faut qu'on ait
28:25une réglementation
28:26qui structure quand même
28:28les usages.
28:29De l'autre côté,
28:31c'est un peu
28:31ce que disait Macron
28:32en mai,
28:33au moment où
28:34ce rassemblement
28:35a été voté
28:36et au moment
28:37où les actes
28:39ont été votés,
28:40qui disaient
28:41oui,
28:41OK,
28:41pour l'Europe,
28:42c'est bien,
28:42on est bien réglementés,
28:44mais il faut
28:45que ça soit global,
28:46sinon on a
28:46une distorsion
28:47de compétitivité.
28:48Et aujourd'hui,
28:50c'est un peu
28:50le problème,
28:51c'est qu'il va falloir
28:52trouver un accord
28:53finalement mondial
28:55qui permette
28:57en fait
28:57d'avoir
28:58comme pour le reste
29:00des échanges
29:01d'IA
29:01parce que ne pas
29:03pouvoir profiter
29:04nous
29:04de certains modèles,
29:06de certaines fonctionnalités,
29:08ça met en retard
29:08aussi l'industrie
29:09qui ne peut pas
29:10développer.
29:11Donc ça doit être quoi ?
29:11Ça doit être
29:12de la négo ?
29:13C'est de la négo,
29:14c'est de la négo
29:14à un haut niveau
29:16finalement,
29:17il faut qu'on arrive
29:18à faire une instance mondiale
29:19comme on a
29:20pour l'aéronautique
29:21des instances mondiales,
29:23là pour l'IA
29:23il va falloir le trouver.
29:24Même sans parler
29:25d'instance mondiale,
29:26déjà si on arrivait
29:27à s'entendre
29:27au niveau européen,
29:28ce serait déjà pas mal.
29:29Et c'est quand même
29:30le cas sur l'IA Act,
29:31sur le DMA,
29:32le DSA
29:32qui sont aussi des textes.
29:33Le DSA protège
29:35l'espace numérique,
29:36le DMA protège,
29:37interdit aux grands acteurs
29:39de faire jouer
29:40leur statut de monopole.
29:42Si déjà on arrive
29:43à le faire,
29:44et merci Eric
29:45de reciter
29:46ce qui s'est passé
29:46en Espagne aussi
29:47parce que ça montre
29:48que c'est pas que
29:48un truc farfelu français.
29:52Voilà,
29:53je pense qu'il faut
29:53qu'on tienne,
29:54il faut qu'on soit solide
29:55là-dedans
29:56parce que c'est vraiment
29:57un enjeu
29:58de décision court terme
29:59versus décision long terme.
30:00C'est-à-dire que
30:01forcément,
30:01d'un point de vue
30:02court terme,
30:03on va se dire
30:03zut,
30:04on n'a pas le mot d'IA.
30:05Mais d'un point de vue
30:06long terme,
30:06je pense qu'on le regrettera
30:07si on lâche.
30:08En même temps,
30:08on voit les Etats-Unis,
30:09en tout cas certains
30:10Etats américains,
30:12demander une réglementation
30:13aux Etats-Unis
30:14car les citoyens américains
30:16finalement ont peur
30:17de ce qu'il y a.
30:17Le RGPD,
30:17on l'a vu arriver
30:18peu à peu en Californie,
30:19puis peu à peu...
30:20Voilà,
30:20donc l'équilibre,
30:21il est peut-être
30:22en train de se faire
30:23Europe et USA,
30:25mais bon,
30:25Chine,
30:26pas du tout.
30:28Effectivement,
30:29il y a deux Etats,
30:29la semaine dernière
30:30où il y a à peu près
30:31dix jours,
30:31il y a deux Etats,
30:32l'Oregon et le Michigan,
30:34il faudrait vérifier,
30:35je ne suis pas certain,
30:36deux Etats,
30:37qui ont interdit
30:37la collecte
30:39de données personnelles
30:40ou de données de mobilité
30:41à partir d'applications
30:43sur les téléphones.
30:46Donc ça corrobore aussi
30:46le fait qu'il y a
30:47des choses qui se passent
30:48au niveau des Etats américains.
30:49On réveille un peu tout ça.
30:50Trump met un peu...
30:51Donne l'illusion
30:53qu'il ne se passe rien,
30:54que c'est le libéralisme
30:55ou trans et tout.
30:58En fait,
30:58ce n'est pas si vrai que ça.
30:59Je pense que si on regarde
31:00État par État,
31:01il se passe des choses.
31:02Eric,
31:02un dernier mot ?
31:03Et un dernier mot,
31:04on parle beaucoup
31:04des données consommateurs,
31:05mais il y a aussi
31:06dans l'environnement
31:06de travail,
31:08où là,
31:08la transparence
31:09sur l'utilisation
31:10qui est faite
31:11par ces grands acteurs
31:11américains
31:12des données
31:13des travailleurs
31:14est absolument essentielle,
31:16d'où une notion
31:16de dialogue social,
31:18d'où la nécessité
31:18effectivement de tenir
31:19la position
31:20de façon très ferme.
31:21Voilà pour ce sujet-là.
31:22Autre sujet,
31:24il y a quelques jours,
31:25c'était l'Open AI
31:26d'Evday 2025,
31:27donc on a vu,
31:29ils ont lancé
31:29une suite complète,
31:31il y avait plein de choses,
31:32l'un des plus impressionnants
31:33c'était cette histoire
31:34de pouvoir lancer
31:35Booking,
31:37enfin plein d'applications
31:38à l'intérieur d'Open AI,
31:39et puis presque en parallèle,
31:40c'était Gemini Entreprise
31:42aussi qui lançait
31:43sa nouvelle plateforme.
31:44Qu'est-ce qu'il faut penser
31:45de tout ça ?
31:46Alors on est dans le monde
31:47des agents,
31:48Stéphane,
31:49donc on est en train
31:49d'industrialiser
31:50d'avant ce temps
31:50le déploiement
31:52de ces agents ?
31:53On est à une étape
31:54très importante,
31:55on a vu Copilot
31:56se lancer il y a
31:57maintenant 18 mois
31:58en nous présentant
31:59finalement une nouvelle
32:00interface pour l'utilisateur,
32:03pour le poste de travail,
32:04pour l'environnement
32:04de travail.
32:06Bon, ça n'a pas été
32:07très loin parce que
32:08Copilot Studio
32:09ne permettait pas
32:10de faire grand-chose,
32:11finalement on avait accès
32:12à un modèle,
32:14à de l'Internet
32:14et à un SharePoint.
32:16Là, pour le coup,
32:17on arrive sur des environnements
32:18dans lesquels l'assistant
32:19qu'il soit maintenant
32:21OpenAI, Google,
32:25maintenant même Amazon,
32:26Amazon a sorti aussi
32:28un assistant dans lequel
32:29on peut créer
32:30ses propres agents.
32:31Donc en fait,
32:33on a d'une part
32:34la généralisation
32:35de ce concept
32:37d'assistant
32:39qui vient s'intégrer
32:41au poste de travail
32:42et la généralisation
32:44du concept aussi
32:44de Self-AI
32:45dans lequel le collaborateur
32:48va être en mesure
32:50en fait de créer
32:50ses propres agents,
32:52agents connectés
32:53avec des applications
32:55et des applications
32:56internes
32:57que sont les systèmes
32:57d'information
32:58et pourquoi pas
33:00externes,
33:00on parle de connecteurs
33:01et on parle de MCP
33:03qui permet en fait
33:04de faire ces connexions.
33:06Et là Stéphane,
33:06tu citais tous les acteurs
33:07Microsoft, Google,
33:09même Amazon,
33:11est-ce que OpenAI
33:11n'est pas en train de...
33:13ce qu'ils ont montré
33:13au DFD,
33:14ils ne tapent pas
33:14un gros coup ?
33:15Ils tapent très fort
33:16parce qu'ils ont copié
33:17la meilleure interface
33:19qui était celle
33:19de N8N,
33:20N8N
33:21qui est vraiment
33:23la meilleure interface
33:24drag and drop
33:25pour construire en fait
33:26des workflows
33:27avec des agents.
33:28Tout d'un coup,
33:28ils arrivent
33:29et ils disent
33:29nous on a la même.
33:31Bon, quand on regarde
33:32de près,
33:32on a regardé de près
33:33avec iBuilder Research,
33:35eh bien en fait
33:36pas du tout,
33:36il n'y a qu'une surface.
33:39En fait, effectivement,
33:39on est capable
33:40de poser quelques briques
33:41mais d'ailleurs,
33:42ça génère du code
33:43qu'il faut les faire
33:44tourner quelque part.
33:45Donc, c'est un tout début.
33:47Mais, ils ont 700 millions
33:48d'utilisateurs,
33:50c'est certainement
33:51le modèle le plus répandu
33:53dans l'entreprise
33:53pour aujourd'hui.
33:55Donc, on ne doute pas
33:56un instant
33:57qu'ils fassent un carton.
33:59Celui qui est le mieux placé
34:00aujourd'hui,
34:02c'est quand même Microsoft
34:03avec Windows,
34:05avec Office,
34:07mais on ne comprend pas
34:09pourquoi il ne va pas
34:09plus vite, plus loin
34:11avec Copilot,
34:12alors qu'on voit
34:13que tout le monde
34:13est en train
34:14de se positionner
34:14sur ces fameux assistants.
34:17Oui, parce que Google,
34:17c'est ça,
34:18le Google Gemini Entreprise,
34:19c'est un peu ça.
34:21Exactement.
34:21En fait, je ne sais pas
34:22si ça va cartonner,
34:23ce truc, parce que...
34:24Gemini Entreprise
34:25ou OpenAI ?
34:26Oui, OpenAI,
34:27Agent Kit.
34:28Parce qu'en fait,
34:30c'est sûr,
34:30ils ont copié N8N,
34:31mais il y en a d'autres
34:32qui avaient copié N8N,
34:34l'interface de N8N
34:35n'est pas forcément
34:36unique au monde.
34:38En revanche,
34:38on connaît beaucoup
34:41ChatGPT et OpenAI
34:43comme un acteur B2C,
34:44en fait,
34:44on l'utilise,
34:45il y a quand même
34:45beaucoup,
34:45beaucoup d'usages
34:46aujourd'hui
34:46qui sont faits
34:48pour le quotidien
34:50des particuliers.
34:52Je trouve que OpenAI
34:53est moins impliqué
34:54et moins présent
34:55en B2B
34:56dans l'entreprise
34:57que ne l'est
34:58Microsoft,
34:59Google,
35:01voire même Mistral.
35:01Là,
35:03on voit qu'ils essayent
35:04de jouer sur les deux tableaux
35:04et ce n'est pas la première fois
35:05qu'ils essayent de jouer
35:06sur les deux tableaux.
35:07Il y a à peu près un an,
35:09OpenAI avait sorti
35:11une équipe de consulting
35:13un peu pour essayer
35:14de transformer
35:15un peu les processus
35:16internes de l'entreprise
35:17ou des choses comme ça.
35:18Et puis finalement,
35:19bon,
35:19ça n'avait pas trop marché
35:19comme ça ne veut pas forcément
35:21dire qu'ils sont mauvais,
35:21mais il y a beaucoup de choses
35:22dans ces startups
35:23qu'on teste
35:23et puis on se rend compte
35:24si ça ne marche pas.
35:26Donc voilà,
35:26je ne sais pas
35:27si ça va véritablement fonctionner.
35:29Et puis le deuxième problème
35:30que je vois là-dessus,
35:31c'est qu'on commence
35:32à donner beaucoup de choses
35:33à OpenAI.
35:33Si on donnait à OpenAI
35:35la capacité à transformer
35:37complètement les processus
35:37internes de l'entreprise,
35:39en fait,
35:39on ferait encore un pas
35:40dans la dépendance profonde
35:42en tant qu'utilisateur,
35:43en tant que client,
35:43on ferait un pas
35:44dans la dépendance profonde
35:45à OpenAI.
35:46Et je pense qu'aujourd'hui...
35:46On l'a su faire
35:47dans les autres années
35:48avec Windows.
35:49Oui, mais aujourd'hui,
35:49il y a une prise de conscience
35:51aussi de ça
35:52et les entreprises
35:53cherchent à en sortir
35:53ou en tout cas
35:54de limiter un peu
35:54le risque de dépendance
35:55à un seul et unique acteur.
35:56Éric et Stéphane.
35:57Je te rejoins.
35:58La vision,
35:58elle est très intéressante.
36:00Le côté industrialisé
36:01est très intéressant.
36:02Je ne suis pas complètement
36:03convaincu de la partie
36:04self-AI.
36:05Enfin, rappelez-vous,
36:06les promesses de self-BI
36:07où chacun allait chercher
36:08les données,
36:09recomposer, etc.
36:10Ça, j'y crois pas.
36:11Ça va rester entre les mains
36:13d'un certain nombre
36:14d'acteurs dans l'entreprise.
36:16C'est aussi l'occasion
36:17pour la DSI
36:17de reprendre véritablement
36:18la main
36:19par rapport à ces sujets-là.
36:20Maintenant,
36:20les cas d'usage,
36:21ils sont là.
36:22Ne serait-ce que dans les DRH,
36:23on compte plus de 70 cas d'usage
36:25d'applications très concrètes
36:26sur le sujet.
36:27Les gains de productivité,
36:28les promesses sont assez intéressantes.
36:30Il y a une étude
36:30qui est parue en juin 2025
36:31qui dit qu'entre 2018 et 2022,
36:34les gains de productivité,
36:35notamment dans les services financiers,
36:37plus 7%.
36:38Entre 2018 et 2024,
36:40plus 27%.
36:41Donc, les gains de productivité
36:42derrière,
36:42ils sont là.
36:43L'espérance,
36:44ils sont là.
36:44On a les mêmes études
36:45qui disent que 95% des...
36:47Mais tout à fait.
36:48C'est là où je veux en venir.
36:49C'est que pour l'instant,
36:50on est encore dans une promesse
36:51qui se structure.
36:52Le sujet n'est pas nouveau.
36:53Les GPT spécialisés,
36:54ça fait plus d'un an
36:55qu'on en parle.
36:56Et donc,
36:56la bascule va être intéressante.
36:57Ce que tu dis sur OpenAI,
36:59B2C,
37:00entrer dans le marché B2B,
37:01c'est comme Google à l'époque
37:02quand ils avaient cherché
37:03la Google Search
37:04qui n'a pas marché du tout.
37:05Mais ils ont essayé
37:06de s'implanter là-dessus.
37:07Donc, je serais assez prudent aussi
37:09sur l'impact réel
37:10d'OpenAI
37:11dans le monde de l'entreprise.
37:12Non, puis tu parlais
37:13des gains de productivité,
37:14mais souvent,
37:14on ne peut pas...
37:15Moi, à titre personnel,
37:17je gagne beaucoup de temps
37:19en utilisant
37:20ChatGPT,
37:21Perplexity,
37:22ces outils-là.
37:22Maintenant, me dire
37:24qu'est-ce que je gagne
37:24en productivité ?
37:26C'est difficile.
37:27En fait, on revient
37:27sur ce qui est incapable.
37:28Alors que sur des services
37:29de relations clients,
37:30on va dire,
37:31avant, je traitais
37:32quatre dossiers par jour.
37:33Aujourd'hui, j'en traite huit.
37:35Là, il y a d'autres sujets.
37:37Là, aujourd'hui,
37:37pour nous,
37:38c'est un peu plus compliqué.
37:39Oui, moi, je pense...
37:40Je veux revenir
37:40sur ce qui a été dit.
37:42Je pense qu'il faut
37:42bien faire la différence
37:43entre le poste de travail
37:45et l'environnement de travail
37:46dans lequel l'assistant
37:48va pouvoir être augmenté
37:50par des agents spécifiques
37:52qui vont venir faire
37:53quelques tâches
37:54du collaborateur
37:55et les process de l'entreprise.
37:58C'est deux choses différentes.
37:59Les process sont totalement
38:01transversaux à l'entreprise
38:02et ne pourront être traités,
38:04effectivement,
38:04comme tu disais, Eric,
38:06que par des entités spécialisées,
38:08que ce soit le Data Office
38:09ou la DSI.
38:11Par contre,
38:12on cherche,
38:13avec le Self-Eye,
38:15à aller prendre
38:16toute la partie long tail,
38:17en fait,
38:18des cas d'usage.
38:19des cas d'usage
38:19à petits ROI,
38:22sur lesquels,
38:23en fait,
38:23on ne peut pas mettre
38:24un Data Office,
38:25ça coûte trop cher.
38:26Donc, en fait,
38:26on le délègue aux collaborateurs.
38:28On a une émergence
38:29avec beaucoup d'entropies.
38:31Ça part dans tous les sens,
38:32effectivement.
38:33Après,
38:34charge au Data Office local,
38:37du métier,
38:38de faire part des choses.
38:39Et c'est ça,
38:39qui est en train
38:40de s'installer.
38:41Exactement.
38:41Et alors,
38:41je suis tout à fait d'accord
38:42avec toi sur le côté long tail.
38:44Oui.
38:44J'ai beaucoup d'idées.
38:45Et ça soulève un problème
38:47que n'adresse absolument pas
38:48aujourd'hui N8N
38:49et encore moins
38:51le nouvel Agent Kit
38:53d'OpenAI,
38:54c'est qu'il n'y a pas de solution
38:54pour gouverner ces choses-là.
38:56C'est-à-dire qu'on va se retrouver
38:57à un moment donné
38:57avec 10,
38:5820,
38:5950,
38:59100,
38:59500 agents
39:00qui, chacun,
39:02vont faire une petite chose
39:03dans les RH,
39:03une petite chose dans la finance,
39:05une petite chose
39:05pour les équipes commerciales.
39:07Mais si on n'est pas capable
39:07de gouverner,
39:08s'il n'y a pas d'outillage
39:09pour les gouverner,
39:11contrôler le coût,
39:12contrôler les hallucinations,
39:13etc.,
39:13des choses comme ça,
39:14en fait,
39:15ça ne pourra jamais se déployer.
39:15Et ce n'est pas un peu
39:16ce que fait,
39:16je reviens juste sur l'autre sujet,
39:18la Gemini Entreprise,
39:19il n'y a pas un peu de ça ?
39:20Il y a un orchestrateur ?
39:21Oui,
39:22mais je ne sais pas.
39:23Enfin,
39:24la Gemini Entreprise
39:24est sortie vraiment...
39:26D'abord,
39:27c'est un rebranding.
39:30Les outils existaient,
39:31ADK,
39:32Agent Kit et tout ça,
39:33Agent Space,
39:34pardon.
39:35C'est des choses qui existaient déjà,
39:36qui étaient sorties
39:36il y a quelques mois.
39:37Donc,
39:37c'est beaucoup un rebranding.
39:40Je parle à nos amis de Google
39:42cet après-midi
39:44pour spécifiquement
39:45comprendre en détail
39:47ce qui se passe à l'intérieur.
39:48Je ne suis pas certain
39:49qu'il y a énormément de choses
39:49sur la partie gouvernance.
39:51Vraiment,
39:51la partie gouvernance
39:52comme un DSI
39:53arriverait à gouverner
39:54son parc informatique.
39:55Et pour le coup,
39:55ça pose la question
39:56du rôle du manager.
39:57C'est Benioff
39:58qui disait en début d'année
39:59côté Salesforce
40:00qu'on est la dernière génération
40:02à n'avoir managé
40:02que des humains.
40:04Là,
40:04il y a un vrai sujet
40:05entre l'assistant miracle
40:06et le collègue un peu encombrant
40:08dont on ne sait pas trop
40:09quoi faire
40:09de cette succession d'agents.
40:11Là,
40:11il y a quelque chose
40:12vraiment à faire
40:12côté manager.
40:13C'est Moderna.
40:14La Chef RH
40:15elle est aussi
40:16Chef AI.
40:16Exactement.
40:17Et donc,
40:18aujourd'hui,
40:18la vision des entreprises
40:19c'est exactement celle-là.
40:20On ne sait pas
40:21où va atterrir
40:23finalement la bonne plateforme.
40:24Quelle va être
40:25la bonne plateforme ?
40:26Par contre,
40:26ce que l'on sait
40:27c'est qu'on doit
40:28dès aujourd'hui
40:29mettre en place
40:30ces nouveaux process
40:32en fait de gouvernance,
40:34d'acceptation,
40:35de validation,
40:36de gestion
40:37des droits d'accès.
40:39Et c'est ça
40:39qui est important
40:40plutôt que la partie technique.
40:42Autre sujet,
40:45on parle évidemment
40:46beaucoup de cette IA
40:47qui pourrait supprimer
40:48des emplois.
40:49Il y a plein d'études.
40:51J'entendais encore
40:52cette semaine
40:52c'est John Chambers
40:53son ancien patron de Cisco
40:54qui dit oui
40:55ça va supprimer
40:55des emplois,
40:56etc.
40:57Là,
40:57c'est quand même
40:57l'IA,
40:58c'est le Sénat américain
40:59qui dit que l'IA
41:02pourrait supprimer
41:03100 millions d'emplois
41:04et ils mettent carrément
41:07des propositions derrière
41:08à storer une taxe robot,
41:09partager des profits,
41:10réorienter les temps de travail,
41:12faire des semaines
41:12de 32 heures,
41:13renforcer la voie des travailleurs
41:15dans la régulation de l'IA.
41:16Il y a beaucoup de choses
41:17comme ça.
41:19C'est un peu...
41:20Moi, ça me rappelle beaucoup
41:22les syndicats
41:23dans les années 90-90
41:24vis-à-vis de la robotique.
41:25On a exactement
41:26le même discours.
41:27Ce qu'il faut bien voir,
41:28c'est quand on regarde
41:28de plus près
41:29qui dirige cette commission
41:31au Sénat américain,
41:32c'est le jeune Bernie Sanders.
41:35Et on ne peut pas...
41:37Le jeune,
41:38c'est ironique.
41:39Ah, peut-être, oui.
41:41Quelques années
41:42de Sénat derrière lui.
41:44Et la première chose
41:45que ça va supprimer,
41:46selon eux,
41:47c'est des gens
41:47dans les fast-foods.
41:48Donc en fait,
41:49je ne suis pas sûr
41:50qu'ils aient bien compris
41:50exactement de quoi on parle.
41:53Et il y a un petit
41:54côté réactionnaire
41:55dans cette façon
41:58de voir les choses.
41:59Oui, c'est vrai
41:59que ça va supprimer
42:00les emplois.
42:01Encore une fois,
42:01la bureautique,
42:02c'est 10 %
42:03des collaborateurs.
42:06Là, on ne va pas
42:07y échapper.
42:09J.P. Morgane
42:10parle de 15 %.
42:11Maintenant,
42:13il faut regarder
42:13par rapport
42:14à l'ensemble
42:15des collaborateurs américains.
42:15Moi, je suis plus inquiet
42:16sur les juniors, en fait.
42:18Ah, tout à fait.
42:18Sur les juniors.
42:19Parce qu'en fait,
42:21le pied à l'étrier
42:22où on leur faisait
42:22un peu les tâches
42:23rébarbatives,
42:24il se muscle un peu
42:26tout ça.
42:26On ne le fait plus aujourd'hui.
42:28Les premières années
42:29en cabinet d'avocat,
42:30on lit des documents,
42:32on lit des jugements
42:35qui ont été faits
42:36sur les dernières années
42:36pour comprendre
42:37la jurisprudence.
42:38On les analyse,
42:39on fait des notes
42:39de synthèse,
42:39des choses comme ça.
42:40Ça, c'est des choses
42:41qui prenaient plusieurs jours
42:42quand c'était fait
42:43par un humain.
42:45Aujourd'hui,
42:46en quelques secondes,
42:46une intelligence artificielle
42:47le fait très bien.
42:48Il y a beaucoup
42:48de métiers comme ça
42:49qui sont concernés.
42:51Il y avait déjà eu
42:52une étude.
42:54C'est Accenture ?
42:55Je sais que ces chiffres-là
42:59c'est Accenture.
42:59C'est très vrai.
43:01Accenture dit
43:01qu'on a supprimé
43:0212 000 postes
43:03ou qu'on ne renouvellera pas
43:04de 12 000 postes.
43:06en tout cas parce qu'à cause
43:07de l'IA.
43:07Bon, après,
43:08on sait qu'en ce moment
43:10pour les ESL,
43:11IBM l'avait fait en 2015.
43:12Enfin, ils le font toujours.
43:13Accenture dit
43:15parce qu'il y a des gens
43:16qu'on ne pourra pas
43:17former à l'IA
43:17alors qu'on a l'impression
43:19que l'IA c'est quand même
43:20facile à utiliser.
43:22Non, ce n'est pas vrai.
43:25Ce qui est intéressant
43:26c'est que tu disais Frédéric,
43:27il y a plein d'études
43:27qui sortent comme ça.
43:28Le World Economic Forum
43:29a sorti une étude
43:30en janvier 2025
43:31qui dit qu'il va y avoir
43:32170 millions
43:34de créations d'emplois
43:35d'ici 2030
43:3692 millions
43:37d'emplois déplacés
43:39et donc on aurait
43:40un solde de net
43:40de 70 millions
43:41par rapport aux 100 millions
43:42de destructions d'emplois
43:43données par le Sénat américain.
43:45Deux choses.
43:46Un, c'est un contre-pied
43:47je trouve
43:48ce rapport du Sénat
43:49à une sorte d'angélisme
43:51d'hyper-enthousiasme
43:53américain en ce moment
43:54de la part de l'administration Trump
43:55sur effectivement
43:56cet oligopole tech.
44:01Mais sinon,
44:02il sera les 1200 milliards
44:03investis dans cet oligopole.
44:05sinon les États-Unis
44:06sont en récession.
44:07Ils sont à 0,5 milliards.
44:08Donc, il y a une sorte
44:09d'enthousiasme là.
44:10Donc, très bien.
44:11Je ne conteste pas ça du tout.
44:12Ce que je dis simplement,
44:13c'est que moi,
44:13je ne crois pas
44:14à cette job apocalypse
44:16qu'on nous annonce.
44:17Par contre,
44:17il y a un vrai décalage
44:19dans les compétences
44:20et dans l'accompagnement
44:21des travailleurs
44:22pour embrasser
44:23de nouvelles compétences
44:24liées à l'intelligence artificielle.
44:26et c'est cette mobilité interne
44:28et on a une responsabilité collective.
44:30Alors, on peut la gérer
44:31de façon plus institutionnelle,
44:33plus politique,
44:33mais aussi les entreprises
44:34ont une responsabilité
44:36dans la gestion des emplois,
44:38des parcours professionnels
44:39et de travailler cette mobilité
44:40et de l'anticiper.
44:41Et c'est ce qu'elles ont commencé
44:42à faire.
44:43Donc, ça, c'est très bien.
44:44Mais c'est vraiment ça
44:45qui est en jeu.
44:46Moins que le job apocalypse
44:47qu'on nous annonce là
44:48avec le fond.
44:49Stéphane Emmanuel.
44:50Effectivement,
44:50on a une vraie prise de conscience
44:52dans les entreprises aujourd'hui
44:53de la nécessité absolue
44:56de former
44:57et d'accompagner
44:58le changement
44:59en fait
44:59des collaborateurs
45:01et de leurs compétences.
45:02Donc là,
45:03on est en plein dedans.
45:05Et moi,
45:05je pense que la prise de conscience
45:06est là
45:07et que pour le coup,
45:09les gros groupes,
45:10en tout cas,
45:10ont bien pris le pli.
45:12Moi, ce qui m'inquiète le plus,
45:13c'est les ETI.
45:15Les entreprises de taille intermédiaire
45:16aujourd'hui
45:17regardent un peu...
45:18Qui ont le nez
45:19dans le guidon
45:19dans leur métier ?
45:20Malheureusement,
45:21elles en sont dans le guidon.
45:22Mais pour celles
45:24qui peut-être
45:25auraient les moyens,
45:26on en voit
45:27très, très, très peu
45:29en fait
45:29prendre le virage
45:30et surtout
45:31pour leurs collaborateurs.
45:33Ils vont avoir
45:34un énorme gap.
45:35Emmanuel.
45:35Je pense que,
45:36en fait,
45:37quand tu dis
45:37il faut accompagner
45:39les gens
45:39à la formation,
45:41dans la manière
45:42dont ces choses-là
45:44sont dites
45:44et effectivement,
45:45c'est un discours ambiant,
45:46on donne l'impression
45:47que le collaborateur,
45:48il a juste à attendre
45:49que l'entreprise
45:50fasse des formations
45:51ou libère du temps.
45:53Et en fait,
45:53moi je pense
45:54que ça ne marchera pas.
45:55C'est toujours pareil.
45:56En France,
45:56on a toujours l'impression
45:56qu'il y a papa et maman
45:57qui vont gérer
45:58les problèmes
45:59qu'on va avoir au quotidien.
46:00En fait,
46:00s'il n'y a pas
46:00une prise de conscience
46:01de l'individu,
46:03et ça,
46:03ça va de 10 ans
46:04à 77 ans,
46:05s'il n'y a pas
46:05une prise de conscience
46:06de l'individu,
46:07qu'en fait,
46:08il y a des trucs
46:08qui vont changer.
46:09Moi,
46:09ce que je dis à chacun,
46:10c'est de regarder,
46:10quand on m'en parle
46:11dans n'importe quel métier,
46:13regarde toutes tes tâches
46:14et tu vois lesquelles
46:15peuvent être faites
46:15par l'IA.
46:16Si tu fais du pain,
46:19peut-être un rebond
46:19un jour,
46:20mais par contre,
46:21si tu es avocat,
46:23il y a quand même
46:24un compteur.
46:25Moi,
46:26j'ai un fils
46:26qui a la chance
46:27d'être étudiant à HEC.
46:29Alors,
46:30on dit toujours
46:30HEC,
46:30c'est génial,
46:32tu trouveras un job,
46:33machin,
46:33mais en fait,
46:33moi je lui dis,
46:34mais regarde en fait,
46:35regarde ce qui se passe
46:36dans l'IA,
46:36parce que peut-être
46:37que les jobs
46:37que les diplômés d'HEC
46:40ont eu il y a 3-4 ans,
46:41en fait,
46:41ils n'existeront plus
46:42ou ils seront
46:43complètement différents
46:43et donc si tu arrives
46:44avec le même frame
46:45qu'il y a 3-4 ans,
46:47ça ne marchera plus.
46:48Donc,
46:49moi,
46:50c'est comme ça que je vois.
46:51Le sondage du BSI,
46:54le BSI,
46:54c'est l'organisme UK
46:55qui fait les normes
46:57ou les certifications.
46:59Ils disent,
47:00il y a plein de chiffres
47:00qui sont passionnants.
47:01Un quart des patrons
47:03disent qu'ils réfléchissent
47:04à ne pas embaucher
47:06au profit
47:07d'une intelligence artificielle.
47:09Un quart des patrons
47:11disent qu'en fait,
47:12les tâches d'un collaborateur
47:13qui vient de rentrer
47:14peuvent être faites
47:14par une IA.
47:15Ça,
47:16c'est des chiffres
47:16qu'on ne voyait pas trop.
47:17Je me méfie toujours
47:18des études
47:20et notamment des chiffres
47:20dans l'absolu,
47:21mais ce qu'il faut,
47:21c'est voir l'évolution
47:22de ces chiffres-là.
47:23Il y a un an,
47:24deux ans,
47:24trois ans,
47:24on ne parlait pas
47:25de ce truc-là.
47:26D'ailleurs,
47:26c'est ce qui se passe.
47:26Moi,
47:27j'entends beaucoup
47:27d'entreprises
47:27qui disent
47:28quand on crée
47:29une fiche de poste
47:30pour recruter quelqu'un,
47:31le réflexe de l'ARH
47:41qui peut être faite
47:41par une IA.
47:42Et c'est là où on dit
47:42peut-être que le profil
47:44va complètement...
47:44Et finalement,
47:45on va chercher
47:45un autre profil,
47:46on va recruter quand même
47:46et chercher un autre profil.
47:47Je voulais vous écouter
47:49aussi sur une dernière
47:49tendance en ce moment,
47:54c'est cette industrie circulaire,
47:55ce business circulaire.
47:57Aujourd'hui,
47:58je l'ai rapidement dit
47:58tout à l'heure,
47:59donc là,
47:59on a AMD
48:00qui a signé avec OpenAI,
48:04avec peut-être
48:05prise de participation.
48:07OpenAI
48:07qui signe avec NVIDIA,
48:09du coup,
48:09ils ont de l'argent,
48:10donc du coup,
48:10OpenAI investit dans Oracle
48:11pour son infrastructure
48:13et du coup,
48:14Oracle rachète du NVIDIA.
48:16Enfin voilà,
48:16il y a tous ces trucs,
48:17il y a IBM
48:17qui arrive avec NVIDIA.
48:19On a un peu
48:20ce business circulaire
48:21qui se met en place
48:23et Eric,
48:24ton regard de tout ça,
48:25alors,
48:25on ne parle pas d'une bulle,
48:27pourquoi pas ?
48:28C'est vrai qu'il y a
48:28quelques éléments
48:29qui nous rappellent tout ça,
48:30des survalorisations,
48:32ça nous rappelle un peu
48:33la bulle de mars 2000.
48:35Bon,
48:35il y a quand même
48:36des choses un peu différentes,
48:37c'est qu'il y a quand même
48:37des gens qui ont
48:38du chiffre d'affaires,
48:39on a tiré les leçons
48:41de tout ça,
48:41mais voilà,
48:42quel est ton regard
48:43par rapport à tout ça ?
48:44Tu parlais de ton fils
48:45qui est HEC,
48:46c'est un bel exemple
48:47d'économie circulaire,
48:48en fait,
48:48c'est que chacun se nourrit
48:49d'un des autres,
48:50etc.,
48:50donc c'est formidable.
48:52Et que personne n'intéresse
48:53que l'autre,
48:53il y en a un qui se casse
48:54la figure.
48:55Et que personne n'a intérêt.
48:55Alors,
48:56ce qui est intéressant quand même,
48:57c'est que vous avez vu
48:57que Salmanman a commencé
48:59à ouvrir un peu la porte
48:59du côté de la Commission européenne,
49:01à prendre quelques contacts
49:02pour dire,
49:02tiens,
49:03ce serait quand même intéressant
49:03de vous regarder
49:09Petit mottre entre amis,
49:10ça c'est une chose.
49:11Maintenant,
49:12ce qui est sûr,
49:13c'est qu'à chaque révolution industrielle,
49:14de toute façon,
49:15il y a un petit nombre d'acteurs
49:16qui prennent la main
49:17sur l'infrastructure,
49:18qui imposent les normes,
49:19qui imposent les prix,
49:20qui imposent les priorités.
49:22C'est ultra-capitalistique.
49:24Salmanman dit du même
49:25que everything starts with compute,
49:26donc c'est la puissance de calcul
49:28qui est au cœur de tout ça
49:29et qui nécessite
49:30des investissements
49:31absolument massifs.
49:32Donc,
49:33on pourrait se réjouir de ça.
49:34L'inconvénient,
49:35c'est que c'est entre
49:35quelques acteurs américains
49:37dans un contexte
49:38où,
49:39respect de la priorité sociétale,
49:42du travailleur,
49:43etc.,
49:43ne sont pas au rendez-vous,
49:44donc on peut s'inquiéter de ça.
49:46J'ai trouvé intéressant
49:47de regarder
49:47les différents oligopoles
49:48qu'on a pu voir jusque-là.
49:50Tu as IBM,
49:51tu avais AT&T,
49:52dans le pétrole,
49:54les Seven Sisters
49:55avec les différents BP,
49:57Exxon, etc.
49:58Chaque fois,
49:59ces oligopoles
49:59se sont mis en place,
50:01ça a accéléré le marché.
50:02Et à un moment donné
50:03ou à un autre,
50:03il y a eu une loi antitrust
50:05et il y a eu l'émergence
50:06d'un ou deux acteurs derrière.
50:08Donc,
50:08aujourd'hui,
50:08cette loi antitrust,
50:09on pourrait imaginer
50:10qu'avec la partie RGPD,
50:12DMA,
50:12etc.,
50:12on a des éléments,
50:13on l'a dit,
50:14il faut tenir position,
50:14ça ne va pas être facile.
50:15Et derrière,
50:16se pose la question
50:17de notre capacité collective,
50:18ne serait-ce qu'au niveau européen,
50:19à investir massivement.
50:21Stéphane ?
50:22Je pense qu'effectivement,
50:23il y a une vraie nécessité,
50:25maintenant,
50:26urgence,
50:27à investir en Europe,
50:29notamment sur la partie
50:30infrastructure et processeurs.
50:32C'est un peu ce que...
50:34Oui,
50:34parce que ça,
50:35quoi qu'il arrive,
50:35on s'en resservira.
50:36Même s'il y a un ralentissement
50:38du marché,
50:38il y a un moment...
50:39On est face à un univers
50:42totalement déréglementé
50:43et extrêmement libéral
50:45dans lequel,
50:46du jour au lendemain,
50:47on peut te dire,
50:48ben non,
50:48à toi,
50:49c'est tellement stratégique
50:50que je ne te donne pas
50:51de processeurs
50:52et que toi,
50:53tu n'as pas d'autres ressources
50:54que les deux sources américaines,
50:56AMD et Nvidia,
50:57tu te retrouves,
50:58finalement,
50:59incapable de faire tourner
51:00tes modèles
51:02et ton économie.
51:03Parce qu'encore une fois,
51:05si aujourd'hui,
51:06on t'enlève Internet,
51:07toute ton économie
51:09s'arrête demain,
51:11on t'enlève
51:12des processeurs
51:13Nvidia et AMD,
51:15toute ton économie
51:16va s'arrêter.
51:17Donc,
51:17on ne peut pas rester comme ça.
51:20Emil ?
51:20Oui,
51:21cette analyse
51:22sur le financement...
51:24Il y a un très beau schéma,
51:25je ne sais plus où est sorti ce schéma.
51:26Oui,
51:26ce schéma,
51:27c'est Morgan Stanley,
51:28je ne sais pas si...
51:28Morgan Stanley,
51:29donc,
51:29allez chercher...
51:31Justement,
51:33tout ce business circulaire
51:34de l'investissement d'Ora
51:34dans Nvidia.
51:36C'est un plat de spaghetti,
51:36mais en fait,
51:36il se comprend assez bien.
51:37En fait,
51:37on a des flux descendants
51:38de business
51:39et des flux remontants
51:40de financement.
51:41Essentiellement,
51:42c'est comme ça
51:42qu'on peut l'analyser.
51:43C'est-à-dire qu'en gros,
51:44OpenAI achète
51:45à Microsoft,
51:46Oracle,
51:47Nvidia,
51:47et puis derrière,
51:48Nvidia investit
51:49dans OpenAI,
51:49Microsoft investit
51:50dans OpenAI
51:50pour faire en sorte
51:51que toute cette boucle
51:52s'alimente.
51:53Et en fait,
51:54il y a des fonds
51:54qui sont tous les mêmes
51:55pour les uns et les autres,
51:56enfin les fonds qui investissent
51:57aussi dans le fait.
51:57Bien sûr,
51:57tout ça,
51:58il y a tous les fonds.
51:58Mais en fait,
51:59ce qui est intéressant,
52:00si je fais un parallèle
52:00avec un circuit électrique,
52:02quand on a un circuit électrique
52:04qui boucle
52:05et quand il y a zéro résistance,
52:07ça fait un court circuit.
52:08Et en fait,
52:08l'intensité devient infinie.
52:10Les lois physiques,
52:11la loi d'Aum,
52:12Ugaleri,
52:12tout ça,
52:13ça fait que ça devient infini.
52:14Là,
52:14le risque,
52:15et Samalman le dit un peu aussi,
52:17le risque,
52:17c'est que cette bulle,
52:18en fait,
52:18elle ne fait que s'accélérer.
52:19C'est-à-dire qu'on achète
52:20encore plus,
52:21on finance encore plus,
52:21on achète encore plus,
52:22on finance encore plus,
52:23on achète encore plus.
52:23Et donc cette boucle,
52:24elle ne fait que tourner
52:25de plus en plus rapidement.
52:26La dernière fois qu'on a eu ça,
52:27c'était la bulle internet,
52:28quand même,
52:29il y a 20 ans.
52:30Et on a vu que ça,
52:31ce n'est pas forcément
52:31très bien terminé.
52:32Donc,
52:33il faudrait mettre un peu,
52:34si je reprends le parallèle
52:35avec le circuit électrique,
52:36il faudrait mettre un peu
52:36de résistance,
52:37un peu de résistance,
52:38des lois antitrust,
52:39des choses comme ça.
52:39Ce serait quoi pour terminer ?
52:40Des lois antitrust,
52:40par exemple,
52:41ou des choses comme ça,
52:41ou quelque chose qui fait
52:42qu'on évite.
52:45Je pense qu'on a plusieurs moyens
52:48de mettre des résistances,
52:49mais aujourd'hui,
52:50ça tourne de plus en plus vite.
52:52Voilà,
52:52l'IA,
52:53un mécano technologique,
52:54capitalistique,
52:55c'est ce que je titrerai
52:56pour cette séquence.
52:57Merci à tous les trois.
52:58Stéphane Rodeur,
52:58président des AI Builders,
53:00Emmanuel Vignon,
53:00président de Teodo Data et IA,
53:02et Eric Campanini,
53:03associé chez Alixio Group.
53:05Vous accompagnez tous les trois.
53:06Les entreprises,
53:07évidemment,
53:07sur leurs enjeux de data,
53:09d'IA,
53:09de formation,
53:10parce que la formation,
53:11ça c'est important.
53:11Et même si on a
53:12cet effet bulle
53:13qui est en train de se monter,
53:14il ne s'agit pas de ralentir quand même,
53:15parce que quoi qu'il arrive,
53:16même si ça casse impôts aux Etats-Unis,
53:18en Europe,
53:19il faut qu'on continue à dérouler.
53:21Merci à tous les trois.
53:22Merci de nous avoir suivis.
53:24Excellente semaine sur BFM Business.
53:25Les meilleurs moments,
53:26évidemment,
53:26on les retrouve sur les réseaux sociaux,
53:27sur les podcasts,
53:28avec,
53:29on en a vu en début d'émission,
53:30le chercheur Stéphane Mada,
53:32médaille d'or du CLRS,
53:33qui était avec nous.
53:34Excellente semaine sur BFM Business.
53:38Tech & Co Business
53:39sur BFM Business.
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