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  • il y a 4 mois
Ce mardi 7 octobre, Olivier Dubs, gérant senior chez J.P. Morgan Banque Privée, et Antoine Larigaudrie vous présentent le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:04Et pour cela nous sommes avec Olivier Dupes, gérant senior chez JP Morgan Banque Privée.
00:10Bonjour, bienvenue, merci d'être là.
00:13Alors évidemment on est en plein milieu des incertitudes politiques du moment en France,
00:21mais ce qui fait et défait le marché c'est avant tout l'action des banques centrales.
00:24On est vraiment au cœur de la mécanique et on reste, on a tendance à l'oublier,
00:31on a quand même un shutdown qui est en place aux Etats-Unis.
00:35On a appris récemment qu'il n'y avait pas assez d'aiguillards du ciel du côté de certains aéroports,
00:41que la fonction publique est à l'arrêt.
00:45Et est-ce que c'est un risque qui est assez pris en compte par le marché
00:48ou est-ce qu'il y a une certaine forme de complaisance qui s'est installée ?
00:51Non, c'est une question légitime, vous avez raison,
00:53on est dans une séquence où il y a beaucoup d'instabilité géopolitique,
00:56politique également, le cas de la France est un bon exemple.
01:01On a la fermeture, vous l'avez dit, le shutdown, il coûte,
01:03il pourrait coûter jusqu'à 0,15 points de PIB par semaine,
01:06donc c'est quand même pas anodin.
01:09On a des chiffres, des données macroéconomiques qui sont un petit peu plus faibles qu'avant,
01:13sur la confiance du consommateur aux Etats-Unis, sur l'emploi.
01:16Et puis on a les droits de douane malgré tout,
01:18qui continuent à percoler dans l'économie réelle.
01:20Et tout ça, en effet, n'impacte pas les marchés actions, notamment,
01:25mais même les marchés obligataires.
01:26Les marchés actions sont au plus haut historique, en Europe, aux Etats-Unis.
01:30On a des multiples de valorisations qui ne sont pas à bon marché.
01:33Quand on prend les marchés actions au global, le MSCI World,
01:36on est à 20,4 fois les résultats attendus pour les 12 prochains mois.
01:39C'est significativement super à la moyenne historique.
01:42Et dans les marchés obligataires, on a les primes de risque
01:44qui mesurent l'évolution projetée de la qualité des émetteurs obligataires,
01:47qui sont également au plus bas des 15, quasiment 20 dernières années.
01:50Donc, on a le sentiment qu'en fait, les marchés, en effet,
01:53font leur affaire de tous ces éléments d'instabilité.
01:57Et pour nous, il y a trois explications à ça, qui sont assez massives.
02:00Et c'est pas qu'en effet, les marchés tiennent.
02:02La première, vous l'avez dit, c'est les banques centrales.
02:05La deuxième explication, c'est les Etats.
02:07Les Etats dépensent, ils vont continuer à dépenser.
02:09Et puis, la troisième explication, le troisième grand facteur pour nous,
02:12c'est l'intelligence artificielle,
02:13qui est un appel d'air massif en matière de chiffre d'affaires,
02:17en matière de productivité.
02:19Quand on conjugue tout ça,
02:20ça fait en effet des marchés actions qui sont très, très résilients,
02:23qui sont même très, très performants.
02:25Bon, malgré tout, on sent qu'il y a quand même des risques de tension
02:28sur certains terrains.
02:31Et la prudence, ça veut dire aussi diversifier un petit peu ces investissements.
02:36Je connais pas mal d'investisseurs actions,
02:38qui se sont mis aux actions, qui ont trouvé ça rigolo,
02:41et qui sont sur les marchés américains en disant
02:43le Nasdaq, de toute manière, ça arrête pas de monter.
02:45Bon, voilà, ils sont en train quand même de perdre pas mal de sous
02:48parce que le dollar arrête pas de baisser.
02:50Donc, voilà, il faut toujours penser à diversifier.
02:52Et face à ces cas de figure dont vous parliez,
02:54à cet environnement, comment on fait ?
02:56Oui, c'est que dans ces moments-là,
02:58on surveille plusieurs facteurs.
02:59On surveille la croissance,
03:01ce que la croissance va tenir.
03:04On surveille l'inflation,
03:05le risque de résurgence d'inflation.
03:06Et puis, j'en parlais, l'intelligence artificielle,
03:09la réalité de cette révolution.
03:12Donc, pour surveiller ça, qu'est-ce qu'on fait ?
03:14On fait deux choses.
03:14Un, on surveille les indicateurs macroéconomiques,
03:16je vais dire quelques mots.
03:17Et puis deux, on met en place dans nos portefeuilles
03:19des pare-feux.
03:20Soit des pare-feux, soit en effet des manières de jouer
03:22cette thématique pour que, vous l'avez dit,
03:24la diversification joue son rôle.
03:26Et même la décorrélation,
03:28selon les actifs qu'on met en place, joue son rôle.
03:30Donc, sur la croissance,
03:31notre lecture, c'est qu'on a un peu touché,
03:34entre guillemets, le fonds en 2025.
03:36Je pense que la croissance réelle
03:37va être entre 0 et 0,5% en Europe,
03:40entre 0,5 et 1% aux Etats-Unis.
03:42Alors, on reste dans un territoire positif,
03:44on n'est pas en récession.
03:45Mais il faut se souvenir qu'aux Etats-Unis,
03:47en début d'année,
03:47on projetait une croissance réelle de 3%.
03:49Il y a quand même eu une revue
03:52à la baisse significative de la croissance.
03:53Mais la bonne nouvelle,
03:54c'est qu'on ne rentre pas en récession.
03:56Notre lecture, c'est qu'en 2026,
03:59la croissance va plutôt rebondir.
04:00On aura moins d'attentisme.
04:01En 2026, il y est notamment aux droits de douane.
04:04Il y a aussi des cadeaux, entre guillemets,
04:06fiscaux aux Etats-Unis
04:07qui vont relancer un peu la consommation américaine,
04:09la confiance du consommateur.
04:11Et puis ensuite, il y a l'inflation.
04:12L'inflation qu'on surveille de près,
04:14plus aux Etats-Unis qu'en Europe.
04:16Le sentiment qu'on a, c'est que l'inflation,
04:18elle a besoin pour vraiment partir à la hausse,
04:20qu'il y ait de la pression sur les salaires,
04:22une pression haussière sur les salaires,
04:24que pour le moment, on ne voit pas.
04:25Donc, on ne pense pas que l'inflation va déraper.
04:28Et puis, dernier élément,
04:29c'est l'intelligence artificielle,
04:31quelle est la réalité économique
04:32de l'intelligence artificielle.
04:33On est assez convaincus
04:34que c'est une vraie révolution
04:35qui va être plus rapide qu'Internet
04:38et qui va avoir des effets,
04:39en fait, à la fin, plus structurants.
04:41Mais pour surveiller le rythme
04:42de cette révolution,
04:44on vérifie la santé des bilans
04:46des entreprises de l'intelligence artificielle.
04:49On regarde aussi
04:50la croissance des investissements.
04:52Si on prend juste cinq sociétés,
04:55vous prenez Alphabet,
04:56la maison mère de Google,
04:57vous prenez Amazon,
04:58vous prenez Meta,
04:59la maison mère de Facebook,
05:00Microsoft et Oracle,
05:02ces cinq sociétés-là,
05:03c'est 525 milliards de dollars
05:05de CAPEX,
05:05de dépenses d'investissement,
05:06en 2026.
05:08Entre 15 et 20% du PIB français,
05:09c'est très significatif.
05:10Donc ça, on surveille l'évolution
05:11de ces CAPEX.
05:14Et puis, le taux d'adaption
05:15de l'intelligence artificielle
05:16dans l'économie,
05:17chez les entreprises,
05:18c'était 5% en début d'année.
05:20C'est plus proche de 10% aujourd'hui.
05:21Donc, il y a une vraie adoption
05:23qui croit en plus très, très vite.
05:26Les valorisations aussi,
05:27dans le monde de l'intelligence artificielle,
05:28on surveille ça de près.
05:29On entend souvent,
05:30enfin, on lit souvent des articles
05:31sur y a-t-il une bulle
05:32autour de l'intelligence artificielle.
05:33Donc, on surveille ça de très près.
05:35Notre lecture,
05:36c'est que dans le monde coté,
05:37c'est moins le cas
05:38que peut-être les risques
05:39de bulles dans le monde non coté
05:41autour de l'intelligence artificielle.
05:42C'est ce que j'allais vous dire.
05:43Parce que moi,
05:44il y a un chiffre
05:44qui m'a terrifié la semaine dernière.
05:45C'est OpenAI
05:46qui ouvrait un petit peu ses comptes
05:48et qui nous disait,
05:49voilà, en un semestre,
05:51j'ai fait 4 milliards et demi de revenus.
05:55Parallèlement,
05:55j'ai cramé 2 milliards et demi en cash.
05:58Et j'en cramerai 16 l'année prochaine.
06:01Et on a l'impression
06:01que cette économie,
06:02et on le voit à travers les deals
06:04qui sont signés en ce moment
06:04avec AMD, Oracle,
06:06que tout ça fonctionne
06:08en circuit fermé.
06:09Donc, c'est quand même
06:10super compliqué
06:11d'avoir une appréhension
06:12un petit peu chiffrée de tout ça.
06:15Mais on est pour l'intelligence artificielle
06:18et ses dépenses
06:18que vous mentionnez
06:19et le fait que typiquement,
06:20OpenAI en effet a dit
06:21nous, on ne sera pas rentable
06:22avant 2030.
06:23On est un peu dans cette séquence
06:24où à l'époque,
06:25chez Amazon,
06:26ils n'étaient en effet pas rentables,
06:27Amazon,
06:27mais c'était lié au fait
06:28qu'ils dépensaient énormément
06:29pour conquérir de nouveaux territoires.
06:31Et en fait,
06:32la rentabilité était un peu à leur main.
06:33C'est-à-dire qu'en gros,
06:34ils choisissaient entre rythme de croissance
06:36et rentabilité.
06:38Ce qui est plutôt une bonne nouvelle.
06:39C'est-à-dire qu'on a en effet
06:40le sentiment que c'est eux
06:41qui placent un peu les curseurs.
06:43Aujourd'hui,
06:43on est dans la séquence
06:44dans l'intelligence artificielle
06:45de course à la capacité.
06:47Et on voit qu'en effet,
06:48on sera probablement
06:49dans une séquence
06:50où les gagnants raflorent à tout.
06:52Donc tout le monde veut
06:53dépenser le plus possible
06:54et veut être sûr
06:56d'avoir les capacités
06:57de processing les plus importantes.
06:59Donc oui,
07:00on est dans cette phase
07:02de l'intelligence artificielle
07:04où la rentabilité
07:05n'est pas ce qu'il y a
07:06le plus important.
07:07Ça viendra après.
07:08On est assez convaincus
07:09qu'il y aura une rentabilité
07:10qui sera là.
07:11Donc,
07:12quand on regarde
07:13les valorisations aussi
07:14par rapport à ce qui avait eu lieu
07:17au début des années 2000
07:18avec Internet,
07:19la vraie différence,
07:20nous semble-t-il,
07:20c'est qu'aujourd'hui,
07:21ces sociétés,
07:22les sociétés cotées,
07:23sont très rentables.
07:25Et notamment,
07:25chez elles,
07:26je mets de côté en effet
07:27OpenAI,
07:28mais chez Microsoft,
07:31Google,
07:31etc.,
07:32Oracle,
07:33la rentabilité
07:34est extrêmement forte,
07:35les bilans sont extrêmement sains.
07:36On a le sentiment
07:36qui font ça en effet
07:38à bon escient.
07:40Donc,
07:40au global,
07:40sur l'intelligence artificielle,
07:41c'est plus une question
07:42de rythme
07:43que de réalité.
07:44Pour nous,
07:45peut-être que ça ira
07:45un petit peu moins vite
07:46que ce que les marchés financiers
07:47peuvent espérer.
07:49Mais par contre,
07:50la révolution
07:51entre guillemets
07:52de l'intelligence artificielle
07:53est tangible
07:54et il va y avoir
07:55des appels d'air.
07:56Il y a déjà des appels d'air,
07:57mais il va y avoir
07:57des appels d'air
07:57très importants
07:58en matière de croissance
07:59des revenus
07:59et en matière de productivité.
08:01C'est ce que disait
08:02Fidji Simo,
08:03notre star française
08:05qui est chez Meta
08:06qui nous disait
08:07non mais bulle,
08:08bulle,
08:08pas bulle.
08:09Écoutez,
08:09la demande,
08:10vous ne pouvez pas
08:11vous rendre compte
08:11de la demande.
08:12Donc,
08:12tant qu'il y a de la demande,
08:13tant qu'il y a des revenus,
08:15a priori,
08:15l'économie est saine
08:16et les entreprises
08:17sont saines.
08:18Merci beaucoup
08:19Olivier Dupes,
08:20gérant senior,
08:21JP Morgan,
08:22Banque privée.
08:22Merci d'avoir été avec nous
08:24pour dresser un petit peu
08:24ce panorama
08:25de l'investissement en action.
08:27C'était passionnant.
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