00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:04On sort de l'assurance vie qui est un des supports de placement préférés des français.
00:08On va parler d'un des supports préférés des français pour investir en action et ce sont les ETF.
00:13Arnaud Géant de BlackRock, bonjour.
00:15Bonjour Antoine.
00:15Merci d'être avec nous.
00:16On va faire un petit peu le point sur l'année 2025, on approche du terme de l'exercice.
00:22Bon, ça aura encore été une année très faste pour les ETF.
00:26Vraiment, les français semblent privilégier cette solution pour investir de manière simple, efficace et pas trop embêtante pour profiter de la croissance du marché action.
00:37Alors tout à fait, j'ai l'habitude à chaque fois de partager des records après record, mais là je pense que 2025 marque vraiment un vrai virage.
00:46On a démarré l'année avec une industrie en Europe qui pesait 2,4 mille milliards de dollars.
00:54Donc je sais que ça donne déjà un peu le tournis en termes de montant.
00:58On va atterrir probablement autour de 3,2 mille milliards.
01:02Donc on a une croissance de l'ordre de 30%.
01:05On avait un rythme de croisière où tout le monde parlait en fait d'une croissance relativement insolente sur les 15 dernières années à environ 15%.
01:13On passe de 15 à 30%.
01:15Il y a plusieurs explications.
01:17La première en fait, c'est que déjà l'outil ETF est un outil qui à la base avait été créé plutôt pour de l'allocation dite tactique.
01:25Donc ça veut dire quoi ?
01:26Ça veut dire je peux créer des poches d'investissement sur lesquelles je vais rentrer, ressortir, réallouer en fonction du contexte macroéconomique.
01:37On a beaucoup d'incertitudes.
01:39On a ce qu'on appelle de la dispersion dans les performances des entreprises et des secteurs.
01:45On a des secteurs qui ont fait zéro, concrètement des secteurs qui ont fait 30%, surtout beaucoup de la technologie, des financières, etc.
01:53Et en fait, si je veux être agile, j'ai besoin de l'outil ETF.
01:57Ça c'est une première explication.
01:58La deuxième explication, c'est qu'au-delà du tactique, les ETF, vous l'avez dit, c'est aussi assez peu cher en termes de frais de gestion.
02:08On parle beaucoup des intérêts composés sur ce plateau.
02:11On parle un peu moins des coûts, du poids du coût composé.
02:15Et donc les investisseurs décident d'utiliser des ETF en cœur de portefeuille.
02:20Donc là, on s'attaque à des montants beaucoup plus importants.
02:23Et le dernier phénomène, c'est qu'on élargit la base d'investisseurs en ETF.
02:27Puisqu'avant, c'était plutôt institutionnel, plutôt professionnel.
02:31Et que là, maintenant, c'est vraiment au grand public.
02:33Beaucoup plus retail et jeune.
02:34Beaucoup plus retail et jeune.
02:36On a fait un sondage cette année.
02:39En fait, on le fait tous les ans à l'échelle européenne.
02:42Et on a des chiffres pour la France qui sont absolument stupéfiants.
02:48On a effectivement une base d'investisseurs en ETF qui a doublé.
02:52Donc on parlait de prendre son destin en main, son patrimoine en main.
02:57C'est ce que font les Français aujourd'hui.
02:59On a 1,4 million de Français supplémentaires qui, aujourd'hui, investissent au travers des ETF.
03:07Et vous l'évoquez, il y a un rajeunissement énorme de la base d'investisseurs grâce aux ETF.
03:13Puisqu'un nouveau, un néo-investisseur en ETF sur deux a moins de 35 ans.
03:20Ah oui, clairement, une baisse beaucoup plus jeune.
03:23Oui, puis effectivement, la France est vraiment en plein cœur de ces dynamiques.
03:27Et c'est ça qui est intéressant.
03:28C'est assez curieux d'ailleurs, parce qu'on a cette espèce de cliché de se dire,
03:32l'ETF, bon, j'en prends un, j'attends de voir ce que ça fait.
03:35C'est de la gestion passive.
03:36Mais non, pas du tout.
03:37Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que l'ETF, c'est l'instrument qui permet d'être agile.
03:41Qui permet de, il y a des pertes là, il y a contre-performance là.
03:45Un peu comme avec une table de mixage, on trouve la bonne formule,
03:48les bons ingrédients pour se garantir le meilleur rendement possible.
03:51En fait, ça cumule beaucoup d'atouts.
03:55Il y a cette transparence, ces frais de gestion qui sont comprimés.
03:58Et effectivement, le fait de pouvoir être en cours continu,
04:02de pouvoir acheter et vendre à tout moment de la journée,
04:05à tout moment, en termes d'enveloppe, c'est quelque chose qui est quand même très, très, très agile.
04:11Et c'est la raison pour laquelle toute l'industrie aux Etats-Unis a basculé sur ce format
04:15en termes de mode de consommation de l'investissement.
04:18Quand on veut investir aux Etats-Unis, le premier réflexe,
04:21c'est de regarder s'il y a un ETF qui permet de le faire.
04:24Bon, je suppose que BlackRock a quand même deux, trois idées
04:27un petit peu arrêtées sur ce que va donner l'année prochaine.
04:31Quels sont les secteurs qui vont cartonner ?
04:33On a beaucoup parlé de l'IA cette année.
04:36Et je le disais en début d'émission, on a eu une forme de biais comportemental
04:39qui, premièrement, faisait qu'on ne s'intéressait qu'aux hyperscalers.
04:43Alors que, globalement, les dynamiques de croissance,
04:45elles ont commencé à ruisseler, comme on dit.
04:49Et puis, on a complètement mis de côté les performances des autres secteurs
04:52qui se sont bien comportées.
04:54Qu'est-ce que vous voyez pour 2026 chez BlackRock ?
04:56Alors, déjà, ce qu'on a vu en 2025, je voudrais rappeler,
05:00et qu'on attend en termes de poursuite en 2026,
05:03c'est qu'il y a eu un énorme rapatriement vers des actions européennes.
05:07On a eu 2023-2024, c'était hégémonie des actions américaines
05:14et surtout des hyperscalers.
05:16Donc, les sets magnifiques ayant tiré 100% de la performance
05:20des grands indices en 2023 et 2024.
05:23Totalement, oui.
05:23Cette année, vous le disiez, on va au-delà.
05:26Donc, très bonne performance des sets magnifiques.
05:29Mais au-delà de ça, on a de la performance positive
05:32sur d'autres secteurs et d'autres types de valorisation d'entreprises.
05:38On s'attend effectivement, donc, dans l'Europe, bien sûr, à la défense,
05:41parce qu'il y a des moyens qui ont été mis derrière
05:43sur des ambitions de souveraineté européenne.
05:47Donc, bien sûr.
05:48Deuxième secteur, toujours dans le prisme des actions européennes,
05:52ce sont les financières, qui ont bien fonctionné cette année.
05:55Mais il y a encore des raisons de penser qu'en 2026,
05:58elles ont de bonnes perspectives,
06:00notamment avec cette normalisation de la courbe des taux.
06:04En général, quand on a une courbe des taux qui est relativement pentifiée,
06:07c'est qu'on a des taux courts qui sont assez faibles.
06:09On a des raisons de penser que les taux longs vont continuer,
06:12en fait, à être relativement élevés, avant qu'une pente.
06:15Donc, ça permet, en fait, aux entreprises financières,
06:20notamment bancaires, de pouvoir créer de la transformation,
06:23créer de la marge, donc continuer à bien se comporter.
06:26Elles ont en plus des valorisations qui sont bien plus attractives
06:29que ce qu'on connaît aux États-Unis.
06:30Malgré la très forte progression à laquelle on a pu assister,
06:33il y en a encore sous la pédale, peut-être.
06:35Oui, complètement.
06:38Ensuite, vous avez évoqué l'IA,
06:40donc effectivement à la frontière de l'IA.
06:42On pense à beaucoup d'industries
06:44qui, en fait, ne font pas partie de cet écosystème
06:47avec le tag technologie,
06:49mais qui, en fait, vont adopter l'IA
06:51pour se transformer plus rapidement,
06:53bénéficier de gains de productivité.
06:55Et c'est surtout à eux, en fait, qu'on pense,
06:57en termes d'impact positif que l'IA pourrait avoir
07:00et donc générer des marges supplémentaires.
07:03Donc, le secteur industrie, relativement au sens large,
07:06devrait encore bénéficier, en 2026,
07:09d'une poursuite de la bonne performance de 2025.
07:11Un phénomène qu'on a vu apparaître en 2025,
07:17c'est bien sûr le retour des matières premières
07:19et notamment de la matière première par excellence,
07:22refuge, donc l'or.
07:24Bien sûr, performance extraordinaire,
07:2760% year to date,
07:28même si les choses bougent jour après jour.
07:31On est sur une collecte record en 2025
07:33qui, en fait, représente l'équivalent
07:37de ce qu'on a vu aussi en 2020,
07:39lorsqu'on était en pleine crise du Covid,
07:41beaucoup d'incertitudes.
07:43On le retrouve sur ces niveaux-là.
07:46Maintenant, il y a toujours, en fait,
07:48un comparatif qui est fait sur ce type d'actifs
07:51qui, en fait, ne génère pas de rendement
07:53avec le niveau des taux.
07:55Et aujourd'hui, on est sur un environnement de taux
07:58dans lesquels il y a assez peu de rendement.
08:01Donc, en fait, le désavantage, on va dire,
08:03comparatif que les matières premières pourraient avoir,
08:06s'amoindrit et donc ça pourrait encore
08:08poursuivre l'alimentation de cette bonne performance
08:14et en tout cas des flux.
08:15Et oui, et notamment de l'or et de l'argent
08:17qui est vraiment la star, un petit peu l'outsider
08:21de cette fin d'année,
08:21parce qu'il prend vraiment le relais
08:22avec des plus hauts historiques.
08:24On est à 63 dollars lance
08:26avec aussi des considérations industrielles
08:28parce que c'est matériau très employé.
08:30Arnaud Géant de BlackRock.
08:31Merci pour ce bilan,
08:33ces perspectives de BlackRock sur les ETF.
08:37Année encore faste, bien entendu.
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