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  • il y a 3 mois
Entre experts-comptables et conseillers en gestion de patrimoine, une collaboration plus étroite est en train de naître. Est-ce le début d’un partenariat gagnant-gagnant ?

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00:00L'effet patrimoine spécial expert-comptable place aux experts dans un contexte marqué par la
00:11complexité fiscale, la transformation numérique et de nouvelles attentes clients. Comment les
00:16professionnels s'adaptent-ils ? Comment évoluent-ils au niveau de leur mission, au niveau de leurs
00:20relations ? Autant de questions que nous allons poser à nos experts. Je suis ravi d'accueillir
00:24Michel Sébel. Bonjour Michel. Bonjour. Vous êtes conseiller en gestion patrimoine et associé
00:28Réthoras. Bienvenue à vous. A vos côtés, deux experts comptables. Christophe Meur, bonjour.
00:32Bonjour. Vous êtes expert comptable et commissaire au compte. Et Yves Rettinger. Bonjour Yves.
00:37Bonjour. Également expert comptable et commissaire au compte. Messieurs, je démarre avec vous.
00:42Tiens Christophe, aujourd'hui, comment vous accompagnez vos clients quand ils vous parlent
00:47par exemple de gestion patrimoniale ? Est-ce qu'on les renvoie à des conseillers en gestion
00:50patrimoine ? Est-ce qu'on a déjà des réponses au niveau de l'expertise comptable ? En général,
00:55on a quand même déjà des réponses à leur apporter et ça dépendra un peu du niveau
00:58de complexité de l'accompagnement. Avant tout, moi je trouve que l'accompagnement
01:03des dirigeants, ce n'est pas seulement un accompagnement financier. C'est aussi un
01:07accompagnement humain. Donc on a toute notre place dans cet accompagnement. Et en tant
01:12qu'expert comptable, on a déjà une bonne connaissance d'un certain nombre de sujets.
01:18Mais c'est très important de s'appuyer sur des partenaires. Et les conseillers en gestion
01:22de patrimoine en font partie, bien entendu. Bien sûr. Yves, ça arrive que vous soyez
01:27le référent. On dit souvent le médecin de famille au niveau du patrimoine. Alors
01:31c'est ce que disent les CGP, mais l'expert comptable, il peut dire ça. Souvent peut-être
01:33le chef d'entreprise, il a son expert comptable comme référent.
01:38Alors j'y souscris totalement. Je suis fils de médecin généraliste.
01:41Oui. Donc quand j'ai embrassé cette profession, c'est effectivement pour être le conseil de chef
01:46d'entreprise. Nous les accompagnons, c'est une spécificité de notre profession, souvent
01:52pendant des décennies. Donc se créent des liens privilégiés qui sont issus de la récurrence
01:58de notre mission. Chaque année, pour le moins, on leur présente une déclaration fiscale
02:02ou un bilan. On les accompagne tout au long de l'année. Et en fait, comme un généraliste,
02:06on est sollicité à tout bout de champ. Mais comme un généraliste, on a aussi nos limites
02:11de compétences. Et quand il s'agit de moments privilégiés, importants d'un chef d'entreprise,
02:17une session, un rachat d'entreprise, une transmission à ses enfants, on a les limites de nos compétences.
02:24Il faut aller chercher un partenariat vivant, sensible, qui permette d'accompagner le dirigeant
02:32dans toutes ses demandes.
02:33D'autant que, vous le rappelez, on ne vend pas plusieurs entreprises.
02:38Si, il y a des multis d'entrepreneurs, mais souvent, c'est quand même l'oeuvre d'une vie, cette session.
02:41Il ne faut pas la rater.
02:42Très régulièrement. C'est le cas.
02:44Ça peut arriver qu'il y ait des success stories avec vente, recommence à zéro et on revendra.
02:50Mais dans ma carrière, j'en ai connu essentiellement l'affaire de ma vie.
02:55Très bien.
02:56Michel Sebel, vous qui êtes conseiller en gestion de patrimoine associé à Réthores,
03:01là, quel est votre rôle, vous, avec les experts comptables ?
03:04Comment vous les considérez ?
03:06Ce sont des apporteurs d'affaires, des partenaires de business ?
03:09Ils sont à la fois apporteurs et partenaires.
03:11Ça fait plus de 25 ans que je travaille avec eux, en bonne intelligence,
03:17chacun apportant ses compétences pour un accompagnement, comme vous l'expliquiez,
03:21qui est extrêmement transversal et bienveillant pour accompagner nos clients
03:26dans la réflexion de leur mode de détention de leurs actifs
03:28pour une meilleure optimisation fiscale, juridique et financière.
03:31Oui. Et vos clients, alors ils sont déjà souvent équipés en experts comptables
03:35dès lors qu'on a une entreprise, voire même peut-être on peut s'occuper aussi de sa fiscalité.
03:39Ils sont déjà équipés, entre guillemets ?
03:42Oui, ils sont équipés naturellement avec leurs experts comptables,
03:45mais pas nécessairement dans l'optimisation fiscale et juridique,
03:49comme on l'entend dans une logique de famille office.
03:52Et c'est là que nous, on apporte nos compétences spécifiques
03:55d'optimisation patrimoniale sur long terme pour nos clients,
04:01entrepreneurs et qui ont des gros patrimoniales.
04:03Justement, quels sont les services indispensables qu'il leur faut aujourd'hui
04:08pour répondre à leurs attentes, notamment les entrepreneurs
04:10ou les grosses familles justement qui ont peut-être des problématiques un peu différentes ?
04:14Mais en fait, je pense qu'il faut avoir une veille fiscale, juridique, permanente
04:19pour optimiser la réflexion patrimoniale des actifs à la fois professionnels
04:25et privés de nos clients, pour permettre une transmission la plus optimisée
04:31au profit de leurs enfants et de leurs héritiers, pour optimiser les transmissions d'entreprises,
04:36pour avoir une pérennité aussi des entreprises familiales
04:40qui sont souvent des acteurs importants économiques dans les régions où on travaille.
04:45Il y a une vraie mission à la fois sociétale, financière et économique.
04:50Oui, Christophe, vous avez justement introduit en insistant sur l'humain.
04:55C'est vrai que c'est cette qualité, le médecin de famille, mais pour le patrimoine.
05:01Mais aujourd'hui, quelles sont les préoccupations majeures de vos clients
05:04ou dans quel moment charnière ils viennent vous voir particulièrement ?
05:08Justement, pour toutes les opérations de transmission,
05:12parce qu'on accompagne quand même pas mal de sociétés familiales encore,
05:16où il y a vraiment un enjeu qui se situe autour d'une société qui existe,
05:20qui est le prolongement de la personne qui l'a créée,
05:22ou potentiellement même déjà, quand ça a déjà été repris,
05:24le prolongement d'une génération précédente.
05:27On a envie de transmettre les valeurs et de voir cette société nous survivre au final.
05:32Et donc, il y a tout un enjeu autour de, en dehors des préoccupations financières, économiques.
05:38Ça, c'est quand même assez facile, plus ou moins, avec des experts de gérer tout ça.
05:43Mais il y a toute la dimension de prise de fonction des héritiers,
05:47de transmettre les valeurs.
05:49Est-ce qu'ils auront les capacités, les compétences de management aussi ?
05:54Parce qu'il y a du pilotage.
05:56Souvent, ce qui fait défaut à la fin, dans ce genre d'aventure,
05:59c'est que la génération qui suit n'a pas les compétences.
06:02Et du coup, on se retrouve avec des sociétés qui vont devoir être cédées,
06:08parce que la génération suivante n'est plus en mesure.
06:11N'est plus apte, entre guillemets.
06:13Alors, je sais que soit ça se prépare, les enfants aussi, ils peuvent ne pas vouloir,
06:17ils embrassent d'autres carrières, parce qu'on hérite aussi, entre guillemets,
06:19où on transmet relativement tard, on a eu le temps de faire une autre carrière.
06:22À ce moment-là, c'est votre rôle aussi de proposer pour la pérennité une autre équipe.
06:27Ça peut être embêtant, un chef d'entreprise qui s'est dit,
06:29ce sera mon fils, ma fille qui va reprendre.
06:30Puis finalement, on sent que ce n'est pas une bonne idée.
06:33C'est votre rôle de lui dire, Yves, à ce moment-là, qu'il faut faire autrement ?
06:36C'est des moments qui sont terriblement déchirants.
06:38Alors, nous, on a une grande chance, on est Alsacien,
06:41et en fait, on conseille beaucoup d'entreprises franco-allemandes.
06:44On a, à plusieurs reprises dans notre activité,
06:48vu des entreprises du Mittelstand allemand,
06:51se céder, mais se céder à des héritiers qui n'en prendront pas la direction.
06:56Donc, des très grosses entreprises ont eu l'intelligence, la clairvoyance,
07:00de prendre des gens qui sont très bien payés,
07:02comme on l'a fait un petit peu dans certaines entreprises françaises aussi cotées,
07:06en disant, les héritiers n'ont pas la compétence,
07:10mais par contre, ils vont accompagner l'équipe de direction pour les choix stratégiques.
07:14Et ensuite, charge à l'équipe de management salarié,
07:17intéressé bien sûr, je pense à L'Oréal et d'autres entreprises,
07:21pour que la performance soit toujours là.
07:24Donc, ils sont au board, finalement, ils vont rester au comando ?
07:26Ils sont au conseil.
07:27Il y a quelques très belles sociétés en Alsace qui sont dirigées comme ça,
07:30parce qu'en fait, on arrive à la deuxième ou la troisième génération souvent,
07:34et on se rend compte des limites du pouvoir.
07:38Et il faut de l'intelligence, il faut ensuite beaucoup de liant,
07:42beaucoup de persuasion pour expliquer que ce n'est pas un échec,
07:46mais au contraire, c'est une chance qu'on donne à l'entreprise.
07:48Le chef d'entreprise aura une peine à voir ses enfants,
07:51ne pas reprendre l'entreprise,
07:52mais par contre, il a une sensibilité tellement forte vis-à-vis de son personnel.
07:56Et donc, son entreprise, dirigée par ses enfants, qui va dans un mur,
08:00c'est un drame pour lui aussi.
08:02Oui.
08:03Michel, c'est ce que vous avez observé également.
08:06Vous avez pu accompagner ce genre de transmission ?
08:10Complètement.
08:11Ça nous est arrivé d'accompagner des entreprises familiales
08:14dans leur transmission, bien souvent.
08:17Et c'est fondamental,
08:18parce que pour la pérennité des entreprises locales,
08:21c'est un enjeu économique à venir,
08:23puisque dans la décennie, on estime,
08:26dit au Baby Boom,
08:27que 50% des entreprises familiales
08:31vont être transmises dans les 10 ans à venir.
08:33Donc, il y a des vrais enjeux pour ne pas perdre.
08:36Déjà, on n'a pas beaucoup de PME, PMI en France,
08:39pour que ça ne soit pas transmis
08:42ou vendus à des grands groupes internationaux.
08:44Enfin, on a beaucoup de petites, très petites entreprises.
08:47On a moins ce fameux Mittelstand allemand,
08:48c'est-à-dire ces ETI, ces grosses PME.
08:51C'est vrai que c'est très souvent familiales qui marchent très fort.
08:53Certains sont cotés, mais les autres restent sous le radar.
08:56Et souvent, c'est vrai que ça cartonne.
08:59Vous en savez quelque chose,
09:01même si c'est vrai que vous nous disiez,
09:03Christophe Harenten,
09:04que l'Allemagne, elle a été quand même durement touchée
09:06post-Covid.
09:07Peut-être qu'elle est rentrée dans les difficultés
09:09un peu avant nous.
09:10Et vous dites, c'est peut-être ce qui nous attend demain.
09:12On commence à avoir aussi des difficultés sur notre territoire.
09:15Oui, tout à fait.
09:15C'est ce qu'on constate tous les jours.
09:18On a pas mal de, comme je l'ai dit aussi,
09:21ça dépend vraiment des secteurs d'activité,
09:23mais on a quand même quelques secteurs
09:26qui sont touchés de plus en plus.
09:29Avec justement, on en parlait,
09:30les remboursements de PGE
09:31qui commencent à arriver à échéance.
09:35Et on constate quand même des difficultés croissantes
09:38dans pas mal d'entreprises qu'on suit.
09:41Une question sur les grandes transformations à venir.
09:44Alors, vous n'êtes pas épargné, évidemment,
09:46par la vague de l'intelligence artificielle
09:47qui révolutionne le motet,
09:49qui promet, alors peut-être pas de vous remplacer totalement,
09:51que ce soit les conseillers en gestion de patrimoine
09:53ou les experts comptables,
09:54mais quand même, on se dit,
09:55tiens, Tchad GPTO, aujourd'hui,
09:56il peut lire un bilan assez facilement.
09:59Finalement, à quoi,
10:00ou peut-être donner des recommandations
10:01pour qu'on doit avoir des patrimoines.
10:04Est-ce que vous craignez cette transformation ?
10:07Yves, on démarre avec vous.
10:08Ou est-ce qu'on l'embrasse
10:09et finalement, on adopte cette nouvelle façon de travailler ?
10:11Alors, j'ai commencé en 89.
10:13On me disait, c'est la fin de la tenue de comptabilité.
10:16Ah oui, il y avait le Minitel.
10:17Vous avez foutu, allez-vous.
10:18On a beaucoup travaillé avec le Minitel.
10:21Force est de constater qu'il y a encore de la tenue.
10:23Il y en aura de moins en moins.
10:24Dieu merci, c'est la partie non intéressante
10:26de d'autres métiers.
10:27C'est sans valeur ajoutée.
10:29C'est mieux fait par un robot,
10:31plus vite et moins cher.
10:32Donc, tout ça, ça ne me dérangera absolument pas.
10:36La relation intuitive ou personnelle avec notre client,
10:39la confiance,
10:41moi, je sens qu'on ne la donnera pas à une boîte.
10:43On ne la donnera pas à une intelligence artificielle.
10:46On a besoin de liant.
10:47On a besoin de se regarder,
10:50de prendre des décisions ensemble,
10:51de prendre des paris ensemble.
10:52Le chef d'entreprise, quand il vient nous voir,
10:54il a un projet d'investissement,
10:56il a un projet de session.
10:57C'est une œuvre commune.
11:00Quand on le connaît depuis...
11:02Je connais beaucoup de mes clients depuis 35 ans.
11:04Oui.
11:04On ne parle plus de la même façon.
11:06Et une intelligence artificielle
11:08va peut-être grignoter certaines choses,
11:10mais on pourra, nous,
11:11s'appuyer sur cette intelligence artificielle
11:13pour se consacrer à ce que nous aimons davantage.
11:17la relation humaine,
11:19l'intuition qu'on peut avoir dans certains projets,
11:22corroborée peut-être par l'intelligence artificielle,
11:25il nous dira, il y a 72% de chances
11:27que vous rentriez dans le mur.
11:29Voilà.
11:29Ça, c'est des choses que j'attends.
11:31Mais c'est un peu comme notre voiture.
11:32Elle a été manuelle totalement.
11:34Elle est devenue de plus en plus électronique.
11:36Il faut qu'on vive avec.
11:37Il faut qu'on n'en ait pas peur.
11:38Par contre, il faut qu'on associe les gens dans nos cabinets
11:42pour qu'ils puissent passer cette étape
11:44puisqu'on ne veut perdre personne.
11:46Ça, c'est des choses très importantes.
11:48Michel ?
11:49Oui, c'est un enjeu majeur.
11:51Ça va nous donner des outils fabuleux
11:53pour optimiser, pour mieux analyser,
11:57faire des études fiscales, juridiques.
12:00Ça va générer des gains de productivité dans nos cabinets
12:02pour mieux accompagner nos clients.
12:03Non, c'est pas un frein.
12:05C'est vraiment une opportunité fabuleuse
12:09pour nos métiers respectifs.
12:11Et ça profitera surtout aux experts
12:13qui ont la capacité d'avoir le recul technique,
12:16de bien appréhender ce que l'IA donne comme réponse.
12:22Et de la contrôler.
12:22Ça va rendre les experts encore plus performants.
12:24Donc, pour nous, c'est vraiment des enjeux majeurs,
12:27très excitants et profitables
12:29pour le bien de nos clients.
12:31C'est une évidence.
12:32Christophe, vous utilisez déjà l'intelligence artificielle ?
12:35Oui, oui. Dans les cabinets, on l'utilise déjà pas mal.
12:38Surtout, nos éditeurs de logiciels
12:41ont commencé vraiment à l'implanter
12:43de manière assez forte depuis quelques années.
12:46Donc, on en bénéficie et on l'utilise.
12:50Mais bon, moi, le point sur lequel j'insiste
12:52énormément au niveau du cabinet,
12:54c'est très bien.
12:56ce que je constate, c'est que les outils nous aident beaucoup.
13:00Et là où ils nous font du mal,
13:01c'est qu'ils participent aussi à supprimer le lien
13:04avec les autres.
13:06Donc, j'insiste en disant,
13:07on va gagner du temps, c'est certes.
13:10En production, on va vous faire gagner du temps.
13:12Les tâches qui vous intéressent, pas tellement.
13:14Vous allez avoir de moins en moins besoin de les faire.
13:17Mais par contre, ce que j'attends de vous,
13:18c'est que vous soyez beaucoup plus présents
13:20auprès de nos clients.
13:21Donc, que vous les appeliez.
13:22Et je suis désolé, mais pour moi,
13:25un mail, c'est très impersonnel.
13:27Et ça ne remplace en rien une interaction
13:31comme aujourd'hui.
13:32On est tous venus présents pour participer.
13:35Ou juste un coup de téléphone,
13:37c'est vraiment complètement différent.
13:39Et dans les relations qu'on peut avoir
13:40avec nos partenaires,
13:41je suis dans la même lignée.
13:43Je pense que c'est vraiment très important
13:45qu'on puisse échanger,
13:46de vivre, voire régulièrement.
13:47On garde le rôle de l'humain.
13:49En tout cas, on le voit,
13:49les rôles évoluent,
13:50les pratiques s'adaptent.
13:52Alors, qu'en est-il derrière ces bonnes intentions
13:54et ce duo qui a l'air gagnant-gagnant ?
13:57Quels sont les freins,
13:58les zones de frottement ?
13:59On l'aborde tout de suite dans le débat.
14:01On l'aborde tout de suite dans le débat.
14:06On l'aborde tout de suite dans le débat.
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