- il y a 18 heures
Mercredi 8 avril 2026, retrouvez Maxime Namysl (Directeur, Adequity, Société Générale CIB) et Jean-François Fliti (Directeur associé, Allure Finance, Groupe Astoria) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
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00:04Et nous enchaînons à présent avec Enjeu Patrimoine, où nous allons nous demander ensemble comment diversifier avec des produits structurés
00:12ou comment mettre en place une stratégie de diversification au sein de sa poche de produits structurés.
00:17Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau de Smart Patrimoine, Maxime Namisle.
00:21Bonjour Maxime. Bonjour Nicolas.
00:22Merci d'être avec nous, vous êtes directeur d'Adequity chez Société Générale CIB.
00:26On a le plaisir d'accueillir également Jean-François Flitty. Bonjour Jean-François.
00:28Bonjour Nicolas.
00:29Merci d'être avec nous également, vous êtes directeur associé d'Allure Finance au sein du groupe Astoria.
00:33Et on va commencer avec vous Jean-François.
00:35La dernière fois qu'on s'était vu, c'était il y a quelques semaines.
00:37On avait beaucoup de questions sur l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les performances boursières ou sur les
00:45marchés financiers.
00:47On a les mêmes questions aujourd'hui.
00:48On n'a pas forcément les mêmes indicateurs, les mêmes analyses en tout cas du conflit ou du marché.
00:55Mais on a les mêmes questions, c'est comment est-ce que la bourse va évoluer selon vous dans les
00:58prochains jours, prochaines semaines Jean-François ?
01:01Alors effectivement Nicolas, la grande incertitude du moment, ça reste la durée du conflit et son impact macroéconomique.
01:11Puisqu'on voit que depuis le début du conflit, la première variable c'est les taux et les taux ont
01:17énormément monté.
01:18La seconde variable c'est le prix du pétrole.
01:22A hier soir, le prix du Brent était autour de 110 dollars.
01:27Le prix du pétrole physique autour de 140 dollars.
01:30Ce qui génère une forte inflation et des perspectives d'inflation tout aussi importantes.
01:36Là-dessus, les banques centrales sont en train de réfléchir à des remontées de taux d'intérêt.
01:42Et donc nous arrivons dans un scénario de stagflation.
01:46Une autre question sur laquelle on peut s'interroger, c'est va-t-on vers une récession ?
01:53On ne le sait pas encore, on n'espère pas, mais la vraie question est va-t-on vers une
01:59récession ?
01:59La durée du conflit va nous donner des éléments de réponse.
02:03Est-ce que le conflit va être long ou est-ce que dans les prochains jours, une paix va s
02:10'annoncer ?
02:12Sachant qu'il y a des effets d'annonce, notamment du président américain sur le sujet,
02:16mais pas de certitude des marchés à l'heure actuelle qui ont appris à digérer les effets d'annonce du
02:21président américain avec prudence ?
02:23Effectivement.
02:24Et pendant qu'il n'y a que des effets d'annonce, les acteurs macroéconomiques, les entreprises ralentissent.
02:32Donc on sent, on perçoit, aussi bien au niveau européen qu'au niveau mondial, cet effet de ralentissement généralisé,
02:41l'investissement qui s'arrête, l'emploi qui commence à souffrir.
02:47Et donc tous ces signes macroéconomiques ne sont pas bons pour les futurs résultats des entreprises.
02:53Donc il y a de vraies, vraies craintes de récession et bien entendu derrière d'impact sur le pouvoir d
03:02'achat,
03:03d'impact sur les investissements qui sont des effets domino.
03:08Et ça, ce n'est pas uniquement en lien avec le conflit au Moyen-Orient à l'heure actuelle,
03:12ça vient accentuer des tendances qui étaient déjà présentes.
03:14C'est ce qu'il faut bien comprendre aussi dans l'analyse qu'on peut avoir des marchés.
03:17– Effectivement Nicolas, il y a eu un premier effet avec notamment une révolution sur les droits de douane
03:22qui avait été initiée par M. Trump il y a maintenant près d'un an.
03:28Et puis il y a un deuxième impact à venir lié à l'intelligence artificielle, lié à l'IA,
03:34qui va bouleverser notre économie, qui va bouleverser nos entreprises,
03:40notre façon de consommer, notre façon de travailler.
03:43Et on le voit aux Etats-Unis, des réductions d'emplois sont déjà en train d'arriver.
03:50La question c'est, est-ce une simple transition ?
03:54Est-ce que cette transition va être courte ?
03:58Est-ce qu'elle va être longue ?
03:59Est-ce qu'elle va être très impactante sur le monde de l'entreprise et du monde de l'emploi
04:04?
04:04Un grand nombre de questions vient se superposer.
04:07– Avant de parler produits structurés et diversification avec vous Maxime,
04:10un petit mot de cette évolution de taux Jean-François Fliti.
04:14Est-ce que c'est une opportunité pour les produits structurés à l'heure actuelle,
04:17notamment les produits structurés à capital garantie ?
04:19– Alors oui, effectivement, puisqu'on le voit, le taux, l'OAT 10 ans, est aujourd'hui autour de 3
04:26,80.
04:27Il y a, juste avant le conflit, il était autour de 3,30.
04:30Donc on voit cette remontée très importante de l'OAT.
04:35On le voit, bien entendu, le taux de swap est autour de 3%.
04:40Donc en fait, toutes ces matrices sont importantes pour la création de ce type de solution.
04:45Comme l'avait expliqué Maxime il y a quelques semaines,
04:50deux des indices forts pour créer une solution structurée sont bien sûr les taux et la volatilité.
04:57– Bien sûr.
04:58– Donc je laisse Maxime pour compléter évidemment…
05:00– Et bien notamment sur le sujet de diversification.
05:02C'est vrai qu'on avait commencé à évoquer notamment la valeur liquidative
05:06de ces produits structurés il y a quelques semaines.
05:08Maxime, aujourd'hui, je trouvais intéressant de revenir sur
05:11comment est-ce qu'on fait pour diversifier dans ces produits structurés
05:14ou avec des produits structurés à l'heure actuelle ?
05:17– Merci Nicolas.
05:18Donc c'est une très bonne question et c'est une question qui est d'autant plus importante
05:21dans le contexte actuel qui est très incertain pour le coup.
05:25Donc le produit structuré, il n'échappe pas à la théorie de portefeuille globale,
05:29c'est-à-dire que la diversification, ça reste le maître mot.
05:32Et je vais vous donner un exemple pour vous illustrer ça.
05:35Aujourd'hui, parmi les produits qui sont les plus plébécités dans le marché,
05:40on a les produits dits Athéna, Phoenix, Autocool.
05:43Donc c'est des produits à remboursement anticipé.
05:45Donc on va constater par exemple un indice boursier tous les ans
05:49et si la performance est positive ou nulle, on va rembourser le capital avec un coupon.
05:55Ces produits-là aussi, ils sont construits d'une telle manière
05:57à ce qu'à terme, on ait une protection jusqu'à une certaine baisse,
06:00souvent jusqu'à moins 40 ou moins 50%.
06:02Mais lorsqu'on est en dessous de ces moins 40 ou moins 50,
06:04on peut subir une perte en capital.
06:06Et en fait, il faut éviter dans ces cas-là une trop forte concentration du risque
06:12sur une seule action ou un seul secteur.
06:15Bien sûr.
06:16Pourquoi ? En fait, on voit par exemple l'année dernière
06:20que les politiques de tarifs douaniers de Trump ont beaucoup chahuté certains secteurs.
06:24D'autres sont sortis gagnants.
06:26Donc par exemple, on peut citer l'année dernière le secteur automobile,
06:28le secteur du luxe qui ont un peu été chahutés.
06:32Et récemment, ce début d'année, le secteur pétrolier a très largement bénéficié
06:37de l'augmentation du frétois.
06:39Donc ce qu'il faut se dire, c'est qu'il peut y avoir un élément exogène
06:41qui vient chahuter les marchés et qu'il faut être suffisamment diversifié
06:43pour être capable d'encaisser l'impact.
06:46C'est tout à fait ça.
06:47Et c'est ce qu'on appelle dans les marchés le risque idiosyncratique.
06:50Donc en fait, quand vous n'avez qu'une seule action,
06:52par exemple, parfois, elle peut mal se comporter.
06:54En revanche, si vous avez un panier ou plusieurs actions,
06:56ça va compenser.
06:57Et ça va avoir un effet de stabilité sur le sous-jacent dans le temps.
07:00Donc moins de risque d'être en dessous de moins 50 à terme.
07:03Et je rappelle quand même comment il fait le structuré.
07:05Pour générer la performance et la récupération de capital,
07:07il suffit d'avoir une performance positive ou nulle.
07:10On n'a pas besoin de faire plus 15, plus 20, plus 22.
07:13On a juste besoin d'être positif ou nul.
07:14Donc c'est tout l'intérêt d'être diversifié,
07:17d'avoir plusieurs secteurs en portefeuille
07:19lorsqu'on fait des produits actions.
07:20Est-ce qu'il y a des stratégies, des méthodes
07:22pour diversifier avec des produits structurés ?
07:24Oui, tout à fait, il y a des stratégies.
07:25Donc en fait, la première stratégie,
07:27on peut diversifier les indices de référence
07:29et les marchés auxquels on s'expose.
07:31D'accord.
07:31Jean-François parlait tout à l'heure
07:33de l'augmentation des taux et du spread de l'OAT.
07:38Par exemple, on peut faire des produits à capital garantie
07:40qui vont s'indexer à ces taux,
07:42au taux de référence disant ou au spread de l'OAT.
07:44À côté de ça, on peut aussi faire des produits actions.
07:47Donc un produit qui va être indexé sur un panier ou un indice.
07:51C'est quoi l'intérêt ?
07:52Par exemple, je vous donne l'exemple que nous donnait tout à l'heure Jean-François.
07:55On ne sait pas exactement demain
07:56dans quel contexte macroéconomique qu'on sera.
07:58Si par exemple, on est dans un contexte de récession,
08:02historiquement, ça a fait baisser les taux.
08:04Donc on a tout, et plutôt aussi les actions.
08:06On a tout intérêt pour avoir un portefeuille assez stable,
08:09d'avoir un produit de taux qui bénéficiera justement de ce contexte,
08:12de cette baisse des taux,
08:14et un produit actions.
08:15Et de telle sorte à ce que globalement,
08:17on puisse générer un rendement
08:18et d'avoir quelque chose qui est diversifié
08:20entre les différentes classes d'actifs.
08:22Donc, diversification géographique,
08:24mais aussi diversification en matière de produits,
08:27si je comprends bien,
08:27ou en tout cas de sous-jacents.
08:29Exactement, c'est tout à fait ça.
08:30Est-ce qu'on va aussi dans une granularité d'actions ou d'entreprises ?
08:37Exactement, c'est un très bon point.
08:39Peut-être Maxime et ensuite Jean-François.
08:40Oui, dans cette granularité-là,
08:42en fait, on peut,
08:44quand on regarde la poche actions, par exemple,
08:47il faut regarder globalement déjà, je pense,
08:49le patrimoine global,
08:50comment est exposé le patrimoine global de son client.
08:53Et ensuite, on peut aller au travers du produit structuré,
08:56aller chercher certaines thématiques,
08:57certaines zones géographiques,
08:59ou certains secteurs
09:00qui ne sont pas surreprésentés
09:02ou sous-représentés dans le portefeuille,
09:04et aller justement s'y exposer au travers du produit structuré.
09:07Jean-François, sur cette diversification,
09:08quand on la met en œuvre,
09:10au quotidien,
09:11j'imagine que c'est ce que vous voyez,
09:13ce que vous faites,
09:14comment est-ce que, concrètement,
09:15on les construit, ces stratégies de diversification ?
09:17Oui, alors il y a une double diversification.
09:19Comme l'évoquait Maxime,
09:21d'une part, il y a une diversification,
09:23d'abord, patrimoniale,
09:25c'est-à-dire avoir toutes les classes d'actifs,
09:28que ce soit l'immobilier, l'obligataire,
09:31les actions, les taux, le private equity,
09:34et tout ça de façon raisonnée et raisonnable.
09:37Ensuite, si l'on raisonne plus en micro,
09:39c'est-à-dire de façon beaucoup plus chirurgicale,
09:41beaucoup plus précise,
09:43quand chez Allure Finance, au sein du groupe Astoria,
09:46on fait une solution structurée,
09:49eh bien on va aller chercher des sociétés,
09:52des larges capes,
09:53plutôt des sociétés très,
09:54on va dire, très importantes,
09:56de grosses capitalisations,
09:58résilientes,
09:58et sur des secteurs dans lesquels nous avons une conviction,
10:03en tout cas une conviction,
10:06au minimum,
10:07de neutralité,
10:09c'est-à-dire que ce soit l'énergie,
10:11que ce soit la pharmacie,
10:13que ce soit les banques,
10:16des secteurs résilients,
10:17des secteurs très résilients.
10:19Et puis à l'intérieur de ces secteurs résilients,
10:21on va aller faire une deuxième diversification,
10:24pour aller dire,
10:24les télécoms par exemple,
10:26et puis on va aller choisir les leaders,
10:29les leaders dans ces différents secteurs.
10:32Et grâce à ça,
10:33on va composer des paniers,
10:34des paniers très diversifiés.
10:35Nous, on regardait,
10:37on faisait une analyse,
10:38ces 15 dernières années,
10:40nos diversifications ont permis,
10:4264 fois sur 65,
10:46de rendre à nos clients
10:48des performances
10:50entre 8 et 10% par an,
10:53ces 15 dernières années.
10:55Donc comme quoi,
10:56la diversification est vraiment
10:58la clé patrimoniale,
10:59la clé d'une saine gestion,
11:01la clé d'une gestion
11:02de bon père de famille.
11:03Donc on y va via,
11:05des indices,
11:07mais via des valeurs aussi.
11:08En fait,
11:09plus on diversifie les sous-jacents,
11:11quelque part,
11:11plus on a une stratégie de diversification
11:13sur les produits structurés
11:14efficace aussi,
11:14je comprends bien Maxime.
11:16Oui, tout à fait en fait.
11:18Alors,
11:19globalement,
11:20on l'a vu historiquement,
11:23les meilleures stratégies
11:24qui ont le plus fonctionné,
11:26c'est lorsque,
11:27soit on avait un panier,
11:29voilà,
11:29plusieurs produits structurés
11:30avec différents secteurs,
11:32ou alors même,
11:33au sein même
11:34d'un seul produit structuré,
11:36là,
11:36on va aller essayer
11:36de diversifier au maximum
11:38le sous-jacent.
11:40Ce qu'on nous conseille
11:41et plébiscite aujourd'hui,
11:43ça va être quelque chose
11:44de très diversifié
11:46sectoriellement
11:47et géographiquement
11:48lorsqu'on s'indexe
11:49à un seul produit.
11:50Donc par exemple,
11:51on peut avoir des stratégies
11:52dites transatlantiques,
11:53globalement,
11:54on va avoir des expositions
11:55européennes et US,
11:57par exemple,
11:58via l'Eurostoxx
11:59et le S&P 500,
11:59mais on peut avoir
12:00des choses aussi plus larges,
12:02des choses plus larges
12:02avec de l'Europe,
12:04de l'US,
12:04aussi peut-être
12:05un peu d'émergents.
12:06Pourquoi de l'émergent ?
12:07Ça peut être intéressant
12:08de s'exposer,
12:09voilà,
12:09de manière assez limitée,
12:11tout de même,
12:12mais pour générer
12:13de la performance,
12:15voilà,
12:15à l'avenir,
12:16à long terme.
12:17Bon,
12:17par exemple,
12:18on a intérêt peut-être
12:19à s'indexer un petit peu
12:20à la Chine.
12:20C'est des stratégies
12:21aujourd'hui qu'on propose
12:22pour se diversifier.
12:23Comment on détermine
12:25quels produits structurés
12:26pour quels sous-jacents
12:27dans sa stratégie
12:29de diversification ?
12:30C'est là où on a besoin
12:31de se faire accompagner
12:32et ce n'est pas le même
12:32structuré partout ?
12:34Oui,
12:35tout à fait,
12:35effectivement.
12:36Il faut déjà regarder
12:37dans un premier temps
12:39quel est l'objectif
12:42de son client.
12:43Ça,
12:44c'est vraiment important.
12:45Si on a des clients
12:46qui ont un objectif
12:48très sécuritaire,
12:49on va plutôt avoir tendance
12:51à aller regarder
12:51des produits
12:52qui sont à capital garanti.
12:54Une fois qu'on a dit ça,
12:56est-ce que je suis
12:56un client dynamique
12:57ou est-ce que je suis
12:58un client sécuritaire ?
12:59Au sein du portefeuille,
13:01on va regarder les expositions.
13:02D'accord.
13:03Oui,
13:03et en complément,
13:06certains de nos clients
13:07sont guidés
13:08par une performance
13:09qui va leur permettre
13:11d'avoir soit
13:11un complément de revenu,
13:13soit de faire mieux
13:14que l'inflation
13:15pour ne pas avoir
13:16une érosion
13:16de leur capital.
13:17Bien sûr.
13:18Parce que l'inflation
13:18qui remonte,
13:19on a aujourd'hui
13:20une inflation
13:20qui remonte
13:21entre 2 et 3 % par an
13:23et donc,
13:24si on ne fait rien,
13:26leur capital
13:27est grignoté
13:28par l'inflation,
13:29par l'érosion
13:31et ça,
13:31il n'y a rien de pire.
13:32Donc,
13:33un certain nombre
13:33de clients
13:33ont besoin
13:34d'un complément de revenu,
13:34d'autres ont besoin
13:35de préserver leur capital.
13:37Merci,
13:38merci messieurs,
13:39merci Jean-François Fliti,
13:40merci Maxime Namiste
13:41de nous avoir accompagné
13:42et quant à nous,
13:43on se retrouve tout de suite
13:43dans l'œil de l'expert.
13:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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