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  • il y a 4 mois

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Transcription
00:00Entrer sur le terrain, de savoir si elle était impartiale ou pas impartiale,
00:05au fond, je ne sais pas trancher cette question,
00:07et je pense que ce n'est pas la question majeure.
00:10La question la plus importante, c'est cette évolution de la justice
00:15qui trouve une sorte de couronnement dans ce procès.
00:18Qu'est-ce que ce procès ?
00:19C'est le premier procès sans preuve, assumé comme tel,
00:25par la justice elle-même, en tout cas par le tribunal lui-même.
00:27Jusque-là, vous pouvez se dire, moi j'ai beaucoup écrit sur le recul de la preuve
00:32dans les décisions de justice, au profit...
00:37Ça arrive en matière criminelle, il y a des présomptions...
00:40Non mais ça, attendez, en droit pénal, la preuve est libre.
00:47Très bien.
00:49Il n'empêche que, deuxièmement, la justice est rendue par des êtres humains
00:53et donc elle a toujours une part de subjectivité.
00:57Sinon on peut rendre la justice par des machines.
00:59Et c'est pour ça qu'il y a un double degré de juridiction.
01:00Voilà, on disait, sauf sous la Révolution,
01:03on a essayé de, quand on est le juge, à être la bouche de la loi,
01:07mais la bouche de la loi signifie pas qu'il ne fait que réciter le code pénal.
01:12La bouche de la loi, c'est aussi une forme, il y a une part d'interprétation.
01:15Mais la question est toujours la même,
01:16savoir jusqu'où va la part d'interprétation
01:19et donc de subjectivité du juge dans le jugement.
01:23Il me semble qu'on a dépassé toutes les limites.
01:25Il n'y a plus de limites à la subjectivité,
01:27mais je reviens sur cette idée,
01:28c'est qu'avant le procès qui a été dans le jugement d'avant-hier,
01:35on pouvait écrire ou aller sur les plateaux
01:37et dire, dans ce procès, je pense aux écoutes,
01:38par exemple, le fameux procès Bismuth,
01:42je pouvais dire, il n'y a pas de preuve,
01:44mais c'était le commentateur qui le faisait.
01:46Là, pour la première fois, c'est le juge qui le dit.
01:49Il le dit, il l'assume, il assume de juger son preuve.
01:53Comment vous expliquez cette condamnation,
01:55alors s'il n'y a rien dans le dossier ?
01:56Si ce n'est pas un procès politique, c'est quoi, alors ?
01:59Non, mais pourquoi dire que c'est un procès politique ?
02:01Je suppose un procès partisan.
02:04Vous avez dit que c'est un procès partisan ?
02:06Non, dire procès politique veut dire procès partisan.
02:09Non, procès politique, c'est, à certains égards,
02:12la justice qui parache, vous l'avez dit dans vos mots,
02:14qui consacrent sa prise de pouvoir sur le politique,
02:17le renversement du politique,
02:19avec l'exécution, le renversement du rapport à la prudence.
02:22Non, la justice est une forme d'ivresse dans la virtue.
02:23Vous savez bien que si on dit procès politique,
02:27on ne pense pas au renversement du rôle des pouvoirs dans la société.
02:33C'est pour ça que j'écarte ce mot.
02:36Je pense qu'il y a quelque chose de très dangereux,
02:38qui est une forme d'ivresse de la toute-puissance.
02:41Là, vous parlez des magistrats ?
02:43Oui, je parle de la justice de l'institution judiciaire.
02:45Il y a une ivresse de la toute-puissance qui me paraît beaucoup plus importante
02:49et avec des conséquences beaucoup plus lourdes
02:53que la simple question de savoir à quelle idéologie partisane
02:58ils peuvent se rattacher les uns ou les autres.
03:00Je pense qu'après tout, ils peuvent avoir une idéologie.
03:03On leur demande juste d'être non pas totalement impartial,
03:07ça n'existe pas, mais le plus impartial possible.
03:10Je trouve que cet effort n'est plus fait,
03:12mais simplement, le vrai sujet dont il faut parler,
03:16c'est celui-ci, c'est la volonté de l'institution judiciaire en France,
03:21comme dans tous les pays occidentaux,
03:23d'abord de transformer le juge en justicier.
03:28Et ça, c'est l'avènement du juge justicier, ce procès.
03:33D'abord, et deuxièmement, il y a une volonté de purification de la société,
03:40de purification de la politique dans la société.
03:43Il ne faut plus de politique.
03:44La politique, ce n'est pas bien, la politique, c'est sale.
03:46Voilà.
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