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  • il y a 4 mois

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Transcription
00:00La grande interview sur CNews et Europe 1. Bonjour et bienvenue Jean-Paul Garraud.
00:07Bonjour Anne-Membeau.
00:08Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes eurodéputé à Rassemblement National, également magistrat.
00:13Je vais le préciser à nos auditeurs et téléspectateurs qui peut-être pour certains d'entre eux vous découvrent ce matin.
00:18Vous avez exercé ce métier de magistrat pendant plusieurs décennies.
00:22C'est votre métier, c'est votre statut. Vous venez vous-même d'une lignée de magistrats.
00:27Vous connaissez donc la machine de l'intérieur, M. Garraud, c'est très important.
00:31Votre réaction à la déflagration du verdict de Nicolas Sarkozy a largement été relayée, commentée.
00:36Je rappelle que vous avez affirmé n'avoir jamais rien vu de tel.
00:39On va en parler. On va également évoquer la réaction et le communiqué hier d'Emmanuel Macron.
00:44Mais tout d'abord, ce matin, sur une autre antenne, le chef du parquet national financier, Jean-François Bonnert,
00:49affirme qu'il n'est absolument pas dans le règlement de compte avec Nicolas Sarkozy.
00:53Il affirme aussi que tout lui donne raison, tout donne raison au parquet national financier.
00:58Il détaille la piste du financement illégal libyen, en vraiment donnant des informations ou des éléments.
01:05Comment vous avez réagi à cette sortie ?
01:07Il a évidemment le droit et le pouvoir de s'exprimer, mais de donner de tels détails.
01:12Quelle est votre réaction à cela ?
01:13Si vous voulez, il y a une certaine logique dans cette déclaration, puisque le parquet national financier était à l'origine, évidemment, de cette affaire.
01:20Cette affaire qui a démarré avec une grande célérité de la part du parquet national financier.
01:25Et donc, au cours de cette affaire, on a, à la sortie, si je puis dire, avec la décision du tribunal qui vient d'être rendue,
01:33trois infractions sur quatre où il y a eu une relaxe.
01:36D'ailleurs, je crois que le parquet national financier fait appel, justement, parce qu'il soutient l'accusation.
01:41Et donc, le parquet, le procureur national financier, s'exprime soutenant la position qui est la sienne.
01:48Donc, en cela, il n'y a rien d'anormal, mais c'est une position qui est la sienne.
01:52Ensuite, évidemment, comme tout le monde le sait, il y a des contestations sur le fond en ce qui concerne ce dossier.
01:58Mais je n'ai pas, moi, à m'exprimer sur le fond de ce dossier.
02:01– Il affirme, en tous les cas, ce qu'a dit hier le président Emmanuel Macron, que l'état de droit, évidemment, il faut le préserver,
02:09et que la démocratie est en danger. Le chef du parquet national financier dit cela ce matin.
02:14– Alors, moi, j'ai une autre idée de la justice. Comme vous l'avez dit, j'y ai passé une grande partie de ma vie professionnelle.
02:19Je viens, effectivement, d'une lignée de magistrats. Je connais très, très bien son fonctionnement.
02:24Et j'ai beaucoup de respect pour l'institution, avec des personnels qui sont remarquables.
02:29Je tiens à le dire, que ce soit des magistrats ou que ce soit des fonctionnaires de justice.
02:35Donc, cette autre idée de la justice, justement, n'empêche pas un certain nombre de critiques ou d'incompréhensions.
02:42Et là, par rapport à cette décision qui vient d'être rendue, j'ai effectivement une incompréhension.
02:47Encore une fois, je n'ai pas statué à dire ce que je pense sur le fond, puisque je ne connais pas le détail du dossier.
02:52Et si vous voulez, il y a une conséquence que je trouve absolument incroyable, que moi, je n'ai jamais connue,
02:58alors que j'ai précidé de nombreuses audiences correctionnelles.
03:02C'est une exécution provisoire sur un mandat de dépôt, c'est-à-dire une exécution provisoire sur de l'emprisonnement,
03:08alors que Nicolas Sarkozy, donc, veut faire appel, qu'il va être rejugé en appel,
03:13et avec un mandat de dépôt qui va s'appliquer immédiatement.
03:16Mais, M. Garraud, la question a été posée ce matin au chef du Parc national financier,
03:19il estime que ce n'est pas du tout une atteinte à la présomption d'innocence.
03:22Je considère que c'est plutôt une atteinte à la présomption d'innocence.
03:25Expliquez-nous, pourquoi ?
03:26Parce que, très simplement, vous avez une application immédiate, je ne veux pas rentrer dans la technique,
03:30mais vous avez un emprisonnement qui a été décidé par le tribunal, c'est bien sûr son droit,
03:345 ans d'emprisonnement, avec mandat de dépôt.
03:37Alors, moi, ça m'est arrivé de décerner des mandats de dépôt, effectivement, à l'audience.
03:41Mais quand je décernais le mandat de dépôt, c'était parce que la personne arrivait,
03:44parce qu'elle était menottée en général, on l'avait arrêtée,
03:47ou même elle arrivait libre, mais elle repartait avec le mandat de dépôt,
03:50parce qu'il n'y avait pas de garantie de représentation,
03:52la peine était importante, donc il risquait de se soustraire à la justice.
03:56Donc voilà, mais a priori, avec Nicolas Sarkozy, il n'y a aucune de ses caractéristiques.
04:00Et il est décerné un mandat de dépôt à effet différé.
04:04Alors ça, je ne l'ai jamais vu.
04:05Vous ne l'avez jamais vu, c'est une première.
04:07Non, je ne l'ai jamais vu en ce qui me concerne.
04:08Donc plusieurs décennies d'exercice.
04:10Je ne l'ai jamais vu.
04:11Soit on décerné un mandat de dépôt à effet immédiat,
04:14parce que les caractéristiques, pour garantir l'effectivité de la peine,
04:18vu que la peine est importante, il faut garantir cette effectivité,
04:21c'est ce qui est dit, je crois, par le tribunal,
04:24et donc on incarcère immédiatement.
04:26Mais à effet différé, ça veut dire qu'on n'a pas peur,
04:29on ne redoute pas que Nicolas Sarkozy s'enfuit, ou qu'il recommence.
04:32Bon, et donc du coup, mais alors, comment se fait-il qu'on le fasse à effet différé ?
04:36Donc si vous voulez, cette mesure me semble assez particulière,
04:39d'autant plus atteinte à la présomption d'innocence quand même,
04:42parce que Nicolas Sarkozy va être incarcéré,
04:46et il peut être innocenté, un appel.
04:48Moi, j'ai le souvenir, par exemple, d'une députée,
04:52qui était avec moi lorsque j'étais députée nationale,
04:55Brigitte Barège, et qui était maire de Montauban.
04:57Eh bien, elle a été, dans un premier temps, déclarée inéligible,
05:03avec exécution provisoire, et en appel.
05:06La cour d'appel a réduit à néant le jugement,
05:09sauf qu'elle avait rendu son mandat,
05:11et que la première peine, entre guillemets, était exécutée.
05:14Donc c'est bien une atteinte à la présomption d'innocence.
05:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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