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  • il y a 4 mois

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00:00Bienvenue et merci de nous rejoindre sur Europe 1 Info qui continue jusqu'à 15h comme tous les jours avec notre débat sur l'actualité.
00:07Et aujourd'hui évidemment nous revenons sur le jugement du tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Nicolas Sarkozy.
00:14Je rappelle que l'ancien président de la République était jugé pour soupçon de financement illicite de campagne pour sa campagne victorieuse de 2007.
00:23Enfin, on va revenir sur ce jugement et sur ce coup de théâtre aussi avec mes deux chroniqueurs Jean-Claude Dacier aujourd'hui et Jules Torres.
00:31Et puis avec Louis Dragnel, chef du service politique également d'Europe 1 parce que cela a des conséquences politiques.
00:38Et pour bien comprendre le fond de cette décision, William Molinier du service police-justice d'Europe 1 est également avec nous en studio.
00:45Je vous propose de commencer par réécouter l'ancien président de la République, l'ancien chef de l'État qui s'est exprimé à l'issue de sa condamnation à 5 ans de prison ferme.
00:56Écoutez-le.
00:57Je demande aux Français qu'ils aient voté ou non pour moi, qu'ils me soutiennent ou non, d'apprécier ce qui vient de se passer.
01:04La haine n'a donc décidément aucune limite.
01:07J'assumerai mes responsabilités, je déférerai aux convocations de la justice.
01:12Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison.
01:16Mais la tête haute, je suis innocent.
01:19Cette injustice est un scandale.
01:22Je ne m'écuserai pas de quelque chose que je n'ai pas fait.
01:25Naturellement, je ferai appel.
01:27Sans doute devrais-je comparaitre les monottes aux mains devant la cour d'appel.
01:32Ceux qui me haïssent à ce point pensent m'humilier.
01:35Ce qu'ils ont humilié aujourd'hui, c'est la France.
01:38C'est l'image de la France.
01:39Et si quelqu'un a trahi les Français, ce n'est pas moi.
01:42C'est cette injustice invraisemblable auquel vous venez d'assister.
01:46Les mots forts de Nicolas Sarkozy à l'issue de la peine qui a été prononcée à son encontre par le tribunal correctionnel de Paris.
01:53William Molinier, si on rembobine un petit peu le fil de l'histoire comme ça s'est fait ce matin,
01:58on a appris déjà qu'il y avait une relaxe sur trois des quatre chefs d'accusation.
02:03Et on apprend là, en plein milieu d'Europe à info d'ailleurs, que Nicolas Sarkozy est condamné à une lourde peine de prison.
02:10Cinq ans de prison ferme avec un mandat de dépôt différé.
02:15Expliquez-nous, qu'est-ce qui s'est passé ?
02:17Alors, effectivement, Nicolas Sarkozy était jugé pour, était renvoyé devant le tribunal correctionnel pour quatre chefs de poursuite,
02:26recel de détournement de fonds publics, corruption passive, financement illégal de campagne électorale et association de malfaiteurs.
02:33Les trois premiers, il est relaxé sur ces trois premiers chefs.
02:38Ce qui correspondait quand même, qui était le point de départ de l'enquête et dont à l'intérieur desquels se trouvait cette fameuse note libyenne
02:53dont la présidente du tribunal a dit à l'audience qu'il s'agissait d'un faux.
03:00Vous vous souvenez, cette note libyenne avait été divulguée par Mediapart dans l'entre-deux-tours de la présidentielle de 2012
03:10avec, et en étant hyper affirmatif, puisque Mediapart, à ce moment-là, présentait ce document comme étant la preuve,
03:19je le mets entre guillemets, je cite Mediapart qui avait titré ça,
03:22« Note libyenne, de point, la preuve du financement de Kadhafi ».
03:28Cette note-là a été considérée comme un faux.
03:31Les trois premiers chefs de renvoi, Nicolas Sarkozy et Relaxé, vient alors l'association de malfaiteurs,
03:40il est condamné pour association de malfaiteurs,
03:43et le tribunal retient le maximum légal de la peine encourue, à savoir cinq ans de prison ferme.
03:53Et ça, Nicolas Sarkozy, effectivement, l'apprend, au cours de l'audience,
03:59trois heures après le début de l'audience, trois heures au cours de laquelle, en fait,
04:04on se disait, tout le monde se disait, tous les commentateurs,
04:06et sans doute lui aussi, et sans doute sa défense aussi au tribunal,
04:10se disaient, ça sent bon parce qu'il y a trois des chefs de renvoi qui sautent,
04:16sur les quatre, le coup prêt est tombé, cinq ans ferme, avec mandat de dépôt et délai différé et exécution provisoire.
04:24On va écouter sa défense, son avocat, Christophe Ingrain.
04:28On n'a pas réussi à convaincre le tribunal correctionnel.
04:31Pour être plus exact, le tribunal correctionnel n'a pas eu le courage de désavouer la construction
04:36qui avait été celle des juges d'instruction et qui était celle du PNF pendant l'audience.
04:41Il l'a désavoué en partie, il n'est pas allé jusqu'au bout,
04:44et de manière très étonnante, il a prononcé cette peine
04:50qui est totalement contradictoire avec la seule infraction retenue.
04:55Or, quelques réactions, notamment politiques,
04:58Louis de Ragnel, notamment celle de Marine Le Pen,
05:01qui dit, au-delà de la personne de l'ancien président Nicolas Sarkozy,
05:04la négation du double degré de juridiction par la voie de la généralisation de l'exécution provisoire
05:10par certaines juridictions, représente un grand danger au regard des grands principes de notre droit.
05:16Absolument, réaction assez claire de Marine Le Pen,
05:19mais qui fait forcément référence à ce qui lui est arrivé à elle,
05:21et qui n'est pas terminé d'ailleurs, c'est l'exécution provisoire la concernant,
05:25et qui, pour le moment, l'empêche d'être candidate à l'élection présidentielle.
05:30Il y a encore, on ne va pas rentrer dans le détail,
05:32des étapes judiciaires qui concernent Marine Le Pen,
05:34mais voilà, donc il arrive à Nicolas Sarkozy un peu la même chose que ce qui arrive à Marine Le Pen,
05:39et c'est vrai qu'on peut s'interroger, si on s'arrête un instant,
05:43sur la question de l'exécution provisoire d'une peine.
05:46Dans la justice classique et normale, il n'y a pas d'exécution provisoire.
05:50Vous êtes condamné ou vous n'êtes pas condamné,
05:51il y a une possibilité de faire appel ou il n'y a pas une possibilité de faire appel.
05:55Enfin, normalement, il y a une possibilité de faire appel, pardon.
05:56Oui, normalement, oui, c'est ça.
05:57Excusez-moi, pardon.
05:59Mais voilà, et je trouve que...
06:00Et c'est ce qui garantit aussi la présomption d'innocence.
06:03Exactement, et donc ça pose aussi une question de la crédibilité de la justice.
06:06On parle souvent de la défiance qu'il y a des Français à l'égard de la justice.
06:09Alors, souvent pour des raisons de laxisme, d'inefficacité ou d'incompréhension
06:13d'un certain nombre de peines qui sont prononcées contre des délinquants.
06:16Mais là, s'agissant de personnalité politique,
06:18on a déjà eu l'épisode 1, François Fillon,
06:21qui n'a pas pu, une fois qu'il s'est présenté,
06:22mais dans des circonstances hallucinantes de campagne
06:25où la justice s'est immiscée pendant tout le scrutin.
06:28Vous avez eu ensuite Marine Le Pen, on en a parlé,
06:32et puis là, Nicolas Sarkozy, une forme d'acharnement.
06:34Et avec toujours...
06:35Enfin, c'est la deuxième fois que revient la question de l'exécution provisoire.
06:38Et c'est vrai que s'agissant particulièrement de Nicolas Sarkozy,
06:42si vous voulez, il ne va pas s'enfuir.
06:44Il s'est toujours présenté...
06:45Mais il l'a dit lui-même en disant, on peut me reconnaître.
06:47Tout le monde sait qui je suis.
06:49Il a déjà accepté de porter un bracelet électronique.
06:51Et il l'a rappelé aussi.
06:53Je me suis toujours présenté à toutes les convocations.
06:55J'y suis toujours allée.
06:56Donc, soit vous vous dites que la justice ou les gens qui rendent la justice au nom du peuple français
07:01veulent l'humilier, soit ils veulent, entre guillemets, se faire des politiques,
07:05soit, j'en sais rien, après, je ne sais pas ce qui se passe au fond de leur cœur et dans leur esprit,
07:11mais c'est vrai que ça commence à faire beaucoup cette immiction de la justice dans la vie politique française.
07:16Et les Français, et sensiblement, ce qui est vrai, les électeurs de droite, de toutes les droites,
07:21commencent à le voir.
07:22Et quand on discute, et je termine vraiment là-dessus, avec beaucoup de personnalités politiques,
07:27des députés, des ministres et même des hauts fonctionnaires,
07:29il y en a de plus en plus qui disent, mais moi, je n'ai aucune envie,
07:31si un jour on me proposait d'être directeur de cabinet du président de la République,
07:34secrétaire général de l'Elysée ou je ne sais pas quoi, pour les plus brillants d'entre eux,
07:37ils déclineraient tous parce qu'ils se disent, il y a tellement de décisions à prendre,
07:42il y a tellement de raisons pour lesquelles possiblement,
07:44et là, ça nous fait rebondir sur ce qui s'est passé avec Nicolas Sarkozy,
07:47et on lui reproche d'avoir laissé faire, soi-disant laissé faire,
07:52certains de ses proches qui finalement n'ont pas fait ce que la justice aurait pu imaginer qu'ils fassent,
07:56c'est totalement incompréhensible.
07:57Bref, c'est habituel.
07:58Déjà que l'affaire était tentaculaire, là, c'est clair que le jugement n'est pas facile à comprendre non plus.
08:02C'est vrai que voilà l'image de la justice, et moi je trouve très largement entachée à travers cette décision qui a été prise au...
08:07Il y a souvent ce procès en laxisme qui est fait à la justice,
08:10on avait fait un sondage CSA pour Europe 1 C News et le JDD,
08:14il y a quelques semaines, qui disaient que 80% des Français trouvaient que la justice était laxiste à cause de tout ce qu'on a parlé,
08:20des violeurs qui font assez peu de peine, qui ont du sursis ou ont cumulé du sursis,
08:25là en l'occurrence, la justice n'a pas du tout été laxiste,
08:27au contraire, elle a pris le pendant inverse, un mandat de dépôt différé,
08:32donc ça veut dire que dans les 4 mois, Nicolas Sarkozy ira en prison,
08:34il n'y a pas de régime de semi-liberté ou de bracelet électronique dans ce cas-là,
08:38donc c'est extrêmement dur, c'est extrêmement fort,
08:41et encore une fois, si on le compare avec ce qu'on peut commenter ici ou là,
08:44c'est vrai qu'on a du mal à comprendre comment un président de la République peut aller en prison pour ce genre de fait.
08:48Comment décrypter ce jugement, comment essayer de comprendre, comme vous dites,
08:52ce jugement du tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Nicolas Sarkozy ?
08:56On a vécu un coup de théâtre sur Europe 1.
08:58J'aimerais revenir sur les mots de Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République,
09:02à l'issue de ce jugement du tribunal correctionnel de Paris,
09:06Jean-Claude Dacier, il a parlé de haine, il a parlé d'injustice, surtout.
09:10C'est vrai qu'on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy l'attitude qui a été la sienne quand il était président.
09:15Les faits dont on discute, le tout début des faits, il n'était même pas encore président,
09:20je le signale au passage.
09:21Mais c'est vrai qu'on lui a beaucoup reproché,
09:23moi je me souviens avoir été à une inauguration, je ne sais plus ce que c'était,
09:28de l'année judiciaire, je pense, à la Cour de Casse,
09:30où effectivement il nous avait annoncé Sarko la disparition prochaine du juge d'instruction, etc.
09:36Chose qu'il ne l'a jamais faite.
09:38Il y a depuis une espèce de, je ne dirais pas de haine,
09:42encore que, franchement, quand on voit le mouvement d'aujourd'hui,
09:45ce sont ses mots et je pense qu'il n'est pas loin de la vérité.
09:48Il y a un certain nombre de gens au cœur, au sein de la justice,
09:52qui ont juré de se faire Sarko d'une manière ou d'une autre,
09:55et les affaires enchaînent avec d'autres affaires.
09:58Là, c'est quand même extraordinaire, on est tous encore un peu sous le coup,
10:01on est tous un peu abasourdis, on est tous surpris,
10:04et ça va durer probablement toute la journée, et sans doute dans les semaines qui viennent.
10:08Parce que c'est un jugement d'une sévérité rare pour association de malfaiteurs,
10:15alors que rien n'a jamais été prouvé.
10:17Il est suggéré quelque part, me semble-t-il,
10:19on va lire les 400 pages de Mme la Présidente, sans doute dans les jours qui viennent,
10:24mais il a sans doute, bon, au cœur de cette association peut-être de malfaiteurs,
10:29pareil, c'est Guéant, c'est Hortefeux, c'est Djuri,
10:33qui est un trafiquant d'influence bien connu,
10:35avec l'Afrique et notamment l'Afrique noire,
10:36bref, l'établissement d'une intention de corruption suffit, semble-t-il,
10:46à faire condamner M. Sarkozy, ancien Président de la République française,
10:50à une peine de prison ferme, qu'il ne peut pas contourner,
10:53puisque l'appel ne changera rien, la suspension n'est pas d'actualité,
10:59donc rien n'a été prouvé, absolument rien,
11:01mais il ne fallait pas faire de peine au Parti National Financier,
11:04qui s'est ridiculisé dans cette affaire,
11:06ce n'est pas la première fois, il a déjà bricolé,
11:09oui, Mediapart, je vais y venir,
11:11il a déjà bricolé le PNF beaucoup,
11:13avec M. Fillon, qui est un pur scandale judiciaire,
11:17ça fait deux, avec un,
11:19et je ne parle même pas de Marine Le Pen,
11:20sur lequel il y aurait sans doute beaucoup à dire.
11:23Donc, quand vous faites le bilan du fonctionnement de cette justice-là,
11:28les propos de M. Sarkozy,
11:30que je n'ai pas revus depuis des années et des années,
11:32me semblent totalement fondés,
11:34il est victime, non pas d'une erreur judiciaire,
11:39il est victime d'une espèce de complot judiciaire,
11:41qui fait qu'il va aller, et ça va être formidable,
11:44les juges de gauche et d'extrême gauche,
11:46qui sortent de l'école nationale à la magistrature,
11:49vont être satisfaits,
11:50ils vont voir Sarkozy entrer en prison,
11:53dans les semaines qui viennent,
11:54il y restera 8 jours, 15 jours, 3 semaines,
11:56et moi, je n'en s'effigre rien,
11:58l'image, seul contrat, vive la France.
12:00Jules Thorez, vous vous rangez de l'avis de Jean-Claude Dacier ?
12:04Toujours, je me range toujours de l'avis de Jean-Claude Dacier,
12:06mais oui, il y a quelque chose qui n'exagère en rien.
12:09Non, mais du reste, il y a quand même,
12:12selon moi, je ne suis peut-être pas assez intelligent
12:14pour comprendre parfois le raisonnement de ces juges.
12:18En réalité, ici, on condamne Nicolas Sarkozy
12:21pour des rencontres occultes, je cite,
12:24d'après le tribunal de Claude Guéant à Brice Hortefeux,
12:26avec un haut dignitaire libyen, fin 2005,
12:29qui n'ont, je cite encore une fois,
12:30de sens que par la nécessité d'obtenir des fonds.
12:33Donc, en réalité, là aussi, c'est une suspicion.
12:35Dans l'affaire de Marine Le Pen, l'exécution provisoire,
12:38c'est également sur une suspicion.
12:40Les juges avaient dit, on fait l'exécution provisoire, pourquoi ?
12:43Pour deux raisons.
12:43D'abord, parce qu'il pourrait y avoir un tumulte à l'ordre public.
12:47La suspicion, on n'en sait rien.
12:48Et la deuxième des choses, c'est parce qu'on reproche à Marine Le Pen,
12:50justement, de se défendre et de dire qu'elle était innocente.
12:53Donc, moi, je n'arrive pas dans cette affaire,
12:54et dans l'affaire Bismuth également,
12:56où c'est de la suspicion par un coup de fil
12:59que personne n'aurait jamais dû écouter,
13:01où Nicolas Sarkozy aurait dit à son avocat,
13:03peut-être qu'on pourrait faire ça.
13:04Là aussi, c'est de la suspicion.
13:06Donc, je ne comprends pas les raisonnements de fond
13:08qui, pardonnez-moi, aboutissent à des condamnations
13:11qui sont extrêmement lourdes.
13:12En l'occurrence, la non-possibilité pour Marine Le Pen
13:15de se présenter à une candidature à la présidentielle
13:17alors qu'elle est favorite et 5 ans de prison
13:19pour un ancien président de la République.
13:20Alors, William Melany, juste parce qu'on parle...
13:22Oui, alors vous allez me dire ce que...
13:24Vous voulez faire, mais juste j'ai une question quand même avant,
13:26parce qu'on parle beaucoup de Nicolas Sarkozy,
13:27mais il était loin d'être le seul dans ce dossier,
13:30dans cette affaire.
13:31Est-ce que vous avez, pour qu'on se rende un petit peu compte
13:33de ce qui a été rendu et du jugement rendu
13:35par le tribunal correctionnel de Paris,
13:37à l'encontre des autres prévenus ?
13:38Alors, on n'a pas tout.
13:40En revanche, Alexandre Jury, on en a parlé tout à l'heure,
13:44qui est cet intermédiaire homme d'affaires franco-algérien,
13:52lui condamné à plus de 6 ans de prison
13:54avec mandat de dépôt,
13:56c'est-à-dire qu'il part directement après l'audience en prison.
14:04Beshir Saleh, qui lui, c'était, vous savez,
14:07l'ancien directeur de cabinet de Kadhafi,
14:11qui est en fuite depuis quelques années.
14:16Lui, condamné par défaut, hors sa présence,
14:19à 5 ans de prison et 4 millions d'euros d'amende.
14:22Claude Guéant, 6 ans de prison.
14:24Brice Hortefeux, 2 ans de prison.
14:27Avec aménagement sous bracelet électronique.
14:29Avec aménagement sous bracelet électronique.
14:31Eric Wörth, lui, relaxé.
14:34Voilà, en l'état...
14:36A peu près, selon vos informations.
14:38Il faudra évidemment lire aussi tout le jugement.
14:44Il y a pour l'instant, et ça c'est effectivement,
14:46Jules Torres, il y a un manque de lisibilité,
14:48clairement, dans cette décision de justice,
14:51à la fois sur l'association de malfaiteurs
14:54qui est une infraction valise
14:58dans laquelle on peut mettre beaucoup de choses,
15:00qui est aussi en même temps autonome,
15:02c'est-à-dire qu'on n'a pas besoin
15:03que le passage à l'axe soit, entre guillemets,
15:06consommé, il suffit de l'intention
15:08et de la volonté de faire.
15:09Vous ne saviez pas, mais vous deviez savoir.
15:12Vous ne pouvez pas ne pas avoir su.
15:14La lisibilité se questionne aussi sur le mandat de dépôt,
15:17c'est-à-dire qu'un mandat de dépôt, généralement,
15:19vous le prononcez parce que la personne est dangereuse,
15:25risque de s'enfuir.
15:26Guéron, il a six ans de prison et un mandat de dépôt ?
15:29Non, pas de mandat de dépôt.
15:30D'accord, en raison de son état de santé.
15:32D'accord.
15:33Donc, effectivement, il y a ce manque de lisibilité.
15:37Peut-être que ça s'éclaircira
15:40avec la lecture des 400-500 pages du jugement.
15:44En tout cas, on ne les a pas encore aujourd'hui.
15:46Oui, Dragnal.
15:47Moi, je me souviens de ce qui avait été écrit
15:51dans le réquisitoire du parquet national financier.
15:53Il était lourd.
15:54C'était extrêmement lourd.
15:55Et c'est vrai qu'on voit quand même un énorme décalage,
15:57un gouffre entre ce qui était recommandé
16:00comme peine par le parquet national financier
16:03en raison du présumé financement libyen
16:06dont Nicolas Sarkozy a bénéficié.
16:06Vous vous souvenez de ce que c'était ?
16:08Le PNF écrivait noir sur blanc.
16:11Il parlait d'un pacte de corruption faustien.
16:15Il disait que Nicolas Sarkozy était le décisionnaire,
16:19l'organisateur d'une organisation
16:21dans laquelle il y avait une quête effrénée
16:23de recherche d'argent pour sa campagne.
16:25Et le bénéficiaire, exactement,
16:27de recherche d'argent pour sa campagne.
16:28Et alors, on est passé de ça,
16:30dans le réquisitoire du parquet national financier,
16:32à finalement une intention présumée qui est jugée.
16:36Et c'est vraiment ça la nouveauté.
16:38C'est-à-dire qu'on est entré dans une nouvelle ère politique
16:40dans laquelle la justice va juger
16:44une intention présumée que vous avez.
16:46Alors, parfois, vous savez...
16:47Alors, elle peut le faire puisque c'est prévu.
16:49Oui, mais ce qui est extrêmement choquant,
16:50c'est qu'une discussion de comptoir,
16:52une discussion entre amis fatigués,
16:54vous pouvez vous relâcher,
16:56dire un peu n'importe quoi,
16:57eh bien, il faut que tout le monde le sache
16:59et que les Français le sachent.
17:00Eh bien, ça, ça peut être jugé très sévèrement par la justice.
17:03Alors, vous aurez beau dire après,
17:04mais non, mais j'ai dit ça,
17:05mais en fait, je ne le pensais pas,
17:07ou j'étais fatigué.
17:07Ou alors, les autres l'ont pensé à ma place
17:09et moi, je ne l'ai pas voulu.
17:10Eh bien, c'est terminé.
17:11Nicolas Sarkozy,
17:12sans même avoir pu penser quoi que ce soit
17:15pour financer sa campagne,
17:16puisque, tout simplement, selon la justice,
17:18aujourd'hui, il a laissé ses collaborateurs
17:21envisager de promettre des contreparties à la Libye.
17:23Eh bien, pour ces raisons-là,
17:24eh bien, Nicolas Sarkozy est condamné.
17:27Merci beaucoup à tous les quatre,
17:28Jean-Claude Dessier, Jules Torres,
17:30Louis Dragnel, William Molinier,
17:32d'avoir participé à ce débat,
17:34nous avoir éclairé, finalement,
17:35si tant est que cela soit possible,
17:38sur ce jugement du tribunal correctionnel de Paris
17:40rendu à l'encontre de Nicolas Sarkozy.
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