- il y a 4 mois
Ce vendredi 26 septembre, Jérôme Tichit a reçu Patrick Gras, président de l'Union nationale des commissaires de justice, Hervé Morin, président de la Région Normandie, Pierre-Jean Leduc, PDG de DEMGY Group, Jeanne Lemoine, cofondatrice du Groupe Lemoine, et Gilles Attaf, président d'Origine France Garantie, dans l'émission La France a tout pour réussir sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et le samedi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business, la France a tout pour réussir.
00:07Jérôme Tichit.
00:11Bonjour, bonjour et bienvenue dans la France a tout pour réussir.
00:13Chaque semaine, vous le savez, un concentré d'économie positive sur BFM Business.
00:17Et ce vendredi, nouvelle émission spéciale, nous sommes en direct dans un des jardins de l'iconique hôtel Normandie.
00:23Nous sommes à Deauville, à l'occasion d'un colloque où sont réunis de très nombreux acteurs de l'économie.
00:30Mais aussi de la politique sur un thème très concret, comment lever les obstacles pour les entreprises.
00:35Avec un mot d'ordre, débloquons tout.
00:37Et je salue également les téléspectateurs de BFM Normandie qui co-diffusent cette émission spéciale.
00:43Mes invités donc au cours de cette émission, dans un instant je recevrai Hervé Morin, le président de la région Normandie.
00:48Mais aussi Patrice Gras, le président de l'Union Nationale des Commissaires de Justice qui organise cette journée spéciale.
00:54Et juste après, le témoignage de deux chefs d'entreprise, Pierre-Jean Leduc, le président du groupe d'MJ, groupe de plasturgie basé dans l'Eure.
01:02Et puis Jeanne Lemoyne, la co-dirigeante du groupe Lemoyne spécialisée dans les produits d'hygiène et de soins au coton.
01:08Son entreprise est située dans l'Orne.
01:10Enfin, je recevrai Gilles Attaf, le président d'Origine France Garantie et le co-fondateur des Forces françaises de l'industrie.
01:16Deux structures qui soutiennent également cette journée spéciale, lever les obstacles.
01:20Bonjour Patrice Gras, je le disais, vous êtes le président de l'Union Nationale des Commissaires de Justice.
01:27Vous organisez cette journée spéciale donc ici à l'Hôtel Normandie.
01:31Pourquoi cette journée spéciale ? Pourquoi vouloir lever les obstacles avec tous ces acteurs de l'économie réunis ici ?
01:38Alors notre profession, anciennement les huissiers de justice, maintenant les commissaires de justice.
01:43Nous avons cette réputation d'avoir une sorte de mauvaise image.
01:49Et bien cette image, il ne faut pas s'en contenter.
01:53Il faut essayer de réfléchir autrement et d'aller notamment vers l'entreprise, d'aller vers les milieux économiques, de mieux nous implanter.
02:02Je rappelle que nous sommes 3700 confrères en France sur à peu près 1800 études au cœur de l'Hexagone.
02:11Parce qu'une profession réglementée, elle s'exerce sur l'ensemble du territoire et sur les mêmes conditions pour tout le monde.
02:18Et donc quand je vois aujourd'hui les difficultés que l'entreprise peut rencontrer par différentes contraintes,
02:24de faire ce thème de la réindustrialisation, de casser les codes et d'aider les entreprises.
02:33Et nous avons, nous, en qualité de couteau suisse dans cette profession, un certain nombre d'éléments à apporter aux entrepreneurs.
02:39Alors quelles sont les fonctions de ce couteau suisse ?
02:42Vous qui êtes donc au plus près des entreprises, une de vos missions de base, c'est la récupération des impayés.
02:49Mais c'est un sujet essentiel pour les entreprises.
02:51Absolument. Alors, une profession réglementée, nous sommes réglementés en matière de signification d'actes,
02:56de l'établissement de procès-verbaux de constats.
02:58Mais nous allons du recouvrement de créances simples jusqu'effectivement l'exécution d'une décision de justice,
03:06l'établissement également de procès-verbaux de constats.
03:10Et nous avons été amenés à réfléchir, à se mettre à la place des entrepreneurs pour dire,
03:15pourquoi ont-ils une méconnaissance ou auraient-ils une méconnaissance dans notre métier ?
03:19Est-ce qu'on ne l'a pas assez expliqué, tout simplement ?
03:21Et quand vous savez que le montant des impayés entre entreprises en France est de 20 milliards d'euros par an,
03:29soit 4 milliards de TVA, nous avons aujourd'hui des dispositions à mettre en place
03:34et nous attendons qu'un gouvernement soit là pour effectivement passer les décrets nécessaires
03:39pour régler cette problématique des 20 milliards qui génèrent sur ce non-paiement,
03:44génèrent des liquidations judiciaires.
03:466 000 entreprises aujourd'hui disparaissent chaque mois.
03:49Des drames, de la perte de savoir-faire et des licenciements.
03:52Et puis vous parliez de débloquer les freins.
03:55Vous êtes un tiers de confiance qui permet de débloquer généralement les freins économiques pour les entreprises.
04:01Oui, on est au cœur d'établir la preuve.
04:03Nous, on n'est pas spécialiste forcément en informatique, forcément en tels produits cosmétiques ou produits industriels.
04:11Par contre, effectivement, sur des concurrences déloyales,
04:14sur des déclarations d'entreprises qui déclarent fabriquées en France et qui ne le sont pas,
04:18on peut intervenir.
04:19On peut intervenir également sur de la contrefaçon,
04:22sur des produits qui sont contrefaits et concurrencés à vil prix pour des entreprises françaises
04:27qui, elles, respectent les règles et arriver à avoir sur le territoire,
04:31faire la séparation entre une entreprise vertueuse qui pourrait revendiquer un certain nombre de qualités
04:39et une entreprise qui ne respecte pas les règles.
04:41Et à ce moment-là, on serait amené à intervenir dans ce cadre-là.
04:45Et nous avons donc une petite ordonnance qui s'appelle l'ordonnance 145
04:49qui permet, nommé par un magistrat, de pouvoir relever un certain nombre de défaillances.
04:55Vous restez avec nous, Patrice Rage.
04:57J'accueille, il arrive sur notre plateau, Hervé Morin, le président de la région Normandie.
05:01Monsieur le Président.
05:02Monsieur le Président, bonjour, enchanté, merci de nous.
05:05Il ne fait pas très chaud chez vous.
05:06Il ne fait pas très chaud chez vous, c'est votre région.
05:09Il fait un petit peu frais, voilà, mais on est dans un cadre somptueux.
05:13On était en train de parler avec Patrice Gras des freins pour l'économie et comment les lever.
05:20On en parle dans un petit instant.
05:21D'abord, la région Normandie.
05:23Quand j'ai un peu travaillé sur cette émission, je me suis aperçu que c'était une des régions les plus industrialisées de France.
05:30C'est la région.
05:31Alors, quels sont les chiffres clés ?
05:32En général, vous voyez, l'image qu'ont les parisiens, c'est ça.
05:36C'est le Normandie.
05:37Les vaches, etc.
05:39Et c'est ici le 21e arrondissement.
05:42Et les colombages.
05:43Absolument.
05:44Mais sur cette industrialisation, donc en France, c'est 10 à 11% du PIB.
05:49Je crois que vous, c'est un peu plus.
05:50Nous, on est, disons, autour de 20.
05:52Souvent, on dit un peu plus de 20.
05:55En fait, on a été traditionnellement une très grande région industrielle.
05:59On a pris très, très cher avec l'industrialisation du pays.
06:01Avec l'agroalimentaire, le textile, historiquement.
06:05Oui, et d'autres secteurs.
06:07Et puis, heureusement, on connaît un renouveau industriel.
06:12Et ce renouveau industriel s'appuie, je crois, par un combat permanent et une relation extraordinaire avec le patronat qui fait qu'on mène les combats ensemble.
06:24Je crois aussi une relation de confiance.
06:27Et puis, de l'autre, de dire au chef d'entreprise, nous, on est business friendly, quoi.
06:33Voilà.
06:33On a envie que ça marche.
06:35Et le meilleur exemple, je vais vous en donner un seul.
06:38Quand Louis Loduf, patron de Brideur, n'arrive pas à installer une usine à Rennes.
06:44On en a beaucoup parlé, oui.
06:45Je l'ai appelé.
06:46Je lui ai dit, monsieur Loduf, vous ne me connaissez pas, mais nous, on va faire en sorte de vous accueillir comme il faut.
06:54Il me dit, mais non, j'en ai marre.
06:56Maintenant, de toute façon, je n'irai plus qu'au Portugal, en Espagne.
06:59On ne peut plus investir dans ce pays, etc.
07:01En trois mois, il a eu son permis de construire et il a monté son usine.
07:05Et elle rentre en service au mois d'octobre.
07:07Et alors, qu'est-ce qui fait qu'il n'y a pas eu ici les mêmes oppositions qu'il y a eu dans la région voisine de Bretagne ?
07:12Parce que nous avons une culture industrielle.
07:14Je vous donne un autre exemple.
07:16Une entreprise américaine s'installe dans la vallée de la Seine.
07:20Un de vos confrères va faire un reportage sur le marché de la ville d'à côté.
07:26Ce sont des usines qui sont toujours des usines Céveso.
07:29Sur la vallée de la Seine, on doit avoir, je ne sais pas, 100, 150 usines Céveso.
07:34Il a fait un reportage et il a essayé de trouver quelqu'un qui disait
07:36« Ah, ça va m'inquiéter, quoi, etc. »
07:38Et j'ai dit « Mais nous, on aime les usines.
07:41On aime, on a vécu avec ça. »
07:44Voilà.
07:45Donc, tout ça nous favorise.
07:46Et puis, on a un élément exogène à la politique régionale
07:49ou à cette volonté commune de bâtir et de défendre.
07:56Avec tout de même une chance, j'ajoute une chance incroyable,
07:59c'est que quand on parle de Normandie, on parle le monde entier.
08:02Mais c'est qui nous sommes.
08:05Et on apparaît comme une terre de cocagne,
08:08une terre où l'imaginaire est absolument extraordinaire autour de la Normandie
08:11parce que c'est la qualité de vie, les paysages, l'environnement, etc.
08:14Et la culture.
08:16Et puis, un autre élément, c'est que nous allons devenir
08:18la première région productrice d'électricité décarbonée.
08:22Et aujourd'hui, grâce au nucléaire et à l'éolien offshore.
08:25Et dommage, je l'espère, à l'hydrolien autour des courants marins sur Cherbourg.
08:31Et donc, quand vous êtes dans des projets industriels du 21e siècle,
08:35la question de la décarbonation, elle est absolument centrale.
08:38Et nous, on peut dire, un acteur industriel,
08:41vous avez autant d'énergie décarbonée que vous voulez.
08:44Vous avez une région qui fera tout pour vous donner un coup de main.
08:47Vous avez accès à un port qui vous relie au monde entier, c'est le Havre.
08:51Et ensuite, vous avez des sous-traitants industriels et des partenaires industriels.
08:56On en recevra un dans quelques instants.
08:57Et vous avez de l'espace.
08:59Et c'est très rare maintenant, l'espace.
09:01Donc, on a une configuration,
09:04quelle que soit la décomposition à laquelle on assiste aujourd'hui
09:08dans le champ politique.
09:11On se dit que si la France ne tombe pas complètement au fond de la piscine,
09:15on devrait être un des hauts lieux de prospérité au cours du 21e siècle.
09:21Un mot, pardon, encore sur les dispositifs de la région
09:24avec la labellisation territoire d'industrie.
09:27C'est un dispositif important aussi pour le soutien.
09:31Où est-ce qu'il y a d'autres...
09:31C'était une bonne idée.
09:35Je ne suis pas sûr que ça ait eu autant de résultats sur le terrain.
09:41Mais je vous donne un autre exemple.
09:42Nous avons créé en 2015 un dispositif qui s'appelle ARM,
09:45Anticipation, redressement, mutation économique.
09:47C'est-à-dire que quand une entreprise en difficulté,
09:49elle appelle les services de la région, elle dit j'ai des difficultés.
09:51Nous faisons un audit dans les huit jours.
09:53Si l'audit démontre qu'on peut sauver l'entreprise,
09:56eh bien on met tout le monde autour de la table
09:58et on essaie de trouver la solution.
09:59Et éventuellement, on met en place quelques financements.
10:01On fait ça sans démagogie.
10:03Si l'audit dit l'entreprise, elle est morte,
10:04elle n'a aucune chance de s'en tirer.
10:06On ne fait rien.
10:07On a tout de même sauvé 2300 entreprises, 33 000 emplois.
10:11Et des boîtes parfois qui sont des boîtes
10:12qui sont des véritables trésors industriels.
10:15Donc, ces dispositifs-là,
10:17il n'y en avait pas dans d'autres régions.
10:19Peut-être qu'il y en a maintenant,
10:19mais il n'y en avait pas en 2015 ni en 2020.
10:21Et c'est vrai que quand on fait le tour des régions
10:23dans cette émission,
10:24on voit à chaque fois le poids important des régions
10:26dans le soutien économique.
10:28Oui, simplement, il n'y a pas de hasard,
10:30il n'y a pas de fatalité.
10:31Il y a juste de la volonté.
10:32Et donc, la désindustrialisation qu'on a vécue,
10:34qu'on a subie,
10:35aujourd'hui, on peut faire autrement.
10:36C'est ça que je retiens.
10:37Et Chirbourg, le Cotentin,
10:42première région,
10:44premier bout de région
10:46de création d'emplois industriels,
10:48plus qu'à Toulouse.
10:50Voilà, donc, la guerre des régions,
10:52ça passe là.
10:53Merci beaucoup à tous les deux.
10:56Je vais vous libérer pour la suite de ce colloque.
10:58Merci d'avoir été en direct dans la France
11:00à Tout pour réussir.
11:01Et on va accueillir deux exemples
11:03d'entrepreneurs normands
11:04que vous connaissez sans doute,
11:05M. Morin, absolument.
11:07Je reçois Pierre-Jean Leduc
11:09et Jeanne Lemoyne
11:09qui nous rejoignent à l'instant.
11:11M. Leduc, bonjour.
11:12Je vous laisse vous installer.
11:14Prenez le micro.
11:15Pendant que Jeanne Lemoyne
11:16nous rejoint aussi.
11:17Vous êtes le président du groupe d'EMJ.
11:21Le cœur d'activité de votre entreprise,
11:22c'est la plasturgie technique,
11:23donc la substitution,
11:25si je comprends bien,
11:25du métal par des composites.
11:28Et des plastiques.
11:28Et dans quel secteur vous...
11:30Alors aujourd'hui,
11:31c'est principalement,
11:33deux tiers de notre activité,
11:34c'est l'aéronautique,
11:35le spatial, la défense.
11:38Donc en fait,
11:38aujourd'hui,
11:38on fait à peu près
11:39130-140 millions d'euros
11:41de chiffre d'affaires
11:42avec 10 usines,
11:434 en France,
11:442 en Allemagne,
11:442 en Roumanie,
11:452 aux Etats-Unis.
11:46Une grosse acquisition
11:47au mois de juin dernier
11:48avec un groupe américain,
11:49je ne sais pas comment on prononce,
11:50Tool Gauge.
11:51Alors c'était Tool Gauge
11:52et maintenant qui s'appelle
11:53DMJ Pacific.
11:54Absolument.
11:55C'est plus simple à prononcer.
11:57Et vous êtes donc,
11:58on en parlait à l'instant
11:58avec le président Hervé Morin,
12:00vous êtes donc un normand,
12:01vous êtes installé
12:02à Saint-Aubin-sur-Gaillon,
12:04c'est dans l'heure.
12:06Vous êtes aussi
12:06le président de Polivia
12:08qui est le syndicat
12:08de la Plasturgie française.
12:10La Plasturgie.
12:11Vous, l'industriel de terrain,
12:13j'aimerais connaître
12:13vos ficelles,
12:15vos solutions
12:16pour développer son activité
12:17et son business,
12:19que ce soit ici
12:19ou dans d'autres zones de France.
12:21Mais c'est quoi, vous,
12:22les clés de votre succès ?
12:23Je crois que vous insistez
12:24d'abord quand même
12:25sur un frein,
12:26parce qu'on parle des freins
12:27et comment les lever,
12:28sur le coût du travail.
12:29Vous avez-vous des usines
12:30en Allemagne, aux Etats-Unis
12:31et en Roumanie ?
12:32Quand vous faites le comparatif,
12:33c'est terrible pour la France ?
12:35C'est terrible pour la France
12:36parce qu'en fait,
12:36si on regarde
12:37le reste à vivre
12:39pour nos salariés,
12:40globalement,
12:41on a un rapport
12:42entre le coût,
12:42si je paye 100 en France,
12:44ça va me coûter
12:45moins à l'entreprise
12:45à peu près 143,
12:46144 euros
12:47et le salarié
12:48va avoir 73 dans la poche.
12:51Donc ça,
12:51c'est des études statistiques,
12:52c'est fait sur nos vraies données.
12:55Donc vous avez quasiment
12:55un rapport de 1 à 2,
12:57alors que si je vais en Allemagne,
12:59si je vais aux Etats-Unis
13:00ou si je vais en Roumanie,
13:02j'ai plutôt des rapports
13:03qui sont 1,6, 1,7.
13:04Donc en fait,
13:05c'est ça que le salarié
13:06n'a pas dans sa poche
13:08à la fin du mois.
13:09Mais ça,
13:10c'est un rapport.
13:10C'est le reste à vivre
13:12pour le salarié,
13:13et c'est surtout
13:14pour l'entreprise
13:15parce que quand je fais
13:16ça me coûte
13:18143, 144 en France,
13:20en Roumanie,
13:20ça me coûte 102,5.
13:23En Allemagne,
13:24ça va me coûter
13:24à peu près 117, 118.
13:26Mais qui changera ça ?
13:27Est-ce que dans les débats actuels,
13:28on n'a pas l'impression
13:29que ce sont des choses
13:30qui vont changer
13:31et qui vont beaucoup évoluer
13:32en France ?
13:33Eh bien,
13:34sauf si on prend conscience
13:36que globalement,
13:37on fait la course
13:38avec un sac à dos
13:40et la course en sac.
13:41Et je pense qu'aujourd'hui,
13:42beaucoup de nos politiques
13:43n'ont pas conscience
13:44de tout cela.
13:46Et d'autre part,
13:48si nos entreprises,
13:49aujourd'hui,
13:50et c'est un petit peu
13:50ce sur quoi je témoigne
13:52au niveau de DMJ,
13:53c'est que nous,
13:53on a pris en main
13:54notre stratégie
13:55en disant de toute façon,
13:57les plasturgistes,
13:58nous, nous sommes
13:58des sous-traitants.
13:59En règle générale,
14:00nos clients sont
14:01des grands donneurs d'ordre.
14:02Et ces grands donneurs d'ordre,
14:03aujourd'hui,
14:03sont partis à l'international
14:05puisqu'en fait,
14:07aujourd'hui,
14:08l'économie
14:09s'est mondialisée.
14:10Et nous,
14:11traditionnellement,
14:11on est rang 2
14:12dans la chaîne de valeur,
14:13on livre des composants
14:14à des rangs 1,
14:16des équipementiers
14:16qui vont livrer
14:17à des fabricants
14:18de produits propres,
14:18que ce soit dans l'aéronautique,
14:20Airbus, Boeing,
14:20ou que ce soit dans l'automobile,
14:22Stellantis ou Renault.
14:24Donc,
14:24si aujourd'hui,
14:26on fait le constat,
14:27mécaniquement,
14:28on est beaucoup plus cher.
14:29Par contre,
14:30on peut voir
14:31le côté positif
14:34de tout ça,
14:34c'est que comme nos clients
14:35se sont internationalisés,
14:37si on les suit
14:37à l'international,
14:39eh bien là,
14:39on ouvre un champ des possibles.
14:41Mais de les suivre,
14:42ça veut dire
14:42de mettre vos usines
14:43dans d'autres pays ?
14:44Ça veut dire
14:44les accompagner
14:46là où ils sont,
14:47tout en préservant
14:48des fonctions,
14:50on va dire,
14:52à forte valeur ajoutée
14:53en France,
14:53développement,
14:54R&D,
14:54innovation,
14:56mais en continuant aussi
14:57à fabriquer en France
14:58parce que vous rentrez
15:00dans le panel
15:00de vos clients,
15:02et vous devenez
15:04un fournisseur stratégique
15:05de vos clients.
15:06C'est-à-dire que,
15:07paradoxalement,
15:08vous vous développez
15:09à l'international,
15:10donc on peut dire
15:10vous videz vos usines,
15:11mais non,
15:12en fin de compte,
15:13vous préservez vos emplois
15:14parce que,
15:15comme vous devenez stratégique
15:16dans la chaîne de valeur
15:17de votre client,
15:19eh bien,
15:20dans ces usines
15:21qu'il a en France,
15:22vous avez plus de priorités,
15:24plus de chances
15:25d'avoir du travail.
15:26Et nous,
15:26c'est ce qui s'est passé
15:27chez Demj.
15:28Jeanne Lemoyne,
15:29on s'est vu
15:29il y a quelques jours,
15:30vous étiez au Salon BIC,
15:31vous me parliez
15:32de la même chose.
15:33Certes,
15:33vous préservez
15:34de l'activité,
15:35des emplois en France,
15:37vous en développez aussi.
15:38On reparlera de Marelli
15:40dans quelques petits instants,
15:41mais vous suivez aussi
15:43les marchés
15:44puisque vous avez aussi
15:45des sites de production
15:47dans d'autres pays du monde.
15:48Exact.
15:49Nous avons un site
15:49de production en Allemagne
15:50et on en parlait
15:52tout à l'heure
15:52avec Pierre-Jean Leduc.
15:54Il est vrai
15:55que les charges
15:56sont différentes
15:57et moins élevées.
15:59donc ce qui reste aussi
16:01dans la poche
16:02du salarié
16:04est plus intéressant.
16:06Donc,
16:06il y a des choses
16:08à étudier
16:08très sérieusement
16:09et à mettre en place
16:10tout aussi sérieusement
16:12dans l'intérêt
16:13de notre pays
16:14et des salariés
16:16de notre pays
16:16et des entreprises
16:17puisque pour les entreprises,
16:18c'est la même chose.
16:19Alors,
16:19un mot de présentation,
16:21même si on s'est vu
16:21il y a quelques jours.
16:23Je rappelle
16:23que vous avez cofondé
16:24le groupe Le Moine
16:24avec votre mari,
16:25Philippe,
16:26en 78,
16:26dans le département
16:27de l'Orne
16:28en Normandie.
16:29Vous êtes au cœur
16:30des produits de soins
16:32et d'hygiène
16:32à base de coton
16:33et il y a eu
16:35un gros événement
16:36qui concerne
16:37la Normandie.
16:38Vous avez racheté
16:39le site
16:40Marilly,
16:41donc c'est à Argentan,
16:42c'est dans l'Orne.
16:43Donc ça,
16:43c'était,
16:44si je ne me trompe pas,
16:45début 2024.
16:47C'était une usine
16:47de pièces automobiles
16:48qui avait fermé.
16:50Beaucoup de licenciements
16:51à la clé.
16:52Vous êtes en train
16:52de finir
16:53de réhabiliter le site.
16:54On en est où
16:55de ce processus ?
16:56Alors,
16:56nous avons repris
16:57une partie simplement
16:59de ce site
17:00que nous avons
17:01pratiquement terminé
17:03de réhabiliter.
17:04Nous avons installé
17:05déjà une première machine.
17:07Nous avons recruté
17:08également,
17:09nous avons notre
17:10responsable de production,
17:12notre assistant de qualité,
17:14notre assistante de production,
17:16notre ingénieur maintenance
17:17et nous avons en effet
17:18également recruté
17:20des superviseurs de production
17:22qui sont à l'heure actuelle
17:23en formation Greta.
17:25Au total,
17:26combien d'emplois
17:27sur cette partie ?
17:28Alors,
17:28sur cette partie du site,
17:31dans un premier temps,
17:32fin 2025,
17:34nous aurons recréé
17:3630 emplois
17:37et ensuite,
17:38en installant
17:39deux nouvelles machines,
17:40parce que pour l'instant,
17:41ce sont de la découpe
17:42de pâtes
17:42que nous installons,
17:44mais nous installerons
17:44ensuite de la fabrication
17:46de la nappe de coton.
17:48Alors,
17:48ce n'est pas une nappe
17:48que l'on met sur la table,
17:50c'est une large nappe
17:52dans laquelle ensuite,
17:54on fait la découpe
17:54des disques
17:55et des ronds
17:56et des carrés bébés.
17:58Et donc,
17:59dans la deuxième phase,
18:00nous aurons
18:01une soixantaine
18:02d'emplois
18:03recréés
18:04sur ce site,
18:05hélas,
18:06qui a dû être fermé
18:07en 2024.
18:08Il nous reste deux minutes
18:09à tous les deux.
18:11La même question,
18:12pourquoi la Normandie
18:13a-t-elle tout pour réussir ?
18:14Selon vous,
18:15est-ce qu'il y a des atouts ?
18:16On parlait de la part
18:17de l'industrie
18:17beaucoup plus importante
18:19dans cette région
18:19que dans d'autres.
18:21Quels sont les atouts,
18:22vous qui êtes des Normands
18:22implantés en Normandie
18:24de cette région ?
18:25Qui veut prendre la parole,
18:26Jeanne ?
18:27Alors,
18:27je trouve qu'il y a une,
18:30comment dirais-je,
18:31dans la région,
18:32une force des compétences,
18:34des talents
18:35et que nous savons attirer
18:37à la fois par la qualité de la vie,
18:41mais à la fois aussi
18:42par tout ce qui existe
18:43en Normandie
18:44sur le plan des loisirs,
18:48du sport,
18:50que ce soit maritime,
18:52que ce soit équestre
18:53et en même temps,
18:55des universités,
18:57l'université de Caen
18:58est en plein essor,
19:00plein développement
19:00avec des formations nouvelles
19:02à chaque fois
19:02et notamment
19:03une nouvelle filière ingénieure
19:04qui vient de se créer.
19:06Donc, oui.
19:07Il y a beaucoup d'atouts.
19:08Il y a beaucoup d'atouts.
19:09La même question,
19:10Pierre-Jean Leduc ?
19:11Moi, je compléterais
19:12par rapport au propos de Jeanne
19:13qu'il y a une histoire industrielle
19:15en Normandie.
19:16Et donc, en fait,
19:17ce que nous on fait
19:19avec Jeanne,
19:19c'est qu'on préserve
19:20et on la fait muter.
19:23C'est-à-dire que,
19:24historiquement,
19:26dans tous les territoires,
19:27et l'Orne est un bel exemple,
19:28l'Eure est un bel exemple,
19:29où vous avez historiquement
19:31un nombre incroyable
19:33de petites entreprises
19:34qui se sont développées,
19:35mais aussi des grands groupes
19:36qui se sont implantés
19:37parce qu'on n'était pas
19:38très très loin
19:38du port du Havre,
19:41mais pas très loin de Paris
19:42et autres.
19:42Donc, on a
19:43un écosystème industriel
19:45qui existe depuis
19:46très très longtemps,
19:47au 19e siècle,
19:4920e siècle,
19:50après la guerre.
19:51Et donc, en fait,
19:52nous, on profite de tout ça
19:53et globalement,
19:54on l'entretient
19:55et on le modernise.
19:57C'est-à-dire...
19:57On le développe
19:58en permettant justement
19:59à des entreprises,
20:01nous, nos machines
20:02sont fabriquées sur place
20:04à quelques kilomètres
20:05de notre site de Caligny
20:08dans l'Orne.
20:09nos sous-traitants également,
20:12nos pièces détachées
20:13sont fournies
20:13et c'est comme ça
20:14que, par exemple,
20:14pendant la période Covid,
20:17nous avons pu mettre
20:18à disposition
20:19des écouvillons
20:20en moins de huit jours
20:22et sur la disposition
20:24de la France
20:24en moins de trois semaines,
20:26ce qui était un exploit.
20:27Mais l'exploit,
20:28il est lié
20:29à notre Normandie,
20:30à la compétence
20:31et au talent
20:31de savoir-faire
20:33de la Normandie.
20:34Deux beaux témoignages
20:35d'entrepreneurs normands.
20:36Merci beaucoup
20:36à tous les deux.
20:37Je vais vous libérer
20:38pour retrouver
20:39les autres membres
20:40du colloque
20:40et on va accueillir
20:41pour terminer cette émission,
20:43je vois qu'il rentre
20:44en très gil,
20:44en très gil sur ce plateau.
20:45On est en direct,
20:46bien évidemment,
20:47sur BFM Business.
20:48On sera diffusé aussi
20:49sur BFM Normandie.
20:51Bonjour Gilles Attaf.
20:52Merci de conclure
20:53cette émission spéciale
20:54ici en direct de Deauville
20:55sur ce thème
20:56de lever les obstacles.
20:57Je rappelle,
20:57vous êtes le président
20:58de la certification
20:59Origine France Garantie
21:01qui a fêté ses 15 ans
21:02cette année
21:03et cofondateur
21:04des Forces françaises
21:05de l'industrie
21:05avec Laurent Moisson
21:06que j'ai également
21:07aperçue ici.
21:09Alors,
21:09c'est un rendez-vous
21:10très important.
21:11Quand on a échangé hier,
21:13vous me disiez,
21:14il faut,
21:15c'était la phrase
21:16d'Olivier Luancy,
21:18grand spécialiste
21:19de l'industrie,
21:20il faut qu'on arrive
21:21à sortir de ce moment
21:22de sidération
21:23qui est en train
21:24de vivre la France.
21:25Oui,
21:25c'est exactement ça.
21:26Je pense que là,
21:27il va falloir
21:27qu'on réagisse très vite
21:28et c'est pour ça
21:29que je suis très content
21:30d'être dans ce territoire
21:31de Normandie
21:31qui prouve
21:32qu'on peut encore réussir
21:33puisqu'on est à 20%
21:35du PIB
21:35dans l'industrie
21:36en Normandie
21:37versus 10%
21:38de moyenne
21:40qu'en France.
21:40Donc,
21:41il est temps de réagir,
21:42sortir de ce moment
21:43où on a l'impression
21:44qu'on est en pleine sidération
21:45et qu'on est tétanisé.
21:47Donc,
21:47les entrepreneurs
21:47ont envie de réagir,
21:48ont envie de bouger,
21:50de faire des forces
21:51de propositions
21:52et je suis ravi
21:53d'être là aujourd'hui.
21:54Quel est votre agenda
21:55pour les 2 et 13 octobre prochain ?
21:57Est-ce que vous serez
21:57dans ceux qui veulent
21:58tout bloquer en France
21:59ou de ceux
22:00comme le MEDEF
22:01qui veulent faire réagir ?
22:02Alors écoutez,
22:03moi je vais vous dire une chose,
22:04je veux rassembler
22:05le maximum de personnes
22:06autour de ce projet
22:07absolument essentiel
22:08de produire
22:09sur le territoire français.
22:10Donc moi ce que je veux
22:10c'est le rassemblement
22:11et d'ailleurs
22:12les forces françaises
22:13de l'industrie
22:13comme vous avez eu
22:14la gentillesse de le rappeler,
22:15c'est un mouvement
22:16qui veut rassembler
22:17autour de la réindustrialisation.
22:18Et qui est en train
22:19de se structurer d'ailleurs.
22:20On est en train
22:21de se structurer
22:21en cette année 2025.
22:22Absolument,
22:22on est en train
22:23de monter des clubs
22:23partout en France
22:24pour porter ce fabuleux projet
22:26de reproduire enfin
22:27sur nos territoires
22:28et d'ailleurs
22:29on va avoir bientôt
22:30un club qui va certainement
22:32s'ouvrir en Normandie
22:33donc je suis ravi
22:34d'être là aujourd'hui.
22:35Donc on est en train
22:36de mailler tout ce territoire
22:37pour expliquer,
22:39faire beaucoup de pédagogie
22:40autour de ce sujet.
22:42Le meilleur levier
22:43pour rassembler tout le monde,
22:45pour retrouver du lien,
22:46c'est de produire.
22:47Moi je rêve d'un village,
22:48une usine
22:49et c'est ce qu'on va essayer
22:50de faire avec les forces
22:50françaises de l'industrie.
22:51Donc adhérer aux forces
22:52françaises de l'industrie.
22:53Donc il y a 8 clubs
22:54à l'heure actuelle,
22:55une quinzaine encore
22:56qui vont,
22:57une dizaine qui va ouvrir
22:58d'ici la fin de l'année.
22:59D'ici la fin de l'année
22:59on devrait rouvrir 10 clubs
23:00et tout ça porté
23:01par tout l'écosystème,
23:02par Origine France Garantie,
23:04par le salon du Made in France
23:05parce qu'on sent quand même
23:07il y a une énergie
23:08autour de ce besoin
23:09à nouveau de revenir au local
23:11parce que c'est par là
23:13que ça passera
23:13parce que je pense
23:14qu'il y a un vrai sujet aujourd'hui.
23:15On n'est plus audibles
23:16au niveau national
23:16donc il faut repartir du local
23:18parce que là
23:19il y a encore une vraie énergie
23:20et c'est de là
23:21que ça pourrait repartir.
23:23Le salon du Made in France
23:24où nous serons également
23:25pour une émission spéciale
23:26dans votre studio.
23:27Ce sera le salon du 7
23:29au 9 novembre
23:29et je crois que nous
23:30on y sera le vendredi 7 novembre.
23:33Ravie de vous accueillir.
23:34Avec plaisir.
23:35Un mot sur l'énergie
23:36de ces rendez-vous.
23:37On s'était vu à Arcachon
23:38il y a quelques temps.
23:41On sent bien ce besoin
23:42des industriels,
23:43des économiques
23:43et des politiques
23:45de se réunir,
23:46de se parler.
23:47Est-ce qu'il n'y a pas
23:47le risque de l'entre-soi
23:48et est-ce que ce message
23:49que vous portez
23:50entre vous tous
23:51dans ces rendez-vous-là
23:52est-ce qu'il porte
23:53auprès du grand public
23:54alors que les débats
23:55portent sur une taxe
23:57sur les ultra-riches,
23:58portent sur des choses
23:59dont ne veulent pas
24:00souvent les entrepreneurs ?
24:02Oui mais il faut
24:02recentrer le débat.
24:03Encore une fois,
24:04il faut expliquer
24:04que les entrepreneurs
24:05sont là pour créer
24:06de la richesse,
24:06pour créer de la croissance,
24:07pour créer de l'emploi
24:08et ça, ça me semble
24:10absolument essentiel
24:11et je pense qu'il faut
24:12essayer de reprendre
24:14peut-être la base.
24:15Je veux dire,
24:16on ne peut pas
24:16continuer aujourd'hui
24:18dans une économie
24:19où on laisse rentrer
24:20sur le territoire français
24:21des produits
24:22qui sont fabriqués
24:23dans des normes sociales
24:24et environnementales
24:25absolument catastrophiques
24:26et laisser nos entreprises
24:28avec des normes,
24:29avec aucune simplification.
24:31Donc il est temps
24:32de réagir
24:32et les entrepreneurs
24:33peuvent avoir une voix
24:34qui est reconnue
24:35par les citoyens.
24:36Vous savez,
24:36aujourd'hui,
24:36l'entrepreneur
24:37est quelqu'un qui compte.
24:38On voit bien
24:39que dans les derniers sondages
24:40que nous,
24:40on a pu faire,
24:41l'entrepreneur
24:41est quelqu'un
24:42qui est bien perçu.
24:44On a senti
24:45vraiment ce basculement
24:46et donc il faut en profiter
24:48pour que nos concitoyens
24:50et qu'on puisse embarquer
24:51tout le monde,
24:52les jeunes,
24:53avec nous
24:54pour porter ce projet.
24:56Embarquons tout le monde
24:57et débloquons tout,
24:58ce sont un peu les mots.
24:59Débloquons tout.
24:59Les mots-clés de ce rendez-vous
25:01ici à Deauville,
25:02de ce colloque
25:03qui se prolonge
25:03cet après-midi
25:04autour du thème
25:05de lever les obstacles.
25:07Je vous rappelle que la France
25:08a tout pour réussir
25:08et bien sûr diffusée
25:09en télé,
25:10en radio,
25:10sur le site
25:11et l'appli
25:11de BFM Business
25:12mais aussi donc
25:13pour cette émission spéciale
25:14réalisée ici
25:15depuis l'hôtel Normandie
25:16à Deauville.
25:17Le soleil apparaît
25:18un petit peu
25:18en ce milieu de journée.
25:21On est donc diffusé
25:21sur BFM Normandie.
25:23En tout cas,
25:23très belle journée
25:24et à très bientôt
25:24sur BFM Business.
25:25La France a tout pour réussir
25:29sur BFM Business.
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