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  • il y a 5 mois
Ce vendredi 5 septembre, Jérôme Tichit a reçu Tine Collard, cofondatrice de Nodie's, Marie-Claude Stoffel, directrice générale de Nougat Chabert et Guillot et Philippe Kratz, directeur général adjoint "Le Comptoir de Mathilde", dans l'émission La France a tout pour réussir sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et le samedi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business, la France a tout pour réussir.
00:07Jérôme Tichit.
00:09Bonjour, bonjour et bienvenue dans la France a tout pour réussir.
00:12Chaque semaine, vous le savez, un concentré d'économies positives sur BFM Business.
00:17Une émission cette semaine tournée vers le midi de la France, en ce début septembre,
00:21ou en tout cas le midi moins le quart, comme on dit.
00:23Direction en effet tout d'abord la Drôme à Romand-sur-Isère,
00:26au lieu de la chaussure et de la maroquinerie française.
00:28C'est là qu'est installée Nodiz, une jeune marque qui produit notamment des sacs.
00:33Et l'un de ces sacs a été acheté et porté par la reine Rania de Jordanie au mois de mars dernier.
00:38Depuis, c'est un peu la folie pour Nodiz.
00:41On en parlera dans un instant avec Tim Collard, c'est la cofondatrice de Nodiz.
00:46Direction ensuite Montélimar, toujours dans la Drôme,
00:49pour parler bien sûr du célèbre Nougat qui a obtenu son IGP,
00:53son indication géographique protégée il y a seulement quelques mois.
00:55L'occasion d'évoquer une filière qui emploie plus de 200 personnes.
01:00Ma deuxième invitée est Marie-Claude Soffel,
01:02directrice générale de Chabert-Aiguillot, la plus grande nougaterie de Montélimar.
01:08Enfin, direction juste en dessous, le Vaucluse, c'est le siège du Comptoir de Mathilde,
01:11une enseigne de plus de 150 magasins, spécialisée, vous le connaissez sans doute,
01:15en épicerie fine et en chocolat.
01:17Le Comptoir de Mathilde qui vient de racheter une partie des activités de la cure gourmande.
01:21On va parler de la stratégie de développement et des ambitions de Comptoir de Mathilde
01:26avec Philippe Kratz, le directeur général adjoint de l'enseigne.
01:31Mais donc tout de suite, on commence par cette très belle histoire,
01:33celle de Nodiz, une maroquinerie artisanale de la Drôme,
01:36dont le destin a basculé au mois de mars dernier grâce à une publication sur Instagram.
01:41Bonjour Tine Collard.
01:43Bonjour.
01:44Vous êtes en duplex de Romand-sur-Isère dans la Drôme et vous êtes la cofondatrice de Nodiz.
01:48On va revenir dans un instant sur cette photo et sur ce qu'elle a généré depuis.
01:52Mais tout d'abord, présentez-nous Nodiz, que vous avez cofondé à l'été 2019,
01:57il y a donc tout juste six ans, avec Thibaut Grignac.
02:00Oui, tout à fait.
02:01Donc là, vous êtes au cœur de la boutique dans le Centre historique de Romand.
02:05Nodiz, c'est une marque de maroquinerie haut de gamme.
02:09Tout est réalisé dans notre propre atelier à Romand également.
02:15On travaille en ultra-local, donc on se desserre au niveau des cuirs, des matières,
02:23avec aussi également tout l'écosystème qu'on peut avoir sur Romand,
02:26puisque Romand étant la capitale de la chaussure,
02:28aujourd'hui on pourrait même parler de la capitale du cuir.
02:31Et alors, pourquoi cette installation à Romand ?
02:33Est-ce que c'était votre ville ou votre département d'origine ?
02:36Ou est-ce qu'il y avait des accointances ?
02:39Comme vous l'avez dit, c'est le lieu historique de la chaussure française
02:42et de la maroquinerie de plus en plus.
02:45Alors non, moi je suis une bourguignonne,
02:47donc je suis installée à Romand depuis une bonne vingtaine d'années.
02:51Simplement, j'ai fait une reconversion dans le cuir.
02:54J'ai un parcours assez atypique.
02:56J'avais fait mes études dans la céramique.
02:58J'ai été devenue carleur mosaïste.
03:01Et puis ensuite, j'ai intégré une entreprise
03:05qui travaille pour une grande maison de luxe.
03:08Laquelle ?
03:09En fait, pendant neuf ans, j'ai tout appris.
03:12Laquelle ?
03:13C'était chez qui ?
03:14Louis Vuitton.
03:15Donc on travaillait pour Louis Vuitton.
03:17Et donc j'ai commencé en tant que piqueuse.
03:20J'ai vraiment démarré de zéro dans ce métier.
03:23Ensuite, j'ai intégré le bureau d'études.
03:24Et puis c'est vraiment au bureau d'études
03:26où j'ai eu une vraie prise de conscience
03:28et je me suis dit qu'on pouvait peut-être créer une alternative
03:31en créant justement une maroquinerie haut de gamme
03:35mais avec des prix plus accessibles.
03:37Alors donc votre gamme,
03:39il y a le sac J'appelot dont on va parler dans quelques instants.
03:42Ce sont des sacs, des accessoires pour les hommes, pour les femmes
03:45et le tout dans une démarche le plus responsable possible, je crois.
03:52C'est ça, exactement.
03:52On a les deux gammes.
03:54La première qui est un peu plus développée, celle pour la femme.
03:58Donc on voit juste derrière moi le fameux sac J'appelot
04:00qui est devenu le best-seller depuis ces quelques mois derniers
04:04grâce à la reine.
04:07Et après, effectivement, on a toute une gamme de produits.
04:10On a une dizaine de sacs à proposer aujourd'hui différents sur la gamme femme.
04:14Et la gamme homme est encore un peu timide
04:16mais on est en train de travailler dessus également
04:18pour la développer sur les deux prochaines années.
04:21Et donc, je l'ai dit, dans une démarche responsable
04:23avec des fournisseurs qui sont le plus proche possible de votre site de production.
04:29Et puis, tout cela, c'est du made in France.
04:31Je crois que vous avez l'Origine France garantie depuis 2023.
04:35Oui, tout à fait.
04:35On a eu Origin France garantie.
04:37Aujourd'hui, en travaillant en ultra-local,
04:40ça nous permet aussi d'avoir le moins d'intermédiaires possibles.
04:43Donc, on va dire que 95% de nos fournisseurs se trouvent à moins de 3 km de l'atelier.
04:49Ensuite, pour la fabrication, c'est facile.
04:52Vous avez dans le même prolongement la boutique et l'atelier.
04:55On peut même nous voir fabriquer.
04:57C'est nous, c'est l'équipe qui accueille nos clientes
05:00ou nos clients quand ils viennent en boutique.
05:02Donc, on peut vraiment leur montrer comment ça se passe
05:07et leur expliquer notre travail, notre savoir-faire, etc.
05:11Alors, on en vient, Tine Collard,
05:12à cette fameuse publication du mois de mars dernier sur Instagram.
05:15C'est la Reine Rania de Jordanie qui arborait votre sac Japlou.
05:20Comment s'est faite d'ailleurs la vente à la Reine
05:23et comment s'est faite ensuite la publication ?
05:26Racontez-nous un peu cette histoire un peu folle du printemps 2025.
05:30Alors, on est assez visibles sur les réseaux.
05:38On explique un peu notre parcours, les bons moments comme les moins bons.
05:42Et puis, on avait fait un post impactant,
05:43notamment sur le réseau LinkedIn,
05:45où on parlait de la difficulté d'aller chercher des grands médias
05:48quand on est une jeune marque.
05:50Et on ne le savait pas, mais depuis quelques temps,
05:53on avait un des proches conseillers de la Reine qui nous suivait.
05:58Quand il a vu le post, il nous a simplement envoyé un petit mot
06:02en nous disant, écoutez, moi, j'adore votre histoire.
06:04Je pense que je suis donc le conseiller de la Reine de Jordanie.
06:09Je pense qu'elle peut être très sensible à vos modèles.
06:12Et si vous me le permettez, j'ai envie de vous donner un coup de pouce.
06:14Donc, voilà, je vais lui présenter la marque.
06:17Ensuite, elle a été conquise par notamment le modèle Japlou.
06:21Donc, par la suite, on lui a envoyé le sac.
06:25Et puis, quand elle l'a reçu,
06:26on a découvert, bien évidemment, en même temps que tout le monde,
06:28parce qu'une reine, voilà, il n'y a aucune condition.
06:32On ne savait même pas si elle le porterait ou pas.
06:34On a découvert, donc, en même temps que tout le monde,
06:36ce fameux post sur Instagram,
06:38où elle le porte sur un événement médiatique.
06:41Et donc, en plus, elle est suivie, je crois,
06:43par plus de 27 millions de followers.
06:45Donc, évidemment, ça a eu un retentissement gigantesque.
06:49Qu'est-ce qui s'est passé pour vous sur le site Internet
06:52et ensuite, toutes les conséquences business en termes de production et de vente ?
06:57Alors, ce qui s'est passé, dans l'immédiat, dès que le post est sorti,
07:00on a vu graviter sur notre site Internet une trentaine de nationalités différentes.
07:06Par la suite, donc, tout de suite, on a dû réagir rapidement,
07:10parce qu'on ne faisait pas d'international, ou en tout cas très peu.
07:12On a dû traduire le site en trois langues, donc, dans la nuit.
07:17On a dû adapter tous les frais de port en fonction des pays
07:20pour nous permettre, voilà, de pouvoir accueillir ces nouveaux clients.
07:27Et puis, après, ça a continué.
07:29En fait, les médias nationaux se sont emparés de l'histoire.
07:33On a pu, donc, on a eu cette chance de pouvoir être vraiment visible sur le national.
07:41Et donc, ça a fait exploser les ventes.
07:45C'est-à-dire, pour vous donner un ordre d'idée,
07:48de janvier, par rapport à l'année dernière,
07:51de janvier à fin août, on a une progression du chiffre d'affaires de 1 600 %.
07:56On était entre 30 et 40 sacs par mois.
07:59Aujourd'hui, on doit en produire une trentaine par semaine.
08:03Rien que sur le japlou, c'est fulgurant.
08:07Donc, aujourd'hui, j'ai dû recruter.
08:09Tout s'est fait en urgence en quelques semaines à peine.
08:13On a dû, donc, recruter, faire grandir l'équipe, former.
08:18Aujourd'hui, elles sont trois maroquinières à fabriquer le japlou, essentiellement.
08:23Et aujourd'hui, nos délais de fabrication sont de trois mois.
08:27Donc, pour toutes celles qui précommandent aujourd'hui,
08:30elles recevront leur sac fin novembre, début décembre.
08:34Et ce sac japlou, il est resté au tarif de 380 euros,
08:39j'ai envie de dire, d'un point de vue très opportuniste.
08:40Pourquoi n'avoir pas fait grimper les prix après ce coup de boost sur le sac japlou ?
08:45Parce qu'aujourd'hui, une de nos valeurs, c'était vraiment l'accessibilité.
08:51Donc, si on devait faire grimper le prix,
08:54c'est simplement parce qu'il y aurait une inflation sur les matières ou autre.
08:58Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
08:59On est stabilisés.
09:00Donc, on n'avait pas...
09:02Voilà, on voulait vraiment garder ces valeurs-là de haut de gamme,
09:05de fabrication, de transmission,
09:07mais également d'accessibilité sur le prix.
09:09L'impact sur le chiffre d'affaires,
09:11quel est votre chiffre d'affaires 2024 ?
09:13Quelles sont les prévisions pour 2025 ?
09:16Alors, pour vous donner un ordre d'idée,
09:19c'est qu'aujourd'hui, on a gagné deux ans
09:20sur le chiffre d'affaires, l'augmentation du chiffre d'affaires.
09:26Ce qui nous permet de recruter...
09:28On était trois quand la Reine a porté le sac.
09:30Aujourd'hui, d'ici fin septembre, on sera neuf.
09:33Donc, voilà, ça nous permet d'avoir une plus grande visibilité
09:39sur l'avenir, de pouvoir imaginer éventuellement
09:43ouvrir une autre boutique, de structurer aussi
09:47et de pouvoir transmettre ce savoir-faire
09:49à une équipe beaucoup plus largement.
09:54Et le chiffre d'affaires et cet objectif que j'ai lu
09:57de 500 000 euros, alors que vous étiez à 90 000 euros,
10:00je crois un petit peu plus en 2024,
10:01est-ce que vous nous le confirmez ?
10:03Oui, tout à fait. Alors, oui, oui, effectivement,
10:04si on rentre dans le détail, donc l'année dernière,
10:06on était à un chiffre d'affaires de un peu plus de 90 000 euros
10:09et d'ici cette fin d'année, on sera autour des 500 000 euros.
10:13Une question encore, Tine Collard.
10:15Je crois que vous préparez actuellement le concours
10:17de Meilleur ouvrier de France.
10:19C'est important pour vous et pour la transmission
10:22dont vous nous parliez il y a quelques instants ?
10:26Oui, tout à fait. Alors, je le fais plus personnellement
10:28que pour la marque.
10:29Aujourd'hui, on a cette fierté d'être porté,
10:33voilà, d'être validé par une reine.
10:35Donc, je, voilà, pour moi, c'était déjà une vraie consécration.
10:40En revanche, donc, je le fais pour moi
10:42parce que je n'ai aucun diplôme dans la maroquinerie.
10:44J'ai tout appris, donc, sur le tas.
10:47Et je me challenge, donc, en allant essayer de remporter, donc, ce concours.
10:54Ça me permettra d'aller encore plus loin aussi dans mes connaissances,
10:57de savoir où j'en suis.
10:58Et voilà, ça me challenge.
11:00Je suis très excitée pour aller au plus loin dans ce concours.
11:05Et on démarre, donc, au mois d'octobre.
11:06Eh bien, on vous souhaite le meilleur, voilà, pour ce concours de Meilleur ouvrier de France.
11:10On voulait mettre à la une de la France à tout pour réussir.
11:12C'est une très belle histoire, donc, de Nodiz.
11:14Et je crois que la reine même a commandé un autre sac.
11:17Donc, je crois que la belle histoire de Nodiz n'est pas terminée.
11:20Merci beaucoup, Nicolas, d'avoir été notre invité en ce début septembre.
11:24Et on va rester dans la Drôme avec notre deuxième invité.
11:27Bonjour, Marie-Claude Stoffel.
11:29Bonjour, monsieur Diffille.
11:30Puisque dans la Drôme, il n'y a pas que Romance sur Isère,
11:32il y a aussi Montélimar et son célèbre Nougat.
11:34Vous êtes la directrice générale de la maison Chabert et Guyot,
11:37également coprésidente du syndicat des fabricants de Nougat de Montélimar.
11:41Alors, d'ailleurs, un mot sur le secteur, c'est combien de producteurs
11:45et combien d'emplois quand on parle de ce Nougat de Montélimar ?
11:50Alors, quand on parle du Nougat de Montélimar IGP,
11:52en fait, c'est une filière qui regroupe aujourd'hui 13 Nougatiers.
11:55J'ai envie de dire plus que 13 Nougatiers,
11:57puisque au début du XXe siècle, on était à peu près 120.
12:01Donc, ça vous donne une idée de ce qui s'est passé.
12:03Et ça représente, en emploi direct et indirect,
12:06on estime qu'on est à peu près 450, 500 pour un chiffre d'affaires global
12:11de l'ordre de 24, 25 millions.
12:14Et pour la seule entreprise Chabert et Guyot,
12:16dont vous êtes la directrice générale,
12:18je lisais, vous êtes le plus gros Nougatier de Montélimar.
12:22Oui, en fait, on va réaliser à peu près de l'ordre de 21, 22 millions
12:26de chiffres d'affaires.
12:27Donc, effectivement, on est devenu le leader de tous les Nougatiers.
12:31Et plus de 140 salariés, je crois, chez Chabert et Guyot ?
12:36Exactement, nous avons 140 salariés.
12:38Alors, c'est une entreprise qui existe quand même depuis 177 ans.
12:421848, voilà.
12:44Exactement.
12:45En fait, on perdure un savoir-faire quand même ancestral.
12:49Et l'entreprise Chabert et Guyot a eu une particularité dans son ADN,
12:54c'est que c'est l'entreprise qui a créé la mécanisation du Nougat.
12:58Avant, quand on remonte au 18e siècle, début du 19e et 20e,
13:02en fait, le Nougat était fait exclusivement à la main.
13:06Et début du 20e siècle, il était encore fait à la main,
13:09c'est-à-dire au chaudron et puis les papillotes étaient faites à la main.
13:13Et Charles Chabert et Henri Guyot, en fait, ont eu la bonne idée
13:17de mécaniser la filière et donc de lui donner quelque part
13:20un caractère un peu industriel.
13:22Voilà.
13:22Et le nom de cette entreprise, qui date du rachat par Alexandre Chabert
13:27et Henri Guyot en 1913, est-ce que depuis, c'est une entreprise familiale ?
13:31Est-ce que vous-même, vous êtes issue de cette famille ?
13:35Alors, non, ce n'est plus une entreprise familiale.
13:38En fait, elle a eu cinq générations de Chabert jusqu'en 2012.
13:42Et après, en fait, c'est devenu, on a été rattaché à un groupe
13:47et donc je suis devenue directrice générale de cette entreprise.
13:51Moi, je suis arrivée en 2015.
13:53Voilà.
13:54Donc, si vous voulez, j'ai le plaisir de piloter une belle entreprise
13:57qui a des savoir-faire, qui est dans un domaine un peu particulier
14:00parce qu'on pense toujours que le Nougat Montélimarque,
14:02c'est quelque chose de vieillissant.
14:04Et en fait, non, c'est un terrain de jeu absolument fantastique
14:07en termes d'innovation.
14:07Et aussi bien en termes de goût,
14:10puisque il y a effectivement la recette du Nougat Montélimar-IGP,
14:14donc avec 30% d'amandes, 28% d'amandes et 2% de pistache,
14:18du miel, du sucre, du blanc d'œuf et de la vanille.
14:21Mais on fabrique aussi d'autres Nougats.
14:23Et dans les autres Nougats, il y a des tas de variétés de recettes
14:27qui nous permettent vraiment de développer plein de choses.
14:31On a aussi une autre chose qui est extrêmement importante dans le Nougat
14:35et particulièrement chez Nougat Chabert-Riguillot,
14:37c'est toute la notion de l'expérience telle.
14:39En fait, vous ne mangez pas un Nougat comme vous mangez une simple confiserie.
14:43Vous mangez un Nougat parce qu'il y a un côté extrêmement régressif.
14:46Vous savez, ce côté où, en fait, vous vous souvenez,
14:49ben voilà, je vous entends sourire.
14:50C'est de la Madeleine de Proust un peu.
14:52C'est de la Madeleine de Proust, mais de la Drôme.
14:54Exactement, exactement.
14:57Et en fait, on a un attachement extrêmement émotionnel au Nougat.
15:00On a tous une histoire à raconter, soit des grands-parents, des cousins,
15:04des cousines, les vacances en sud.
15:06Donc, ça va toucher quand même un point extrêmement fort émotionnellement chez nous.
15:11Et je reviens sur cette IGP dont vous avez parlé,
15:15que vous avez acquise de haute lutte,
15:17parce que je crois qu'il a fallu huit ans pour l'obtenir,
15:19cette indication géographique protégée.
15:22Vous l'avez dit, c'est une recette.
15:25Vous avez parlé de la composition.
15:27C'est aussi un territoire.
15:29Combien ?
15:29Est-ce qu'on est sur Montélimar seul,
15:31ou est-ce qu'il y a d'autres communes qui sont concernées par cette IGP ?
15:35Alors, en fait, la spécificité de l'IGP,
15:38c'est que vous avez trois éléments.
15:40Un, vous allez avoir la recette,
15:42donc je l'ai dit tout à l'heure.
15:44Deux, vous allez avoir la notion de territoire,
15:46donc géographiquement, c'est 13 communes autour de Montélimar.
15:50Montélimar, je m'appelle, ça fait à peu près 42 000 habitants,
15:53donc c'est une petite commune.
15:54Donc, on a quand même pensé les choses intelligemment
15:57pour pouvoir avoir un capital immobilier,
15:59un capital foncier si jamais on voulait se développer les uns et les autres.
16:03Donc, c'est 13 communes.
16:04Et le troisième élément, c'est la notoriété.
16:07Il fallait prouver que nous étions complètement légitimes
16:11par rapport à la notoriété de ce produit.
16:13Et cette IGP, est-ce qu'elle a eu des conséquences business,
16:17en volume de vente, en prix de vente, pourquoi pas ?
16:20Et aussi un point très important sur la lutte contre les contrefaçons.
16:25Je crois qu'il y a des pays, je crois que c'est la Belgique et les Pays-Bas,
16:28qui parlent de nougat à la Montélimar.
16:30Ça, c'est fini, c'est protégé grâce à l'IGP.
16:32– Alors, écoutez, on a vécu deux phénomènes intéressants.
16:38Le premier phénomène intéressant que nous avons vécu,
16:40c'est que quand nous avons eu l'IGP, nous avons vu arriver des gens
16:44qui se sont dit nougatiers et qui ont monté des fonds de commerce
16:47sur le territoire des frais communes.
16:49Voilà, pour abuser, pour essayer d'abuser de l'IGP.
16:54Donc, bien évidemment, ça ne fonctionne pas.
16:55Mais le deuxième effet, effectivement, c'est ce que vous venez de dire.
16:59C'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de concurrents au niveau national
17:02et international qui fabriquaient du nougat à la Montélimar,
17:08mais les Belges, en l'occurrence, parlaient de nougat à Montélimar.
17:11Et depuis lors, ils ne peuvent plus.
17:13Donc, nous avons avec nous l'INAO et les fraudes,
17:15qui justement nous permettent d'envoyer des fourriers
17:19et de sensibiliser l'ensemble de ces compétiteurs
17:21pour les informer que là, ils se mettent hors la loi.
17:25Un mot, Marie-Claude de Soffel, parce qu'il nous reste 30 secondes
17:28sur le sourcing de vos matières premières.
17:32Dans cette émission, il y a quelques mois,
17:34on a parlé du plan de relance amende qui fêtait ses 10 ans.
17:37On était avec le Roi René, avec Territoire de Provence.
17:40Est-ce que vous allez aussi, vous, dans cette démarche,
17:43d'essayer de sourcer vos matières premières le plus possible en France ?
17:47Alors oui, ça fait 6 ans que nous sommes rentrés
17:50dans le partenariat avec la Compagnie des Amandes,
17:52et je fais aussi partie de France Amandes
17:54et avec Roi René autour de la table.
17:56Et depuis 6 ans, nous nous sommes rapprochés
17:59de la société et de la Compagnie des Amandes
18:00pour justement enclencher ce virus.
18:02Et voyez-vous, nos premières amendes françaises
18:04sont arrivées cette année et on les travaille.
18:06C'est un vrai changement de process,
18:08mais on est très très fier de cela.
18:09Une toute dernière question, brève.
18:10Est-ce que vous connaissez le comptoir de Mathilde ?
18:12Est-ce que vous avez envie de devenir
18:14un des fournisseurs du comptoir de Mathilde ?
18:17Alors, je vais vous faire un secret.
18:18Nous avons été et nous sommes fournisseurs
18:22de temps en temps pour les nougats.
18:24Ah bon, ben voilà.
18:24Donc c'est ce dont on va parler.
18:26Je vous remercie.
18:27Merci beaucoup d'avoir été en vision,
18:29en duplex depuis Montélimar
18:30pour nous parler de la filière nougat de Montélimar.
18:33Et on poursuit donc avec vous,
18:35Philippe Kratz, bonjour.
18:36Bonjour.
18:36Si j'ai fait ce lien,
18:37c'est que vous êtes dans vos boutiques
18:39du comptoir de Mathilde, très friand.
18:41C'est le cas de le dire,
18:42de tous ces produits du Midi de la France.
18:44Vous êtes le directeur général adjoint de l'enseigne.
18:48Et le lien avec la Drôme,
18:49il vient d'ailleurs du fait qu'en 2007,
18:51c'est là que vous êtes né,
18:52le comptoir de Mathilde est né.
18:54Depuis, vous êtes dans le Vaucluse.
18:56Exact, on est né à Tulette en 2007.
18:58Richard Fournier a créé cette société.
18:59Et puis depuis, on a grossi.
19:01Et pour grossir, il a fallu déménager.
19:03Et maintenant, on s'est installé
19:04à 15 kilomètres de la Drôme,
19:05puisqu'on est arrivé dans le nord Vaucluse.
19:07On est juste à côté d'Orange,
19:08à Camaray-sur-Aigues.
19:09Camaray-sur-Aigues.
19:09Et donc, vous parliez du fondateur Richard Fournier.
19:12Il en est toujours le président.
19:13Toujours, toujours une société familiale.
19:15C'est sa grand-mère qui a donné le prénom
19:17à cette entreprise.
19:19Oui, oui, il cherchait un nom.
19:21En fait, il a voulu créer un magasin
19:22très régressif, avec beaucoup d'affection,
19:24avec des sentiments d'appartenance très particuliers.
19:27C'était vraiment un concept
19:28qui lui tenait à cœur.
19:30Et en dehors du concept,
19:31il voulait juste un magasin qui lui ressemble
19:32et il utilisait le prénom de sa grand-mère.
19:34Alors vous-même, vous avez rejoint l'entreprise
19:36en 2021, après une longue expérience
19:38à Comtesse Dubarry.
19:40Combien de références au catalogue
19:41de Comptoir de Mathilde ?
19:42Comptoir de Mathilde, c'est 650 références,
19:45dont 80% qui sont produites par nous.
19:47Et puis ensuite, on va chercher justement
19:49des partenaires avec des spécialités,
19:51comme justement le nougat de Montélimar,
19:52qui sait faire ce produit parfaitement bien.
19:54Et ce choix de produire l'essentiel
19:56de ce que vous vendez,
19:57c'est un choix purement économique ?
19:58C'est à la fois qualitatif,
20:00parce qu'on peut vraiment créer sa recette,
20:02choisir ses ingrédients,
20:03mettre le niveau d'exigence qu'on souhaite.
20:05Mais en même temps,
20:06lorsqu'on a voulu développer
20:07notre réseau de boutiques,
20:08il a fallu avoir une concentration
20:09et une augmentation de nos marges.
20:11Et pour le faire,
20:12il a fallu prendre la production en main.
20:14Et c'est pour ça que Richard Fournier
20:15a dès le début
20:15utilisé un outil de production
20:17assez performant.
20:18Le nombre de salariés à Camaray-sur-Ais ?
20:21120 collaborateurs.
20:22Qui sont dans la production,
20:23qui sont dans d'autres...
20:2480 personnes à la production logistique,
20:26et puis 40 personnes dans les bureaux
20:28pour le marketing
20:29et le développement du réseau.
20:30On va rester sur les chiffres clés,
20:31on aime bien ça dans cette émission,
20:32sur votre chiffre d'affaires à l'instant T,
20:34pour l'exercice 2024
20:37et pour 2025,
20:38vos objectifs d'abord.
20:4040 millions de roadshifts d'affaires,
20:41on se dirige vers 45 millions.
20:43Globalement, on croit de 10% chaque année.
20:46La conduite est comme ça
20:47depuis de nombreuses années.
20:48On arrive à justement
20:49se développer partout en France
20:50et bientôt en Europe.
20:51Et l'objectif,
20:52donc,
20:53j'ai vu que Richard Fournier,
20:54vous avez fixé un objectif
20:55de 100 millions d'ici 5 ans.
20:56Oui, exact.
20:57Ça va être retenable.
20:58Sacré challenge.
20:59La croissance,
21:00elle passe aussi
21:01par de la croissance externe
21:03avec deux rachats.
21:04En 2023,
21:05le rachat de la maison de la Châtine,
21:07spécialiste de l'enrobage.
21:08Et puis,
21:09on en parlera dans un petit instant,
21:11la cure gourmande
21:12que vous avez rachetée partiellement.
21:14J'aimerais qu'on revienne
21:15sur les chiffres clés avant cela,
21:16sur le nombre de magasins
21:18dont vous disposez actuellement
21:19en France et en Belgique,
21:20qui sont vos deux pays d'implantation.
21:22150 magasins,
21:24dont 95% des boutiques
21:25sont en franchise.
21:26Et puis,
21:275 boutiques en Belgique.
21:29Et la Belgique,
21:29qui est un terrain de développement,
21:31puisque je crois
21:31qu'il y en aura plus
21:32dans les prochaines années,
21:33ainsi que dans un autre pays d'Europe.
21:35Exact.
21:36Hier,
21:36on a signé un contrat cadre
21:37de 10 nouvelles boutiques
21:38pour dans les deux prochaines années
21:39en Belgique.
21:40Et puis,
21:4010 nouvelles boutiques
21:41dans les Pays-Bas
21:41d'ici les trois prochaines années.
21:43Le compteur de Mathilde
21:44est présent à l'international également ?
21:46Oui,
21:46on a au total,
21:47France et l'international,
21:482500 vendeurs.
21:49On est distribué dans 15 pays.
21:51Aujourd'hui,
21:51l'international,
21:52on est prêt.
21:53Jusqu'à présent,
21:53on s'est concentré sur la France.
21:55Il a fallu mettre
21:55un outil de production puissant.
21:57Il a fallu suivre également
21:58avec nos services qualité
21:59pour pouvoir aller à l'export
22:01et traverser
22:02toutes les problématiques de douane.
22:03Maintenant,
22:03on est prêt,
22:04donc on va pouvoir accélérer.
22:05Comment se porte l'enseigne ?
22:07On le sait,
22:08les problématiques
22:09de pouvoir d'achat,
22:09on en parle très souvent
22:10sur cette antenne.
22:12Est-ce que l'achat du loisir,
22:15du plaisir,
22:16est-ce que c'est un achat
22:17qu'on sacrifie un peu
22:18en ces temps difficiles
22:20pour les consommateurs ?
22:21Alors non,
22:21on ne le sacrifie pas,
22:22surtout à les périodes festives
22:24comme Noël qui arrive.
22:25Je vous ai ramené ici
22:26le calendrier de l'Avent
22:27qui est une de nos,
22:28qui est la meilleure vente
22:28justement sur les fêtes
22:29de fin d'année.
22:30Par contre,
22:31ça nous oblige à réfléchir
22:32à la construction
22:33des gammes produits
22:33en travaillant sur le poids,
22:35en travaillant sur
22:36la qualité des matières
22:38pour faire en sorte
22:39d'avoir le bon produit
22:40au bon prix.
22:41Aujourd'hui,
22:42l'indice prix
22:42est un indice important
22:44et donc il est important
22:45pour les équipes marketing
22:46de trouver le bon produit.
22:47Je lisais donc
22:48rachat de la cure gourmande
22:49pendant l'été,
22:50c'était suite à la liquidation
22:51judiciaire
22:52qui a été prononcée
22:53par le tribunal de commerce
22:54de Montpellier
22:54à la fin juin.
22:56Vous reprenez une partie
22:57des activités
22:58et des magasins
23:00de cette marque
23:01que les gens du Sud
23:02connaissent bien.
23:03Oui,
23:03les gens connaissent bien.
23:04Stratégiquement,
23:05on a repris 4 points de vente
23:06qu'on va transformer
23:07en comptoir de Mathilde
23:08puisque les emplacements
23:09nous conviennent parfaitement
23:11et donc on va former
23:12les équipes
23:12au discours du comptoir de Mathilde.
23:14Donc dès la mi-octobre,
23:15on va réouvrir ces magasins
23:17en comptoir de Mathilde.
23:18Sur quelle ville ?
23:19Sur Paris,
23:20Aix-en-Provence,
23:21Nice et Menton.
23:22C'est votre première
23:22réimplantation parisienne.
23:24C'est la première
23:24réimplantation Paris-Intramuros.
23:26On arrive à côté
23:27du musée Grévin.
23:28On espère justement
23:29soutenir notre développement
23:30à l'international
23:31par cette présence aussi
23:32dans des hauts lieux
23:33stratégiques et touristiques
23:34à Paris.
23:35Et vous reprenez
23:36une chocolaterie aussi
23:37du côté de Narbonne.
23:38Exactement.
23:38La chocolaterie
23:39de la cure gourmande
23:39qui était à Narbonne,
23:41on la reprend parce qu'elle
23:42a un vrai savoir-faire
23:42de production.
23:43Elle est spécialisée
23:44dans les pralinés.
23:46C'est une catégorie
23:46de produits que nous n'avons pas
23:47et donc ça va nous faire
23:48un nouveau terrain de jeu
23:49pour permettre de le développer
23:50dans toutes nos boutiques
23:51de France.
23:51En termes d'emplois,
23:52que ce soit dans les magasins
23:53ou la chocolaterie,
23:54est-ce que vous maintenez
23:55les emplois de la cure gourmande ?
23:57On a maintenu tous les emplois
23:58des personnes qui souhaitaient
23:59justement nous accompagner
24:00dans ce nouveau projet.
24:01Certains ont décidé
24:02de ne pas nous suivre
24:03mais sinon on a ouvert la porte
24:05à tous ces collaborateurs
24:06pour les amener justement
24:07sur un emploi pérenne.
24:08On parlait de l'innovation
24:09dans les produits,
24:10on parlait de vos sourcings.
24:11Comment est-ce qu'il y a
24:13quelques années,
24:14peut-être que la marque
24:15Le Comptoir de Mathilde
24:16et son look à l'ancienne,
24:17ça pouvait paraître
24:18un peu ringard.
24:20On parlait de Madeleine de Proust
24:21avec Marie-Claude de Stoffel.
24:23Est-ce que vous surfez aussi
24:24un peu sur ce besoin
24:25de cocooning,
24:26de se rassurer par le passé,
24:28par des valeurs,
24:28par des images
24:29un peu plus anciennes ?
24:30Oui, bien évidemment
24:31parce que ces images anciennes,
24:32c'est aussi des traditions,
24:33c'est aussi des savoir-faire,
24:34c'est aussi des ingrédients simples.
24:36Une pâte à tartiner,
24:38c'est une de nos spécialités,
24:39ce sont des ingrédients
24:40très simples.
24:41Un peu de cacao,
24:42un peu de lait en poudre
24:43et on malaxe ça
24:44avec des noisettes
24:44et on met un peu de sucre
24:46à l'intérieur
24:46et on a une pâte à tartiner.
24:47Et dans l'artisanat,
24:48c'est ça qu'on va aller rechercher.
24:50Certes,
24:50nos outils de production
24:51sont devenus plus industriels
24:52pour avoir une capacité
24:53de production
24:54bien plus importante,
24:55mais nos process
24:56et nos ingrédients
24:57et nos recettes
24:57restent très simples.
24:58Vous avez donc dit
24:59Noël,
25:00c'est un moment très important
25:01pour vous.
25:0245% du chiffre d'affaires,
25:04autant vous dire
25:04qu'on a lancé
25:05plus de 150 nouveautés
25:07pour Noël.
25:08On veut faire briller
25:09les yeux des enfants
25:10et des parents
25:11et donc on doit être
25:12au rendez-vous
25:12dès le mi-octobre,
25:14démarrage de la campagne
25:15de Noël.
25:15Et un mot sur,
25:16vous avez surfé
25:17sur le boom
25:17de la pistache
25:19aussi avec ce produit-là,
25:21c'est quoi ?
25:21C'est la pâte à tartiner
25:22façon Dubaï chocolat.
25:24L'idée,
25:25c'est qu'on ne voulait pas
25:26faire une tablette
25:26comme les autres.
25:27Nous,
25:27notre spécialité,
25:28c'est la pâte à tartiner
25:29et donc chocolat blanc,
25:31crêpes dentelles
25:32bretonnes,
25:33arômes et pistaches
25:35à l'intérieur,
25:36ça vient justement
25:37réinterpréter
25:37ce savoir-faire
25:38de la pâte à tartiner.
25:40Merci Philippe Kratz,
25:41merci d'avoir été
25:42l'invité de la France
25:42à tout pour réussir.
25:43On a essayé de parler
25:44de belles choses,
25:44de maroquinerie française
25:46mais aussi de douceur sucrée
25:47made in France.
25:48Ainsi s'achève
25:49le 430e numéro
25:50de la France
25:51à tout pour réussir.
25:52Vous nous retrouvez bien sûr
25:52en télé, en radio
25:54et sur le site
25:54et sur l'appli
25:55de BFM Business.
25:56La semaine prochaine,
25:57direction Arcachon
25:58pour une émission spéciale
25:59à l'occasion
26:00de la quatrième édition
26:01de la plage aux entrepreneurs.
26:03Je vous souhaite
26:03un bon week-end,
26:04une belle semaine
26:05et donc à très vite
26:06sur BFM Business.
26:08La France a tout
26:10pour réussir
26:10sur BFM Business.
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