- il y a 3 heures
D’un point de vue économique et écologique, le réemploi a plus d’intérêt que le recyclage car il permet de conserver davantage la valeur des produits et est moins énergivore. Si aujourd’hui le recycler reste la norme par rapport à la réutilisation, c’est parce que la majorité des modèles économiques sont linéaires. Nos invités nous expliquent l’intérêt de la complémentarité de ces deux modes de production.
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00:00...
00:12Thomas vient de nous l'expliquer, derrière le réemploi, il y a une promesse économique forte.
00:17Vous allez pouvoir y revenir en détail, je le disais, mais avant toute chose, pour ou contre cette affirmation ?
00:23Ces modèles resteront-ils secondaires face au recyclage ?
00:28Contre.
00:30Faux.
00:31Contre.
00:33Je vais essayer d'être pour, Alex, comme ça on aura un petit peu de débat, sinon on n'est
00:37pas sorti.
00:39Maxime, vous pouvez plaider.
00:41Alors en fait, ma réponse est un peu plus complexe que ça, parce que moi je pense que l'enjeu
00:46n'est pas tant de privilégier l'un par rapport à l'autre,
00:49l'enjeu c'est comment est-ce qu'on arrive à combiner les deux, qui sont très complémentaires.
00:53Je m'explique, c'est impossible de réemployer tous les produits qui ont été sur le marché.
00:59Ça va évidemment dépendre des filières, des applications, etc.
01:02Donc je vais parler de celles que je maîtrise la mieux, les batteries.
01:04Il y a des batteries qui arrivent en fin de première vie qui ne sont pas éligibles au réemploi,
01:08tout simplement parce que leur performance résiduelle n'est pas suffisante.
01:12Et ces batteries, il faut absolument qu'on puisse les rediriger vers le recyclage.
01:15L'enjeu c'est plutôt qu'on fasse les choses dans l'ordre.
01:18Et donc le recyclage aujourd'hui, toujours dans les batteries, mais c'est souvent le cas dans l'ensemble des
01:23filières,
01:24en fait c'est l'étape de l'économie circulaire qui est la moins conservatrice de valeur.
01:30Pourquoi ? Parce qu'on ne va récupérer que les matières premières qui ont été utilisées pour fabriquer les produits.
01:37Le réemploi, lui, il s'attache à conserver également la valeur ajoutée
01:41qui a été apportée au moment de la transformation de ces matières premières.
01:44Donc en termes de rétention de valeur, c'est simplement un cran au-dessus.
01:47Et donc économiquement, environnementalement parlant,
01:51c'est plus intéressant de privilégier dans un premier temps le réemploi lorsqu'il est possible
01:58et donc de donner une primauté au réemploi, pas tant en termes de volume, mais en termes de chronologie.
02:03Et ensuite, et si et seulement si le réemploi n'est pas possible,
02:08basculer de manière la plus efficace possible vers le recyclage.
02:11Et l'enjeu, c'est comment est-ce que, opérationnellement parlant,
02:15on arrive à faire ça sans multiplier les flux logistiques
02:18qui sont probablement la cause principale de dégradation des modèles économiques.
02:24Parce que transporter des déchets, ça coûte beaucoup d'argent,
02:27notamment quand c'est des déchets dangereux comme les batteries par exemple.
02:29Et donc, il faut mettre en place un schéma qui soit le plus rationalisé possible.
02:34On va avoir une première étape de surtris,
02:37c'est-à-dire analyser, diagnostiquer, qualifier le gisement
02:40pour comprendre ce qu'on peut en faire.
02:42Quand c'est possible, le réemployer.
02:43Et quand ce n'est pas possible, en circuit le plus court possible,
02:46aller vers le recyclage.
02:49Merci beaucoup.
02:49De rien.
02:50Célia, vous avez choisi de dire faux au lieu de dire contre,
02:52mais ce n'est pas grave, vous ne pouvez pas plaider.
02:57Aujourd'hui, si le réemploi est secondaire par rapport au recyclage,
03:01c'est parce qu'en fait, on a monté des modèles économiques
03:05pour le linéaire, pour le volume,
03:07et donc pour le recyclage, pour essayer de traiter ces déchets.
03:13Pour moi, le recyclage, c'est les années 90.
03:16Enfin, je veux dire, on n'est plus dans les années 90,
03:18maintenant on est dans les années 2020,
03:20puis bientôt de 2030.
03:23La mondialisation heureuse est terminée.
03:25Donc en fait, c'est fini d'être dans cette industrie
03:27où on produit effectivement beaucoup de volume,
03:31et souvent avec ce volume,
03:33des biens d'équipement qui ont des durées de vie très courtes,
03:38soit parce qu'en fait, on ne les a pas conçus
03:40pour qu'ils soient robustes et qu'ils puissent durer,
03:43et ou tout simplement parce qu'en fait,
03:45on crée aujourd'hui une économie de la valeur sur du volume
03:48et non sur de l'usage.
03:50Donc il faut qu'on puisse sortir de cette économie,
03:53du volume à tout va,
03:55pour aller vers une économie plutôt du stock,
03:57et évidemment qu'on va se diriger vers cette économie-là
04:01pour deux raisons principales.
04:03La première, c'est la finitude des ressources,
04:06on en a un petit peu parlé,
04:08et la deuxième, c'est parce qu'en fait,
04:10on le voit notamment depuis la crise Covid,
04:12on est dans un monde en polycrise.
04:14En fait, on prend une crise, on sort,
04:16on en est dans une nouvelle, une nouvelle, une nouvelle,
04:18et chaque crise nous révèle la fragilité
04:21de nos chaînes d'approvisionnement,
04:23de nos chaînes de valeurs,
04:24qui, depuis cette mondialisation heureuse,
04:26ont été multifragmentées.
04:28Aujourd'hui, quand on a un bien qui arrive chez nous,
04:30il a passé je ne sais combien de frontières,
04:32au moins une dizaine,
04:33au moment où on a extrait la matière première,
04:38on l'a raffinée, on l'a transformée,
04:40on a fabriqué un produit,
04:42puis il arrive chez nous,
04:43et éventuellement, on l'assemble.
04:45Donc quand on a des polycrises
04:47qui fragilisent les chaînes d'approvisionnement,
04:50où en fait, on n'est plus sûr de pouvoir réimporter
04:52ou de la matière ou un produit,
04:54et qu'en plus, cette même matière,
04:56elle commence vraiment à manquer,
04:59donc qui dit elle manque, on ne l'aura plus,
05:00et où elle va coûter de plus en plus cher,
05:02on n'aura qu'une seule solution,
05:04c'est de se dire,
05:05dès que j'ai fabriqué quelque chose,
05:07il faut absolument que je puisse le conserver
05:09le plus longtemps possible,
05:11parce que c'est la meilleure manière pour moi
05:13de continuer à faire tourner mon économie,
05:16de un,
05:17et de deux,
05:18de pouvoir retarder le moment où je refabrique,
05:22et quand je retarde le moment où je refabrique,
05:24je deviens plus autonome,
05:25je deviens plus résilient.
05:27Donc de toute façon,
05:28pour ces deux raisons-là,
05:29qui sont des raisons à la fois,
05:33je dirais,
05:34physiques,
05:35la limite des ressources,
05:36et géopolitiques,
05:37on va devoir,
05:38effectivement,
05:39pouvoir aller vers davantage de réemplois,
05:42avant d'aller vers le recyclage,
05:44et ce curseur-là,
05:46on doit aujourd'hui pouvoir le quantifier,
05:49parce qu'il y aura des secteurs
05:50pour lesquels ça sera beaucoup plus vrai,
05:52et on ira avec des crans beaucoup plus loin,
05:55et d'autres un petit peu moins.
05:56Célia a peut-être mis le doigt tout de même sur quelque chose qui peut justifier,
05:58en fait,
05:59l'affirmation,
05:59donc je vais essayer de défendre le pour,
06:00même si ça n'engage pas que ce que je pense.
06:04En fait,
06:05aujourd'hui,
06:05alors même si on est peut-être resté coincé dans les années 90,
06:08la façon dont tout cela est perçu,
06:10fait que globalement,
06:12je doute fort qu'on arrive à aller tout de suite vers une attraction,
06:15une attirance,
06:15etc.,
06:16assez forte,
06:16notamment côté consommateur,
06:18sur l'économie du reconditionnel,
06:21de la réutilisation,
06:22et en même temps,
06:23quelque chose de dramatique,
06:24parce que si c'est les années 90,
06:26aujourd'hui,
06:26on a quand même encore peu de gens
06:28qui sont vraiment capables de bien faire le tri
06:30des déchets qu'ils génèrent,
06:32et y compris dans le monde de l'entreprise,
06:33donc même si ça a 30 ans,
06:35on est encore très loin d'avoir atteint
06:36un niveau de capacité collective
06:38à bien faire du recyclage.
06:40Par la contrainte,
06:41on y arrivera,
06:41sans doute,
06:42et peut-être de plus en plus vite,
06:44compte tenu de ces polycrises,
06:45mais à court terme,
06:46je suis peur qu'on n'y arrive pas suffisamment,
06:47j'espère qu'on va y arriver suffisamment,
06:49et des standards évoluent,
06:50il y a des cadres réglementaires,
06:52il y a des travaux d'envergure
06:53qui sont menés pour structurer
06:55et donner envie à des filières
06:56de se mettre en mouvement,
06:58il y a aussi des certifications
06:59qui s'organisent autour de ces sujets-là,
07:01moi je pense là à l'évolution récente
07:02sur Bicorp,
07:03où on a une thématique d'impact dédiée
07:05à la circularité et aux ressources,
07:07qui va pousser tous les acteurs à la fois
07:08à s'organiser sur leur propre chaîne de valeur,
07:11mais aussi à mener des actions collectives
07:12en tant que communauté,
07:14pour faire évoluer plus largement
07:15des industries.
07:17Et donc pour toutes ces raisons-là,
07:18j'ai espoir que ce que évoque Célia
07:20arrive plus vite que prévu,
07:21j'ai peur qu'autrement
07:23que par une contrainte très forte,
07:24qu'elle soit géopolitique ou autre,
07:26ce soit difficile.
07:28Émilie ?
07:29Je pense que les contraintes
07:30nous font avancer plus vite,
07:31donc on va plus les augmenter
07:32des opportunités du coup.
07:35Je pense que s'orienter
07:37plus facilement vers le recyclage
07:39aujourd'hui,
07:39c'est une solution de facilité
07:40et qui nous dédouane
07:42d'acheter plus.
07:44Et donc c'est pour ça
07:45que j'ai répondu contre.
07:46Et je vais m'appuyer
07:47sur la filière textile
07:49qui s'appuie sur le réemploi
07:52de seconde main
07:52depuis plus de 40 ans
07:54avec le relais et Emmaüs,
07:56et qui a prouvé
07:57qu'en faisant durer un usage,
08:00on pouvait faire vivre le réemploi
08:03sur des modèles économiques
08:04ou des modèles associatifs
08:05qui pouvaient vivre uniquement
08:08avec ces recettes-là.
08:11Donc aujourd'hui,
08:12la filière textile est éprouvée
08:13parce que la quantité
08:15mise sur le marché
08:16et la qualité qui diminue
08:18de ce qui est mis sur le marché
08:19fait que c'est beaucoup plus compliqué
08:20de faire du réemploi.
08:22Donc quand on appelle
08:23seconde main,
08:25autant il y a peut-être
08:2510 ans ou 20 ans
08:26on avait une seconde main,
08:27une troisième main,
08:27une quatrième main,
08:28où aujourd'hui,
08:29on a à peine une première main.
08:31Et donc les vêtements
08:32que l'on reçoit
08:32dans un centre de tri,
08:33s'ils ne peuvent pas être
08:35du réemploi,
08:36ils vont directement vers le recyclage,
08:37on pourrait se dire,
08:38ok, ils servent quand même
08:39à quelque chose,
08:39tant mieux.
08:40Soit.
08:41Sauf qu'aujourd'hui,
08:42la filière française de recyclage,
08:44en tout cas en France,
08:45beaucoup de monde,
08:46et en Europe,
08:47beaucoup de monde
08:48cherche à recycler du textile,
08:50ce n'est pas encore totalement abouti,
08:51et ça coûtera
08:52infiniment plus cher
08:53que ce que fait le réemploi.
08:55Et donc,
08:56d'aller chercher
08:57des solutions
09:00de réemploi,
09:01de proximité,
09:02et de changer
09:03cette notion d'usage
09:04pour que la durabilité
09:07soit notre réflexe premier,
09:10c'est vraiment
09:10ce qu'on met en avant.
09:11Demain,
09:12oui,
09:12il y aura plus de place
09:13au recyclage sur le textile,
09:14encore faut-il
09:15que lorsqu'on achète
09:16un textile,
09:17il soit,
09:18on peut dire,
09:18éco-conçu,
09:19ou en tout cas conçu facilement,
09:20disons,
09:21parce que quand vous avez
09:22cinq matières différentes
09:23dans un article,
09:25il a,
09:25à date,
09:26peu de chances
09:26ou pas de chances
09:27d'être recyclé.
09:28Donc acheter un 100%,
09:29sachant qu'aujourd'hui,
09:30en tout cas,
09:31les professionnels du recyclage
09:33sollicitent des matières
09:34à 100%
09:35pour qu'elles soient recyclées.
09:38Moi,
09:38je voulais réagir
09:39par rapport aux enjeux
09:39que tu as posés.
09:40Tu as parlé
09:40de la contrainte
09:42et des opportunités,
09:44sous-entendu un peu
09:45les modèles économiques.
09:46Il y a un troisième enjeu
09:47qui est la pédagogie
09:48qu'il faut faire autour de ça
09:49parce que
09:50le recyclage
09:51des années 90,
09:52même si on pourrait
09:53pousser le curseur
09:54encore plus loin,
09:55j'ai l'impression
09:55que c'est quand même
09:56devenu quelque chose
09:56qui est de l'ordre
09:57du réflexe
09:58dans la société.
10:00C'est-à-dire qu'il y a
10:01des reps qui sont mis en place
10:02avec des schémas opérationnels
10:03qui fonctionnent.
10:04On a un tri
10:06qui s'est mis en place
10:08à l'échelle des entreprises
10:10dans les foyers,
10:11etc.
10:11Et le recyclage,
10:12il est parti de zéro
10:13dans ces années-là
10:15et maintenant,
10:16c'est quelque chose
10:16qui est quand même établi
10:18avec des business models
10:19qui tournent,
10:20etc.
10:20En fait,
10:21il faudrait qu'on puisse
10:21s'inspirer de ça
10:23pour faire émerger
10:25une filière du réemploi
10:26qui soit véritablement forte.
10:27Mais ça implique
10:29de la faire connaître,
10:32d'en comprendre
10:33les aspérités,
10:35les différentes déclinaisons
10:37puisque dans le réemploi,
10:38en fait,
10:38il y a plein de choses différentes.
10:39Il y a à boire et à manger.
10:41Et donc,
10:41pour moi,
10:41il y a vraiment
10:42un enjeu pédagogique
10:43d'éducation
10:45de tous les publics,
10:47que ce soit
10:47les consommateurs,
10:48mais les industriels aussi,
10:50les politiques
10:51qui sont très peu formés
10:52sur ces questions,
10:53même si c'est un truc
10:54qui commence à monter.
10:55Et donc,
10:56ça,
10:57c'est en fait
10:58s'inspirer de ce qui a marché
10:59pour le recyclage
11:00pour le répliquer
11:03dans le réemploi.
11:05L'autre chose
11:05que je voulais dire,
11:07c'est si on s'intéresse,
11:08alors je pense que ça dépend
11:09vraiment des filières,
11:10mais si on s'intéresse
11:12par exemple
11:12à la filière des batteries,
11:13aujourd'hui,
11:14il y a aussi un enjeu
11:15de souveraineté.
11:16Pourquoi ?
11:17Parce que
11:18recycler une batterie,
11:19ça veut dire
11:19en faire de la broyer
11:21pour en faire
11:22ce qu'on appelle
11:22de la black mass,
11:23qui est une poudre
11:24dans laquelle vous allez trouver
11:25tous les composants
11:26constitutifs de cette batterie
11:27et notamment
11:28les métaux critiques
11:29dont tout le monde parle
11:30toute la journée.
11:31Et ensuite,
11:32vous allez devoir
11:32raffiner cette black mass
11:33pour pouvoir
11:34en extraire
11:35des matières suffisamment pures
11:37pour qu'elles puissent
11:37être réinjectées
11:38dans l'économie linéaire.
11:39La problématique,
11:40c'est que sur la deuxième étape,
11:42le raffinage,
11:43l'Europe n'est pas
11:44suffisamment capacitaire
11:45pour opérer
11:47le gisement
11:48disponible.
11:50Donc,
11:50on exporte aujourd'hui
11:51notre black mass
11:52en Chine
11:53pardon.
11:55Désolé.
11:56On exporte cette black mass
11:57en Chine
11:58après l'avoir importée
11:59une première fois
11:59sous la forme
12:00de batterie finie.
12:01C'est une boucle
12:03de dépendance
12:04qui est désastreuse.
12:05Or,
12:06constituer des capacités
12:08de recyclage,
12:09ça coûte
12:09des centaines
12:10de millions d'euros
12:10et ça met
12:11des dizaines d'années
12:12avant d'arriver
12:12à un régime de production
12:13qui soit stabilisé.
12:15Or,
12:15c'est beaucoup plus rapide
12:16de le faire
12:16sur l'économie circulaire,
12:17le réemploi
12:19à proprement parler,
12:20parce que c'est
12:21des business models
12:22qui sont moins capitalistiques,
12:23parce que c'est
12:23des business models
12:24qui requièrent
12:26des infrastructures
12:27qui sont moins importantes.
12:29Et donc,
12:30il faut faire les deux.
12:31En fait,
12:31il faut construire
12:31les capacités
12:32pour que dans 20 ans
12:33on puisse raffiner
12:34la matière première,
12:35la black mass
12:36chez nous.
12:37Mais il ne faut pas attendre,
12:38il faut aussi se doter
12:39de capacités
12:39pour pouvoir exploiter
12:41le plus gros gisement
12:42de lithium au monde.
12:43J'aime bien dire ça.
12:44Le plus gros gisement
12:45de lithium au monde,
12:46il n'est pas en Australie,
12:47il n'est pas au Chili.
12:49En fait,
12:50il est en Europe
12:50et il n'est pas
12:51dans nos sous-sols.
12:52Il est dans nos poches,
12:53il est dans nos voitures,
12:54il est dans nos smartphones,
12:56il est dans les batteries
12:57qu'on a déjà importées
12:58et on a qu'à se baisser
13:02entre guillemets
13:02pour pouvoir le réexploiter
13:04et du coup,
13:05résorber ce problème
13:06de dépendance,
13:07de souveraineté
13:07qui est probablement
13:09l'enjeu du siècle à venir
13:10ou même de la décennie à venir
13:12pour se projeter moins loin.
13:14Et c'est valable
13:15pour tous les secteurs
13:16parce que là,
13:17effectivement,
13:17les batteries,
13:18c'est notre mobilité,
13:20c'est notre transition
13:21aujourd'hui dont on parle.
13:24Le réemploi,
13:25et c'est aussi ce qu'on voulait dire,
13:26c'est activable dès maintenant
13:28par rapport effectivement
13:29à se dire
13:29on va remettre en Europe
13:32des usines
13:33qui vont venir fabriquer
13:34des choses
13:34qu'on a délocalisées
13:36dans les années 90.
13:38Vraiment,
13:38je référence années 90.
13:39C'est un focus années 90.
13:40Oui,
13:41mais c'est de là
13:41que tout part.
13:42si on ne comprend pas
13:44cette chose-là,
13:45on ne comprend pas
13:45pourquoi aujourd'hui
13:46on essaie de venir
13:47remettre des usines,
13:48des industries,
13:49de la main-d'oeuvre
13:50et du savoir-faire
13:51parce qu'en fait,
13:52on n'a pas que délocalisé
13:53l'extraction,
13:54on a délocalisé en fait
13:55toute la valeur ajoutée
13:57de l'amont
13:58de la chaîne de production
13:59et aujourd'hui,
14:00on se dit
14:00qu'il va falloir la réimporter.
14:02Sauf que la limite
14:03du logiciel,
14:04ce que disait Maxime,
14:05et c'est pour ça
14:06qu'on a fait cette publication,
14:08ce n'est pas pour inventer
14:10quelque chose de nouveau,
14:11non,
14:11c'est justement pour dire
14:12qu'il y a quelque chose
14:13d'ancien
14:14et qui existe déjà
14:16qui doit être absolument
14:18vu comme un tout
14:20et pas perçu
14:22comme des initiatives
14:24qui sont fragmentées
14:25et isolées.
14:26Et le sujet,
14:27c'est ça
14:27parce qu'on a parlé
14:28du recyclage
14:29effectivement
14:30qui est le dernier air
14:32de la hiérarchie
14:34de l'économie circulaire
14:35et en fait,
14:37on a aujourd'hui
14:38un logiciel incomplet
14:39avec lequel
14:40on fait les lois,
14:42avec lequel
14:43on pilote
14:44des industries,
14:45c'est le logiciel du neuf
14:46ou le logiciel
14:47du recyclage
14:48et au milieu des deux,
14:49il ne se passe rien.
14:52Donc du coup,
14:52en fait,
14:53à chaque fois,
14:53toutes ces activités-là
14:55qui tombent au milieu,
14:56entre le neuf
14:57et le recyclage,
14:58elles sont absentes
14:59des grandes politiques économiques,
15:02des décisions
15:03de stratégies
15:04d'entreprise
15:05et du coup,
15:06elles ne se développent pas.
15:08Or nous,
15:09ce qu'on est en train de dire,
15:10c'est que oui,
15:10il y a des secteurs
15:11très anciens,
15:12l'automobile,
15:14les palettes,
15:15on les a cités,
15:16etc.,
15:16qui eux ont déjà
15:18mis la main
15:18depuis de très nombreuses années
15:20sur le réemploi
15:20à grande échelle
15:22de manière industrielle.
15:23Donc des secteurs
15:23où c'est généralisé.
15:24Où c'est généralisé
15:25et il y en a d'autres
15:26où effectivement,
15:27on commence à le réinjecter,
15:29on commence à le redévelopper
15:31et effectivement,
15:32ça prend des formes
15:33de vocabulaire
15:34plutôt différentes,
15:36disparates,
15:36parce que ce sont
15:37techniquement
15:38des activités différentes.
15:40Le réemploi
15:41dans les emballages
15:42n'est pas la même chose
15:42que le reconditionnement
15:44ou le remanufacturing
15:44dans les batteries.
15:45Mais pour autant,
15:46à partir du moment
15:47où ces activités-là,
15:49elles ne sont pas vues
15:49comme un tout,
15:50et nous,
15:50c'est ce qu'on essaie
15:51de poser
15:51dans cette publication,
15:53eh bien,
15:53on n'arrivera jamais
15:54à faire comprendre
15:54au pouvoir public
15:55qu'il y a,
15:57entre le neuf
15:57et le recyclage,
15:58une autre solution.
15:59Mais alors,
16:00question délibérément naïve,
16:01mais elle s'impose selon moi.
16:03Pourquoi on est allé
16:04vers le recyclage
16:05et pas le réemploi ?
16:06Parce que le recyclage
16:07traite le déchet.
16:10Alors que nous,
16:11on dit,
16:11en fait,
16:11il faut produire autrement.
16:14Le réemploi
16:15vient mettre
16:16un caillou
16:17dans la chaussure
16:18de cette économie
16:19de volume
16:20dont je parlais
16:21au début.
16:23L'économie,
16:24le recyclage
16:25ne fait qu'entretenir
16:27en fait,
16:27une production
16:28en amont.
16:29Il ne vient pas réduire
16:30la production,
16:31il vient trouver
16:31une solution
16:32aux déchets
16:33de cette économie-là.
16:35Mais il ne remet pas
16:36en question
16:37l'amont
16:37de la production.
16:38Alors que la reuse
16:39économie,
16:41elle dit,
16:42peut-être qu'il faut
16:43produire différemment
16:44et qu'il faut
16:45produire moins
16:46puisqu'à partir du moment
16:47où ce qu'on va fabriquer
16:48va durer longtemps.
16:50C'est une économie
16:51qui est basée
16:52sur l'usage.
16:53Un usage
16:54qui dure,
16:55un usage
16:56qui est intensifié.
16:57Et donc,
16:58mécaniquement,
16:59on produit moins,
17:00et quand on produit moins,
17:01on met un caillou
17:02dans la chaussure
17:03de cette économie
17:05dans laquelle on vit
17:05depuis longtemps.
17:07Mais de toute façon,
17:08on va devoir faire
17:08cette cure d'amaigrissement.
17:10Donc moi,
17:10ce que je dis,
17:10c'est que cette cure
17:11d'amaigrissement,
17:12et on l'a dit
17:12pour les deux raisons
17:13du début,
17:15autant l'anticiper
17:16pour faire en sorte
17:18qu'elle soit
17:18la moins douloureuse
17:19possible.
17:20Et on va déplacer
17:21notre économie
17:22où on crée
17:23de la richesse
17:23sur du volume,
17:26plutôt sur l'usage.
17:27C'est ça en fait.
17:28Et on peut le ramener
17:28à quelque chose de...
17:29C'est l'économie
17:29de la main-d'oeuvre.
17:30On peut le ramener
17:30peut-être à quelque chose
17:31de...
17:31Enfin,
17:32une espèce de métaphore
17:33qui peut vraiment
17:33concerner tout le monde.
17:34C'est ce qui a donné naissance
17:35en fait aux bouteilles en plastique
17:36ou aux canettes en aluminium.
17:38En fait,
17:38c'est une économie
17:39qui est quand même basée
17:40sur une espèce
17:40de paresse généralisée
17:41et qui veut que,
17:42c'est beaucoup plus simple
17:43d'acheter un contenant
17:44qu'on va balancer
17:45tout de suite après
17:45l'avoir utilisé.
17:47Il y aura une durée de vie
17:48de 20 secondes.
17:49Et d'ailleurs,
17:49avoir les pubs
17:50à l'époque
17:51où tout ça a été créé,
17:52c'est absolument hallucinant.
17:53Ce sont des gens
17:53qu'on incite
17:55à jeter dans la nature
17:57le contenant
17:58de ce qu'ils ont bu.
17:58Et aujourd'hui,
17:59le sujet,
17:59c'est qu'il faut mettre
18:00tout le monde à la gourde.
18:01Alors,
18:01c'est parfois un peu
18:01plus contraignant.
18:02Il faut aller la recharger
18:03soi-même.
18:04Mais si on arrive à le faire,
18:05si on développe un affect
18:06pour cet objet
18:07et qu'au final,
18:08on génère X millions,
18:09milliards de moins de bouteilles,
18:10on aura tous gagné à la fin.
18:12Mais le consommateur,
18:13il n'est pas...
18:14Je ne sais pas comment dire...
18:14Il n'est pas feignant.
18:15C'est-à-dire qu'en fait,
18:15on est venu actif...
18:16Non, mais il a été
18:17déresponsabilisé
18:17dans ce genre de consommation.
18:18On a voulu rendre pratique
18:19à un moment donné,
18:20effectivement,
18:20le geste conso.
18:21Mais le conso,
18:22il n'a jamais demandé
18:23à ce qu'on lui produise
18:24autant de choses,
18:25de choses qu'il n'a pas besoin.
18:25Non, bien sûr.
18:26Après, on a créé le désir
18:27par le marketing.
18:28Oui, il y a quand même
18:28un peu de dérabilité.
18:29C'est culturel aussi.
18:30Mais si on arrive
18:31à mettre en place
18:32les bonnes infrastructures,
18:34le bon parcours client,
18:35le bon prix,
18:36la bonne offre,
18:36il n'y a aucune raison
18:37que ça ne marche pas.
18:37On vient de faire
18:39une étude comportement consommateur
18:42sur le vrac,
18:43le réemploi des emballages.
18:44Il y a un chiffre
18:45qui m'a vraiment interpellée.
18:48C'est que 91% des Français
18:51gardent les emballages
18:52de leurs colis
18:53chez eux.
18:54Donc, ils les stockent.
18:55Ça prend quand même
18:55pas mal de place.
18:56Personne ne leur a demandé
18:57de le faire.
18:57Et ils les gardent
18:58pour les réutiliser
18:58pour un prochain colis.
19:00Donc, on voit bien
19:01que si le consommateur
19:02y trouve un intérêt,
19:03et là, il n'y avait pas
19:04de récompense financière,
19:05il n'y avait pas
19:05d'obligation, de loi,
19:07il y a trouvé un...
19:08Et en plus, ça prend de la place.
19:09Il le fait.
19:09Donc, en fait,
19:10on a des mécanismes,
19:11on a forcément
19:12des solutions
19:13pour le consommateur.
19:15Se dire que le consommateur
19:16n'y arrivera pas,
19:17c'est la meilleure manière
19:18surtout pour ne rien faire.
19:20Donc, pour moi,
19:21il faut...
19:21On est des entreprises
19:22autour de la table.
19:23Soyons responsables.
19:25Occupons-nous de l'offre.
19:26Et si l'offre est bien faite,
19:27la demande suivra.
19:29Et c'est ça qu'on dit
19:29dans cette question.
19:33Pour illustrer
19:33sur un propos
19:34sur le fameux
19:35caillou dans la chaussure,
19:36c'est que si on se dit
19:38on veut acheter un T-shirt
19:39et qu'on achète un T-shirt
19:40qui a déjà été utilisé,
19:42donc on fait perdurer l'usage,
19:44ça correspond à...
19:46On n'est pas venu
19:47acheter un T-shirt neuf
19:48et donc ça peut potentiellement,
19:50alors à une plus grande échelle
19:51qu'un T-shirt,
19:52mais venir ralentir
19:54ce toujours plus.
19:55Et donc,
19:56c'était pour illustrer le propos
19:57si, effectivement,
19:58le raisonnement,
19:59c'est je viens compenser
20:00ou adresser mon achat
20:02autrement
20:03et pas parce que
20:04c'est du réemploi,
20:05je vais en acheter
20:06quatre fois plus
20:06parce que
20:08je suis totalement OK
20:10avec que ce n'est pas un neuf.
20:11Donc, effectivement,
20:12la notion du comportement d'achat,
20:15que ça puisse se réorienter,
20:17mais la vocation à réduire
20:19sur les mises en marché,
20:20c'est hyper important.
20:21C'est des effets rebonds
20:22qu'on a pu voir sur Vinted,
20:23par exemple.
20:23Les gens se sont mis
20:24à acheter beaucoup plus
20:24parce que c'était moins cher
20:26et très facile à agir.
20:28Oui, j'ai deux remarques.
20:29Premièrement,
20:30par rapport à ce qu'ils ont dit,
20:31il y a quelque chose
20:32qui a changé fondamentalement
20:34aussi par rapport
20:34aux fameuses années 90,
20:36pour y revenir,
20:37c'est qu'avant,
20:38quand le réemploi
20:40serait venu se substituer
20:42à une fabrication
20:43d'un produit neuf
20:44sur notre sol.
20:46Or,
20:46on a délocalisé complètement
20:48la production
20:48des produits neufs,
20:49donc maintenant,
20:49ils sont produits ailleurs
20:50et donc vient se coupler
20:52à une problématique
20:53de souveraineté
20:54et donc fabriquer
20:55le réemploi
20:56en Europe,
20:57c'est aussi se prémunir
20:59d'avoir acheté du neuf
21:00hors de l'Europe.
21:01Et donc,
21:02c'est là où maintenant,
21:03il y a un alignement
21:04quelque part
21:04de ces intérêts
21:06là où ce n'était pas
21:06forcément le cas avant.
21:08Et je voulais aussi
21:08revenir sur votre affirmation,
21:10le recyclage s'est développé
21:11avant le réemploi.
21:12En fait, c'est faux.
21:14Le réemploi,
21:14c'est juste qu'avant,
21:15ça s'appelait le système D.
21:17Et ce n'était pas
21:17l'affaire des entreprises,
21:18c'était l'affaire
21:19de tout le monde.
21:19Le système D,
21:20c'était quoi ?
21:21C'était,
21:21j'ai un truc qui est cassé,
21:22je le répare,
21:23je me débrouille,
21:24je vais dans mon tiroir,
21:25je prends ce que j'ai
21:26sous la main
21:26et j'essaye de le réparer.
21:28Je fais durer
21:28le plus longtemps possible
21:29le fameux usage
21:32des choses.
21:33Et donc,
21:34de toute manière,
21:35c'est collectivement
21:36que ça va marcher,
21:37tout ça.
21:37Donc,
21:38il faut que ça passe
21:38par les consommateurs,
21:39les entreprises,
21:40les politiques,
21:41les réglementations,
21:41etc.
21:42Mais culturellement,
21:43il faut se réapproprier
21:44cette culture
21:45du système D,
21:47de l'innovation frugale
21:48quelque part
21:49où en fait,
21:50on se creuse les méninges
21:51avant de racheter
21:52quelque chose
21:52sur comment est-ce
21:53que je peux utiliser
21:53ce que j'ai déjà
21:54pour pouvoir répondre
21:55à mon besoin.
21:56Et donc,
21:56revenir aussi
21:57à la question du besoin.
21:58Quel est notre besoin
21:59nous,
21:59collectivement ?
22:00Allez-y,
22:01Célia,
22:01on ne passe pas
22:01au retour de terrain.
22:03D'où l'idée
22:04dans cette publication
22:05d'avoir établi
22:06ces dix leviers.
22:07Ces dix leviers,
22:07ils ont été élaborés
22:08collectivement
22:09parce que justement,
22:10on vient déjà
22:10de passer en revue
22:11qu'il nous faut changer
22:13de logiciel,
22:14qu'il nous faut
22:15de la main d'oeuvre,
22:16qu'il faut mutualiser,
22:17qu'il faut standardiser,
22:18qu'il faut changer
22:18les lois
22:20et qu'il faut aussi
22:21de la formation.
22:22Parce qu'en fait,
22:22quand tu parles
22:23de système D,
22:25effectivement,
22:26c'était des cordonniers
22:27avant,
22:28c'était des réparateurs
22:29et effectivement,
22:30on en a de moins en moins
22:31et on ne va pas pouvoir
22:33en fait changer,
22:34passer du jetable
22:35au réemployable
22:36si on n'a pas
22:38de la main d'oeuvre
22:40qui est aujourd'hui
22:40qualifiée et adaptée.
22:42Et oui,
22:43le réemploi
22:44activable immédiatement,
22:46c'est une économie
22:46de la main d'oeuvre,
22:47on le disait,
22:48donc c'est vraiment
22:49des emplois
22:49qu'on met ici,
22:50c'est aussi relocaliser
22:51de la production
22:54au niveau du territoire
22:56et ça permet aussi
22:56de raccourcir les délais.
22:58Parce que quand tout est
22:59déjà sur notre sol
23:00et qu'on n'a pas besoin
23:01de refabriquer
23:02à l'autre bout du monde
23:03avec aujourd'hui
23:04tous ces aléas
23:06de délais,
23:07et bien en fait,
23:08réemployer sur notre sol,
23:09ça permet de réduire
23:10les délais.
23:10Donc en fait,
23:11on a vraiment une économie
23:12à meilleur flux
23:13et plus optimisée.
23:14Et plus robuste.
23:15Argument de vente numéro un.
23:17En ce moment,
23:19c'est vraiment
23:19résilience de la supply chain,
23:20c'est le maître mot
23:21de nos clients,
23:22c'est-à-dire maîtriser
23:24leur chaîne d'approvisionnement,
23:25raccourcir les cycles,
23:26etc.
23:27Donc je rejoins tout à fait
23:28la série.
23:28Et on l'a dans l'emballage
23:29aujourd'hui.
23:30On pense que l'emballage
23:31c'est juste de la conso,
23:32mais en fait,
23:32l'emballage c'est ce qui a permis
23:33de faire du commerce mondialisé.
23:36Parce que le produit
23:37ne se télétransporte pas
23:38d'un point A à un point B,
23:39donc il ne dit plus d'emballage,
23:40il dit plus de commerce
23:41et donc on a
23:43tout qui est à l'arrêt.
23:44Là, on le voit en ce moment,
23:46blocage du détroit d'Ormousse,
23:47plus de pétrole,
23:48plus de pétrole,
23:49plus de plastique
23:50et qu'on aime ou pas le plastique,
23:51en tout cas aujourd'hui,
23:52il est omniprésent,
23:54notamment dans les emballages
23:55et donc là,
23:55on commence à avoir,
23:56du point de vue des producteurs,
23:58une rupture d'approvisionnement.
24:00Qu'est-ce qu'on fait
24:01quand on fabrique un emballage
24:02si on le réutilise ?
24:03On peut toujours reconditionner
24:05un produit dedans
24:06et donc on est effectivement
24:07plus résilient.
24:07Donc en fait,
24:08ça touche tous les secteurs
24:09de l'économie.
24:11Restez avec nous,
24:12chers invités,
24:12on passe au retour de terrain.
24:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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