- il y a 4 mois
Ce mardi 16 septembre, Nathalie Benatia, macroéconomiste senior chez BNP Paribas Asset Management, et Olivier Gayno, directeur des investissements de HSBC Asset Management ont échangé leur point de vue sur la situation macroéconomique en Chine, et la décision de la FED face à l'inflatio dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Deux acteurs de marché chaque jour à 9h40 sur BFM Business pour partager leur vision avec ce matin Nathalie Benatia.
00:07Bonjour Nathalie Benatia. Merci d'être avec nous ce matin en plateau, macroéconomiste senior chez BNP Paribas Asset Management
00:12avec Olivier Guénaud, directeur des investissements chez HSBC Asset Management. Bienvenue.
00:18Bonjour.
00:18Merci d'être avec nous Olivier Guénaud, Nathalie Benatia, pour rebondir notamment sur les marchés émergents.
00:27C'est vrai que c'est une classe d'actifs qui s'est reprise d'une façon spectaculaire. C'est de l'année.
00:32Oui absolument, l'intervention était très intéressante. On parle tout de suite d'allocations d'actifs ?
00:39Non, sur la situation macroéconomique.
00:41La situation macroéconomique en Chine n'est pas des plus souriantes, pour employer une vieille formule.
00:46On l'a vu hier notamment.
00:48Notamment absolument, les ventes au détail qui sont très poussives, le secteur immobilier qui ne ressort pas la tête de l'eau,
00:55l'industrie qui est tirée par le secteur manufacturier.
00:59Mais néanmoins, tout ça nous fait une croissance qui devrait être plus faible qu'au premier semestre.
01:06Et j'ai l'impression, alors on peut voir la partie négative des investisseurs qui se disent
01:11« quand il y a des mauvaises nouvelles sur la Chine, ça veut dire que les pouvoirs publics vont mettre en œuvre des mesures supplémentaires »
01:17ou se dire plus logiquement « oui, cette économie chinoise va être soutenue, non pas soutenue pour être propulsée,
01:24mais soutenue pour éviter une baisse trop forte ».
01:27Et là on va rentrer dans une séquence politique en Chine, avec différentes réunions au plus haut niveau,
01:34le Politburo, des réunions qui fixent des enjeux, des cibles économiques, des cibles de croissance, etc.
01:45Ça ce sera pour plus tard, et qui pourraient donner lieu à des annonces
01:49qui finalement seraient de nature à entretenir cet optimisme sur les marchés financiers.
01:53Des mesures de relance pour tenir les fameux 5% d'objectifs de croissance, c'est l'objectif d'Oxygene Ping ?
01:58C'est l'objectif, on était au-dessus au premier trimestre et au deuxième trimestre,
02:03mais là c'est vrai que les statistiques qu'on a depuis cet été font craindre qu'on puisse passer légèrement en dessous pour le troisième trimestre.
02:10Néanmoins, à loi depuis hier, Olivier Guénaud, les indices asiatiques ne trébuchent pas par rapport à ces données en dessous des attentes.
02:17Le marché attend beaucoup et a déjà anticipé beaucoup de choses aussi.
02:21Oui, alors c'est un marché value, c'est-à-dire décoté, qui a certes grimpé cette année,
02:27mais qui a eu des années multiples de sous-performance, et donc les valorisations sont encore très raisonnables.
02:34Je pense que la façon dont on le regarde, c'est que c'est une alternative, par exemple dans certains secteurs,
02:40comme le secteur technologique, aux États-Unis, où les valeurs sont un peu tendues, les valorisations sont un peu tendues.
02:45En Chine, elles le sont beaucoup moins.
02:47Donc c'est là où je pense qu'il y a un intérêt, notamment sur le marché chinois,
02:51avec une décote importante et aussi une espèce d'isolation par rapport au bruit qu'on peut avoir sur les marchés américains ou les marchés européens.
03:00C'est sûr que les niveaux de valorisation aux États-Unis, on en parle très régulièrement,
03:03et ils interrogent bon nombre d'acteurs de marché, avec notamment la Fed en ligne de mire.
03:08Ça sera demain, Jérôme Poel qui est attendu au tournant, non pas sur la baisse de taux de demain,
03:13quoique désormais il y a des divergences, 25 ou 50 points de base, Nathalie Benatia,
03:19mais surtout sur les futures baisses de taux, on voit un consensus quand même qui a du mal à se former sur les anticipations de fin 2025 et 2026.
03:29Absolument, alors pour la réunion de cette semaine, il est vraisemblable que l'accord se fasse,
03:33enfin l'accord, que le résultat soit 25, une baisse de 25 centimes.
03:38Néanmoins, on verra les divergences des votes.
03:41Déjà, la dernière fois, on avait eu une divergence qui est très rare au sein du Conseil de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
03:49Ça arrive très souvent pour la Banque d'Angleterre, où ils publient juste après la réunion pour la Réserve fédérale.
03:55C'est très rare qu'il n'y ait pas un consensus qui se dessine pendant, enfin un consensus, une unanimité qui se dessine pendant les discussions.
04:03Donc ça a été le cas la dernière fois, ce sera vraisemblablement le cas cette fois-ci.
04:07Et là, on peut imaginer que les divergences se fassent sur « nous, on préférerait 50 tout de suite ».
04:13Et j'allais dire, en toute probabilité, Stéphane Miren, qui vient d'être approuvé par le Sénat et qui pourra donc participer au vote,
04:20devrait pencher du côté de 50.
04:22Et puis il y a d'autres gouverneurs qui ont laissé entendre qu'ils voudraient un mouvement plus rapide.
04:29Après, ce n'est pas une unanimité au sein du comité de vouloir aller très vite.
04:34Il y a des gens qui préfèrent réagir avec prudence.
04:36Et c'est vrai que la dernière série de données économiques qu'on a eue depuis les deux rapports sur l'emploi,
04:44et ça continue, plaide quand même pour amorcer ce mouvement de reprise du cycle d'assouplissement.
04:49Ça s'est joué à une voix quand même hier pour Stéphane Miren.
04:52Oui, très étonnant.
04:54Rien n'était gagné.
04:55Et au final, ce vote arrive in extremité, puisque la communication de la fête, c'est demain,
05:01mais cette réunion débute aujourd'hui.
05:03Dans le même temps, cette nuit, Donald Trump a essuyé un revers face à la cour d'appel
05:08concernant la situation de Lisa Cook, cette gouverneure de la fête que Donald Trump voulait limoger cet été.
05:15C'est tendu quand même pour une réunion de la fête ?
05:17C'est vrai qu'habituellement, on parle assez peu des membres de la fête.
05:19Oui, ça a l'air tendu, ce n'est pas trop quelle va être l'ambiance autour de la table.
05:25Je ne sais pas d'ailleurs si Stéphane Miren va déjà communiquer ses prévisions,
05:29puisque chaque membre du FOMC communique ses prévisions.
05:33On aura la synthèse avec l'annonce de la décision en matière de taux d'intérêt.
05:40Oui, donc il y a encore manifestement un contre-pouvoir aux États-Unis.
05:44Et c'est très intéressant, il y a une sénatrice en l'occurrence républicaine
05:50qui n'a pas voté pour la nomination de Stéphane Miren en disant que ça l'a gêné quand même
05:55qu'il refuse de démissionner de son poste actuel, qui est conseiller économique de la Maison-Blanche
06:00et que ça lui paraissait poser des questions, sinon des problèmes en termes d'indépendance de la fête.
06:07Donc ça veut dire qu'il y a encore au sein du Congrès américain des députés et des sénateurs
06:14qui sont attachés à l'indépendance de la fête, qui ont compris surtout l'importance
06:18pour la conduite de la politique monétaire et pour les marchés financiers, bien évidemment.
06:23En tout cas, cette indépendance dans la fête, c'est une question qui se pose,
06:26une question qui est légitime, mais qui n'a pas d'impact sur les marchés,
06:29que ce soit sur les marchés actions, marchés obligataires, marchés des devises.
06:32Aujourd'hui, Olivier Guénaud, vous voyez un impact par rapport à cela ?
06:35Alors, l'impact qui risque de se dessiner, notamment sur la réunion d'aujourd'hui,
06:41c'est surtout ce dont Nathalie parlait, c'est les prévisions, les fameux dot plots.
06:46Est-ce qu'en moyenne, les gouverneurs de la Fed, les 18, prévoient deux, trois baisses de taux ?
06:53C'est ça qui va surtout agiter les marchés à la suite de la publication de jeudi
07:01et qui va permettre un peu de se projeter sur les marchés financiers.
07:06Et notamment, il y a quand même beaucoup d'intervenants qui voient les chiffres du chômage qui s'étiolent.
07:14Il y a de l'inquiétude sur la croissance économique.
07:19Et donc, ces fameuses attentes de baisse de taux vont donner un espèce de référentiel
07:24sur lequel les marchés pourront se caler.
07:26Mais sur l'indépendance de la Fed, pour l'instant, ce n'est pas un sujet qui inquiète ?
07:30Pour l'instant, je dirais que les marchés sont bien évidemment plutôt attachés à une indépendance de la Fed.
07:38Ce qui va être important dans les mois à venir, ça va vraiment être la trajectoire des taux d'intérêt
07:45qui va aussi dessiner la trajectoire, en partie, des taux à long terme
07:50qui sont absolument essentiels pour les États-Unis.
07:524,05 pour ce 10 ans américain qui est sur des plus bas de 5 mois
07:56par rapport à ces fameuses anticipations de baisse de taux.
07:59Bon, il y a une inconnue quand même dans l'histoire aujourd'hui, Nathalie Benatia,
08:02c'est la trajectoire d'inflation.
08:04Parce qu'on est toujours sur une inflation qui est collante aux États-Unis.
08:07Alors là, comme vous l'avez souligné, le marché est focus sur ces chiffres de l'emploi
08:11qui certes se dégradent, mais l'inflation américaine, elle, elle est toujours collante.
08:15On est toujours à la barre des 3%.
08:17Absolument. On l'a fait d'un double mandat, comme tout le monde le sait.
08:20On l'a suffisamment répété.
08:21Et ce qui est intéressant, c'est qu'au cours des derniers mois, voire dernières années,
08:26Jérôme Powell donnait l'impression de de temps en temps s'intéresser à l'emploi
08:31comme mandat principal et à d'autres moments à l'inflation.
08:35Et là, le sentiment du marché, que nous partageons d'ailleurs au moins pour les prochaines décisions,
08:41c'est que la Fed va à nouveau mettre le projecteur sur l'emploi,
08:44emploi qui donne des signes de ralentissement, même si, on l'a vu la semaine dernière,
08:49ces données sur l'emploi, ça non plus n'est pas une nouveauté,
08:53posent très clairement des questions de fiabilité.
08:57Là, ce qui se passe, c'est que ces données, fiables ou pas, vont dans le sens logique,
09:03j'allais dire, avec une économie qui est amenée malgré tout à légèrement ralentir.
09:09Du côté des anticipations, comment aujourd'hui vous voyez ces anticipations d'inflation ?
09:12Parce qu'il y a les droits de douane, il y a plein de facteurs qui y rentrent en compte,
09:16qui sont pour l'instant difficiles à mesurer.
09:18Alors, difficiles à mesurer absolument.
09:20Ce qu'on peut dire néanmoins, c'est que si on fait la liste des éléments,
09:26donc vous l'avez dit, les droits de douane qui pour les États-Unis correspondent à des augmentations de prix,
09:30d'autant plus que les entreprises sont assez transparentes pour dire dans les enquêtes
09:36que oui, elles font passer aux consommateurs, enfin à leurs consommateurs,
09:42la hausse des coûts liée à ces droits de douane.
09:46Mais comme l'a dit Jérôme Poel d'une façon assez imagée,
09:50oui, ce sera temporaire, mais ce ne sera pas d'un seul coup.
09:53C'est-à-dire qu'on a pu dire que la hausse des droits de douane,
09:56c'est l'équivalent d'une hausse de la TVA,
09:59ce qui est vrai sur le comportement des consommateurs.
10:01Mais c'est vrai qu'en termes de mesure de l'inflation,
10:03on n'a pas cette marche d'un seul coup, on a quelque chose qui va se diffuser.
10:08Et la question, c'est est-ce que ça va se diffuser sans s'arrêter vers le haut
10:11ou est-ce qu'on va finalement avoir un palier ?
10:14Pour le moment, cette inflation jugée temporaire ou transitoire,
10:17c'est plutôt l'impression d'un palier.
10:19Mais dans la publication des données, on aura peut-être un jour 3%, 3,1%, 3,2%.
10:24Donc on peut avoir un petit début de dérapage qui pourra inquiéter les gens
10:30au sein du comité de la Fed, qui ne sont pas en faveur d'une baisse des taux,
10:33qui pourra inquiéter les marchés obligataires, comme on le disait.
10:36Et à suivre cet après-midi à 14h30, les ventes au détail.
10:399h49, je vous rappelle la tendance à la Bourse de Paris,
10:41une petite pause après 6 séances dans le vert,
10:44moins 0,2%, 7 879 points.
10:48Kering continue de se reprendre après un parcours très difficile ces derniers mois,
10:52plus 3,5% à 264 euros.
10:54A l'inverse, L'Oréal ferme la marche, moins 1,8%.
10:58Et puis, Orca 40 a souligné deux publications qui se sont arbitrées très franchement.
11:02Vision Group, plus 15%.
11:03Après la publication de ces résultats, le groupe qui revoit à la hausse ses objectifs pour cette année,
11:07243 euros pour la valeur.
11:09Et à l'inverse, moins 15% pour Exai Group, l'ex-groupe Gorgé,
11:13qui a publié ses résultats, qui confirme ses objectifs pour cette année.
11:17Le titre qui a été multiplié par 6 depuis le début de l'année,
11:20subit quelques prises de bénéfices.
11:21Le secteur, bien sûr, Exai Group, qui est présent dans le secteur de la défense,
11:25101,20 euros pour cette valeur.
11:28Et donc, la K40 qui est en légère baisse de 0,2% à 7 879 points.
11:34Le face-à-face, donc, ce matin avec Nathalie Benatia,
11:36pour BNP Asset Management et Olivier Guénaud pour HSBC Asset Management.
11:41Que faites-vous aujourd'hui, Olivier Guénaud, en termes d'allocations d'actifs,
11:46face à un S&P 500 qui est sur un record historique à 6 600 points ?
11:49On le voyait, un marché asiatique qui tente de se reprendre,
11:52mais qui n'a toujours pas retrouvé ses records.
11:54Et puis, l'Europe, au milieu de tout ça, qui vivote.
11:57Oui, effectivement, sur les actions américaines,
12:00il y a eu deux grands moteurs cet été qui ont permis cette reprise importante
12:04des actions américaines, qui était la vigueur de l'économie, d'un côté,
12:08et les bénéfices des sociétés, qui étaient toujours très bons.
12:10Or, là, on a eu quand même cette impression que, sur la vigueur de l'économie,
12:16il y a quand même une question, les marchés se posent de plus en plus de questions.
12:20Et également, on a eu des publications de certaines sociétés
12:23de prévision de bénéfices qui ont été revues très nettement à la baisse.
12:28Et donc, voilà, on est un peu moins sur le marché des actions américaines,
12:32un peu plus sur le marché des actions européennes,
12:34surtout en ce qui concerne les valeurs plus value, moins de croissance.
12:39Tout en sachant que, si jamais il y a des événements de marché,
12:42il y a des secteurs sur le marché européen qui ont beaucoup progressé.
12:46Le secteur bancaire, par exemple, a progressé de plus de 60% depuis le début de l'année.
12:50Certes, les valorisations sont encore très faibles.
12:52Certes, c'est un rattrapage multi-annuel qui est en cours.
12:57Mais vous pouvez avoir, à ce moment-là, des prises de bénéfices
12:59auxquelles il va falloir faire attention.
13:01Et enfin, ce qui nous semble, comme je le disais tout à l'heure,
13:04ce qui nous semble intéressant, c'est sur les marchés émergents,
13:07puisqu'il y a une espèce d'isolation par rapport à des phénomènes de court terme
13:11qui se passent à la fois aux États-Unis et en Europe.
13:14Et sur les marchés émergents, il y a un avantage,
13:18c'est que si le dollar continue à faiblir,
13:21ce que nous pensons en moyenne,
13:24c'est un vrai soutien pour les marchés émergents,
13:26tant pour les marchés de taux que pour les marchés d'actions.
13:30Et ces marchés émergents également ont une décorrelation intrinsèque.
13:34On a parlé de la Chine.
13:36L'Inde, c'est un marché qui est complètement différent.
13:37C'est un marché de croissance.
13:39Vous avez la Chine qui est un marché plutôt décoté.
13:42Et vous avez même des marchés un peu plus frontières,
13:45comme le Vietnam, par exemple, ou Ceylan,
13:48où vous avez là des comportements beaucoup plus domestiques.
13:52Donc c'est une place, c'est une région que nous regardons avec attention
13:57et où il nous semble avoir un intérêt pour mettre des positions importantes.
14:03Sachant que les choses vont très vite.
14:04On se souvient que l'année dernière, c'était l'Inde qui avait cartonné.
14:07Là, depuis le début de l'année, c'est beaucoup moins le cas.
14:09Cette année, c'est Hong Kong.
14:11Et à chaque fois, les mouvements sont très violents.
14:13Ce n'est pas plus 5, plus 6 sur une année,
14:15c'est plusieurs dizaines de pourcents.
14:16C'est tout à fait ça.
14:18Ce sont des marchés qui ont des structures particulières,
14:23assez orientées, assez peu liquides parfois.
14:28Et quand la valeur se manifeste, elle se manifeste assez vite.
14:34C'est pour ça que c'est important d'avoir un pied dans chaque type,
14:39dans chaque style, un pied dans la croissance, un pied dans la value,
14:42et d'avoir une bonne diversification sur le continent, notamment asiatique.
14:47Et en termes d'allocations, là vous avez parlé de l'allocation géographique,
14:51en termes d'allocations de secteurs,
14:52parce qu'on voit aux Etats-Unis, c'est vraiment le secteur de la tech.
14:55En Europe, c'est plus compliqué pour les cycliques.
14:57Comment vous arrivez à faire la part des choses au milieu de tout cela ?
14:59Alors, on est porté sur les marchés qui sont un peu chers
15:03à être plutôt sur des valeurs qui sont un peu décotées.
15:08Et sur les marchés qui ne sont pas chers,
15:09compenser le manque de valeurs de croissance
15:13pour aller plutôt sur ces marchés pas chers,
15:15sur les valeurs de croissance.
15:17On pense par exemple que sur le secteur de la tech,
15:21les entreprises chinoises,
15:22qui ont démontré qu'elles avaient également des atouts technologiques,
15:26sont plus intéressantes que l'équivalent américain,
15:31voire l'équivalent européen parfois,
15:33parce que les valorisations sont beaucoup, beaucoup moindres.
15:37Donc, on va plutôt avoir des allocations sectorielles
15:42qui sont liées aux valorisations des différents marchés géographiques.
15:46Et sur les small caps ?
15:47Parce qu'on voit le Russell 2000, c'est assez amusant de voir
15:49que depuis le début de l'année, il ne fait rien en fait.
15:51On est quasiment sur un zéro pointé,
15:53alors que les grands indices, eux,
15:54notamment les 7 magnifiques, portent la tendance.
15:58Alors, c'est intéressant parce que les 7 magnifiques,
16:00effectivement, ont une valorisation qui est un peu plus importante,
16:0425 fois à peu près les bénéfices, le marché est à 22.
16:07Ce qu'il faut voir, c'est que le reste du marché américain,
16:09or, ces 7 magnifiques, et les small caps,
16:13sont à des valorisations autour de 20,
16:15ce qui n'est pas non plus complètement donné.
16:17Donc, le marché dans son ensemble,
16:20ce n'est pas invraisemblable qu'il ne fasse pas grand-chose,
16:22parce qu'il est relativement cher.
16:24Par contre, il y a des pépites sur lesquelles on peut se positionner.
16:27Nathalie Benatia, chez BNP Asset Management,
16:30comment vous regardez tout cela en termes d'allocations ?
16:33Puis, comment vous regardez également l'once d'or,
16:34qui, ça y est, franchit les 3 700 dollars,
16:36plus 40% depuis le début de l'année, là, ça y est.
16:38Alors, ça, c'est une petite particularité dans notre allocation.
16:41Normalement, un grand investisseur institutionnel
16:43ne s'intéresse pas à l'heure.
16:44Nous nous y intéressons depuis presque deux ans maintenant,
16:4818 à 20 mois,
16:51en faisant évidemment des prises de bénéfices
16:54quand il le fallait.
16:56Il se trouve que ça a été plutôt réussi.
16:59Pourquoi l'or ?
17:00Alors, évidemment, l'incertitude,
17:02mais ce n'est pas l'élément principal
17:04qui nous a conduits à investir sur l'or.
17:06Encore une fois, il y a plus de 10 mois maintenant.
17:09Il y a l'attitude des banques centrales des pays émergents,
17:11qui accumulent des réserves en or.
17:14Ça, c'est vraiment un mouvement de fonds.
17:17Il y a la baisse des taux réels.
17:20Quand on a un actif qui ne rapporte rien,
17:22quand les taux réels sont plus bas,
17:24c'est plus facile d'y être,
17:27plus confortable entre guillemets d'y être.
17:30Et puis, bien sûr, je l'ai dit,
17:31il y a ce côté protection, avec des guillemets,
17:34de l'or, mais aussi des minières.
17:36Il ne faut pas oublier les minières.
17:38Donc voilà, ça pour ce point de notre allocation,
17:40encore une fois, un petit peu original
17:42et j'allais dire qui apporte de la valeur à nos portefeuilles.
17:46Sinon, sur les actions, c'est intéressant
17:48par rapport à ce que vous avez dit.
17:51Nous, nous restons sur les valeurs technologiques américaines.
17:54Alors, en ayant bien conscience qu'on n'est pas dans une situation
17:57qui permet d'affirmer de grandes positions directionnelles
18:01dans les portefeuilles.
18:02Il va falloir être prudent.
18:04Mais malgré tout, on pense qu'il y a encore des choses à faire
18:06sur les valeurs technologiques américaines,
18:09notamment sur le Nasdaq 100.
18:12Et en ce qui concerne les émergents,
18:13nous partageons votre point de vue.
18:17Et également sur le fait que ce n'est peut-être pas utile
18:20dès à présent de se concentrer sur un marché,
18:22mais plutôt de prendre un indice plus large émergent,
18:25ce qui veut dire aussi être surexposé à la Chine
18:28compte tenu du poids de la Chine dans ces indices.
18:31Et puis là aussi, une petite divergence peut-être.
18:34Nous, nous pensons qu'il y a encore de la valeur
18:37dans les bancaires européennes.
18:39Alors, ça peut se jouer directement via les bancaires
18:41ou pour être là encore un peu plus prudent,
18:44là encore diversifié via des indices value européens
18:48qui sont, on le sait, en grande partie des indices bancaires.
18:51Et bien voilà, deux visions complémentaires du marché.
18:53Merci beaucoup à tous les deux de nous avoir accompagnés ce matin.
18:55Nathalie Benetia, macroéconomiste senior
18:57chez BNP Paribas Asset Management
18:59et Olivier Guénaud, directeur des investissements
19:02de HSBC Asset Management.
19:04Dans une...
Écris le tout premier commentaire