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  • il y a 4 mois
Mardi 9 septembre, le record sur la quantité de Bitcoins détenus par les société cotées en bourse, le classement de la France parmi les pays détenteurs de cryptos, la ruée des stablecoin vers les blockchains privées, et la nécessité d'une cellule fiscale dédiée aux cryptos, ont été abordés par Pauline Armandet, journaliste BFM Business, Stéphanie Nemarq-Attias, avocate fiscaliste et fondatrice du Cabinet QOMIT, et Françoise Vasselin, professeur d’économie à l’Université Paris Est Créteil, reçues par Sandra Gandoin dans l'émission BFM Crypto, le Club sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.




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Transcription
00:00BFM Business, BFM Crypto, Le Club, Sandra Gando.
00:06Tellement de sujets à discuter en crypto, on n'aura pas assez d'une saison pour faire cette émission.
00:13Bonjour à tous, bienvenue dans Le Club BFM Crypto, je suis ravie de vous retrouver avec mes invités.
00:18Pauline Armandet, journaliste BFM Business, bonjour Pauline.
00:20Bonjour.
00:21Ravie de vous retrouver dans l'émission.
00:22Stéphanie Nemaratia, avocate fiscaliste et fondatrice du cabinet Comit.
00:28C'est quoi Comit, Stéphanie ?
00:29C'est mon tout nouveau cabinet qui est spécialisé justement sur toutes les problématiques de fiscalité liées à l'innovation et plus précisément la crypto, évidemment.
00:38On va parler de fiscalité parce qu'on ne parle pas que de fiscalité chez les cryptos en période fiscale.
00:42Justement, il faut se préparer, il y a plein de choses à savoir et il y a plein de choses à structurer dans ce secteur-là.
00:46C'est très intéressant.
00:47Et Françoise Vasselin est avec nous également, professeure d'économie à l'Université Paris-Est-Créteil.
00:52Bonjour Françoise.
00:53Bonjour.
00:53Ravie de vous accueillir dans cette émission.
00:55Je vous posais la question tout à l'heure, il y a beaucoup d'études sur les crypto-monnaies.
01:00On commence à avoir des cours sur les crypto-monnaies.
01:02Dites-nous que ça avance en université.
01:04Bien sûr, bien sûr.
01:05Tout à fait.
01:05Notamment dans mon université, je fais un cours qui porte sur la fintech.
01:09Vous êtes auteur du marché des crypto-actifs, évidemment, aux éditions La Découverte, un livre économique.
01:19On y reviendra dans un instant sur les politiques monétaires, sur les stablecoins avec vous.
01:24BFM Crypto, le club, vous connaissez le principe.
01:25Vous nous posez aussi toutes vos questions sur l'adresse crypto.bfmbusiness.fr.
01:29Vous savez qu'on vous répond tous les jeudis entre 15h et 15h30.
01:34Le club BFM Crypto.
01:35Ça y est, j'ai fini.
01:36C'est parti.
01:36Pauline Armandé, je commence par vous.
01:41Les actus et ce seuil symbolique qui vient d'être franchi,
01:44les sociétés cotées en bourse qui détiennent désormais plus d'un million de bitcoins.
01:48Oui, alors ça représente 162 sociétés publiques dans le monde
01:52qui détiennent effectivement ce fameux butin d'un million de bitcoins.
01:57Alors juste pour nuancer, il y en a une en particulier qui en détient énormément.
02:02C'est stratégie, donc ex-micro-stratégie qui détient quand même plus de 630 000 bitcoins.
02:08Donc c'est vrai que sur ces 162 sociétés, il y en a une qui est clairement leader.
02:13Les autres suivent.
02:15Et c'est vrai que si on prend les sociétés en tant que groupe ou entités qui détiennent le plus de bitcoins dans leur trésorerie,
02:22elles font quand même moins bien par exemple que les gestionnaires d'actifs et des fonds,
02:27notamment via des ETF Bitcoin Spot qui eux détiennent 1,4 million de bitcoins.
02:33Donc voilà, on a ces gestionnaires d'actifs, les sociétés publiques
02:39et puis après les sociétés privées qui elles détiennent, on va dire, seulement que 300 000 bitcoins.
02:45De 2025, donc les sociétés publiques sont le deuxième plus gros acheteur, c'est ça que ça veut dire de bitcoin ?
02:51Oui, c'est ce que ça veut dire.
02:52Il y a une étude d'ailleurs de la société River qui a expliqué qu'environ 1 400 bitcoins étaient achetés chaque jour par des sociétés publiques.
03:01C'est le cas notamment en 2025.
03:03Et ce qui fait que voilà, les plus gros acheteurs de bitcoin sont, enfin restent les gestionnaires d'actifs avec 338 000 bitcoins achetés en 2025,
03:13330 000 par les sociétés publiques et enfin 84 000 bitcoins par les sociétés privées.
03:19C'est intéressant déjà ce mouvement des bitcoins treasury companies là qui a vraiment lancé un mouvement là cette année.
03:25On a commencé à en voir une française qui commence à se faire une place aussi.
03:31Et ces recours, les gestionnaires de fonds, ces sociétés publiques, ça fait monter le prix, Françoise.
03:37On est d'accord que c'est quand même dans la progression du cours du bitcoin, c'est quand même un pas important.
03:43Oui, tout à fait. Plus on a de demandes forcément, plus la valorisation du bitcoin va suivre.
03:49Évidemment, différents pays sont en train d'acquérir ces réserves stratégiques.
03:53Et ce n'est pas seulement le cas aux États-Unis.
03:55Et ce qui est intéressant, c'est qu'en parallèle, si on regarde par exemple le Salvador, ils sont également en train d'acquérir de l'or.
04:01Donc on aurait l'or numérique et l'or matériel qui seraient les deux réserves en tous les cas que l'on souhaiterait détenir en ce moment.
04:08Les gestionnaires d'actifs, les entreprises, les États, ça fait grossir finalement cette popularité.
04:14Stéphanie ?
04:15Moi, je le constate aussi beaucoup dans les entreprises françaises qui cherchent à se diversifier un petit peu,
04:21à utiliser cette trésorerie pour avoir un peu plus de rendement et aussi à lutter un peu contre l'inflation.
04:27C'est aussi un bon moyen d'avoir des actifs différents, de diversifier.
04:33Et ça veut dire aussi qu'il faut prendre quelques précautions juridiques.
04:37Oui, juridiques et même financières.
04:39Pardon, on est en boule market.
04:40Ça ne cesse d'augmenter.
04:42Mais enfin, on se pose quand même la question souvent sur ce plateau.
04:45Je l'ai aussi posé à Alexandre Lézet.
04:47Quand ça va baisser, et baisser peut-être fortement, ça donne quoi sur les trésors ?
04:52Eh bien justement, c'est la raison pour laquelle il faut anticiper ça.
04:54Et ça s'anticipe aussi sur la responsabilité des dirigeants.
04:57Parce que quand un dirigeant prend cette décision, il faut qu'il soit, je dirais, baqué par l'actionnariat
05:03et que tout soit bien clair sur dans quelle proportion on peut investir sa trésorerie en crypto
05:11et à quel moment il faut se dégager de ce type d'investissement.
05:15On verra ça, on aura peut-être des réponses dans les mois qui viennent en fonction du cours.
05:20Vous nous parlez aussi, Pauline, de la société spécialisée Chain Analysis
05:24qui vient de sortir son classement des pays où les crypto-monnaies sont les plus utilisées en 2025.
05:29Qu'est-ce qui en ressort ?
05:31Dans le top 10 des pays qui adoptent le plus les cryptos, il y a l'Inde, les États-Unis, le Pakistan, le Vietnam et par exemple le Brésil.
05:41En fait, Chain Analysis sort chaque année son classement où l'adoption des cryptos est la plus forte dans les pays.
05:48Et ce qui ressort par exemple cette année déjà, la grande différence, c'est que l'adoption se fait au niveau mondial
05:55et plus de manière isolée, c'est ce que constate la société.
05:58C'est assez intéressant de voir que quand on voit vraiment cette cartographie des pays,
06:04les cryptos vont être utilisées pour des usages qui vont être totalement différents.
06:08Il va y avoir de la spéculation notamment côté US avec les ETF Bitcoin Spot,
06:12mais aussi dans d'autres pays, la crypto va être utilisée vraiment à des fins réelles et concrètes de paiement, de transfert de fonds.
06:19Et donc déjà 2025, les cryptos sont utilisées au niveau mondial et plus de manière isolée.
06:24Après, ce qu'on constate vraiment, c'est que la région Asie-Pacifique va renforcer son leadership en matière de crypto-monnaie.
06:37Puis on a les États-Unis qui passent de la quatrième à la deuxième place du classement,
06:42notamment en termes d'utilisation des cryptos.
06:44Et ça, on comprend que ce n'est pas le fruit du hasard, typiquement avec un Donald Trump pro-crypto
06:50qui est arrivé à la tête des États-Unis, avec toute la réglementation qui est de plus en plus clémente à l'égard des cryptos.
07:01On comprend que les Américains sont incités à en acheter et en utiliser.
07:04Et puis dans le classement, la France se retrouve en 22e position.
07:08Et ça, ce n'est pas non plus très étonnant, avec tout le cadre aussi réglementaire et même fiscal
07:18qui va peut-être aussi désinciter certains Français à vouloir utiliser et même payer en crypto-monnaie.
07:26Même si on le sait, 10% des Français détiennent des crypto-monnaies en 2025.
07:3010% seulement, on peut voir.
07:33Le classement change par contre si on compare à la taille de la population.
07:36C'est ça qui est intéressant aussi, Pauline.
07:38Effectivement, là, on va retrouver vraiment dans les pays leaders en termes d'adoption des pays d'Europe de l'Est,
07:43l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie.
07:45Et Chain Analysis l'explique vraiment par le fait que dans ces pays, notamment,
07:51les cryptos sont vus comme des alternatives pour transférer des fonds, avoir accès au système financier.
07:59Et voilà, dans un pays aussi où l'inflation va être très importante.
08:02Donc, c'est pour ça aussi que les cryptos sont utilisés dans ces pays.
08:06Et pour l'adoption, vous nous donnez aussi, pour terminer, des nouvelles de la famille Trump et de leurs rapports grandissants aux cryptos.
08:14Oui, alors, il y a eu deux projets, notamment crypto, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours.
08:19Notamment, la société de minage American Bitcoin qui a fait son entrée au Nasdaq.
08:24C'est une société qui est détenue en partie par les fils aînés de Donald Trump.
08:31Et en fait, ce qu'il peut interroger clairement, c'est que d'un côté, on a Eric Trump,
08:37donc un des fils de Donald Trump qui incite la population à acheter des bitcoins
08:42et qui dit, voilà, le bitcoin va atteindre un million de dollars.
08:46Et en même temps, il va aussi présenter sa société en disant,
08:50n'hésitez pas à acheter des actions de notre société pour pouvoir vous exposer au bitcoin.
08:54Donc, il y a clairement des interrogations à avoir en termes de conflits d'intérêts.
08:59Très clairement. Ça, depuis janvier, on est en plein dedans.
09:01C'est sûr qu'on se pose quasiment la question toutes les semaines.
09:03Effectivement. Déjà, pour Donald Trump et maintenant pour son fils.
09:06Et puis, il y a eu un autre projet crypto, notamment la crypto-monnaie WLFI,
09:11qui est la crypto-monnaie de la plateforme World of Liberty Financial, donc de la famille Trump,
09:17qui a été lancée aussi il y a quelques jours sur le marché crypto
09:20et qui a fait des débuts assez intéressants.
09:23Mais il faut quand même se rappeler que la famille Trump détient plusieurs milliards de jetons de cette plateforme.
09:34Et donc, elle pourrait détenir de manière virtuelle jusqu'à 5 milliards de dollars
09:39grâce à cette crypto-monnaie.
09:42Donc, si elle décide de vendre cette crypto un jour,
09:45ça fera de nouveau pas mal d'argent dans la poche de la famille Trump.
09:48On parle d'ici d'adoption, on parle ici de réglementation, Françoise.
09:53Quand on regarde pas trop dans les détails, on a l'impression que c'est très favorable.
09:56Alors, il ne faut pas tout confondre.
09:57Là, on parle de Bitcoin.
09:58Il y a les stable coins aussi, où il y a eu une très grosse réglementation cet été.
10:03Le contexte américain est très favorable aux crypto-monnaies.
10:07Ça, c'est une chose.
10:09Et puis, à côté, il y a nous, l'Europe, qui essayons de nous débattre.
10:13La France avec nos 10% de détenants de crypto-monnaies.
10:16Est-ce qu'on a perdu cette bataille, déjà, d'après vous, Françoise ?
10:18Je pense que tout peut encore être joué.
10:22C'est vrai que le Genius Act a légitimé les stable coins, notamment,
10:26et donc a incité beaucoup d'entreprises américaines à investir dans ce secteur.
10:30Mais avant tout, il est important de distinguer parmi les différents segments de ce grand marché.
10:35Dans mes travaux, notamment, je propose et je montre que ce marché des crypto-actifs
10:40peut être segmenté en quatre parties.
10:44Donc, on aurait tout d'abord les crypto-monnaies de paiement,
10:47telles que Bitcoin, Litecoin, Monero, dans la lignée de Satoshi Nakamoto.
10:51Donc, l'objectif, c'est de servir de moyens de paiement mondial, sans intermédiaire.
10:56Nous avons également les crypto-monnaies de plateforme, dans la lignée de Vitaly Buterin,
11:01avec Essereum, Solana, Polkadot et tant d'autres.
11:04L'objectif, ici, c'est de pouvoir héberger des jetons et des activités décentralisées.
11:09Et on a deux catégories de jetons, les jetons non-monétaires,
11:12qui, là, sont très diversifiés, effectivement, avec beaucoup de spéculations,
11:16notamment les mêmes coins entrent dans cette catégorie,
11:18puisqu'ils permettent, notamment, de marquer l'appartenance à une communauté.
11:22Et enfin, on a les stable coins, qui sont la dernière catégorie.
11:25Et, véritablement, cette catégorie est constituée à 99% de réserves en dollars,
11:32en contrepartie, en tous les cas, ce qui fait qu'on parle quasiment de dollars numériques.
11:36Donc, selon le segment que l'on regarde, effectivement, les positionnements peuvent être différents.
11:42Et c'est intéressant, parce qu'on va peut-être complètement changer de façon de parler
11:46de ce monde des crypto-monnaies.
11:47Je disais tout à l'heure, avant l'émission, qu'il y en a certains qui commencent à contester
11:50ce terme de Web3 ou ce terme de blockchain, ces termes trop génériques, finalement,
11:56parce que commencent à se réellement redessiner ce secteur complètement de façon différente.
12:01Vous vouliez revenir, notamment, sur l'évolution des stable coins,
12:04ces réglementations cet été, ce Genius Act,
12:07et ces stable coins qui sont en train de passer de la blockchain publique à des blockchains privés.
12:11– Exactement, et c'est le cas aux États-Unis.
12:14Malheureusement, en Europe, suite au règlement MICA,
12:17le fait que les annonces sur la monnaie numérique de Banque Centrale
12:20ne soient pas très favorables aux investissements privés,
12:23puisque les entreprises qui pourraient investir se disent
12:25« mais finalement, je vais être en concurrence avec la BCE », ce qui n'est pas rien.
12:28Alors qu'aux États-Unis, récemment, comme nous le savons,
12:32cette monnaie numérique n'a pas été acceptée, elle a même été interdite.
12:36Donc, au contraire, ce sont là les entreprises privées qui peuvent entrer dans le secteur,
12:40et elles investissent de deux manières, ce qui est très intéressant.
12:43D'une part, on a beaucoup d'entreprises qui souhaitent créer des blockchains privés,
12:46avec notamment Circle, qui émettait déjà son stable coin sur Sérum,
12:50notre blockchain, mais là, Circle va créer une nouvelle blockchain privée
12:53qui va s'appeler ARK.
12:54Mais Google, Google également, avec son Google Cloud Universal Ledger,
12:58va également créer une blockchain privée.
13:00Donc, ces deux blockchains vont être totalement dédiées aux institutionnels.
13:03Elles pourront faire circuler l'USDC avec ARK,
13:06mais la blockchain de Google pourra faire circuler non seulement l'USDC de Circle,
13:10mais tous les autres futurs stable coins agréés.
13:13Les avantages pour les émetteurs, c'est quoi ?
13:15Alors, pour l'instant, nous sommes sur les plateformes, pour les infrastructures,
13:19eh bien, c'est simplement de faire payer l'autoroute,
13:23c'est-à-dire que l'on permet un usage de l'infrastructure contre une rémunération.
13:29Donc, on capte une partie de la valeur de l'infrastructure.
13:32Est-ce qu'on voit ce même mouvement en Europe ?
13:36Parce que nous, on a l'impression d'être complètement largués en Europe sur les stable coins.
13:39Les 99% des stable coins sont des dollars, de toute façon.
13:42On a déjà loupé ce stade-là.
13:44Nous, on est concentré sur l'euro numérique.
13:48Est-ce qu'on va y arriver, nous, à sortir quelque chose là-dessus,
13:51ou ça va seulement se passer aux États-Unis ?
13:53Je pense qu'il faudrait être plus clair sur cet euro numérique,
13:57afin que les entreprises puissent être incitées à investir et à innover davantage.
14:02Mais bien avant les réglementations, je pense à une banque française,
14:05la Société Générale, avec la filiale Forge,
14:07depuis 2023, cette banque a émis un stable coin en euro,
14:10le Convertible.
14:12Elle est toute seule, quasiment.
14:13Je sais, je sais, je sais.
14:14Et avec Mickaël, année qu'a suivi,
14:16on s'attendait à ce que des investissements du même type
14:18puissent être entrepris.
14:19malheureusement, cette attente autour de l'euro numérique ne permet pas d'y voir clair.
14:25Ce qui est quand même embêtant, c'est qu'on parle ici, effectivement, de stable coin,
14:29mais on parle surtout de modernisation du système de paiement de demain.
14:35Et là, on a quand même un très, très gros enjeu de souveraineté, tout simplement.
14:40Oui, tout à fait.
14:40Alors, la porte d'entrée dans ce marché des cryptoactifs pour la réglementation,
14:44ça a été les stable coins, puisqu'en fait, bien qu'ils soient émis par des acteurs privés non bancaires,
14:50ils servent de plus en plus de monnaie.
14:52Vous l'avez dit, Pauline, notamment, ils servent dans des transferts de fonds internationaux,
14:56ils servent même au sein même des pays émergents pour remplacer la devise locale.
15:00Donc, effectivement, des questions de souhaité monétaire se posent.
15:03Et c'est pour cela que le régulateur a souhaité encadrer ce secteur, ce segment particulièrement.
15:10Et grâce à cela, aux États-Unis, on a d'autres entreprises qui,
15:12à côté de celles qui investissent dans la blockchain,
15:14vont investir dans les stable coins, notamment Amazon et Walmart,
15:19qui sont en train d'explorer l'émission d'un stable coin.
15:24Là, les avantages vont être de fluidifier le paiement en magasin pour Walmart
15:29et de réduire les coûts d'usage du réseau de cartes bancaires sur le commerce électronique.
15:35Donc, effectivement, il y a de gros enjeux d'investissement,
15:39mais c'est aussi le signe qu'il y a des opportunités.
15:40Il y a des opportunités, effectivement.
15:42Pauline, est-ce que ça vous inspire une question sur l'évolution des stable coins
15:45entre les États-Unis et l'Europe ?
15:47Mise à part qu'effectivement, en Europe, pour l'instant, on a assez peu de projets
15:52et on se demande si, avec le retard qu'a l'Europe aujourd'hui,
15:56est-ce qu'elle réussira peut-être un jour à soit rattraper son retard,
16:01soit effectivement s'aligner un peu sur les projets US ?
16:05Je pense que le fait de se tourner vers l'Europe est une très bonne idée,
16:10puisqu'effectivement, je pense que c'est au niveau européen
16:13qu'il faudrait avoir un investissement de grande ampleur
16:16qui puisse permettre de concurrencer peut-être à terme les blockchains privés
16:21qui sont en train de se développer.
16:23Stéphanie ?
16:23Je trouve ça très intéressant, ce sujet de la classification des cryptos,
16:28parce qu'en fait, ça rejoint un débat juridique.
16:31En France, en fait, on a une définition des actifs numériques.
16:34Alors, on ne parle plus du tout aujourd'hui d'actifs numériques,
16:36mais en réalité, juridiquement, c'est ce qu'on trouve dans le Code monétaire et financier.
16:41Et en fait, le Code général des impôts fait référence à la notion d'actifs numériques
16:46incluse dans le Code monétaire et financier.
16:49Et là, ce qu'on comprend, c'est qu'on a une diversification
16:52de ces actifs numériques, de ces crypto-actifs,
16:55et on a une superposition aussi des définitions
16:59qu'on peut apporter en France, au niveau européen avec MICA.
17:03Et moi, la question que je me pose dans le quotidien,
17:06c'est quels peuvent être les impacts de ces différentes classes de cryptos
17:09sur la fiscalité ?
17:11Est-ce qu'on va traiter de la même façon une crypto-monnaie
17:14qui sert de paiement, un jeton, un stablecoin ?
17:18Et tout ça, c'est des questions que j'ai au quotidien auprès de mes clients
17:22qui se demandent si, en passant par du stablecoin,
17:25donc dont la valeur est indexée sur des actifs financiers traditionnels,
17:30donc de l'euro, du dollar, mais aussi des bons du trésor américain,
17:34est-ce qu'on sort du champ d'application qu'on connaît aujourd'hui,
17:39des actifs numériques ?
17:40Françoise, il va falloir donner une réponse à l'heure
17:41parce que je pense que même l'administration fiscale
17:43ne peut pas répondre à cette question, honnêtement.
17:45Pour être vraiment très clair, il faut voir ces segments
17:49du marché des crypto-actifs comme la possibilité
17:51de diversifier un portefeuille en termes de rendement et de risque.
17:55Donc on aurait les crypto-monnaies de paiement
17:57telles que Bitcoin, Litecoin,
17:58qui seraient peut-être certes volatiles,
18:02mais un peu moins que les crypto-monnaies de plateforme.
18:04D'ailleurs, même la plateforme CoinMarketCap
18:06montre que la volatilité des crypto-monnaies de plateforme
18:09telle Ethereum est deux fois plus élevée
18:11que celle des crypto-monnaies de paiement.
18:13Donc peut-être qu'il y a à la fois plus de risques,
18:15mais plus de rentabilité espérée dans les crypto-monnaies de plateforme.
18:18C'est toujours le cas.
18:18Exactement. Et puis après, en termes d'identification de l'émetteur,
18:24c'est bien ça qui pose problème lorsque les États-Unis
18:26tentent d'appliquer le How We Test.
18:28Qui est l'émetteur ?
18:29Est-ce que l'on investit de l'argent pour faire travailler
18:31quelqu'un qui va nous rapporter un profit ?
18:35Et notamment, on a les deux grands, Bitcoin et Ethereum,
18:37qui ne pourront pas, jusqu'à présent en tous les cas,
18:40être classés comme des titres financiers.
18:41C'est intéressant parce que dans la fiscalité,
18:43on va en parler avec vous Stéphanie,
18:45on a vu par exemple cette année, au moment de la déclaration fiscale,
18:49que par exemple le statut des stable coins,
18:50il était un peu dans une zone grise,
18:51on ne savait pas trop quoi faire,
18:52on pouvait peut-être transférer ces Bitcoins en stable coins
18:54le temps que ça reste comme ça,
18:56et puis après, surtout pas les transformer en monnaies fiat.
18:58Parce qu'on a vu qu'il y avait des questions
19:01auxquelles l'administration fiscale n'avait pas répondu.
19:04Moi, je me demande si l'administration fiscale,
19:05elle a compris tout ça, elle est prête,
19:07est-ce qu'elle est en train de travailler là-dessus, sérieusement ?
19:10Alors, on a une certitude,
19:11d'ailleurs on le voit dans le rapport d'activité
19:13du ministère des Finances,
19:15c'est qu'il y a aujourd'hui des services
19:17qui se spécialisent sur les sujets cryptos.
19:20C'est écrit noir sur blanc,
19:21donc je pense qu'ils travaillent sur ces sujets-là.
19:23De là à avoir des réponses à toutes nos questions,
19:26on n'en est pas tout à fait là,
19:27et le problème qu'on a, c'est que l'administration fiscale
19:29ne peut pas vraiment agir avant qu'une loi ne passe.
19:33Donc on est dans un double niveau d'interrogation et de réponse.
19:38Ce qui veut dire qu'aujourd'hui,
19:39il y a des milliers de détenteurs de crypto-monnaies
19:41qui sont dans l'irrégularité la plus totale au niveau fiscal,
19:44parce que justement, il y a des règles
19:45qui ne sont pas, pour le moment, très claires.
19:48Et ils ne savent pas, ce ne sont pas des fraudeurs.
19:50Exactement, c'est un peu ce qu'on a constaté.
19:51En irrégularité.
19:52Tout à fait.
19:53C'est vrai que dans notre cabinet,
19:55ce qu'on a constaté,
19:56c'est qu'il y a beaucoup de Français,
19:58de contribuables qui viennent nous voir
19:59et qui nous disent,
20:00mais en fait, je ne comprends pas la règle,
20:02je ne la connais pas,
20:03mais même quand vous me l'expliquez,
20:05la déclaration qu'il faut faire,
20:07je ne suis pas capable de la faire seule.
20:09Et donc, on les accompagne, bien évidemment.
20:12Maintenant, on est bien persuadé
20:14que ce qu'il faut,
20:14c'est quand même une clarification des déclarations
20:18et une simplification,
20:19parce qu'aujourd'hui,
20:20les imprimés déclaratifs sont trop complexes
20:23pour être faits tout seuls.
20:25Donc, on a besoin d'avoir recours à des experts.
20:27Il faut avoir fait une étude d'ingénieur
20:28pour avoir rempli sa déclaration en 2025.
20:30On est bien d'accord.
20:31Il a fallu de l'aide, carrément,
20:33pour cette édition-là.
20:35On espère que ça va se simplifier, évidemment.
20:38Vous, vous demandez une cellule
20:39de régularisation fiscale aujourd'hui
20:41quand on se trompe, par exemple,
20:43et que l'administration fiscale revient vers nous.
20:45On a droit au droit à l'erreur ?
20:47Alors, il existe effectivement le droit à l'erreur.
20:49Alors, ça a été créé par la loi ESSOC.
20:52Donc, il y a vraiment une possibilité
20:54de faire une démarche.
20:55Ça marche aussi pour les cryptos ?
20:57Évidemment, il n'y a pas de raison
20:58que ça ne marche pas pour les cryptos.
20:59Le seul problème, c'est qu'on ne sait pas exactement
21:04quelles sont les pénalités qui vont nous être appliquées.
21:06Donc, ce n'est pas très clair.
21:08C'est la raison pour laquelle,
21:09en se réunissant avec des collectifs,
21:11on s'est dit, mais au fond,
21:13s'il existait une cellule de régularisation
21:15comme ça a existé pour les comptes étrangers,
21:18on aurait un bénéfice pour toutes les parties prenantes.
21:21On aurait des contribuables rassurés,
21:23donc un climat de confiance,
21:24avec des pénalités moindres,
21:26si on a fait une erreur.
21:27Mais on aurait aussi l'État
21:29qui aurait moins de contrôles fiscaux,
21:33moins de contentieux fiscaux
21:35à générer et à financer,
21:39avec des recettes fiscales
21:41et surtout des équipes,
21:44des équipes de contrôleurs
21:47ou en tout cas des équipes
21:48à l'administration fiscale
21:50capables de répondre à ces questions-là
21:51parce qu'elles auront été formées précisément
21:54pour répondre aux contribuables
21:56qui se posent ces questions-là
21:58sans pour autant être des fraudeurs.
22:00Si le contribuable n'a pas toutes les réponses,
22:01il peut très vite se trouver dans cette situation
22:04où finalement, il va se dire
22:05non, je ne m'en occupe pas,
22:06c'est trop compliqué.
22:07Il y a des milliards à récupérer aussi
22:10pour l'État
22:10dans cette meilleure organisation fiscale
22:13sur les cryptos,
22:14une sorte de rétablissement de la confiance
22:15entre les deux parties
22:16pour nettoyer un petit peu tout ça.
22:20C'est vraiment une logique gagnant-gagnant.
22:22Et puis, on aurait aussi,
22:24même les personnes qui ne touchent pas forcément
22:26à la crypto se diraient
22:27au fond, les règles s'appliquent
22:28de la même façon
22:29si j'investis dans des actifs traditionnels
22:31ou si j'investis dans des actifs cryptos.
22:34Donc, tout le monde en sortirait gagnant en réalité.
22:37La question que je me pose,
22:38c'est ces questionnements potentiels
22:41dans l'administration fiscale.
22:42Est-ce que les notaires, par exemple,
22:44les notaires qui font les successions,
22:46qui font les transmissions de cryptos,
22:48est-ce qu'eux aussi,
22:49ils auraient besoin d'une cellule spéciale
22:51pour comprendre ce secteur-là ?
22:53Parce que, franchement,
22:54maintenant, ça y est,
22:54on a dit 10% des Français
22:57détiennent de la crypto.
22:58Ça veut dire que dans les successions
22:59et même dans les donations
23:00au cours de la vie,
23:01la situation va se présenter assez souvent.
23:03C'est tout à fait une question
23:04qui se pose maintenant régulièrement.
23:06On est sur un marché
23:07qui est un peu plus mature,
23:08donc des profils d'investisseurs
23:09qui sont un petit peu plus âgés
23:11et qui se disent
23:11comment je peux optimiser
23:13ma transmission à mes enfants ?
23:15Et effectivement,
23:16il existe des stratégies
23:17tout à fait légales
23:19qui nous permettent
23:20d'anticiper à la fois
23:22le coût fiscal des transmissions,
23:25mais aussi la sécurisation
23:26de ces transmissions.
23:27Parce qu'évidemment,
23:28c'est un peu plus complexe
23:29que de transmettre
23:29un bien immobilier.
23:31Et c'est pourquoi
23:32je travaille très souvent
23:33avec des notaires
23:34qui ont cette spécialisation.
23:35aussi pour informer
23:37les bénéficiaires
23:38de ces donations
23:40ou de ces successions
23:42de leurs obligations fiscales,
23:44déclaratives, etc.
23:46et des futures opérations
23:48qu'ils vont faire,
23:49par exemple, de vente.
23:50Françoise,
23:51on parlait tout à l'heure
23:51d'adoption de ces 10% de Français
23:53qui détiennent des cryptos.
23:56Cette fiscalité, d'après vous,
23:58elle va à l'encontre
24:00d'une adoption plus massive en France ?
24:04Il me paraît très intéressant
24:05de voir de quelle façon
24:06sont détenus et échangés
24:07ces cryptoactifs,
24:09puisque c'est peut-être là
24:10qu'on pourrait trouver
24:11une clé pour mieux comprendre.
24:13On peut soit les détenir
24:15sur une clé personnelle,
24:17soit les détenir
24:17via les exchanges.
24:19Et là, il y a la question
24:21qui concerne leur conformité
24:23et leur réglementation.
24:24Notamment, on voit que cela
24:26est en train d'être amélioré
24:28aux États-Unis
24:28grâce au Genius Act.
24:30Et notamment,
24:31si on revient sur les stable coins,
24:32certains pourraient ne plus
24:34être échangés
24:35sur certains exchanges
24:36à partir du moment
24:37où ils ne respecteraient pas
24:39les règles de conformité.
24:40Donc, peut-être que la fiscalité
24:42pourrait s'appuyer
24:43sur des bilans,
24:45des documents officiels
24:48que les exchanges
24:49pourraient fournir.
24:51Peut-être qu'il y aurait
24:51un travail en collaboration
24:54à faire au moins
24:54de ce côté-là.
24:55Le secteur est totalement
24:56en chantier.
24:57C'est ça qui est passionnant
24:58en cette année 2025,
24:59de parler de crypto.
25:00On a beaucoup de sujets
25:01encore à traiter, Pauline.
25:03On va vraiment encore
25:03avoir du travail
25:05sur cette saison.
25:06Merci, mesdames.
25:07Merci à toutes les trois
25:07d'être venues.
25:08Pauline Armandé,
25:08journaliste BFM Business,
25:10Stéphanie Neymar-Athias,
25:12avocate fiscaliste,
25:14fondatrice du cabinet
25:15Comit et Françoise Vasselin,
25:17professeure d'économie
25:18à l'UPEC,
25:19l'Université Paris-Est-Créteil,
25:22auteur du marché
25:23des crypto-actifs.
25:25Ce petit livre essentiel
25:26et ses catégories
25:27très intéressantes
25:27dont on a parlé
25:28dans cette émission.
25:29Je vous retrouve très vite
25:30et je vous laisse
25:31entre les mains
25:31de BFM Bourse.
25:32Bonne journée
25:32sur BFM Business.
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