00:00Mais d'abord...
00:03Plus fraîche qu'un burger au petit-déj, l'actu américaine et l'ouverture de Wall Street.
00:07Vous venez d'entendre la cloche retentir.
00:10Notre Dream Team, John Plassard, depuis Cité Gestion, est avec nous.
00:13Bonjour John.
00:15Bonjour messieurs.
00:16Et Antoine, il est là lui aussi donc Antoine.
00:18À mes côtés jusqu'à 18h tous les matins aussi dans TPI, de 11h à 12h désormais, tout pour investir.
00:22Antoine, comment Wall Street ouvre-t-il ?
00:25C'est pas la joie, on a quand même une baisse marquée.
00:28Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu des indicateurs autant dans le rouge.
00:30Moins 1,7% pour le Nasdaq qui cote à 21 069.
00:35Moins 0,97% pour le Dow Jones qui est à 45 103 points.
00:40Et baisse marquée aussi sur le S&P 500 qui perd 1,29% à 6 376 points.
00:46Mais cette tendance négative sur les actions, on la doit principalement, et vous l'avez dit,
00:50aux fortes tensions sur le marché obligataire.
00:52Alors du côté de la France, on est vraiment aux portes des 3,6%, aux portes des plus hauts de l'année.
00:56On n'en est vraiment plus qu'à quelques points, 3,59% très exactement.
01:01Mais ça se tend un petit peu partout, singulièrement sur la dette française, on est d'accord.
01:05Mais on a un mouvement de raffermissement aussi sur le 10 ans allemand, sur le 10 ans italien, etc.
01:10Et un peu moins sur le 10 ans américain, même si les taux américains aujourd'hui aussi montent un peu.
01:13C'est moins spectaculaire quand même depuis quelques semaines sur les taux américains
01:16que sur les taux britanniques, français ou encore japonais.
01:19Ça John, comment peut-on l'expliquer ?
01:21Il y a une différence radicale, on regarde les investisseurs, on regarde ce qui se passe en Europe.
01:27Et en Europe, qu'est-ce qui se passe ?
01:28Vous avez un gouvernement français, le gouvernement Beyrou, qui devrait tomber le 8 septembre prochain.
01:35En Angleterre, on a énormément de questions.
01:37Vous l'avez dit, on est au plus haut sur le 30 ans depuis 1998.
01:41Ça reflète la stratégie budgétaire de Rachel Reeves et des craintes de hausse de taux.
01:49Même si elle a démenti, tout le monde pense et tout le monde a peur des hausses de taux.
01:53Et puis l'Allemagne, vous savez, on ne parle plus tellement de l'Allemagne et des taux allemands.
01:58Et pourtant, le taux de financement de 500 milliards d'euros pour la défense et les infrastructures,
02:03ça suscite bien évidemment des interrogations sur la soutenabilité de la dette.
02:09La fameuse soutenabilité de la dette qu'on avait oubliée.
02:13Eh bien, alors, les gens commencent à regarder et se disent que potentiellement,
02:17il pourrait y avoir un problème sur la dette globale européenne.
02:22De l'autre côté, évidemment, aux États-Unis, on sait, c'est le rendez-vous de la semaine ce vendredi
02:29qui devrait monter très peu de création d'emplois et pousser la réserve fédérale américaine
02:35a baissé ses taux en septembre. Et dans ce cas-là, eh bien, on verrait plutôt les rendements baissés que monter.
02:43Donc, il y a vraiment une décorrélation aujourd'hui entre l'Europe et les États-Unis.
02:48Effectivement. Alors, c'est Frank Dismi, l'ex-chef de la stratégie de taux d'alliance, qui dit
02:52« Sur les taux américains, méfiez-vous de l'accalmie. La Fed a pour principal actif sa crédibilité. »
02:57Et il s'inquiète justement du travail sur l'indépendance.
03:01Donald Trump qui s'attaque à l'indépendance de la Fed, Frank Dismi explique
03:04« Si le travail d'un banquier central requiert souvent des talents d'équilibriste, son impact se mesure essentiellement
03:09à sa capacité à convaincre du bien fondé de cette analyse et de ses décisions passées ou à venir.
03:14Dans ce contexte, les récentes déclarations de Donald Trump sont une véritable folie.
03:18Les conséquences d'une Fed aux ordres du pouvoir politique seraient incalculables.
03:22Une crise du dollar serait inévitable, accompagnée d'une pontification massive de la courbe des taux.
03:28Il ne faut donc, ajoute-t-il et conclut-il, pas se fier aux calmes apparences sur les obligations américaines. »
03:33Est-ce que vous la partagez, John, aujourd'hui ?
03:36Non, absolument pas, Guillaume. Pourquoi ?
03:38Parce qu'on sait évidemment que Donald Trump fait beaucoup de bruit,
03:43mais il faut rappeler, plusieurs membres de la Fed l'ont dit la semaine passée,
03:48que lors des précédents présidents, il y a toujours eu de la pression sur les membres de la Fed.
03:54Évidemment, pas de la manière de Donald Trump, il y a toujours eu des pressions.
03:59Et on sait que l'indépendance de la réserve fédérale américaine est vraiment clé.
04:03On imagine bien, et ça c'est le scénario du pire que vous venez de décrire,
04:08que s'il ne devait plus avoir d'indépendance, ce serait d'une certaine manière la fin du système financier.
04:15Et je n'y crois absolument pas.
04:17On est dans une situation où, même si Jerome Powell devait tomber,
04:22même si Lisa Cook devait démissionner, il y a quand même 12 membres votant à la réserve fédérale américaine.
04:32Et j'ose, alors je suis peut-être naïf, Guillaume,
04:34mais j'ose croire qu'il y a et que l'indépendance de la Fed va continuer ces prochaines années.
04:41Malgré tout, l'or parallèlement continue de monter.
04:44L'or est sur nouveau plus historique, c'était le cas hier, c'est encore le cas aujourd'hui.
04:47On a une once d'or proche à l'instant des 3550 dollars.
04:51Comment est-ce que ces records de l'or, vous les interprétez ?
04:54Et jusqu'où du coup de jeune ?
04:56Oui, tout à fait.
04:56C'est assez intéressant parce qu'en fait, l'or est en train de monter en même temps
05:02que les rendements qui montent en Europe dont on vient de parler.
05:07C'est une valeur refuge, bien évidemment, face à l'administration Trump,
05:13face à ce qui est en train de se passer en France notamment.
05:16On a aussi des anticipations monétaires.
05:19Vous savez, quand les taux baissent aux États-Unis, l'or monte notamment.
05:24Et puis des flux financiers qui sont assez intéressants.
05:27Parce que dernièrement, on a vu des flux financiers,
05:30notamment vers les ETF sur l'or et sur l'argent,
05:33qui ont littéralement explosé.
05:36Et évidemment, la dernière chose, mais ça c'est un peu ce qu'on appelle la black box,
05:41parce qu'on n'a pas beaucoup de visibilité,
05:43c'est les banques centrales qui rachètent massivement de l'or.
05:47Et intéressant aussi de noter que le dollar progresse et l'or aussi,
05:53alors qu'on dit souvent que c'est seulement, et c'est exagéré bien évidemment,
05:58lorsque le dollar baisse que l'or monte, puisque l'or est coté en dollars.
06:03Donc on voit que c'est très intéressant de voir ça.
06:05On a les actifs risqués qui baissent et l'or qui monte.
06:08Et on peut aller, selon les prévisions, ces prochains mois,
06:12vous l'avez dit, on était à 3 500.
06:14Mais si on devait arriver à 4 000 dollars dans les 12 prochains mois,
06:18ce ne serait pas choquant.
06:19Il y a un secteur sur les marchés qui a vécu un immense été magnifique,
06:23très positif, c'est le secteur des mines d'or justement.
06:25Souvent, ces acteurs des mines d'or en bourse répercutent avec retard
06:29les variations de l'or.
06:30Alors ça fait des mois et des trimestres que l'or bat des records.
06:33Ça finit aussi, ça commence aussi, John, à se répercuter
06:35sur les acteurs des mines d'or, pour le coup.
06:37Vous avez tout à fait raison.
06:39Historiquement, il y a un retard qu'il y a entre l'or et puis les mines d'or.
06:43Et on sait que souvent, les mines d'or, c'est un peu un animal,
06:48si je peux dire, différent, parce qu'ils dépendent,
06:51les entreprises minières dépendent aussi de l'extraction, évidemment, de l'or.
06:58Et ici, on voit qu'il y a un rattrapage, un phénomène de rattrapage qui est en train de se faire en bourse
07:03et que l'écart, le gap qu'il y avait entre l'or et les mines d'or est en train de se refermer.
07:11Évidemment, c'est une bonne nouvelle pour ceux qui détiennent les mines d'or.
07:14Wall Street a ouvert dans le contexte qu'on est en train d'écrire.
07:17Et alors que le mois de septembre s'ouvre, traditionnellement, c'est le pire mois à Wall Street,
07:20statistiquement, on ne déroge pas à la règle.
07:23Wall Street ouvre aujourd'hui pour sa première séance de septembre, après un long week-end, en forte baisse.
07:27Le S&P 500 perd aujourd'hui 1,2% dans un contexte de doute obligataire,
07:32d'indépendance de la fête peut-être remise en cause aussi,
07:35puis des questions, des questions aussi sur les droits de douane.
07:37Le Nasdaq lui abandonne 1,4%.
07:39Puis alors, ce qui fait aussi parler aux États-Unis, dans les médias américains,
07:42et chez vous aussi, John, en l'imaginant en Suisse,
07:44c'est quand même ce qui est en train d'arriver à Nestlé.
07:46Nestlé recule à la bourse de Zurich, d'un pour cent en ce moment.
07:49Le directeur général de Nestlé est vincé.
07:51Pourquoi ? En raison d'une liaison avec une employée subordonnée directe,
07:56une liaison qu'il n'avait pas déclarée.
07:58Pourquoi ne peut-on pas avoir des relations intimes
08:01si elles sont consenties avec une ou un collègue, John ?
08:05Oui, c'est une très bonne question.
08:06C'est une véritable révolution en Suisse.
08:08Tous les médias en parlent.
08:10Et il faut rappeler que ce n'est pas seulement de l'ordre suisse,
08:14puisqu'on a vu ça dans de nombreuses entreprises.
08:17McDonald's en 2019, avec le CEO Steve Eastbrook,
08:21qui avait dû quitter le groupe, Coles aussi,
08:24dont le CEO avait dû quitter le groupe à cause ou grâce, c'est selon,
08:29avec une relation avec quelqu'un, un des employés de l'entreprise.
08:35Alors, il y a plusieurs raisons à ça.
08:36La première, c'est qu'on estime que les liaisons non déclarées officiellement
08:43fragilisent la crédibilité et la neutralité d'un dirigeant.
08:47C'était apparemment le cas avec le CEO.
08:50En plus, au niveau juridique, parce qu'il y a un niveau juridique aussi,
08:55une relation non officielle peut être qualifiée ou requalifiée en abus de pouvoir,
09:03et ce qui expose l'entreprise à des litiges coûteux et des indemnisations massives.
09:11Donc, on voit ici qu'il y a un impact boursier.
09:15Et puis, aussi, le fait que la bourse, historiquement, n'apprécie pas tellement
09:21lorsqu'un dirigeant, et c'est assez logique, doit partir immédiatement,
09:25puisque ça fragilise la crédibilité boursière d'une entreprise.
09:29C'est ce qui est en train d'arriver sur Nestlé, puisque le nouveau dirigeant
09:34qui est en train d'arriver, et qui est le nouveau CEO, n'a pas 50 ans.
09:38C'est l'ancien CEO de Nespresso.
09:41Et il va falloir qu'il pose ses marques et qu'il montre s'il a la crédibilité du marché.
09:48Notre question sur les réseaux, pour vous tous qui nous suivez à la radio, à la télé,
09:51sur X et LinkedIn.
09:52On vous interroge.
09:53Cette décision, donc l'éviction du patron de Nestlé,
09:55parce qu'il entretenait une relation avec une subordonnée,
09:57relation qu'il n'avait pas déclarée. Cette décision de limoger le patron
10:00est-elle, selon vous, une décision avant tout ESG,
10:04réglementaire, positive pour Nestlé,
10:06ou au contraire coûteuse et négative pour l'entreprise ?
10:08C'est la question qu'on vous pose sur X et LinkedIn.
10:10N'hésitez pas à participer et répondre.
10:12Nous laissez vos arguments.
10:13On rebondira dessus dans la suite de l'émission.
10:15On va rester dans cet univers.
10:16Nestlé, Danone, tout ça, avec un peu de ketchup.
10:19Kraft Heinz qui compte se scinder en deux.
10:21Le titre Kraft Heinz gagne un peu plus de 3,5% aujourd'hui à Wall Street, John.
10:24Oui, alors c'est une surprise.
10:29On va avoir deux entités.
10:31On va avoir un qui s'appelle Taste Elevation,
10:36avec Heinz, Philadelphia, Kraft.
10:38Je sais que vous aimez bien le fromage Philadelphia, Guillaume.
10:42Kraft Mac.
10:43Et de l'autre côté, on a North America Grocery,
10:46où on aura des Lunchables, comme on appelle ça,
10:51et Kraft Single.
10:53Donc, c'est un virage stratégique,
10:55déjà parce qu'il y a une perte de momentum sur l'action du titre.
11:02Il faut rappeler qu'il y a 10 ans,
11:04il y avait eu la fusion Buffet 3G.
11:09Et on a des difficultés persistantes de l'entreprise,
11:13notamment les coûts drastiquement élevés de la fusion d'il y a 10 ans.
11:18Donc, on ne s'est toujours pas relevé.
11:20Donc, on repart marche arrière et en sein de l'entreprise en deux entités.
11:26Effectivement.
11:26Alors, Kraft Heinz, pour être beaucoup plus précis que ce que je viens de dire,
11:29perd 1%.
11:30Celui qui gagne 3,5, c'est PepsiCo.
11:33Parce qu'en l'occurrence, on a un gros investisseur
11:35qui vient entrer au capital,
11:37qui acquiert une participation de 4 milliards dans PepsiCo.
11:39Il s'agit d'Elliot Investment Management,
11:41plus 3,5 le titre.
11:42John, pourquoi cette prise de participation d'Elliot Investment ?
11:46Écoutez, d'abord, lorsqu'on regarde le cours de bourse,
11:49une nouvelle fois, le cours de bourse de PepsiCo,
11:52on voit que la capitalisation boursière a chuté de près de 200 milliards de dollars,
11:5825% en dessous des semaines de 2023.
12:03On a une perte de vitesse avec PepsiCo souffre d'un recul sur le marché des sodas,
12:08où la concurrence a repris des parts de marché,
12:11ou notamment les médicaments,
12:13vous savez, les fameux GLP1 dont on parle souvent pour les médicaments amégrissants.
12:18Et l'investisseur activiste, Elliot,
12:22a pris cette participation avec l'intention de pousser à des mesures stratégiques
12:27pour relancer l'action
12:29et très certainement essayer de destituer le patron actuel.
12:34Donc, le marché apprécie.
12:35John Plassard, il nous accompagne.
12:38Oh, Antoine !
12:39Oui, juste un commentaire sur ce détricotage Kraft Heinz.
12:43Je trouve ça absolument fabuleux que dix ans après,
12:45on se rende compte que, ah ben non, en fait, c'était une mauvaise idée.
12:48Deuxièmement, c'est une des rares opérations
12:49qui était à l'initiative de Warren Buffett,
12:52qui, sur le long terme, est finalement un échec.
12:55Je ne sais pas ce qu'en pense John,
12:56mais il y a des questions à se poser.
12:58Là, c'est vrai que ce n'est pas courant.
13:00Oui, John ?
13:02Oui, oui, tout à fait.
13:03Et ce n'est pas courant,
13:04parce qu'on imaginait effectivement que cet investissement dans Kraft
13:09pouvait être le pendant de ce qui se passe sur Coca-Cola,
13:13une entreprise qui a des revenus réguliers.
13:15Et en fait, l'entreprise n'a pas réussi à évoluer avec son temps.
13:21Et on a vu effectivement que le cours de bourse, entre autres,
13:24n'a pas été là où il devait être, selon les visions de Warren Buffett.
13:31Et ce qui est très intéressant de noter,
13:33c'est que depuis dix ans, Warren Buffett n'a pas énormément vendu d'actions à Inscrave.
13:40Donc, il a réussi, enfin, il a tenté jusqu'au dernier moment
13:44de détenir et de rester sur ses positions, comme on dit.
13:49Et en fait, en définitive, eh bien, on fait marche arrière.
13:52– John, merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
13:54C'est USA Today à l'ouverture des marchés américains.
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