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  • il y a 6 mois
Ce mardi 2 septembre, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur les raisons du ralentissement de la hausse des taux US, le record sur le prix de l'or, le licenciement du directeur général de Nestlé, la division de Kraft Heinz en deux sociétés indépendantes, et l'investissement de 4 milliards de dollars d'Elliott dans Pepsico. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:00Mais d'abord...
00:03Plus fraîche qu'un burger au petit-déj, l'actu américaine et l'ouverture de Wall Street.
00:07Vous venez d'entendre la cloche retentir.
00:10Notre Dream Team, John Plassard, depuis Cité Gestion, est avec nous.
00:13Bonjour John.
00:15Bonjour messieurs.
00:16Et Antoine, il est là lui aussi donc Antoine.
00:18À mes côtés jusqu'à 18h tous les matins aussi dans TPI, de 11h à 12h désormais, tout pour investir.
00:22Antoine, comment Wall Street ouvre-t-il ?
00:25C'est pas la joie, on a quand même une baisse marquée.
00:28Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu des indicateurs autant dans le rouge.
00:30Moins 1,7% pour le Nasdaq qui cote à 21 069.
00:35Moins 0,97% pour le Dow Jones qui est à 45 103 points.
00:40Et baisse marquée aussi sur le S&P 500 qui perd 1,29% à 6 376 points.
00:46Mais cette tendance négative sur les actions, on la doit principalement, et vous l'avez dit,
00:50aux fortes tensions sur le marché obligataire.
00:52Alors du côté de la France, on est vraiment aux portes des 3,6%, aux portes des plus hauts de l'année.
00:56On n'en est vraiment plus qu'à quelques points, 3,59% très exactement.
01:01Mais ça se tend un petit peu partout, singulièrement sur la dette française, on est d'accord.
01:05Mais on a un mouvement de raffermissement aussi sur le 10 ans allemand, sur le 10 ans italien, etc.
01:10Et un peu moins sur le 10 ans américain, même si les taux américains aujourd'hui aussi montent un peu.
01:13C'est moins spectaculaire quand même depuis quelques semaines sur les taux américains
01:16que sur les taux britanniques, français ou encore japonais.
01:19Ça John, comment peut-on l'expliquer ?
01:21Il y a une différence radicale, on regarde les investisseurs, on regarde ce qui se passe en Europe.
01:27Et en Europe, qu'est-ce qui se passe ?
01:28Vous avez un gouvernement français, le gouvernement Beyrou, qui devrait tomber le 8 septembre prochain.
01:35En Angleterre, on a énormément de questions.
01:37Vous l'avez dit, on est au plus haut sur le 30 ans depuis 1998.
01:41Ça reflète la stratégie budgétaire de Rachel Reeves et des craintes de hausse de taux.
01:49Même si elle a démenti, tout le monde pense et tout le monde a peur des hausses de taux.
01:53Et puis l'Allemagne, vous savez, on ne parle plus tellement de l'Allemagne et des taux allemands.
01:58Et pourtant, le taux de financement de 500 milliards d'euros pour la défense et les infrastructures,
02:03ça suscite bien évidemment des interrogations sur la soutenabilité de la dette.
02:09La fameuse soutenabilité de la dette qu'on avait oubliée.
02:13Eh bien, alors, les gens commencent à regarder et se disent que potentiellement,
02:17il pourrait y avoir un problème sur la dette globale européenne.
02:22De l'autre côté, évidemment, aux États-Unis, on sait, c'est le rendez-vous de la semaine ce vendredi
02:29qui devrait monter très peu de création d'emplois et pousser la réserve fédérale américaine
02:35a baissé ses taux en septembre. Et dans ce cas-là, eh bien, on verrait plutôt les rendements baissés que monter.
02:43Donc, il y a vraiment une décorrélation aujourd'hui entre l'Europe et les États-Unis.
02:48Effectivement. Alors, c'est Frank Dismi, l'ex-chef de la stratégie de taux d'alliance, qui dit
02:52« Sur les taux américains, méfiez-vous de l'accalmie. La Fed a pour principal actif sa crédibilité. »
02:57Et il s'inquiète justement du travail sur l'indépendance.
03:01Donald Trump qui s'attaque à l'indépendance de la Fed, Frank Dismi explique
03:04« Si le travail d'un banquier central requiert souvent des talents d'équilibriste, son impact se mesure essentiellement
03:09à sa capacité à convaincre du bien fondé de cette analyse et de ses décisions passées ou à venir.
03:14Dans ce contexte, les récentes déclarations de Donald Trump sont une véritable folie.
03:18Les conséquences d'une Fed aux ordres du pouvoir politique seraient incalculables.
03:22Une crise du dollar serait inévitable, accompagnée d'une pontification massive de la courbe des taux.
03:28Il ne faut donc, ajoute-t-il et conclut-il, pas se fier aux calmes apparences sur les obligations américaines. »
03:33Est-ce que vous la partagez, John, aujourd'hui ?
03:36Non, absolument pas, Guillaume. Pourquoi ?
03:38Parce qu'on sait évidemment que Donald Trump fait beaucoup de bruit,
03:43mais il faut rappeler, plusieurs membres de la Fed l'ont dit la semaine passée,
03:48que lors des précédents présidents, il y a toujours eu de la pression sur les membres de la Fed.
03:54Évidemment, pas de la manière de Donald Trump, il y a toujours eu des pressions.
03:59Et on sait que l'indépendance de la réserve fédérale américaine est vraiment clé.
04:03On imagine bien, et ça c'est le scénario du pire que vous venez de décrire,
04:08que s'il ne devait plus avoir d'indépendance, ce serait d'une certaine manière la fin du système financier.
04:15Et je n'y crois absolument pas.
04:17On est dans une situation où, même si Jerome Powell devait tomber,
04:22même si Lisa Cook devait démissionner, il y a quand même 12 membres votant à la réserve fédérale américaine.
04:32Et j'ose, alors je suis peut-être naïf, Guillaume,
04:34mais j'ose croire qu'il y a et que l'indépendance de la Fed va continuer ces prochaines années.
04:41Malgré tout, l'or parallèlement continue de monter.
04:44L'or est sur nouveau plus historique, c'était le cas hier, c'est encore le cas aujourd'hui.
04:47On a une once d'or proche à l'instant des 3550 dollars.
04:51Comment est-ce que ces records de l'or, vous les interprétez ?
04:54Et jusqu'où du coup de jeune ?
04:56Oui, tout à fait.
04:56C'est assez intéressant parce qu'en fait, l'or est en train de monter en même temps
05:02que les rendements qui montent en Europe dont on vient de parler.
05:07C'est une valeur refuge, bien évidemment, face à l'administration Trump,
05:13face à ce qui est en train de se passer en France notamment.
05:16On a aussi des anticipations monétaires.
05:19Vous savez, quand les taux baissent aux États-Unis, l'or monte notamment.
05:24Et puis des flux financiers qui sont assez intéressants.
05:27Parce que dernièrement, on a vu des flux financiers,
05:30notamment vers les ETF sur l'or et sur l'argent,
05:33qui ont littéralement explosé.
05:36Et évidemment, la dernière chose, mais ça c'est un peu ce qu'on appelle la black box,
05:41parce qu'on n'a pas beaucoup de visibilité,
05:43c'est les banques centrales qui rachètent massivement de l'or.
05:47Et intéressant aussi de noter que le dollar progresse et l'or aussi,
05:53alors qu'on dit souvent que c'est seulement, et c'est exagéré bien évidemment,
05:58lorsque le dollar baisse que l'or monte, puisque l'or est coté en dollars.
06:03Donc on voit que c'est très intéressant de voir ça.
06:05On a les actifs risqués qui baissent et l'or qui monte.
06:08Et on peut aller, selon les prévisions, ces prochains mois,
06:12vous l'avez dit, on était à 3 500.
06:14Mais si on devait arriver à 4 000 dollars dans les 12 prochains mois,
06:18ce ne serait pas choquant.
06:19Il y a un secteur sur les marchés qui a vécu un immense été magnifique,
06:23très positif, c'est le secteur des mines d'or justement.
06:25Souvent, ces acteurs des mines d'or en bourse répercutent avec retard
06:29les variations de l'or.
06:30Alors ça fait des mois et des trimestres que l'or bat des records.
06:33Ça finit aussi, ça commence aussi, John, à se répercuter
06:35sur les acteurs des mines d'or, pour le coup.
06:37Vous avez tout à fait raison.
06:39Historiquement, il y a un retard qu'il y a entre l'or et puis les mines d'or.
06:43Et on sait que souvent, les mines d'or, c'est un peu un animal,
06:48si je peux dire, différent, parce qu'ils dépendent,
06:51les entreprises minières dépendent aussi de l'extraction, évidemment, de l'or.
06:58Et ici, on voit qu'il y a un rattrapage, un phénomène de rattrapage qui est en train de se faire en bourse
07:03et que l'écart, le gap qu'il y avait entre l'or et les mines d'or est en train de se refermer.
07:11Évidemment, c'est une bonne nouvelle pour ceux qui détiennent les mines d'or.
07:14Wall Street a ouvert dans le contexte qu'on est en train d'écrire.
07:17Et alors que le mois de septembre s'ouvre, traditionnellement, c'est le pire mois à Wall Street,
07:20statistiquement, on ne déroge pas à la règle.
07:23Wall Street ouvre aujourd'hui pour sa première séance de septembre, après un long week-end, en forte baisse.
07:27Le S&P 500 perd aujourd'hui 1,2% dans un contexte de doute obligataire,
07:32d'indépendance de la fête peut-être remise en cause aussi,
07:35puis des questions, des questions aussi sur les droits de douane.
07:37Le Nasdaq lui abandonne 1,4%.
07:39Puis alors, ce qui fait aussi parler aux États-Unis, dans les médias américains,
07:42et chez vous aussi, John, en l'imaginant en Suisse,
07:44c'est quand même ce qui est en train d'arriver à Nestlé.
07:46Nestlé recule à la bourse de Zurich, d'un pour cent en ce moment.
07:49Le directeur général de Nestlé est vincé.
07:51Pourquoi ? En raison d'une liaison avec une employée subordonnée directe,
07:56une liaison qu'il n'avait pas déclarée.
07:58Pourquoi ne peut-on pas avoir des relations intimes
08:01si elles sont consenties avec une ou un collègue, John ?
08:05Oui, c'est une très bonne question.
08:06C'est une véritable révolution en Suisse.
08:08Tous les médias en parlent.
08:10Et il faut rappeler que ce n'est pas seulement de l'ordre suisse,
08:14puisqu'on a vu ça dans de nombreuses entreprises.
08:17McDonald's en 2019, avec le CEO Steve Eastbrook,
08:21qui avait dû quitter le groupe, Coles aussi,
08:24dont le CEO avait dû quitter le groupe à cause ou grâce, c'est selon,
08:29avec une relation avec quelqu'un, un des employés de l'entreprise.
08:35Alors, il y a plusieurs raisons à ça.
08:36La première, c'est qu'on estime que les liaisons non déclarées officiellement
08:43fragilisent la crédibilité et la neutralité d'un dirigeant.
08:47C'était apparemment le cas avec le CEO.
08:50En plus, au niveau juridique, parce qu'il y a un niveau juridique aussi,
08:55une relation non officielle peut être qualifiée ou requalifiée en abus de pouvoir,
09:03et ce qui expose l'entreprise à des litiges coûteux et des indemnisations massives.
09:11Donc, on voit ici qu'il y a un impact boursier.
09:15Et puis, aussi, le fait que la bourse, historiquement, n'apprécie pas tellement
09:21lorsqu'un dirigeant, et c'est assez logique, doit partir immédiatement,
09:25puisque ça fragilise la crédibilité boursière d'une entreprise.
09:29C'est ce qui est en train d'arriver sur Nestlé, puisque le nouveau dirigeant
09:34qui est en train d'arriver, et qui est le nouveau CEO, n'a pas 50 ans.
09:38C'est l'ancien CEO de Nespresso.
09:41Et il va falloir qu'il pose ses marques et qu'il montre s'il a la crédibilité du marché.
09:48Notre question sur les réseaux, pour vous tous qui nous suivez à la radio, à la télé,
09:51sur X et LinkedIn.
09:52On vous interroge.
09:53Cette décision, donc l'éviction du patron de Nestlé,
09:55parce qu'il entretenait une relation avec une subordonnée,
09:57relation qu'il n'avait pas déclarée. Cette décision de limoger le patron
10:00est-elle, selon vous, une décision avant tout ESG,
10:04réglementaire, positive pour Nestlé,
10:06ou au contraire coûteuse et négative pour l'entreprise ?
10:08C'est la question qu'on vous pose sur X et LinkedIn.
10:10N'hésitez pas à participer et répondre.
10:12Nous laissez vos arguments.
10:13On rebondira dessus dans la suite de l'émission.
10:15On va rester dans cet univers.
10:16Nestlé, Danone, tout ça, avec un peu de ketchup.
10:19Kraft Heinz qui compte se scinder en deux.
10:21Le titre Kraft Heinz gagne un peu plus de 3,5% aujourd'hui à Wall Street, John.
10:24Oui, alors c'est une surprise.
10:29On va avoir deux entités.
10:31On va avoir un qui s'appelle Taste Elevation,
10:36avec Heinz, Philadelphia, Kraft.
10:38Je sais que vous aimez bien le fromage Philadelphia, Guillaume.
10:42Kraft Mac.
10:43Et de l'autre côté, on a North America Grocery,
10:46où on aura des Lunchables, comme on appelle ça,
10:51et Kraft Single.
10:53Donc, c'est un virage stratégique,
10:55déjà parce qu'il y a une perte de momentum sur l'action du titre.
11:02Il faut rappeler qu'il y a 10 ans,
11:04il y avait eu la fusion Buffet 3G.
11:09Et on a des difficultés persistantes de l'entreprise,
11:13notamment les coûts drastiquement élevés de la fusion d'il y a 10 ans.
11:18Donc, on ne s'est toujours pas relevé.
11:20Donc, on repart marche arrière et en sein de l'entreprise en deux entités.
11:26Effectivement.
11:26Alors, Kraft Heinz, pour être beaucoup plus précis que ce que je viens de dire,
11:29perd 1%.
11:30Celui qui gagne 3,5, c'est PepsiCo.
11:33Parce qu'en l'occurrence, on a un gros investisseur
11:35qui vient entrer au capital,
11:37qui acquiert une participation de 4 milliards dans PepsiCo.
11:39Il s'agit d'Elliot Investment Management,
11:41plus 3,5 le titre.
11:42John, pourquoi cette prise de participation d'Elliot Investment ?
11:46Écoutez, d'abord, lorsqu'on regarde le cours de bourse,
11:49une nouvelle fois, le cours de bourse de PepsiCo,
11:52on voit que la capitalisation boursière a chuté de près de 200 milliards de dollars,
11:5825% en dessous des semaines de 2023.
12:03On a une perte de vitesse avec PepsiCo souffre d'un recul sur le marché des sodas,
12:08où la concurrence a repris des parts de marché,
12:11ou notamment les médicaments,
12:13vous savez, les fameux GLP1 dont on parle souvent pour les médicaments amégrissants.
12:18Et l'investisseur activiste, Elliot,
12:22a pris cette participation avec l'intention de pousser à des mesures stratégiques
12:27pour relancer l'action
12:29et très certainement essayer de destituer le patron actuel.
12:34Donc, le marché apprécie.
12:35John Plassard, il nous accompagne.
12:38Oh, Antoine !
12:39Oui, juste un commentaire sur ce détricotage Kraft Heinz.
12:43Je trouve ça absolument fabuleux que dix ans après,
12:45on se rende compte que, ah ben non, en fait, c'était une mauvaise idée.
12:48Deuxièmement, c'est une des rares opérations
12:49qui était à l'initiative de Warren Buffett,
12:52qui, sur le long terme, est finalement un échec.
12:55Je ne sais pas ce qu'en pense John,
12:56mais il y a des questions à se poser.
12:58Là, c'est vrai que ce n'est pas courant.
13:00Oui, John ?
13:02Oui, oui, tout à fait.
13:03Et ce n'est pas courant,
13:04parce qu'on imaginait effectivement que cet investissement dans Kraft
13:09pouvait être le pendant de ce qui se passe sur Coca-Cola,
13:13une entreprise qui a des revenus réguliers.
13:15Et en fait, l'entreprise n'a pas réussi à évoluer avec son temps.
13:21Et on a vu effectivement que le cours de bourse, entre autres,
13:24n'a pas été là où il devait être, selon les visions de Warren Buffett.
13:31Et ce qui est très intéressant de noter,
13:33c'est que depuis dix ans, Warren Buffett n'a pas énormément vendu d'actions à Inscrave.
13:40Donc, il a réussi, enfin, il a tenté jusqu'au dernier moment
13:44de détenir et de rester sur ses positions, comme on dit.
13:49Et en fait, en définitive, eh bien, on fait marche arrière.
13:52– John, merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
13:54C'est USA Today à l'ouverture des marchés américains.
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