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  • il y a 4 mois
Ce mardi 2 septembre, Bruno Grandjean, président du directoire de Redex, est revenu sur leur rentrée budgétaire, l'impact des surtaxes sur les machines-outils et l'instabilité qui inquiète les entreprises, dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Bruno Grandjean, bonjour.
00:05Vous êtes le président du directoire de Redex,
00:07ETI industriel, 90 millions d'euros de chiffre d'affaires.
00:10Vous avez 400 salariés dans le Loiret,
00:1220% de votre chiffre d'affaires aux Etats-Unis,
00:15de l'acier bien sûr dans vos produits,
00:17notamment des produits qui sont des machines-outils très prisées des Etats-Unis,
00:22notamment d'Elon Musk, il y en a dans sa fusée, je crois, de vos produits.
00:26Exact, il y a les machines qui permettent de réaliser la fusée d'Elon Musk,
00:30et bien dans ces machines, il y a des machines Redex,
00:33pour travailler l'inox notamment.
00:35Comment se passe votre rentrée ?
00:37Est-ce que vous êtes inquiet, j'étais avec Laurent Favre il y a quelques instants,
00:39de Plasticomium, tu n'es pas particulièrement optimiste sur la rentrée budgétaire européenne ?
00:44Nous on est relativement optimiste parce qu'on a un carnet de commandes assez conséquent,
00:48on vit beaucoup de l'exportation,
00:49on a aujourd'hui des marchés qui fonctionnent très bien,
00:51les Etats-Unis paradoxalement, malgré les droits de douane,
00:54quand on a des produits uniques, des produits qui sont spécifiques
00:59et demandés aux Etats-Unis, on arrive à travailler autour de ce problème-là.
01:03L'Inde qui aujourd'hui est un moteur important,
01:06l'Inde investit énormément, c'est une alternative à la Chine pour beaucoup d'entreprises.
01:11Le Brésil également, l'électrification qui amène des besoins en cuivre,
01:16enfin beaucoup de moteurs sont allumés aujourd'hui,
01:18mais il faut aller les chercher, il faut aller sur le terrain,
01:21il faut exporter, il faut se projeter à l'étranger,
01:25mais il y a aujourd'hui du potentiel et la situation française,
01:28finalement elle est un peu atypique à travers le monde,
01:31on se retrousse les manches et puis on essaye de trouver des solutions et on avance.
01:35En France on se regarde un peu le nombril avec des problèmes politiques,
01:38avec lesquels on a appris à vivre,
01:40on vit avec le politique ou on vit sans le politique je dirais,
01:43ou même malgré le politique aujourd'hui dans le monde de l'entreprise.
01:46On crée finalement notre propre écosystème,
01:48nous par exemple on est en train de monter une école de production
01:51avec d'autres PME, avec des PME, des ETI de la région,
01:55une école de production parce qu'il y a des déficiences dans l'éducation nationale,
02:00donc on essaye d'y pallier, de trouver des solutions et d'avancer malgré ces problèmes politiques.
02:03Je vous entends quand même avec quelque chose qui est inquiétant,
02:05dire on vit sans le politique,
02:08il y a des chefs d'entreprise qui nous disent,
02:09avant on parlait tout le temps à Bruno Le Maire,
02:11là désormais moi je ne perds pas mon temps à aller parler au ministre de l'Industrie,
02:14parce que je sais qu'en fait, ce n'est pas que je ne l'aime pas,
02:16c'est que je sais qu'il ne sera pas là dans 15 jours,
02:18ça ne sert à rien.
02:20Vivre sans le politique, c'est quand même un peu inquiétant cette rupture.
02:22Oui mais c'est aussi quelque chose je pense de positif.
02:25La France est un pays très politique
02:27qui pense que les politiques ont des pouvoirs supranaturels,
02:31qui sont capables de faire des choses que ne pourrait pas faire le citoyen.
02:35Et ça c'est une erreur,
02:36c'est un problème de maturité française.
02:38On se rend compte aujourd'hui, comme en Italie finalement,
02:41que le monde de l'entreprise, il doit déjà se prendre en main,
02:44il doit avancer, avoir ses propres, ses fondamentaux,
02:49se concentrer sur son activité et ne pas tout attendre du politique.
02:53Ça je pense que c'est peut-être un élément positif de cette crise,
02:56c'est-à-dire remettre le politique à sa juste place,
02:59qu'il s'occupe du régalien,
03:01et qu'il laisse la société civile faire ce qu'il faut
03:04pour faire prospérer les entreprises.
03:06Vous avez raison, Georgia Meloni,
03:07elle s'est beaucoup rapprochée des milieux patronaux.
03:09C'est un exemple pour vous, l'Italie,
03:11dans sa stratégie fiscale, entrepreneuriale ?
03:13L'Italie, c'est un exemple industriel.
03:15Moi je suis dans l'industrie,
03:16l'industrie italienne, il faut le savoir, elle est plus forte.
03:18Elle pèse plus que l'industrie française.
03:20Elle exporte énormément, elle est très compétitive,
03:23elle est parfois au même niveau,
03:25voire même devant l'industrie allemande.
03:27Et donc c'est un modèle l'Italie,
03:29oui c'est devenu un modèle.
03:31Quand vous entendez la taxe du Cman,
03:33potentiellement, avec cet exit tax,
03:35avec l'envie de taxer les plus riches,
03:37qu'est-ce que ça vous inspire de bon matin ?
03:40Il y a tout un environnement qui est particulier en France,
03:43et qui d'ailleurs est très franco-français.
03:45On parle aussi des aides aux entreprises,
03:46on est passé des privilégiés aux assistés aujourd'hui.
03:52Donc la taxe Zuckman, les aides aux entreprises,
03:55tout cet environnement,
03:56je pense que c'est assez unique à la France.
03:58C'est un reste de marxisme,
04:02c'est sans doute une des conséquences
04:05de cette économie hyper subventionnée
04:08qu'est l'économie française,
04:09qui vit en déficit,
04:11qui vit systématiquement d'une relance permanente,
04:14et qui du coup fait prospérer
04:16toute une idéologie qui est hors sol,
04:20et qui n'est jamais confrontée au réel.
04:22Parce que finalement, cette taxe Zuckman
04:23ou d'autres initiatives,
04:25il suffit de se comparer.
04:26Ça n'existe nulle part ailleurs.
04:28Ça ne fonctionne pas.
04:30Les chefs d'entreprise n'ont pas à être
04:31les souris de laboratoire, je dirais,
04:34de M. Zuckman,
04:34qui veut faire des essais, des tentatives,
04:37qui veut tester sur les entreprises
04:40ces élucubrations.
04:42Il suffit de se comparer.
04:44Ça n'existe nulle part ailleurs.
04:46Au-delà de même tester sur les entreprises,
04:48c'est tester sur les 1800 familles les plus riches
04:50qui potentiellement seraient mobiles ou pas.
04:52Est-ce que vous avez déjà pensé, vous, à partir ?
04:55Je ne fais pas partie de cette catégorie,
04:57mais je dirais que, de toute façon,
04:59là aussi, c'est un retour, finalement,
05:01à une idéologie ancienne.
05:02Les 200 familles, vous savez,
05:04qui possèdent la France,
05:05qui tirent les ficelles,
05:07qui sont derrière toute l'activité.
05:09Là, on est passé à 1800,
05:10c'est quand même un progrès.
05:11Mais quelque part, c'est une hérésie.
05:14Ce n'est pas de l'argent liquide.
05:16C'est ce qu'il faut comprendre.
05:17Posséder des parts d'une entreprise,
05:19c'est évidemment posséder du pouvoir,
05:20mais ce n'est pas de l'argent liquide.
05:22Et si on taxe le capital des entreprises
05:25indépendamment de la rentabilité,
05:27eh bien, on les affaiblit,
05:28on les empêche d'investir.
05:29Elles sont même peut-être obligées
05:30de vendre des actifs pour payer cette taxe.
05:34C'est totalement anti-économique,
05:35ou plutôt, c'est une logique,
05:37mais une logique collectiviste,
05:39une logique de prise de contrôle
05:41par l'État,
05:42qui aurait le monopole de l'intérêt général,
05:45une prise de contrôle du secteur privé.
05:47Et ça aussi, c'est une vieille idée marxiste,
05:50c'est que les moyens de production,
05:52les banques, doivent être nationalisés,
05:54car l'État est le seul à posséder,
05:56à avoir le monopole de l'intérêt général.
05:59Mais on en est là pour vous aujourd'hui.
06:00C'est un problème idéologique.
06:02Il ne faut même pas en parler au niveau économique.
06:04C'est un problème idéologique.
06:06Il y a une volonté de collectivisation,
06:09de ne pas laisser la liberté d'entreprendre,
06:12de considérer que tout ce qui atteint
06:16un certain niveau de prospérité
06:17doit être collectivisé.
06:19Et donc, ça, c'est quelque chose
06:20qui a déjà été testé
06:22à nombreuses reprises dans de nombreux pays
06:24et qui ne mène à rien.
06:25Mais on en est encore là.
06:26Et on n'a pas progressé.
06:28On est revenus.
06:28D'ailleurs, c'est assez intéressant.
06:30Les socialistes allemands,
06:32dans les années 50,
06:33ont fait leur révolution culturelle
06:36rompue avec le collectivisme.
06:38Les socialistes français
06:38n'ont pas fait leur Bad Gottesberg
06:40et sont toujours dans une logique collectiviste
06:43avec un surmoi marxiste
06:44et un complexe vis-à-vis des extrémistes.
06:48Merci beaucoup Bruno Grandjean
06:49d'être venus ce matin
06:50dans la matinale de l'économie.
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