- il y a 5 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Alors je voudrais vous faire écouter quelqu'un que vous ne chérissez pas à la poédie, c'est Maria Sakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe,
00:09qui réagit aujourd'hui aux propos d'Emmanuel Macron, oui, parce que le président de la République a eu le malheur d'appeler Vladimir Poutine l'ogre russe.
00:19Nous voyons constamment des déclarations vulgaires de la part du président français concernant la Russie.
00:26Parfois, elle dépasse les limites non seulement du raisonnable, mais aussi du décent,
00:32devenant une sorte d'insulte de bas étage envers la Russie et son peuple.
00:36Je ne veux même pas plaisanter à ce sujet.
00:42Cyril Généptère, ce n'est pas la première fois qu'on est directement visé par la Russie.
00:46Non, et cela continue, puisque nous avons déjà été visés par des opérations, y compris d'intoxication ou bien des mesures, enfin de la guerre psychologique.
00:57Nous avons déjà eu, si vous vous souvenez, les pochoirs bleus, les mains rouges, ils ont fait du bruit.
01:01Les cercueils au pied de la tour Eiffel.
01:03Les punaises de lit, où ils ont amplifié.
01:06Là, nous avons récemment, enfin, on se pose des questions aussi, vous savez, sur le mouvement pour le 10 septembre.
01:11Ah, on va en parler dans un petit instant. On va d'abord s'arrêter juste sur les dernières déclarations de Maria Sakharova.
01:20Régis Janté, ça devient une habitude, c'est vrai, d'être directement visé par le Kremlin.
01:25Non, c'est du théâtre, effectivement. On a M. Medvedev, par exemple, l'ancien président, qui occupe un poste officiel,
01:31puisqu'il est le numéro 2 du conseil de sécurité, qui a traité M. Macron, voilà, quelques mois de trouillard, etc.
01:36Donc, voilà, ça, c'est juste du théâtre, ça n'a pas vraiment d'intérêt, en réalité.
01:40C'est une... Je vous vois sourire, Jéré Arnaud.
01:44Ce qui est très intéressant, c'est que la rhétorique russe, elle est de la part de tous les responsables méprisantes vis-à-vis de l'Europe
01:52et de ses dirigeants, de manière assez systématique, parce que, voilà, la volonté, c'est de montrer que l'Europe est faible
02:01et que l'Europe est vulnérable et que ça va être démontré par la victoire russe en Ukraine.
02:07Lorsqu'il est arrivé, parce que c'est arrivé à Donald Trump de dire bien pire à propos de Vladimir Poutine,
02:12il a écrit en lettres majuscules sur son réseau social True Social, par exemple,
02:16que Vladimir Poutine était complètement fou.
02:18Alors, il a dit tout et son contraire. Parfois, il l'a complimenté.
02:21Mais parfois, il lui est rentré dedans, si vous lui permettez l'expression, il lui est rentré dedans de manière très radicale.
02:28Jamais vous n'aurez entendu un responsable du Kremlin condamner l'insulte ou les propos désobligeants tenus par le président américain.
02:36Et cette différence, c'est intéressant de la relever.
02:38C'est important de la relever, je crois, parce que ça montre que les Russes font la différence
02:43entre la manière dont ils traitent les Européens et dont ils traitent les États-Unis et le président américain.
02:48Et qu'une partie de leur stratégie pour aller jusqu'au bout de la victoire en Ukraine,
02:52c'est véritablement d'introduire un coin, un clivage entre les Européens et les Américains.
02:57Et ce qui explique en partie cette différence de traitement.
02:59Amiral Vichaud, c'est vrai qu'on parle beaucoup de la guerre sur le terrain avec vous.
03:02Mais cette guerre des mots, guerre diplomatique, est-ce qu'elle vous choque ?
03:06Est-ce que ça vous choque les propos que se tiennent russes et français ?
03:10Est-ce qu'Emmanuel Macron met de l'huile sur le feu quand il dit l'ogre russe ?
03:13Non, on est dans la guerre de communication.
03:17C'est aussi une guerre moderne, c'est une guerre d'aujourd'hui.
03:20Et chacun utilise le langage qu'il juge approprié pour répondre.
03:25Je rejoins tout à fait ce qui vient d'être dit à ce propos.
03:28Il faut soigneusement observer le vocabulaire utilisé par les uns et les autres.
03:34Et je dirais, il ne faut pas s'y arrêter de manière excessive.
03:37Ce qui est important, ce sont les faits.
03:39Les faits.
03:40Et là, de ce côté-là, pour le moment, il n'y a pas grand-chose à dire.
03:45À la poédie.
03:46En fait, derrière cette communication de Maria Zakharova ou aussi de Dmitry Medvedev, il y a bien sûr un objectif très clair.
03:52C'est déjà, et eux doivent détruire l'Europe.
03:55L'Europe, ça paraît énorme, mais c'est l'objectif.
03:58Parce qu'aujourd'hui, les Russes considèrent qu'avec les États-Unis, ils sont quasiment arrivés.
04:03Avec l'aide russe pour l'élection de Donald Trump en communication, en influence, en manipulation des réseaux.
04:10Donc, ils savent qu'ils maîtrisent Trump et on le voit, on voit ce résultat.
04:14Parce que Poutine arrive toujours à apaiser un peu les colères, ce qu'on peut appeler les colères, mais ce n'est pas vraiment les colères.
04:20C'est juste un peu les montées de mécontentement de Trump.
04:23Et finalement, Trump, aujourd'hui, il joue complètement la partition du Kremlin.
04:27Et aujourd'hui, l'objectif principal, c'est l'Europe.
04:29Parce que l'Europe se rebelle.
04:31L'Europe menace carrément la Russie par la production d'armes.
04:34Pas directement, mais en augmentant la production, en ayant les déclarations de différents dirigeants plutôt belliqueuses du point de vue des Russes.
04:43Et il s'agit juste, je vais vous rappeler, de la défense.
04:47Parce qu'il s'agit de légitime défense et surtout l'aide à un pays en danger grave.
04:52Mais pour les Russes, ça ne passe pas comme ça facilement.
04:54Donc, bien sûr, tous les projecteurs sont fixés sur l'Europe.
04:58Parce qu'il faut dénigrer, il faut montrer surtout à la population russe que finalement, on aura l'Europe aussi.
05:06Et c'est là où joue Maria Zakharova, tout en humiliant Donald Trump par la même occasion.
05:12Parce que dans le même discours, un peu avant, elle a parlé que finalement, les objectifs de la Russie dans cette guerre ne sont pas changés.
05:19C'est toujours la démilitarisation.
05:21C'est une humiliation après la rencontre notamment entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
05:26Mais alors là, il y a une menace par les mots.
05:28Et vous en parliez, il y a un instant, Cyril Jérypter, il y a aussi une menace par les actes.
05:33On va parler de cette journée de mobilisation du 10 septembre avec le mouvement Bloquons tout.
05:37Donc, à l'origine, c'est un mouvement qui est né sur Telegram le 21 mai 2025.
05:44Des appels ont été rapidement relayés par des réseaux pro-russes.
05:48Et a priori, le Quai d'Orsay suit toute trace d'ingérence étrangère.
05:52C'est bien ça ? Est-ce qu'il y a des preuves ?
05:54Alors déjà, nous attendons ce que Vigilum nous publiera sur le sujet.
05:58Nous en serons plus.
05:59Effectivement, le mouvement Les Essentiels qui a lancé cela, qui a un compte Telegram.
06:04Alors, je regardais un peu ce qu'était ce mouvement, de quoi il se revendique.
06:09Déjà, c'est assez amusant.
06:10Il se revendique de Coluche.
06:12Vous savez, quand il lançait son appel à la présidentielle en 81 pour se présenter un peu contre le système.
06:17Ensuite, la critique qu'il lance à Emmanuel Macron, pour eux, c'est le gouvernement se fonde sur les crises
06:24et pour l'effet du contrôle social. Donc, il critique le contrôle durant le Covid,
06:29l'aide à l'Ukraine qui justifierait selon eux l'austérité, la répression du mouvement des Gilets jaunes, etc.
06:35Mais effectivement, le mouvement… Alors, c'est sur Telegram.
06:40Ce n'est pas une preuve non plus que c'est les russes derrière.
06:42Mais ce sont des Français qui ont bien lancé cela.
06:45Mais effectivement, un de vos journalistes, M. Raphaël Grabli, notait il y a quelques jours
06:49que l'un des mots clés utilisés, le gouvernement de tromperie, avait été relayé par des comptes qui sont pour Poutine.
06:56Effectivement, il l'a mentionné d'eux.
06:58Et que ça aurait fait effet de boule de neige, potentiellement.
07:01Michel Polaco, est-ce que ça vous étonnerait que la Russie soit derrière aussi ce mouvement ?
07:07Je crois que nous sommes 65 millions dans ce pays
07:11et qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui sont capables d'entendre et de comprendre ce que vous venez de dire.
07:16Il y a peut-être quelques spécialistes très savants au Quai d'Orsay
07:19qui sont capables, à travers des agences spécialisées, d'analyser des propos tenus par Telegram au mois de mai
07:25et qui, éventuellement, auraient encouragé un mouvement qui se développerait en France pour le 10 septembre
07:31et qui deviendrait Bloquons tout.
07:33Moi, dans le Périgord d'où j'arrive aujourd'hui, je peux vous dire qu'il n'y a personne qui suive ce genre de…
07:40Il n'y a pas de source d'information pour arriver à ça.
07:42Vous voyez, il n'y a pas de… d'abord, les réseaux sociaux sont très peu suivis par les gens dans la province,
07:49peut-être par des jeunes, certainement.
07:50C'est quand même 22 millions de vues sur TikTok, c'est quand même 5 000 pages Facebook.
07:54Dans le Périgord, il y a des gens qui regardent Facebook tous les jours, je pense.
07:57Je suis d'accord, il y a des gens qui regardent Facebook,
07:59il y en a beaucoup qui sont complètement étrangers à ce genre de choses
08:03et je ne pense pas beaucoup qu'il va y avoir beaucoup dans la rue le 10 septembre
08:07qui auront été influencés par ce genre de manœuvre.
08:10Je ne dis pas qu'elles n'existent pas, je dis simplement qu'à mon avis,
08:13c'est des choses sans gros effets.
08:16– Régis Janté, vous qui vous êtes beaucoup penchés sur les ingérences russes,
08:20notamment en Géorgie aussi, on sait qu'il en est question aussi.
08:23– Si on regarde le fonctionnement souvent des Russes,
08:26comment ils utilisent les réseaux sociaux,
08:28en fait, ils n'ont pas forcément besoin de créer l'information initiale,
08:31parce qu'on peut tout à fait comprendre, et c'est sans doute la réalité d'ailleurs,
08:34qu'elle est née simplement de la logique française,
08:37des batailles politiques en France, etc.
08:38En revanche, ils ont un très grand talent,
08:40ils déploient beaucoup de moyens pour repérer les arguments
08:43qui vont faire mal, qui vont pouvoir affaiblir le pouvoir,
08:46diviser l'opinion, affaiblir le régime français,
08:49le régime démocratique, qui était républicain, etc.
08:52Et ça, c'est là qu'ils peuvent être très forts,
08:53et donc les relayer tout simplement.
08:55– C'est nous qui faisons le tam-tam en fait,
08:57c'est nous qui faisons le tam-tam de tout ça.
08:58– Et ensuite ils peuvent simplement le booster,
09:02le pousser simplement en le relayant.
09:03– Vous voulez dire qu'ils s'emparent d'un mouvement
09:05et qu'ils jettent de l'huile sur le feu ?
09:07– Oui, on l'a vu plein de fois, on l'a vu plein, plein de fois.
09:09– Il existe chez les Russes, dans les services spécialisés,
09:13il existe carrément les départements de surveillance,
09:16peut-être les humeurs de la société,
09:18et même il y a des gens qui sont spécialisés sur la France,
09:20qui observent ce que se passe au niveau des réseaux sociaux,
09:23quelles sont les révendications, les mécontentements,
09:25et mon Dieu, il y en a beaucoup, bien sûr,
09:27dans n'importe quel pays on peut toujours trouver.
09:29Et après ce qu'ils font, c'est qu'ils soufflent sur les braises,
09:32ils font de quelque chose à ses moyens,
09:34mais ils font toute une histoire, comme vous avez bien dit,
09:37par rapport aux puces de lits.
09:38Vous voyez, c'était n'importe penesse de livre, pardon.
09:41Mais finalement, après c'est disparu, personne n'en parle.
09:44C'est là où ils sont quand même forts.
09:46Il faut savoir que notre ennemi, la Russie,
09:48ils sont très forts dans la désinformation,
09:50dans la création de fakes,
09:51et aussi dans toute cette création de problèmes,
09:55ou peut-être, comme les caisses de résonance,
09:57augmentation des problèmes,
09:58là où finalement on peut le régler sans autant de bruit.
10:01Mais ce qui compte, c'est l'image,
10:03parce qu'ils doivent détruire aussi l'image de la France.
10:06Et je ne sais pas comment ça va se passer le 10 septembre,
10:09j'espère que le peuple français aura suffisamment de réflexions
10:14pour quand même montrer une bonne image de leur pays.
10:16On ne va pas revenir sur la politique, mais plus sur...
10:18Mais tous les journalistes vont prendre les images les plus criants,
10:21vous voyez, justement, pour faire cet écho à l'international.
10:23Thierry Arnaud, est-ce que ça peut quand même fragiliser le pays,
10:27justement, toutes ces ingérences russes ?
10:29On en parle de plus en plus.
10:30C'est l'objectif, et c'est la raison pour laquelle
10:32les moyens déployés sont absolument considérables, systématiques.
10:36Ça concerne les élections, ça concerne les mouvements sociaux,
10:39ça concerne la politique, ça concerne tous les sujets
10:42que l'on sait être sensibles,
10:43et qui peuvent effectivement créer le désordre dans le pays,
10:46sont mis à profit par ces services russes.
10:47Évidemment, il en est de plus en plus question.
Écris le tout premier commentaire