00:00Notre pays se trouve dans une situation inédite.
00:04Après les crises que nous avons traversées, la croissance de l'Union européenne reste
00:09à tône, et ce ralentissement nous fait collectivement courir un risque d'effacement.
00:14Un risque d'effacement face à l'interventionnisme agressif de nos concurrents, et notamment
00:21la Chine et les Etats-Unis.
00:23Je veux redire ici que c'est dans ce contexte que la France résiste.
00:28Sa croissance est meilleure que la moyenne de la zone euro.
00:32Le chômage est proche de son taux le plus faible depuis désormais 40 ans.
00:37La France recommence à rouvrir des usines, ses exportations augmentent, et l'inflation
00:44baisse.
00:45Elle atteignait plus de 4,5% l'an passé, elle est passée au mois d'août sous la
00:50barre des 2%.
00:52Grâce aux réformes portées par les précédents gouvernements, grâce aux baisses d'impôts,
00:56aux réformes de l'assurance chômage et des retraites, nous avons fait progresser
01:00le taux d'emploi des seniors, nous visons le plein emploi, et la France est devenue
01:04le premier pays attractif d'Europe pour les investisseurs.
01:08En somme, nos fondamentaux économiques sont robustes.
01:12C'est dans ce contexte que nous présentons le projet de loi de finances pour 2025 avec
01:18mon collègue Laurent Saint-Martin.
01:19Car si l'économie française résiste, je le disais, notre dette publique est colossale.
01:27Après 50 ans de budget déséquilibré, à cause d'une dépense publique qui a augmenté
01:32tous les ans depuis des décennies, parfois pour de bonnes raisons, notre dette atteindra
01:37près de 3 300 milliards en 2024, soit près de 113% du PIB.
01:44Cette dette, ce n'est pas qu'une question financière, c'est un objet, un sujet politique
01:50qui concerne tous nos compatriotes, c'est un sujet qui concerne les générations futures,
01:55qui concerne notre souveraineté et qui concerne notre crédibilité internationale.
01:59Cette dette concerne aussi tout simplement nos services publics, elle pèse sur notre
02:05budget.
02:06Avec 60 milliards d'intérêts versés cette année, dont 50 milliards d'euros concernent
02:12la dette de l'État, ces intérêts risquent de devenir en 2027 le premier poste du budget
02:19de l'État.
02:20C'est pour cela que ce budget vise à passer d'ici 2029 dans une trajectoire concertée
02:26avec nos partenaires, sous le seuil des 3% de déficit, comme l'a annoncé le Premier
02:32ministre Michel Barnier.
02:33Ce seuil, c'est celui qui nous permettra de stabiliser notre dette, de nous donner
02:39un horizon de désendettement.
02:40L'objectif premier de ce budget pour 2025, de la trajectoire qui l'accompagne, c'est
02:46de réduire notre déficit, de contenir notre endettement, c'est pour cela que nous nous
02:51fixons un objectif de 5% du déficit en 2025, d'abord, avant tout, grâce à des réductions
02:59dans la dépense publique de tous les acteurs, États, collectivités locales et sphères
03:05sociales.
03:06Cela doit nous permettre de protéger notre signature et d'assurer notre stabilité macro-économique.
03:14Ces mesures doivent, certes, nous permettre de résorber notre déficit, mais elles doivent
03:19nous permettre de conserver notre dynamisme et notre croissance.
03:23Seulement, en ayant intégré cet effort sans précédent de baisse de la dépense publique,
03:30nous pouvons aborder la question de la fiscalité, et en matière de fiscalité des entreprises,
03:35les hausses doivent être, et elles seront, je l'ai dit et j'insiste, temporaires, ciblées
03:41et exceptionnelles, nous ne changerons pas notre doctrine fiscale et notre politique
03:46de l'offre en faveur de l'emploi, de l'investissement et de l'activité.
03:50L'ensemble des mesures fiscales a été détaillé durant la conférence de presse
03:55de cet après-midi, je n'y reviens pas.
03:57Je finis en rappelant qu'avec mon collègue ministre des Comptes publics, nous sommes
04:02à la disposition désormais de la représentation nationale pour que le débat parlementaire
04:07vive, aussi pour que des propositions puissent être faites pour améliorer ce projet qui
04:12est évidemment perfectible, pour vous dire aussi que je m'engage personnellement à
04:17ce que chaque proposition qui permette de substituer à 1 euro de fiscalité, 1 euro
04:23de dépense publique, sera instruite avec le plus grand soin et retenue à chaque fois
04:28que c'est possible.
04:29Face à la dette colossale que nous avons devant nous, face aux déficits qui ont filé
04:34et qui pourraient continuer de filer, mesdames et messieurs, soyons courageux et soyons collectivement
04:39à la hauteur de ce moment.
04:41Je vous remercie.
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