- il y a 2 ans
Mardi 13 février 2024, SMART BOURSE reçoit Jean-Jacques Friedman (Directeur des investissements, Vega IM) , Christopher Dembik (Conseiller en stratégie d’investissement, Pictet Asset Management) et Vincent Guenzi (Directeur de la Stratégie d'Investissement, Cholet Dupont Oudart)
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00:00 [Générique]
00:10 Et c'est parti pour Planète Marché, nous avons une quarantaine de minutes ensemble pour décrypter les tendances et les informations qui nous proviennent de la Planète Marché.
00:18 Trois experts sont aujourd'hui avec nous en plateau pour décrypter les actualités financières.
00:23 Christopher Dembik tout d'abord nous accompagne. Bonsoir Christopher Dembik.
00:26 Vous êtes conseiller en stratégie d'investissement chez PICTE Asset Management.
00:30 Nous avons le plaisir d'accueillir également à vos côtés Vincent Guenzy. Bonsoir Vincent Guenzy.
00:34 Bonjour.
00:35 Directeur de la stratégie d'investissement de Cholet-Dupont-Houdard et nous avons le plaisir d'accueillir également Jean-Jacques Friedman.
00:40 Bonsoir Jean-Jacques Friedman.
00:41 Bonsoir Nicolas.
00:42 Directeur des investissements chez Vega IM.
00:44 Alors messieurs, beaucoup d'informations, beaucoup d'actualités aujourd'hui mais surtout une, ce chiffre de l'inflation aux Etats-Unis,
00:51 attendu comme la statistique majeure de la semaine dans un contexte où le S&P 500 avait passé vendredi dernier les 5000 points,
01:00 il vient de repasser en dessous en perdant près d'un pour cent à l'heure actuelle.
01:04 Peut-être commencer avec vous Christopher Dembik, ce chiffre de l'inflation.
01:08 Il y avait des attentes peut-être un peu optimistes sur cette idée que l'inflation se dégonflait progressivement dans le meilleur des mondes
01:14 avec une économie américaine qui résistait, une inflation qui se rapprochait tranquillement des 2%.
01:19 On se rend compte là que l'inflation persiste peut-être un tout petit peu plus que prévu.
01:24 Est-ce que c'est de nature à remettre en cause un scénario sur l'économie américaine en 2024 ?
01:29 Alors pour répondre très clairement non.
01:31 En revanche sur l'inflation, trois points qui sont importants.
01:34 Un, d'abord on était quand même sur un mois de janvier qui est traditionnellement volatile au niveau des chiffres de l'inflation.
01:40 Donc ça veut dire qu'il ne faut pas surinterpréter les données qui ont été publiées.
01:43 Le deuxième point, la Fed, la BCE, toutes les banques centrales nous répètent depuis plusieurs mois, plusieurs trimestres,
01:48 qu'on est sur un régime d'inflation plus volatile.
01:51 Ce qui fait effectivement qu'on peut avoir des sursauts en fonction des données.
01:54 Le dernier élément, c'est que la Fed, bien évidemment on commente l'indice des prêts à la consommation, on sait son importance.
02:00 Malgré tout, ce n'est pas ce que regarde aujourd'hui la Fed.
02:02 Puisque finalement l'indice des prêts à la consommation est sur une tendance de baisse.
02:06 La désinflation est bien amorcée malgré ce mois de janvier.
02:09 Ce qui est problématique pour la Fed, c'est l'inflation dans les services hors loyer.
02:13 Hors loyer, puisque c'est considéré comme un indicateur un peu décalé et assez peu représentatif avec une nécessité d'amélioration statistique.
02:19 La réalité, c'est que là, la désinflation est amorcée mais elle est beaucoup plus lente.
02:23 On est sur un glissement sur 6 mois autour de 3,6% de mémoire.
02:27 Ce qui est beaucoup trop élevé et c'est ça que regarde plutôt la Fed, bien plus que l'indice des prêts à la consommation,
02:32 même que l'indice PCO Corp qui est souvent mis en avant.
02:34 Donc ça veut dire quoi ?
02:35 C'est dire que pour la Fed, l'objectif, et ça ne change pas par rapport au discours qu'elle a pu tenir dans les mois précédents,
02:40 c'est qu'elle va attendre un tout petit peu avant de baisser les taux, le marché l'a bien compris à cet égard,
02:46 et surtout qu'on est sur un régime de baisse des taux qui n'aura rien à voir avec les cycles précédents.
02:50 Donc pas de baisse de taux agressives.
02:52 Pour moi, l'annonce en termes d'indicateur aujourd'hui n'a rien de surprise, ça ne change rien au discours des banques centrales,
02:57 puisqu'elles avaient déjà tout mis en avant à cet égard.
03:00 Après, il faut juste que le marché ajuste et c'est vrai que ça a été assez compliqué le mois de janvier
03:03 pour que le marché comprenne qu'on n'aura pas au mois de mars ou au mois de mai, maintenant c'est au mois de juin,
03:08 de baisse de taux qui vont être agressives.
03:10 On ne va pas être sur 150 points de base, 160 points de base du côté de la Fed par exemple sur un an.
03:15 Et ça, le marché doit bien le comprendre.
03:17 Mais il suffit un peu d'écouter les banquiers centraux, de regarder les statistiques.
03:20 Donc on savait tous que ce serait volatile sur l'inflation, en tout cas du point de vue économique,
03:24 vous avez très peu d'économistes, je crois, aucun à ma connaissance,
03:26 qui met en avant que ce serait un chemin tranquille pour arriver au 2% cette année.
03:30 Donc le sujet, ce n'est pas tellement le chiffre de l'inflation en lui-même,
03:33 c'est l'optimisme, le grand optimisme des marchés depuis quelques mois,
03:37 à partir du moment où l'idée d'une baisse de taux a été annoncée au niveau de la Fed.
03:41 C'est toujours la même chose, c'est-à-dire que c'est ce fameux décalage qui est plus ou moins accentué.
03:45 Là, le problème, c'est qu'en janvier, il était très accentué,
03:47 entre les anticipations du marché et ce que nous annoncent et ce que font souvent quand même les banques centrales.
03:52 Et on avait effectivement un décalage qui était assez élevé.
03:54 On avait à peu près un décalage similaire l'année dernière,
03:57 simplement le sujet c'était plutôt on va augmenter les taux que les baisser à ce moment-là.
04:00 On avait un décalage entre, si on regardait janvier 2023 et ce qui s'est passé,
04:05 le marché, vous avez un différentiel entre les anticipations du marché
04:08 et ce qui s'est réellement produit par les banques centrales de 100 points de base.
04:10 Alors malgré tout, l'année 2023 a été plutôt un bon cru en bourse,
04:14 donc ça veut dire que ça peut bien se passer cette réduction du décalage.
04:17 C'est pour ça qu'il ne faut pas exagérer, on le voit bien,
04:19 depuis le mois de janvier, le marché commence à intégrer cette donnée.
04:21 On sait qu'on est probablement sur un cycle qui va être un peu différent,
04:24 le marché l'intègre, on est sur 3-4 baisses de taux maintenant.
04:26 Donc c'est progressif et pour moi ça induit qu'il n'y a pas un à-coup,
04:30 ce n'est pas négatif pour la bourse et surtout fondamentalement,
04:33 on a une économie américaine qui est très résiliente,
04:36 plus résiliente qu'anticipée fin d'année 2023.
04:39 Et donc ça c'est l'élément qui est central et le marché l'a bien compris.
04:42 Les indicateurs sont là pour montrer la résilience.
04:44 Surréaction des marchés européens et américains aujourd'hui sur le sujet
04:47 ou simple réajustement alors ?
04:49 Réajustement par rapport au consensus, on était je crois sur le consensus Bloomberg
04:52 avec 2,9%, effectivement on est un peu plus élevé, donc c'est un peu négatif,
04:56 ça ne change pas la donne, probablement que demain si on a des bons résultats
04:59 dans l'entreprise, on va être quand même sur une bonne tendance.
05:01 Donc c'est plutôt un petit à-coup par rapport à un différentiel au niveau du consensus.
05:05 Vincent Guenzi, la même question mais posée un peu différente,
05:08 ce chiffre d'inflation, un retour à la réalité pour les marchés quelque part ?
05:11 Oui on l'a dit, un retour à la réalité et surtout moi je regardais les courbes,
05:15 une confirmation que le rythme d'atténuation de l'inflation, il est très faible.
05:19 Et donc avant d'arriver à 2,5%, il va falloir un certain temps.
05:22 Les marchés eux, par nature, observent les chiffres jour après jour
05:26 et se disent peut-être qu'on aura une bonne surprise et que l'inflation va à un moment donné
05:29 accentuer son reflux, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.
05:33 Il y a un autre élément, outre les éléments de loyer qui ont été mentionnés
05:38 que moi je regarde beaucoup, c'est les salaires.
05:40 Les derniers chiffres de hausse des revenus des salariés étaient quand même assez impressionnants
05:44 et même si on regarde en moyenne trimestrielle, on est à plus de 5.
05:47 Donc ça ce sont deux éléments qui vont effectivement contraindre la Fed à garder le même discours
05:51 et en disant on sera prêt, mais on veut avoir une confirmation que l'économie, même si elle est forte,
05:57 ne va pas relancer une tendance inflationniste.
06:01 Donc elle veut que la désinflation s'installe davantage et plus longtemps.
06:05 Donc effectivement ça va repousser les anticipations de baisse des taux.
06:08 Mais ça veut dire qu'elles peuvent encore être poussées, c'est effectivement le jeu d'essayer de pricer le timing au plus près.
06:14 Et tant qu'en même temps on a une économie qui est résiliente et des résultats qui tiennent,
06:18 il n'y a pas non plus de raison d'avoir un accident sur les marchés,
06:21 parce que ce qu'on perd d'un côté, on le gagne de l'autre.
06:24 L'accident c'est si à un moment donné on a des signaux brutaux et inattendus de forte dégradation de l'activité,
06:30 alors que la Fed est toujours sur son scénario "sauf arce ou goutte, je baisse pas mes taux".
06:35 Et c'est là que les marchés pourraient se faire beaucoup plus peur et craindre l'erreur de politique monétaire.
06:42 Ce qu'on avait complètement oublié jusqu'à présent.
06:45 Après la réaction des marchés actions, tant qu'on a une correction qui va de 1 à 3%, c'est pas grave.
06:52 C'est ordinaire, quel que soit le prétexte, c'est simplement qu'à un moment donné le marché a besoin de souffler.
06:57 Et il y aura probablement des personnes sous-investies qui en profiteront.
07:01 Donc je crois que c'est un petit peu tôt pour se fixer définitivement une opinion là-dessus.
07:07 Moi ce que je crois effectivement c'est que la désinflation va être plus lente.
07:11 Mais ce que je constate aussi c'est qu'elle est moins rapide et moins forte qu'en Europe.
07:16 Donc une désinflation plus lente, une économie américaine qui résiste plutôt bien,
07:20 effectivement des tensions sur les salaires.
07:23 On est sur un scénario de soft lending mais qui se décale encore et encore et encore sans réellement savoir.
07:29 Peut-être que le spectre récessif est lui pour le coup repoussé,
07:32 mais quel est votre scénario Vincent Guenzi sur l'économie américaine cette année ?
07:36 C'est mon scénario mais c'est aussi ce que j'observe un peu partout.
07:39 On voit que de plus en plus de maisons qui avaient un scénario de récession intermédiaire se disent
07:44 "Bon elle arrivera peut-être mais pour l'instant on n'a aucun signal".
07:47 Soft lending réussit, ah bah oui c'est un peu le consensus.
07:50 Le no lending il est de plus en plus courant.
07:53 Donc finalement ça va de paire avec ces espoirs de baisse des taux qui sont repoussés
08:00 parce que la croissance reste résiliente.
08:02 Donc effectivement on était à 1,5, on se rappelle entre 1,5 et 2 de croissance aux Etats-Unis,
08:06 encore un petit peu moins que cette année.
08:08 Donc c'est quand même une croissance qui s'infléchit tout doucement, pareil en Europe.
08:12 Mais quand est-ce que la récession arrivera, il faut qu'il y ait un choc.
08:17 Donc le livre de récession aux Etats-Unis n'est pas complètement écarté dans les scénarios, c'est ce que vous dites ?
08:23 Je pense que ça arrivera.
08:26 Tout ceux qui restent très accros au scénario de récession ne font que repousser ce scénario
08:32 une fois qu'on aura épuisé toutes les cartouches, toutes les marges de manœuvre.
08:36 Que le chômage aura vraiment atteint un point bas et qu'il commencera à remonter.
08:42 Mais c'est vrai que pour cette année, même un scénario récessif de un trimestre ou de deux trimestres,
08:48 on a du mal à voir les raisons fondamentales pour que ce soit un accident exogène.
08:53 Jean-Jacques Friedman, donc no lending d'un côté sur l'économie américaine
08:59 et non information sur le chiffre de l'inflation au mois de janvier aux Etats-Unis
09:05 ou quand même il faut le prendre en compte ?
09:07 Il faut le prendre en compte parce qu'il faut introduire quand même une volatilité pendant quelque temps.
09:10 Le marché se focalise toujours sur quelque chose.
09:12 Là il y avait les résultats, il y a eu la confirmation de statistiques pas mauvaises.
09:16 Tous les chiffres ont été volatils en janvier.
09:18 Non seulement ce chiffre-là mais les chiffres d'ISM au plus haut depuis 15 mois,
09:22 les chiffres de création d'emplois qui ont vraiment marqué les esprits aussi.
09:25 On pouvait s'attendre aussi à une volatilité.
09:27 Il nous semblait que le risque était asymétrique.
09:29 Il y a ça plus les déclarations américaines qu'on pensait plus tardives sur le risque géopolitique.
09:35 Les deux en s'associant peuvent créer de la volatilité.
09:37 Je ne pense pas que ce soit le point de retournement quand même du marché.
09:40 Ça arrive à un moment où la croissance est forte.
09:42 Et au contraire, avoir une croissance forte et décaler et se dire que la bonne nouvelle c'est dans quelques mois,
09:48 tant que c'est un report, pour le marché ça sera bien.
09:51 Ce qu'il y a c'est que si c'était vraiment...
09:53 Voilà, la baisse des taux n'était plus dans le scénario.
09:56 Mais tant que c'est un report, je pense que ça sera quand même bien perçu.
09:59 Et que le moment d'inquiétude, souvent, le paradoxe c'est quand le mouvement de baisse des taux se déclenche,
10:04 que là il y a une interrogation.
10:06 Le marché souvent se dit "bon bah c'est plutôt pas mal, il y a un ralentissement".
10:09 Et au moment de la deuxième, troisième baisse, souvent il se dit "peut-être qu'on se trompe et qu'on va vers une récession".
10:14 Et là la baisse des taux est insuffisante pour compenser le scénario récessionniste.
10:18 Et c'est souvent là où le marché plonge.
10:20 Donc tant qu'on repousse finalement, c'est pas si mal, c'est peut-être le meilleur scénario existant pour les marchés ?
10:25 Nous on vient souvent sur le plateau pour défendre depuis très longtemps un scénario positif.
10:31 Mais on a un scénario d'ici quelques mois, je pense, où il y aura cette phase dangereuse.
10:35 A la fois pour le risque géopolitique et pour le risque qu'on décrit là.
10:39 Donc je pense que la statistique en elle-même, qui est un statique de report, ne modifie pas ça.
10:44 Et il y a des économistes justement qui se disent "les chiffres peuvent être très volatiles pendant 2-3 mois,
10:47 vaut mieux que ça arrive maintenant et qu'après il y a plus de lisibilité".
10:50 Sur le marché européen, la baisse de l'inflation était plus inscrite et plus visible.
10:55 Sur le marché américain, il y avait cela.
10:57 Il y a aussi les statistiques autour du fret aussi, qui peuvent perturber un petit peu le débat pendant quelques temps.
11:04 On voit bien que ça peut aussi créer des blocages et des problèmes d'approvisionnement
11:08 et donc engendrer aussi quelques éléments inflationnistes.
11:11 Et puis vous l'avez mentionné, c'est vraiment l'effet de second tour un peu sur les hausses de salaire à 4,5%.
11:18 Donc ça, par définition, ça ne peut pas être compensé uniquement par la baisse des biens.
11:24 Ce chiffre paraît assez logique, somme toute.
11:28 Et cet atterrissage de l'économie américaine ?
11:31 Alors nous, il ne nous surprend pas du tout.
11:34 Ce qui est absolument incroyable, c'est comment avec 6% de déficit budgétaire, on peut avoir une récession.
11:39 C'est ça qui nous semblait, nous, assez curieux.
11:42 C'est-à-dire qu'il y a tellement d'argent qui est mis sur la table
11:45 qu'il y avait dans un premier temps toute cette épargne accumulée des consommateurs
11:49 qui expliquait finalement qu'on n'est pas tombé en récession.
11:52 Aujourd'hui, il y a quand même le moteur de salaire supérieur à l'inflation qui pousse encore.
11:56 Et là, il y a eu l'indice de la confiance des consommateurs qui était au plus haut depuis deux ans.
12:00 Et puis il y a un déficit budgétaire important et cette masse d'argent, d'investissement
12:05 qui d'ailleurs arrivera en Europe bientôt.
12:09 L'équivalent du plan Repower.
12:12 Comme ça fait très longtemps qu'il a été voté, on a l'impression qu'il a été là, mais il n'est pas du tout là.
12:17 Il y a des élartours entre Parlement, Europe et Nationaux.
12:20 Donc les investissements ne sont pas là ?
12:22 Les investissements ne sont pas là.
12:23 Ce qui veut dire que sans doute en 2021, on est dans le creux de la vague en Europe,
12:26 mais peut-être qu'en 2024, 2025, il y aura aussi un peu le même phénomène
12:29 où on sortira un peu la tête de l'eau.
12:32 Grâce à une relance budgétaire.
12:34 Grâce à une relance budgétaire, oui.
12:36 On reste dans le scénario de soft lending et certains basculent dans le no lending.
12:42 Pourquoi pas, oui.
12:43 Christopher Dembik, peut-être un petit mot sur l'économie américaine.
12:46 On a commencé avec l'inflation.
12:47 Peut-être une réaction à ce qu'ont dit Vincent Guenzi et Jean-Jacques Friedman
12:50 avant d'aller sur le scénario européen également.
12:53 Outre effectivement le déficit budgétaire qui est déjà en soi un argument massif,
12:57 et ça c'est indéniable.
12:58 L'autre point, c'est que du côté américain, vous avez le retour durable, structurel,
13:03 au ressemblement de la productivité.
13:04 Les derniers chiffres ont été publiés, +3,4% au quatrième trimestre de l'année dernière.
13:08 Donc bien évidemment c'est lié à la politique budgétaire de relocalisation d'activités,
13:12 notamment dans les semi-conducteurs, donc très largement subventionnés par le gouvernement fédéral.
13:17 Mais la réalité c'est que quand vous avez quand même du déficit, de la productivité qui est là,
13:21 un marché du travail qui est en phase de rééquilibrage,
13:24 même si bien évidemment on peut toujours débattre longuement de la volatilité du chiffre d'inflation aujourd'hui,
13:28 on a quand même ce processus de désinflation qui est amorcé.
13:30 Force est de constater que vous avez à minima un scénario de soft lending qui est bien là.
13:35 Le seul point d'interrogation de mon point de vue, c'est fondamentalement,
13:39 est-ce que la Fed va être en mesure d'assouplir la politique monétaire
13:42 sans que ça crée des stabilisations au niveau du marché financier ?
13:45 Alors il y a la petite question des banques régionales américaines qui est toujours sur la table,
13:49 qui ne revient pas mais qui est toujours sur la table la réalité.
13:52 Notre point de vue, ce n'est pas un vrai vrai sujet, dans le sens que ce n'est pas un sujet systémique.
13:57 On n'est plus sur un scénario notamment caisse d'épargne américaine dans les années 80,
14:01 ça nécessitait plus d'une décennie à assainir, ça n'a pas créé de choc financier,
14:04 ça a eu un petit impact négatif sur la création de crédit, ça n'a pas créé de récession, on est sur ce scénario-là.
14:09 La Fed a beaucoup d'outils à mettre en place.
14:11 Aujourd'hui vous avez une facilité de prêt qui va expirer le 11 mars,
14:14 elle peut aussi ralentir la réduction de son bilan ou complètement l'arrêter.
14:18 Donc il y a énormément de soupes de sécurité pour justement que cet aspect système financier ne se déstabilise pas.
14:24 Côté européen, à l'inverse, fin d'année dernière, le consensus était peut-être un peu trop optimiste
14:30 par rapport à l'évolution de l'économie européenne.
14:32 C'est là où on a quand même des chiffres qui ne sont pas glorieux, le moins qu'on puisse dire.
14:37 On a plus de mal à repartir en Europe.
14:40 On a plus de mal à repartir, on a au moins en tout cas en revanche effectivement sur l'inflation,
14:43 le processus de désinflation était beaucoup plus rapide que prévu,
14:46 même si la BCE a toujours ses craintes au niveau des salaires,
14:50 la réalité c'est que ça ne se matérialise pas vraiment dans les chiffres au niveau européen
14:53 et c'est une donnée aussi qui est très largement révisée sur les anticipations de hausses de salaire.
14:56 Donc pour moi ce n'est pas une inquiétude.
14:58 En revanche, la problématique c'est comment on renouer avec une croissance qui est plus élevée,
15:02 qui serait proche de son potentiel.
15:04 Pour nous on l'estime autour de 1,5% pour la zone euro, mais ça donne un ordre de grandeur.
15:08 Et là, il n'y a pas d'élément à court terme sur l'année 2024 qui permet d'être très optimiste.
15:13 Alors en revanche, on sait qu'on aura plus de déficit budgétaire.
15:16 On le sait très bien, on estime que c'est à peu près 2 points de pourcentage de plus
15:20 par rapport à ce qui existait avant 2019, du fait de toutes les transitions, etc.
15:24 Mais côté européen, ce sera toujours inférieur à ce qui est fait du côté américain.
15:28 Et surtout, c'est probablement fait un peu plus intelligemment aux Etats-Unis
15:32 où fondamentalement ils se disent on a quelques politiques industrielles qu'on va mettre en avant.
15:36 Là c'est les semi-conducteurs, on verra après la présidentielle quelles seront les autres priorités.
15:40 Et on subventionne au maximum, on arrive à faire de la création d'emplois durable derrière cela,
15:45 des gains de productivité.
15:46 En Europe, on a toujours cette stratégie qui est liée aussi à la structuration institutionnelle de l'Europe.
15:51 C'est-à-dire qu'on va essayer de faire un peu en fonction de toutes les industries présentes dans tous les pays.
15:55 Donc un peu de tout en même temps.
15:56 Un peu de tout en même temps et malheureusement, ça ne va pas créer les gains de productivité dont on a besoin.
16:00 Donc c'est dur d'être très optimiste pour la zone euro, en tout cas à minima cette année.
16:05 L'Europe aurait-elle besoin d'un soutien monétaire plus rapide que ce qu'on pourrait voir aux Etats-Unis, Christophe Ardenbic ?
16:11 Économiquement, l'argument va dans le sens où il faudrait baisser les taux plus rapidement.
16:15 Que ce soit parce que vous avez une économie qui est un peu au bord de la récession.
16:20 Du côté allemand, vous avez quand même besoin aussi d'assouplir un peu la politique monétaire,
16:25 surtout je pense sur le segment immobilier qui est la problématique.
16:27 Concrètement pour moi aujourd'hui, baisser les taux directeurs, que ce soit BCE ou Fed,
16:32 l'argument fondamental c'est plutôt le secteur de l'immobilier.
16:35 Il faut aider ce secteur de l'immobilier qui est en difficulté, l'immobilier commercial aux Etats-Unis,
16:38 ça vaut aussi en zone euro.
16:40 Mais ça ne va pas être aussi une solution miracle.
16:42 Parce que comme on a vu dans la phase de lutte contre l'inflation,
16:45 que l'économie est moins sensible aux taux d'intérêt élevés,
16:48 elle est aussi moins aux taux d'intérêt bas.
16:51 Ce n'est pas la seule recette, il faut aussi aller sur du budgétaire,
16:54 avec des contraintes budgétaires qu'on connaît.
16:56 On voit qu'il y a quelques tensions, notamment pour les entreprises allemandes,
16:59 pour se refinancer en ce moment à cause de la situation macro-économique à court terme.
17:02 Donc ça complexifie quand même la situation du côté européen, plus que du côté des Etats-Unis.
17:08 Vincent Ganzi, situation européenne, scénario économique européen,
17:13 la BCE peut-elle dégainer avant la Fed ?
17:16 Ça a l'air peu plausible politiquement,
17:19 mais est-ce que ce ne serait pas finalement la solution, en tout cas la nécessité aujourd'hui ?
17:24 Juste avant de venir sur l'Europe, je voudrais bien revenir sur l'aspect déficit budgétaire américain
17:30 qui a été mentionné déjà deux fois,
17:32 pour bien insister sur le fait qu'il y a une grosse différence
17:35 entre les déficits budgétaires américains et les déficits budgétaires européens,
17:38 qui est effectivement la nature des dépenses,
17:40 qui ont été pendant le Covid et après le Covid très dirigées vers la consommation,
17:45 mais qui ont complètement changé d'orientation pour financer l'investissement,
17:49 et donc une croissance durable.
17:51 Ce qui explique également pourquoi, malgré les niveaux de dettes qui commencent à enfler aux Etats-Unis,
17:55 on a des marchés obligataires américains qui restent relativement sereins,
18:01 et un dollar qui se tient bien.
18:03 C'est important pour la suite.
18:05 En revanche, il n'est pas exclu qu'en cas de risque un peu géopolitique lié aux élections présidentielles,
18:10 ce phénomène un peu stabilisateur que l'on avait soit perturbé.
18:14 Avec quand même quelques alertes sur le déficit américain,
18:17 sur le sol américain, qui laissent entendre que potentiellement il ne pourra pas continuer indéfiniment.
18:22 Mais les Etats-Unis ont toujours su réduire le déficit budgétaire quand il le fallait à un moment donné,
18:26 donc on leur fait confiance.
18:28 Sauf si c'est n'importe qui qui dirige les Etats-Unis.
18:30 Donc, on peut se poser des questions.
18:32 En tout cas, ce n'est pas tellement la personne qui dirige, c'est les faits.
18:36 C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on finance l'investissement plus que la consommation,
18:39 mais s'il y avait des aberrations économiques dans la politique des prochains dirigeants,
18:45 ça se verrait et on aurait une prime de risque qui se mettrait en place sur les taux américains,
18:49 ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
18:50 Donc, quant à l'Europe, évidemment, c'est l'éternel parent pauvre.
18:54 On a rapidement évoqué le problème de gouvernance.
18:57 À quelle vitesse les Américains ont mis en place leur programme IRA
19:00 et à quelle vitesse l'argent a été dépensé, alors que nous, on a dépensé quoi, 5% ? 10% ?
19:06 Et encore, on n'était pas tout à fait d'accord sur les orientations.
19:09 Ce qui est bien en Europe, on ne l'a pas signalé, c'est qu'il y a quand même une espèce de prise de conscience
19:13 qui est en train de se faire, merci nos agriculteurs, mais pas que en France.
19:18 C'est qu'on est en train de dire à l'Europe, bon, c'est très bien d'être vouloir vertueux, être vertueux,
19:22 mais il faut être un peu réaliste.
19:24 Et donc, je trouve que ce qui se passe en Europe, que ce soit sur le plan de l'immigration,
19:29 avec des connotations politiques, de l'agriculture, de l'écologie, de la transition énergétique, etc.,
19:36 je trouve que c'est assez positif.
19:39 Mais tout ceci va très lentement, ça se fait à 27, et donc ça ne va pas être un driver colossal,
19:46 ça ne va pas effectivement renverser la vapeur, on ne va pas accélérer de manière dramatique.
19:52 Donc j'ai un scénario assez faiblard sur l'Europe, mais on est déjà faiblard.
19:56 Donc est-ce que ça peut beaucoup se dégrader ?
19:58 On a vu dans les derniers chiffres de PMI que la récession, la contraction tendait à s'atténuer un petit peu,
20:05 mais on est toujours en contraction, d'un mois sur l'autre, donc ce n'est pas brillant.
20:08 Donc je crois effectivement que la BCE, je ne sais pas si l'économie a besoin d'une baisse des taux,
20:14 il y a des secteurs qui en ont très certainement besoin,
20:16 la BCE ne le fera certainement pas trop vite non plus,
20:19 parce que les chiffres d'inflation, même s'ils sont meilleurs qu'aux Etats-Unis,
20:22 et même si la pente de baisse est plus rapide qu'aux Etats-Unis,
20:25 on est encore à un niveau élevé, donc il n'y a pas encore suffisamment de marge de manœuvre.
20:28 Mais j'exclus de moins en moins que la BCE puisse éventuellement faire quelque chose avant la Fed.
20:33 Qui aurait commencé du coup après la Fed ?
20:36 Elle n'a jamais commencé avant la Fed, donc peut-être que pour une fois elle le ferait, sait-on jamais.
20:41 Mais derrière, il faut voir quelle va être la tenue de l'euro,
20:45 et si on a un euro qui faiblissait beaucoup trop, on sait que ça peut être un vecteur d'inflation à porter.
20:49 Donc la partie ne va pas être facile pour la BCE non plus,
20:52 on aura sans doute besoin d'elle bien avant les Etats-Unis,
20:56 mais il est un peu tôt pour savoir si elle va venir nous aider l'économie.
21:00 Avant de passer aux résultats qui vont nous emmener évidemment aux Etats-Unis et aussi en Europe,
21:04 Jean-Jacques Friedman, sur le scénario économique européen,
21:07 il y a les investissements, vous nous l'avez dit, ça va peut-être donner un petit peu de souffle 2024-2025,
21:13 on est début 2024, il n'y a pas que ça, il y a effectivement une situation monétaire,
21:18 il y a une croissance qui est faible, une économie qui peine à repartir,
21:23 une locomotive un peu absente aujourd'hui qui était l'Allemagne,
21:26 quel scénario vous avez sur l'année qui va s'épouler ?
21:29 Une augmentation des bénéfices par action assez faible, également des marges,
21:33 l'Europe en plus souffre des difficultés quand même liées à une forme de protectionnisme qui apparaît,
21:40 une forme de commerce extérieur moindre et l'Europe en souffre plus que les Etats-Unis,
21:45 et donc des marges qui devraient également s'écrêter un peu,
21:49 parce qu'on voit bien que l'aspect charges financières, hausse des salaires malgré tout,
21:53 ronge un peu des marges qui étaient sur des niveaux légèrement supérieurs à 8,5.
21:59 Après, ce qui compte et ce qui est très important, c'est les multiples de valorisation,
22:03 on a des multiples valorisation qui ne sont pas protecteurs et très bas mais qui sont quand même moyens,
22:08 c'est pour ça qu'il y a une absence d'investissement et de positionnement extrêmement important.
22:16 C'est une hausse où il y a eu peu d'investissement, ça c'est très important à voir,
22:21 avec d'énormes liquidités monétaires, et c'est pour ça que je pense que le marché s'est mis à courir un peu,
22:26 après finalement cette hausse, parfois avec un peu de retard, et ça il faut le garder en tête.
22:32 Ce qu'on trouvait c'est qu'il y avait une forme de positionnement qui aurait pu aller à cette forme d'euphorie,
22:38 mais qui pourrait être positive, on voyait les records successifs,
22:42 une participation plus importante du nombre de secteurs également,
22:46 il y avait plusieurs éléments comme ça qui semblaient aller dans le sens,
22:49 et là depuis quelques semaines, on trouve qu'il y a de nouveau un peu une fragilité dans le marché,
22:53 où on se reconcentre sur les stratégies momentum qui avaient bien fonctionné,
22:57 donc voilà, c'est cette phase euphorique qui parfois peut arriver,
23:01 alors qu'on est à des niveaux de valorisation somme toute moyenne,
23:03 on pense qu'elle a maintenant un peu de mal à s'enclencher tout de suite.
23:08 C'est pour ça que dans ce thème là, on privilégie malgré tout les valeurs de croissance,
23:12 parce qu'on a le sentiment que le potentiel de remontée des taux,
23:16 on venait de 5 aux Etats-Unis, on est au bout à 3,80, 4,30 là, 4,40,
23:21 mais ça nous semble à peu des niveaux déjà où le fait de revenir sur l'obligataire est intéressant,
23:26 et donc les valeurs de croissance qui déjà fonctionnent dans un environnement aussi haute,
23:30 qui d'habitude ne les aide pas, dans un environnement un peu de taux stabilisé, baissier,
23:34 pourraient vraiment augmenter encore leurs avances,
23:39 alors que vous vous souvenez, en tournant de l'année, on parlait des MIDCAP,
23:42 parce que c'est un flou de retrou, etc.
23:44 La question a beaucoup été posée, j'ai l'impression qu'elle aussi est repoussée,
23:47 comme le self-lending.
23:48 D'ailleurs ceux qui en parlent souvent sont un peu jugés partis,
23:51 ils disent "non, j'aimerais bien que ça arrive, etc."
23:54 - C'est vrai.
23:57 - Donc valeurs de croissance sur l'Europe, un moduluxe quand même,
24:01 qui a l'air de plutôt reprendre des couleurs, pour certaines valeurs en tout cas,
24:05 certains disent qu'il y a deux luxes aujourd'hui, qu'il faut regarder une, deux, trois valeurs,
24:09 ça ne fait pas un secteur quand même ? Est-ce qu'on a une vision sur un secteur luxe européen ?
24:14 - La différence vraiment, alors là vraiment c'est toujours le thème du gagnant qui l'emporte tout,
24:19 la différence entre LVMH ou Hermès d'un côté et Kering de l'autre, elle est vraiment manifeste,
24:25 et trimestre après trimestre on voit que ça s'accentue,
24:29 il y a vraiment des marges exceptionnels, une capacité de vente,
24:34 c'est un thème sociétal extrêmement important,
24:37 donc oui malgré la faiblesse de la Chine,
24:43 mais avec un taux d'épargne de 30% malgré tout.
24:46 Donc ce taux d'épargne à un moment donné, même s'il reste stable,
24:49 et qu'il ne se transforme pas encore en termes de consommation,
24:52 ça peut à un moment donné malgré tout aider quelques entreprises européennes,
24:58 c'est un secteur sur lequel on était historiquement très positionné, on l'est moins,
25:02 on va vers des choses un peu plus défensives, mais c'est quelque chose auquel on ne doit pas renoncer bien sûr.
25:08 - Christopher Dembik, alors on peut commencer par le luxe,
25:11 et puis on peut élargir à la saison des résultats,
25:13 mais je crois que 50% des entreprises du S&P 500 ont déjà publié,
25:17 80% d'entre elles ont publié des résultats supérieurs aux attentes,
25:20 alors je ne sais pas ce que ça veut dire réellement,
25:22 parce qu'on peut baisser les prévisions de résultats avant de les publier,
25:24 mais globalement c'est plutôt positif, d'ailleurs le marché l'a plutôt applaudi,
25:29 en Europe c'est un peu plus compliqué, mais on a quelques belles surprises,
25:32 certains sur ce plateau disent qu'il n'y en a pas suffisamment,
25:34 mais il y en a quelques-unes, comment est-ce que vous analysez cette saison des résultats à mi-parcours globalement ?
25:39 - Alors effectivement en termes de configuration de marché,
25:42 on voit bien, notamment au niveau du secteur du luxe,
25:44 et effectivement c'est un secteur qui est toujours très à privilégier,
25:48 peut-être le point qui est intéressant sur le luxe,
25:50 c'est qu'on a toujours cette vision très dépendante de la Chine,
25:52 je pense que personne autour du plateau anticipe une relance chinoise massive cette année,
25:56 on peut me contredire, mais je ne pense pas,
25:58 certains l'espèrent,
26:01 mais ce qui est assez intéressant, c'est que le luxe qui était,
26:05 quand même historiquement ces dernières années, assez dépendant en termes de vente de la Chine,
26:08 sur l'année 2023, au niveau du secteur dans son ensemble,
26:11 il a pu compenser la perte du consommateur chinois,
26:13 en trouvant des parts de marché en Europe et au niveau des Amériques,
26:16 donc pas uniquement les Etats-Unis.
26:18 Et comme on a un scénario, en tout cas à Chepité,
26:20 qui est plutôt de soft landing pour l'économie américaine,
26:22 Europe, alors ce n'est pas très réjouissant, mais ce n'est pas non plus une catastrophe,
26:25 vous avez toujours cette prise de relais au niveau du marché du luxe.
26:29 Point qui est intéressant sur le luxe aussi,
26:31 c'est que vous avez effectivement cette structuration du marché,
26:33 c'est-à-dire, pendant plusieurs trimestres,
26:36 on avait finalement l'intégralité du secteur qui en bénéficiait,
26:38 et là on voit qu'on a une différenciation qui est faite,
26:41 il y a beaucoup moins d'intransigeance des investisseurs,
26:44 notamment concernant les niveaux de valorisation,
26:46 il faut justifier finalement sa valorisation avec de bons résultats d'entreprise,
26:49 ceux qui s'en sortent mieux que les autres,
26:51 évidemment ce sont aussi ceux qui sont à l'action sur les quelques OPA,
26:54 il reste quelques entités indépendantes, on en voit à l'heure actuelle,
26:56 il y en a encore quelques-unes à la porte de millions,
26:58 probablement pour pas très longtemps,
27:00 et on voit quand même cette configuration de marché,
27:03 où le luxe reste aussi le secteur qui a caparlé flux.
27:05 Donc faire des OPA c'est un signal positif en relation avec ce qu'on voit sur Tod's en ce moment ?
27:11 C'est plutôt vu positivement,
27:13 il est déjà bien amorcé la consolidation du marché, bien sûr sur le luxe,
27:17 mais vous avez en Suisse, Suisse et Bourse italienne,
27:21 vous avez encore quelques entités indépendantes,
27:23 donc c'est un processus qui me paraît assez logique.
27:26 Du côté américain, ça reste quand même très concentré sur les 7 magnifiques,
27:30 on le voit, vous avez des statistiques qui vous montrent
27:32 qu'on est sur une concentration de marché qui est impressionnante,
27:36 sur les 10 premières entreprises du Ressal 100,
27:38 elles ont représenté à peu près 31% de la performance sur un an,
27:41 c'est massif, c'est un record historique.
27:43 Après bien évidemment, on pourra toujours considérer que ce n'est pas ça,
27:46 mais notre point de vue c'est qu'on est sur un marché boursier américain
27:49 qui est structurellement en forme oligopolistique,
27:52 avec cette concentration autour des 7 magnifiques qui va perdurer.
27:55 Et pour nous, même si bien sûr,
27:57 beaucoup de 7 magnifiques en termes de valorisation c'est assez élevé,
28:00 ça reste des valeurs qui sont intréhentes et qu'on doit avoir en bas de portefeuille.
28:03 En revanche, si vous avez un marché qui est oligopolistique,
28:06 c'est-à-dire quelques valeurs qui apparent les flux,
28:08 ça va être quand même très compliqué pour que les small cap surperforment
28:11 cette année les valeurs les plus liquides.
28:13 Mais bon, peut-être qu'on sera contredit,
28:15 mais j'ai un peu de doute sur ça, sur les small cap.
28:17 Vincent Guenzi, en réaction à ce que vient de dire Christopher Dembik,
28:20 sur le fait qu'il y a encore un peu de potentiel
28:23 pour ces 7 magnificent, ou les 6 si on sortait cela pour le moment,
28:27 mais on ne sait jamais, peut-être que l'année est encore longue,
28:31 les 7 magnificent sont-elles trop chères aujourd'hui,
28:35 alors même que c'est elles qui tirent la cote ?
28:38 Non, elles ne sont pas toutes trop chères, on ne peut pas dire ça.
28:41 Et puis il y en a certaines qui ont des business model qui sont très durables.
28:44 Il y a des petits doutes sur Apple en ce moment.
28:47 Tesla est un petit peu moins, évidemment, dans la course depuis quelques semaines.
28:51 Mais ce qui est impressionnant, c'est outre la concentration du marché.
28:54 Même au niveau du S&P, je crois que ça représente 40%,
29:01 non pas les 7, mais les 10 premières.
29:04 Donc c'est très concentré, mais c'est vrai au niveau des résultats.
29:07 J'essaie de regarder un petit peu dans le détail les publications de résultats.
29:10 Donc effectivement, ils sont meilleurs qu'attendu.
29:12 Et quand on regarde les secteurs qui performent mieux,
29:14 ce n'est pas la tech, c'est l'énergie, c'est la santé, c'est un peu les discretionaries.
29:18 Ça ne veut rien dire.
29:20 Parce qu'en fait, ils disent les biens de consommation non durables,
29:22 mais la question de la discretionaries, c'est quoi ?
29:24 Ce qui fait les résultats du secteur, c'est Amazon.
29:26 Dans la tech, vous allez avoir Microsoft, plus qu'Apple.
29:31 Vous allez avoir dans les services de communication,
29:33 qui ne sont pas le secteur en pointe en termes de bonnes surprises,
29:35 vous aurez quand même Facebook, vous aurez quand même Google.
29:37 Donc c'est quand même les 7 magnifiques qui font l'essentiel de la croissance des résultats.
29:42 Ce qui fait que non seulement c'est très concentré,
29:44 mais en plus, c'est une vulnérabilité.
29:47 Mais tant que cette vulnérabilité ne se dévoile pas,
29:51 cette croissance des résultats fait la hausse aussi de ces valeurs.
29:56 Donc effectivement, je crois qu'on est dans un "so far so good" market.
30:00 Et que ces valeurs vont continuer à concentrer l'attention des investisseurs.
30:04 Avec le recel de 1 000 négatifs depuis le début de l'année.
30:07 Et les autres secteurs ont beaucoup de mal.
30:10 Après, sur l'Europe, j'ai l'impression que c'est un peu ce qui se passe aux Etats-Unis qui se traduit en Europe.
30:16 Certes, il y a le luxe, qui est bien plus important chez nous qu'aux Etats-Unis.
30:20 Donc c'est un phénomène à part.
30:21 Et qui s'inscrit exactement dans la même lignée que les plus belles valeurs américaines.
30:25 Et puis vous avez quelques valeurs de tech.
30:27 Donc vous allez retrouver ASML, vous allez retrouver ADN qui surprend positivement.
30:33 Vous allez retrouver, pas des STM, mais d'autres valeurs de SMI.
30:36 Vous avez ARM qui a explosé parce qu'on se dit "ah tiens, évidemment, l'intelligence artificielle va les toucher".
30:41 Donc voilà, on n'a pas encore fait la bulle.
30:43 Mais ce n'est pas forcément une bulle de valo, mais ça peut être une bulle de détention.
30:47 Et je pense que ça va continuer jusqu'au moment où il y aura quelque chose qui ne sera plus supportable.
30:54 En ce qui concerne la relation entre les taux et les différents secteurs de marché,
30:59 moi j'ai l'impression que depuis quelques mois, ce que l'on voit c'est que quand les taux remontent,
31:04 évidemment ça attaque les valeurs de croissance.
31:06 Ça ne fait pas plus monter les valeurs cycliques et les values parce qu'on se dit "si les taux remontent, c'est mauvais pour la croissance".
31:12 Quand les taux se stabilisent à un environnement économique à peu près stable,
31:16 les valeurs de croissance qui ont plus de croissance que le reste de marché,
31:19 re-performent, sur-performent à nouveau.
31:22 Et c'est quand les taux se mettent à baisser que là on se dit "ah bah tiens, peut-être qu'il faut jouer les valeurs en retard".
31:27 Et on vient un petit peu plus sur les cycliques que les values.
31:29 Ce qui explique que de temps en temps, le momentum change de secteur, change de valeur,
31:33 mais c'est extrêmement variable, ce n'est pas constant.
31:37 Donc c'est très difficile à jouer.
31:39 Si on ne veut pas se poser de questions, on se dit "ben voilà, il y a des belles valeurs de croissance,
31:42 à chaque fois qu'il y a des petits accidents comme aujourd'hui, on en achète".
31:45 Et si on veut acheter du décoté, il faut avoir une vue très long terme en disant "bon, cette décote ne restera pas à l'infini".
31:52 En acceptant justement que le long terme soit repoussé, comme ce qu'on pouvait voir sur les small limit.
31:58 Jean-Jacques Fridman, je reste sur ces "seven magnificent" pour vous donner la possibilité de vous exprimer dessus aussi.
32:04 J'ai demandé à Vincent Guenzi si elles étaient trop chères.
32:06 La réponse est, de ce que je comprends, non, pas aujourd'hui.
32:10 Sans faire de conseil d'investissement, ça fait encore sens d'acheter des valeurs au plus haut.
32:15 Alors peut-être pas aujourd'hui, parce que là effectivement, il y a eu une petite respiration,
32:19 mais ce n'est pas trop cher et le plus haut d'aujourd'hui n'est potentiellement pas le plus haut de demain,
32:24 si on en croit le potentiel de croissance de ces valeurs.
32:26 Exactement, même si on prend un titre comme Nvidia, où il y a le mouvement d'accélération le plus puissant,
32:33 quand on a 70% de hausse des résultats prévus, on voit bien qu'en réalité, si on compare en termes de PEC,
32:39 c'est pas... alors la boîte que vous citiez, là c'était un peu... il y a un flottant très faible,
32:44 alors là il y a une spéculation particulière, mais pas sur ces boîtes-là.
32:47 Alors après, ce que le marché essaye de jouer, sans aller dans les mid-cap, c'est de se dire,
32:52 dans ce thème-là, vous voyez, par exemple, il joue le nex 100 du Nasdaq,
32:55 en disant que les valeurs plus petites du Nasdaq, elles, peuvent être emportées par ce mouvement.
33:00 Mais nous, ce qu'on aurait espéré, c'est qu'il y a un élargissement par rapport à ces valeurs-là,
33:05 qui aurait été un signal positif, mais cet élargissement ne vient pas,
33:08 et le marché, par sécurité, se concentre là.
33:11 Là où on a eu tous, je pense, à investir beaucoup de temps, c'est que,
33:14 je pense que le call du Nasdaq avait vraiment été fait, je dirais, depuis septembre-novembre 2022,
33:21 et si on avait pu anticiper que les taux n'auraient pas baissé pendant toute cette période-là,
33:28 on n'aurait jamais cru à un tel mouvement du Nasdaq.
33:31 Et je pense qu'il y a eu à la fois le phénomène de l'IA, qui a vraiment percuté ça,
33:35 et en plus, dans toute cette hausse des taux, les gens se disent,
33:38 "oui, d'accord, mais le prochain mouvement, ça la baisse, donc ça ne compte pas, cette hausse des taux-là".
33:41 Et donc, le marché a été très aidé, alors que le phénomène de baisse des taux,
33:45 qui aurait pu normalement l'aider, et puis après, on arrive toujours à trouver quelque chose.
33:49 On se dit, "ils ont des liquidités importantes, donc ils bénéficient du placement de leurs liquidités".
33:54 Mais non, je pense que c'est vraiment un moteur important.
33:59 Il y a une concentration extrêmement forte et une polarisation très forte,
34:03 et on ne peut pas aller à l'encontre de ça.
34:06 Mais alors, la question qu'on peut se poser, et que se posent sûrement les gens qui nous écoutent,
34:09 c'est quand on a aux États-Unis un faible panier de valeur qui compte pour autant dans un indice.
34:15 En Europe, un faible panier de valeur, qui est le luxe, compte autant dans un indice.
34:19 Quand on fait de la gestion active, finalement, quel est l'intérêt d'aller chercher ailleurs
34:23 dans la tech ou dans le luxe, si c'est ces valeurs-là qui tirent la cote de part et d'autre de l'Atlantique ?
34:28 Bien sûr, il y a un vrai sujet. On voit d'ailleurs des flux importants sur les trackers.
34:33 Les flux importants se sont positionnés au tournant de l'année sur les trackers,
34:38 des personnes qui ont vraiment investi sur ces éléments-là.
34:42 Je pense que c'est des professionnels qui ont finalement utilisé ces trackers.
34:46 Je pense qu'il y a eu beaucoup de produits structurés qui ont été aussi bâtis,
34:49 ou des fonds diversifiés, il n'y a pas eu tellement finalement ces fonds sur la gestion active.
34:53 Qui ont accentué quelque part la tendance.
34:54 Oui, oui. Soit les gens se sont dit "bon, on a un peu raté le mouvement, alors on va faire un structuré,
34:57 on a un peu raté le mouvement, on va faire un produit diversifié".
34:59 Il n'y a pas eu tellement de flux finalement positionnés sur la gestion active.
35:04 Mais c'est bien sûr un vrai débat. Et nous, dans la gestion sous mandat,
35:08 on utilise aussi parfois des trackers en se disant "il faut mieux être simple parfois et jouer".
35:13 Et donc, par exemple, en ce moment, on joue le tracker Next100, par exemple,
35:16 en se disant "tiens, ça nous paraît intéressant".
35:18 Ça va s'élargir et ça va être emporté par la même tendance.
35:21 Vincent Guenzi et ensuite Christopher Dembik, même question.
35:24 Le rôle de la gestion active quand c'est concentré sur 20 valeurs
35:27 qui en plus sont le plus traités médiatiquement ?
35:30 C'est pire que ça. C'est que pour faire de la gestion active et surperformer aujourd'hui,
35:33 il faut être encore plus concentré sur ces valeurs que l'indice lui-même.
35:36 Sinon, vous n'avez aucune chance d'obtenir l'indice.
35:38 Donc ça veut dire que vous avez une gestion active sur les portefeuilles avec 5 valeurs.
35:43 C'est inconcevable. Donc ça rend la gestion active extrêmement compliquée,
35:47 surtout dans les petites phases de rattrapage que je citais tout à l'heure.
35:50 Pour l'instant, on voit bien que ça reste compliqué,
35:53 d'où l'attrait pour les trackers que vous avez cités
35:57 ou pour les SICAF qui sont plus momentum et plus tiltés indices que très stock picking.
36:06 Encore une toute petite chose, quand on regarde le Nasdaq,
36:11 en fait, il a retrouvé ses plus hauts.
36:14 Parce qu'effectivement, jusqu'en 2022, il y avait eu une très forte baisse
36:18 et puis ça avait commencé à remonter avec l'espoir du pivot.
36:22 Et puis ça s'est accentué à l'automne dernier avec l'intelligence artificielle.
36:25 Mais le nombre de valeurs qui ont fait des réels plus haut, il est aussi assez limité.
36:30 On retombe sur les 7 en dehors de Tesla, plus des valeurs de santé comme il y a eu.
36:36 Mais c'est vrai que même en termes de performance relative,
36:40 on voit que le Nasdaq a surtout corrigé la forte baisse qu'il avait connue
36:44 et que ce qui lui a permis d'aller plus haut, c'est toujours les mêmes valeurs.
36:47 Christopher Dembik, même question,
36:49 ou peut-être un sujet qu'on n'aurait pas abordé sur les quelques minutes qui nous restent ?
36:54 Peut-être rapidement, juste sur cette concentration de marché.
36:57 Aujourd'hui, effectivement, si vous voulez avoir du rendement,
36:59 vous ne pouvez pas être à l'écart des 7 magnifiques,
37:01 ou en tout cas plus largement du sélecteur tech.
37:04 Ça semble assez pertinent.
37:06 Après, vous avez énormément, bien sûr, de sujets qui expliquent cela.
37:09 Vous avez aussi la gestion passive qui, quand même, facilite, je penserais, cette concentration.
37:13 Il y a un autre élément qui est un peu plus macroéconomique et assez intéressant.
37:16 Vous avez Thomas Philippon,
37:18 un des, certainement, des économistes français les plus brillants qui vit aux États-Unis aujourd'hui,
37:23 qui nous disait finalement, ce qui se passe aux États-Unis,
37:26 c'est que vous avez une économie aujourd'hui qui est très, très peu compétitive,
37:29 qui est déjà dans une situation d'économie réelle en situation oligopolistique.
37:32 Il suffit, par exemple, de chercher un opérateur Wi-Fi à New York.
37:36 Vous verrez, vous en avez deux qui proposent exactement le même prix.
37:38 Donc, vous avez des fortes barrières à l'entrée.
37:40 Et finalement, si on extrapole un peu son propos sur l'économie réelle,
37:43 la bourse américaine aussi reflète cette économie réelle qui est en situation oligopolistique.
37:47 Parce que, justement, quand vous regardez les introductions en bourse aux États-Unis,
37:51 en l'espace de 5 ans, vous avez une baisse de...
37:55 Ça a été divisé par 10.
37:56 Alors, il y a eu l'effet Covid qu'on a un peu vu, bien sûr, côté européen.
37:59 Mais, fondamentalement, qu'est-ce qui se passe ?
38:01 C'est que les 7 magnifiques, ils rachètent leurs concurrents.
38:03 Donc, vous avez très peu de diversité en bourse, très peu de nouveaux entrants.
38:06 Et, automatiquement, quand vous rajoutez "gestion passive",
38:09 qui va aussi accentuer ce phénomène-là, où on se concentre simplement sur certains secteurs,
38:13 c'est une concentration qui est anormale, bien sûr, de la bourse, autour de quelques acteurs.
38:18 On retrouvait ça dans le secteur énergétique il y a 60 ans de cela.
38:21 Mais, ça peut durer très longtemps.
38:23 Si on avait eu cet échange-là il y a un an ou deux ans de cela,
38:26 on aurait eu sûrement des avis beaucoup plus divers.
38:28 Parce qu'à l'époque, on se disait "non, ça ne peut pas durer".
38:30 On sait que ça va quand même aller ruisseler, si vous me permettez le terme,
38:34 vers d'autres secteurs d'activité.
38:36 Alors que là, on voit que ça dure.
38:37 On voit que ça dure et ça peut durer très longtemps.
38:39 Donc, si vous voulez du rendement, vous ne pouvez pas aller à l'encontre du marché.
38:43 Et aujourd'hui, force est de constater, en plus, vous les avez évoqués,
38:47 il y a des arguments solides aussi pour justifier cette domination des 7 magnifiques.
38:50 Mais alors, du coup, est-ce qu'on va chercher quand même d'autres valeurs, des "small limit" justement ?
38:54 Ou on se dit que ce n'est pas le moment ? Que ce moment, on attend ?
38:58 Le segment des "small limit cap", ça va quand même être compliqué.
39:01 Après, en revanche, effectivement, trouver d'autres entreprises qui sont aussi dans la technologie,
39:06 qui peuvent être les prochains gagnants ou en tout cas bien positionnées,
39:09 là, sur du "stock picking", sur vraiment de la gestion active, c'est pertinent.
39:12 Mais en revanche, se dire "voilà, la petite valeur en bourse qui a peut-être un très bon business model,
39:18 mais la réalité, c'est qu'elle n'arrive pas à lever de l'argent et aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
39:21 Ce sont des OPA et des sorties de bourse sur la Bourse de Paris".
39:24 Je suis quand même assez dubitatif sur la capacité d'avoir de la liquidité sur ce compartiment de marché.
39:29 Peu importe d'ailleurs le fait qu'on peut avoir de très belles valeurs, mais il faut aussi attirer l'investisseur.
39:35 Je vous propose d'arrêter ici. Merci beaucoup, messieurs.
39:39 Merci Christophe Ardemby, conseiller en stratégie d'investissement chez PICT Asset Management.
39:42 Merci Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d'investissement de Cholet-Dupont-Houdard.
39:46 Et merci Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements chez Vega IM.
39:49 Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans "Marché à thème".
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