- il y a 3 ans
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00:00 Bonjour Olivier Marlex. Emmanuel Macron veut autoriser les policiers à faire payer en liquide ou en carte bleue les amendes des consommateurs de cannabis.
00:07 Est-ce que c'est une bonne idée ?
00:09 Oui parce qu'aujourd'hui on a un problème de recouvrement de ces amendes. Je crois qu'à 60 jours on n'a que 35% de recouvrement.
00:18 Donc si on veut que ces amendes aient de l'effet, il faut trouver tous les moyens de les faire payer.
00:23 On n'a même pu aller plus loin, nous on avait proposé qu'il puisse y avoir des saisies, y compris des aides sociales.
00:30 C'est bien d'avoir instauré des amendes, encore faut-il les faire payer.
00:34 Pour les consommateurs ou pour les trafiquants ?
00:36 On parle aujourd'hui des consommateurs et des trafiquants, surtout des consommateurs.
00:41 Est-ce que vous dites comme Emmanuel Macron que les consommateurs, quel que soit ce qu'ils achètent, sont complices ?
00:47 Écoutez, la responsabilité des pouvoirs publics et du président de la République, c'est d'abord de faire en sorte qu'il n'y ait pas de trafic.
00:52 Le premier complice, si on va par là, ce sont les pouvoirs publics.
00:56 Le consommateur, évidemment, il fait tourner une économie, mais il est plutôt, de mon point de vue, en bout de chaîne.
01:04 Quand on voit des gamins de 15 ans, de 14 ans, de 13 ans se droguer, aujourd'hui c'est la situation dans nos villes,
01:11 évidemment ce n'est pas eux qu'on a envie de pointer du doigt.
01:13 Sur le cannabis, comment vous expliquez que la France ait aujourd'hui le système le plus répressif et le plus grand nombre de fumeurs ?
01:20 Et le plus inefficace, en fait ?
01:23 Sans doute parce qu'il n'y a pas de volonté suffisamment forte sur ce sujet.
01:30 Vous voulez quoi ? Prendre les contrôles et les amendes de plus ?
01:33 Non mais, oui, mais après tant d'hésitations, on a beaucoup hésité sur ces sujets-là.
01:38 Il y a quelques années, pardon, mais le débat public dans ce plateau, c'était sans doute,
01:44 faut-il légaliser la consommation du cannabis en oubliant les ravages que ça faisait sur le cerveau des adolescents.
01:53 Donc on a beaucoup manqué de fermeté et de volonté.
01:57 Mais là, vous, aujourd'hui, vous voulez quoi de plus ?
01:59 On essaie de comprendre parce que le président dit il y a une amende, on va la faire payer le plus tôt possible, le plus vite.
02:04 Oui, c'est bien, ça me paraît souhaitable, effectivement, parce qu'il faut casser cette économie,
02:08 donc y compris du côté du consommateur, mais évidemment, ce qu'il faut d'abord viser, ce sont les réseaux de trafiquants.
02:15 Et là, on sait qu'il reste encore beaucoup de chemin.
02:17 Vous avez même une multiplication aujourd'hui des trafics.
02:23 Vous promenez en France, vous découvrez des cerfs clandestines un peu partout.
02:28 Donc oui, c'est un fléau et il faut une action résolue.
02:32 Il faudrait autoriser, comme était en train de l'expérimenter l'Allemagne, l'autoconsommation pour lutter contre les trafics.
02:37 C'est une expérimentation qui va être lancée dans les mois qui viennent, après des mois de négociations au sein de la coalition en Allemagne.
02:45 Non, je considère que les effets du cannabis sont désastreux en termes de santé publique, sur le cerveau des plus jeunes.
02:56 Mais vous entendez les arguments de ceux qui sont pour la légalisation.
02:59 Ils disent que ce sera un moyen de mieux contrôler la qualité, si je puis dire, de ce qui est fumé.
03:04 Je refuse de rentrer dans ce débat.
03:07 Une fois encore, j'ai vu autour de moi trop de jeunes atteints par le cannabis pour en faire l'apologie.
03:15 Olivier Marlex, hier à Marseille, Emmanuel Macron a été interpellé par une mère qui lui disait que son fils de 33 ans ne trouvait pas de travail.
03:24 Il lui a répondu "on descend ensemble, on fait le tour du vieux port et je suis sûr qu'il y a 10 offres d'emploi".
03:29 Est-ce qu'il a raison ?
03:30 Oui, on sent qu'on arrive au bout des 100 jours d'apaisement et que la naturelle est en train de reprendre le dessus.
03:37 Il y a quelque chose, évidemment, d'un peu provocateur dans cette formule.
03:44 Bien sûr qu'il y a des emplois non pourvus dans notre pays.
03:50 Je pense que ce n'est pas aux présents de la République de s'exprimer comme ça.
03:54 La Provence a fait le test hier.
03:56 Les journalistes de la Provence ont fait le tour du vieux port et ont trouvé 13 offres d'emploi.
04:01 C'est plus que ce qu'a dit le président.
04:02 Là-dessus, vous lui reconnaissez une certaine lucidité ?
04:05 Sur le fond, on sait qu'il y a un problème d'offres non pourvues.
04:12 Rien que dans l'hôtellerie-restauration, alors que nous parlons, c'est 300 000 offres qui ne sont pas satisfaites.
04:20 Mais ça pose toutes sortes de problèmes, y compris au bord de mer, pendant la saison touristique.
04:26 On sait qu'il y a un problème de logement pour les gens.
04:28 Et tant qu'on ne règle pas cette question, on aura du mal à mettre les gens en emploi.
04:33 Donc c'est un peu plus compliqué que le "je fais le tour du vieux port avec vous et je vous trouve les 10 emplois".
04:40 Est-ce que vous reconnaissez à Emmanuel Macron la qualité d'avoir en partie réglé cette question du chômage en France ?
04:47 Non, pardon, il faut quand même un tout petit peu garder la raison.
04:51 Je sais que visiblement, vous êtes sous le charme du sitcom de Marseille.
04:55 Non, c'est les chiffres.
04:57 Il y a d'autres chiffres qu'il faut regarder avec, c'est la démographie.
05:01 C'est-à-dire qu'on arrive dans des classes d'âge où les générations du baby-boom sont parties à la retraite.
05:08 Et où donc, effectivement, normalement, logiquement, le chômage diminue.
05:13 Donc je relativise un tout petit peu ce que certains essaient de faire passer comme un exploit.
05:18 Olivier Marlex, l'Assemblée se penche aujourd'hui, cette semaine d'ailleurs, sur le partage de la valeur.
05:23 L'idée, c'est de reprendre tel quel l'accord conclu entre les partenaires sociaux.
05:28 Étendre la participation et l'intéressement aux entreprises de 11 à 49 salariés, c'est une bonne façon pour vous de redonner du pouvoir d'achat aux Français ?
05:36 Oui, je ne sais pas si l'objectif, c'est de redonner du pouvoir d'achat aux Français.
05:40 Enfin, au total, c'est quand même des milliards et des milliards qui sont redistribués quand on met bout à bout intéressement, participation, etc.
05:47 Je pense que le projet politique, qui était celui d'ailleurs du général De Gaulle, de la participation,
05:53 c'était son expression de répondre à l'infirmité morale du capitalisme.
06:00 C'est-à-dire de donner du sens aux profits dégagés dans l'entreprise.
06:05 Je pense que ce débat, il est très actuel. Dans ma famille politique, on avait un parlementaire dont le nom est un peu connu, Serge Dassault,
06:14 qui militait pour les trois tiers. Un tiers du bénéfice doit aller à l'actionnaire, un tiers doit rester dans l'entreprise pour l'investissement,
06:21 un tiers devait aller vers les salariés.
06:23 On n'en est pas là aujourd'hui dans la répartition.
06:25 Non, on n'en est pas là. Ce que pratique Louis Dassault.
06:28 Oui, moi, c'est des idées auxquelles je suis attaché. Je me réjouis que les partenaires sociaux aient trouvé un accord.
06:33 Il ne faut pas que le Parlement y touche. On aura surtout des débats un peu passionnés sur ces bénéfices exceptionnels.
06:42 Mais vous le voterez ce texte, a priori, la loi que le votera ?
06:45 Tout ça va dans le bon sens. Il ne faut pas oublier quand même que la rémunération du travail, c'est d'abord le salaire.
06:51 Ce ne sont pas des primes à tout va.
06:55 On va en parler dans un instant, mais vous voterez ce texte, les députés, les républicains ?
06:58 Oui, bien sûr. C'est le texte des partenaires sociaux. Ce n'est pas celui du gouvernement.
07:04 Le gouvernement a eu la sagesse de le reprendre tel cas. C'était une condition sine qua non, n'importe quoi.
07:08 Olivier Marlex, chef de file des Républicains à l'Assemblée, invité de France Info jusqu'à 9h. Il est 8h40.
07:13 Le Fil Info avec Diane Ferchitte.
07:15 Attention aux incendies dans les bouches du Rhône. Le département est placé en alerte orange par la toute nouvelle météo des forêts.
07:22 Cela signifie qu'il y a un danger élevé d'incendie.
07:25 Dernière journée à Marseille pour Emmanuel Macron. Il va se consacrer aux écoles de la ville, dont il a fait un laboratoire avec plusieurs expérimentations en cours.
07:33 Le chef de l'État a renoué avec le grand débat dans les quartiers nord hier sur le thème de la sécurité.
07:38 La lutte contre la drogue est selon lui une responsabilité collective.
07:42 Une semaine après l'explosion dans un immeuble rue Saint-Jacques à Paris-la-Mérite, Paris va verser une aide immédiate.
07:48 Elle est fonctionnelle de 2 millions d'euros pour les victimes du sinistre. Elle doit permettre d'accompagner des blessés ainsi que leurs familles,
07:54 mais aussi de reloger les riverains et les occupants de l'immeuble effondré.
07:58 Des recherches sont toujours en cours dans les décomptes pour tenter de retrouver une femme disparue.
08:02 L'inspection du travail juge la situation dangereuse à la scierie d'harceleur Mittal de Fos-sur-Mer.
08:08 Les salariés sont trop exposés selon elle à des produits toxiques et à des poussières. Conséquence, le site se retrouve fermé.
08:17 France Info.
08:19 Le 8.30, France Info. Salia Brakia, Marc Flauvel.
08:23 Bonjour, Olivier Marley, ex-président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale.
08:26 Vous disiez juste avant le Fil info que vous alliez voter le texte sur le partage de la valeur.
08:30 Est-ce que vous allez quand même essayer de l'amender en y ajoutant par exemple l'indexation des salaires sur l'inflation ?
08:36 C'est ce que veut une partie de l'opposition.
08:38 Ecoutez, non, une fois encore, la demande des partenaires sociaux, c'est de ne pas toucher à ce texte.
08:43 Donc on respectera la volonté des partenaires sociaux.
08:47 Après oui, il y a un sujet sur les salaires dans notre pays, mais personne ne peut imaginer sérieusement qu'on le réglera sur un coin de table.
08:54 Pendant la présidentielle, l'idée de votre candidate Valérie Pécresse, c'était d'obtenir une hausse de 10% des salaires sur 5 ans,
09:01 des salaires inférieurs à 2 800 euros net en baissant les cotisations vieillesse. C'était la manière de réguler.
09:07 Elle est toujours d'actualité cette proposition ?
09:09 Oui, mais une fois encore, ce que je vous dis, ça ne se règle pas sur un coin de table.
09:13 Ce qu'il aurait fallu faire en début de quinquennat, c'était sans doute une conférence sur les salaires,
09:19 se mettre d'accord avec l'ensemble des partenaires sociaux, avec les employeurs d'abord, sur ce qui était leur marge,
09:25 sur les conditions pour pouvoir augmenter les salaires.
09:28 On sait qu'on a un problème quand même de salaire dans notre pays.
09:33 Ça ne date pas d'aujourd'hui.
09:35 Oui, mais alors dans ces cas-là, on fait quoi ? On reste sur le discours de Bruno Le Maire, à savoir inciter pratiquement tous les jours
09:41 les patrons à augmenter les salaires ou alors on les y contraint ?
09:45 Je ne crois pas à une mesure qui risquerait d'encourager un cercle vicieux de l'inflation.
09:53 Après, cela dit, il faut que le gouvernement ait…
09:57 Une fois encore, c'est un problème aussi important, aussi structurel, vous ne le réglez pas sur un coin de table
10:03 avec un pouvoir qui aujourd'hui n'a plus aucune marge de manœuvre.
10:07 C'est-à-dire que si on avait voulu avoir une démarche un peu générale, comme le proposait notre candidate,
10:15 ça se supposait d'être capable de baisser les charges.
10:18 Pour baisser les charges, il fallait sans doute ne pas faire d'autres baisses par ailleurs,
10:22 il fallait faire d'autres réformes en face.
10:24 On proposait une réforme des retraites, par exemple, pour faire rentrer les retraites.
10:28 Tout ça demande un tout petit peu de cohérence et ne se règle pas à coup de slogan.
10:31 – La réforme des retraites, justement, Olivier Marlex, ne permettra pas de ramener le régime à l'équilibre,
10:35 c'est ce que dit le conseil d'orientation des retraites dans son dernier rapport.
10:39 En 2030, les régimes devraient être déficitaires d'environ 6 milliards d'euros,
10:44 pas de retour à l'équilibre avant 2045, dit ce même rapport.
10:47 Est-ce que vous regrettez de l'avoir votée, cette réforme ?
10:49 – Non, ce qui est quand même assez savoureux, c'est qu'on a fait…
10:52 Dans l'hémicycle, on a subi quand même toute une partie des débats
10:56 avec des gens qui nous rappelaient que le CORE avait dit que non, non,
10:59 il n'y avait pas de problème de financement des retraites.
11:01 Aujourd'hui, on nous dit que le CORE dit le contraire.
11:03 Tout ça, à chaque fois, évidemment, on lit très partiellement et partiellement, sans doute, ce rapport.
11:07 Le CORE dit que tout ça ne suffirait pas
11:09 si on restait sur des hypothèses de croissance très faibles.
11:13 En réalité, ça montre quand même que cette réforme, elle était nécessaire,
11:17 premier élément intéressant.
11:19 – Est-ce qu'elle est suffisante ou est-ce qu'il en faudra une autre ?
11:22 – Je pense qu'elle est suffisante.
11:24 Nous, on a obtenu qu'il y ait une clause de revoyure
11:26 quand on aura franchi le palier des 63 ans, on verra où on en est.
11:30 Mais l'hypothèse du CORE là, selon laquelle la réforme serait insuffisante,
11:35 c'est dans une hypothèse de croissance très faible.
11:37 Je n'y crois pas, je pense qu'on fera mieux.
11:39 Ce qui m'intéresse aussi dans le rapport du CORE,
11:41 c'est que le CORE dit qu'on va avoir une augmentation de 5 à 12% des retraites
11:46 pour les retraités les plus modestes.
11:48 Et ça, je me réjouis parce que c'était la demande des Républicains,
11:51 c'était la demande de mon groupe d'intégrer cet élément dans la réforme des retraites,
11:55 ce qui n'était pas prévu dans le projet, dans la copie initiale du gouvernement.
11:58 – Mais comment vous expliquez-vous un tel écart
12:01 entre ce qu'a dit le gouvernement pendant l'examen du texte,
12:04 c'est-à-dire "retour à l'équilibre" en 2030, et ce que dit aujourd'hui le Conseil ?
12:07 – Non, c'est pas le même écart, c'est ce que dit…
12:08 – C'était zéro, et là c'est similaire, ça fait quand même…
12:10 – Je pense qu'il faut d'abord s'interroger sur ce que dit le CORE, une fois encore.
12:14 On a tous en tête les extraits du président du CORE devant une commission parlementaire
12:18 disant que non, non, il n'y a pas de problème, tout est à l'équilibre.
12:21 Ça manque un tout petit peu de…
12:23 – Ça veut dire qu'on n'a pas la bonne boussole aujourd'hui pour réformer.
12:26 – De raisons, de sérieux, de lectures.
12:28 Après le CORE dit beaucoup de choses, il travaille sur des hypothèses,
12:31 donc visiblement en tout cas la réforme était nécessaire, j'espère qu'elle sera suffisante,
12:37 et je me réjouis pour les retraités actuels les plus modestes
12:40 qui auront effectivement une augmentation de leur pension dès le 1er septembre.
12:43 – Olivier Marbet ?
12:44 – Vers le 9 octobre.
12:45 – Où en sont les discussions avec le gouvernement sur l'immigration,
12:48 le projet de loi à venir ?
12:50 – Écoutez, il n'y en a pas, le gouvernement n'est pas revenu vers nous,
12:53 il semble manquer de volonté sur le sujet, je crois qu'ils ne savent pas trop où ils vont.
12:59 Tout ça m'amène par exemple, d'ailleurs il y a un fait dans l'actualité
13:03 dont on a pu parler, qui est la question du port du hijab dans le sport.
13:08 – Dans le foot, vous parliez du recours au conseil d'État ?
13:11 – Dans le foot, on a, lors du texte séparatisme de M. Darmanin,
13:15 on a déposé des amendements pour interdire le port du voile lors des compétitions sportives.
13:20 À l'époque, le gouvernement s'y est opposé.
13:22 Et donc un jour, si le conseil d'État confirme, suit la position de son rapporteur
13:26 qui dit "non, non, il n'y a pas de problème, tout va très bien, on a le droit de mettre le voile,
13:29 ce n'est pas du prosélytisme, ce n'est pas de la provocation",
13:32 eh bien je pense que le gouvernement nous proposera de faire une loi.
13:36 – Le rapporteur dit que la FFF a le droit de dire à l'équipe nationale
13:41 "ne portez pas le voile", en revanche pour les licenciés,
13:43 parce qu'elles représentent la France, elles représentent la nation,
13:45 en revanche pour les licenciés, elles sont libres.
13:47 – Il faut la naïveté d'un rapporteur au conseil d'État pour récrire
13:49 qu'il n'y a pas de prosélytisme, qu'il n'y a pas de provocation.
13:53 Moi j'ai regardé les photos des équipes féminines du Maroc, de l'Algérie, du Sénégal,
14:01 aucune de ces joueuses de football n'est voilée.
14:03 Par contre en France, si on écoute le conseil d'État, ce serait normal.
14:06 – Mais là je vous parlais des équipes nationales, le rapporteur dit que l'équipe nationale ne bougera pas.
14:09 – Non mais une fois encore, qu'en France ce soit possible.
14:13 Si l'équipe nationale ne porte pas le voile,
14:17 j'imagine que ça veut dire que dans des pays musulmans,
14:20 on ne porte pas systématiquement le voile.
14:22 En France par contre, ce serait normal de le faire.
14:25 Une fois encore, le conseil d'État est fidèle d'ailleurs à ce qu'était son attitude en 1989,
14:29 lors de la polémique sur le voile à l'école, il a fallu que les législateurs y viennent.
14:33 Tout ça pour vous dire que sur ce sujet-là, si M. Macron, si M. Darmanin nous avait écoutés,
14:38 on n'en serait pas là, on aurait réglé cette question il y a un an.
14:41 On a fait des propositions dans ce sens que le gouvernement a rejetées.
14:44 – Sur l'immigration, Olivier Marex, vous proposez une réforme constitutionnelle
14:47 pour échapper aux droits et aux traités européens.
14:49 Dominique de Villepin, l'ancien Premier ministre de votre famille politique,
14:52 a dénoncé, je cite, "une dérive extrémiste de la droite".
14:56 Comment vous avez accueilli ces propos ?
14:58 – J'ai du respect pour Dominique de Villepin, donc je…
15:03 – Quand on commence comme ça généralement, oui.
15:05 – Je ne peux pas non plus le laisser dire ça.
15:08 Je pense qu'il faut que Dominique de Villepin réalise que les temps ont changé,
15:12 qu'aujourd'hui les Français ont très majoritairement envie de dire stop
15:19 à un certain nombre de dérives, ont envie d'un tournant, je crois,
15:24 sans doute assez radical, sur cette reprise en main de notre destin.
15:30 Aujourd'hui, notre pays n'est plus capable d'intégrer.
15:33 Et je pense qu'il serait temps que Dominique de Villepin s'en rende compte.
15:37 Tout ça n'est pas étranger à de nobles sentiments d'humanisme ou autre,
15:45 mais moi vous savez, quand je vois dans certains quartiers où je suis élu,
15:51 des enfants dont j'ai le sentiment qu'ils grandissent
15:55 un peu en marge finalement de notre société,
15:58 qu'on n'a plus les moyens de les intégrer,
16:00 qu'on n'a plus les moyens de leur faire partager
16:03 un certain nombre de valeurs auxquelles nous sommes sans doute tous attachés,
16:06 je me dis qu'il y a un problème dans ce pays et qu'il faut reprendre les choses en main.
16:09 – Quelle filière d'immigration vous voulez limiter aujourd'hui ?
16:13 La principale par exemple aujourd'hui en France, ce sont les étudiants.
16:15 Celle-là vous y touchez ou pas ? C'est un tiers des titres de ces gens ?
16:18 – Oui, je pense qu'il faut un peu de discernement partout.
16:22 On a un sujet sur le regroupement familial qui a été élargi,
16:27 on a un sujet sur les étudiants, je pense qu'il y a un sujet, une question de nombre.
16:32 On a la question de l'asile qui a totalement explosé,
16:37 on est à 156 000 demandes lorsqu'on était à peine à 40 000,
16:41 autour de 40 000 quand la droite était au pouvoir.
16:44 Donc oui, il y a un effet de masse un peu partout.
16:47 – Une dernière question, si vous décidez de vous retirer du droit européen,
16:52 des traités européens pour la question de l'immigration,
16:54 qu'est-ce qui empêche que d'autres pays le fassent pour d'autres choses ?
16:57 – Non mais ce n'est pas se retirer du droit européen.
16:59 Ce qu'il faut comprendre c'est qu'en réalité, nos systèmes juridiques,
17:02 notre organisation juridique, pays par pays au sein de l'Union Européenne
17:05 et au sein de la Convention Européenne des droits de l'Homme est différente.
17:08 Par exemple, la jurisprudence de la CEDH en Allemagne,
17:11 elle n'a simplement une valeur législative, elle a une valeur équivalente à la loi.
17:14 En France, la jurisprudence de la CEDH a une valeur supérieure à la loi.
17:17 Donc tout ça a des conséquences différentes,
17:20 et donc nous on propose de remettre un petit peu d'ordre
17:23 pour ne plus subir une jurisprudence de la CEDH que les autres n'impliquent pas.
17:27 C'est aussi simple que ça.
17:29 – Sur la future loi immigration, comme sur le prochain budget,
17:31 le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher,
17:34 menace de déposer une motion de censure à la fin de l'année.
17:37 Est-ce que vous êtes sur la même ligne que lui ?
17:39 – Les motions de censure se déposent à l'Assemblée Nationale.
17:41 – Oui, c'est pas lui qui la déposerait, c'est plutôt vous.
17:43 D'ailleurs, est-ce que vous êtes prêt à le faire vous aussi
17:45 et à renverser le gouvernement ?
17:47 – J'ai dit très clairement les choses, qu'on déposerait une motion de censure
17:52 si le gouvernement tentait de passer en force sur des sujets
17:55 qui pour nous constituent véritablement une ligne rouge.
17:59 – L'immigration en fait partie ?
18:01 – Pardon ?
18:02 – L'immigration en fait partie ?
18:03 – Oui, c'est la première ligne rouge que j'ai identifiée,
18:05 c'est-à-dire une fois encore, parce qu'on est dans cette situation
18:08 où les Français ne supporteraient pas, je pense, un laisser-aller supplémentaire,
18:13 ne supporteraient pas qu'on fasse semblant,
18:16 oui, à ce moment-là on déposerait une motion de censure.
18:18 – Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains, à l'Assemblée,
18:22 invité de France Info, il est 8h51, le fil info d'Yann Fershit.
18:25 [Générique]
18:26 – Joe Biden mais aussi Emmanuel Macron réfutent les accusations de Vladimir Poutine,
18:30 le président russe pointe l'implication de l'Occident
18:32 dans la mutinerie des paramilitaires Wagner.
18:34 Vladimir Poutine qui assure avoir évité une effusion de sang,
18:37 il remercie les Russes et les Wagner
18:39 qui n'ont pas pris part à la rébellion pour leur patriotisme.
18:42 Des révélations sur la congrégation religieuse de Saint-Jean,
18:45 un rapport qu'elle a elle-même mené sur son fonctionnement,
18:48 sur les abus sexuels et spirituels d'abord de son fondateur,
18:51 le père Marie-Dominique Philippe, il est mort en 2006,
18:54 24 femmes victimes ont été identifiées.
18:56 Le rapport révèle également que 72 frères ont commis des abus sexuels
19:00 sur 167 victimes.
19:02 Des fouillages à Mémac, en Corrèze,
19:04 pour retrouver les corps de 47 soldats allemands fusillés par des résistants.
19:08 C'était en juin 44, les opérations débutent aujourd'hui
19:11 après les révélations d'un ancien membre de la résistance.
19:14 Deuxième et dernier jour du brevet, place à l'histoire, géographie et aux sciences.
19:18 Pour près de 900 000 collégiens, ils ont déjà planché hier
19:21 sur les épreuves de mathématiques et de français.
19:24 Bonjour, avec Olivier Marleix, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale.
19:36 Vous ne souhaitez pas d'alliance avec Emmanuel Macron,
19:38 vous ne cessez de le répéter, mais avec qui pourriez-vous gouverner ?
19:41 En Italie, en Suède, en Finlande, la droite et l'extrême droite ont fait alliance pour arriver au pouvoir.
19:46 Est-ce que ça arrivera bientôt en France ?
19:49 Je crois que ça fait une vingtaine d'années que cette question a été tranchée.
19:52 On n'est pas dans le même système politique.
19:55 Vous parliez de régimes qui sont des régimes parlementaires
19:57 ou donc qui font nécessairement des alliances au Parlement.
19:59 Nous, on est dans un régime qui est d'abord un régime de nature plus présidentiel.
20:03 C'est-à-dire qu'élection maîtresse, c'est celle du candidat à l'élection à la présidence de la République.
20:08 Vous avez fait moins de 5% à la dernière présidentielle.
20:11 Est-ce qu'il ne faut pas vous allier avec d'autres partis pour pouvoir atteindre le pouvoir ?
20:15 Non, je pense qu'à la prochaine...
20:18 Moi, je ne crois pas aux petites tambouilles entre partis politiques.
20:23 En revanche, notre projet, on est censé quand même entendre ce que disent les électeurs,
20:28 y compris ce que disent les électeurs qui votent Marine Le Pen ou qui votent Zemmour.
20:33 Justement, quand Éric Ciotti, votre patron, enfin le patron du parti,
20:36 dit par exemple qu'il aurait préféré voter Zemmour que Macron au second tour de l'élection présidentielle,
20:41 est-ce que ce n'est pas le début de l'alliance des droites ?
20:43 Franchement, on ne va pas refaire l'histoire, tout ça, c'est le passé.
20:47 Aujourd'hui, ça fait 6 ans, il faut au moins nous reconnaître un mérite
20:52 qui est celui de la constance et de la solidité dans nos convictions.
20:55 Personne n'est obligé de partager ses convictions,
20:58 mais voilà, ça fait 6 ans qu'on dit pas de Macron, pas Marine Le Pen et qu'on a un projet.
21:04 Mais ce n'est pas la même chose de dire pas de Macron, pas de Marine Le Pen,
21:07 et de dire j'aurais préféré Zemmour à Macron.
21:09 Pardon, le fond de ma pensée, c'est que Macron-Le Pen, c'est le revers, c'est la même pièce.
21:15 Madame Le Pen a été l'adversaire choisi par Emmanuel Macron, son faire-valoir, etc.
21:20 Voilà, donc tout ça, dans quelques années, sera derrière nous.
21:24 Et ce pays aura besoin de reconstruire un peu de cohésion nationale,
21:29 alors pas de manière mièvre, en s'attaquant à des problèmes de fond,
21:32 comme je l'évoquais, notamment la question de l'immigration.
21:34 La rédaction du journal du dimanche est en grève depuis quelques jours,
21:37 depuis la nomination annoncée d'un nouveau directeur de la rédaction,
21:40 Geoffroy Lejeune, venu de Valeurs Actuelles.
21:42 Est-ce que vous soutenez les grévistes ?
21:44 Ecoutez, ce qui m'a le plus surpris dans tout ça, c'est la sortie de la ministre de la Culture,
21:53 Madame Abdil Malak, qui a dit son inquiétude pour les valeurs de la République.
21:59 Elle était beaucoup moins inquiète quand le président de la République
22:02 obtenait 5-6 pages d'interviews de la part de Geoffroy Lejeune dans Valeurs Actuelles.
22:08 Donc que l'État d'abord reste à sa place.
22:11 Moi, j'essaie de rester à ma place.
22:13 La semaine dernière, je défendais France Inter et sa ligne éditoriale.
22:17 Il y avait une petite polémique pour savoir si c'était trop à gauche ou pas, etc.
22:21 Cette semaine, je me sens aussi à l'aise pour défendre Bolloré.
22:27 Au nom d'une même chose qui est le respect du pluralisme…
22:31 – Officiellement, ce n'est pas Bolloré.
22:34 – Le respect du pluralisme, la liberté d'expression,
22:45 et le fait que ce n'est pas du tout politique de se mêler de tout ça.
22:47 Je suis observé d'ailleurs que je suis beaucoup plus souvent invité par France Inter
22:50 que par CNews ou par Valeurs Actuelles.
22:54 Donc je suis d'autant plus à l'aise pour dire que je m'en mêle pas.
22:56 – Oui, mais parce que l'inquiétude, elle est importante chez les journalistes du JDD,
23:00 parce que Geoffroy Lejeune vient de Valeurs Actuelles,
23:02 parce que c'est un proche d'Éric Zemmour et de Marion Maréchal-Le Pen.
23:06 Vous, ça ne vous inquiète pas ?
23:07 – Non, je ne commente pas. Je commente une fois encore.
23:11 J'ai défendu la ligne éditoriale de France Inter.
23:13 Ça me permettrait de défendre les choix de l'actionnaire.
23:16 – Un patron de presse fait ce qu'il veut.
23:18 Ce n'est pas une entreprise différente des autres.
23:20 – Vous préférez le RTF ? – C'est une question.
23:23 – Non, mais il n'y a pas d'alternative.
23:25 Soit on laisse faire, les actionnaires proposent des gens,
23:29 après vous avez des possibilités en interne,
23:32 c'est dans le droit de la presse, des motions de défiance, etc.
23:36 Tout ça existe, mais ce n'est certainement pas aux politiques
23:39 d'aller se mêler, d'aller commenter tout ça.
23:41 Sinon on revient à le RTF, et je ne pense pas qu'en termes de liberté de la presse,
23:44 ce soit le modèle souhaitable.
23:45 – Est-ce que vous diriez que Vincent Bolloré est un grand chef d'entreprise
23:48 qui fait honneur à la France ?
23:50 – Oui, c'est un grand chef d'entreprise, et il fait honneur à notre pays, évidemment.
23:56 Après on ne peut pas être d'accord avec Sir Crutement,
23:59 enfin vous me dites que ce n'est pas les siens encore.
24:02 – Officiellement, ce ne sont pas les siens,
24:03 alors la gardière jure que c'est lui qui a nommé Jean-François Lejeune.
24:06 – C'est un grand chef d'entreprise, qui a apporté notamment,
24:10 en France ou à l'étranger, haut les couleurs de notre pays.
24:16 – Une toute dernière question politique, Olivier Marlex.
24:18 Les européennes c'est l'année prochaine,
24:19 mais vous avez une réunion en fin de journée pour en parler chez les Républicains.
24:23 On se rappelle qu'en 2019, Laurent Wauquiez avait dû quitter la présidence du parti
24:26 parce que vous aviez atteint les 8% seulement.
24:29 Aujourd'hui on vous donne un peu moins de 5%,
24:32 ça veut dire que si ça arrive, si vous atteignez moins de 5%,
24:34 est-ce qu'Éric Chottier devra faire ses valises ?
24:36 – Là vous cherchez le plus mauvais sondage de tous les sondages,
24:39 ce n'est pas exactement ce que j'ai vu.
24:41 – Ou alors même s'il reste à 8% ?
24:43 – De mon côté, si on fait la même chose que la dernière fois, ce sera pas mal.
24:47 On revient effectivement à 5% sur les résultats avec son présidentiel, même pas,
24:50 d'ailleurs 4,78, je ne l'ai pas oublié, ce résultat est un peu traumatisant.
24:54 Voilà, on va faire campagne.
24:58 – Vous n'êtes pas fixé d'objectif minimum, ni de…
25:02 – Pardon ?
25:03 – Il n'y a pas d'objectif minimum ?
25:04 – Tout ça est dans un an, je ne pense pas qu'on va commencer maintenant
25:07 à se mettre des objectifs minimums.
25:09 Voilà, moi je souhaite que cette élection marque un renouveau.
25:13 – Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée,
25:16 était l'invité de France Info. Merci et bonne journée à vous.
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