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  • il y a 3 semaines
Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, sénateur de la Vendée, est l'invité du Grand entretien de France Inter. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-08-avril-2026-8699332

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Transcription
00:00Et dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin le président des Républicains,
00:04candidat à l'élection présidentielle.
00:06Vos questions et réactions sont les bienvenus, chers auditeurs, au 01 45 24 7000
00:11et sur l'application Radio France.
00:13Bonjour Bruno Retailleau.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:17On va évidemment parler de votre candidature pour 2027 et des ambitions nombreuses dans votre camp.
00:24Vous n'êtes pas tout seul, mais l'actualité internationale s'impose à nous ce matin.
00:28L'Iran et les Etats-Unis ont conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines
00:31avec arrêt des frappes en échange d'une réouverture du détroit d'Hormuz.
00:35Est-ce que c'est un soulagement ?
00:37Bien sûr, un cessez-le-feu c'est toujours un soulagement parce que ce n'est pas un armistice,
00:42ce n'est pas la fin de la guerre.
00:43Mais en tout cas c'est une parenthèse et j'espère de tout cœur que l'ensemble des partis
00:48pourra trouver un point d'équilibre entre les 15 points exigés par Donald Trump
00:53et les 10 points exigés par l'Iran.
00:55Alors qu'ils sont précisément assez maximalistes ces points exigés par l'Iran
01:02puisqu'il s'agit de continuer à enrichir son uranium
01:04et de mettre fin aux sanctions internationales qui visent le pays.
01:08Pourtant Trump revendique une victoire totale et complète.
01:12Il a raison ?
01:14Non, il n'a pas raison.
01:15Peut-être aura-t-il raison.
01:17Si demain, un, le détroit d'Hormuz est débloqué,
01:20qu'il n'est pas privatisé sous la main de l'Iran,
01:24si demain l'Iran arrête son programme balistique,
01:28arrête son programme nucléaire,
01:31arrête de déstabiliser la région via ses proxys,
01:37alors oui il y aura victoire.
01:38On en est très loin.
01:39Mais on en est très loin.
01:39Est-ce que vous pensez ce matin, Bruno Rotaillot,
01:42et c'est ce que disait Pierre Aski il y a un instant,
01:44au peuple iranien qui s'est fait massacrer par dizaines de milliers au mois de janvier,
01:48avait sans doute un espoir au début de l'intervention américaine de voir le régime changer
01:51et qui ce matin voit que les gardiens de la révolution tiennent ?
01:54Je vais vous dire, comme beaucoup au départ de cette intervention,
01:57on savait qu'elle était limite sur le plan du droit international, du côté américain.
02:02Côté israélien, c'était moins clair parce que, par ses proxys, Israël avait été déjà attaqué.
02:07Mais on nourrissait, au fond de chacun d'entre nous,
02:10cet espoir que le peuple iranien pourrait sortir de l'enfer.
02:14Des dizaines de milliers d'Iraniens ont été massacrés en l'espace de deux jours,
02:19il y a quelques mois, mais ce n'a pas été le cas.
02:22Et malheureusement, ce que je crains, ce que nous craignons tous,
02:25c'est que ces frappes, cette guerre, n'aient finalement renforcée le régime
02:30au profit des plus radicalisés.
02:32Mais justement, Bruno Retailleau, vous parlez du droit international.
02:35Est-ce que vous, comme responsable politique,
02:37vous n'avez pas fait preuve d'une forme de naïveté vis-à-vis de Donald Trump ?
02:40Vous avez reçu avec Florence à ce micro, c'était au mois de janvier,
02:43où vous aviez avalisé l'intervention américaine au Venezuela,
02:46en considérant qu'au fond, c'était de la légitime défense.
02:49Est-ce que vous n'avez pas un examen de conscience à faire
02:51sur la façon dont Donald Trump envisage sa politique internationale ?
02:56Deux choses.
02:56Le Venezuela, pour moi, c'était un président qui avait maillé à partir avec la justice
03:00et qui n'était pas président, qui, à deux reprises, avait triché.
03:04Mais c'était contraire au droit international, tout comme l'intervention en Iran.
03:07Qui était un narcotrafiquant, donc c'était très particulier.
03:11Je n'ai pas soutenu l'opération en Iran.
03:14Simplement, je nourrissais, comme je viens de le dire,
03:17cet espoir que ça pourrait donner l'occasion au peuple.
03:21Et on s'est trompé, bien sûr, vous savez, en matière de relations internationales,
03:25cet espoir ne s'est pas réalisé, malheureusement.
03:27Mais encore une fois, l'Iran était une menace, peut-être le restera-t-il.
03:33Je l'ai dit, le nucléaire, balistique, la déstabilisation régionale.
03:38C'est ça l'Iran.
03:39C'est ça l'Iran.
03:40Est-ce qu'on doit être, vis-à-vis de l'Iran, indulgent ?
03:43Non.
03:44Qu'est-ce qu'il faut penser des mots, des déclarations de Donald Trump,
03:48quand on lit qu'il menace hier soir de faire disparaître une civilisation entière ?
03:54Est-ce qu'on se dit que cet homme à la tête de la première puissance mondiale, il est dangereux
03:59?
03:59Est-ce qu'on se dit, aussi comme Jean-Yves Le Drian, ce matin dans Libération,
04:03que nous voilà réduits à constater la folie d'un homme ?
04:06Vous partagez ces interrogations sur la santé mentale du président américain ?
04:10Tout à l'heure, à ce micro, il y avait Bruno Tertré.
04:12Et il a rappelé ce qu'on connaît bien, d'ailleurs, ce que Nixon avait dit en privé.
04:16La théorie du fou.
04:17La théorie du fou.
04:18Et il disait que cette théorie du fou créait finalement une forme d'instabilité psychologique,
04:23ce que l'on appelle dans le jargon une sorte d'ambiguïté tactique ou stratégique.
04:27Et pour l'adversaire, c'est terrible, parce que vous ne savez jamais sur quel pied danser.
04:31On ne sait jamais si c'est du chaud ou du froid.
04:33Mais il est très particulier et c'est un narcissisme poussé à l'extrême.
04:37Mais quand vous l'entendez dire, c'est une civilisation qui va s'arrêter, qui va mourir.
04:42C'est inimaginable.
04:44C'est incroyable.
04:45Incroyable.
04:46C'est incroyable.
04:46Vous vous imaginez, Bruno Retailleau, comme je rappelle, vous êtes candidat à l'élection présidentielle,
04:50vous vous imaginez, les yeux dans les yeux, négocier avec Donald Trump, vous vous en sentez la trempe ou pas
04:55?
04:56Oui, je m'en sentez la trempe.
04:58Je m'en sentez la trempe parce que pour négocier avec des hommes comme ceux-là, il faut être sûr
05:04de ses convictions.
05:06Il faut croire à quelque chose.
05:07Si vous ne croyez à rien, alors vous êtes balotté comme une feuille morte.
05:12Comme un petit rafiot sur l'eau.
05:14Voilà.
05:15Je pense qu'en matière de relations internationales, comme en matière de gestion domestique, interne,
05:21il faut avoir non seulement du caractère, mais il faut avoir une ligne.
05:25C'est quand vous n'avez pas de ligne que des gens comme M. Trump vous déstabilisent.
05:28Quand vous avez des convictions, quand vous savez où vous allez, quand vous avez un cap,
05:32je suis un peu marin, vous savez, j'habite un beau département près de l'océan Atlantique.
05:36Oui, oui, mais quand le vent souffle, quand les vents sont totalement contraires d'ouest et d'est, et parfois
05:41les deux.
05:42De temps en temps, on se met à la cape, vous voyez.
05:44Boute au vent, boute au vent, pour affronter la tempête.
05:46Et on profite d'une petite amélioration ensuite pour prendre le vent du largue.
05:51Alors, il faut qu'on parle des conséquences concrètes de la situation en Iran pour les Français.
05:56Le baril de pétrole est redescendu cette nuit à la faveur de l'annonce de se cesser le feu.
06:01Mais les prix des carburants à la pompe restent très hauts.
06:042,30 euros le litre pour le gazole, plus de 2 euros pour le sans-plomb.
06:08Et la déstabilisation du marché du pétrole, elle va quand même sans doute durer.
06:14Qu'est-ce que vous dites ?
06:14On ne vous a pas beaucoup entendu, contrairement au RN qui demande la baisse de la TVA
06:18et à la France Insoumise qui veut bloquer les prix.
06:20Vous dites quoi ? Le gouvernement a raison de s'en tenir à des mesures minimums ?
06:24Non, mais demander, parce que je pense que demander la baisse de la TVA, ça n'est pas sérieux.
06:28Pour plusieurs raisons.
06:30D'abord, on est étranglé.
06:31On est absolument étranglé.
06:32D'ailleurs, un des effets de cette guerre, c'est l'explosion des taux d'intérêt.
06:37Rex Econ, un grand institut, a prévu, a calculé que la charge de la dette,
06:42le paiement des intérêts, pourrait doubler d'ici 2030, passer à 120 milliards d'euros.
06:48On va être étranglé.
06:49Donc, un, on n'a plus les moyens de cette politique-là.
06:52Deux, ça ferait moins de 10 centimes.
06:54Est-ce que ça règle le problème ?
06:55Non.
06:55Et trois, personne n'en parle.
06:56Hier, M. Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, a reçu un courrier de la commission
07:02pour lui indiquer que ce qu'il avait fait sur la TVA contrevenait aux droits européens.
07:06Ce n'est pas le seul pays à avoir décidé de baisser les impôts sur l'essence.
07:09Mais je le dis, personne ne le dit.
07:10Mais donc, Bruno Retailleau, juste pour bien comprendre, vous considérez donc que ce
07:14qu'a fait le gouvernement, c'est-à-dire dire, on fait des aides ciblées, il n'y a pas
07:17d'aide universelle, pour reprendre l'expression de la porte-parole du gouvernement, c'est
07:21la bonne politique et il n'y a rien de plus à faire.
07:23La politique, s'il y a des choses, alors un, il faut la transparence.
07:27Aujourd'hui, quels sont les chiffres ? Je me suis renseigné auprès des deux rapporteurs
07:31généraux du Sénat et de l'Assemblée nationale hier.
07:34Les chiffres que nous avons à nos dispositions, le fameux surplus par mois, c'est d'un côté
07:41270 milliards TVA, millions par mois, je compte par mois, plus la TVA.
07:48De l'autre côté, il y a un plan de 70 millions plus 60 millions, de 130 millions d'euros.
07:52Le coût de la charge de la dette, en plus, c'est environ 300 millions d'euros.
07:57Donc, vous voyez, on en est loin.
07:58Moi, je pense qu'il faut faire plusieurs choses, dans le court terme et dans le long terme.
08:01Le court terme, c'est un, effectivement, avoir une politique ciblée, sans doute plus massive
08:06vis-à-vis de professions qui souffrent énormément.
08:09Il faut aller plus loin que ce qui est fait aujourd'hui par le gouvernement pour les gros rouleurs,
08:13les fêcheurs, les agriculteurs.
08:14Il faut consacrer le surplus, vraiment, puisqu'il y a un surplus qui peut être contestable.
08:19Je vous le disais que, par ailleurs, il serait pour partie mangé par d'autres dépenses.
08:22Mais je pense qu'il faut maintenir l'appareil de production, parce que c'est ça qui peut disparaître.
08:26Et quand ça disparaît, c'est comme pendant le Covid, on ne le retrouve plus après.
08:30Donc, dépenser plus pour produire.
08:31Première chose, pour produire, exactement.
08:34Deuxième chose, il faut revoir, par exemple, des choses qui sont stupides.
08:37Les certificats d'économie d'énergie.
08:40Dans le fonctionnement, c'est bien.
08:41Mais là, depuis le début de l'année, c'est 27% de plus.
08:45On passe de 6 milliards à 8 milliards.
08:47Moi, ce que je propose, c'est qu'on stabilise pour l'instant.
08:50On ne va pas s'auto-infliger une inflation.
08:53Donc, je pense qu'il faut cibler massivement l'appareil de production et puis être un peu sux.
09:00Idem, par exemple, sur le DPE, sur les logements.
09:03Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, au moment où je vous parle,
09:05le diagnostic de performance énergétique désavantage les logements chauffés à l'électricité.
09:11C'est stupide.
09:12C'est stupide.
09:13Ce qui est intéressant, Bruno Retailleau.
09:14Il y a 500 000 logements qui pourraient être remis sur la marché.
09:18Bruno Retailleau, il y a quelque chose, vous vous dites à un instant, je vous cite, il faut être un
09:20peu sux.
09:22Moi, j'ai le souvenir que les Républicains, au moment de la guerre en Ukraine et de la crise énergétique,
09:26ne peuvent pas dire qu'ils étaient exactement sux,
09:27puisque les députés, qui sont donc sous votre autorité comme Président des Républicains,
09:32à l'époque, ils disaient qu'il faut qu'il y ait des ristournes.
09:35Ils réclamaient une ristourne de 30 centimes par litre qui coûtait absolument une fortune aux finances publiques.
09:39Non, vous n'étiez pas Président à l'époque.
09:41Non, attendez.
09:41Vous n'étiez pas Président à l'époque, mais les députés et les Républicains, c'est ce qu'ils demandaient
09:44à l'époque.
09:45Je n'étais pas Président, j'étais Président du groupe au Sénat.
09:47C'est vrai.
09:47Qu'avais-je fait au Sénat ? Dites-le-moi.
09:49Vous aviez considéré que c'était trop cher, mais à la fin, vous aviez avalisé cette décision.
09:56Parce qu'il y avait une commission mixte permanente.
09:58Et dans une commission mixte permanente, vous avez le Sénat, l'Assemblée nationale, LR, le PS, etc.
10:03Mais on avait tenu une ligne très claire qui est parfaitement cohérente avec ce que je vous dis.
10:08Je vous essayais de mettre en contradiction.
10:10Non, c'est juste qu'il faut assumer.
10:12Aujourd'hui, contrairement à il y a quelques années,
10:13aujourd'hui, on n'a plus les moyens de faire des aides importantes et non ciblées pour les consommateurs.
10:19Et déjà, à l'époque, je le disais.
10:22Bruno Retailleau, il faut qu'on parte de votre candidature à l'élection présidentielle.
10:26Alors parlons-en.
10:26Dans dix jours, le 18 avril, les adhérents, vos adhérents des Républicains auront à se prononcer sur le mode de
10:33désignation du candidat.
10:34Donc, soit vous directement, soit un vote plus ou moins élargi.
10:40Il sert à quoi, ce vote, si de toute façon, vous dites que vous serez candidat ?
10:44J'ai toujours dit que je me conformerais aux règles.
10:48On peut critiquer les Républicains.
10:50Et je connais bien ma propre famille politique et je sais qu'elle a des défauts.
10:54Simplement, qui, aujourd'hui, va se retourner vers les adhérents ?
10:57Qui sont vraiment la source démocratique d'un parti, mis à part les LR ?
11:02Moi, j'ai considéré que j'avais pris un engagement quand je me suis présenté.
11:06Cet engagement, il était de dire à nos adhérents, à nos militants,
11:09c'est vous qui désignerez les modalités par un référendum, par un vote, les modalités de la désignation.
11:16Donc, cet engagement...
11:18Mais vous serez quand même candidat, quoi qu'il arrive, Bruno Retailleau ?
11:22Là, c'est trois modalités.
11:25Soit une primaire ouverte, une primaire fermée.
11:28Dont on va parler de la primaire ouverte ?
11:29Ou alors la désignation, le président de LR est naturellement le candidat.
11:34Donc, il ne s'agit pas de désigner, sauf dans la troisième situation.
11:38Je respecterai, bien entendu, s'ils choisissent une primaire, je me plierai à la primaire.
11:43Il y a quand même une question, parce que si on parle de primaire ouverte,
11:46vous avez un certain nombre de vos concurrents, Laurent Wauquiez, David Lysnard,
11:49qui a quitté votre parti, les Républicains, Gérard Larcher, même si pour lui,
11:53les bornes ne sont pas exactement les mêmes, qui disent
11:55il faut, pour éviter la division des candidatures, faire une grande primaire ouverte
11:58qui ne se limite pas seulement aux Républicains.
12:01Pourquoi est-ce que vous ne soumettez pas aux adhérents des Républicains cette option ?
12:05Puisque vous dites, on leur donne la parole, on fait un référendum.
12:07Parce que j'estime que sous la Ve République,
12:09le rôle d'un parti politique, c'est de porter une candidature à la présidentielle.
12:14Or, il ne vous a pas, comment dirais-je, échappé que, pour nous,
12:18nous avons plusieurs candidats potentiels.
12:20Donc j'estime que dans un premier temps, il faut, dans cette première étape,
12:23clarifier les choses.
12:24Qui est le candidat naturel, légitime de LR ?
12:28Par rapport aux primaires.
12:29Par rapport aux primaires, attendez, on peut en parler.
12:32Aujourd'hui, il n'y a pas d'accord.
12:33Il y en a qui sont contre, Édouard Philippe, M. Attal.
12:37Et ceux qui sont pour, vous n'en avez pas.
12:39Gabriel Attal, ce n'est pas ce qu'il dit sur la primaire.
12:41Vous n'en avez pas un, pour ceux qui sont pour,
12:44qui se retrouvent sur le bornage.
12:46Certains disent, c'est de M. Knaffot à M. Édouard Philippe.
12:49D'autres disent, il ne faut surtout pas que Bruno Retailleau y participe.
12:52M. Attal a dit que s'il y avait une primaire, jamais, il se rallierait à ma candidature.
12:56Ça veut dire qu'il ne veut pas de primaire.
12:59Vous en conviendrez.
13:00M. Zemmour dit maintenant, il faut de M. Philippe.
13:02Alors, vous, Bruno Retailleau, si primaire il y a, quel doit être son périmètre ?
13:08Qui parle au français ?
13:10On est dans la tambouille politicienne.
13:12Les journalistes et les hommes et les femmes politiques.
13:14Qui parle de la France au français ?
13:16Je veux porter, moi je vais vous dire.
13:17C'est pas seulement de la tambouille de savoir avec qui on est d'accord pour s'entendre
13:21et pour travailler en cas d'élection à la fonction suprême.
13:26C'est-à-dire qu'une primaire avec Sarah Knaffot,
13:29ça veut dire possiblement Sarah Knaffot dans le gouvernement de celui qui gagne.
13:32Je m'explique, s'il vous plaît.
13:34Les deux dernières présidentielles.
13:36En 2017, la présidentielle n'a pas vraiment porté un projet.
13:42Il y a eu, comment dirais-je, la justice à l'époque a fait une entrée fracassante dans cette campagne.
13:48Il n'y a pas eu de vrai débat.
13:49J'ai assisté à toute cette campagne.
13:51Il n'y a pas eu de vrai débat sur le projet.
13:53Idem en 2022, c'est la guerre en Ukraine.
13:56Il n'y a pas eu de campagne, pas de mandat.
13:58Il n'y avait pas de souffle.
13:59Ce qui fait que le président de la République a en quelque sorte perdu la majorité absolue aux législatives.
14:05Qu'on parle du projet.
14:06Moi j'estime que 2027, c'est la croisée des chemins.
14:112027, parce que la France a rendez-vous avec son destin.
14:14Je veux parler d'un projet.
14:15Le projet que je vais porter est un projet de rupture sur la prospérité.
14:19Je veux donner un 13e, voire un 14e mois aux Français pour les encourager à travailler plus.
14:24Je veux aussi qu'en matière de sécurité, la France soit plus sûre, que la justice soit plus ferme, qu
14:29'on recontrôle l'immigration.
14:31On va parler de fonds justement et on va parler de savoir jusqu'où vous pourriez aller,
14:36puisque la question qui s'est posée, c'est celle de l'union des droites.
14:38Vous, vous répondez Bruno Retailleau, que moi je fais l'union des droites.
14:42Est-ce qu'on peut parler du projet ?
14:44Mais Bruno Retailleau, c'est pas de la tambouille, parce que ça pose la question de savoir idéologiquement jusqu'où
14:55vous allez.
14:56Est-ce que si vous étiez élu président de la République, vous pourriez nommer Sarah Knaffo ou Éric Ciotti dans
15:02un gouvernement ?
15:03Attendez, ça c'est de la tambouille politicienne.
15:06Ce que moi je veux porter.
15:07Alors souvent les hommes politiques, quand ils ne veulent pas répondre à des questions, ils disent que c'est de
15:10la tambouille.
15:11J'ai répondu mille fois à ces questions.
15:13L'union des droites, j'ai toujours indiqué que l'union des droites c'était non l'union des droits
15:17des appareils,
15:17que je voulais moi l'union des droites par les électeurs, dans les urnes.
15:21Et je m'adresse, je le redis au micro de France Inter ce matin,
15:25je m'adresse aussi bien au déçu du macroniste, aux millions d'abstentionnistes,
15:29et y compris à ceux qui ont voté pour M. Zemmour ou pour Mme Le Pen.
15:34Du point de vue des valeurs, vous pourriez vous entendre avec Sarah Knaffo ou Éric Ciotti ?
15:38Écoutez, j'ai un projet, je le porte.
15:41Que ceux qui s'entendent avec mon projet viennent à moi.
15:44Je m'adresse à tous les Français.
15:45Donc on n'a pas la réponse.
15:46Est-ce que vous avez des valeurs communes avec eux ?
15:48Est-ce qu'ils pourraient faire partie d'un gouvernement Bruno Retailleau, Sarah Knaffo ou Éric Ciotti ?
15:50Écoutez, il faut d'abord gagner, il faut d'abord aller au second tour.
15:53Mais aujourd'hui, je veux porter un projet qui sera un projet disruptif,
15:59un projet qui va renverser la table, et c'est aux autres de s'oppositionner.
16:03Moi j'ai mes valeurs, vous les connaissez, tout le monde les connaît.
16:06Mais vous entendez Jean-François Copé qui dit qu'il y a un schisme au sein des Républicains
16:08entre ceux qui sont sur une ligne de fermeté vis-à-vis du Rassemblement National,
16:13vis-à-vis de l'extrême droite, et ceux qui sont complaisants.
16:15Pardon, écoutez, ceux qui pendant les municipales, entre les deux tours,
16:20ou même avant le premier tour, ont tenté, les LR,
16:23qui ont tenté de rejoindre une liste Rassemblement National,
16:26ont été exclus. Dans l'heure. Dans l'heure.
16:30Donc, vous êtes sûr que vous avez été impeccable sur la question
16:33des éventuelles alliances au sein des Républicains ?
16:36Bien sûr, bien sûr.
16:36Alors quand l'eurodéputé Christophe Gomart, membre des Républicains,
16:39dit qu'il soutient Éric Ciotti à Nice ?
16:41Je l'ai reçu, pour le rappeler à l'ordre.
16:43Ah oui, et il est toujours membre des Républicains.
16:44Mais il n'était pas candidat.
16:46Alors autre exemple, Bruno Retailleau,
16:48quand le président du conseil départemental, Charles Anginesi,
16:50soutient Éric Ciotti, l'embrasse comme du bon pain le soir du premier tour,
16:53il est toujours membre du parti ou pas ?
16:54Non, il est mis en congé de ce parti.
16:56Je l'ai appelé.
16:56Mais mis en congé, ça veut dire quoi ?
16:57Je l'ai appelé pour dire qu'il ne pouvait pas rester membre du parti
17:01dans l'état actuel des choses.
17:03Mais il est toujours membre du parti ou pas ?
17:04Il est mis en congé du parti.
17:06Il est exclu ?
17:07Il est mis en congé du parti.
17:08C'est ce que je viens de vous dire.
17:11Donc, je réponds à ceux qui nous disent qu'on n'est pas clair.
17:14À chaque fois, c'est la même chose.
17:15Ils utilisent d'ailleurs les arguments de la gauche.
17:18Ça fait depuis Mitterrand que la gauche essaie de tétaniser la droite
17:21en disant, dès qu'on veut par exemple être ferme sur l'immigration
17:25ou sur la sécurité ou sur la justice,
17:27voilà, ce sont des comportements fascistes.
17:29Vous êtes prêts à vous allier avec le Rassemblement National.
17:31Jamais on ne l'a fait.
17:32Pourquoi on le ferait demain ?
17:33Pourquoi on le ferait demain ?
17:34Vous croyez qu'ils sont gentils avec nous ?
17:36Ce sera mon adversaire.
17:37Ce sera mes adversaires.
17:39Soit Mme Le Pen ou soit M. Zemmour.
17:41Alors, il y en a marre.
17:42Voilà.
17:43Les choses sont claires.
17:44Je ne vais pas répéter.
17:45Mais M. Copé a beau répéter,
17:48on habille souvent, vous voyez, dans la vie politique.
17:50On habille très fréquemment.
17:52Les ambitions personnelles avaient des considérations d'intérêt général.
17:55C'est-à-dire ?
17:56Quand il dit un schisme au sein des Républicains, c'est quoi ?
17:58Ça le concerne.
17:59Il a une ambition personnelle.
18:00C'est quoi son ambition personnelle ?
18:01Vous lui demanderez.
18:02Vous allez le recevoir, je crois, ce soir.
18:04Alors, moi personnellement, je suis plutôt le matin à la radio.
18:08La radio.
18:08Oui.
18:09Bruno Retailleau, on avance un peu.
18:12Vous avez lancé un observatoire des villes dirigé par des maires LFI pour, dites-vous,
18:16les mettre sous surveillance, documenter les déclarations, leurs méthodes et leurs pratiques.
18:24Est-ce que vous allez aussi lancer un observatoire pour les élus et les Républicains ?
18:30Pour les élus et les Républicains, parce que vous mettez, madame, vous mettez sur le même plan les élus insoumis
18:37des Républicains.
18:38Alors, Bruno Retailleau, si on vous pose la question...
18:40Est-ce que vous pensez vraiment que dans les meetings des Républicains, chère madame,
18:44les salles rigolent quand celui qui parle fait des mauvaises blagues sur la prononciation de noms qui sont des noms
18:55à cause de l'ordre du juge ?
18:55Il s'agit d'un certain nombre de vos élus ou de vos candidats au municipal.
19:00Je vais citer Thierry Ménien, sénateur LR, ancien maire du Blanc-Ménil, qui a été battu il y a deux
19:05semaines
19:06et qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête après avoir menacé de mort la journaliste Nassira El-Mouadem
19:13qui a écrit un livre sur son mandat.
19:15Je ne justifie aucun propos inacceptable.
19:18Je vais la faire condamner pour diffamation, je vais la fouetter, j'irai au bout.
19:20Elle va mourir, je la tue.
19:22Vous allez prendre des sanctions contre lui, il est sénateur.
19:25Attendez, attendez, vous me posez une question sur les insoumis.
19:31Vous ne me mettez pas, j'espère, en parallèle avec M. Mélenchon.
19:35M. Mélenchon encourage l'antisémitisme.
19:39Il fait rire une foule à la prononciation de mots qui ont une consonance juive.
19:43Exactement comme avait fait Mme M. Le Pen, Jean-Marie Le Pen, en 89.
19:48Il racialise.
19:49On s'adresse aux gens en fonction de la couleur de peau, en fonction de leur religion, le communautarisme.
19:54Il justifie la jeune garde.
19:56Vous rendez-vous là ?
19:57Vous voulez banaliser ?
19:59Non, on parle de la brutalisation du débat public.
20:02Non, non, non, ça n'a rien à voir.
20:03Je le dis au micro de France Inter.
20:04Bruno Retaille, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
20:05Si, sur le service public, et on est en train de banaliser, de banaliser les insoumis.
20:10Absolument pas.
20:11La jeune garde, attendez, la jeune garde, c'est moi qui l'ai dissoute.
20:14M. Raphaël Arnaud vient triomphant à l'Assemblée Nationale,
20:17et cette jeune garde dissoute est impliquée dans la mort d'un homme.
20:21On a shooté avec le pied dans la tête d'un homme à terre, et il en est mort.
20:26Et M. Mélenchon justifie.
20:29Vous estimez que c'est correct.
20:31Et vous voulez banaliser en prenant tel ou tel élu ?
20:35Qui a fait un écart de langage, c'est lamentable.
20:37Bruno Retailleau, juste.
20:38C'est lamentable.
20:39Alors, Bruno Retailleau.
20:39Que ce soit sur le service public, c'est lamentable.
20:41Bruno Retailleau.
20:41Alors que vous vous comportiez comme les alliés objectifs de M. Mélenchon et des insoumis, très bien.
20:47Mais moi, jamais je ne renoncerai à mes convictions républicaines.
20:52Bruno Retailleau, là, on va juste faire baisser une seconde la pression.
20:55Je ne baisse pas la pression, je réponds à des questions.
20:58Oui, et nous, on vous pose une question.
20:59Et ces questions, oui d'accord, mais moi j'y apporte ma réponse.
21:01Et quand cette question vise à mettre sur le même plan l'LR ou un élu LR d'un mouvement
21:06général
21:07qui a justement une théorie...
21:08Bruno Retailleau, est-ce qu'on peut juste vous poser une question ?
21:11Est-ce qu'on peut juste parler de la brutalisation du débat public et de ce qu'on en fait
21:15quand on est patron d'un parti ?
21:16Qu'est-ce qu'on fait avec des membres d'un parti ?
21:18Je sanctionne régulièrement, simplement, non, non, non, madame, attendez, je reviens,
21:23parce que c'est trop facile.
21:25On part d'un observatoire des insoumis où on va suivre, parce qu'il y a eu des violences.
21:29Regardez le soir des élections.
21:31Ces gens-là, la victoire électorale ne leur suffit pas, il faut plus.
21:34Il faut une sorte de mort sociale pour ceux qu'ils ont défait.
21:38Des élus, les républicains, comme des élus PS d'ailleurs.
21:41Vous avez un mouvement qui, pour la première fois, sous la Ve République,
21:46théorise la violence, la brutalisation, la conflictualisation, l'antisémitisme, le racialisme.
21:52Est-ce que je peux vous poser une question ?
21:53On a entendu ce que vous aviez à dire sur la France insoumise.
21:56On repose la question.
21:57Vous avez un sénateur, les républicains, qui s'appelle Thierry Ménien,
22:00qui était maire du Blanc-Ménil, qui a fait l'objet d'un livre-enquête,
22:03d'une journaliste dont il a dit, encore une fois, je vais reciter la phrase,
22:06je vais la faire condamner pour diffamation, je vais la fouetter, j'irai au bout.
22:09Elle va ouvrir de la suite d'une enquête à outreverte.
22:11Est-ce que vous allez sanctionner ce sénateur, les républicains ?
22:14Écoutez, moi je n'ai pas encore lu cette enquête, donc j'apprends les termes, etc.
22:18Ce matin.
22:19Voilà la phrase à notre consoeur du monde, elle est assez explicite.
22:21Mais attendez, vous me la prenez, donc je vais regarder, et je vais le convoquer.
22:25On va regarder très précisément.
22:27Je n'ai jamais rien laissé passer.
22:29Mais très franchement, la façon dont cette question est posée
22:33pour évacuer la dangerosité de LFI,
22:35en dit très très lent, justement, sur la sous-entendue.
22:39Je pense que, pardonnez-moi, il suffit d'écouter les interviews
22:41qu'on a pu faire ici des membres de la France Insoumise
22:44pour constater que les questions sur la question de la brutalisation du débat,
22:47elles sont posées, quels que soient les invités qu'on a en face de nous.
22:49On aurait pu parler du maire réélu d'Arcachon, Yves Foulon,
22:52qui a menacé et insulté l'un de ses opposants écologistes.
22:57Oui, parce que l'opposant écologiste avait pris en photo sa maison privée
23:01et que c'était une atteinte, finalement, à la vie privée.
23:05Donc voilà, il y avait un côté...
23:05D'accord, on peut dire fils de plus t'enculé, ça va être terrible pour vous et votre famille.
23:08Mais non, mais ça ne justifie rien.
23:09Ça ne justifie rien.
23:10Mais il y a un contexte.
23:11Quand il y a des mots qui ne sont pas justifiables,
23:13il faut aussi aller regarder le contexte.
23:16C'est essayer d'être juste.
23:18C'est tout.
23:19Très bien.
23:19Merci beaucoup, Bruno Retailleau, d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
23:23C'est tout.
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