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  • il y a 5 heures
Retrouvez "À la régulière" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00Bonsoir Xavier, on vous retrouve dans une heure.
00:13Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans la régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:16Nous continuons notre semaine dédiée aux plus grandes pop stars et nous y sommes.
00:19Le jour tant attendu est arrivé, il est temps de parler de Michael Jackson,
00:23notamment puisque le biopic qui lui est consacré sort aujourd'hui.
00:26Michael Jackson, c'est des tubes qu'on connaît tous, des premières notes qui suffisent à remplir une piste de
00:30danse.
00:30C'est une silhouette, un chapeau, un gant, des pas de danse qui ont traversé des générations.
00:34Mais c'est aussi une enfance volée, une fabrication quasiment industrielle,
00:38une quête obsessionnelle de perfection et une vie qui s'est transformée en énigme.
00:41C'est quelqu'un qui a changé la musique bien sûr, mais aussi la manière de la regarder et de
00:44la consommer.
00:45Quelqu'un qui a compris avant tout le monde que la pop pouvait être un spectacle total.
00:48Alors pour parler du roi de la pop, il me le fallait bien, le Saint-Père du journalisme musical en
00:53France,
00:53Olivier Cachin est avec moi, auteur entre autres du livre Pop Life que j'ai dans la main.
00:58Comment ça va Olivier ?
00:59Très bien Mehdi, merci de la présentation.
01:01C'est la montre des choses.
01:02L'émission consacrée à Michael Jackson, c'est tout de suite à la régulière.
01:05France Inter
01:09À la régulière
01:13Mehdi Maizy
01:34Un extrait évidemment d'un morceau bien connu, I Want You Back, les Jackson 5, les débuts de Michael Jackson,
01:40les premiers tubes en tout cas de Michael Jackson.
01:42Alors on va essayer Olivier, même si c'est compliqué, de retracer un petit peu sa carrière, son parcours en
01:47une heure et on n'aura évidemment pas assez de temps.
01:49Mais qu'est-ce qu'on peut dire du début ?
01:52Parce qu'on connaît évidemment le Michael Jackson qui a cartonné dans les années 80, mais c'est un enfant
01:57star en fait.
01:59Mais qui vient d'un milieu assez compliqué, qui vient bien sûr de Gary dans l'Indiana, qui vient d
02:02'un milieu assez modeste en réalité.
02:03Est-ce qu'on peut revenir un peu sur les débuts du jeune Michael ?
02:07Effectivement, famille modeste, mère au foyer, dix enfants, dont un qui est mort à naissance, le père qui travaille sur
02:13des chantiers, qui est un peu guitariste.
02:16Gary, c'est une ville qui vont finir par quitter parce que ça devient vraiment très très chaud avec des
02:20histoires de gang, de violence.
02:22L'Amérique quoi.
02:23Et c'est dans cette ambiance-là qu'effectivement le père Joseph, qui est mort récemment, va coacher ses enfants.
02:31Précédons d'ailleurs qu'à la basse, c'est Jermaine qui devait être la star, celui qui joue de la
02:35basse.
02:35Et finalement, tout le monde s'aperçoit que c'est Michael qui attire la lumière.
02:38Et il va leur donner une éducation musicale incroyable, qui va être quasiment militaire.
02:44Parce qu'on a beaucoup lu, mais c'est vrai, le côté très violent et à la schlag de l
02:49'éducation de ce père-là.
02:50Parce que ça ne veut pas dire qu'ils n'allaient pas à l'école.
02:52Ils allaient à l'école et en rentrant, au lieu de se détendre, c'est maintenant les répétitions.
02:58Toi à la guitare, toi à la basse, toi qui chante, les reprises.
03:01Et puis aussi, très vite, des concerts, des shows, des prestations, dans des endroits pas du tout recommandables pour des
03:08gamins.
03:08Parce que là, on est à une autre époque.
03:10C'est l'époque où dans des feuilletons, comme Ma soeur s'est amené, tu vois un mec fumer une
03:13cigarette au-dessus d'un berceau en disant
03:14« Oh, quel beau bébé ! »
03:16C'est pareil, tu vas avoir des Jackson, des frères qui sont dans des clubs de strip-tease, des boîtes
03:21de poker,
03:22des endroits où ils vont affiner leur art.
03:24Mais bon, ce n'est pas vraiment une éducation modèle pour ça.
03:27Qu'est-ce qui fait justement que ce père se mette en tête de faire de ses enfants des stars
03:32?
03:32Qu'est-ce qui se passe à cette époque-là dans la musique, mais aussi dans la musique noire américaine
03:35au sein des labels,
03:36pour que lui se dise à ce point-là qu'il y avait quelque chose à faire ?
03:40Déjà, c'est un schéma assez classique qu'on a retrouvé après avec Britney Spears ou Amy Winehouse,
03:43des parents qui veulent le succès putatif par rapport à celui que va avoir leur enfant ou leurs enfants.
03:49Donc, il y a ce côté-là, parce que lui, c'est un peu un musicien frustré aussi.
03:53Mais, comment dire, il y a quelque chose qui est présent chez les Jackson et surtout chez Michael,
03:59c'est effectivement une vision de la musique qui est unique.
04:02Michael, quand il a cinq ans, il chante pour la fête de fin d'année.
04:06Et au lieu de faire, comme font généralement les enfants, être déguisés en poireau ou en palmier,
04:10ou de chanter l'hymne américain, il va reprendre une chanson de, je crois que c'est le Sound of
04:15Music,
04:16et tout le monde est en larmes et se demande comment est-ce qu'on peut chanter l'amour
04:19quand on ne sait pas ce que c'est, parce qu'il a quand même cinq, six ans.
04:22Et bon, évidemment, toutes les mères du monde pensent que leur enfant est le plus beau et le plus talentueux.
04:26Dans le cas de Catherine Jackson, quand elle dit « j'ai vu dès le début qu'il était spécial
04:30»,
04:30on peut la croire, vu ce qui s'est passé après.
04:32Un enfant qui danse au son de la machine, du tambour de la machine à laver dans la buanderie,
04:37qui a cette espèce de don pour capter les émotions et les retranscrire.
04:41Et c'est ce qu'il va faire tout au long de sa vie.
04:43C'est quelqu'un qui va effectivement emmagasiner comme une éponge
04:46les mouvements de danse, les voix, les émotions, la culture,
04:49et la retranscrire à travers cette personnalité incroyable.
04:53Et c'est ce que tu disais, c'est ce perfectionnisme qui va jusqu'à la folie.
04:58Parce que bon, quand on écrit sur son, comme ça a été le cas un peu plus tard dans sa
05:01carrière,
05:01sur son miroir le chiffre 100, parce qu'il veut vendre 100 millions d'albums,
05:05il faut quand même effectivement avoir une vision de la perfection qui est quand même assez incroyable.
05:10Qu'est-ce que repense les Jackson 5 aujourd'hui à postérioré,
05:12avec le recul dans la pop américaine, même dans la musique noire américaine ?
05:16Est-ce que c'est un groupe, évidemment, il y a plusieurs morceaux importants,
05:20on a écouté un extrait tout à l'heure,
05:21mais est-ce que c'est un groupe vraiment extrêmement important, mythique ?
05:24Est-ce que c'est un groupe de l'époque qui, finalement, aurait été une rampe de lancement pour Michael
05:27?
05:27Qu'est-ce que ça représente aujourd'hui avec le recul ?
05:30C'est un groupe très important d'abord parce qu'effectivement, ils ont un succès énorme.
05:32Leurs quatre premiers singles sont quatre numéros un.
05:35Mais surtout, c'est le groupe qui a gentrifié la soul musique.
05:38Parce qu'au moment où commencent les Jackson 5, c'est-à-dire à la fin des années 60,
05:42on est encore dans une époque où les Noirs ne vont pas dans les mêmes chiottes,
05:44les mêmes restaurants et les mêmes salles de concert que les Blancs.
05:47Et la musique noire, c'est fait pour les Noirs.
05:49Et les Blancs, ils écoutent de la country, du rock.
05:51C'est très fragmenté comme ça.
05:52Ah oui, on est dans un aparteste de fait,
05:54qui d'ailleurs va être légal jusqu'au mouvement des droits civiques dans les années 60,
05:58avec Martin Luther King, etc.
06:00Donc, eux, ça va être ce qu'on va appeler, avec un peu de mépris, la bubblegum soul.
06:05C'est-à-dire une soul qui va être ripollinée par Barry Gordy,
06:11qui lui a comme mission le poste de Motown,
06:13qui est celui qui veut vendre la musique noire au public qui a de l'argent,
06:17c'est-à-dire au grand public blanc.
06:18Et les Jackson, c'est la porte d'entrée vers ça.
06:20Il y a des couvertures de magazines, c'était live, je crois,
06:22où on voit la famille nucléaire idéale,
06:24les deux parents et les Jackson 5 dans un décor boisé.
06:28C'est les Noirs gentils, c'est pas Malcolm X.
06:32Ils sont mignons, ils chantent bien, ils ont du talent, indéniablement.
06:35Et c'est effectivement, c'est les gentils Noirs.
06:38Une époque où encore une fois, être Noir, ça veut dire parler pour des Noirs musicalement.
06:42Je vais un peu vite, mais est-ce que finalement, ce que tu viens de dire sur les Jackson 5,
06:46qui finalement ont gentrifié la seule musique,
06:48est-ce que c'est pas une remarque qu'on peut faire plus globalement sur Michael,
06:51quelque part, qui aurait été un point d'entrée pour beaucoup de gens dans la musique nord-américaine,
06:56au point même qu'une partie des gens oublient que c'était de la musique noire au début,
07:00ou que même lui était une figure noire américaine.
07:03Est-ce que finalement, c'est pas un peu le fil rouge de presque une partie de sa carrière, en
07:06tout cas ?
07:06Complètement, parce qu'effectivement, il va faire individuellement ce que Barry Gordy avait fait avec son label et ses groupes,
07:12c'est-à-dire, oui, parler à un public beaucoup plus large que celui auquel il est a priori destiné.
07:16Et c'est vrai que Michael, c'est pas un hasard si le premier single de Thriller,
07:19qui est son album le plus populaire, est l'album le plus populaire de tous les temps,
07:22et ce, pour l'éternité, puisque maintenant les disques, c'est fini, tu te l'apprends pas,
07:26ça commence avec le single en dû avec Paul McCartney.
07:29Le message, il est clair.
07:30Les Beatles, moi, Michael, voilà, c'est la nouvelle pop qu'on va dire aujourd'hui.
07:36Si on, pareil, on va un peu vite, mais le début de Michael Jackson en tant qu'artiste solo,
07:40c'est pas Off The Hall, il y a eu des projets avant, mais en tout cas, Off The Hall
07:43est vraiment un acte fondateur.
07:45Il y a eu une rencontre qui se fait évidemment sur le tournage de The Wiz,
07:47puisque, voilà, l'enfant star, il y avait des films, etc.
07:50Cette rencontre, c'est avec Quincy Jones, un des producteurs les plus importants et emblématiques de l'histoire de la
07:55musique.
07:55Qu'est-ce qu'elle change, cette musique-là ? Quelle relation ils avaient tous les deux ?
07:59D'abord, c'était deux perfectionnistes qui vont confronter leur idée de la perfection, parfois jusqu'au conflit.
08:05Parce que, surtout après la mort de Michael, Quincy a dit plusieurs fois qu'il y a eu des vrais
08:10débats,
08:11notamment l'intro de Don't Stop Tugate Enough, où il raconte qu'à un moment, Michael l'appelle,
08:15il lui dit « Ouais, je voudrais que t'enlèves les violons, ça casse mon groove et tout ».
08:17Il dit « Non, non, rien du tout ».
08:19Et il dit « À l'arrivée, qu'est-ce qui fait l'identité du morceau des débuts ? C
08:21'est ça, donc j'avais raison ».
08:22Donc, il y a ce côté-là. Et puis, il y a aussi cette idée qu'à deux, ils vont
08:27être invincibles.
08:28Parce que cette trilogie immaculée, comme j'aime bien l'appeler, c'est-à-dire « Off the Hall »,
08:32« Thriller » et « Bad »,
08:34c'est une redéfinition de ce que sont les canons de la pop-musique.
08:38C'est-à-dire qu'on a vraiment… Alors, il y a le côté presque catalogue de « Thriller »,
08:42sauf que si on dit comme ça, on a l'impression que c'est un peu bidon.
08:45Alors qu'effectivement, il y a ce côté africain avec « When I Be Starting Something »,
08:50il y a le côté rock avec « Beat It », il y a la balade sucrée façon Beatles, «
08:55The Girl is Man »,
08:56il y a le morceau un peu fantastique, il y a tout.
08:59Et surtout, il faut quand même le redire, neuf morceaux, pas un de plus, même pas dix.
09:04Eh bien, c'est suffisant.
09:06Alors, on parlera de thriller un peu après, mais vu qu'on parlait d'Off the Wall,
09:09je propose d'écouter mon morceau préféré d'Off the Wall, c'est « Working Day and Night ».
09:13J'adore ce morceau qui, d'ailleurs, je me suis rendu compte, pardon d'abaisser le niveau du débat,
09:18mais je me suis rendu compte des années après que Fatal Bazooka avait repris la mélodie sur « Tranquillement ».
09:23Tranquillement à base de « Tranquillade », c'est la mélodie de « Working Day and Night ».
09:26Désolé pour cette information, on écoute tout de suite Michael Jackson avec « Working Day and Night ».
09:59Sous-titrage Société Radio-Canada
10:29Sous-titrage Société Radio-Canada
10:53Sous-titrage Société Radio-Canada
11:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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12:37Michael Jackson
12:38Michael Jackson donc, un artiste un peu important, il a sorti ce morceau « Working Day and Night » présente
12:43sur Off the Wall.
13:11« France Inter »
13:14On est donc présent sur Thriller, on est avec Olivier Cachin qui est donc auteur du livre « Pop Life
13:18» que j'ai dans les mains à l'occasion de cette émission consacrée à Michael Jackson et dans le
13:21cadre de notre semaine consacrée aux plus grandes pop stars.
13:24On a parlé de Prince hier, on a parlé de Madonna aussi avant-hier, on a parlé de Michael Jackson,
13:30je ne vais pas te demander de nous expliquer pourquoi Thriller est important parce que tu l'as déjà raconté,
13:34tu en parles très bien dans le livre et c'est une histoire qui est connue.
13:36Oui mais je crois aussi ce qui est intéressant c'est ce qui se passe après Off the Wall, qui
13:39est l'album qui sort, on en parlait en rentaine, mis à 21 ans, qui donc précède Thriller, qui est
13:45couronné de succès, qui est globalement évidemment apprécié.
13:48Mais il se passe je crois un peu une fracture aussi chez Michael où il est un peu frustré d
13:53'être cantonné en fait à un artiste, vu comme un artiste a rien vu, un artiste de musique noire.
13:58Qu'est-ce qui se passe là-dedans et est-ce que c'est ça aussi, enfin je crois que
14:01c'est ça, qui va expliquer son envie d'écraser le reste du monde avec Thriller ? Il y a
14:06une fracture qui se passe quand même.
14:07Oui c'est-à-dire qu'il y a dans Off the Wall les germes de ce qui va pleinement
14:12éclore avec Thriller, c'est-à-dire l'idée d'ouvrir sa zone de musique puisque ça base vers d
14:17'autres choses.
14:18Là c'est plus vers le disco, ça reste un truc dansant, il y a des très belles balades mais
14:22il y a aussi le fait que c'est une frustration énorme pour lui.
14:25Parce qu'on parle de cet album qui est magnifique, qui est vraiment grandiose, il n'y a que des
14:29morceaux incroyables.
14:31Mais lui quand il gagne un Grammy Award pour Off the Wall et que Quincy lui dit tu te rends
14:37compte t'as un Grammy à 21 ans, lui il ne voit pas du tout ça comme ça.
14:40Lui il dit pourquoi j'ai pas tout eu ? Et cette attitude d'enfant gâté qui va devenir en
14:44fait, là c'est vraiment la prophétie autorisatrice puisqu'il dit la prochaine fois
14:47je les aurai tous. Et effectivement trois ans après, quand il va sortir fin de 82 Thriller, il aura toutes
14:53les récompenses posées, y compris même une en plus de Thriller pour le livre disque sur E.T.
15:00dont il est le narrateur. Donc oui il y a une frustration parce qu'il voit bien qu'il est
15:05encore, c'est un noir qui a du succès mais c'est un artiste noir.
15:09Et lui voudrait bien enlever le mot noir, pas ne pas être noir, il l'est. Et d'ailleurs curieusement
15:13il le sera de plus en plus au fur et à mesure de sa vie jusqu'à la fin devenir
15:16quasiment
15:17un espèce de rebelle Black Power contre Tommy Motola qui était le patron de Sony. Mais là c'est vraiment,
15:24il veut être ce qui va être le terme qu'il a lui-même a priori inventé
15:28et fait dire Alice Taylor le King of Pop, comme il y a eu le King of Rock et Elvis
15:32Presley. Et pour ça, il va encore plus élargir sa palette puisque comme on disait tout à l'heure, Thriller
15:37c'est un catalogue de tous les styles musicaux en un
15:39avec Billie Jean effectivement en vaisseau amiral, premier clip et là bon c'est l'histoire de ce morceau, il
15:45est dingue. Tu sais ce qui s'est passé pour le mix quand même.
15:50Bruce Whedin qui est l'ingénieur du son qui lui va rester encore plus longtemps que Quincy avec Michael puisqu
15:54'il est encore là sur Dangerous et même un peu plus tard.
15:58Et en fait, le mix c'est, beaucoup d'artistes vous diront, c'est le moment le plus important de
16:03la fabrication d'un morceau parce que c'est le moment où les 50, 60, 200 pistes vont être réduites
16:08en deux
16:08puisque les gens n'écoutent pas avec 50 haut-parleurs chez eux et ça va donner le sel ou au
16:13contraire casser la dynamique d'un morceau.
16:15Donc ils font un premier mix, le deuxième est super, tout le monde danse dans le studio et Michael dit,
16:20je te fais la version courte parce que c'est tellement merveilleux,
16:23il dit est-ce que tu pourrais me refaire un autre avec un peu plus de basse et donc Bruce
16:26dit oui bien sûr.
16:27Et là, ils enchaînent une série de 90 mixes.
16:30Alors il faut savoir qu'entre les 90 versions, je pense qu'une oreille humaine ne voit pas de différence.
16:34Aucune, sauf qu'évidemment, et arrivé à la 90e, Michael dit est-ce qu'on peut réécouter la deuxième ?
16:40Elle était quand même pas mal et de fait, c'est la deuxième qui est prise.
16:43Et moi, ce que j'aime bien dans ce truc qui peut apparaître comme débile, parce que quelqu'un peut
16:47vous dire de me tourner, ça sert à quoi ?
16:49Et bien, la seule réponse, c'est quand on est Michael Jackson et qu'on veut faire l'album le
16:53plus parfait du monde, ce qui n'est pas loin d'être le cas,
16:56et bien s'il faut en faire 200, c'est comme Stanley Kubrick qui aurait fait faire 80 fois à
17:00Jack Nicholson le pétage de Porte à la hache pour dire « Here's Johnny » dans « Shining ».
17:04Et bien, s'il en faut 80, et en l'occurrence même si ça rend les acteurs dingues, et bien
17:09dans le cas de Michael, c'est ça.
17:10C'était la deuxième, oui, mais s'il fallait en faire 90 pour savoir que c'était la deuxième, et
17:13bien c'est comme ça.
17:14Cette semaine, on parle des pop stars. À quel moment Michael Jackson décide d'être la plus grande pop star
17:19?
17:19Est-ce que ça se passe avant Off the Wall ? Est-ce que ça se passe dès l'enfance
17:21? Qu'est-ce qu'il fait ?
17:22Est-ce qu'il est conditionné par son papa ? Parce que c'est quand même pas commun de chercher
17:28ça.
17:28Je pense que comme Madonna, ça fait partie de ces gens qui, dès le début, se voient comme différents, au
17:34-dessus du lot, dans un autre monde.
17:36Qui ont un destin.
17:37Voilà, parce que comme Madonna, ils ont des attitudes, les Jackson 5, de super stars, avant même d'être certifiés.
17:44Donc il y a ce côté très croire en soi. Et puis bon, oui, je crois qu'à un moment,
17:51quand il fait Off the Wall,
17:52là, il sait qu'il s'engage vers quelque chose qui vraiment est personnel.
17:56Parce que ce qu'il faut voir, comme tu l'as dit tout à l'heure, ce n'est pas
17:58son premier album solo.
17:59Il y en a trois, je crois, chez Motown. Sauf que c'est comme les albums des Jackson 5, avec
18:02la voix un peu plus mise en avant.
18:04Il ne décide pas de son stylisme. Il ne décide pas de ses producteurs. Il ne décide pas de ses
18:07auteurs-compositeurs.
18:09Il chante. C'est déjà pas mal, tu me diras.
18:11Mais dans Off the Wall, c'est lui qui dit « Je veux Quincy Jones contre la vie de la
18:14maison de disque ».
18:14Il disait « Non, mais attends, on a Gamble & Ouf, qui sont des producteurs extraordinaires de soul music,
18:18qui ont fait des centaines de tubes et qui ont bossé sur les albums des Jackson.
18:22Quincy, il a l'image de producteur de jazz. Comprendre musique de gens qui fument la pipe,
18:26qu'on est pendant l'involure-côtelée, qu'ils ne vendent pas. Donc ça ne les enchante pas.
18:29Mais lui, il tient bon. Pourquoi ? Parce qu'il a senti quelque chose quand il l'a rencontré,
18:33comme tu disais, sur le tournage de The Wiz, où il était directeur musical.
18:37Et puis Rod Temperton, qui commence aussi à bosser sur cet album,
18:41et qui sera celui qui écrira notamment le morceau Thriller sur l'album Thriller.
18:44Donc tout ça, c'est Michael qui le décide.
18:45Et le fait que ça soit sa décision, son album, et que ça ait un succès aussi important,
18:51sinon plus que celui de The Jackson 5, c'est énorme.
18:52Parce qu'il faut quand même dire une chose, c'est que le destin des enfants stars,
18:55des gens qui sont très connus, très jeunes...
18:57Il est souvent funeste, oui.
18:58Voilà. Et il y a le côté, genre, le mignon bambin qui devient un adolescent,
19:04avec des boutons un peu recueilleux, ce n'est pas toujours un succès.
19:07Lui, il a réussi à encore aller plus loin en solo qu'il l'était avec ses frères dans The
19:11Jackson 5.
19:12T'as dit quelque chose sur Rod Temperton, qu'a écrit Thriller, etc.
19:15Pardon d'aller sur Sterling tout de suite, Olivier, mais hier on parlait de Prince.
19:18Évidemment, c'est pas à toi que j'apprends ça, c'est cette rivalité entre les deux.
19:22Et souvent, ce qu'on met en avant, c'est Prince, le génie ultime,
19:26il savait tout faire, il s'est joué de plusieurs instruments, on en discutait hier.
19:29Versus Michael, est-ce qu'il y a un côté interprète,
19:34même s'évidemment qu'il écrivait des choses, et justement c'est pour ça que je te pose la question,
19:37mais dans quelle mesure, justement, il était aussi impliqué dans la production, dans l'écriture ?
19:42Parce que souvent, quand on met en opposition ces deux génies,
19:44c'est ce qu'on va donner du côté, les points qu'on va mettre à Prince vont aussi être
19:47de cette accabille-là,
19:48de dire que Prince était plus génial, plus virtuose.
19:51C'est vrai que Prince était multi-instrumentiste, 27 instruments joués sur son premier album,
19:55je ne vais pas compter, mais enfin on va faire confiance aux auteurs des Lines & Notes,
19:58alors que Michael n'est pas musicien, au plus exactement, il ne joue pas d'un instrument.
20:02Mais, et on a vu ça sur plusieurs démos qu'ils ont ressortis dans différentes versions CD des albums,
20:06c'est qu'il faisait les mélodies vocalement, avec la bouche, en human beatbox, mélodies de base,
20:13donc il avait vraiment, il écrivait les morceaux, il connaissait les structures, les mélodies, les top lines,
20:18mais il ne les jouait pas.
20:19Il préférait avoir des instrumentistes, mais qui étaient complètement supposés suivre sa vision.
20:26Je ne sais pas si tu te rappelles, c'est une des scènes fortes de This Is It,
20:29le film sur cette série de concerts qui n'aura jamais lieu.
20:31Qui est plutôt un bon documentaire.
20:33Oui, carrément, il est très frustrant parce qu'il annonce quelque chose qui n'existera jamais.
20:37C'est une pièce intéressante.
20:39C'est ça, il est avec son clavier Greg Filling Games, qui joue, il part un peu dans un truc
20:42un peu freestyle,
20:43il m'a dit non, non, il faut que tu le fasses exactement comme sur le disque, comme les gens
20:46veulent l'entendre.
20:47C'est ça aussi, en termes de concerts, qui différencie vraiment les deux.
20:50Prince, c'était quelqu'un, moi j'avais interviewé Maurice Heiss,
20:52qui avait réalisé son album Welcome to America, il disait j'étais terrifié,
20:56parce que, heureusement que j'avais mon ordi, parce que c'était quelqu'un qui, dix minutes avant de monter
20:59sur scène,
20:59dit on change la set liste.
21:02Michael, c'est quelqu'un qui, quand il fait son concert à Londres devant Lady Diana,
21:06quand Lady Diana lui dit je suis tellement content, je vais entendre Dirty Diana,
21:09il dit non, je l'ai retiré par respect pour vous et je ne peux pas la remettre
21:12parce que le spectacle est tellement millimétré qu'une fois qu'il y a la set liste,
21:16ce n'est pas genre même deux jours avant qu'on peut changer.
21:19Mais après, c'est vrai qu'il y avait une rivalité, mais qui était saine, elle était artistique.
21:23Parce que quand Michael est mort, Prince s'est enfermé pendant deux jours,
21:28a beaucoup dit énormément de bien de Michael, pas seulement après sa mort, mais même avant.
21:32Donc c'est vrai qu'il y avait une forme de jalousie.
21:35On sait que, par exemple, Prince n'a pas été sur We Are The World, le morceau USA For Africa.
21:39Puis après, il est arrivé en disant je peux faire un solo de guitare si vous voulez.
21:41Oui, tu es gentil, mais rentre, c'est bon.
21:44Mais il y avait quand même du respect.
21:46Et puis il y a ce fameux duo qui n'a jamais existé,
21:48mais qui aurait pu exister entre les deux artistes pour Bad, le morceau titre de l'album.
21:52Exactement.
21:53Écoute, tu me fais une transition parfaite.
21:54On continue de parler de Michael Jackson, d'Akolli, VKChin, et notamment de l'album Bad.
22:25Un effray donc de Bad,
22:26qui aurait pu être un duo avec Prince,
22:30dont le clip est réalisé par Martin Scorsese,
22:32qui est évidemment un moment important.
22:34Tu as parlé un peu de Saint-Trinity,
22:36je ne sais plus quel terme tu as utilisé tout à l'heure,
22:38mais pour parler de Off The World, de Thriller,
22:39de la trilogie immaculée.
22:42Qu'est-ce qu'il cherche à faire avec Bad ?
22:44Parce qu'un peu avant Bad, il y a le succès de J. Jackson,
22:47avec Control, qui est sa sœur,
22:49qui est très importante aussi dans les années 80 et 90,
22:51et même 2000 d'ailleurs.
22:54Est-ce qu'il essaye d'aller un peu plus loin ?
22:56Est-ce que c'est un Thriller 2 ?
22:58Je trouve qu'en termes de son nom,
22:59et surtout, comment on donne une suite,
23:02en tout cas une suite à Thriller,
23:05qui est l'album, comme tu l'as dit,
23:06le plus célébré, le plus aimé de tous les temps ?
23:09Comment ça se passe dans sa tête à ce moment-là ?
23:10C'est dur de toper quelque chose qui est un record mondial.
23:14Donc effectivement, il va passer sa vie
23:16à essayer de dépasser ce succès planétaire.
23:20Bad, c'est un album assez différent.
23:22Il rejoue un Thriller dans le sens où
23:23c'est une collection de tubes incroyable,
23:25sauf que cette fois-ci,
23:26ils vont presque tous être illustrés avec des vidéos.
23:29Entre-temps aussi, MTV est devenu autre chose
23:32entre Thriller et Bad,
23:33et les vidéos, notamment grâce à Michael,
23:34ont pris beaucoup plus d'importance.
23:36Avec Billie Jean au début, MTV n'en veut pas
23:37parce que ce n'est pas son format.
23:39On aura compris les vraies raisons.
23:40Mais avec Bad, c'est un son qui est assez différent.
23:43C'est beaucoup plus sec.
23:44Il y a un côté coup de fouet,
23:45on l'entendait le morceau Bad.
23:46Même s'il y a Jimmy Smith,
23:47qui est ce vieux jazzman,
23:49qui joue de l'orgamone,
23:50qui donne un petit côté un petit peu vintage.
23:51Mais le tempo, c'est vraiment...
23:54Moi, j'ai encore le souvenir à l'époque,
23:56parce que c'était Secret Défense,
23:57avant que Bad Sort,
23:58on devait aller l'écouter chez Sony.
24:00Et à l'époque, il y avait encore des cassettes,
24:02donc on était obligé de l'écouter au casque,
24:03avec un Magneto cassette,
24:04avec l'attaché de presse à côté,
24:06Marie-Laurence Gouroux,
24:06à qui je lance une dédicace,
24:08qui met la cassette.
24:09Et quand on entend ton, ton, ton, ton, ton, ton, ton,
24:12waouh !
24:13Ah oui, d'accord, là, on est loin,
24:15on est vraiment parti loin de ce son funk,
24:19soul, R&B,
24:19qui était quand même,
24:20même si ce n'était pas que ça,
24:21qui était à Dominante de Trier,
24:22là, on est sur quelque chose de beaucoup plus mécanique,
24:24qui amène une autre couleur.
24:26Et ce n'est pas faux.
24:28Je pense qu'effectivement,
24:29il a aussi entendu ce qu'avait fait sa sœur,
24:33parce que que ce soit à Contrôle,
24:35au Rhythm Nation,
24:36avec Jimmy Jam et Terry Lewis,
24:37qui d'ailleurs reviendront chez Michael
24:39pour l'album History,
24:40où il y aura le duo avec Janet.
24:42Scream.
24:42Scream.
24:43Donc là, on est vraiment sur un nouveau son.
24:46Et comme Janet,
24:47il a compris que le son du futur,
24:48ce n'était pas de refaire un thriller,
24:50mais c'était de tenter autre chose,
24:52même si c'est avec le même génie du son
24:54qu'est Quincy,
24:55qui est à nouveau là,
24:56une deuxième fois.
24:56Bon, puisque tu,
24:57on vient juste de le mentionner,
24:59on va un peu,
24:59on saute quelques années,
25:00mais on va écouter quelques secondes de Scream.
25:26avec un clip assez spectaculaire aussi.
25:28Ah, le clip le plus cher du monde.
25:29Je crois qu'il n'y a que Madonna
25:30qui l'a topé avec son clip de James Bond,
25:33mais là, on parlait à l'époque,
25:34je crois que c'était 7 millions de dollars.
25:35Oui, c'était dans l'espace.
25:37Et ce qui est amusant,
25:38c'est que les producteurs de Jamie Lewis,
25:39qui ont produit les deux albums
25:41qui ont fait revenir Janet Jackson
25:42au centre du débat,
25:44c'est deux musiciens de The Time,
25:45le groupe ennemi de celui de Prince
25:47dans le film Purple Rain
25:48et qui sont donc des purs produits de Minneapolis
25:49et du son Prince.
25:50C'est assez drôle, effectivement.
25:52Je reviens du coup,
25:54flashback,
25:54oui, je remonte un petit peu le temps,
25:55mais on apparaît de Bad,
25:57un peu après ça,
25:58pardon, il y a Dangerous
25:59qui est le quatrième album,
26:01on va dire,
26:02de Michael en tant que superstar,
26:04qui pour moi,
26:04et pour beaucoup de gens,
26:06ce n'est vraiment pas très originel
26:06ce que je veux dire,
26:07mais l'album avec la cover
26:09la plus incroyable de tous les temps,
26:11vraiment la pochette du disque
26:13est extraordinaire.
26:14Jusqu'à aujourd'hui,
26:16je peux parfois me perdre
26:17et la regarder,
26:18essayer de comprendre tous les détails.
26:21Est-ce que ce disque,
26:21il marque malgré tout
26:22une forme de retrait un petit peu,
26:25en tout cas,
26:26c'est un frein dans sa carrière
26:27qui est couronnée de succès à ce moment-là ?
26:28Même si évidemment,
26:29l'album marche,
26:30mais est-ce qu'il est aussi
26:30un peu moins compris,
26:31peut-être moins apprécié ?
26:33À ce moment-là,
26:34il y a l'affaire Jordan Chandler,
26:35qui va aussi lui causer
26:36plein de problèmes.
26:38Est-ce qu'on peut reparler de ça ?
26:40Oui,
26:40c'est un père qui,
26:42au nom de son fils,
26:43attaque Michael Jackson.
26:44Il y a un arrangement financier
26:46de 20 millions de dollars
26:46qui amène plein de gens
26:48à dire,
26:48il est forcément coupable
26:49puisqu'il a payé.
26:50Quand on connaît un peu
26:51les rouages,
26:52la façon dont fonctionne
26:52la justité américaine,
26:53c'est un petit peu plus compliqué que ça.
26:55La meilleure preuve étant
26:55que le procès,
26:56il y en aura un,
26:56dix ans plus tard,
26:58avec le procureur le plus féroce
27:00qui, depuis dix ans,
27:00on veut la peau de Michael,
27:01le procès le plus cher
27:02d'histoire des procès
27:03et qui gagne sur tous les fonds
27:05mais qui lui coûtera
27:06très très cher
27:07en termes de santé physique
27:08et mentale.
27:09Donc bon,
27:10effectivement,
27:11ça,
27:11ça va être quelque chose
27:12qui va faire que,
27:13un peu comme à l'époque de Bad,
27:15on a plus parlé
27:16de son eccentricité
27:17que des chansons,
27:18là,
27:18on va plus parler
27:18des problèmes judiciaires
27:19que de la musique.
27:20Mais c'est quand même
27:21un album qui est d'abord
27:22très audacieux
27:23parce que se séparer
27:24de Quincy Jones,
27:25même si,
27:25encore une fois,
27:25le son des trois albums
27:27produits avec Quincy
27:28est différent à chaque fois.
27:29C'est pas des redites,
27:30on l'a évoqué.
27:31Mais là,
27:32prendre Teddy Riley,
27:33c'est-à-dire remplacer
27:33le père putatif
27:34par le fils adoptif
27:36parce qu'il est beaucoup
27:37plus jeune que lui,
27:38je pense qu'il y a quelque chose
27:39que Michael voit en lui
27:40qui lui rappelle
27:40ce que lui avait pu être
27:41puisque,
27:42rappelons que Teddy Riley,
27:43ce producteur génial,
27:44inventeur du New Jack Swing,
27:45il a grandi à Harlem,
27:46entouré de bandits
27:47qui l'ont protégé
27:48en disant
27:48« Toi,
27:49tu peux pas être comme nous,
27:49t'as trop de talent,
27:50tu peux pas terminer comme nous
27:53entre quatre planches »
27:54C'est Matt Damon dans
27:55Will Hunting quoi.
27:56C'est ça,
27:56t'es obligé de faire
27:58de suivre ta destinée
27:59et de fait,
28:00avec le groupe Guy
28:01dans un premier temps
28:01puis après en solo
28:02avec Red Dead Kingpin
28:03avec plein d'autres artistes,
28:04il va développer ce nouveau son
28:06qui donnera des singles
28:07comme « Remember the Time »
28:08ou plusieurs autres
28:09mais pas « Black or White »
28:11qui lui est un morceau
28:12plus classique
28:13entre guillemets
28:13qui est produit,
28:14je crois que c'est Bill Bottrell
28:15qui le coproduit
28:16et qui donnera naissance
28:17à un clip encore plus dingue
28:19puisque là,
28:20moi je me rappelle,
28:20le morphing,
28:21personne n'avait jamais vu ça.
28:23Maintenant on peut faire ça
28:24en deux secondes
28:25avec de l'IA
28:25chez soi,
28:26même avec son visage
28:27et celui de ses amis
28:28mais à l'époque
28:28c'était très drôle
28:30parce qu'à la fin
28:31de visage qui change
28:32quand la dernière jeune fille
28:33apparaît,
28:33il y a Spielberg qui vient
28:35qui fait « Comment tu fais ton truc
28:35avec le visage ? »
28:39C'était quelqu'un
28:40qui changeait de visage.
28:41Tu viens de faire
28:42un lancement parfait
28:43pour qu'on écoute
28:44« Black or White »
28:46vraiment un morceau
28:47iconique
28:48et emblématique
28:48des années 90.
28:49« Black or White »
28:50de Michael Jackson
28:50et on continue
28:51après à parler
28:52avec Olivier Cachin.
29:01Sous-titrage Société Radio-Canada
29:03Sous-titrage Société Radio-Canada
29:13Sous-titrage Société Radio-Canada
30:02« Black or White »
30:32Sous-titrage Société Radio-Canada
30:35Sous-titrage Société Radio-Canada
30:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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33:54Sous-titrage Société Radio-Canada
34:00Sous-titrage Société Radio-Canada
34:01Sous-titrage Société Radio-Canada
34:13En tout cas, il n'a plus l'hégémonie qu'il avait peut-être dix ans avant.
34:17Ça reste un artiste immense, les tournées sont toujours sold out, c'est toujours de la folie.
34:21Mais si on regarde, si on prend un chronomètre par exemple, et ça c'est très intéressant,
34:25sur les trois tournées qu'il a fait en solo, c'est-à-dire Bad, Dangerous et History,
34:30il est chronomètre en main de moins en moins présent sur scène.
34:34C'est-à-dire qu'il y a des effets spéciaux pour la tournée de History.
34:38Oui, il arrive avec une espèce de soucoupe volante qui atterrit sur la scène, avec un petit film de cinq
34:43minutes.
34:44Mais oui, c'est vrai qu'il est dans tellement d'histoires aussi paramusicales
34:51que finalement, l'image Wako Jako, qui est assez méchante,
34:55qui avait été lancée par les tabloïdes fin des années 80, ça lui colle un peu à la peau.
34:59Et puis, c'est terrible, mais les gens aiment tellement monter des idoles et puis les détruire après
35:04que ça s'est déjà vu avec Bad.
35:07Bad, qui à l'époque se vend à 25 millions d'exemplaires, est donc échec.
35:10Ah oui, c'est sûr, échec par rapport aux 40 millions de l'époque de Thriller.
35:14Mais dire qu'un album qui se vend à 25 millions d'exemplaires
35:17et avec 10 numéros 1 sur 11 morceaux est un échec, c'est vrai qu'il faut quand même avoir
35:21du souffle.
35:22C'est relatif.
35:24Tu parles des affaires aussi, évidemment, paramusicales.
35:27Tu l'as un peu abordé un petit peu avant avec l'affaire Chandler, etc.
35:30Et puis, c'est vrai que, je vais un peu vite, mais il y avait aussi un documentaire en 2019,
35:35Living Neverland, pardon, qui a aussi, je pense, remis de la lumière sur toutes ces affaires,
35:39sur les accusations aussi autour de Michael, des accusations graves.
35:42Peut-être qu'on verra si le film en parle.
35:46Est-ce que ça aussi, mine de rien, ça, au-delà de la suspicion qu'il y a pu avoir
35:49autour de Michael pendant longtemps
35:51et qui continue finalement même après son décès ?
35:53Est-ce que lui, ça l'a impacté ?
35:57Tu penses que ça a pu aussi peut-être diminuer son inspiration ?
36:01Oui, bien sûr, ça l'a impacté parce que c'est quelqu'un qui a toujours réfuté avec violence toutes
36:06les accusations
36:06et qui a d'ailleurs, rappelons-le, le seul procès qui a eu lieu, il l'a gagné.
36:09Et haut la main, puisqu'il y avait quand même beaucoup de chefs d'accusation.
36:12Mais oui, et d'ailleurs, Jackie Lombard, qui a été le productrice de Michael Jackson
36:16et qui a eu la gentillesse de faire la préface de cette édition de Pop Life,
36:20le raconte, le concert de l'hippodrome de Vincennes pour la tournée de Jérouz
36:24a failli ne pas avoir lieu parce que, justement, à cause de toutes les histoires qu'il y avait autour
36:27de Michael,
36:27la préfecture de police dit « les enfants ne peuvent pas monter sur scène pendant Hill the World »
36:31qui était le grand moment un peu œcuménique.
36:33Et Michael a dit « si je ne peux pas être sur scène avec ces enfants, je ne fais pas
36:36le concert ».
36:37Et il a fallu que Jackie Lombard envoie un recommandé à la préfecture en disant
36:40« si le concert est annulé à cause de vous, vous prenez la responsabilité des blessés, des émeutes ou de
36:47ce qu'il peut y avoir. »
36:47Et finalement, ce bras de fer va être gagné par Michael.
36:49« Les enfants monteront sur scène et il fera le tableau qu'il voulait faire ».
36:53Donc, c'est quelqu'un qui a toujours eu…
36:55Alors, effectivement, c'est ce qu'on a vu pendant le procès,
36:58même si, ce qui est mon opinion, Michael est quelqu'un qui n'est pas…
37:02Non seulement, ce n'est pas un prédateur sexuel, mais c'est quelqu'un qui n'est pas sexualisé comme
37:07le sont…
37:08Est-ce que tu t'es convaincu de ça, en tout cas ?
37:10Bien sûr, oui, parce que les pédophiles, ce n'est pas quelqu'un…
37:15Il n'y a pas le profil de ça.
37:16Mais après, le côté genre « il n'y a pas de problème d'être dans la même chambre qu
37:21'un enfant quand on a 40 ans »,
37:24on peut comprendre que les gens disent « même s'il ne s'est rien passé, ce n'est pas
37:27quelque chose qui est acceptable ».
37:30Et c'est d'ailleurs ce qui a été à l'issue du procès, ses avocats ont dit « ça
37:34ne se reprennera plus ».
37:35Et ça a fait beaucoup de mal à Michael qui, lui, ne s'est jamais vu.
37:38Parce que nous, on voit un artiste de 40 ans qui a 30 ans de carrière.
37:41Lui, il ne se voit pas du tout…
37:44En tout cas, il ne se voit pas vieillir de la même façon que quelqu'un se voit vieillir en
37:48disant
37:48« bon, je ne vais peut-être plus porter de culotte courte ou jouer au football avec mes potes de
37:52la même façon ».
37:53Lui, c'est quelqu'un qui ne voit pas pourquoi il devrait changer de vie.
37:55Et malheureusement, les changements ne seront pas ceux qu'il a choisis,
38:00mais ceux que la morale, la décence lui ont imposés.
38:04Et ça lui a coûté cher, il l'a dit.
38:06Alors, effectivement, dans les années 90 et 2000, il y a évidemment ces affaires-là qui prennent de la place.
38:10Mais il y a aussi, même chez, je pense, les plus grands fans,
38:14une forme de questionnement sur lui, ses changements, ne serait-ce que physiques.
38:17Son physique change au fur et à mesure.
38:19Alors, je ne vais pas faire de la psychologie de comptoir, mais comment on peut expliquer ça ?
38:23J'imagine qu'il y a eu beaucoup d'explications sur des traumas enfantins.
38:26Peut-être qu'il cherchait à tout prix à ne pas ressembler à son père.
38:30Comment toi, quelle est ta vision aujourd'hui avec le recul, avec tes années d'écoute et d'études sur
38:34Michael Jackson ?
38:35Qu'est-ce qui explique ce changement aussi, enfin cette métamorphose ?
38:39Alors déjà, parlons chirurgie esthétique.
38:41Il y en a deux qu'il a reconnues sur son nez.
38:43Bon, c'était difficile à nier.
38:44Et sur la faussette aussi, sur son menton.
38:47Mais je crois qu'effectivement, l'idée de son père, qui était quand même extrêmement sadique et qui le taquinait,
38:56enfin taquinait, ça serait trop faible, mais qui le harcelait.
38:59Un de ses surnoms quand il est enfant, c'était Big Nose quand même.
39:01Un gros pif, ce n'est pas très valorisant pour un enfant en pleine construction.
39:07Mais il y a aussi autre chose, il y a au-delà de l'aspect physique avec la chirurgie esthétique,
39:12parce que je pense qu'effectivement il y a eu d'autres opérations,
39:15il y a cette addiction aux opioïdes qui date de cette fameuse publicité pour Pepsi-Cola.
39:23Et d'ailleurs, ça c'est un des trucs que j'ai changé dans le bouquin,
39:25parce qu'à l'époque, quand j'ai sorti à Pointe-Varçon, je disais, ce qui était le cas,
39:28on n'a jamais vu les images.
39:30Et depuis, on a vu les images parce que, très honnêtement, quand on entend ce qui s'est passé,
39:34on peut se dire, oui, bon, il s'est peut-être fait un peu brûler,
39:37mais bon, est-ce qu'il n'a pas un peu mis en scène le truc ?
39:39Tout le monde se souvient de ce gant, de la main gantée qui sort du brancard,
39:44qui était un coup de com' génial.
39:46Et quand on voit les images, c'est encore pire que ce qu'on imaginait.
39:50C'est-à-dire qu'il a vraiment la taille d'une grosse pièce de monnaie rouge pourpre sur le
39:54sommet de son crâne.
39:55On voit, quand il descend l'escalier, il y a la caméra de dos,
39:58il descend, on voit le fumigène qui explose,
40:00et pendant une à deux secondes, il est comme Ghost Rider avec les cheveux en flamme,
40:04mais il n'en s'aperçoit pas tout de suite.
40:06Et quand il s'en aperçoit, il bouge la tête comme ça pour essayer de l'éteindre.
40:09Il y a Mico Brando, qui est le fils Brando, qui est le chef de la sécurité, qui vient pour
40:12l'éteindre.
40:12Il y a Germaine Jackson, qui est un peu plus loin, qui croit qu'il y a eu un attentat,
40:15parce que c'est devant un public qui est là, qui regarde la scène pendant le tournage de la pub.
40:20Et là, ça va être vraiment très grave.
40:23Et là, il va être bourré de tranquillisants, avec plusieurs opérations.
40:28Donc, le fait qu'il porte des perruques à la fin, c'est, je pense, aussi lié à ça.
40:31Et puis, le fait qu'il devienne effectivement accro, puisque rappelons qu'une des causes de sa mort,
40:36c'est quand même de prendre du Propofol, qui est un médicament qu'on donne au grand brûlé,
40:41que je pense qu'il a eu à l'époque de l'accident, et que lui prenait pour s'endormir.
40:45C'est-à-dire que toi, tu prends une camomille, lui, il prend du Propofol.
40:48On n'est pas dans la même catégorie de somnifères.
40:51Donc, bon, oui, et effectivement, physiquement...
40:53Après, il y a aussi la couleur de peau, qu'il a expliqué avec le vitiligo.
40:56Bon, est-ce que c'est vrai ou pas ?
40:59Moi, j'ai envie de le croire, mais bon, indéniablement, il est plus...
41:02Ce qui est très étonnant, c'est que plus il devient blanc...
41:04Oui, c'est ça que tu disais tout à l'heure.
41:07Effectivement, il est plus pâle, mais plus il devient blanc, plus, en termes d'attitude, il devient black.
41:11C'est-à-dire que ce que je racontais sur Tommy Mottola et la révolte contre Sony,
41:16c'est tout d'un coup, c'est genre, mais oui, moi, je suis un artiste noir et je ne
41:19veux pas qu'on l'oublie.
41:20Donc, c'est très paradoxal, mais Michael est bourré de paradoxes comme ça.
41:24C'est quelqu'un qui, effectivement...
41:27Alors, par contre, ce qui est sûr, et ça, on le voit dans This Is It,
41:29à la fin, il était très maigre et on voyait que physiquement...
41:33Et d'ailleurs, plein de gens, les bookmakers londoniens s'en donnent à cœur joie.
41:36Est-ce que les concerts auront lieu ? Est-ce qu'il y en aura un ?
41:38Parce qu'il y en avait 50 qui étaient prévus quand même.
41:40Même s'il s'était étalé sur une période de plusieurs mois,
41:42quand même, 50 concerts, c'est presque autant que ce qu'il faisait sur une tournée mondiale.
41:47T'as raison, c'est vrai qu'on peut reparler de ça, effectivement, c'est en 2009.
41:52Et le grand retour de Michael Jackson sur scène était annoncé.
41:55Effectivement, c'est la folie, moi.
41:56Je me souviens d'être, déjà, comme aujourd'hui sur Internet,
41:59à essayer d'avoir une place pour une de ses dates.
42:02Refresh, refresh !
42:03Exactement.
42:04Et effectivement, t'as raison de le rappeler.
42:07C'est que tout le monde se pose la question,
42:09déjà, avant même, est-ce que ça va avoir lieu ?
42:11Est-ce qu'il est même, sans même parler de potentielles disparitions,
42:14mais est-ce qu'il va y en être capable ?
42:15Parce qu'on le sent dans ces diverses apparitions qui sont un peu faméliques,
42:18qui, justement, il est extrêmement diminué.
42:21À l'époque, il y a vraiment une peur autour de ça.
42:23D'autant qu'on sait, tous les jacksonophiles et jacksonologues
42:27savent que Michael ne voulait plus trop faire de scène.
42:30Là aussi, c'est paradoxal, parce qu'ils disaient à la fois
42:31« La scène, c'est le seul endroit où je me sens bien »,
42:33mais c'est aussi quelqu'un qui pouvait perdre deux kilos
42:35en transpirant pendant deux heures,
42:37tellement il se donnait, parce qu'en concert de Michael,
42:39il n'y a pas de demi-concert de Michael.
42:42Plein de gens qui se moquaient,
42:43ils pleurent toujours au même moment sur « She's out of my life »,
42:45mais je pense qu'ils pleurent sincèrement à ce moment-là.
42:48Donc, il y a le fait qu'aussi, il n'est pas obligé,
42:52on n'est jamais obligé, il n'avait pas un flingue sur la tempe,
42:54mais financièrement, son train de vie,
42:56qui coûtait une blinde,
42:58ne pouvait plus être entretenu,
43:00avec les ventes notamment du dernier album « Invincible »,
43:02qui s'est vendu à quelques millions d'exemplaires,
43:04c'est-à-dire dix fois moins que le précédent,
43:05pour plein de raisons,
43:06mais surtout parce que Sony a bloqué la promo
43:08et il n'y a eu que deux clips sur un album
43:10qui aurait dû en avoir au moins sept ou huit.
43:12Donc, il avait besoin de cash
43:14et AEG, qui était la compagnie de production,
43:17proposait effectivement, genre,
43:18alors là, il y a les zéros,
43:20il n'y avait pas assez de place sur le chèque.
43:22Donc, forcément, bien sûr,
43:23comme toujours dans l'art,
43:24et encore plus aux Etats-Unis,
43:25il y a de l'argent derrière l'art.
43:27Et il devait faire cette tournée.
43:28Mais est-ce qu'il aurait été capable
43:30de faire les 50 dates ?
43:31Il n'en a fait aucune, on le sait maintenant.
43:34Mais qu'est-ce qu'on a raté ?
43:35Bon, je pense qu'on écoute un autre morceau
43:37de Michael Jackson,
43:38un morceau un peu plus récent en tout cas,
43:40c'était un morceau extraordinaire,
43:41c'est « You Walk My World »,
43:42avec un clip avec lequel on voyait Marlon Brando.
43:45Marlon Brando, Chris Tucker, exactement.
43:48C'était aussi une des particularités de Michael
43:50d'avoir toujours le woos-woos d'Hollywood
43:52dans ses clips d'Eddie Murphy à Marlon Brando.
43:55Rien que le top.
43:55Rien que le top, exactement.
43:56On écoute ça, Michael Jackson,
43:57« You Walk My World ».
44:02« You Walk My World ».
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