- il y a 32 minutes
Jeudi 5 novembre 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute
00:25préférées au sommaire de cette édition ce midi.
00:28Après la claque des midterms pour les républicains, c'est le règlement de compte général.
00:33Le vice-président J.D. Vance commence déjà à prendre ses distances avec Donald Trump
00:39et avec la guerre en Iran.
00:40Il a dit d'ailleurs que si les républicains ont perdu ses élections de mi-mandat,
00:44c'est à cause de cette guerre et évidemment de l'inflation qu'elle a engendrée.
00:49Du côté de Ron De Santis et Ted Cruz, on se place déjà pour 2028.
00:53De Santis veut frapper fort en demandant au Congrès d'interdire aux élus de faire du trading en bourse.
01:00Cruz, lui, explique l'échec par le rejet massif des droits de douane et du conflit au Moyen-Orient.
01:05Au final, la note est très salée.
01:07Les républicains perdent au moins sept sièges au Sénat et les démocrates récupèrent la Chambre.
01:11Résultat, le parti se retrouve en pleine crise et complètement dans le flou pour la suite.
01:17On va revenir évidemment sur ces midterms avec notre correspondant américain Pierre-Yves Dugas
01:22dans un instant sur ce plateau, sur le conflit au Moyen-Orient.
01:26D'ailleurs, on note que le pétrole se détend largement depuis quelques jours,
01:31bien qu'en hausse à la mi-journée au moment où on parle d'un peu plus de 1%
01:35pour le baril de Brent
01:36qui se traite autour de 95 dollars sur les cinq derniers jours.
01:41Le Brent perd 14% sur les marchés obligataires.
01:45Le rendement américain à 10 ans se détend encore un peu aujourd'hui,
01:49toujours dans le sillage du scrutin de mi-mandat aux États-Unis.
01:53Il évolue sous 4,90%.
01:56Côté français, large détente pour le rendement à 10 ans qui cède 10 points de base
02:01et qui retrouve le seuil de 4,70%.
02:05Ainsi, le spread franco-allemand se resserre autour de 145 points de base globalement en Europe.
02:11Les indices actions progressent encore aujourd'hui après avoir gagné 2% hier pour le CAC 40 par exemple
02:18qui progresse à nouveau de 1%, un peu moins de 1% à l'heure où on parle ce midi,
02:24porté notamment par les bonnes publications d'entreprises à l'image de Legrand et d'ArcelorMittal.
02:30En tête de l'indice parisien, ArcelorMittal est passé dans le rouge au troisième trimestre
02:35à cause des pertes liées à la guerre.
02:38Mais l'activité remonte la pente.
02:40Résultat, la bourse applaudit avec un titre qui s'envole de 5% ce matin à Paris.
02:44Legrand, de son côté, relève ses objectifs et gagne plus de 5% à Paris également.
02:49Enfin, hors indices phares, on note l'envolée d'Air France KLM de 14% après avoir fait état d
02:56'un bénéfice net
02:56en hausse de plus de 20% au troisième trimestre.
03:03Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance, les tendances de la semaine.
03:08Et le jeudi, c'est notre focus américain avec notre quart d'heure américain
03:13et avec notre correspondant américain Pierre-Yves Dugas.
03:16Bonjour.
03:18Bonjour Pauline.
03:19Pierre-Yves, je vous propose de revenir sur les leçons qu'on peut tirer de ces midterms aux Etats-Unis.
03:25Je rappelais en intro, mais des midterms largement gagnés par une vague bleue.
03:30Les démocrates l'ont largement emporté.
03:32D'ailleurs, Donald Trump a même dit qu'il n'a même pas contesté les résultats
03:36tellement cette victoire des démocrates est écrasante pour le camp républicain, Pierre-Yves.
03:42Oui, je crois que la première leçon pour les gens qui nous écoutent,
03:47c'est qu'il faut rester investi.
03:50On ne peut pas totalement sortir du marché au risque de rater des séances incroyables
03:56comme celle d'hier qui ont marqué sur les marchés américains
04:00un gain de 1 200 milliards de dollars de capitalisation.
04:05Impressionnant.
04:061 200 milliards de dollars.
04:08Vous imaginez un petit peu, il y a 130 millions de foyers américains.
04:12Ça fait 9 000 dollars par foyer en une séance.
04:18Soulagement général de Wall Street.
04:20D'abord, comme vous voulez le dire, parce qu'on constate qu'il accepte sa défaite.
04:24Il n'y a pas de contestation.
04:26Espoir aussi que l'on assiste aux Etats-Unis à un retour, en tout cas un début de retour à
04:32la normale
04:32avec de vrais contre-pouvoirs puisque maintenant le parti républicain ne contrôlera plus tous les pouvoirs
04:39mais que les démocrates seront majoritaires nettement à la Chambre et au Sénat
04:46et que, dans une certaine mesure, Donald Trump ne va plus pouvoir faire n'importe quoi en matière réglementaire,
04:52en matière judiciaire, en matière de nomination, puisque le Congrès a un rôle important à jouer,
04:57le Sénat a un rôle important à jouer dans les nominations,
05:01en matière diplomatique aussi, en matière militaire, voire en matière commerciale.
05:07En quelque sorte, ce serait le début de la fin d'une aberration.
05:11Pas si sûr tout de même, parce que nous avons certes une vague démocrate,
05:17mais c'est surtout une vague anti-Trump.
05:20Le Parti démocrate lui-même est très divisé.
05:23C'est une vague anti-MAGA, c'est peut-être la fin du mouvement MAGA.
05:27Je ne vois pas, même Jelly Vance, le vice-président,
05:31s'il entend briguer la Maison-Blanche dans deux ans,
05:35se réclamait de cette étiquette.
05:38Quant au Parti démocrate, il a largement gagné à tous les niveaux,
05:42non seulement au niveau fédéral, mais au niveau étatique.
05:45Il rafle des sièges de gouverneurs qui étaient inespérés
05:49et il rentre dans des législatures avec des majorités,
05:53là aussi, qu'ils n'espéraient pas eux-mêmes.
05:56Mais le Parti démocrate est très divisé,
05:59avec une gauche très radicale, comme on n'en a jamais vu aux États-Unis,
06:06et un élément social-démocrate
06:08qui hésite un petit peu à donner le ton
06:14face à des activistes sur sa gauche qui sont très organisés.
06:18Alors, concrètement, quelles politiques vont changer ?
06:21C'est ça, c'est la question.
06:23Même très divisées, les démocrates sont complètement d'accord
06:26pour multiplier les enquêtes, les auditions publiques,
06:29les poursuites, les investigations sur des affaires de corruption,
06:33de personnalité dans l'entourage du président.
06:36Et plus on pourra être proche du président,
06:38plus on cherchera à porter tort à Donald Trump
06:41et à paralyser toutes ses actions politiques.
06:44On touchera donc à sa famille, à ses fils,
06:46sur leurs investissements incroyables, dans les cryptos, par exemple.
06:51Moins d'indulgence aussi peut-être pour les agences antitrust
06:56à l'égard des opérations de fusion.
06:58Et puis, quelque chose de très important,
07:01dont on ne souligne jamais assez d'importance,
07:04il ne sera plus possible maintenant pour Donald Trump
07:06de nommer un candidat très conservateur à la Cour suprême,
07:12parce que le Sénat est suffisamment dominé par des démocrates
07:17pour exiger qu'un éventuel nouveau magistrat à la Cour suprême
07:22ne soit pas super conservateur,
07:24mais présente des caractéristiques plus mainstream.
07:29Vous parlez de la Cour suprême, Pierre-Yves,
07:32peut-être un mot juste assez rapidement sur la réserve fédérale.
07:35Est-ce que le fait que le Sénat et la Chambre des représentants
07:40passent sous la houlette démocrate, ça va changer quelque chose ?
07:44Ça veut dire que Donald Trump ne pourra plus nommer sans l'accord du Sénat,
07:48par exemple, quelqu'un à la Fed qu'il aura choisi lui-même, en fait.
07:53C'est ça, hein, Pierre-Yves ?
07:55Oui.
07:57La marche de manœuvre dont il disposait,
07:59avec la bienveillance et la majorité républicaine
08:03qui lui donnaient systématiquement le bénéfice du doute au Sénat
08:07dans ses nominations, ça s'est terminé.
08:09Et si jamais il y a des nominations à faire pour le comité monétaire,
08:15enfin, pour les sièges de gouverneurs, pardon,
08:18à la réserve fédérale,
08:20il va falloir qu'ils choisissent un expert, un économiste,
08:25ou quelqu'un de suffisamment expérimenté
08:31et qui ne soit pas trop politiquement coloré et à sa botte.
08:37L'indépendance de la Fed est certainement renforcée
08:40par le retour d'une majorité démocrate au Sénat.
08:43Et quelque chose d'assez ironique, d'ailleurs,
08:46Lisa Cook, gouverneure de la réserve fédérale,
08:49qui n'a été confirmée que sous Joe Biden
08:53par des voix démocrates,
08:57avec la vice-présidente Kamala Harris
09:01présentant le suffrage qui a fait basculer à 51 voix
09:04pour la nomination de Lisa Cook.
09:07Lisa Cook qui est persécutée par Donald Trump,
09:09qui a tout fait pour l'évincer de son poste de gouverneur.
09:14Lisa Cook est une des voix
09:16qui a fait marque de dissension
09:19il y a quelques jours,
09:21lors du vote du comité monétaire,
09:22se prononçant en faveur d'une majoration d'autos d'intérêt.
09:26On marche un peu sur la tête,
09:28parce que c'est la première fois que je vois
09:29des démocrates prônaient une majoration d'autos d'intérêt,
09:32alors que d'ordinaire,
09:33ils sont là à systématiquement vouloir
09:36que l'on fasse passer l'objectif de la lutte contre le chômage
09:40avant la lutte contre l'inflation.
09:43Justement, c'est la semaine de l'emploi,
09:45ça me fait penser Pierre-Yves,
09:46donc on va justement prendre connaissance
09:48de ce rapport sur l'emploi avec le taux de chômage
09:50pour le mois d'octobre.
09:52Vendredi, il nous reste peu de temps.
09:54Pierre-Yves, quel est l'impact sur le développement
09:56de l'intelligence artificielle,
09:57le moteur de la croissance et de drogue de Wall Street ?
10:01Eh oui, alors là, je crois qu'il faut distinguer
10:03entre le niveau fédéral et le niveau étatique.
10:07Au niveau étatique, le raz-de-marée démocrate
10:10va considérablement compliquer le développement
10:13et la promotion de nouveaux centres de données.
10:18Et d'ailleurs, on l'a vu en bourse hier,
10:21tout ce qui relève du Néocloud a souffert.
10:26Les élus locaux, en particulier la nouvelle gouverneure
10:30de l'État du Texas, qui est le premier État américain
10:33en matière de Mme Inorosa, a fait campagne sur un moratoire.
10:40Bien sûr !
10:41Donc il va falloir que les développeurs de centres de données
10:45proposent ce que l'on appelle dans le langage politique américain
10:48des dividendes, c'est-à-dire qu'ils intéressent
10:51les populations locales au développement de leurs centres de données
10:55et s'engagent sur le financement de routes,
10:58sur le financement d'écoles, sur le financement
11:00d'un certain niveau d'emploi,
11:03sur la mise en place de systèmes de refroidissement
11:06qui ne consomment pas trop d'eau locale
11:09dans les endroits où il y en a beaucoup,
11:11aux États-Unis qui sont quasi désertiques,
11:13et sur la construction de leur propre centrale électrique,
11:17parce que les Américains considèrent que les prix d'électricité
11:20se sont envolés parce que la demande émanant du secteur
11:24de l'intelligence artificielle a explosé
11:26et que les électriciens n'ont son bras mesure
11:29de répondre à cette demande.
11:31Donc de grosses batailles au niveau local.
11:33Au niveau fédéral, Donald Trump va se trouver face
11:36à une vague de propositions de loi au Congrès
11:40pour réglementer dans tous ses aspects
11:43et l'intelligence artificielle.
11:45Il pourra mettre son veto à un certain nombre d'entre elles.
11:48Il a deux priorités qui, a priori, n'ont pas changé.
11:51La première, c'est pas question de laisser à la Chine
11:53le leadership dans cette affaire.
11:55Si l'on réglemente trop l'intelligence artificielle
11:58aux États-Unis, les Chinois vont gagner
12:00et il est persuadé que celui qui gagne la bataille
12:03de l'intelligence artificielle va gagner
12:05toutes les autres batailles.
12:08Deuxième aspect important,
12:11que l'on évite une situation
12:12où il y ait, sur les 50 États américains,
12:1550 réglementations différentes
12:17de l'intelligence artificielle,
12:18il faudrait une norme fédérale.
12:20Et il va falloir, là, beaucoup, bien sûr,
12:25négocier avec les promoteurs de ces lois,
12:27sachant que les Républicains aussi
12:30sont favorables à certains types de réglementations
12:33de l'intelligence artificielle.
12:34quels il y a une possibilité de lois bipartites
12:38dans ce secteur ?
12:41Oui, c'est sûr, on rappelle, Pierre-Yves,
12:43une croissance américaine qui est très solide.
12:46On a pris connaissance, là, la semaine dernière
12:49de la première estimation de la croissance US
12:52pour le troisième trimestre,
12:53plus 3,4%, c'est ultra solide
12:55et c'est évidemment tiré par l'intelligence artificielle,
12:59la tech et puis aussi la consommation
13:01et d'autres moteurs de croissance, évidemment.
13:05Pierre-Yves Dugas, merci beaucoup,
13:06vous êtes notre correspondant américain,
13:08merci d'être venu à distance sur ce plateau,
13:12Pierre-Yves, pour nous débriefer un peu
13:14de ces midterms.
13:15Merci à vous de nous avoir suivis cet après-midi.
13:18On restera attentifs à la décision monétaire
13:19de la Banque d'Angleterre
13:20qui doit logiquement remonter ses taux
13:22pour les ramener à 4%.
13:24Voilà, on va surveiller ça, c'est à 13h,
13:26heure française.
13:27Merci à tous, on se retrouve ce soir à 17h30
13:29en direct sur Bismarck.
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