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Avec Charles Gave
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NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:08Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h03 et nous avons le plaisir de recevoir Charles Gave,
00:15qui est là en face de nous, dans une stature patriarcale, parce que vous êtes un sage économiste,
00:20on vous connaît bien sur Sud Radio, et Charles Gave, vous avez toujours eu le courage d'affirmer,
00:26parce que vous êtes un économiste convaincu et passionné, vous le dites, c'est aussi de la passion,
00:30et de la compétence et de la connaissance, de dire les choses telles qu'elles sont,
00:34qu'elles soient plaisantes ou pas plaisantes, et qu'elles soient conformes ou pas à la doxa ambiante.
00:39Vous allez publier très bientôt un livre dont le titre évocateur est L'étrange faillite,
00:45je suppose que vous faites allusion à L'étrange défaite de Marc Bloch.
00:48Bien sûr, j'espère être un jour au Panthéon.
00:51Au Panthéon, on va vous panthéoniser, vous faites tout pour, je vous signale, ça peut vous arriver.
00:56Mais on sera là, on sera là pour accompagner, voilà, le quart d'affalme.
01:00Il n'y aura pas Malraux pour faire un beau discours, mais enfin, c'est pas grave.
01:03Ah, on trouvera peut-être quelqu'un.
01:05Macron, il est beau dans les discours, vous êtes d'accord ou non ?
01:07Oh non, il est lamentable.
01:08Non, mais dans les discours, c'est peut-être la seule chose qu'il s'aide à faire,
01:10c'est peut-être d'ailleurs pas lui qui l'est fait.
01:12Le sous-titre de L'étrange faillite, comment ruiner un pays en prétendant le sauver.
01:16Alors là, je vais vous dire, vous mettez des pieds dans le pied,
01:18et je donne le nom de la maison d'édition, Idées en Liberté, on est en pleine dents.
01:22On est en pleine dents.
01:23Idées en Liberté.
01:24L'étrange faillite, Charles Le Graf, qu'est-ce qu'elle a de si étrange,
01:27cette faillite que t'as verré, que reconnu, qui est évidente, qui nous arrive dessus ?
01:30Qu'est-ce qu'elle a d'étrange ?
01:32Ce qui a d'être très étonnant, c'est que j'ai écrit, j'ai écrivé il y a dix
01:37ans,
01:38ou même avant, sur les dérives budgétaires, vous savez.
01:41Je disais, si on continue à emprunter le jour où l'emprunt sera devenu suffisamment grand,
01:47mettons, 100% du PIB, allez, et où les taux d'intérêt sont au-dessus du taux de croissance,
01:53à ce moment-là, on rentre dans le mur,
01:54parce que si vous vous empruntez à 5 et que vous produisez 2,
02:00à un moment ou à un autre, il y a moins 3 qui va quelque part.
02:03Comme la moitié de notre dette est détenue par des étrangers,
02:06on sait qu'à partir de maintenant, il y a moins 3 qui vont partir chaque année chez les étrangers.
02:10Donc, ce que ça veut dire, c'est qu'à partir de maintenant,
02:13je suis certain que le niveau de vie des Français va baisser entre 1 et 3% par an,
02:17aussi loin que je regarde dans le futur.
02:18Ça ne peut pas être assez mathématique.
02:21Donc, si moi je sais pousser le crayon,
02:23je pense qu'il y a deux ou trois gars au ministère des Finances
02:28qui peut-être savent faire une règle de 3, j'en sais rien,
02:31mais peut-être très beaucoup demander à des inspecteurs des Finances, mais quand même.
02:35Donc, ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que ce sont des courbes
02:39que, si vous les continuez dans le futur, vous saviez qu'à un moment, ça allait nous choper.
02:46C'était écrit.
02:47Les Arabes disent mechtoub.
02:49Mechtoub, c'était...
02:50Et vous saviez qu'il fallait prendre des mesures avant que ça se produise.
02:54Et donc, ce que j'essaie de dire dans ce livre,
02:57c'est que maintenant, on est dans le trou,
03:01et comme dit ce bon boc côté, ce qu'il y a d'embêtant, c'est qu'au fond de
03:04chaque trou, il y a une pelle.
03:06Oui.
03:07C'est ça.
03:08La vente d'emploi, oui, voilà.
03:09Comment faire ? C'est plus profond.
03:12Donc, on est au fond du trou,
03:14et donc, parler du budget aujourd'hui, ça ne sert plus à rien.
03:19Et je ne sais pas si vous remarquez, la presse, etc.,
03:21ils sont tous dans une espèce de course à l'échalote
03:25de qui va réduire le plus les dépenses de l'État, oui.
03:28Ou augmenter les impôts le plus.
03:29Or, c'est trop tard.
03:31C'est-à-dire que maintenant, la mécanisme
03:33de la faillite budgétaire est enclenchée,
03:37elle est inarrêtable,
03:40donc, ce que j'essaie de dire dans ce livre,
03:42c'est que ce n'est plus un problème de budget,
03:44ça va être un problème de souveraineté.
03:46C'est-à-dire qu'on ne peut sortir de cette trappe
03:49que si on redevient complètement souverain.
03:51Vous voulez dire que l'endettement nous a inféodés
03:54à des puissances économiques étrangères ?
03:56On est complètement inféodés, parce que où on a, si vous voulez...
04:01Non, ce n'est pas difficile.
04:04Le service de la dette va augmenter.
04:07L'économie est à l'arrêt, donc le déficit budgétaire va être plus fort,
04:11puisque les rentrées vont être plus faibles.
04:13Donc, on sait qu'il va nous falloir, allez...
04:18L'année prochaine, 340 milliards à emprunter.
04:21Et tout le monde me dit, 340 milliards, ça va être dur et tout.
04:24Mais ce qu'ils ne disent pas, c'est qu'on a 3 500 ou 3 600 milliards de dettes,
04:30qu'il y en a à peu près un huitième qui revient à échéance chaque année.
04:34Donc, 400 milliards, allez.
04:36Et que cette dette est détenue à 50% par des étrangers.
04:41Donc, s'il y a des étrangers qui disent...
04:43Vous savez quoi ?
04:44On sait qui, Charles Le Gave ?
04:45Les Chinois ?
04:46Il y a les Chinois, il y a les Japonais, il y a les fonds de pension hollandais,
04:50les fonds de pension américains, il y a tout ça.
04:52Ça veut dire quoi ? C'est une hypothèque sur la France, si je puis dire ?
04:54C'est une hypothèque sur la France, mais ça veut dire qu'ils disent,
04:56écoutez, moi, j'ai 200 milliards qui arrivent à échéance cette année,
05:00si ça ne vous fait rien, vous me les remboursez.
05:02Et donc, à ce moment-là, ça veut dire qu'on aura levé 540.
05:05S'il y a 400 milliards qui disent, non, je voudrais rembourser 400 milliards,
05:08ça fait 900. Donc, ça ne passe plus.
05:10Est-ce qu'on peut dire, je ne peux pas rembourser, faire défaut, ou ce n'est pas possible ?
05:14Si vous faites défaut, à ce moment-là, vous avez un autre problème qui se passe immédiatement,
05:19c'est que le défaut, ça touche toute la dette,
05:22et que la dette française est l'actif de tout le secteur financier français,
05:26les banques et les compagnies d'assurance.
05:28Donc, si vous faites défaut, ça veut dire que toutes les banques et les compagnies d'assurance
05:31n'ont plus de fonds propres et qu'il faut les nationaliser.
05:34Donc, le mot faillite n'est pas usurpé, ce n'est pas outrancier, c'est une réalité ?
05:38Non, la seule façon de s'en sortir, c'est de sortir de l'euro.
05:41À ce moment-là, vous sortez de l'euro.
05:43On va y unir, le remède.
05:45Vous sortez de l'euro, vous faites jouer la vieille clause,
05:47qui est la vieille de plus ancienne du droit international,
05:50qui s'appelle la Lex Monetae,
05:51c'est-à-dire que le souverain détermine quelle est sa monnaie.
05:55Vous dites, à partir de maintenant, la France a sa dette en francs.
06:01Donc, le franc flotte, il baisse, mettons, de 30 ou 40%.
06:04Et on inflige une perte de 40% au Qatar,
06:09qui aime beaucoup monsieur Philippe, comment il s'appelle ?
06:15L'ancien premier ministre de Giscard, de Chirac.
06:18De Villepin ?
06:19De Villepin, oui.
06:20C'est pas ça, j'ai hésité, il y a tellement de gens qui aiment le Qatar,
06:22je ne voyais pas à quel vous dire.
06:23Oui, mais c'est vrai qu'il est bien placé lui aussi.
06:26Donc, si vous voulez, à ce moment-là, moi, je suis...
06:28La choix qu'on va avoir devant nous, c'est où de faire ce qu'on appelle une dévaluation interne,
06:32c'est-à-dire, ce qu'ont fait les Grecs, une baisse de 25% de notre PIB.
06:36Mais on ne peut pas, puisqu'on est lié.
06:38On le pouvait autrefois.
06:39Non, mais une dévaluation interne, c'est-à-dire que vous faites baisser les salaires,
06:42vous faites baisser tout ça, et à ce moment-là, le déficit budgétaire explose,
06:45et je ne sais pas où on va, ou bien vous faites une dévaluation externe,
06:48et on dévalue suffisamment la vénée pour que notre taux de croissance,
06:53stimulé par la dévaluation, ce qu'avait fait De Gaulle en 1958,
06:55repasse au-dessus du taux d'intérêt.
06:58Et à ce moment-là, on sort de la drape à dette.
07:01Donc, ce que je veux dire par là, c'est que maintenant,
07:03où la France redevient souveraine, où elle disparaît.
07:06Donc, la prescription du docteur Gaff, c'est qu'il faut sortir de l'euro.
07:10Et donc, de l'Europe.
07:11Vous vous rendez compte, Charles Gaff, imaginez que vous ayez raison.
07:14Passez-moi l'expression, le bordel que ça va foutre dans notre vie politique.
07:19Vous savez, c'est les Allemands un très joli proverbe,
07:20et Dieu sait qu'ils sont des spécialistes.
07:22Ils disent, ils voient mieux la fin dans l'horreur qu'une horreur sans fin.
07:26Oui, la phrase est absolument, elle est très utilisée en ce moment.
07:30Donc, si vous voyez ce que je dis aux gens,
07:31il vaut mieux la fin dans l'horreur.
07:33Alors, moi j'ai écrit un livre, quand l'euro est sorti,
07:35en disant que ça se terminerait dans les sangs et dans les larmes.
07:39Bon, ça s'appelait Des lions menés par des ânes.
07:41Je l'avais publié en 2002 ou 2003.
07:43Tout à fait, Les lions menés par des ânes.
07:44Vous êtes très courageux, parce que vous reconnaissez quand même
07:46qu'il y a de grands esprits, de grands économistes,
07:49de grandes compétences qui vous disent, c'est suicidaire,
07:51c'est impensable, l'euro c'est irréversible.
07:53En sortir, ce serait la fin de la France.
07:55Et vous dites, au contraire, c'est le salut.
07:57C'est le salut, si vous voulez.
08:00Comment dire ?
08:02Est-ce qu'on peut reconnaître, honnêtement,
08:04que, pour l'instant, les espoirs escomptés à la création de l'euro
08:08ne sont pas au rendez-vous ?
08:10Je vais vous faire l'avocat du bien.
08:11Dites-moi, Charles Gaff, qu'est-ce que l'euro nous a à peu près apporté
08:14que vous pourriez accepter ou reconnaître que, effectivement,
08:17rien.
08:18Payez peut-être les grandes factures énergétiques de l'Europe ?
08:21On s'en fout, ils ont détruit ça,
08:24mais on avait une grosse indépendance énergétique
08:27qui atteint un système électrique, atomique, etc.,
08:30que la gauche et la droite ont détruit avec beaucoup de constance
08:33depuis 10 ou 15 ans.
08:34Vous ne trouvez pas un tout petit truc pour dire que l'euro,
08:36quelque part, rien, rien, vous êtes sans pitié, intransigeant.
08:40Bien sûr, vous ne pouvez pas maintenir un taux de change fixe
08:45avec des gens qui ont des productivités différentes.
08:48Alors, je vais essayer de vous expliquer ça.
08:49Là, la France, c'est un pays, c'est très ancien,
08:51c'est ce que disait déjà Tocqueville,
08:54qui aime beaucoup les fonctionnaires.
08:56Donc, la France a 70% de fonctionnaires de plus
08:59par 10 000 habitants que l'Allemagne.
09:01Dont la retraite coûte très cher.
09:02Dont la retraite coûte très cher.
09:04Donc, 70% de fonctionnaires de plus que l'Allemagne.
09:07Très bien.
09:08Alors, qui paye les fonctionnaires ?
09:10L'État.
09:13La caisse de retraite des fonctionnaires, c'est contribuable.
09:16S'ils avaient...
09:18Donc, ce que vous dites, c'est que, dans le fond,
09:19c'est les gens qui ont un travail productif
09:22qui payent les fonctionnaires.
09:23Oui.
09:24Bon, donc c'est le secteur privé qui paye les fonctionnaires.
09:26Oui.
09:28De fait.
09:29De fait.
09:29Et les fonctionnaires se payent un peu aussi
09:31de la retraite, bien sûr,
09:32puisqu'ils sont contribuables.
09:33Oui, mais ils prennent de l'argent
09:34qu'ils avaient pris à d'autres
09:35et de le mettre à l'écart.
09:36Ça, c'est autre chose.
09:37Mais c'est le secteur privé qui paye la retraite.
09:40Donc, et qui paye tous les frais.
09:42Donc, ça veut dire que la France,
09:44avec 70% de fonctionnaires de plus que l'Allemagne,
09:46le secteur privé français
09:48n'est pas vraiment concurrentiel
09:49contre le secteur allemand.
09:52Non.
09:53En tout cas, il ne l'est plus.
09:54Voilà.
09:54Mais il ne l'était pas.
09:55Donc, ce qui se passait dans le temps,
09:56c'est que les Français sont beaucoup plus malins
09:58que les Allemands.
09:59Donc, on avait quand même
10:00des gains de productivité
10:02supérieurs à ceux des Allemands.
10:03Donc, on dévaluait
10:04pour un peu payer les fonctionnaires
10:06en monnaie de singe.
10:07Jusqu'à l'euro.
10:08Jusqu'à l'euro.
10:09Jusqu'à l'euro.
10:09Et à partir de l'euro,
10:11on les paye en Deutsche Mark.
10:14Qui est le nom de l'euro.
10:15C'est le Deutsche Mark déguisé.
10:17Il a eu une peau de mouton.
10:18On le paye, voilà.
10:19L'euro, c'est un loup
10:20qui s'appelle Deutsche Mark
10:21avec une peau de mouton
10:22qui s'appelle l'euro.
10:22Voilà.
10:23Donc, on les paye en Deutsche Mark.
10:25Mais à ce moment-là,
10:26dans le secteur privé,
10:28on continue à les payer.
10:30Je n'ai toujours pas dit
10:31quelque chose qui soit faux.
10:32Non, pour l'instant,
10:33c'est du factuel.
10:34Et donc, comme c'est plus
10:35par le taux de change
10:36qu'on ajuste,
10:38qu'est-ce qui va varier
10:38dans l'économie française ?
10:40C'est la rentabilité des affaires
10:42concurrentielles
10:43qui va baisser.
10:45Et donc, la marge brute
10:47d'autofinancement
10:48des entreprises en fraises
10:49françaises s'écroule
10:50depuis 35 ans.
10:52Sans arrêt,
10:52c'est le seul pays au monde
10:53où les entreprises
10:54deviennent de moins en moins rentables.
10:56Vous voulez dire
10:56que la grande victime de l'euro,
10:57c'est l'entrepreneur ?
10:58L'entrepreneur.
11:00Votre frère ?
11:00Vous l'appelez votre frère
11:01dans le livre.
11:01Votre frère, l'entrepreneur.
11:03C'est votre dédicace, d'ailleurs.
11:04Ah, mes frères, les entrepreneurs.
11:05Mes frères, les entrepreneurs
11:06parce que c'est eux
11:07qui ont pris...
11:08Vous avez des variables
11:09d'ajustement dans les systèmes.
11:10Ah, ils créent la richesse ?
11:11Ils sont les créateurs de richesse,
11:12les premiers.
11:12Ben oui.
11:13Plus que l'État.
11:14Eh bien, l'État ne crée
11:15aucune richesse.
11:15Il crée les conditions
11:16qui permettent à la richesse
11:17d'être créée.
11:18Normalement.
11:18Voilà, s'il y avait
11:19une planification
11:20du temps de De Gaulle,
11:20admettons.
11:21Donc, il sert à quelque chose.
11:23Mais je ne dis pas
11:24qu'il ne sert à rien,
11:24mais en avoir 70%,
11:26c'est peut-être un peu trop.
11:27On peut en discuter,
11:28mais moi, je ne pose pas
11:29un jouant de valeur
11:30sur le fait
11:30qu'on ait plus de fonctionnaires.
11:31C'est ce que les Français
11:32ont toujours voulu.
11:33Donc, si c'est un choix
11:34des Français
11:35d'avoir beaucoup de fonctionnaires,
11:36c'est un choix politique,
11:37je n'ai rien à dire.
11:39Mais par contre,
11:39ce que je peux leur dire,
11:40c'est que vous pouvez avoir
11:41plus de fonctionnaires,
11:43un taux de change fixe
11:44avec l'Allemagne,
11:45mais vous ne pouvez pas
11:45avoir les deux à la fois.
11:47Parce que dans ce cas-là,
11:48votre système productif disparaît.
11:49C'est ce qui nous est arrivé.
11:50Et je rappelle que 70%
11:52du déficit des retraites françaises
11:55sont dus à la fonction publique.
11:56Voilà.
11:56Je ne le reproche pas,
11:58mais c'est un chiffre qui n'est pas possible.
11:59Mais on aurait pu faire
11:59comme l'a fait la Suède
12:00à partir de 1992,
12:01des retraites capitalisées.
12:04Nous sommes avec Charles Gave
12:06qui nous explique
12:07pourquoi la France est en faillite
12:08et une étrange faillite
12:09dont ils donnent aujourd'hui
12:11les explications.
12:12L'an prochain,
12:13selon le projet de budget,
12:15la dette devrait coûter
12:15plus de 10 milliards d'euros
12:16de plus à l'État.
12:17Sommes-nous à minuit moins une avant
12:19la faillite française ?
12:20Et effectivement,
12:21Péricault,
12:21Charles Gave est avec nous,
12:22essayiste,
12:23analyste macroéconomique français
12:24et auteur de l'étrange faillite.
12:26Comment ruiner un pays
12:27en prétendant le sauver
12:28aux éditions Idées en Liberté ?
12:30Son constat est qu'il faut sortir de l'euro
12:32pour réussir à sortir de la dette.
12:34Est-ce que vous aussi,
12:34vous le pensez ?
12:35Dites-nous au 0826 303.
12:37Midi 14h,
12:39Sud Radio,
12:40la France dans tous ses états,
12:42Péricault et Gasse.
12:44Vous êtes bien sur Sud Radio
12:45et je reçois Charles Gave.
12:47C'est un instant important,
12:48auteur de l'étrange faillite,
12:50comment ruiner un pays
12:51en prétendant le sauver.
12:52Tout y est dit.
12:53Aux éditions Idées en Liberté,
12:54Charles Gave,
12:55merci d'être avec nous en studio.
12:57On parlait de l'euro,
12:58votre ouvrage est très complet,
12:59votre diagnostic est effarant.
13:02L'étrange faillite,
13:02on y est,
13:04elle n'est pas étrange,
13:04elle est étrange.
13:05Elle est parfaitement rationnelle ?
13:07Rationnelle.
13:08Alors c'est vrai que,
13:09ce côté d'étrange,
13:10c'est qu'on se dit
13:10que la République française,
13:12la France que de Gaulle laisse aux Français,
13:14on n'aurait jamais dû en arriver là,
13:16et succomber à ces tentations
13:17et ces illusions.
13:19Vous êtes drastique,
13:22vous êtes sans pitié,
13:23et vous l'assumez,
13:25le problème vient,
13:27pas de l'euro pour tant que tel,
13:28c'est le fait d'avoir fait une monnaie commune
13:29qui s'appelle l'euro.
13:31Première question,
13:33si on avait fait,
13:34pardon,
13:34une monnaie unique,
13:35si on avait fait une monnaie commune
13:36qui s'appelait l'écu,
13:38est-ce que l'effet aurait pu être moins...
13:41Ça dépend,
13:41si chacune des monnaies
13:43avait gardé son indépendance,
13:45ça aurait été un peu
13:45comme le système monétaire européen,
13:47on aurait pu continuer à dévaluer...
13:49Avec le serpent ?
13:49Avec le serpent,
13:50le serpent monétaire.
13:51Encore une fois,
13:52une monnaie,
13:53c'est un prix.
13:54Si vous connaissez un cas dans l'histoire
13:57d'un prix qui a été bloqué
13:58et qui n'a pas eu des conséquences désastreuses,
14:01ce qu'il y a de bien avec le taux de change,
14:04c'est que ça vous permet
14:05de transférer de l'argent
14:06des entrepreneurs aux rentiers
14:07ou des rentiers aux entrepreneurs,
14:09c'est-à-dire de ceux qui prennent des risques
14:10vers ceux qui n'en prennent pas
14:11ou vice-versa,
14:13sans que, dans le fond,
14:14personne n'en souffre.
14:15Je veux dire,
14:16il n'y a pas de décision politique,
14:17c'est le marché qui décide.
14:19Et là, on a mis un prix fixe
14:21et donc, ça fait 40 ans
14:23qu'on gouverne contre les entrepreneurs.
14:25Vous êtes en train de nous dire,
14:26Charles Gave,
14:27vous allez me dire,
14:28si je me trompe,
14:29vous affirmez à cette antenne
14:30que l'euro est une monnaie illibérale ?
14:32C'est une monnaie,
14:33mais c'est une abomination.
14:34Vous ne pouvez pas avoir un libéral
14:36qui est pour un prix fixe.
14:38Ça n'existe pas.
14:39Un taux de change fixe,
14:40c'est une saloperie.
14:41Donc, un taux de change fixe
14:42entre des monnaies
14:43que rien ne relie,
14:43c'est une saloperie au carré.
14:46Donc, un libéral
14:47qui vous dit qu'il est pour l'euro,
14:49il n'est pas libéral,
14:50c'est tout.
14:51Il y en a qu'on en profite,
14:52Charles Gave.
14:53Qui s'en est mis plein les fouilles
14:54avec l'euro ?
14:55Si vous regardez les chiffres,
14:56ce n'est pas difficile.
14:57C'est toute la haute fonction publique.
15:00Aïe.
15:01C'est toute la haute fonction publique.
15:02C'est eux qui l'ont poussé,
15:03c'est les trichets de ce monde,
15:04c'est les douleurs de ce monde.
15:05Gouverneur de la Banque de France,
15:06directeur du Trésor.
15:09Directeur, gouverneur de la base BCE.
15:11Ce qui s'est passé,
15:11c'est que bloquer le taux de change,
15:13c'était donc payer
15:14tous les fonctionnaires
15:16en Dutchmark.
15:17Et donc, leur niveau de vie
15:18a augmenté de façon prodigieuse
15:19parce qu'ils n'avaient pas
15:20la productivité.
15:22Et eux, ils ont été augmentés.
15:23Mais comme c'est un jeu
15:24à somme zéro,
15:25pendant qu'on augmentait
15:26les fonctionnaires,
15:27on ruinait les entrepreneurs.
15:28Et les fonctionnaires,
15:29ils sont gentils,
15:30mais ils créent assez peu d'emplois.
15:32Vous savez,
15:32j'ai fait des travaux savants
15:33pour montrer que
15:34si vous embauchez un fonctionnaire,
15:36en général,
15:37ça crée trois chômeurs.
15:38Donc, si vous virez un fonctionnaire,
15:40ça crée trois emplois.
15:41Donc, on a créé des fonctionnaires
15:43à savoir qu'en plus,
15:44ça va plus depuis 80.
15:46Et donc, on a beaucoup,
15:47beaucoup de fonctionnaires.
15:49Et on n'a pas de quoi...
15:50Il n'y a plus d'entrepreneurs.
15:51Aujourd'hui,
15:51il n'y a plus d'entrepreneurs.
15:52Enfin, l'euro,
15:53ça a été aussi à un moment donné,
15:54l'euro et l'Europe.
15:55Ça a été le rêve
15:56du grand Jacques Delors,
15:57statut du commandeur
15:58de la social-démocratie,
15:59ministre des finances
16:01de François Mitterrand
16:02Oui, on l'a vu.
16:05En 1983,
16:07il pleurait
16:08quand il était obligé
16:08de mendier des...
16:10Il pleurait vraiment,
16:11je l'ai dit,
16:11parce qu'il y avait des crédits...
16:13Il a engendré la rigueur,
16:14contrôle d'échange,
16:14vous vous souvenez,
16:15du coup,
16:15il y avait une halte
16:17et le président du Parlement.
16:19C'était un imbécile complet.
16:20Président de la Commission,
16:21le premier président de la Commission.
16:22Oui, oui, oui.
16:23Et puis,
16:23puis, Charlemagne et tout.
16:25Les économistes l'adoraient.
16:28C'est un homme
16:29qui pensait que pour réussir,
16:31pour éviter les guerres en Europe,
16:32qui était le sujet
16:33de conversation à l'époque...
16:34Mitterrand avait dit
16:35le nationalisme,
16:36c'est la guerre.
16:37L'Europe,
16:37c'est la solution au nationalisme.
16:38Voilà.
16:39Il pensait tous
16:40que pour ne plus avoir de guerre,
16:42il fallait avoir
16:44une nation européenne
16:46et tuer les nations locales.
16:48Mais ce qu'il n'a pas vu,
16:49c'est que dans les systèmes
16:50où il n'y a pas de nation,
16:51il y a toujours des guerres civiles.
16:53Donc,
16:54on a la place d'avoir des guerres,
16:55aujourd'hui,
16:55on a des guerres civiles
16:56comme on l'a vu
16:57le 7 octobre,
16:58je crois.
16:58Et une facture très lourde,
17:01Anissa,
17:02très concrètement,
17:03la France a combien
17:05emprunté l'aujourd'hui ?
17:06A 10 ans,
17:07on frôle les 5%.
17:08Alors,
17:08à 10 ans,
17:09c'est la durée de l'emprunt.
17:10Je cite 10 ans
17:10parce que c'est vraiment
17:11le repère qu'on suit
17:12pour savoir si emprunter
17:13à long terme
17:14devient plus cher pour la France.
17:15L'État paye des intérêts
17:17chaque année
17:17et rembourse la somme empruntée
17:19au bout de 10 ans.
17:19Non,
17:19il ne la rembourse pas,
17:20il la fait courir.
17:21C'est vrai.
17:22Le taux de référence
17:23était de 4,93% hier,
17:26selon l'agence France Trésor.
17:28Deux marchés
17:29pour cette durée précise.
17:30Si on prend les emprunts
17:32que l'État a effectivement
17:32levés depuis janvier
17:34à différentes échéances
17:34de moyen et long terme,
17:36le taux moyen
17:36ressort à 3,64%
17:39à fin octobre
17:39contre 3,14%
17:41sur l'ensemble de 2025.
17:43Un demi-point de plus.
17:44En un an.
17:45Un demi-point de plus en un an.
17:46Et cette stratégie
17:47comment,
17:47sur la facture de l'État ?
17:48Alors,
17:48la charge de la dette
17:49est estimée à 62,6 milliards d'euros
17:51cette année.
17:52Dans le projet de budget
17:53pour 2027,
17:53elle passe à 72,9 milliards.
17:5710 milliards de plus
17:58en un an.
17:59Rien que pour le coût.
17:59Pour un pari,
18:00ce sera 80.
18:01On peut lancer
18:02les paris.
18:03Absolument.
18:05Rien que pour le coût
18:05de la dette.
18:06Voilà,
18:06ces fameux 10 milliards
18:07de plus en un an
18:08avant même
18:08de rembourser
18:09les sommes empruntées.
18:11On va prendre un exemple.
18:13Absolument.
18:131 milliard emprunté à 1%,
18:15c'est 10 millions d'euros
18:16d'intérêts par an.
18:17Si l'État doit réemprunter
18:18ce même milliard à 4%,
18:19quand le premier emprunt
18:20arrive à échéance,
18:21la facture passe à 40 millions par an.
18:24Les anciens emprunts
18:25à taux fixe
18:26gardent leur taux jusqu'au bout
18:27et c'est quand on les remplace
18:28que la hausse se fait sentir.
18:30Et l'an prochain ?
18:31Et l'an prochain,
18:32le projet de budget
18:33prévoit 340 milliards d'euros
18:34d'émissions
18:35à moyen et long terme
18:36après déduction des rachats.
18:38Ces emprunts
18:38servent à la fois
18:39à financer le déficit
18:40de l'année
18:40et à rembourser
18:41une partie
18:42des emprunts
18:43qui arrivent à échéance.
18:43Charles Gaffe,
18:44qui va payer ?
18:45Qui paye en dernier sort ?
18:48La question,
18:48c'est une question
18:49très intéressante.
18:50Qui va payer ?
18:50Mais surtout,
18:51qui va nous prêter ?
18:53Parce que,
18:53vous savez,
18:54ce qui se passe,
18:54c'est que moi,
18:55je suis un vieux financier.
18:57Comme disait l'autre.
18:58Le vieux cafetier,
18:59il disait,
19:00il y avait un film célèbre
19:01où il y avait le cafetier
19:01qui disait,
19:02vous savez,
19:02moi je suis cafetier socialiste
19:04et franc-maçon,
19:05c'est pour vous dire
19:06si j'en ai entendu des conneries.
19:08Et là,
19:08j'ai envie de dire
19:09en tant que financier,
19:10j'en ai entendu des conneries.
19:12Et la finance,
19:14toutes les crises
19:14se passent de la même façon.
19:15C'est-à-dire que
19:16il y a des gens
19:17qui ont trop prêté.
19:18Bon.
19:19Mais il y a des gens
19:20à qui vous avez prêté
19:20qui vous rembourseront.
19:22Et puis,
19:23vous avez peut-être l'idée
19:24que celui-là,
19:24il ne sera pas capable
19:24de vous rembourser.
19:25Donc,
19:25quand l'argent devient rare,
19:29il y en a de moins en moins
19:30qui va à celui
19:30qui ne peut pas rembourser.
19:31Ce qui est logique.
19:33Et à ce moment-là,
19:33les taux d'intérêt
19:34qu'il doit payer
19:35monte comme du fusé.
19:36C'est ce qu'on appelle
19:36le spread.
19:38Vous savez,
19:38l'écart de taux
19:39se met à monter
19:40comme une fusée.
19:40Alors,
19:40au début,
19:41il monte doucement,
19:42ce qui est un signe,
19:42normalement,
19:44il a commencé à monter
19:45il y a à peu près
19:45un an et demi
19:46au moment où
19:46notre président bien-aimé
19:48a dit sous le parlement,
19:49il allait commencer à monter.
19:50On s'est dit,
19:50bon,
19:51normalement,
19:52si vous voulez,
19:52un gouvernement normal
19:53aurait dit,
19:53oh là là,
19:54on coupe toutes les dépenses,
19:55on arrête tout
19:55parce qu'on est en train
19:56de partir sur le bobsleigh.
19:57Vous savez,
19:58ça va se péter la gueule.
19:59Donc,
19:59ils n'ont rien fait,
20:00au contraire,
20:01ils ont accumulé
20:02les conneries encore
20:02et donc ça a commencé
20:03à monter,
20:04puis ça a monté
20:04de façon plus régulière
20:05et puis maintenant,
20:06c'est quasiment en vertical.
20:07Et quand ça arrive
20:08en vertical,
20:09ça veut dire qu'à un moment,
20:10il y a des gens
20:10qui diront,
20:11vous êtes un gérant
20:12de fonds hollandais,
20:13allez,
20:13vous avez géré
20:14des obligations européennes
20:16et vous regardez
20:17vos obligations françaises,
20:18vous perdez 6 à 7%
20:19cette année dessus.
20:21Vous allez être viré
20:23parce que
20:23qu'est-ce qui vous a pris
20:24d'acheter des obligations françaises ?
20:25Tout le monde savait
20:26que ce pays était mal géré.
20:28Donc,
20:28la question qu'il faut se poser,
20:30c'est
20:30qui,
20:32dans un monde
20:34rationnel,
20:34sachant ce qu'on sait
20:35aujourd'hui sur la France,
20:37va acheter
20:38ces 340 milliards
20:39et pourquoi
20:40les gars
20:40qui ont 3600 milliards
20:41de dettes anciennes
20:42ne demanderaient pas
20:43le remboursement immédiate ?
20:45Je vous signale
20:45que Mitsui,
20:46qui est un grand groupe
20:47japonais,
20:50en septembre,
20:51en octobre,
20:51septembre, octobre,
20:52ils ont demandé
20:53le remboursement
20:53de 60 milliards de dettes.
20:55Boum !
20:56D'un seul coup.
20:57Si je comprends bien,
20:58les obligations françaises
20:59ressemblent au titre pourri
21:00des affaires des suprimes
21:01en 2008.
21:02Exactement.
21:02Ça ne vaut rien.
21:04Oui, ça ne vaut rien.
21:06Charles Gave,
21:07les 3660 milliards,
21:09on est bien d'accord,
21:09on ne les remboursera jamais.
21:11Par contre,
21:12il faut rembourser
21:12l'intérêt qu'ils engendrent.
21:13D'abord,
21:14il faut se servir la dette.
21:16Il faut se servir la dette.
21:17Et donc,
21:18il faut qu'on trouve
21:18d'abord 340 milliards.
21:19Et les gens me disent
21:205% du PIB,
21:22ce n'est pas énorme.
21:23Mais le PIB
21:24n'appartient pas à l'État.
21:25Ce qui appartient à l'État,
21:26c'est les recettes fiscales.
21:28Et les recettes fiscales
21:29couvrent à peine
21:3060% de nos dépenses.
21:33C'est-à-dire que
21:34si vous étiez
21:34dans votre banque
21:35et vous dites
21:36vous savez,
21:37moi je vais dépenser 100
21:39et je ne vais avoir
21:40qu'un salaire de 60
21:41mais vous allez me prêter
21:42la différence,
21:43il n'y a aucun problème.
21:44En principe,
21:45ça s'appelle
21:46et on est arrivé
21:46à un point
21:47dans la dette française
21:47où on emprunte aujourd'hui
21:49pour payer les intérêts
21:50sur la dette passée.
21:51Voilà.
21:51Ça s'appelle la cavalerie.
21:52Ça, c'est quand même un record.
21:54Donc, ça veut dire
21:55qu'on est en cavalerie aujourd'hui.
21:56La boule de neige
21:57a un double facteur
21:58d'accélération.
21:59Donc, on est cuit.
22:00Donc, quand François Fillon
22:01prévenu se dit
22:02je gère un pays
22:02qui est, s'il est une entreprise
22:04il serait en dépôt de bilan
22:04en faillite,
22:05c'est une réalité ?
22:06Mais en plus,
22:07à l'époque,
22:09par exemple,
22:10l'Italie
22:11qui a des problèmes
22:11de buty aussi importants
22:12est en excédent primaire
22:14c'est-à-dire
22:14qu'ils ont un excédent
22:15avant le paiement
22:16des taux d'intérêt.
22:18Nous, on est en déficit primaire
22:19d'à peu près
22:202 à 3% du pays.
22:21Avant de comment jouer
22:21à jouer la partie ?
22:22Avant de payer nos intérêts.
22:24C'est-à-dire
22:25qu'on doit emprunter
22:26pour payer des tonnes d'intérêts.
22:27Mais ça, ça peut
22:27être en cavalerie.
22:28Vous restez à l'antenne.
22:30Vous avez compris
22:30que c'est un instant important.
22:31Charles Gave
22:32nous raconte
22:33pourquoi la France
22:33est en faillite.
22:34Mais il nous dira aussi
22:35comment en sortir.
22:36On a déjà une partie
22:37de la solution.
22:38Bien entendu,
22:38vous nous appelez
22:39au 0826-3300.
22:40300, bien sûr.
22:41On parle de milliards
22:42depuis tout à l'heure.
22:42Et vous,
22:43quels espoirs mettez-vous
22:44dans notre capacité
22:45à les rembourser ?
22:46Croyez-vous que ce soit possible
22:47et quelles inquiétudes
22:48portez-vous en l'avenir ?
22:50GAS.
22:51Vous êtes bien sûr
22:51sur Sud Radio.
22:52Il est 13h33
22:53en ce mercredi 4 novembre
22:55et je reçois
22:56Charles Gave,
22:57l'économiste
22:59libre-penseur,
23:01économiste passionné
23:01qui n'a pas sa langue
23:02dans sa poche.
23:03Dites simplement
23:03penseur,
23:04ça suffira.
23:05Penseur,
23:05oui, bien sûr.
23:07Ça fera une moyenne
23:07avec les autres.
23:08Mais votre éditeur
23:09s'appelle
23:09Les Idées en Liberté.
23:10Donc voilà,
23:11pour l'étrange faillite,
23:12comment ruiner un pays
23:13en prétendant le sauver.
23:14Date de la sortie,
23:15Charles Gave.
23:16C'est 20 novembre par là.
23:1720 novembre.
23:18Bon, en tout cas,
23:18on est dans la préparation
23:19de cette sortie.
23:20Le contenu du livre
23:22est à la fois suffocant
23:24et bouleversant.
23:25Vous n'y allez pas
23:26par, j'allais dire,
23:27avec la main morte.
23:29Vous venez nous expliquer
23:30que le responsable
23:31principal
23:32de notre gabégie économique
23:33et du cauchemar
23:34vers lequel on se dirige,
23:35c'est l'euro
23:36et sa mauvaise gestion
23:37et le principe
23:37de la monnaie unique
23:38aux mains de marchés
23:39qui n'ont qu'intérêt
23:40que de s'enrichir
23:41et qui se foutent
23:42de savoir de l'intérêt
23:43des peuples.
23:43A l'intérieur de votre livre,
23:46quand on décrit petit à petit,
23:47vous procédez par étapes,
23:48vous commencez
23:49par dire
23:50ce qui s'est passé.
23:51Un changement d'élite
23:52qui s'est passé
23:53en France en 1958,
23:54un changement
23:55de système politique,
23:56ce qui est arrivé
23:57à l'Autriche-Hongran
23:59en 1918,
24:00et la disparition
24:01d'une civilisation.
24:02Ça, ce sont
24:02les trois causes.
24:04Ce ne sont pas
24:04les trois causes,
24:05c'est les trois.
24:05Quand une politique
24:07suivie par un pays
24:08va dans le mauvais sens,
24:11vous avez trois sorties possibles.
24:12Virer l'élite,
24:14ce qu'on a fait en 1958,
24:15par exemple,
24:16parce que la France
24:17ne réussissait pas
24:17à traiter le problème
24:18de la colonisation,
24:19donc il a fallu
24:20faire venir De Gaulle.
24:21Ensuite,
24:22mettons,
24:23vous pouvez changer
24:24de régime.
24:25Par exemple,
24:26on passe de l'ancien régime
24:27à la République.
24:28C'était la Révolution.
24:31Ou alors,
24:31la civilisation disparaît,
24:32c'est ce qui est arrivé
24:33au Coptes en Égypte,
24:34c'est ce qui est arrivé
24:35aux Aztèques,
24:35etc.
24:36Et donc,
24:36le choix qu'a la France
24:37aujourd'hui,
24:38c'est
24:39où on change
24:40les élites
24:42ou on change
24:43de régime
24:43et où
24:45on est foutu,
24:46on disparaît.
24:46Il y a plein de pays
24:47qui ont disparu.
24:48Vous dites,
24:48ça s'est produit
24:49en Amérique du Sud
24:49à l'arrivée des Espagnols,
24:51au Moyen-Orient,
24:51quand on déferlait
24:52la vague de l'islam
24:53et enfin à Russie
24:54avec la prise du pouvoir
24:55par les communistes
24:56bolcheviques
24:56en 1917.
24:58Les défis
24:58auxquels la France
24:59est aujourd'hui confrontée,
25:02ils sont nombreux,
25:03vous en citez
25:03quelques-uns.
25:04un écroulement
25:05des structures familiales,
25:06un effondrement démographique,
25:08des flux migratoires
25:09gigantexes
25:10de populations
25:10très différentes
25:11de celles du pays d'accueil,
25:12la réémergence
25:13d'anciens et puissants
25:14empires,
25:14la Chine,
25:15la Russie,
25:15l'Inde,
25:16la décision prise
25:17par les élites
25:17de l'Europe
25:18après la guerre mondiale
25:18de démanteler
25:19les états-nations,
25:20solution,
25:21pensait-on,
25:21aux guerres opposants,
25:22ça vous l'avez évoqué,
25:23et puis l'émergence
25:24d'un état social
25:25dont les coûts
25:26sont devenus incontrôlables
25:27compte tenu en particulier
25:28de l'effondrement démographique.
25:35On les prend un parrain
25:36pour l'écroulement
25:38des structures familiales ?
25:40Ben, écoutez,
25:41il s'est passé un phénomène
25:43tout à fait extraordinaire
25:44depuis 50, 60, 70 ans à peu près.
25:49Les femmes sont devenues
25:50maîtresses de la conception.
25:53Avant, quand un petit arrivait,
25:55on lui disait
25:56on ne t'attendait pas tellement,
25:58mais enfin on l'accueillait.
25:59Je veux dire, c'était...
26:00Moi, je suis un quatrième
26:02qui était né un peu tôt
26:03après le troisième.
26:03Oui, ce que je veux dire.
26:05Il n'y avait pas grand-chose à faire.
26:06Donc, on pensait tous
26:07que si les femmes
26:08étaient maîtresses
26:09de leur conception,
26:11elles allaient avoir
26:12deux ou trois enfants.
26:13Et bien, il y a à peu près
26:1450% des femmes
26:15qui ont décidé
26:15de ne pas en avoir du tout.
26:16Ça, ce n'était pas prévu ?
26:17Pas du tout.
26:18Le contrôle des naissances
26:19n'était pas prévu ?
26:19L'absence totale de naissance.
26:21C'est-à-dire que les femmes
26:22disent, après tout,
26:23les enfants, ça m'emmerde.
26:24Il y a peut-être des hommes
26:25qui ne veulent pas avoir d'enfants
26:26aussi, Charles Gave.
26:28Je sais.
26:28Mais enfin, écoutez,
26:29vous avez été marié, oui ?
26:30Oui, je suis marié,
26:31j'ai quatre enfants.
26:32Vous avez quatre enfants, oui.
26:33Moi aussi, je suis marié,
26:34j'ai quatre enfants.
26:34En principe, un homme,
26:36ça fait ce que lui dit
26:37sa femme, non ?
26:37Oui.
26:38Oui, oui.
26:39Mais enfin, c'est décidé ensemble.
26:40C'est décidé ensemble.
26:41Oui, c'est décidé ensemble.
26:41Non, non, mais c'est vrai
26:42que la femme a le dernier mot.
26:43Et heureusement,
26:44c'est la libération de la femme, oui.
26:45En ce qui concerne la famille,
26:47c'était normal.
26:47Alors, il y a un autre phénomène
26:48qui s'est passé aussi
26:49dans les mêmes 70 ans.
26:51C'est que dans toutes les civilisations,
26:53les garçons,
26:54quand ils arrivaient vers 11-12 ans,
26:56on les envoyait
26:58se faire éduquer
27:00par des soldats, par exemple.
27:01Comme dans la Grèce antique.
27:03Et à ce moment-là,
27:03ils se faisaient taper sur la gueule
27:04s'ils bougeaient trop et tout.
27:05Ça s'appelait service militaire.
27:07Oui, il y avait le service militaire.
27:08Mais il y avait aussi...
27:08Et Dorephélique veut le rétablir.
27:10Un garçon de 12 ans,
27:12pendant ses études,
27:13ne voyait pas une femme
27:14jusqu'à ce qu'il sorte de l'université.
27:16Enfin, il y en avait quelques-unes
27:17à l'université.
27:18Donc, pour la première fois
27:20dans l'histoire de l'humanité,
27:21on a fait éduquer des jeunes mâles,
27:23complètement cons par définition,
27:25parce qu'ils sont idiots,
27:26par des femmes.
27:27Donc aujourd'hui,
27:28l'éducation en France,
27:30c'est 90% de professeurs féminins.
27:33Jamais un homme ne voit une femme
27:35jusqu'à ce qu'il ait 20 ans.
27:37Ça, c'est la répartition aujourd'hui
27:39des professions et des vocations
27:41dans l'éducation nationale.
27:42Oui, je ne sais pas ce qui s'est passé,
27:43mais c'est la première fois dans l'histoire
27:44qu'on fait éduquer
27:47des jeunes adolescents, garçons,
27:48ou plein de testéron
27:50et cons comme des mâles,
27:51par définition,
27:52parce qu'ils sont très cons jusqu'à...
27:53Moi, je suis resté très con
27:54jusqu'à 25 ans,
27:55donc je sais de quoi je parle,
27:57par des femmes.
27:58Et la seule façon
28:00d'éduquer les garçons,
28:01c'est quand même par des hommes
28:02et un grand coup de pied
28:02dans le derrière,
28:03parce que c'est à peu près
28:04la seule chose
28:04qu'un gamin de 17 ans comprenne.
28:05Vous pensez qu'il faut
28:06une autorité masculine
28:07pour canaliser le tempérament ?
28:10L'homme dans la famille,
28:11c'était la loi,
28:12la femme, c'était l'amour.
28:14Donc, la loi,
28:15ça vous disait
28:15ce qui se passait
28:16à l'extérieur de la famille.
28:17Et donc, l'homme était là
28:18pour expliquer aux gamins,
28:20tu sais,
28:21tu es bien tranquille
28:22avec ta mère,
28:22mais dehors,
28:23ils sont méchants.
28:25Moi, je suis là
28:25pour te protéger,
28:26mais je ne serai pas là toujours.
28:27Il y a de plus en plus
28:28de femmes qui n'ont pas
28:29la main à l'Est,
28:30qui savent à la fois
28:31gouverner les familles,
28:32les États et les entreprises
28:34avec autorité.
28:35Elles ont pris du poil
28:35de la bête
28:36depuis l'époque que vous avez...
28:37Oui, mais si vous voulez,
28:38c'est très bien.
28:39Mais je vais vous raccorder
28:40une petite anecdote
28:41puisqu'on est là.
28:43Moi, j'étais en Matélem
28:44au lycée Ahoche.
28:44A Matélem, c'était la classe.
28:46On faisait des matins.
28:47Ahoche, qui était une petite ville
28:48du sud-ouest de la France.
28:49Et mon professeur de philo,
28:51la philo, ça représentait 1
28:52en coefficient au bac,
28:53donc tout le monde s'en foutait.
28:55Alors, j'étais très copain
28:56avec les deux piliers du FCO.
28:58Vous voyez qu'il était...
28:58On était tous les trois,
29:00on s'est des cons.
29:04gentils, mais je vous attends
29:06à la sortie du lycée,
29:08dans le terrain vague qu'il y a derrière,
29:10et on va régler nos comptes
29:11parce que vous m'emmerdez.
29:12Bon, il était ancien commandant
29:14de la Légion,
29:14il était ceinture noire de judo
29:16et ancien copain de Marcel Serdant.
29:18Ben, on n'y est pas allé.
29:21Et on lui a foutu la paix.
29:22Ben voilà.
29:23C'était un signe de...
29:25C'était un signe de...
29:26Il s'est imposé.
29:27Oui.
29:27C'est-à-dire que les garçons...
29:29Moi, je pense à tous
29:29ces garçons de 17 ans.
29:30Ça s'appelle la dissuasion.
29:31La dissuasion,
29:32mais je pense à tous ces garçons
29:33à 17 ans, si vous voulez,
29:34qui sont dans la Seine-Saint-Denis,
29:37etc.,
29:37pour lesquels la femme,
29:38c'est un objet à la fois
29:39très désirable
29:40et complètement incompréhensible
29:41dans leur religion.
29:42Eh bien,
29:44qu'est-ce qui se passe ?
29:45Ben, si vous voulez être élevé
29:46par des femmes,
29:47ils peuvent...
29:47ils ne peuvent pas respecter
29:49une femme.
29:50Il y a un écart,
29:52effectivement,
29:52de...
29:52Non, mais c'est...
29:53Dans leur civilisation,
29:54ça n'existe pas.
29:55Là, vous faites un fait
29:56de vous évoquer en plus
29:57d'autres paramètres...
29:59Non, mais je vous dis,
29:59il y a des civilisations
30:00qui ne sont pas comme la nôtre.
30:02L'intégration était là,
30:03justement,
30:03pour y pallier.
30:04Nous avons Marlène
30:05qui nous appelle de Bobigny.
30:06Oui, non.
30:06Marlène, elle revient,
30:08Charles Gaff,
30:08sur la construction européenne.
30:10Je vous écoute, Marlène.
30:11Vous pensez que l'Angleterre
30:12est un exemple à ne pas suivre ?
30:13Eh bien, oui,
30:14parce que l'Angleterre
30:15est en très mauvaise position.
30:16Enfin, elle a plein de problèmes.
30:18L'Angleterre,
30:19elle veut revenir.
30:20J'ai entendu qu'il y a quelque temps
30:22qu'elle voulait revenir
30:23dans l'Europe.
30:24Alors, à condition...
30:25C'est vrai.
30:26Il y a des Anglais.
30:28J'ai toujours été personnellement
30:29contre l'Europe
30:30parce qu'il y a plein de choses
30:32que je ne comprends pas.
30:34Par exemple,
30:35comment on peut faire une Europe
30:37avec des pays,
30:40tous ensemble réunis,
30:42mais qui n'ont pas...
30:43L'argent n'a pas la même valeur
30:45dans aucun pays.
30:46Ça, je ne comprends pas.
30:48Bon, je n'ai pas fait
30:48d'études d'économie.
30:49Je ne...
30:51Mais alors,
30:52ils n'ont pas prévu
30:53et les ministres
30:55d'économie,
30:57de l'économie,
30:58n'ont pas prévu
30:59que les usines françaises
31:02allaient dé...
31:04Comment dire ?
31:05Délocaliser.
31:06Délocaliser.
31:06Voilà.
31:07Pour gagner beaucoup plus d'argent
31:09et puis...
31:10Non, non, madame.
31:11Les ouvriers...
31:12Si je peux m'arrêter,
31:13si je peux vous arrêter une seconde.
31:14Ce n'est pas pour gagner plus d'argent
31:16qu'elles délocalisent.
31:18C'est pour ne pas fermer.
31:20Ce que vous ne comprenez pas,
31:21c'est que la marge brute
31:22d'autofinancement des entreprises
31:23à cause de toutes les imbécilités
31:24que la France a faites,
31:26elle est la moitié
31:27de ce qu'elle est en Allemagne
31:28ou ce qu'elle est en Suisse.
31:30C'est-à-dire,
31:30la rentabilité d'une affaire
31:32industrielle en France
31:33est à peu près la moitié
31:34de ce qu'elle est en dehors de France.
31:35Donc, il faut fuir.
31:37Donc, la seule façon de survivre
31:38si vous êtes une entreprise
31:39industrielle en France,
31:40c'est de fermer votre usine
31:41en France.
31:42C'est pas ce que je veux dire.
31:43Mais ce n'est pas pour gagner de l'argent.
31:44C'est pour éviter
31:45de disparaître complètement.
31:47Oui, bien sûr.
31:49Donc, si vous voulez,
31:49ce n'est pas eux qui décident.
31:51Ce n'est pas des mauvais citoyens.
31:52Je vous donne un exemple
31:53qui est, je trouve,
31:54extraordinairement parlant.
31:55Vous avez un indice boursier.
31:56Vous savez que je suis un boursier.
31:58Il s'appelle le MSCI,
32:00Affaires industrielles européennes.
32:01C'est un indice qui regroupe
32:02toutes les affaires industrielles,
32:03y compris ceux de la Grande-Bretagne,
32:05de la Suisse, etc.
32:07Les affaires françaises,
32:08dans cet indice,
32:09représentent 28% de l'indice.
32:11Combien représentent
32:13les valeurs allemandes ?
32:1421.
32:15C'est-à-dire que l'industrie française
32:17est beaucoup plus grosse
32:19que l'industrie allemande,
32:20mais elle a une caractéristique,
32:22cette industrie française,
32:23c'est qu'elle n'a pas une usine en France.
32:24Pourquoi ?
32:25Parce qu'on a les rois des cons à Paris.
32:27C'est tout.
32:28Alors, on va y revenir.
32:29Et on va parler de la bourse,
32:32justement,
32:32avec une citation historique
32:34du général de Gaulle.
32:36C'est un petit mot de la bourse,
32:37puisque vous m'en parlez.
32:39En 62,
32:40elle était exagérément bonne.
32:43En 66,
32:44elle est exagérément mauvaise.
32:48Mais vous savez,
32:48la politique de la France
32:49ne se fait pas à la corbeille.
32:55La politique de la France
32:56ne se fait pas à la corbeille,
32:57il avait raison ou non ?
32:59La politique de la France
33:00ne se fait pas contre la corbeille.
33:02On en discute tout de suite après,
33:03Charles Le Gave.
33:04Le choix qu'a la France aujourd'hui
33:05est soit changer de régime,
33:07changer ses élites,
33:08soit on est foutu,
33:09déclare Charles Le Gave,
33:10ici présent,
33:11auteur de l'étrange faillite.
33:13Comment ruiner un pays
33:13en prétendant le sauver ?
33:15Est-ce que vous pensez la même chose ?
33:16Pensez-vous que la France
33:17doit changer de régime
33:18ou de constitution ?
33:19Appelez-nous au 0826 300 300.
33:21C'est un pays au monde
33:22développé
33:23où ce chiffre baisse
33:25structurellement
33:25depuis 40 ans.
33:27D'année en année ?
33:28D'année en année.
33:29On baisse sans arrêt.
33:30C'est-à-dire que ça fait 40 ans
33:31que la France est gouvernée
33:33contre les entrepreneurs.
33:34C'est un pays qui s'appombrit.
33:36C'est un pays qui s'appombrit pas.
33:37C'est-à-dire que si un entrepreneur
33:39gagne de l'argent,
33:40ils sont tellement marxistes
33:41dans leur petite cervelle
33:42qu'ils pensent que ça veut dire
33:44que l'entrepreneur
33:45a volé de l'argent aux salariés.
33:47Ah, donc il faut le ponctionner.
33:48Donc on le ponctionne.
33:49On a le droit,
33:49l'État se considère
33:51comme celui qui a le droit
33:52de ponctionner
33:52parce que les entrepreneurs
33:53gagnent trop d'argent.
33:54En fait, quand vous ouvrez
33:55une société en France,
33:56vous avez un partenaire
33:57qui s'appelle l'État
33:57qui n'a pas mis un centime
33:58et il décide qu'il partage
33:59des bénéfices avec vous.
34:00Non, et qu'il va les partager
34:01de plus en plus.
34:03C'est-à-dire qu'il vous en restera
34:03de moins en moins.
34:04Donc, jamais De Gaulle n'a dit
34:06je vais gouverner
34:06contre la bourse
34:08ou contre l'entreprise.
34:09De Gaulle, il était très sensible
34:11au fait qu'il fallait
34:12que les entreprises
34:13gagnent de l'argent.
34:14Donc aujourd'hui,
34:15ce qui se passe,
34:15c'est qu'on a un système
34:16qui tue les entrepreneurs
34:18entre l'euro,
34:19les impôts,
34:20les réglementations,
34:20etc.
34:22Et donc aujourd'hui,
34:23je vous donne un exemple,
34:24quand j'étais en Hong Kong
34:25où j'ai passé 10 ans,
34:27il y avait 5000 Français.
34:295000 Français,
34:30ce qui était beaucoup.
34:31Aujourd'hui, il y en a 20 000
34:32et c'est tous des entrepreneurs.
34:34Vous allez en Floride,
34:36il n'y a que des Gaulois.
34:37Vous allez en Californie,
34:39il n'y a que des Gaulois.
34:40Vous allez à New York,
34:41il n'y a que des Gaulois.
34:41Vous allez à Londres,
34:42il n'y a que des Gaulois.
34:42Ce sont des émigrés économiques
34:44qui ont fui une oppression fiscale.
34:46C'est-à-dire que ce qu'on a fait,
34:47nous, si vous voulez,
34:48ce n'est pas difficile,
34:49vous avez une équipe de foot,
34:51vous êtes l'entraîneur
34:52d'une équipe de foot.
34:53Vous avez un ou deux gars
34:54qui marquent des buts.
34:56Ce que vous faites,
34:57c'est que vous les virez
34:58parce que ce n'est pas égal.
35:01Et donc,
35:02vous vous retrouvez
35:02avec des équipes
35:03où vous avez viré
35:03tous les gars
35:04qui pouvaient marquer des buts
35:06et vous êtes dernier du classement.
35:08Et vous vous demandez pourquoi.
35:09Mais si on passe notre temps
35:10à virer ceux
35:10qui sont capables
35:11de créer de la richesse
35:13et à payer
35:14ceux qui ne sont pas capables
35:16que de la consommer,
35:17évidemment qu'on va se trouver ruiné.
35:19C'est-à-dire qu'on...
35:21Si vous voulez,
35:22aujourd'hui,
35:23la politique de la France,
35:24c'est une promotion
35:25des médiocres et des nuls
35:27contre les gens compétents.
35:28Ça fait 40 ans que ça dure.
35:29Alors, on va parler justement
35:30de l'organisation territoriale
35:32de la France
35:32qui est peut-être
35:33une source de problèmes.
35:34On a Jean-Pierre
35:35qui nous appelle
35:36de Clermont-Ferrand.
35:37Bonjour Jean-Pierre.
35:38Oui, bonjour.
35:40Bonjour Charles Gave.
35:41Je écoute assez souvent
35:42quand je peux.
35:44Voilà.
35:44Jean-Pierre,
35:45vous pensez que le nombre
35:46de communes en France
35:48est peut-être
35:49un des problèmes
35:51du financement
35:52de l'État ?
35:53Oui, bien sûr,
35:54parce que Charles Gave
35:55doit se connaître
35:56ça mieux que moi.
35:57Mais en France,
35:58nous avons 36 000 communes.
35:59Je suis d'ailleurs
36:00un ancien maire adjoint
36:02de communes également.
36:03Donc, j'ai touché
36:05un petit peu
36:06aux affaires publiques,
36:08on va dire.
36:08Et donc,
36:09oui, je voulais savoir
36:10si Charles Gave
36:11connaissait le nombre exact
36:13de communes en Allemagne,
36:15sachant qu'en France,
36:16nous avons 36 000 communes
36:17avec 36 000 maires,
36:1936 000 adjoints,
36:21etc., etc.
36:22Et donc,
36:23avec des frais énormes,
36:25sans compter qu'il y a
36:26à peu près 10 ans,
36:27on a embauché encore
36:28450 000 fonctionnaires
36:30territoriaux.
36:31Et évidemment,
36:32c'est des gens
36:33qui vont arriver à l'article
36:33qu'il faut payer.
36:34Donc, je voulais avoir
36:36l'avis de Charles Gave
36:37sur le nombre de mairies
36:39car je crois qu'en Allemagne,
36:40ils ont regroupé
36:41les mairies bien avant nous.
36:43Nous, on a fait
36:44qu'augmenter les charges
36:45puisqu'ils ont créé
36:46des communautés de communes
36:47en plus.
36:48Oui, alors,
36:48ce qui se passe en France,
36:49c'est que,
36:50quelque part dans le monde politique,
36:52le maire était à peu près
36:53le seul que les Français
36:54supportent aujourd'hui.
36:55Ils aiment bien leur maire
36:56parce qu'il est local,
36:57il s'occupe des problèmes locaux,
36:58etc.
36:59Bon,
37:00ce qui s'est passé,
37:01c'est que depuis 20 ans,
37:02à peu près,
37:03on a enlevé
37:03tous leurs privilèges
37:04en maire,
37:05mais ils restent pénalement
37:06responsables
37:07de ce qui se passe
37:07dans leur commune.
37:08Donc,
37:09ce qui se passe,
37:10c'est affreux,
37:10mais je connais une petite commune
37:12qui s'appelle Égalière
37:13qui est à côté d'Avignon,
37:14là-bas.
37:14Très jolie commune.
37:15Oui,
37:16c'est une très jolie commune.
37:17Eh bien,
37:18ce qui se passe,
37:18si vous voulez,
37:19c'est qu'ils auraient été
37:19rejoints à Marseille,
37:20que le maire d'Égalière
37:21avait géré ça convenablement,
37:23qu'il y avait plein de réserves
37:24et qu'avant d'être
37:26ponctionné par Marseille,
37:27il a tout dépensé
37:28pour faire un stade
37:29ou une bibliothèque
37:30dont personne n'avait besoin
37:30ou une piscine.
37:32Donc,
37:32on a enlevé
37:33toute responsabilité
37:34au maire
37:35et on a détaché ça
37:36à des...
37:37Ce qui fait que j'ai...
37:39Les agglomérations,
37:41des communes,
37:41des régions,
37:42etc.
37:43Ce qui fait que
37:43j'ai été avec un chauffeur
37:44de taxi à Toulouse
37:45récemment
37:45qui était en train
37:46de se faire bâtir une maison.
37:47Il me disait
37:47qu'il devait demander
37:49la permission
37:49pour un rattachement
37:50à l'eau,
37:51je ne sais pas quoi,
37:52à trois personnes différentes
37:53dans trois administrations différentes
37:54qui faisaient la même chose.
37:55La municipale,
37:56l'intercommunale
37:57et la départementale.
37:58La départementale.
37:58Alors qu'il demandait ça trois fois.
38:00Donc, si vous voulez,
38:00le problème,
38:01ce n'est pas qu'on a trop de communes,
38:02c'est qu'on a trop de fonctionnaires
38:04qui font la même chose.
38:05Alors,
38:06pour répondre à Jean-Pierre,
38:06il y en a 11 000 en Allemagne.
38:08Il y en a 11 000
38:09et ils sont un peu plus que nous,
38:10mais c'est aussi
38:12une structure
38:12complètement décentralisée
38:13l'Allemagne.
38:14Les écoles dépendent
38:15des régions,
38:15pas de...
38:16Donc, vous avez vraiment...
38:17En France,
38:18on a fait un système
38:19où on a favorisé
38:22le contrôle
38:23sur la création.
38:25C'est-à-dire
38:26qu'à la place
38:26de laisser les gens tranquilles
38:27de faire ce qu'ils veulent,
38:28on a dit
38:29nous, on va vous contrôler.
38:30Et donc,
38:31vous avez maintenant
38:33une série de contrôles.
38:34Quand j'étais
38:35au conseil d'administration
38:36de ce corps,
38:37qui est une grande boîte
38:37de réassurance,
38:39au début,
38:40c'était très intéressant
38:41parce qu'on allait faire
38:42une OPA sur celui-là,
38:43c'était marrant.
38:44Et à la fin,
38:46le ministère des Finances
38:47avait sorti
38:48un livre
38:48de ce que pouvait
38:49ou ne pouvait pas faire
38:50que ce corps.
38:52C'est-à-dire
38:52qu'on avait bâti
38:53toutes les hypothèses
38:54et en disant ça,
38:55vous pouvez le faire,
38:55ça vous pouvez le faire,
38:56ça vous pouvez le faire.
38:57Un type comme
38:58le président de Scorre
38:59à l'époque,
38:59qui était un des types
39:00très éminents,
39:01que j'aimais beaucoup,
39:02vraiment un type très fort,
39:04si vous voulez,
39:05vous n'avez pas
39:05à le contraindre
39:06avec des petits crétins
39:07qui sont sortis de l'ENA
39:08la semaine dernière.
39:09Je veux dire,
39:10foutez la paix aux gens.
39:12Comme le disait
39:13mon professeur d'économie
39:14à Toulouse en 1961,
39:17il n'y a que deux systèmes économiques.
39:18C'est ou la main invisible
39:20d'Adam Smith,
39:21vous savez,
39:21le système s'arrange,
39:22se démerde,
39:23etc.,
39:23ça se marche.
39:24Ou le grand coup de pied
39:25dans le derrière de Staline.
39:26Mais il n'y a rien
39:27entre les deux.
39:27L'idée que vous allez avoir
39:29un contrôle qui sera gentil
39:30et compétent,
39:32c'est idiot.
39:33Donc vous êtes quand même
39:33pour une déconcentration,
39:35décentralisation.
39:35Je suis pour qu'on rende
39:36la liberté aux gens
39:37dans tous les domaines.
39:38Merci Jean-Pierre
39:39pour votre témoignage.
39:41Merci à vous.
39:42Merci et bonne journée
39:44à Charles Gave.
39:45Charles Gave,
39:46avant qu'on se sépare,
39:46on va revenir à l'actualité,
39:47les Etats-Unis,
39:49Donald Trump.
39:49Donald Trump,
39:50c'est quand même
39:50un phénomène politique.
39:52On va dire qu'il a échoué
39:54politiquement
39:55sur sa politique internationale,
39:57ce qui lui coûte
39:57peut-être aujourd'hui
39:58ses élections
39:59au Sénat
40:00et à la Chambre des représentants.
40:01En termes d'économie,
40:03est-ce qu'il a créé
40:03des richesses ?
40:04Est-ce que ce libéralisme-là,
40:06l'américaine,
40:07c'est un grand patron ?
40:09Je vais vous expliquer.
40:11Il y a quelque chose
40:12que les Français comprennent mal
40:13sur les Etats-Unis,
40:15c'est leur acceptation
40:16de l'échec.
40:17Je veux dire par là,
40:18moi je suis un homme d'affaires,
40:20je me suis cassé la gueule
40:21et tout.
40:22Et aux Etats-Unis,
40:23vous vous cassez la gueule
40:24et les gens vous disent
40:25t'inquiète pas mon grand,
40:27si t'as un autre projet,
40:28viens me voir,
40:29je te filerai du pognon.
40:30Donc ce qui est stupéfiant
40:31dans un type comme Steve Jobs,
40:32qui était le patron
40:33et caractère d'Apple,
40:35ce n'est pas les succès
40:35qu'il a eus,
40:36qui ont été monstrueux,
40:36c'est le nombre de fois
40:37où il s'est ramassé,
40:38mais alors où il a ruiné
40:40tout le monde.
40:42Donc, aux Etats-Unis,
40:43vous échouez,
40:45c'est pas grave.
40:46On se relève.
40:47On vous aide à vous relever,
40:48Non, non, mais c'est pas grave,
40:49ce qu'il faut,
40:49c'est que tu continues surtout.
40:51En France, vous échouez,
40:52vous êtes barré à la Banque de France,
40:53vous êtes fini, c'est terminé,
40:54vous pouvez prendre votre 13,
40:55c'est terminé.
40:57Donc, ce que je disais
40:58à une petite fille
40:59qui skie avec moi
41:00quand je skie il y a quelques années,
41:02elle a skié avec notre moniteur là
41:03et elle était toute fière,
41:04elle n'était pas tombée une fois
41:05pendant la journée.
41:06Je lui avais dit,
41:06t'as rien appris.
41:07Parce que si tu t'es pas cassé la gueule,
41:09c'est que t'as jamais été
41:10au bout de tes limites.
41:11Donc, ce qu'il y a d'admirable
41:13aux Etats-Unis,
41:13c'est cette acceptation
41:15de l'échec
41:16par la population en général.
41:17Donc, la sagesse,
41:18on la tire au nombre d'échecs
41:20que l'on a subis,
41:21mais en France,
41:21on devrait être très très sage
41:22et très intelligent alors.
41:24Non, vous remarquerez
41:25que tous les gars
41:26qui nous ont amenés
41:26dans un échec,
41:27dans cet échec
41:27dans lequel on vit aujourd'hui,
41:28il n'y en a pas un
41:29qui a été sanctionné.
41:30Ils sont toujours promus.
41:31Regardez Mme Lagarde
41:32qui a été d'échec en échec
41:34dans toutes ses positions,
41:34c'est la prochaine candidate.
41:35Et c'est pas tout, Charles Gave.
41:36Ils prétendent nous sortir
41:38du merdier dans lequel
41:38ils nous ont mis.
41:39Les mêmes qui nous ont plantés.
41:40C'est ce que disait Einstein.
41:42Ne comptez pas sur ceux
41:43qui vont se foutre dans le merdier
41:44pour vous en sortir.
41:45C'est une erreur intellectuelle.
41:46Très belle conclusion.
41:47Merci Charles Gave
41:48d'être arrêté pendant une heure
41:49pour parler de votre livre
41:51« L'étrange faillite.
41:52Comment ruiner un pays
41:53en prétendant le sauver ».
41:54On est en pleine dent
41:55aux éditions « Idées en liberté ».
41:57On va également remercier
41:58Philippe Charles,
41:59ingénieur et expert
42:00en questions énergétiques
42:01et auteur de
42:02« L'écocapitalisme durable »
42:04aux éditions Hermann
42:05qui était avec nous
42:05un petit peu plus tôt.
42:06Et puis, merci également
42:07à Younes Dufresne,
42:08porte-parole du syndicat
42:10« L'Union étudiante ».
42:11Restez avec nous
42:12puisqu'à suivre Brigitte Lay
42:13sur Sud Radio.