- il y a 7 heures
Mardi 20 octobre 2026, retrouvez Gilles Etcheberrigaray (Cofondateur, président et directeur des investissements, Elkano AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:01Générique
00:07...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition, ce midi, en l'absence d'avancée de la situation au Moyen-Orient,
00:31les cours du pétrole grimpent, le Brent progresse de un peu moins de 2%
00:35et évolue désormais sur le seuil de 111 dollars
00:38pendant que le WTI repasse les 100 dollars à des sommets depuis 5 mois
00:43pour garantir les ressources énergétiques de la France.
00:47Emmanuel Macron est actuellement en tournée dans le Golfe.
00:50Après des étapes au Koweït et aux Émirats arabes unis,
00:53le chef de l'État poursuit sa mission d'urgence.
00:55Aujourd'hui, alors que la situation franco-française reste évidemment sous haute surveillance
01:01après les manifestations de ce week-end, le CAC 40 poursuit sa chute.
01:05Aujourd'hui, l'indice parisien cède encore près de 1% à 7800 points au moment où on parle.
01:11Sur un an, le CAC 40 cède plus de 5%.
01:14Les taux français restent également sous surveillance.
01:18Le rendement français à 10 ans ne cesse de grimper et s'établit désormais au-delà de 4,95%.
01:24L'écart des taux avec l'Allemagne, le spread s'écarte encore un peu aujourd'hui
01:29et s'établit autour de 155 points de base à la mi-journée.
01:33Un mot rapide des autres marchés obligataires.
01:35Aux Etats-Unis, le rendement à 10 ans se stabilise autour de 5,10%.
01:40Le dollar est stable et l'euro-dollar toujours autour de 1,12%.
01:43Un mot aussi de la Hongrie.
01:46Le Premier ministre Peter Magyar a annoncé qu'il voulait faire passer le déficit à 4,9% du PIB
01:52en 2027
01:52puis sous la barre des 3% d'ici 2030.
01:56C'est un vrai test de crédibilité pour rejoindre l'euro,
01:59même s'il n'a donné aucune date précise.
02:02Enfin, un mot de la tech et de l'IA alors que la semaine s'annonce chargée.
02:06En termes de résultats d'entreprise, on attend Meta, Tesla mais aussi SpaceX ou encore Netflix.
02:11Le SOX, l'indice des semi-conducteurs, a connu vendredi sa huitième séance de baisse consécutive.
02:16Une aussi grande série baissière pour le SOX n'avait plus été jamais vue depuis 2008.
02:22Après un rebond des valeurs de la tech hier, les craintes sur le secteur ressurgissent aujourd'hui
02:27avec notamment l'IPO de Hélice.
02:30Les actions d'Hélice ont plongé lors de leur première cotation chutant jusqu'à 40%,
02:35terminant la journée avec une perte de plus de 30% en Corée du Sud.
02:40Les craintes des investisseurs quant au rythme de croissance et au coût de financement d'investissement massif
02:44semblent prendre le dessus.
02:46On suivra évidemment les équilibres sur ces valeurs de la tech et de l'intelligence artificielle aux Etats-Unis
02:53dans l'après-midi, mais les débattes de la tech et de l'Ian ne se sont pas arrêtées aux
02:58frontières américaines en Asie.
03:00Aussi, les marchés ont été chahutés.
03:03Enfin, un mot rapide de l'Indonésie face à la menace d'exclusion de l'indice MSCI.
03:07L'Indonésie tente par tous les moyens de stabiliser ses marchés financiers.
03:13Des mesures prises d'urgence pour freiner les ventes suite à un effondrement historique de 82 milliards de dollars en
03:21deux jours.
03:21Le marché a rebondi de 5% aujourd'hui.
03:35Un invite avec nous pour décrypter les enjeux de la séance, les tendances de la semaine.
03:41Gilles Etchéberi-Garay, vous êtes président d'Elcano Asset Management.
03:44Bonjour Gilles.
03:45Bonjour.
03:46Je vous propose de revenir sur ce prix du baril de Brent, par exemple.
03:51C'est le prix du pétrole au global qui repart à la hausse.
03:54Il s'était stabilisé entre 105 et 110 dollars sur les derniers jours.
03:58Gilles, le baril de Brent repasse au-dessus de 110 dollars, le WTI au-dessus de 100 dollars.
04:04Qu'est-ce que ça nous dit sur les marchés ?
04:06Déjà, il y avait eu une stabilisation.
04:08Pourquoi ?
04:09Parce qu'effectivement, au quotidien, on avait des échappatoires qui avaient été mis en place dans le Golfe,
04:15dans le fait qu'on avait des allers-retours, des pétroliers qui étaient payés pour faire des allers-retours entre
04:19Dubaï et Oman.
04:22Donc, on avait quand même à peu près 12-13 millions de dollars qui passaient.
04:25Ce n'était pas créé sur les toits, mais on avait à peu près 12 ou 13 millions de dollars
04:28de barils, pardon,
04:30de mise en barils qui passaient contre 20 millions de dollars, 20 millions de barils,
04:34qui passaient tous les jours.
04:36Donc, on avait mis en place des échappatoires ou des contournements assez efficaces
04:39qui avaient maintenu le prix du baril autour de 100 dollars.
04:43C'est un coût où on estime à 20-25 dollars, donc on avait à peu près 70 dollars plus
04:4625.
04:47Enfin, on trouvait à peu près le prix qu'on avait.
04:49Donc, effectivement, avec ces différents échappatoires qui fonctionnaient,
04:54il se trouve que, visiblement, les Américains sont un peu moins actifs depuis quelques semaines
04:58et les Iraniens, peut-être avec l'aide des Russes, sont un peu plus précis.
05:03Et donc, apparemment, ce week-end, ils auraient réussi à toucher un ou deux pétroliers qui faisaient ses allers-retours.
05:07Donc, c'est pour ça qu'on a un peu de stress sur le marché pétrolier.
05:10Après, je dirais qu'on a vu quand même quelque chose au mois de septembre-octobre.
05:14On avait une corrélation parfaite quasiment entre les taux dix ans et le marché pétrolier.
05:19On a vu que cette corrélation s'est arrêtée puisque les taux ont monté.
05:21En fait, le souci ou l'attention s'est portée sur autre chose dans le marché du pétrole.
05:26Pas tellement sur les stocks de bruts, même si ça commence à être un peu tendu.
05:30Sur le fait qu'effectivement, c'est les produits pétroliers, les produits raffinés.
05:34Donc, le diesel, par exemple.
05:35Diesel, fuel, kérosène, tout ça.
05:37En fait, effectivement, parce que le Golfe était devenu une puissance, je veux dire, de raffinage.
05:45Produits export du brut, mais exportés aussi des produits raffinés.
05:50Et effectivement, et même si Trump accuse l'Ukraine à travers les bombardements des usines russes,
05:56des raffineries russes, qu'il n'a pas amélioré les choses.
05:58Mais globalement, on commençait à sentir qu'effectivement, une tension plus importante sur les produits raffinés
06:02et donc une crainte inflationniste parce que c'est des produits qui, en fait,
06:06affusent toute la chaîne de production et l'agriculture.
06:09Donc, effectivement, le souci s'est un peu déplacé là-dessus.
06:12Bon, les raffineries qui restent, maintenant, tournent à plein.
06:15Donc, l'économie fait son œuvre, les prix élevés font leur œuvre.
06:18Et voilà, mais en tout cas, on avait eu, quelque part, la mise en place de ces mesures dans le
06:25Golfe
06:26avait permis, en fait, d'un peu déconnecter le prix du pétrole du marché
06:29et de se focaliser d'attention sur les produits raffinés.
06:32C'est une situation, Gilles, qui pèse évidemment, vous le disiez, des craintes inflationnistes
06:36qui pèsent sur les marchés, toujours, depuis des mois que ce conflit dure
06:41et qui pèsent, bien sûr, aussi sur ces marchés obligataires.
06:44Je rappelais en introduction les équilibres du jour.
06:46Bon, la France est un peu... Je mets la France un peu à part, évidemment,
06:50parce que c'est un pays qui a d'autres problèmes que les craintes inflationnistes.
06:55Mais, par exemple, si on parle des États-Unis ou des autres pays de la zone euro,
06:59vous nous aviez déjà parlé de ces équilibres obligataires il y a un mois et demi.
07:04Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire aujourd'hui ?
07:05Voilà. Donc, il y a un mois et demi, on était franchement favorables aux obligations
07:08et effectivement, sur des critères macroéconomiques.
07:12Je dirais que ça n'a pas vraiment changé.
07:14Et je dirais qu'en fait, ce qu'on n'avait pas vu, c'est qu'il y avait des
07:17structures,
07:17la structure de marché avait changé.
07:20En fait, pour nous, l'analyse de ce qui est passé et la brusque flambée obligataire de fin septembre,
07:27qui est déjà en partie revenu, il faut voir,
07:30n'est pas vraiment liée à la macroéconomie.
07:32On ne voit pas d'accélération inflationniste, comme on disait.
07:34On voit une croissance qui reste stable.
07:36Non, pour nous, c'est vraiment plutôt lié à la structure des marchés.
07:38On n'avait pas vu venir.
07:39C'est qu'en fait, les marchés ont fait une espèce de, je dirais, de crise de foie.
07:43Une crise de foie cet été, avec toutes ces émissions liées à l'AID.
07:47Parce qu'en fait, le trésor américain émet à trois ans et demi, il n'émet plus à long terme.
07:51Ce sont les Google, les Microsoft qui émettent à 30, 40 ans.
07:55Donc, les valeurs de la tech et de l'IA.
07:57Voilà, pour financer les data centers.
08:01Et effectivement, le marché a été un peu en situation d'indigestion
08:06et a été déstabilisé par deux choses.
08:09à mon sens.
08:10Un, la Fed, le principal coupable, c'est le changement de ton de la Fed.
08:14La première, on en avait parlé ici aussi, la première conférence de Warch,
08:18n'avait pas été terrible, était sous l'œil de Moscou, de Washington.
08:22Mais c'est peut-être la Maison Blanche de Moscou, en ce moment,
08:24ça a tendance à s'assembler un peu.
08:26Mais sous l'œil de Trump, on sentait qu'il n'était pas à l'aise.
08:31Vraiment la première mal reçue par les investisseurs.
08:35Déjà, Jacksonon, on avait eu un ton un peu plus martial.
08:37Oui, il avait remis l'inflation au cœur.
08:39Voilà.
08:40Et la première, fin septembre, là, clairement, on avait un changement.
08:44Et en fait, je pense qu'il y a vraiment ce changement de ton a surpris.
08:48Donc, on avait les marchés obligataires long terme,
08:49en particulier qui étaient un peu en face d'indigestion, de crise de foie.
08:53On a été surpris et derrière, se sont affolés.
08:55Il y a eu des crises, des problèmes techniques sur le 30 ans,
08:57sur le chip, il y a eu des problèmes techniques qui sont réglés en plus, créés en plus.
09:00Donc, voilà, on a eu vraiment un changement de ton de la Fed assez brutal,
09:04qui était un moment où les marchés étaient assez faibles,
09:07étaient en situation de faiblesse,
09:09avec un autre aspect qu'on savait qui arriverait, mais qu'on n'avait pas noté.
09:13Et la principale victime, en mon sens, ça a été la France de ce côté-là.
09:16C'est que depuis deux ans, on a une normalisation, je veux dire, silencieuse,
09:20qui sont les taux des japonais.
09:22Ça fait 20 ans que les taux étaient à zéro.
09:23Et là, on est à 3,5, 4.
09:24Et donc, on se disait un jour, les japonais, c'était des acheteurs obligataires depuis.
09:30Et là, en fait, pour moi, l'essentiel, enfin l'essentiel,
09:34une grosse partie du stress sur la dette française qu'on a connue,
09:38c'est parce que les japonais ont décidé d'arrêter,
09:40et de vendre, et de revenir au Japon, et de venir un peu sur l'Allemagne,
09:43c'est pour que l'Espagne s'écarte.
09:45Voilà, donc en fait, on a eu des caractéristiques.
09:47On a eu le changement de ton de la Fed a mis en exergue
09:53de changements techniques, je dirais fort,
09:55la disparition de la demande structurelle japonaise,
09:58et l'indigestion post...
10:03Et c'est pour ça qu'effectivement, on a eu un choc sur l'obligataire.
10:08Après, les coupons sont élevés.
10:09Déjà, un mois et demi après,
10:12notre fond est revenu sur les plus hauts.
10:14Je veux dire, les coupons jouent le rôle,
10:15on touche du 6%,
10:17donc ça fait quasiment 0,5 par mois.
10:19Donc ça fait au bout de deux mois, on vous a récupéré 1%.
10:21On avait perdu 2% en valeur.
10:25On a déjà récupéré quasiment la moitié.
10:27Donc il n'y a pas d'inquiétude.
10:28Et je dirais au contraire, par rapport à notre thèse macroéconomique,
10:31qui était que l'inflation énergétique ne se diffuse pas,
10:34et qu'on a plutôt un stress sur la croissance.
10:37Je dirais que la hausse des taux réels,
10:40parce que les entreprises inflationnistes,
10:42puisqu'on a une faite plus active,
10:43donc ça veut dire que c'est bon dans la lutte pour l'inflation.
10:46Ça veut dire que ce sont essentiellement les taux réels qui ont monté.
10:49Je dirais qu'on a même deux points positifs supplémentaires,
10:51par rapport à ce que j'ai dit en septembre,
10:53qui sont que, un, on a encore un meilleur rendement,
10:56puisqu'on est autour de 10 ans,
10:58bon, on n'est pas énorme,
10:59on est à 5, un peu en dessous de 5,
11:00on en a 5, 10,
11:01mais en tout cas, c'est toujours bon à prendre.
11:03Et après, la pression monte sur l'AI,
11:06non pas sur les meilleurs émetteurs,
11:09mais sur les émetteurs périchériques.
11:10On a vu Core Wave perdre 25% la semaine dernière,
11:13qui est donc un fabricant de data center un peu marginal,
11:16qui quasiment se finance intégralement à crédit.
11:18Vous avez Oracle, eu un gérant dont les CDS,
11:21on voit même les méta, même tout ça,
11:23les CDS, les crédits des fausses swap,
11:25donc ce qui mesure la solubilité ou les craintes sur la solubilité,
11:28c'est cartes progressivement.
11:28Donc on voit le stress monter sur l'AI,
11:31sur la construction,
11:32et surtout le financement de cette,
11:33je l'appelle bulle de data center,
11:34parce que, je veux dire,
11:35c'est pas un problème de l'AI,
11:35c'est surtout un problème de data center.
11:38Et donc, entre ça et les hésitations,
11:41enfin, les doutes,
11:42parce qu'on n'a toujours pas de chiffres vraiment clairs,
11:43sur la rentabilité,
11:45enfin, elle est nulle,
11:46mais en tout cas sur les chiffres d'affaires,
11:47l'évolution de chiffres d'affaires
11:48des grands laboratoires comme Anthropik et OpenAI,
11:52voilà, on commence à avoir des doutes
11:53sur la capacité à générer un trillion de dollars,
11:56et financer surtout,
11:57un trillion de dollars,
11:58bon, c'est ce que vous disiez tout à l'heure sur la Corée,
12:00de l'investissement dans les data center en 2027.
12:04La pression monte,
12:05et je dirais que quelque part,
12:06par rapport à notre thèse de septembre,
12:09sur l'intérêt aujourd'hui
12:10que les obligations gouvernementales présentent
12:13un meilleur couple risque-rendement que les actions,
12:17je veux dire, ça a encore renforcé.
12:17On a eu un choc négatif,
12:19mais qu'on a quasiment déjà absorbé,
12:21mais qui en plus, je veux dire,
12:22renforce cette thèse-là.
12:25On a, il nous reste 30 secondes
12:27pour évoquer très rapidement la France,
12:29que vous avez mentionné rapidement.
12:32Un mot sur cette situation franco-franco-française,
12:35peut-être sur ce disant français
12:37qui flirte maintenant avec les 5%.
12:38Oui. Alors je dirais que, moi, deux choses.
12:41Un, on a un timing impossible,
12:43c'est qu'on a la crise maintenant
12:44et la solution dans six mois.
12:45Et deux, la France, ce n'est pas la Grèce.
12:47Je veux dire, la France, je veux dire,
12:47c'est 5% de déficit budgétaire,
12:491% de déficit de compte courant.
12:50Je veux dire, l'essentiel du déficit budgétaire
12:52est d'épargner.
12:53Je veux dire, ça veut dire que là, justement,
12:55personne ne veut le faire,
12:56mais il n'est pas énorme,
12:57c'est 0,5 à 1%.
12:58Donc, je veux dire, quelque part,
12:59le problème politique aujourd'hui,
13:00c'est plus un problème politique timing,
13:02où la solution ne viendra que dans six mois
13:08c'est un peu long de six mois,
13:10mais je n'ai pas d'inquiétude particulière.
13:12On attendra de voir, effectivement,
13:14dans six mois, cette élection présidentielle
13:16qu'on attend tous.
13:17Gilles Etchébiri-Garay, merci beaucoup.
13:18Vous êtes président d'Elcano Asset Management.
13:21Merci d'avoir été avec nous ce midi.
13:24Merci à vous de nous avoir suivis.
13:26On se retrouve ce soir,
13:27en direct à 17h30 sur Bsmart.