00:01Générique
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
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00:18Vous nous retrouvez en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:22et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:27Au sommaire de cette édition, ce midi, les prix du pétrole repartent en net hausse aujourd'hui
00:33avec un baril de Brent qui progresse à nouveau de 4% et qui retrouve le seuil de 105 dollars
00:39pendant que son homologue américain, le WTI, repasse au-delà de 90 dollars pour le baril.
00:46Alors, quelle est la raison de cette remontée des prix ?
00:48En fait, tout ça vient d'un rapport qui casse une idée reçue.
00:52Tout le monde pensait que Donald Trump éviterait d'attaquer l'Iran avant les élections de mi-mandat dans un
00:58mois.
00:58Mais d'après le journal The Atlantic, la Maison-Blanche aurait demandé au Pentagone
01:04de préparer des frappes contre des cibles iraniennes à lancer avant le vote.
01:09C'est un vrai virage parce que Donald Trump semblait plutôt vouloir attendre et calmer le jeu jusqu'ici.
01:14En agissant ainsi, son but est peut-être d'essayer de faire baisser le prix de l'essence pour se
01:20mettre les électeurs dans la poche
01:22tout en poussant l'Iran à revenir négocier.
01:25On va revenir évidemment sur ces mid-terms dans un instant sur ce plateau
01:30avec notre correspondant américain Pierre-Yves Ducat qui nous expliquera d'ailleurs
01:34pourquoi les Républicains sont partis pour les perdre ces élections.
01:39Bref, ces nouvelles pressions sur les prix du pétrole provoquent une nouvelle vente massive d'actions.
01:44et surtout, surtout, une nouvelle vente massive d'obligations
01:48alors que les marchés obligataires restent sous haute surveillance à travers le monde
01:52et ce, depuis quelques semaines déjà.
01:55Dans le détail concernant les équilibres de ces taux mondiaux,
01:59le rendement américain à 10 ans repasse à 5,35% des niveaux plus jamais observés depuis 2002.
02:07Et le 30 ans américain se traite à 5,70%, même un peu au-dessus de ce seuil.
02:14Un mot également du côté du Japon où le rendement japonais à 10 ans a atteint hier,
02:19un plus haut jamais atteint, un plus haut historique à 3,12%.
02:22Ce matin, il se traite autour de 3,10%, donc toujours très proche de ces plus hauts.
02:30Côté britannique, enfin, les taux des obligations d'État à 30 ans
02:34grimpent sur un sommet inédit depuis 28 ans.
02:37En Europe maintenant, le rendement allemand à 10 ans évolue autour de 3,50%
02:42et le rendement français, de même, échéance grimpe encore aujourd'hui
02:45après une envolée de 15 points de base hier dans la journée.
02:50Le rendement français se traite désormais au-delà de 4,90% ce midi.
02:55C'est un niveau inédit depuis 2012.
02:57Et puis le spread franco-allemand tente de se stabiliser dans ce contexte
03:02de remontée générale des taux et s'établit autour de 140 points de base,
03:07comme hier, alors que le spread avait franchi les 150 et s'était même approché
03:12des 160 points de base.
03:14Il y a quelques jours, avec une dette record dépassant 119% du PIB
03:20et un déficit budgétaire persistant, la situation française, franco-française
03:25pèse lourdement sur les marchés et suscite donc de vives inquiétudes
03:29chez les investisseurs.
03:31Une situation de tension mondiale qui pèse sur les indices actions en Europe
03:35qui évolue tous en repli.
03:37Le CAC 40 cède encore un peu moins de 1% aujourd'hui à 7 700 points.
03:42L'indice parisien qui est clairement à la traîne cette année en repli de 4%.
03:47C'est le dernier indice européen.
03:50Enfin, un mot rapide du côté des valeurs à suivre.
03:53Samsung et TSMC affichent des résultats records portés par le boom
03:57de l'intelligence artificielle.
03:59Pourtant, leurs actions et celles de leurs fournisseurs baissent en bourse.
04:03Les investisseurs doutent de la soutenabilité de ces énormes investissements
04:07en intelligence artificielle rendus très coûteux par la hausse des taux.
04:15Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux à la mi-séance,
04:21les tendances de la semaine.
04:22Et puis le jeudi, c'est Focus Amérique avec Pierre-Yves Dugas,
04:26notre correspondant américain dans Smart Bourse.
04:29Bonjour Pierre-Yves.
04:31Pierre-Yves, je rappelais en introduction ces grands équilibres sur les marchés obligataires mondiaux.
04:37Alors nous, on va rester focus sur les États-Unis aujourd'hui.
04:42Et vous allez nous détailler justement les raisons multiples.
04:46Il y en a plusieurs des raisons pour cette envolée des rendements obligataires.
04:51Alors on vous écoute Pierre-Yves.
04:53Alors, fin août, vous rentrez de la plage, Pauline, le rendement du Thibonde est à 4,75.
05:02Aujourd'hui, 5,35.
05:04Qu'est-ce qui s'est passé pour chambouler à ce point le marché obligataire ?
05:10Sachant que par ailleurs, les marchés d'action se tiennent bien.
05:14Moi, je crois que la chose la plus surprenante, c'est la résilience de l'économie américaine.
05:22Qu'est-ce qui est intervenu depuis la fin du mois d'août ?
05:26Une révision spectaculaire et favorable de l'estimation de la croissance américaine au second trimestre.
05:31On passe de 1,5 à 2,2% en rythme annuel.
05:35On estime maintenant pour le troisième trimestre qui vient de s'achever que la croissance va être de 3 à
05:434% en rythme annuel.
05:45Ça n'était pas du tout anticipé parce qu'on était encore très influencé par le narratif catastrophiste
05:52de l'envolée des coûts de l'énergie qui déprime la consommation américaine
05:56et pas simplement le moral des Américains et de cette colère des Américains
06:01sur le prix de l'essence, sur le prix du carburant en général, sur le prix du crédit immobilier.
06:06L'évolution des rendements obligataires fait maintenant que si vous voulez une hypothèque à 30 ans,
06:12il faut payer 7% voire plus.
06:14Et bien malgré cela, l'économie américaine tient bon.
06:18Si on regarde le comportement de la consommation américaine depuis le début de l'année,
06:24en tenant compte de l'inflation, plus 2,6% dans une situation de plein emploi,
06:32voilà qui fait craindre, pour de bonnes raisons, j'ai envie de dire,
06:36c'est-à-dire parce que l'économie américaine se porte beaucoup mieux que prévue,
06:39voilà qui fait craindre une surchauffe inflationniste,
06:41et ça joue un rôle important dans cet envolée des rendements obligataires.
06:46Bien entendu, il y a forte corrélation entre l'évolution quotidienne des cours du pétrole
06:52et les rendements obligataires, mais pas toujours.
06:55De même qu'on s'est rendu compte en septembre
06:59que les chiffres moins mauvais prévus de l'inflation du mois d'août
07:03ne se sont pas traduits par une chute des rendements obligataires.
07:07En fait, je crois que cette force, qui à mon avis est fondamentale,
07:12allait-on, dont on n'a pas assez parlé, qui est la résilience de l'économie américaine,
07:16joue un rôle important dans ces rendements obligataires
07:21qui ne cessent de battre des records.
07:23Alors c'est vrai, ce que l'on appelle ici « higher for longer » est un vrai problème.
07:28Cette guerre en Iran dure, et les prix du pétrole, les prix des produits raffinés,
07:33les prix des engrais vont être plus élevés pour une période plus longue,
07:37ce qui augmente le risque d'inflation.
07:39Et puis il y a les autres facteurs, évidemment,
07:43qui pèsent sur le volume d'émissions obligataires.
07:47Un déficit budgétaire américain de 2 000 milliards de dollars,
07:515,8% du PIB, avec aucune évolution favorable en perspective pendant des mois.
07:57Le poids des intérêts maintenant pour les États-Unis
08:02en raison de l'explosion de leurs dettes, c'est 1 000 milliards de dollars qu'il faut trouver.
08:08Et on ajoute à cela ce que font les géants de l'intelligence artificielle,
08:12ou devrais-je dire de la super-intelligence,
08:16environ emprunter chaque année 300-350 milliards de dollars de plus
08:21qui se retrouvent sur le marché,
08:23de la part des metteurs qui ont un très bon rating,
08:26et qui sont en concurrence directe, donc,
08:28avec le rating le moins mauvais possible,
08:33qui est celui du trésor américain.
08:36Bon.
08:36L'autre sujet, Pierre-Yves, c'est évidemment ces élections de mi-mandat.
08:40C'est dans moins d'un mois.
08:42Et vous allez maintenant nous expliquer
08:43pourquoi les Républicains sont déjà peut-être en train de perdre cette élection, Pierre-Yves ?
08:49Vous savez que le vote a commencé dans un grand nombre d'États.
08:54En Californie, dans le Montana, dans le Nebraska, dans le Ohio,
08:58dans l'Indiana, au Nouveau-Mexique, par exemple, on vote déjà.
09:02En fait, les élections de mi-mandat ne sont pas le 3 novembre.
09:06En fait, le 3 novembre, c'est le dernier jour de l'élection.
09:08Il faut renouveler 435 sièges à la Chambre des représentants,
09:1335 sièges au Sénat, élire 36 gouverneurs,
09:17et des tas d'autres choses, nous en reparlerons.
09:20Donald Trump est moins populaire qu'il a été.
09:23Il est à 38%.
09:25Pour les Américains, c'est très bas.
09:28Je pense qu'Emmanuel Macron, ou M. Merz en Allemagne,
09:31ou M. Petrost-Sanz en Espagne seraient contents d'être à 38%.
09:35Les démocrates sont chauffés à blancs.
09:38En particulier, la gauche du Parti démocrate,
09:40qui compte sur une très forte mobilisation et un taux de participation élevé,
09:44alors que du côté républicain, la participation chez les MAGA s'annonce moins forte.
09:49Et ce différentiel de participation fait que les républicains sont sur le reculoir
09:54dans des États qui, d'habitude, sont largement acquis aux républicains.
09:59Au Texas, en Caroline du Sud, au Kansas, dans l'Ohio, dans l'Iowa.
10:07On voit que l'Amérique rurale souffre de l'explosion des coûts du carburant,
10:12souffre l'Amérique agricole des engrais qui sont devenus très chers,
10:16et que la colère des Américains, ou de certaines catégories d'Américains en tout cas,
10:24de l'invasion qu'on leur présentait d'immigrants venus du sud du Rio Grande,
10:32et cet élément-là n'est plus là pour mobiliser la droite du Parti républicain,
10:37ce qui fait craindre aux républicains des reculs et des pertes de sièges dans plusieurs de leurs fiefs.
10:44Alors attention, attention, les démocrates de leur côté vont profiter de la tendance, bien entendu,
10:51mais peuvent perdre des sièges parce qu'ils ont, au cours de leur primaire,
10:55eu une tendance à sélectionner des candidats qui sont très à gauche,
10:59et on voit que dans le Michigan, par exemple,
11:01M. Abdul El-Sayed, qui est très anti-israélien,
11:06pourrait avoir des difficultés à battre le candidat républicain.
11:15– Ah, je crois qu'on a un petit problème de…
11:18– Pierre-Yves, ça a coupé, ça a coupé, il y a juste quelques secondes,
11:24on n'a pas entendu la fin de votre phrase.
11:28Une dernière question, il nous reste une minute, vous l'avez rappelé,
11:34bon, les élections ne sont pas encore jouées en demi-mandat,
11:37même si on voit une certaine tendance à la perte des Républicains
11:41et que tous ces États qui ont déjà commencé à voter, vous le rappeliez,
11:46est-ce que cette mesure de donner 5 000 dollars aux Américains
11:51tient toujours de la part de Donald Trump, Pierre-Yves ?
11:55– Non, non, ça n'a pas de sens, le président ne peut pas le faire unilatéralement,
12:00il faut un acte du Congrès, c'est un espèce de gimmick.
12:04L'enjeu essentiel de cette élection, c'est est-ce que les Républicains
12:07vont garder leur courte majorité au Sénat ?
12:11Il n'est pas… il est possible qu'ils la perdent,
12:15il est possible que de justesse ils la préservent,
12:18rien n'est encore joué, mais le fait qu'au Texas, par exemple,
12:22James Talarico, le candidat démocrate, soit maintenant à égalité
12:26avec Ken Paxton, est de très mauvais augure pour les Républicains au Sénat.
12:32– Bon, réponse donc le 3 novembre, Pierre-Yves,
12:35Pierre-Yves Dugas, vous êtes notre correspondant américain,
12:38merci beaucoup de nous avoir accompagnés ce midi sur ce plateau
12:42pour traiter de ces deux sujets hyper chauds d'actualité,
12:46merci Pierre-Yves et merci à vous de nous avoir suivis,
12:49on se retrouve ce soir en direct à 17h30 sur Bismarck.
12:53– Sous-titrage Société Radio-Canada
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