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  • il y a 6 heures
Lundi 5 octobre 2026, retrouvez Véronique Riches-Flores (Présidente, RF Research) et Pierre-Olivier Beffy (Gérant et chef économiste, Boussard et Gavaudan) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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00:07Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne pour rester à l'écoute des marchés chaque jour.
00:12Vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:16Vous pouvez nous retrouver en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:20et vous pouvez également nous retrouver en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute
00:25préférées au sommaire de cette édition.
00:27Donc ce soir au Brésil, le premier tour de l'élection présidentielle a déjoué tous les pronostics
00:33alors que les sondages donnaient Lula favori.
00:36C'est finalement le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président,
00:40qui s'impose avec plus de 47% des suffrages contre 45% pour Lula.
00:46Un résultat inattendu qui annonce un duel au sommet lors du second tour prévu le 25 octobre prochain.
00:53Les réactions de marché sont assez violentes, à commencer par les indices actions brésiliens.
00:58Le Bovespa s'envole de près de 9% à l'ouverture.
01:03Dans les valeurs en forte hausse au Brésil, il y a Petrobras qui bondit de 25%
01:08et la banque Itaú qui s'envole de quelques 30%
01:11parce que s'il est élu, le fils Bolsonaro est jugé meilleur pour les marchés
01:16et son gouvernement serait calqué globalement sur celui de son père.
01:20Dans les autres réactions à noter, celle de la devise brésilienne,
01:24le réel qui s'est tout simplement envolé de plus de 5%
01:28et qui est en tête des devises mondiales d'ailleurs.
01:31Ce qui n'est pas du tout le cas de l'euro qui trébuche de son côté face aux grandes
01:35devises
01:35et notamment face au dollar et atteint son plus bas niveau depuis mai 2025, depuis 17 mois.
01:42Alors que la crise budgétaire s'aggrave en France
01:44et qu'on s'attend à des nouveaux remous politiques dans la région.
01:48Tout ça a bien secoué les marchés européens
01:51et l'euro a perdu jusqu'à 0,8%
01:54et s'est retrouvé à 1,1160 contre dollars.
01:59Ça a baissé justement au moment où le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez,
02:02a annoncé des élections anticipées pour le 29 novembre.
02:06Forcément tout ça rajoute une couche de stress sur des marchés déjà bien secoués
02:11par la dette française mais aussi par celle d'autres pays.
02:14fragiles et endettés comme l'Italie par exemple ou encore la Belgique.
02:18Justement sur ce cas français, l'inquiétude grandit.
02:21On le disait, le rendement français à 10 ans continue de se tendre et flirte
02:25avec ce seuil de 5%.
02:27Il est à 4,85, 4,90% au moment où on parle
02:32et l'écart donc entre les rendements français et allemands.
02:35Le spread s'établit à plus de 150 points de base.
02:39Discussion à suivre sur ce plateau avec nos invités dans un instant
02:43et puis pendant ce temps-là, le CAC 40 est le seul indice européen
02:47à être en repli depuis le début de l'année.
02:50L'indice parisien qui cède encore 1% ce soir environ
02:53et évolue désormais autour de 7800 points pénalisés
02:57par la lourde chute de Schneider Electric qui perd 10%.
03:01Schneider frappe un grand coup et réalise la plus grosse acquisition
03:04de toute son histoire.
03:06Le français rachète l'américain PTC entièrement en numéraire.
03:10C'est un spécialiste des logiciels industriels.
03:14La somme astronomique de cette acquisition, 22,6 milliards de dollars.
03:19Ça fait plus de 20 milliards d'euros.
03:21L'objectif de Schneider accélérer massivement dans le numérique
03:24et dans l'intelligence artificielle.
03:26Sur le papier, c'est un projet très ambitieux.
03:29Le groupe vise 250 millions d'euros d'économies, de coûts
03:33et près de 800 millions d'euros de synergies, de chiffres d'affaires.
03:37Mais bon, accueil glacial sur les marchés.
03:40Les investisseurs tordent un peu du nez face au prix fort payé.
03:43Une prime de plus de 40% par rapport au dernier cours de clôture de PTC
03:49et au niveau d'endettement nécessaire pour boucler ce deal.
03:52Affaire à suivre donc d'ici la clôture de la transaction prévue pour mi-2027.
03:59Enfin, PTC lui s'envole de 30%, 35% en bourse aujourd'hui.
04:14Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète.
04:17Marché, Pierre-Olivier Béfi, gérant et chef économiste de Boussard et Gavodan.
04:21Bonsoir Pierre-Olivier.
04:22Et avec nous en distance, Véronique Riche-Flores, présidente de RF Research.
04:27Bonsoir Véronique.
04:29Bonsoir Pauline, bonsoir Pierre-Olivier.
04:32Eh bien, commençons Pierre-Olivier avec peut-être cette situation au Brésil.
04:37Je rappelais les équilibres sur les marchés dans mon introduction.
04:41Des réactions de marché qui sont assez violentes.
04:45Globalement, c'est une surprise électorale pour ce premier tour
04:48avec l'avancée de Flavio Bolsonaro par rapport à son concurrent.
04:54Peut-être un mot de ses réactions de marché, des marchés actions et puis de la devise.
04:58Plus 5%, ce n'est pas anodin, Pierre-Olivier.
05:01Oui, alors je pense qu'il y a plusieurs choses.
05:03La première, en effet, c'était quand même une grosse surprise parce qu'il y avait assez peu de sondages
05:06qui donnaient Bolsonaro vainqueur.
05:08Le consensus de marché, c'était plutôt que Lula allait être élu d'ici à la fin de l'année.
05:13Donc là, c'est plutôt, le marché le voit très positivement.
05:16Je pense qu'il le voit très positivement pour la raison suivante.
05:18C'est qu'au Brésil, il y a quand même des déficits jumeaux, un déficit budgétaire important et donc aussi
05:24un déficit de balance courante.
05:26Et puis, en même temps, la Banque centrale offre des taux extrêmement élevés pour soutenir la devise et éviter qu
05:34'il y ait trop d'inflation dans le système.
05:35Donc voilà, si on arrive à un meilleur équilibre où il y a moins de déficits et aussi des taux
05:40qui refluent, ça va être assez positif pour l'économie brésilienne.
05:43Donc c'est un peu ce qu'essaie de jouer le marché.
05:45Après, moi, à titre personnel, ayant été au Brésil plusieurs fois récemment, je pense qu'il faut faire attention à
05:52ce que Flavio Dorsenaro, il va peut-être passer plus d'énergie à vouloir libérer son père,
05:57en tout cas faire en sorte qu'il ait moins de déboires judiciaires que de se concentrer sur l'économie.
06:01Donc il y a quand même un peu des risques là-dessus, mais c'est vrai que la balance, le
06:05marché aime quand même les candidats plus libéraux, plus orientés marché, réduction du déficit, etc.
06:11Bon, réponse dans 20 jours. Là, on rappelle, c'est que le premier tour, donc pour l'instant, il n
06:17'est pas encore au pouvoir, Flavio Bolsonaro.
06:20Véronique, vos commentaires sur ces mouvements de marché et ces réactions à l'avance du fils Bolsonaro pour ces élections
06:29?
06:31Oui, on voit que les marchés ne perdent pas de temps, effectivement, parce qu'il y a quand même un
06:34deuxième tour.
06:36Mais ce qui est certain, c'est que le marché brésilien était déjà dans une phase haussière ces derniers mois,
06:42même un petit peu plus.
06:43Et finalement, on a l'impression que ces investisseurs étaient quand même sur les starting blocks.
06:47Alors, il y avait les élections qui les freinaient un petit peu.
06:51Et du coup, ces élections, en tout cas, le premier tour va plutôt dans un sens, effectivement, market-friendly,
06:56qui est clairement payé et rémunéré par les investisseurs.
07:02Alors, pourquoi ?
07:04Bon, il y a des effets, peut-être, effectivement, un peu plus de confiance à l'égard des grands déséquilibres.
07:10Je pense que la raison fondamentale, c'est plutôt le libéralisme qu'incarne Bolsonaro, fils, à l'instar de son
07:18père,
07:19en particulier en matière énergétique, probablement, effectivement, parce qu'on est, on le sait, dans un monde à court de
07:25ressources naturelles.
07:28Le Brésil en a beaucoup, à court potentiellement de pétrole également.
07:33Le Brésil en a également un peu plus qu'avant, d'ailleurs.
07:38Et incontestablement, Bolsonaro va lâcher les, probablement, enfin, en tout cas, s'il est élu,
07:44lâcher les contraintes qui peuvent régner sur ce secteur des matières premières, de l'énergie, etc.
07:51La crainte qu'on peut avoir, alors, il y en a de deux types.
07:54Je dirais, elle est d'abord environnementale, avec, effectivement, on voit un pays qui a beaucoup de mal à maintenir
08:01un équilibre environnemental,
08:02et notamment à l'égard de la première ressource planétaire en oxygène, qui est la forêt amazonienne.
08:09Et puis, l'autre élément, il est plus géopolitique.
08:13C'est, maintenant, c'est le dernier maillon de l'Amérique latine, gros maillon, que le Brésil,
08:19qui pouvait faire un petit peu résistance face à Trump.
08:22Ça semble, ce dernier maillon est en train de sauter vraisemblablement,
08:27ce qui pose énormément de questions quant à l'avenir géopolitique,
08:32à l'influence que peut avoir Donald Trump sur toute la région, maintenant.
08:35Avec des grands pays, effectivement, plutôt du bord Trump qu'autre chose.
08:40Oui, le Brésil, c'est le plus grand pays d'Amérique latine, Véronique, vous l'avez rappelé.
08:44Donc, forcément, on va rester attentif à tout ça.
08:48Et puis, un autre pays qui va voir ses élections arriver, c'est en France, bien sûr.
08:56Alors, on va parler des taux, des rendements français, du spread franco-allemand aussi à 150 points de base.
09:05Pierre-Olivier, l'endettement français franchit quand même un nouveau cap historique.
09:09C'est du jamais vu depuis 1946, 3600 milliards de dollars pour la dette, soit 119% du PIB.
09:18Est-ce que cette dette est soutenable ?
09:21Et on voit bien la frilosité des investisseurs sur les rendements, par exemple, à 10 ans français,
09:274,90% et le spread qui s'écarte avec l'Allemagne.
09:32Oui, moi, je dirais que d'un point de vue fondamental, aujourd'hui,
09:36avec les équilibres budgétaires actuels, elle n'est pas soutenable, évidemment.
09:40Donc, il faut, il y aura, tout le monde sait, enfin, je pense que c'est une autorité publique,
09:44il faudra à peu près 150 milliards d'ajustements budgétaires dans les années qui viennent.
09:48Voilà, après, justement, elle peut devenir soutenable assez rapidement si on fait ces ajustements.
09:53Donc, aujourd'hui, c'est vraiment un problème d'un déficit primaire trop important.
09:58Par rapport aux autres pays de la zone euro, c'est ça qui nous caractérise.
10:00C'est-à-dire qu'on a un déficit primaire hors charge de la dette qui est assez important.
10:04Et après, on subit, comme tous les autres pays de la zone euro,
10:06la hausse des taux qui augmente la charge d'intérêt de la dette
10:09et qui, elle-même, est augmentée par la quantité de dette que vous avez souligné,
10:14qui est assez importante.
10:16Donc, voilà.
10:17Après, bon, moi, je dirais que fondamentalement,
10:20je pense qu'il n'y a pas de problème de soutenabilité à long terme.
10:24Il y a des efforts à faire, ça, c'est sûr,
10:28mais ils ne sont pas non plus complètement irréalisables.
10:29On ne pourra pas les réaliser en un jour, sans doute,
10:31mais on a déjà vu des ajustements budgétaires se faire dans le temps
10:35pour résoudre ces problèmes fiscaux.
10:37Moi, je pense que le point qui est important
10:39et qui pèse aujourd'hui sur les spreads,
10:43c'est surtout, un, d'abord, il y a beaucoup d'incertitudes.
10:45Donc, on ne sait pas exactement comment les élections vont se passer,
10:48à quoi on va être mangé.
10:49Donc, voilà, si on a quelqu'un qui est élu et qui fait des réformes,
10:53ça peut être très, très positif.
10:56La deuxième chose aussi, c'est qu'on a une prime, je dirais,
11:01actuellement, je ne dirais pas de liquidité,
11:04parce que justement, on n'est pas dans un scénario à la grecque,
11:06je ne pense pas qu'il y ait de problème pour les adjudications, etc.
11:09Mais il y a quand même une prime momentanée de se dire
11:11qu'il n'y a aucun effort budgétaire qui est fait pour l'instant
11:13et donc que ça doit se dégrader un peu plus.
11:15Moi, je pense que le point d'équilibre du spread,
11:16il est toujours entre 50 et 80 avec l'Allemagne.
11:19Bon, si on est à 150, je pense qu'on devrait stabiliser
11:21dans ces eaux-là aujourd'hui.
11:23On pourrait rester à un spread aussi élevé, entre guillemets, selon vous ?
11:26Voilà, le problème, c'est qu'on ne manque de catalyseurs avant les élections.
11:29Voilà, on sait qu'on aura le budget.
11:31On peut avoir une bonne nouvelle sur le budget
11:32qui peut faire refluer un peu les taux.
11:35Moi, je pense d'ailleurs que le budget,
11:37ça va être compliqué, notamment pour certains partis politiques
11:41qui peuvent avoir le vent en poupe,
11:43de dire qu'ils sont contre ce budget,
11:44de créer un effondrement du gouvernement
11:47quelques mois avant les présidentielles,
11:49sachant qu'en plus, si on fait des élections législatives très tôt,
11:51on ne pourra plus en faire aux présidentielles, ça va être...
11:53Donc, je pense qu'il y aura quand même un budget qui va passer
11:57et qui ne sera peut-être pas extraordinaire,
12:00mais en tout cas, qui va limiter la casse, on va dire ça comme ça.
12:02Oui, sur Véronique, vos commentaires sur la France
12:05et puis surtout sur ce spread.
12:07Alors, j'y reviens, 150 points de base.
12:10Est-ce que, selon vous, la BCE,
12:12elle pourrait intervenir avec les outils qu'elle a à sa disposition, Véronique ?
12:21Intervenir, compte tenu des outils qu'elle a,
12:23que vous avez mentionnés justement,
12:25normalement, l'utilisation de ces outils est conditionnée
12:28au respect d'une feuille de route.
12:30Or, nous n'avons pas de feuille de route.
12:33C'est bien tout le sujet, pas une bonne partie du sujet.
12:37Et une feuille de route qui, bien évidemment,
12:39cadre avec les impératifs budgétaires
12:41ou les engagements budgétaires européens.
12:43Donc, c'est assez difficile de considérer
12:46que la BCE puisse intervenir.
12:48On ne voit pas trop, d'ailleurs.
12:49Et ça paraîtrait complètement disproportionné
12:52par rapport à ce qu'elle n'a pas fait,
12:53par exemple, par le passé, à l'égard d'autres pays.
12:58Maintenant, il y a quand même quelque chose
13:00qui me gêne énormément dans ce débat,
13:02ou dans le débat de ces dernières semaines.
13:07Finalement, depuis quand la problématique
13:10de la dette a ressurgi ?
13:11Bien évidemment, la montée généralisée des taux d'intérêt
13:13a un pacte plus particulièrement
13:16les pays les plus endettés, les plus mal lotis.
13:19Mais c'est surtout, finalement,
13:21depuis qu'on a eu des révisions sur la croissance,
13:24l'estimation de la croissance européenne,
13:25le premier trimestre,
13:27le deuxième trimestre extrêmement mauvais également,
13:29et finalement, on a un niveau de déficit
13:32qui est soutenable, sous réserve,
13:34qu'on ait un minimum de croissance.
13:37Et le minimum de croissance qu'on avait dans les tuyaux
13:39semble quand même passer à avoir disparu,
13:43avec des perspectives qui sont endommagées
13:45par la simple absence de visibilité sur le budget,
13:49et les discussions et les élections qui sont en cours.
13:53Donc ça finit par faire beaucoup, effectivement.
13:55Et je dirais qu'on a des politiques
13:58qui discutent beaucoup des ajustements à faire
14:01sur la retraite, revalorisation, non-revalorisation,
14:04etc., mais qui parlent très peu de croissance.
14:07Et je pense qu'à l'évidence,
14:09si on n'est pas capable d'avoir des idées
14:14pour soutenir notre croissance économique,
14:16alors on risque de le payer cher,
14:18surtout dans un climat social et politique délétère.
14:21Donc, voilà, je pense que...
14:25Je partage l'idée qu'au point de départ,
14:29la dette française est soutenable.
14:31Néanmoins, vu l'évolution du contexte
14:35et les risques, effectivement,
14:37d'énormes déceptions,
14:39il ne faut pas oublier qu'on a eu également
14:40une inflation beaucoup plus faible
14:41que les autres pays,
14:43ce qui n'aide pas quand on est sur-endetté.
14:45C'est tout le contraire.
14:47Et donc, finalement, on est vraiment
14:48coincé, pris en étau,
14:52un petit peu de tous les côtés,
14:53avec une absence de vision politique
14:56qui, quand même, est absolument sidérante.
14:59C'est-à-dire que si on ne peut pas promettre,
15:00effectivement, une stratégie de croissance,
15:04je ne parle même pas de souveraineté, etc.,
15:06moi, je crois qu'on avait déjà évoqué avec vous,
15:09d'ailleurs, je trouve complètement illogique
15:11qu'on n'aborde pas la question
15:13de la manne énergétique.
15:15A priori, le nucléaire est là,
15:17la France en est suffisamment fière,
15:20on peut être pour ou contre,
15:22mais de toute façon, on l'a.
15:24Et au lieu d'augmenter les prix d'électricité,
15:26j'aurais trouvé assez judicieux
15:28de les baisser ou au moins de ne pas les augmenter
15:30pour absorber une partie du choc pétrolier.
15:32Vous voyez, il y a quand même des recettes
15:34qui me semblent totalement laissées de côté.
15:37Alors, il y a des raisons, bien évidemment, budgétaires.
15:41Mais je pense qu'il faudrait prendre le problème
15:44quand même à l'inverse.
15:45D'abord, retrouver des marges de croissance
15:46pour équilibrer notre budget
15:49de manière moins douloureuse
15:51pour la croissance,
15:52pour l'équilibre social et politique.
15:55et, in fine, pour la dette à plus long terme.
15:59Il y a d'autres pays de la zone euro
16:01qui ont aussi ce risque politique.
16:03Et d'ailleurs, on va en parler justement
16:06avec cet euro qui a perdu près de 1%
16:10face au dollar, Pierre-Olivier.
16:12Est-ce que c'est une nouvelle prime de risque
16:14pour la zone euro ?
16:16Sachant qu'il y a d'autres pays...
16:18Alors, ce n'est pas les mêmes situations,
16:19effectivement, ce n'est pas les mêmes histoires,
16:21mais on attend des élections en Italie.
16:24Il y a, je le rappelais en intro,
16:26l'Espagne également.
16:28Et puis l'Allemagne avec l'AFD.
16:30Et évidemment, en France.
16:32Alors, est-ce que c'est une nouvelle prime de risque,
16:33selon vous ?
16:34Est-ce que la situation se répand un peu
16:36à toute la zone euro ?
16:38On voit qu'il y a une certaine corrélation maintenant
16:39entre l'esprit de ces pays avec la France.
16:42Donc, il y a sans doute un peu de contagion.
16:45Mais je dirais que...
16:47Enfin, il y a aussi...
16:50Enfin, d'abord, tous ces pays, pour le coup,
16:51ont fait des ajustements budgétaires.
16:53Donc, ils sont déjà, au départ,
16:55en meilleure situation.
16:56Que nous.
16:56Que la France.
16:58Après, encore une fois, je pense que pour la France,
17:00il y a des efforts à faire.
17:01Ce n'est pas impossible.
17:02Il faudra bien les faire un moment.
17:03Surtout s'il y a un gain politique
17:05après avoir une baisse des taux,
17:07à avoir une baisse du coût du capital en France.
17:09Je pense que, quel que soit le gouvernement au pouvoir,
17:12il peut quand même être incité à se dire
17:13« Bon, ben là, si je fais les bonnes réformes,
17:15ça va aller beaucoup mieux. »
17:17Donc, je pense que le marché donne la bonne incitation,
17:19en quelque sorte, en amont des élections.
17:21Après, sur l'euro même,
17:23il y a aussi un mécanisme un peu de défense naturelle
17:25qui est que, simplement,
17:27quand on a l'esprit de qui s'écarte,
17:29ça crée un resserrement des conditions financières.
17:31Et, en quelque sorte,
17:32ça fait à peu près le travail de la Banque centrale européenne
17:34où on estime à peu près qu'il y a 40 points de base
17:36de resserrement des conditions budgétaires
17:39à cause de l'écartement des spreads.
17:41Bon, ben, ça veut dire que la Banque centrale
17:43peut peut-être augmenter une fois de moins son taux.
17:46Et, en fait, c'est ce qu'on voit.
17:47Le marché est en train de dépricer
17:48les hausses de taux de la BCE.
17:49Ah, d'accord.
17:50Et donc, ça pèse aussi sur l'euro.
17:51Voilà.
17:51Donc, c'est un mécanisme de défense aussi un peu normal.
17:54Voilà.
17:55Après, je pense qu'encore une fois,
17:56moi, je pense qu'il ne faut pas être trop noir sur le tableau.
17:59On est quand même...
18:00Il y a beaucoup de choses qui sont pricées aujourd'hui
18:01dans le spread français.
18:03Il y a beaucoup de primes aussi sur la zone euro.
18:05Il y a des mécanismes, quand même,
18:07qui ont été mis en place au sein de la zone euro.
18:10Alors, c'est vrai que, par exemple,
18:11le TPI, typiquement,
18:13bon, il faut quand même, justement,
18:15que les pays ne soient pas sous des déficits de processus,
18:18enfin, procédures de déficit excessifs, etc.
18:20Mais on peut très bien imaginer que, par exemple,
18:21la BCE active, si vraiment ça devenait un peu désordonnée,
18:25active ce programme pour l'Espagne,
18:27pour tous les pays qui, justement, sont complètement sortis
18:29des programmes de déficit excessifs.
18:31Et puis, par ricochet, ça jouera aussi un peu sur la France aussi.
18:34Voilà.
18:34Donc, il y a quand même des outils.
18:36Et encore une fois,
18:37si la BCE monte un peu moins ses taux,
18:39c'est aussi quelque chose qui sera favorable.
18:41Encore une fois, si au niveau mondial aussi,
18:43on a un reflux des taux mondiaux,
18:46je pense que c'est aussi quelque chose
18:47qui sera favorable au spread français
18:48pour contracter un petit peu.
18:49Voilà.
18:49Il y a une autre banque centrale
18:51pour qui est dépricée la hausse d'octobre, Véronique.
18:54C'est évidemment la réserve fédérale américaine
18:58qui se réunira fin octobre, le 28,
19:00jour de la décision monétaire.
19:01On a pris connaissance la semaine dernière
19:03de deux indicateurs assez importants.
19:06Évidemment, le PCE, corps PCE, mercredi dernier.
19:09Et puis, ce rapport sur l'emploi américain
19:12qui était moins solide que prévu.
19:16Depuis la publication de ce rapport,
19:17les anticipations d'une hausse des taux de la fête
19:20sont passées de 80 à 20%, Véronique.
19:23Eh oui.
19:24Alors, le marché a bien compris finalement
19:27le fonctionnement de Kevin Walsh, je pense.
19:30Et ce que nous dit, ce qu'on comprend tous,
19:33c'est que Kevin Walsh est prêt à sauter
19:35sur la moindre nouvelle
19:36pour éviter de remonter les taux d'intérêt.
19:39Et la moindre nouvelle, donc, c'est le PCE,
19:42donc l'inflation, le déflateur des prêts
19:44à la consommation du mois d'août, quand même.
19:46Il faut le rappeler, alors que quasiment la plupart
19:49des pays sont en train de décortiquer
19:51les statistiques du mois de septembre
19:53qui sont absolument abominables, quand même,
19:56en tout cas pour des banques centrales
19:57qui ne veulent pas remonter les taux.
19:59On a eu aujourd'hui l'ISM américain
20:02qui montre effectivement une remontée
20:05des anticipations, enfin des perspectives
20:06de hausse des prix des entreprises.
20:09Là encore, on avait déjà la tendance,
20:11ça ne fait que s'accélérer.
20:12Et donc, moi, je ne suis pas sceptique
20:18sur la réaction des marchés.
20:20Elle est logique, parce que c'est ce que nous renvoie
20:22Kevin Walsh.
20:23En revanche, la contrepartie, c'est que,
20:26et on le voit aujourd'hui, à nouveau,
20:27les tensions sur la partie longue
20:29de la courbe des taux se réveillent.
20:31C'est-à-dire qu'on commençait,
20:33on avait peut-être le sentiment
20:34que les choses pouvaient se stabiliser
20:35à partir du moment où les marchés
20:38anticipaient une Fed plus agressive.
20:40et puis, la Fed, qui semble plus à même
20:44de sauter sur l'occasion d'éviter
20:46de remonter les taux, fait qu'elle déplace
20:48le problème sur la partie longue
20:50de la courbe des taux.
20:51Donc ça, ce n'est pas bon.
20:52Ce n'est pas bon, notamment pour les pays européens,
20:54par exemple, et la France en particulier.
20:56Et je pense qu'il est très important
20:58de rappeler, je suis complètement d'accord
21:00avec ce que vient de dire Pierre-Olivier,
21:02que la problématique de la dette française,
21:04elle peut très bien s'estomper,
21:07voire se dissiper significativement
21:10si jamais les prix du pétrole retombent
21:12et si les taux américains retombent.
21:15Et on voit bien qu'on n'a qu'une partie,
21:18une petite partie d'ailleurs,
21:19d'influence ou de marge de manœuvre
21:22par rapport à cette réalité
21:23des marchés des taux internationaux,
21:25dont beaucoup provient quand même
21:27de changements de gestion
21:28au sein, à la tête de la Fed.
21:31Oui, vous le disiez, sur les taux,
21:32là, on a vu cet après-midi, par exemple,
21:34le rendement américain à 10 ans repassait la barre
21:37de 5,30 %, alors que vous le rappeliez,
21:40Véronique, la tendance était plus
21:41à la stabilisation en fin de semaine dernière.
21:45Alors, Pierre-Olivier, vos commentaires
21:47sur cette réserve fédérale et Kevin Warch,
21:49est-ce que vous attendez tout de même
21:52une hausse des taux, peut-être pas en octobre,
21:54mais il restera la réunion du 9 décembre également ?
21:56Oui, je pense qu'en tout cas,
21:58le marché a l'air de vouloir fortement
21:59le princer dans cette direction.
22:01Pour l'instant, ça va être le scénario de tout le monde,
22:02on va dire ça comme ça.
22:03Bon, après, encore une fois,
22:04il y a plein de données qui peuvent arriver.
22:05Je suis assez d'accord avec Véronique aussi
22:07que les données de septembre et d'octobre
22:09risquent d'être un peu plus fortes
22:11que prévues au niveau de l'inflation.
22:12Donc, ça, c'est d'un point de vue tactique.
22:14Je ne pense pas que d'ici le mois de décembre,
22:17la Fed soit confortable en disant
22:19tout se passe bien, etc.
22:21Bon, évidemment, on a beaucoup d'événements binaires.
22:24En ce moment, le pétrole en fait partie,
22:25comme l'a aussi rappelé Véronique.
22:27Donc, si on a une bonne nouvelle sur Rambou,
22:29je pense que tout de suite,
22:29ça va quand même bien détendre les choses.
22:31Sachant que les taux ont beaucoup monté
22:32à cause de la hausse des taux réels aujourd'hui.
22:34Quand on regarde le marché,
22:35ce n'est pas trop les peurs d'inflation.
22:37Le marché, alors justement,
22:39ça veut dire en plus que si vraiment
22:40on a de l'inflation l'année prochaine,
22:41ce n'est pas du tout dans le marché aujourd'hui.
22:43Le marché est assez tranquille.
22:45On pense qu'il y aura un peu d'inflation transitoire,
22:47mais pour l'instant,
22:47il n'y a pas beaucoup de signaux
22:49d'inflation important.
22:50Donc, ça, je pense que c'est
22:52un point important à avoir en tête.
22:54Mais moi, l'autre point aussi
22:55qui me semble important à ce stade-là,
22:58c'est un peu comme pour la France.
23:00Je pense qu'on a atteint quand même
23:01un niveau de spread
23:02où il y a beaucoup de choses pricées.
23:04Je pense qu'aussi sur les taux américains,
23:06on atteint quand même un niveau
23:07où on commence à pricer beaucoup de choses.
23:08Parce que moi, ce que je vois,
23:10c'est que depuis deux, trois semaines,
23:11les spreads de crédit corporate
23:13sont en train de se tendre.
23:15On n'est pas à des niveaux catastrophiques,
23:16mais heureusement qu'on a eu
23:20une profitabilité exceptionnelle
23:21des entreprises américaines cette année.
23:23Parce que déjà, avec ces niveaux de spread,
23:25je pense que le marché,
23:26c'est déjà un peu plus bas.
23:27Donc, on voit qu'on arrive quand même
23:28au point où les taux commencent
23:30à poser un problème
23:33potentiellement sur l'économie.
23:35Donc, je pense que c'est quand même
23:36un point qui est assez sensible.
23:38Si les taux continuent de monter,
23:40je pense que ça va être compliqué
23:40pour que le marché à action tienne.
23:41Mais s'ils baissent,
23:43évidemment, on va retrouver
23:44des effets négatifs,
23:47des effets richesses négatifs
23:48aux États-Unis.
23:49On va retrouver une vraie flexibilité
23:51qui va aller dans l'autre sens
23:52de tout ce qui a soutenu l'économie
23:54et les marchés actuellement.
23:56Je pense que quand même,
23:57on peut aussi avoir un point là
23:58qui est un peu délicat
23:59et où le marché se dit
24:01qu'on ne va peut-être pas trop
24:03jouer davantage de hausse
24:04pour l'instant.
24:06Mais après, c'est vrai
24:07que s'ils sont perçus
24:09comme trop behind the curve,
24:10la fête, ça se poserait un problème.
24:11Mais encore une fois,
24:12il suffit que par rapport
24:12Mousse aille mieux.
24:13Oui, c'est ça.
24:14Et on sait a priori
24:15que normalement là,
24:16c'est toujours compliqué.
24:17On ne sait jamais qui croire.
24:18Mais enfin bon,
24:19on a l'impression
24:19qu'il y a autant de barils de pétrole
24:20qui sort maintenant
24:21qu'avant la guerre du Tronormousse.
24:22C'est ce que j'ai vu ce matin.
24:24Donc voilà.
24:25Si vraiment, malgré tout,
24:27il n'y a pas de résolution
24:28mais qu'à Hormuz,
24:29tout va bien,
24:29on sera tous contents.
24:30Je veux dire,
24:31les prix de l'énergie vont refluer.
24:32Parce que les effets de base
24:33vont être très négatifs
24:34à partir de mars l'année prochaine
24:36sur l'inflation.
24:37Donc je pense que voilà,
24:40il y a une fenêtre là
24:41où on peut arriver
24:42à un point de stabilisation aussi.
24:44Si on stabilise les taux
24:45là où ils sont,
24:46je pense que le marché action
24:46va beaucoup aussi aimer
24:47d'ici la fin de l'année.
24:48On suivra ça évidemment.
24:49Le point central,
24:51ça reste comme depuis des mois
24:52ce qui se passe au Moyen-Orient.
24:55Véronique,
24:55il nous reste trois minutes.
24:58Qu'est-ce qui vous anime
24:59sur cette fin d'année ?
25:01Alors on a déjà évoqué
25:02évidemment pas mal de sujets,
25:04Véronique.
25:04Est-ce qu'il y en a d'autres
25:05que vous regardez d'ici décembre
25:07et puis pour 2027 aussi ?
25:10Il y a pas mal de sujets.
25:12La difficulté,
25:13c'est de tirer
25:13les principaux traits.
25:15Je pense qu'il y a une question
25:16qu'a commencé à aborder Pierre-Olivier,
25:20c'est notamment pour les investisseurs.
25:21Est-ce qu'on est proche
25:22de la fin du cycle
25:23de hausse des taux à long terme ?
25:26Je pense qu'il y a pas mal d'arguments
25:28et notamment le fait
25:29qu'à partir de 5,550 sur 10 ans américains,
25:32on commence quand même
25:32à voir ou à envisager des effets.
25:36Mais il ne faut pas oublier
25:37qu'il y a toujours un décalage
25:38de deux à quatre trimestres
25:40entre la hausse des taux
25:41et ses impacts sur l'économie
25:44et les marchés.
25:46Et du coup,
25:47effectivement,
25:48on se dit que si Kevin Walsh
25:49ne s'y prend pas trop mal,
25:50mais je pense que
25:51pour s'y prendre pas trop mal,
25:52il faudrait qu'il remonte
25:53les taux directeurs
25:54et qu'il arrive à convaincre
25:56le marché qu'il n'est pas
25:57derrière la courbe,
25:59on n'est peut-être pas loin
26:00du point haut
26:00sur les taux à long terme américains.
26:03Ça, c'est une question
26:05qui est très importante
26:06parce que du point de vue
26:07des investisseurs,
26:08ça fait combien d'années
26:09que les investisseurs
26:10sont sortis des obligations d'État ?
26:12Ça fait longtemps.
26:13Et donc là,
26:14il y a des rendements
26:15qui commencent à devenir intéressants.
26:17L'autre question,
26:19bien sûr,
26:19c'est la croissance.
26:20Est-ce que le consensus
26:21a raison de considérer
26:23que grosso modo,
26:242027 va être
26:25dans la lignée de 2026 ?
26:27Personnellement,
26:28je ne m'en suis pas convaincue.
26:29Loin de là.
26:29Je pense qu'on a
26:31énormément de facteurs
26:32de déstabilisation
26:33et de risque
26:34d'avoir des déceptions
26:37dans un contexte
26:38où il n'est pas certain
26:39que l'inflation refluera.
26:40tout dépend finalement.
26:42Alors,
26:42il y a une autre question
26:43très importante.
26:44Est-ce que Donald Trump
26:45a les coudes
26:46aussi franches
26:46après les élections ?
26:47A priori,
26:48non.
26:48Et qu'est-ce que ça peut impliquer ?
26:50Ça, je pense que c'est
26:50un élément important,
26:52notamment en termes
26:52de réforme fiscale.
26:53Parce que vous pouvez
26:54très bien avoir
26:55un espèce de détricotage
26:57de la réforme fiscale
26:58et ça,
26:59ça peut être essentiel
27:00pour les marchés.
27:01Oui, c'est sûr.
27:02Les élections de mi-mandat,
27:03Véronique,
27:04qui sont dans moins
27:05d'un mois maintenant.
27:05Alors, on n'en parle
27:06pas trop encore,
27:07mais de toute façon,
27:09Donald Trump avait dit
27:10que la guerre au Moyen-Orient
27:12se sera terminée
27:13après ces élections.
27:14Donc, justement,
27:15tout concorde
27:17avec ce point central
27:18du détroit d'Harmouz.
27:19Merci beaucoup,
27:20Véronique Riche-Flores.
27:21Vous êtes président
27:22de RF Research.
27:23Et Pierre-Olivier Béfi,
27:24gérant et chef économiste
27:26chez Boussard et Gavodan.
27:27Merci à tous les deux
27:29d'avoir été sur ce plateau.
27:31À suivre,
27:33cette semaine,
27:35la saison des résultats
27:36va commencer
27:37avec la publication
27:38de Delta vendredi
27:40avant celle des banques
27:42américaines
27:42la semaine suivante.
27:44Et puis,
27:44on attend aussi
27:46cette semaine
27:47les minutes
27:47de la Réserve fédérale,
27:48justement,
27:49et puis aussi
27:49le compte-rendu
27:50de celle
27:51de la Banque centrale européenne
27:52sur les réunions
27:53passées au mois
27:55de septembre.
27:56Merci à vous
27:57de nous avoir suivis.
27:58On se retrouve demain
27:59à midi et demie
28:00sur Bsmart.
28:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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