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  • il y a 42 minutes
Vendredi 23 octobre 2026, retrouvez François Robinet (Managing Partner, AVP) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:01Générique
00:07...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute
00:25préférées au sommaire de cette édition.
00:27Ce midi, verdict imminent pour nos finances publiques.
00:32Ce soir, l'agence Moody's pourrait dégrader la note de la France de double A3 à A1.
00:37Une sanction qui semble malheureusement inévitable alors que sur les marchés,
00:42la tempête a déjà commencé dans un contexte de tensions politiques, budgétaires, économiques et aussi sociales.
00:49Le taux d'emprunt français à 10 ans a franchi cette semaine le seuil de 5%.
00:53Un seuil sur lequel il se maintient au moment où on parle 5,05%.
01:00C'est du jamais vu depuis 2002.
01:02L'écart avec l'Allemagne ne cesse de se creuser.
01:06Le fameux spread franco-allemand, plus de 55% de notre dette est détenue par des investisseurs hors France.
01:12C'est deux fois plus qu'aux Etats-Unis, quatre fois plus qu'au Japon.
01:16Avec un déficit au-delà de 5% et une dette à 120% du PIB, la France doit trouver
01:22plus de 700 milliards d'euros d'ici 2027.
01:26Alors la crédibilité de notre pays est-elle déjà dans le rouge ?
01:29Réponse ce soir avec la note de l'agence Moody's.
01:33Aujourd'hui le CAC 40 est encore dans le rouge et repasse autour de 7700 points, 7750 points à la
01:41mi-séance.
01:42Ce qui porte son repli à 3% sur la semaine et à 4% sur un mois.
01:48Dans un contexte de saison des résultats.
01:51Et d'ailleurs soulignons tout de même les bonnes nouvelles pour L'Oréal par exemple.
01:55Qui gagne 5% et qui fait état d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes.
02:00La croissance organique est solide, elle est portée par une dynamique robuste et un équilibre sain entre les volumes et
02:07les prix.
02:08C'est aussi une accélération globale contrairement à d'autres acteurs du secteur qui ralentissent nettement.
02:13La croissance de L'Oréal est tirée par l'ensemble de ses divisions.
02:18La division luxe et la dermatologie ont performé au-delà des attentes.
02:23Montrant que l'appétit pour les produits de beauté haut de gamme reste résilient.
02:26En revanche, Kering s'effondre de 15% après sa publication.
02:31La crise persiste.
02:33Le titre est évidemment encore et toujours plombé par Gucci.
02:37Des chiffres qui sont encore en baisse.
02:39Kering publie un chiffre d'affaires trimestriel en repli.
02:43Gucci donc qui est toujours dans le dur.
02:45Sa marque phare continue de souffrir.
02:47Et enfin Safran qui plonge d'un peu moins de 10% au moment où on parle malgré un chiffre
02:52d'affaires.
02:52en hausse et la confirmation de ses objectifs annuels de 2026.
02:57L'absence de révision à la hausse et le tassement de la dynamique de l'après-vente ont refroidi le
03:03marché.
03:13Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance, les tendances de la semaine.
03:18Et aujourd'hui, je suis ravie de retrouver François Robinet.
03:22Vous êtes managing partner chez AVP.
03:24Bonjour François.
03:25Bonjour Pauline.
03:25Le thème du jour, c'est le financement des sociétés à innovation.
03:30François, pour commencer, peut-être qu'on peut rappeler la définition d'une société à innovation.
03:35Qu'est-ce qu'on appelle une société innovante ?
03:38Écoutez, je ne suis pas sûr qu'il y ait une définition absolument parfaite.
03:45Nous, c'est notre métier d'investir dans l'innovation.
03:47Donc, je dirige le fonds d'investissement AVP qui gère à peu près 2 milliards et demi et qui investit
03:55dans des sociétés innovantes et innovantes avec de la technologie.
03:59Donc, entre l'innovation et la technologie, il y a clairement un lien fort.
04:04Et je définirai donc probablement l'innovation en partie avec l'utilisation de la technologie, avec des solutions et des
04:14produits technologiques.
04:15Et ces sociétés, pour vous vivre cette présentation, les sociétés dans lesquelles nous investissons, elles sont soit tout petites, au
04:25début de leur vie, c'est ce qu'on appelle des start-up, une équipe d'entrepreneurs qui a une
04:29idée géniale, effectivement avec une base technologie forte et qui la développe.
04:37Et c'est aussi des sociétés beaucoup plus matures.
04:40Ah, les deux ?
04:41Oui, les deux des sociétés qui ont fait leur preuve, qui étaient des start-up il y a quelques années
04:46et qui ont trouvé leur marché, qui se sont développées et qui sont maintenant des sociétés matures, mais qui continuent
04:52à croître.
04:54Les sociétés innovantes et les sociétés innovantes technologiques, leur caractéristique, c'est qu'elles ont des cycles de croissance longs.
05:01Longs et durables parce que la technologie est porteuse de...
05:05Des cycles de combien de temps à peu près, François ?
05:08Évidemment, ça c'est l'écosystème et la vie des entreprises. Certaines croissent, je veux dire, les grandes sociétés américaines
05:18qu'on appelle les GAFAM ont cru pendant des dizaines d'années et continuent à croître d'ailleurs.
05:23Donc ça peut être des croissances qui les amènent de zéro à des trilliards, en l'occurrence de dollars, et
05:30j'espère un jour les mêmes sociétés en Europe, des trilliards d'euros.
05:33Donc des cycles de croissance très longs. Mais voilà, c'est des sociétés qui, pendant plusieurs années, vont doubler en
05:43termes de taille. Et ça, oui, pendant 4, 5, 6, 7 ans.
05:47Que peut-on dire du financement de ces sociétés à innovation en France ? Parce qu'on va faire un
05:53focus un peu français, François. Est-ce qu'il y a des différences, j'imagine que oui, entre la France
05:58et les Etats-Unis ?
05:59Voilà, nous, nous investissons, donc comme je le disais, sur tout le spectre de sociétés technologiques, depuis le tout début
06:08jusqu'à beaucoup plus tard.
06:10Et on fait ces investissements à peu près à parité entre l'Europe, évidemment la France, et les Etats-Unis.
06:19Donc on a une vision un petit peu globale de l'écosystème du financement de l'innovation.
06:26Et effectivement, ce que l'on voit, alors d'abord ce que l'on voit un peu globalement, c'est
06:30que le mouvement d'innovation technologie s'accélère.
06:34Et avec des caractéristiques qui sont nouvelles.
06:40Je m'explique.
06:42Les sociétés, les nouvelles technologies, on parle beaucoup d'EI.
06:47En fait, les nouvelles technologies, il y a quelques années, c'était beaucoup de logiciels.
06:52Beaucoup de ce qu'on appelait les « feed-tech », l'innovation appliquée à la finance, etc.
06:57Pas simplement, mais beaucoup.
06:59Et dans les cycles de financement dans ces sociétés, c'est que vous faites un petit tour de financement pour
07:04démarrer la société,
07:05plus à plus gros, plus à plus gros, plus à plus gros, qui suivent en fait le développement et la
07:11courbe de maturité de la société.
07:13Et donc c'est assez confortable quelque part, parce que vous mettez de plus en plus d'argent au fur
07:17et à mesure que la société se développe
07:21et est donc plus lisible, plus mature.
07:25Ce qui est en train de changer dans beaucoup de nouvelles technologies et de nouvelles technologies de rupture,
07:31c'est qu'en fait, ces besoins de financement, ils sont beaucoup plus importants beaucoup plus tôt.
07:36Je prends des exemples.
07:38L'espace, l'industrie de l'espace, où il faut faire des satellites, il y a beaucoup de CAPEX, il
07:44y a beaucoup d'investissements initials.
07:46Le quantique, on parle beaucoup de quantique, et puisqu'on parle de la France, c'est une des forces de
07:50la France, le quantique.
07:51Les semi-conducteurs.
07:55J'allais dire même l'intelligence artificielle, quand il s'agit d'entraîner des modèles,
08:02où les coûts d'entraînement des modèles, on l'a vu, on le voit, on l'a vu sur Mistral,
08:06on l'a vu sur les grands Américains,
08:09sont très importants très tôt.
08:10Donc, sur ces nouvelles technologies de rupture, les besoins arrivent tôt et sont importants, à un moment où le risque
08:21est encore très important.
08:22Donc, la difficulté de financement de ces nouvelles technologies, c'est qu'il faut mettre de l'argent à risque,
08:28très tôt, en grande quantité,
08:30et pour pouvoir faire ça, les règles de base de la finance disent qu'il faut diversifier,
08:36et pour pouvoir diversifier sur des investissements importants, il faut des fonds d'investissement de très grande taille.
08:44Et est-ce qu'il y a déjà des fonds d'investissement comme ça ?
08:47C'est très simple à comprendre.
08:49Quand vous investissez 5 millions dans une société, et que vous vous dites, j'ai besoin de 20 sociétés en
08:58portefeuille pour avoir une bonne diversification,
09:00vous avez besoin de 100 millions, d'un fonds de 100 millions.
09:02Quand vous devez investir 100 millions, vous avez besoin de 2 milliards.
09:08Donc voilà, c'est un peu l'ordre de grandeur.
09:09Alors, est-ce qu'il en existe ? Il en existe beaucoup aux Etats-Unis.
09:13Et en France ?
09:14Alors, oui, mais c'est bien le sujet.
09:16Et je commence par les Etats-Unis, parce que c'est quand même la concurrence.
09:20Les sociétés sont globales, c'est ma concurrence, mais c'est la concurrence.
09:24Et au-delà de la concurrence entre fonds, c'est un petit peu, il y a un enjeu de souveraineté
09:29quelque part.
09:30Parce qu'il faut pouvoir financer avec des capitaux locaux ces innovations de demain.
09:36Je parlais de la France et je parlais du quantique.
09:40La France est extrêmement bien placée sur le quantique.
09:43On a plusieurs très très très belles sociétés où on fait la course en tête.
09:46Le sujet, c'est est-ce qu'on va pouvoir les financer et les financer, allez, au moins en Europe,
09:52si ce n'est en France.
09:54Aux Etats-Unis, vous avez plusieurs dizaines de fonds qui font plus de 5 milliards.
09:59Et qui sont donc capables d'investir des tickets à risque de cet ordre-là.
10:06En Europe, on a eu une initiative récemment de la Commission européenne.
10:10Parce qu'en Europe, il faut qu'il y ait une intervention des pouvoirs publics à un moment, j'ai
10:15l'impression,
10:15pour lancer un fonds de 5 milliards qui s'appelle le Scalop Eurofond,
10:19qui a cet objectif, qui a l'objectif d'investir tôt dans des choses très innovantes.
10:28Mais on n'a pas ça à l'échelle.
10:30Il en faut beaucoup.
10:31Et en France en particulier, nous, on gère un fonds gros qui fait proche d'un milliard d'euros.
10:38C'est énorme, déjà, c'est beaucoup.
10:40Quand j'ai lancé ce fonds, quand on a commencé à en parler, on disait,
10:45un milliard, c'est énorme, comment on va faire ?
10:47Mais d'abord, d'une part, un milliard, non, c'est pas gros, pour financer ça.
10:52Et puis, deuxièmement, parce que c'est la promesse qu'on a faite aux investisseurs,
10:57on investit, dans ce que je décrivais avant, dans des sociétés qui sont déjà arrivées à un certain stade de
11:02maturité,
11:03pour des questions de gestion du risque, de gestion de la performance, mais de gestion du risque.
11:07Donc, on ne peut pas mettre 200 millions ou 250 millions sur une société qui n'a pas encore de
11:12revenus
11:12et qui a une technologie prometteuse, mais pas éprouvée à ce stade.
11:20François, le temps file.
11:21Il faut qu'on parle de notre point 2, du fléchage de l'épargne en France.
11:26Ça va avec.
11:27Alors, comment faire pour flécher l'épargne des Français, justement, dans ces sociétés ?
11:32Ça va avec.
11:34Expliquez-nous.
11:34C'est tout à fait ça.
11:36Alors, pas simplement sur ce que je viens de décrire, le financement des innovations de rupture,
11:40mais le financement de tout ce qui est transformation de long terme.
11:44C'est évidemment les sociétés innovantes, la tech, etc., mais c'est la transition écologique,
11:50c'est tous les projets de long terme, de renouvellement du parc nucléaire, etc.
11:55Tous ces projets de long terme, où le privé, où l'épargne privée a un rôle à jouer.
12:04Et la seule façon de faire ça bien, c'est, un, d'avoir la bonne culture de risque,
12:09et pour avoir la bonne culture de risque, il faut avoir le bon horizon pour prendre des risques.
12:13D'accord.
12:14Donc, le fléchage de l'épargne, il doit se faire d'abord sur des investissements
12:20où il y a une certaine dose de risque.
12:22Alors là, il y a un aspect culturel sur lequel je ne vais pas m'étendre.
12:27On a une certaine risque-aversion en Europe.
12:30Bon, voilà, donc il faut...
12:32Il y a un sujet d'éducation au risque.
12:35On pourrait en parler pendant des heures.
12:37Puis il y a un sujet, effectivement, d'avoir de l'épargne disponible à long terme.
12:41Parce qu'il y a beaucoup d'épargne en France.
12:43C'est beaucoup.
12:44Mais sauf qu'elle est mal allouée.
12:46Elle est mal dirigée.
12:49Alors, la solution, je parle d'épargne, la solution idéale, c'est l'épargne à 20, 30 ans,
12:57l'épargne transgénérationnelle, la retraite par capitalisation.
13:01Et mon point n'est pas d'équilibrer le régime des retraites.
13:04Il paraît que ça y contribue, mais ce n'est pas du tout le sujet.
13:07Le sujet, c'est d'avoir un horizon d'investissement qui permet, ben voilà, des projets,
13:13et des projets à risque, de financer des projets, des projets à risque sur un temps très long.
13:17Et de prendre les risques qui vont avec.
13:20C'est ce que les Américains font très bien.
13:24Et puis, par ailleurs, je reviens à l'aversion au risque, il y a également, il y a 2,3
13:32trillions, je ne sais pas comment on dit,
13:34d'euros, ou plus peut-être, d'assurance-vie en France.
13:39Mal alloué.
13:40Alloué pour financer le déficit public en obligation d'État.
13:43Alors bon, j'ai l'impression qu'on en a un peu besoin.
13:46Mais enfin, réallouer une partie de cette épargne au financement de notre futur, au financement des innovations de rupture,
13:58et je ne parle pas des 2,3 trillions, disons 10%, 10% c'est 230 milliards.
14:03Vous imaginez ce qu'on peut faire ?
14:05C'est un tiers du plan Draghi.
14:08Et donc ça, ce n'est pas très compliqué, parce que cet argent, il existe.
14:13C'est des questions réglementaires.
14:15Il faut redonner le goût et la possibilité pour les gestionnaires institutionnels d'allouer plus,
14:23de façon raisonnable, pas de façon déraisonnable, de façon raisonnable, sur des investissements à risque.
14:29On devra s'arrêter là, malheureusement, François.
14:31Merci beaucoup de nous avoir expliqué ce financement des sociétés à innovation.
14:35François Robinet, Managing Partner chez AVP.
14:38Merci d'avoir été avec nous ce midi.
14:40Merci à vous de nous avoir suivis.
14:42On se retrouve lundi pour une nouvelle émission de Smart Bourse sur Bsmart.
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