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  • il y a 7 minutes
Ce mardi 3 novembre, Teddy Dewitte, directeur général de Flornoy Ferri (Groupe Premium), se focalise sur la dette française dans Tout pour investir L'Événement, dans l'émission Tout pour Investir, présentée par Antoine Larigaudrie. Tout pour Investir est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.
00:03Et oui, dans TPI, on va soigner vos maux de tête, on va les soigner dans cette émission.
00:10Bien sûr, on va les soigner aussi le 18 novembre prochain au pavillon Cambon Capucine.
00:15Ce sera TPI, l'événement.
00:16Et on sera tous là, évidemment, pour parler création de valeur, finances personnelles, patrimoine.
00:22Les héros de cette édition annuelle, ce seront les CGP,
00:25ceux qui s'occupent de votre patrimoine et de vos finances personnelles.
00:29Les artisans de votre valeur, vous pouvez vous inscrire, bien entendu.
00:33Le QR code est là et ce sera un rendez-vous absolument passionnant.
00:36Au milieu de tout ça, et il en sera question alors de l'événement, les taux.
00:41Les taux qui grimpent, qui n'arrêtent pas de grimper,
00:44qui nous obligent à saisir un petit peu la situation sous un autre paradigme.
00:49On est avec Teddy De Witt de Flornoy Ferry.
00:53Bonjour.
00:54Bonjour.
00:54Alors, cette hausse des taux, est-ce que c'est une véritable défiance que subissent les marchés français obligataires ?
01:04On nous parle beaucoup, il y a encore des décisions d'agences de notation concernant notre note de crédit,
01:12pas tellement sur la note en elle-même, mais sur les perspectives.
01:14Sans doute, on a une situation budgétaire compliquée.
01:17Au milieu de tout ça, est-ce que du côté des investisseurs du marché obligataire,
01:21il y a un vrai coup de froid sur l'investissement, sur la dette française ?
01:26Alors, la réponse courte à votre question, c'est oui.
01:30Il n'y a pas de doute là-dessus.
01:31La réponse un peu plus longue, c'est qu'en fait, nous sommes seuls.
01:35La France est seule et elle est complètement à l'arrêt.
01:38En fait, on a déresponsabilisé les gens depuis assez longtemps, en leur faisant croire que tout était gratuit.
01:45En attendant, effectivement, la dette s'accumule.
01:49Le problème, c'est qu'effectivement, le coût est devenu pharaonique.
01:55Si on doit juste parler, en fait, de coût, d'un côté, on a la dépense publique, c'est à
02:00peu près 1710 milliards.
02:03Et de l'autre côté, on a les recettes, c'est 1560 milliards.
02:05Donc, entre les deux, il y a un déficit de l'ordre de 150 milliards.
02:09Il y a 10 ans, ce déficit, c'était moins 3,6 du PIB.
02:13Aujourd'hui, c'est moins 5,4.
02:15Donc, c'est 50% pire.
02:18L'autre gros ratio, c'est la dette publique sur PIB, donc sur la richesse de la France.
02:22Pareil, il y a 10 ans, on était à 98%.
02:25Aujourd'hui, on est à 120%.
02:26Donc, on est, encore une fois, sur une trajectoire qui est affreuse.
02:30Et le problème qu'on a, c'est que les politiques ne sont pas aujourd'hui en capacité de réduire
02:37ce déficit.
02:38Alors, d'abord, c'était pour des problèmes de courage politique.
02:43Ensuite, ça a été pour des problèmes de majorité.
02:46Et puis, il faut le dire, et même si ce n'est pas du tout un jugement de valeur,
02:49mais c'est une vérité qui est un peu compliquée à dire,
02:52mais c'est un sujet qui n'intéresse absolument pas les Français.
02:55Ça ne les intéresse pas, au point où ils ne prennent pas du tout,
03:01ils ne se rendent absolument pas compte de la gravité de la situation.
03:04C'est hyper grave.
03:05C'est-à-dire que le sujet revient quand même pas mal dans le débat public,
03:09mais ce qu'on ne voit pas et ce qui ne l'intéresse pas,
03:13finalement, ce sont les implications concrètes.
03:15C'est-à-dire que, globalement, à un moment ou à un autre,
03:18ça va signifier hausse d'impôt.
03:20Il faut bien prendre l'argent quelque part, les amis.
03:23Et ça, ça pique quand on ne se rend pas compte du phénomène du début à la fin.
03:29Alors, vous avez raison, mais il y a autre chose à faire que les hausses d'impôt,
03:33parce qu'en fait, on est déjà pas mal au taquet.
03:35En fait, quand on parlait tout à l'heure de dette publique,
03:37le problème numéro un, c'est les retraites.
03:42Les retraites sur la dette publique dont on parlait tout à l'heure,
03:45c'est un quart, c'est 400 milliards, c'est un quart des 1710 milliards.
03:50Et donc, effectivement, on va dire que les marchés, eux,
03:55se rendent parfaitement compte que c'est le problème numéro un,
03:58et ils ne font absolument plus du tout confiance à la France.
04:01C'est-à-dire qu'on disait que tout à l'heure, les Français, ils ne se rendent pas compte,
04:04les marchés, eux, se rendent bien compte,
04:05et à tel point que ça se voit sur les taux,
04:09puisque les OAT, en fait, on a commencé l'année à à peu près 0,7% au-dessus de
04:14l'Allemagne,
04:15on est presque à 2% complet au-dessus de l'Allemagne,
04:17donc ça s'est fortement dégradé.
04:19Et également, sur les actions,
04:21on a un CAC 40 qui est à la traîne de l'ordre d'une dizaine de pourcents par rapport
04:26au reste.
04:26Donc, c'est vraiment que là, on a besoin qu'il y ait une forme de contrainte extérieure,
04:33puisque les politiques n'y arrivent pas.
04:35Et la contrainte extérieure, on aurait pu avoir ce signal,
04:38vous parliez tout à l'heure de Moody's,
04:40et d'ailleurs, c'est presque étonnant ce statu quo.
04:43Ça fait un an qu'on est sous surveillance négative chez Moody's,
04:46les ratios se sont dégradés sur un an,
04:49et pourtant, ils ont décidé de ne rien faire.
04:51Alors, peut-être qu'on ne tire pas sur l'ambulance,
04:54peut-être qu'à l'aube d'un budget potentiel,
04:57c'était peut-être pas le moment,
04:58mais enfin, la note de Moody's est plutôt favorable.
05:02On a vu que Fitch, là, vient de passer en outlook négatif,
05:05donc en surveillance négative.
05:07L'autre grande agence de notation,
05:09et c'est le prochain rendez-vous, c'est le 27 novembre,
05:11c'est Standard & Poor's, eux, ils sont moins accommodants,
05:15et on est en surveillance, on va dire, stable.
05:17Ce serait assez logique qu'on passe en négatif.
05:20On a besoin d'un catalyseur.
05:21Oui, tout à fait.
05:22Le sujet, c'est qu'on ne sait pas quand ça arrive.
05:25L'Italie, en 2011...
05:27Et quand ça arrive, c'est extrêmement brutal.
05:29Donc, il y a l'Italie,
05:30il y a eu cette espèce d'échec et mat
05:33qu'a connu l'Istrus,
05:36au Royaume-Uni, c'était en 2022,
05:40où là, bon,
05:41il y a aussi tout le système...
05:43Enfin, c'était un danger systémique
05:45parce qu'il y a les fonds de pension
05:46du Royaume-Uni derrière,
05:47qui constituent un risque vraiment crucial,
05:50et on avait vraiment l'impression
05:51d'un échec et mat.
05:52C'était incroyable, pendant 48 heures.
05:55Est-ce que, bon,
05:56on risque
05:58un événement de ce type-là
05:59en France, selon vous ?
06:01Là aussi, je pense que la situation
06:04est tellement précaire
06:05que la réponse courte, c'est oui, tout à fait.
06:07En fait, il ne faut pas rêver,
06:08l'Italie et l'Angleterre,
06:10ce sont des grands pays.
06:11La France est un grand pays,
06:13donc ça n'arrive pas seulement
06:13à des petits pays,
06:15ce dont on est en train de parler.
06:16Et il y a un moment donné
06:17où tous ceux qui ont fait un effort
06:19il y a 15 ans,
06:20donc ce qu'on appelait les pigs,
06:22le Portugal, l'Italie,
06:24la Grèce, l'Espagne,
06:26ces pays-là ont fait
06:27des très gros efforts.
06:28Et ils sont passés
06:29par une douleur...
06:30À la paille de fer.
06:30Absolument, à la paille de fer,
06:32c'est tout à fait ça.
06:33Donc, je pense que la France,
06:35on doit s'attendre
06:36à plus de douleurs,
06:37on n'y est absolument pas.
06:39Mais très clairement,
06:40quand ça part,
06:41ça part très fort.
06:42C'est brutal, oui.
06:43L'Italie en 2011,
06:44c'était brutal,
06:45c'était 200 points de base,
06:46donc 2% immédiatement.
06:47L'East-Russ,
06:48ça a été 1%.
06:49La France,
06:51le point,
06:52c'est qu'on appelle
06:54dans les marchés
06:54le chemin de la résistance
06:56la plus faible.
06:57Il n'y a personne
06:57pour défendre la France aujourd'hui.
06:59Personne ne peut le faire.
07:00Même la BCE
07:01n'est pas suffisamment armée.
07:03La BCE a deux mécanismes.
07:05Un qui s'appelle le TPI,
07:06c'est pour la bonne transmission
07:08de la politique monétaire.
07:10Et donc,
07:11c'est un outil dit
07:12de anti-fragmentation.
07:13La fragmentation,
07:14dans un langage
07:15de banquier central,
07:16c'est lorsque un pays
07:16a des taux qui montent
07:17de façon désordonnée
07:18par rapport aux autres.
07:21Pour utiliser le TPI,
07:22qui n'a jamais été utilisé,
07:24il faut obéir
07:24à des règles extrêmement strictes.
07:26Et une de ces règles,
07:27c'est de ne pas être
07:27en déficit,
07:28excessif.
07:29La France y est.
07:30Donc,
07:30elle n'est pas éligible.
07:32Le TPI n'a jamais été utilisé,
07:33mais encore une fois,
07:34la France n'est pas éligible
07:36et en fait,
07:36la France est trop grosse.
07:39C'est-à-dire que l'autre système
07:40qui est l'OMT,
07:41c'est un peu un
07:42too big to fail,
07:43mais pour un pays,
07:44cette fois-ci,
07:45l'OMT,
07:46qui lui a déjà été utilisé,
07:48c'est 500 milliards.
07:49Mais si on doit mettre
07:49les choses en perspective,
07:50la France,
07:51elle emprunte
07:52340 milliards par an.
07:53Oui,
07:54voilà.
07:54Donc,
07:54500 milliards,
07:56sachant que tout n'est pas
07:57disponible d'ailleurs,
07:58c'est un gros pansement,
08:01mais ça n'est qu'un pansement.
08:02Donc,
08:03la France
08:05est trop grosse,
08:06il faut absolument
08:07une décision des politiques,
08:09ça passe par là,
08:10et s'ils ne le font pas,
08:11c'est les marchés
08:12qui vont le décider pour eux,
08:13et on se dirige vers ça,
08:15puisque les présidentielles,
08:16c'est dans un certain temps.
08:18l'intérêt se retrouve,
08:19c'est les manches.
08:20Teddy De Witt,
08:21Florenois Ferry,
08:22merci infiniment
08:22d'avoir été avec nous.
08:24Tout pour investir
08:25l'événement
08:26sur BFM Business.

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