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  • il y a 3 mois
Ce mardi 23 juin, Stéphane Rudzinski, président et cofondateur de Rhétorès Finance, s'est penché sur le lâché prise des investisseurs dans le logiciel à cause de l'IA, dans Tout pour investir L'Événement, dans l'émission Tout pour Investir, présentée par Antoine Larigaudrie. Tout pour Investir est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.
00:04Stéphane Rudzinski, Drey Torres, bonjour.
00:06Bonjour Antoine, merci d'être avec nous parce qu'on va parler de cet éternel,
00:11il y en a encore ce matin sur les marchés,
00:13les logiciels ont tendance à repartir alors que les thématiques IA et semi-conducteurs sont en baisse marquée.
00:20Pourquoi ? Parce qu'on est peut-être à l'aube d'une deuxième grosse vague
00:25de ce qu'on appelait l'assassination du côté de Wall Street,
00:28à savoir matraquer et faire baisser le cours des valeurs des logiciels
00:33parce que l'IA va de toute manière les disrupter.
00:35On a l'impression que le discours des fabricants de logiciels ne passe toujours pas auprès des marchés.
00:40Ils sont là, mais non, mais attendez, nous on va intégrer l'IA pour être plus efficace,
00:44c'est nous qui allons être le maître d'œuvre et l'IA va nous aider.
00:47Le discours ne passe absolument pas.
00:49Et du coup, on a des gros investisseurs traditionnels de ce secteur de logiciels
00:54qui sont en train un peu de lâcher prise
00:56et ça, c'est peut-être un signe un petit peu plus sérieux.
00:59Et qui prennent quelques pertes.
01:00Oui.
01:01Donc la semaine dernière, vous avez vu l'épisode sur Medalia,
01:05donc une des participations de Thomas Bravo.
01:07Le fameux Thomas Bravo.
01:08Le fameux Thomas Bravo, le spécialiste mondial du logiciel.
01:13Thomas Bravo, c'est, je crois, 180 milliards d'encours créés en 2000.
01:18Ils investissent partout.
01:19Ils investissent partout, très spécialisés sur le logiciel,
01:23des taux de rendement sur leurs fonds incroyables,
01:25puisque sur l'historique, c'est 30% de performance en moyenne.
01:29Et malgré ça, Thomas Bravo se prend un mur sur une de ses participations,
01:35Medalia, où il va perdre 5 milliards d'equity.
01:39Bon.
01:40Violent.
01:41Oui, c'est assez violent.
01:42D'autant plus qu'on disait, à cette antenne même,
01:45que du côté de chez Thomas Bravo, on disait,
01:48mais non, mais tout ça, c'est de l'agitation.
01:51En fait, nous, on reste droit dans nos bottes.
01:54Oui, mais reste que ça commence à piquer.
01:56Et puis, c'est comme toujours sur les marchés.
01:58Dès qu'on a raison, mais pas au bon moment, c'est qu'on a tort.
02:01Et là, donc en gros, Thomas Bravo passe la main sur un certain nombre de choses,
02:06si je comprends bien.
02:07Oui, exactement.
02:07Après, ça s'explique.
02:09Je pense qu'il faut refaire un peu l'histoire de cet investissement de Thomas Bravo.
02:14Il rentre sur Medalia à la mi-année 2021, donc post-Covid,
02:19une période où tout le marché plébiscite les valeurs,
02:24les sociétés qui ont des revenus récurrents.
02:26Donc, la valorisation des logiciels monte au ciel.
02:30À cette époque-là, 2021, les taux courts sont à zéro aux États-Unis,
02:35au niveau de la Fed.
02:36Et Thomas Bravo va investir un peu moins de 7 milliards sur cette position,
02:44avec 5 milliards d'equity, un peu moins de 2 milliards de dettes.
02:50Et la mécanique qui s'enclenche est assez funeste,
02:56parce qu'ils ont recours à des prêteurs privés,
03:01à des fonds de dette privés.
03:03Les fameux fonds de crédit privés.
03:05Exactement, donc Blackstone, KKR, Apollo,
03:09qui forment un conglomérat pour prêter à Medalia.
03:14Et avec une option sur la dette qui est un peu particulière,
03:18puisque l'entreprise a la possibilité de soit payer ses intérêts,
03:21soit de ne pas les payer, mais dans ce cas-là,
03:23ça va capitaliser sur la dette existante.
03:26Et la dette initiale d'un milliard 8 va très vite passer en fait à 3 milliards.
03:32Et ça va très très vite.
03:34Quand on capitalise de la dette pique, ça peut aller très très vite.
03:38Et donc, résultat des courses, comme finalement la croissance de l'entreprise n'est pas au rendez-vous,
03:44les prêteurs disent, écoutez, c'est simple, aujourd'hui, je veux que vous payiez ces intérêts,
03:49et l'entreprise n'est pas en capacité de le faire.
03:52Donc, Thomas Bravo ne veut pas remettre d'argent.
03:54Donc, les fonds de dette privée prennent les clés du camion
03:56et prennent la possession de l'entreprise,
03:58ce qui efface les 5 milliards d'equity de Thomas Bravo.
04:01Oui, et puis ça, on sait comment ça se passe.
04:03Souvent, les ajustements peuvent être assez violents,
04:05il y a des instruments de dette, etc.
04:08Là, on sent qu'il y a vraiment quelque chose qui s'est passé,
04:10qui est important, qui est un moment important.
04:13Quelle leçon on peut en tirer en tant qu'investisseur
04:16qui, légitimement, a le droit de se dire,
04:19mais on ne va pas lâcher tout ce secteur,
04:21l'IA ne va pas pulvériser tout un secteur comme ça, ex nihilo ?
04:25Quelle leçon on peut en retirer ?
04:27La première leçon, je pense qu'il faut aller la chercher
04:30du côté des investisseurs, des parties prenantes.
04:34Chez Blackstone, par exemple, pour eux, vraiment,
04:37ils mettent le doigt sur un manque de réalisation,
04:40un problème d'exécution dans le programme de développement.
04:44Et Thomas Bravo a reconnu déjà depuis plusieurs années
04:46qu'il avait payé très cher cette participation
04:49et qu'il s'était complètement trompé
04:52sur le potentiel de développement dans l'entreprise.
04:55Au-delà de ça, pour les investisseurs,
04:57il y a plusieurs leçons à tirer.
04:59La première, c'est que quand on investit sur du private equity,
05:03évidemment, il faut investir très régulièrement
05:05sur les millésimes qui suivent année après année.
05:09C'est comme le vin, en fait.
05:10Quand vous faites du primeur, il vaut mieux les acheter tous les ans
05:13plutôt que de faire un énorme focus sur une année.
05:15Oui, oui, bah oui.
05:16Ça, c'est la base.
05:18Première leçon, oui.
05:19Première diversification sur les millésimes.
05:21Ensuite, c'est diversification, évidemment, sur les gérants
05:23parce qu'on voit même que même les meilleurs,
05:25Thomas Bravo, qui est la star incontestée du logiciel dans le monde,
05:30donc même les gérants, il faut absolument les diversifier.
05:33Et également, lorsque vous construisez un portefeuille d'actifs privés
05:36et notamment le private equity, il va falloir diversifier également les secteurs.
05:41La tech, le logiciel, c'est super.
05:43C'est 40% du private equity, c'est 15% du MSI World.
05:47Mais il n'y a pas que ça.
05:49Il y a d'autres secteurs très résilients, la santé, les services aux entreprises,
05:53qui, eux, sont beaucoup moins menacés.
05:56Beaucoup moins menacés par l'IA.
05:59Donc, voilà, c'est les trois grandes leçons qu'il faut tirer.
06:02Et puis, enfin, sur le logiciel, il ne faut absolument pas tout mélanger.
06:06Il y a des logiciels qui vont se faire complètement disrupter.
06:08Oui.
06:09Ça, c'est sûr et certain parce que c'est des logiciels très génériques
06:13avec quelques nils de code, un bel interface,
06:14mais qui vont être très rapidement concurrencés par de l'IA,
06:18par les clients eux-mêmes, parce qu'aujourd'hui, vos clients,
06:21nos clients sont capables aussi, grâce à l'IA, de reproduire des produits et services.
06:27Et puis, il y a ces autres types de logiciels qu'on appelle les systems of records
06:31qui maîtrisent la donnée.
06:35C'est ça la clé.
06:36Oui, c'est bien sûr.
06:36C'est la création de la donnée.
06:37La donnée principale, cœur de l'entreprise,
06:41et qui sont complètement encastrées, en fait, dans les entreprises.
06:45Et sur ce style de logiciel, objectivement, il n'y a pas grand risque, en fait.
06:50Il n'y a que des gains de productivité à aller chercher par l'IA.
06:53Stéphane Rudzinski, regard très clair sur le monde du logiciel, de l'investissement.
06:57Stéphane Rudzinski de RetoRes, merci d'avoir été avec.
06:59Merci Antoine.
07:02Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.

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