- il y a 15 minutes
Avec Gérard Gomez, Président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de Nouvelle-Aquitaine et Gilles Attaf, Président d'Origine France Garantie et cofondateur des Forces françaises de l'industrie (FFI).
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NewsTranscription
00:00Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métiers et de l'artisanat vous accompagnent.
00:05La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente
00:09Sud Radio Cé-Salle à France, Nathalie Schrengerma.
00:13Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Cé-Salle à France, l'émission du savoir-faire français.
00:17Aujourd'hui, on va parler de ceux qui font vivre nos territoires, nos artisans, nos commerçants, nos entrepreneurs.
00:23Mais d'abord, nous reviendrons bien évidemment sur les violences qui ont marqué les manifestations du 17 octobre dernier.
00:28Des vitrines brisées, des commerces saccagés.
00:31D'ailleurs ces images, il y a des hommes et des femmes qui ont parfois vu des années de travail
00:35partir en fumée.
00:36Alors comment les aider à se relever ?
00:39Et puis, nous parlerons d'avenir avec notamment ce salon du Made in France qui approche
00:44et qui va réunir des milliers d'exposants à Paris du 12 au 15 novembre.
00:49Et pour en parler, deux invités engagés auprès des entreprises françaises.
00:53Gérard Gomez, président de la Chambre des métiers de l'artisanat de Nouvelle-Aquitaine.
00:57Mobilisé pour accompagner les artisans touchés par les violences.
01:01Et nous retrouvons un petit peu plus tard dans l'émission Gilles Attaf,
01:04président d'Origine France Garantie et cofondateur des forces françaises de l'industrie, les FFI.
01:10Ancien industriel, il nous parlera justement de quelle façon il défend ce Made in France
01:14et la réindustrialisation de notre pays.
01:17C'est parti !
01:18Sud Radio, c'est ça la France.
01:21Mais tout de suite, on retrouve Gérard Gomez.
01:23Bonjour Gérard Gomez et merci d'être avec nous au micro de Sud Radio.
01:27Bonjour Nathalie.
01:28Alors, je le disais, vous êtes président de la CMA de Nouvelle-Aquitaine.
01:31Vous êtes en contact direct avec les artisans.
01:35Alors, après les violences du 17 octobre, qu'est-ce qu'ils vous racontent ?
01:39Et est-ce qu'on commence à mesurer l'ampleur des dégâts ?
01:43Oui, on commence à mesurer, même si on est encore un peu dans la stupéfaction chez nos artisans.
01:50En tout cas, on l'a vu, des vitrines brisées, des ateliers saccagés, parfois des stocks pillés.
01:56Donc, pour un artisan, c'est toujours un choc, c'est une vie de travail qui part en fumée.
02:03Et ça, c'est ce qu'on ressent précisément quand on les côtoie au premier contact.
02:10Et j'imagine aussi l'angoisse des prochaines manifestations à venir.
02:14Oui, parce qu'ils sont inquiets, évidemment, avec ce qu'ils ont vécu et à juste titre.
02:21Aujourd'hui, il y a un appel au pouvoir public et surtout à être protégé, puisqu'ils ne l'ont
02:27été.
02:28Donc, oui, les inquiétudes, est-ce qu'on doit reconstituer le stock ?
02:32Est-ce qu'on doit ouvrir, tout simplement, déjà, pour certains ?
02:35Donc, les inquiétudes sont là.
02:37En tout cas, avec les chambres des métiers, on va essayer de les accompagner aussi,
02:40parce que la période est difficile.
02:43Alors, justement, effectivement, vous avez mobilisé votre chambre des métiers
02:47et, d'une manière générale, la chambre des métiers, dans toutes les régions de France,
02:51souhaite accompagner ces artisans sinistrés.
02:53Elle a mis en place plusieurs actions.
02:55Alors, concrètement, quelles aides pouvez-vous leur apporter ?
02:58C'est un soutien administratif, financier ?
03:01Comment ça se passe, concrètement ?
03:03Oui, c'est un peu tout, en fait.
03:05D'abord, c'est le 30-06, numéro de téléphone unique pour les chambres des métiers,
03:09valable dans toute la France.
03:12Le 30-06, où les entreprises pourront déjà trouver une écoute.
03:17Et c'est important, dans cette période.
03:19On pourra les accompagner dans leur démarche,
03:23pour porter plainte, pour aller vers les assureurs,
03:26pour aller vers les organismes sociaux,
03:28et voir un petit peu comment sortir de cette période au plus vite.
03:33Donc ça, c'est toute la partie administrative, si je peux le dire ainsi.
03:38Et puis, on aura aussi à leur proposer le fonds de solidarité,
03:42les chambres des métiers, le fonds d'urgence.
03:45Oui, qui a été mis en place.
03:47Voilà, qui est une aide qui peut aller jusqu'à 1500 euros,
03:50sous certaines conditions de visibilité, évidemment.
03:53Donc là aussi, les experts de la CMA vont pouvoir les aider à constituer ce dossier.
03:59Et ensuite, une fois que le dossier est constitué,
04:01ça va assez vite pour que les fonds soient délivrés aux entreprises.
04:07Voilà. Alors, on rappelle le numéro d'urgence, le 30 06.
04:12Et donc, une fois que les artisans vous appellent,
04:15eh bien, il y a tout ce suivi qui se fait, administratif, financier,
04:18même si, on l'a bien compris, le montant pourra, malheureusement,
04:22difficilement couvrir les dégâts.
04:24Mais c'est une aide, c'est ça, c'est une aide pour pouvoir, au moins...
04:27Expliquez-nous, justement, pardon, je vous coupe.
04:30Non, je vous disais qu'on n'a pas vocation à se substituer aux assurances, évidemment.
04:35Mais c'est une aide d'urgence pour redémarrer,
04:38pour déjà être comblés ces quelques jours
04:42où il n'y a aucun chiffre d'affaires qui va rentrer dans la boutique.
04:46Parce que c'est ça, la réalité.
04:48À partir du moment où la boutique est endommagée,
04:51voire complètement détruite,
04:54eh bien, il n'y a plus de revenus pour le chef d'entreprise.
04:56Bien sûr.
04:57Voilà, donc il y a tous ces sujets-là
04:59qui peuvent être pétés avec nos experts des CMA
05:04et puis les diriger vers les aides extérieures
05:08qu'ils pourraient trouver également.
05:11Oui, et vous le dites très bien, effectivement,
05:15c'est cette crainte toujours qu'une fermeture provisoire
05:18ne devienne définitive
05:19et que l'artisan ne puisse plus travailler.
05:23C'est le risque aussi, vous savez,
05:25parce que là, certains de nos artisans et commerçants
05:29avaient commencé à constituer leur stock pour les fêtes.
05:34Et bien là, ils sont dans l'expectative
05:38avec ces manifestations qui sont prévues à nouveau.
05:41Là, on parle de samedi déjà pour commencer,
05:45on parle du 24 octobre, on parle du 5 novembre.
05:47Bon, à un moment, il faut que ça s'arrête.
05:50Nous, on comprend la colère des gens,
05:54on comprend la légitimité de cette colère.
05:56Mais en tout cas, la violence n'est pas légitime.
05:59Et ça, on ne peut pas l'accepter.
06:00Il y a un peu le chef d'entreprise en tant que citoyen, tout simplement.
06:03Voilà, et puis c'est vrai que c'est une période qui est très importante
06:06pour les artisans.
06:08On arrive au mois de novembre, décembre également.
06:11Il y a les fêtes de fin d'année.
06:12Et effectivement, ne sachant plus vraiment
06:15à quel moment on peut se permettre
06:17de commencer à faire les réparations
06:19pour ouvrir son atelier,
06:21c'est vrai que c'est une angoisse supplémentaire.
06:22Vous êtes un peu aussi, j'allais dire,
06:25c'est comme une cellule un peu psychologique aussi,
06:27de crise, j'imagine, à la CMA.
06:28Il y a beaucoup d'appels, j'imagine, d'artisans
06:30qui ont besoin d'échanger avec vous.
06:32Oui, il y a d'ailleurs une cellule psychologique
06:35qui s'est aussi mise en route,
06:37qui s'appelle APESA,
06:40parce que quand on est seul,
06:42et souvent l'université travaille seul
06:44ou avec peu de salariés,
06:46ils ont besoin aussi de parler.
06:48C'est quelque chose qui est violent,
06:50comme de subir une agression comme ça
06:52dans son magasin,
06:54alors qu'on n'a rien demandé.
06:56Donc évidemment,
06:58ce qu'on encourage,
07:00c'est que les artisans contactent,
07:03c'est de leur dire,
07:04voilà, vous n'êtes pas seul,
07:05on est là pour vous aider,
07:07on va le faire autant qu'on le peut,
07:10nos équipes sont en tout cas mobilisées.
07:12Voilà, il y a une solidarité entre artisans
07:14qui se met en place,
07:15il y a la CMA qui est là également,
07:17et d'ailleurs, je rappelle qu'en 2023,
07:19votre réseau avait déjà débloqué des aides d'urgence,
07:21grâce au front de calamité.
07:24Oui, c'est tout à fait ça,
07:25et c'est le cas à chaque fois
07:27qu'il y a aussi des catastrophes naturelles.
07:30On a eu en Nouvelle-Aquitaine,
07:31il n'y a pas très longtemps,
07:32des inondations sur Bordeaux,
07:34sur le Lot-et-Garonne, etc.
07:35Et heureusement qu'on a ce fonds-là,
07:37parce qu'il est très utile pour l'intégralité.
07:40L'enfant du réseau, c'est valable.
07:44Donc on en est fiers,
07:45ça fait 60 ans que ce fonds existe,
07:47et en tout cas,
07:48il est précieux dans ces moments.
07:50C'est évidemment très précieux.
07:53Et puis, en parlant de solidarité,
07:55il y a une autre solidarité qui, je l'espère,
07:57jouera dans ces prochains jours,
08:00c'est celle des clients, évidemment.
08:01On appelle les clients à venir dans les boutiques,
08:06dans les commerces,
08:07chez nos artisans,
08:08parce que les plateformes, ça va bien,
08:10mais il faut consommer local à un moment,
08:13il faut consommer dans la proximité.
08:14Et c'est ça aussi qui permettra à nos artisans
08:17de tenir jusqu'aux confètes,
08:20les espères et au-delà, évidemment.
08:22Et au moment où les plateformes vont proposer
08:24des grosses réductions,
08:26il faut que la clientèle soit fidèle
08:28aux territoires et aux artisans.
08:31Oui, c'est dans le commerce de proximité
08:33qu'on va trouver l'avenir
08:35et nos centres-vies en ont besoin,
08:36je peux vous le dire,
08:37plus que jamais.
08:38Oui, et vous l'avez dit très bien,
08:40au-delà des dégâts matériels,
08:41avec ces journées sans chiffre d'affaires,
08:42ne pas savoir quand est-ce qu'on va pouvoir rouvrir,
08:44les charges qui continuent de tomber,
08:46les salariés qu'il faut payer.
08:48C'est vrai qu'il y a cette crainte
08:49que certains artisans ne puissent
08:50tout simplement pas se relever.
08:51Donc, c'est important qu'il y ait une solidarité
08:54et qu'elle soit la plus grande possible.
08:55Oui, qu'elle joue à tous les niveaux,
08:58les clients.
08:59Nous, on a aussi,
09:00on devait l'équipe à solliciter des artisans
09:03qui pourraient intervenir chez leurs collègues
09:06pour réparer, tout simplement,
09:09les maçons, des électriciens,
09:11des plaquistes et que sais-je.
09:13Donc, on est en train de constituer une liste
09:15qui est à disposition sur notre site internet
09:17pour que les artisans n'aient pas cette difficulté-là,
09:22en plus, d'aller chercher des artisans
09:24pour venir les aider.
09:25Donc, tout ça, voilà, c'est la solidarité du réseau
09:28des Chambres des Métiers qui se met en place
09:30et on sait qu'en général, on peut compter sur elles
09:33et ça, c'est essentiel par les temps qui courent.
09:36Et on rappelle le numéro d'urgence,
09:38le 30-06.
09:41Merci beaucoup, Gérard Gomez.
09:43Je rappelle que vous êtes le président
09:44de la Chambre des Métiers de la Nouvelle-Aquitaine.
09:46Merci pour votre témoignage.
09:47On va se quitter un court instant
09:50et on se retrouve juste après
09:51avec un défenseur du Made in France,
09:54Gilles Attaf, le président du label
09:56Origine France Garantie.
09:57A tout de suite.
09:58Artisans, porteurs de projets, apprentis,
10:00les chambres de métiers de l'artisanat vous accompagnent.
10:03La CMA, artisans de la Nouvelle-Économie, présente.
10:07Sud Radio, c'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
10:11Nous voilà de retour dans ces salles à France,
10:13l'émission du savoir-faire français.
10:14On a évoqué les artisans
10:16qui font face aux violences du 17 octobre,
10:18qui doivent reconstruire leur entreprise,
10:21qui ont peur d'ailleurs de rouvrir leurs ateliers.
10:24On l'a évoqué avec Gérard Gomez,
10:25le président de la Chambre des Métiers
10:27et de l'artisanat de la Nouvelle-Aquitaine.
10:29Et nous voilà avec Gilles Attaf,
10:30président d'Origine France Garantie,
10:32le label Origine France Garantie,
10:34cofondateur des forces françaises de l'industrie,
10:36les FFI,
10:38ancien industriel, ancien entrepreneur,
10:41devenu l'un des défenseurs du Made in France
10:43et de la réindustrialisation de notre pays.
10:45Bonjour Gilles Attaf.
10:46Bonjour Nathalie.
10:47On est ravis de vous avoir au micro de Sud Radio.
10:50On a évoqué avec Gérard Gomez
10:52les violences du 17 octobre.
10:54J'aimerais qu'on en parle
10:55parce que vous aussi vous êtes ce regard de l'entrepreneur.
10:58Vous avez eu dans votre famille aussi des artisans.
11:02Qu'on comprenne bien que ce qui se passe,
11:04ça va au-delà de simples dégâts matériels.
11:07C'est des vies qu'on détruit pour ces commerçants, ces artisans.
11:10Tout à fait.
11:11Je pense que les artisans, qui sont des entrepreneurs,
11:15commencent vraiment à avoir un sac à dos qui commence à être lourd.
11:21Et moi je sens vraiment beaucoup de...
11:23Et ça m'attriste beaucoup, et je voulais le dire vraiment ce matin,
11:27je sens presque un renoncement de leur part.
11:29C'est les gens qui ont fait preuve de beaucoup de résilience ces derniers temps,
11:32qui ont été obligés de subir tout un tas de crises.
11:36Aujourd'hui la situation politique en France est dramatique,
11:39il n'y a pas de vision.
11:41Là on est en ce moment sur le PLFSS, le projet de loi de finances,
11:44où on sent qu'il peut se passer des choses qui auront des conséquences dramatiques.
11:47Et moi ce qui m'inquiète, c'est que je sens aujourd'hui,
11:49chez tous ces entrepreneurs, ces artisans,
11:53une sorte de renoncement en disant à quoi bon ?
11:55Parce qu'on sent qu'il n'y a derrière tout ça aucune perspective, aucune vision.
12:02Et un entrepreneur c'est quelqu'un qui a besoin de voir le temps long.
12:06Et aujourd'hui on ne leur propose pas une vision sur le temps long.
12:08Et ça c'est absolument terrible, et moi ça m'inquiète beaucoup,
12:12parce que je trouvais que jusqu'à maintenant les entrepreneurs tenaient le pays,
12:15ils étaient vraiment là, ils étaient au combat.
12:18C'est encore un endroit où il y a encore de l'échange,
12:21l'entreprise est un endroit où on peut encore avoir des strates de la société qui se parlent.
12:27Et on voit qu'aujourd'hui, non seulement on ne se parle plus,
12:30mais il y a beaucoup de violence.
12:32Et je pense que les entrepreneurs et les artisans sont arrivés au bout d'un système.
12:37Un point de rupture.
12:37Un point de rupture, et ça m'inquiète beaucoup,
12:39parce que moi je discute beaucoup avec beaucoup de chefs d'entreprise,
12:43qui m'ont dit, vraiment jusqu'à maintenant,
12:46je voulais vraiment essayer de trouver des solutions,
12:49et si ça continue comme ça, je vais carrément m'expatrier.
12:53Et c'est la première fois que j'entends des gens, des patriotes,
12:55des gens qui étaient attachés à leur territoire, attachés à leur pays,
12:59qui commencent aujourd'hui à arriver à un point de non-retour.
13:02Et moi ça m'inquiète toujours le point de non-retour,
13:04et le chaos c'est quelque chose qui est absolument terrible pour un pays.
13:07J'ai le sentiment que finalement on ne mesure pas suffisamment
13:11les conséquences humaines de ces violences,
13:14et à quel point on est en train de briser des entrepreneurs, des artisans.
13:19Et quand vous dites qu'il y a cette idée pour des patriotes
13:21qui ont toujours voulu produire sur le territoire,
13:24de lâcher l'affaire et de partir, c'est très très inquiétant.
13:27Oui c'est très inquiétant,
13:28et puis c'est des gens qui se donnent beaucoup,
13:29qui travaillent énormément.
13:30Je veux dire, c'est quand même des gens dans la société
13:34qui produisent de la richesse,
13:36qui permettent de créer notre modèle social.
13:39C'est par la production, par tous ces savoir-faire, ces artisans.
13:42Moi j'ai un exemple samedi dernier,
13:44j'ai un ami qui est cordonnier,
13:45qui a été obligé de fermer sa boutique près de la Bastille,
13:49plus tôt que prévu,
13:50alors qu'en ce moment la période est difficile,
13:52elle a besoin de travailler.
13:54Enfin quelque part, on ne se rend pas compte des conséquences.
13:56Le chiffre d'affaires en prend un coup.
13:57Le chiffre d'affaires en prend un coup.
13:59Et le moral est compliqué,
14:01il faut tenir dans des périodes difficiles,
14:04et je pense qu'il est temps de réagir.
14:05Il est plus que temps de réagir.
14:06D'ailleurs j'ai vu effectivement certaines fédérations
14:08qui veulent s'organiser pour s'assurer
14:12que les assurances vont bien rembourser
14:14les différents artisans,
14:16les différents, on va dire,
14:19les entrepreneurs qui font partie de leur réseau.
14:21En fait, on sent qu'il y a une vraie angoisse aussi
14:23par rapport aux assurances.
14:25Alors ça c'est une certaine...
14:26Les dégâts sont tellement immenses
14:28qu'il y a cette crainte de ne pas pouvoir se relever tout simplement.
14:31Il y a une forte angoisse,
14:32et puis il y a certaines déclarations
14:34de grandes assurances
14:37qui commencent à mettre en garde en disant
14:38que si ça continue, ils ne rembourseront pas.
14:40Je trouve que ce n'est pas très rassurant
14:42effectivement pour nos entrepreneurs
14:44et pour nos chefs d'entreprise
14:46qui n'ont absolument rien à voir.
14:48Aujourd'hui, l'État n'a pas fait son travail
14:50lors de ces émeutes,
14:51et c'est encore une fois
14:54les forces vives du pays
14:56qui vont en prendre encore un peu plus
14:58alors qu'ils sont déjà très abîmés.
15:00Ils sont très abîmés,
15:01il faut bien le comprendre.
15:03Et moi ça m'inquiète beaucoup.
15:05Alors parlons d'une perspective plus enthousiasmante.
15:08Il nous reste encore un petit peu de temps,
15:09ce salon du Made in France
15:10qui va arriver du 12 au 15 novembre.
15:13On espère que le moral y sera,
15:15notamment pour les entrepreneurs
15:16qui vont exposer,
15:17qui seront présents.
15:18On sait à quel point
15:19c'est un moment très important.
15:20C'est aussi là où on fait ces fêtes,
15:21ces achats de fêtes de fin d'année.
15:24Absolument,
15:25c'est le salon du Made in France
15:26porte de Versailles,
15:27c'est un moment de l'année
15:28où on se rassemble tous,
15:29on a besoin de se rassembler.
15:30Et toute la famille du Made in France
15:33se réunit chaque année
15:35autour de la présidente Fabienne Delahaye
15:38qui a réussi à montrer
15:39que c'était encore possible
15:40de produire en France.
15:41Il y a 1000 exposants,
15:43il y a eu une énergie incroyable
15:44ces dernières années,
15:45il y a eu vraiment une explosion
15:47de visiteurs.
15:48Plus de 110 000 visiteurs.
15:50Oui, plus de 110 000 visiteurs,
15:51plus de 1000 exposants.
15:52Dans tous les secteurs d'activité,
15:54ça montre que la France
15:54est encore capable
15:55dans tous les secteurs d'activité
15:56de faire des belles choses.
15:57Et il faut garder cet enthousiasme.
15:59Donc c'est pour ça
16:01qu'il faut que ce moment
16:02reste un moment d'énergie,
16:03un moment, un endroit
16:05où on peut échanger,
16:07on peut parler
16:07et puis on peut montrer
16:08des belles choses.
16:09Parce que c'est ça aussi le salon,
16:10on est en capacité de montrer
16:11qu'on peut produire en France
16:12à des prix tout à fait compétitifs
16:14et surtout dans les secteurs d'activité
16:16qu'on ne pensait plus pouvoir
16:17être aujourd'hui fabriqués en France.
16:19D'ailleurs, il y aura une maison témoin
16:21cette année
16:21pour montrer que tous les éléments
16:23d'une maison,
16:23on peut les trouver sur le territoire.
16:25Il y a encore des entrepreneurs
16:26qui fabriquent en France.
16:28Exactement, je veux dire
16:29qu'il ne faut pas croire
16:31que de toute façon,
16:32c'est fini,
16:33il n'y a plus de produits
16:34dans tous les secteurs d'activité.
16:37On peut trouver
16:37des produits compétitifs.
16:38Et ce qui est extraordinaire
16:39cette année,
16:40c'est qu'on va pouvoir montrer
16:41qu'il y a des produits
16:42qui sont très compétitifs,
16:44des produits de grande consommation.
16:45Là, on nous disait
16:46que ce n'était plus possible.
16:47On va avoir des brosses à dents
16:48à moins de 1 euro,
16:49des chargeurs aussi compétitifs
16:51que les Chinois.
16:51Donc il faut consommer
16:52au salon du Made in France.
16:53Donc je vous encourage
16:54à venir au salon du Made in France.
16:56Voilà, et puis on aura l'occasion
16:57d'en reparler à ce micro
16:58de ces salles à France.
17:00Notamment ce plateau télévisé
17:02avec Anthony Vittorino
17:04qui travaille pour le label
17:05Origines France Garantie
17:06qui est rédacteur en chef
17:07du magazine Fait en France
17:08où pendant 40 heures quasiment
17:11vous allez donner la parole
17:12à plein d'entrepreneurs
17:13qui seront présents
17:13sur le salon du Made in France.
17:15Exactement,
17:16Anthony Vittorino
17:17va animer ce plateau
17:184 jours durant
17:19avec des belles histoires
17:21à raconter.
17:22On va être en capacité
17:23de redonner un peu d'espoir
17:25à tous nos concitoyens.
17:26Et alors,
17:27il ne nous reste plus de temps
17:27mais dernière petite question
17:28même si je crois
17:29que j'ai la réponse.
17:30Si vous aviez une seule mesure
17:31à demander en ce moment
17:32au gouvernement
17:33pour soutenir ceux
17:34qui fabriquent en France
17:35et je ne sais pas pourquoi
17:36mais je crois que vous n'aimez pas
17:36être la commande publique.
17:37Un mot là-dessus
17:38avant de conclure
17:38parce que je sais
17:39que c'est votre combat aujourd'hui.
17:40Oui, je pense que c'est
17:41un combat important
17:42parce que c'est un levier
17:42qu'on peut activer très rapidement.
17:44Il y a 200 milliards par an
17:45de commandes publiques.
17:46Ça donne une vision
17:47sur le temps long.
17:48Ça donne des volumes
17:49de production
17:49et ça permet à nos entreprises
17:50d'être beaucoup plus sereins
17:52quant à leur capacité
17:53d'investissement.
17:54Merci beaucoup Gilles Attaf.
17:56Merci d'avoir été notre invité.
17:57Et on va maintenant
17:58partir se balader
17:59avec Thibaut,
18:00notre French Trotter.
18:01Sud Radio,
18:02c'est ça la France
18:03avec Thibaut,
18:04le French Trotter.
18:05Alors Thibaut,
18:06vous allez nous parler
18:07d'une spécialité du Médoc.
18:09Exactement Nathalie.
18:10Au détour du petit village
18:11de Blaignan
18:11dans le nord de la Gironde,
18:13j'ai découvert
18:14les noisettines du Médoc.
18:15Une confiserie
18:16à base de noisettes
18:17enrobées de caramel
18:19et c'est aussi une histoire
18:20qui mérite qu'on s'y attarde
18:21car l'histoire des noisettines
18:22c'est aussi celle d'Edith
18:23et de Michel Noyes
18:25qui ont fait
18:25d'une recette familiale
18:27une spécialité du Médoc
18:28et c'est leur fils Romain
18:29qui m'a raconté
18:30comment tout a commencé.
18:32Pour résumer un petit peu,
18:33c'est l'histoire d'un couple
18:34de mes parents
18:35qui se sont installés
18:36dans le village de Blaignan
18:37au cœur du Médoc
18:38viticole
18:39dans les années,
18:40fin des années 70
18:40on va dire à peu près ça
18:43et qui ont utilisé
18:44une recette privée
18:45que mon père faisait
18:46pour la famille,
18:47les amis,
18:48uniquement dans l'intimité
18:51pour pouvoir se nourrir
18:52tout simplement
18:53pouvoir se nourrir le soir
18:54et que chaque jour
18:56soit meilleur
18:56que le jour précédent
18:57tout est parti de là
18:59mais aussi avec la petite étincelle
19:00que vous ne maîtrisez pas
19:01et on en arrive aujourd'hui
19:02presque à nos 50 ans
19:04ça va être le premier objectif.
19:06Ce qui est fabuleux
19:07c'est qu'aujourd'hui
19:08la noisettine du Médoc
19:09c'est devenu vraiment
19:10un savoir-faire local
19:11qui est apprécié, connu
19:12vous avez 45 000 personnes par an
19:14qui viennent ici
19:15dans ce magasin.
19:16Mes parents au tout début
19:17sans moyens, sans rien
19:19et s'installant dans une ruine
19:20ne pensaient jamais
19:21à accueillir qui de ce soit
19:22sur place
19:22et en fait par le bouche-à-oreille
19:24par le soutien local
19:26par le fait que les habitants
19:28s'approprient le produit
19:29et toujours soutenus mes parents
19:31fait que petit à petit
19:33des visiteurs sont venus
19:34se présenter à la porte
19:35et à travers le temps
19:37à travers les décennies
19:39on s'est vu se recevoir
19:40du monde de près de 40 000
19:4245 000 ça dépend bien sûr
19:43un petit peu des années
19:44et des événements
19:45Vous avez conçu une visite
19:47avec une vraie scénographie
19:48on peut aller voir ?
19:49On y va
19:49Je suis
19:50Et donc on est ici
19:51dans cette pièce
19:52qui est un vieux chien
19:53Et ici dans cette salle
19:54on va prendre le temps
19:55un petit peu avec les gens
19:56d'expliquer
19:56de répondre aux questions
19:58de faire la délustration
19:59il y a un film
20:00qui retrace un petit peu
20:01la fabrication
20:02des automates
20:04qui retrace aussi
20:05un petit peu notre histoire
20:06donc on reste
20:07suivant le monde
20:08on va dire ça
20:09entre 50 minutes
20:10et 1h30 sur place
20:11à peu près
20:12On continue la visite
20:13avec Romain
20:14et là je suis face
20:15à une cuve en cuivre
20:16équipée d'un batteur
20:17c'est un prototype
20:18mais je crois que la fabrication
20:19elle n'a pas tellement changé
20:20Elle n'a pas beaucoup changé
20:21ce prototype
20:22en fait on a tourné
20:233 ans dessus
20:24c'est dans le début
20:24des années 80
20:26et il est important
20:27il a été fait par les professeurs
20:28de l'UIT de méthanique
20:29de Bordeaux-Talens
20:30avec mon père
20:31et en gros
20:32pour décrire un petit peu
20:33on a une cuve en cuivre
20:34qui est entourée
20:34par une chaîne de motos
20:35avec des pignons de vélos
20:36et un moteur d'essuie-glace
20:37qui permet le battement
20:39Donc ce prototype
20:40il est vraiment important pour nous
20:41parce qu'il marque
20:42la recette
20:43telle que les gens
20:44la goûtent encore aujourd'hui
20:45quand ils viennent nous voir
20:46avec des petites fournées
20:47de 2 à 3 kilos
20:47Donc si on résume les états
20:49On y met d'abord
20:50on prépare notre sirop dedans
20:51donc on prépare le sirop
20:52avec notre sucre à l'intérieur
20:54l'eau
20:55et le savoir-faire
20:56petit à petit
20:58on va rajouter
20:58les noisettes
20:59que l'on va laisser
21:00petit à petit brasser
21:01et confire
21:02et suivre un petit peu
21:03les différentes étapes de cuisson
21:04on juge à l'oeil
21:05la fin de la cuisson
21:06on sort les noisettes
21:07En voilà une sacrée aventure
21:09alors si on veut visiter les lieux
21:10comment fait-on ?
21:11Eh bien en cette période de l'année
21:12la visite se fait sur réservation
21:13tous les renseignements
21:15sont sur noisetteen.fr
21:16noisetteen avec 2 T
21:18et un seul N au pluriel
21:19mais le magasin
21:21reste ouvert tous les jours
21:21mais je voudrais revenir
21:22sur l'histoire de cette spécialité
21:23car Romain a encore
21:24des choses à nous raconter
21:25Alors en 2017
21:27on est rentré au Petit Larousse
21:28avec la définition
21:29noisetteen
21:292 points
21:30spécialité du Médoc
21:31etc
21:32sans qu'on
21:34connaisse l'origine
21:35de cette démarche
21:36On a la Confrérie
21:37de la Noisotine
21:38qui a été créée en 2019
21:39par des habitants du Médoc
21:41pareil c'est une démarche
21:42de leur part
21:43et comme je le disais
21:45un petit peu précédemment
21:46mais pour moi
21:48ça rebondit vraiment
21:49sur ce qu'est une spécialité
21:50c'est quand les habitants
21:51s'approprient
21:52un produit
21:53et que ce produit
21:54clite un peu vos mains
21:55et que le territoire
21:57le défend
21:58comme vous le défendriez
21:59voilà une belle définition
22:00du mot spécialité
22:01merci Thibault
22:02pour cette découverte
22:03merci encore
22:03Gilles Lattaf
22:04d'avoir été notre invité
22:05avec Gérard Gomez
22:06pour évoquer justement
22:08ces artisans
22:09ces entrepreneurs
22:10face aux violences
22:11du 17 octobre
22:11puis on a aussi évoqué
22:12ce salon du Made in France
22:14qui approche
22:15à grands pas
22:16merci à vous
22:17chers auditeurs
22:17on se retrouve
22:18la semaine prochaine
22:19même jour
22:19et même radio
22:20et surtout d'ici là
22:21portez-vous bien
22:23sud radio c'est ça la France
22:25Nathalie Schrengirma
22:26avec les chambres de métier
22:28de l'artisanat
22:28artisans
22:29porteurs de projets
22:30apprentis
22:30nous vous accompagnons
22:31depuis 100 ans
22:32pour faire battre
22:33le coeur de la France