- il y a 9 mois
Avec Arnaud Schwartz, dirigeant de la maison Papier d’Arménie
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NewsTranscription
00:00Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent.
00:05La CMA, artisan de la nouvelle économie, présente
00:08Sud Radio C. Sala France, Nathalie Schrengirma.
00:13Bonjour et bienvenue dans C. Sala France, l'émission du savoir-faire français.
00:17Aujourd'hui on va vous parler d'un petit carnet de papiers presque discret, mais chargé d'histoire, de mémoire, de savoir-faire.
00:23Un objet qui traverse les générations, les frontières, les intérieurs depuis plus d'un siècle, depuis maintenant 140 ans.
00:30Le papier d'Arménie, c'est bien plus qu'un parfum ou un rituel domestique.
00:33C'est vraiment un patrimoine vivant, un geste immuable, un lien entre la tradition, l'artisanat, la modernité.
00:40Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir Arnaud Schwartz, dirigeant de la maison Papiers d'Arménie,
00:45une entreprise labellisée entreprise du patrimoine vivant, qui a su préserver une fabrication unique,
00:51tout en l'approchant dans le monde contemporain.
00:53Avec lui on va rencontrer justement, on va remonter le fil du temps,
00:56on va comprendre comment est née cette aventure singulière
00:59et comment on fait vivre aujourd'hui un héritage sans le figer.
01:02C'est parti !
01:03Bonjour Arnaud Schwartz !
01:06Bonjour Nathalie !
01:07Merci d'être avec nous.
01:08Alors vous êtes le arrière, arrière, arrière, arrière, arrière ?
01:10Arrière deux fois.
01:12Arrière, arrière, petit-fils.
01:13C'est encore une entreprise familiale.
01:1540, 140 ans qu'elle existe, elle est toujours dans la même famille.
01:19Exactement, oui, oui.
01:20Et je suis très content parce que j'ai pu racheter la société en septembre,
01:23c'est que c'est dans la mer.
01:25Alors c'est une société qui est née d'une rencontre,
01:29qui a fait votre arrière, arrière, arrière, grand-père.
01:32Deux fois arrière, oui.
01:33Voilà, deux fois arrière, arrière, grand-père.
01:35Racontez-nous comment lui est venue cette idée de créer cette entreprise dédiée au Papier d'Arménie.
01:40Alors en fait l'histoire du Papier d'Arménie s'est née en 1885.
01:43En fait mon arrière, arrière, grand-père était pharmacien.
01:45Il avait un laboratoire pharmaceutique à Montrouge.
01:48Et il a fait un voyage en Arménie avec un chimiste qui était un de ses associés.
01:53Et ils ont découvert qu'en Arménie, dans les hôpitaux,
01:56ils utilisaient une résine, le résine de bain-joint qui est un produit médicinal miraculeux.
02:00Et en Arménie, ils utilisaient ça dans les hôpitaux pour aseptiser et désodoriser les chambres d'hôpitaux.
02:06Et ils faisaient brûler ça dans un encensoir.
02:08Il a trouvé le produit incroyable.
02:10C'était utilisé aussi pour cicatriser les peaux.
02:12Et c'est toujours utilisé dans la dermatologie.
02:14Et donc il a trouvé le produit incroyable.
02:17Mais il s'est dit, faire brûler ça dans un encensoir, c'est quand même pas très facile.
02:20Et donc avec son ami Auguste Ponceau, ils l'ont adapté.
02:24Ils ont pris du papier.
02:25Ils l'ont imbibé de bain-joint.
02:26Et puis avec une petite recette secrète, encore maintenant.
02:30Ils le brûlent.
02:31Et puis ils l'ont vendu sous forme de carnet.
02:33Et puis ça a eu un succès incroyable.
02:35En 1889, on a eu des médailles aux exclutions universelles.
02:38Et puis ça continue.
02:39Alors c'est vrai que c'est un papier buvard.
02:42C'est ça qui a permis d'absorber votre recette secrète.
02:45Et pour ceux qui connaissent ce papier d'Arménie, on va le plier en forme d'accordéon.
02:49Exactement.
02:50Alors c'est un papier buvard, mais c'est un papier compliqué.
02:52Un papier, c'est vivant.
02:53Donc même nous, quand on reçoit du papier, on le teste.
02:55Parce qu'en fait, il faut un papier qui absorbe bien le parfum.
02:59Mais qui se brûle aussi tranquillement.
03:01Ça met 60 secondes pour se brûler.
03:03Donc ça fait partie un peu du cérémonial.
03:05Le papier, la lamelle qui se brûle dans le temps.
03:09Et donc c'est compliqué de faire du papier d'Arménie.
03:11Mais alors du coup, aujourd'hui, à l'époque, il y avait ces deux possibilités.
03:16Parfumer et assainir une pièce.
03:19C'est vraiment les fonctions premières aujourd'hui ?
03:21Ou c'est toujours juste le plaisir d'avoir cette petite odeur, ce parfum ?
03:25Effectivement.
03:26En fait, beaucoup de personnes utilisent toujours le papier d'Arménie
03:29pour enlever les mauvaises odeurs du quotidien.
03:33Moi, personnellement, quand je fais la cuisine, un peu de gras, odeur de poisson,
03:37vous mettez une odeur de lamelle, c'est très efficace.
03:39Deux odeurs de cigarette, tout ça.
03:41Mais ce qu'on voit avec beaucoup de jeunes, en fait, les jeunes utilisent ça beaucoup aussi
03:43pour créer une atmosphère agréable, en fait.
03:45Il y a un peu un rituel quand on fait brûler papier d'Arménie.
03:48On prend son carnet, on l'ouvre.
03:50On l'allume, on souffle sur la flamme pour que ça brûle tranquillement.
03:55Ça, c'est le rituel.
03:57Et donc, les personnes utilisent bien le papier d'Arménie comme ça.
03:59Ils aiment bien l'utiliser.
04:00Oui, et puis ils sont habitués à cette odeur, mais en même temps, il a fallu innover.
04:03Parce que c'est vrai que vos...
04:04Est-ce qu'on peut dire que vos principaux concurrents,
04:07ce seraient peut-être les bougies parfumantes aussi, odorantes d'intérieur ?
04:10Pas vraiment.
04:11En fait, je pense qu'on est complémentaires.
04:13Nous-mêmes, on a même lancé des bougies végétales parfumées avec nos parfums.
04:18Mais je pense que tout le monde est très attaché à ce produit unique.
04:22Personne n'arrive à nous copier.
04:23C'est compliqué à faire.
04:25Et puis, on est une marque, une identité très forte.
04:28Et puis, c'est un produit qui passe de génération en génération.
04:31Tout le monde connaît.
04:3170% des Français connaissent ou l'ont utilisé.
04:34Donc, c'est un peu une madène de Proust.
04:35Ça passe d'une génération à une autre.
04:38Et les jeunes s'en emparent bien.
04:39Oui.
04:39Alors ça, c'est impressionnant.
04:40J'avoue qu'on tape en papier d'Arménie sur les réseaux sociaux.
04:44Je me suis dit, mais ce n'est pas possible de travailler avec des influenceurs.
04:46Ils ont vraiment travaillé leur communication digitale également.
04:48Parce que les nouvelles générations s'en emparent.
04:51Puis, chacun montre un petit peu sa petite technique.
04:52Moi, je ne veux plus de telle façon.
04:53Je l'utilise pour telle raison.
04:55C'est vrai que vous avez réussi à capter aussi cette nouvelle génération.
04:58Alors, c'est très amusant de voir cette nouvelle génération.
05:00On fait un petit peu l'Instagram.
05:01Mais on n'est pas des grands...
05:03On est une petite PME.
05:04Mais c'est amusant de voir un peu comment les jeunes s'en emparent.
05:07Vous avez même des jeunes qui disent, ça enlève le mauvais oeil.
05:09Alors, nous, on ne répond pas, évidemment.
05:11Mais les gens disent, ça nous crée une atmosphère agréable.
05:14C'est sympa.
05:15C'est un rituel.
05:16Et puis, c'est un produit qui n'est pas très cher.
05:18Rendu 3-4 euros.
05:19C'est facile.
05:20Ça tient dans une poche.
05:22Donc, c'est sympa.
05:24Et pour ceux qui nous écoutent, ce papier d'Arménie, que tout le monde connaît,
05:27il est toujours fabriqué en France, sur le territoire, à Mont-Rouge, depuis 140 ans.
05:33Ça n'a pas changé.
05:35Et on ne changera pas.
05:36Combien de personnes autour de vous travaillent ?
05:3714 personnes.
05:3810 à la production, 4 à l'administration.
05:41Après, j'imagine que ça a évolué.
05:42Il a fallu peut-être mécaniser certaines étapes.
05:45Ou bien, il y a encore une grosse partie qui est faite à la main.
05:48Oui, vous avez une grosse partie qui est très artisanale, qui nécessite un vrai savoir-faire.
05:52Et c'est là où, en fait, on arrive à se différencier.
05:53On n'arrive pas à se faire copier.
05:54C'est-à-dire qu'il y a un travail où il faut tremper des feuilles dans plusieurs solutions,
05:59le faire sécher, sélectionner le papier, préparer le parfum, mettre le bain-joint en poudre, le dissoudre.
06:06Un carnet de tradition, ça met 6 mois avant qu'on le vende, en fait.
06:08Deux mois et demi de préparation pour le parfum.
06:12Et après, on va le faire vieillir pendant 3 mois.
06:14Et puis, il faut trouver du bon bain-joint.
06:15On va s'approvisionner avec du bain-joint au Laos.
06:18On le fait vieillir.
06:18Le bain-joint qu'on utilise actuellement, il a pratiquement 10 ans.
06:22Donc, c'est tout un art.
06:23Et ça, c'est important, de respecter chacune de ces étapes ?
06:27Tout à fait.
06:27C'est essentiel.
06:28En fait, si on ne respecte pas les étapes, si on n'est pas les bons ingrédients, ça ne marche pas.
06:32Le papier va sentir le brûlé.
06:35Si vous n'avez pas le bon papier, s'il n'a pas été trempé dans les bonnes solutions,
06:38dans le temps, pas vieillir, ça ne donnera pas le même rendu.
06:40D'ailleurs, parfois, on a des clients qui nous appellent
06:42« Ah, mais il n'est pas pareil, qu'est-ce qui se passe ? »
06:45C'est un produit naturel.
06:45Donc, c'est en général presque tout le temps pareil.
06:49Mais comme c'est artisanal, c'est jamais totalement pareil.
06:54Il y a parfois des petites… c'est vivant, quoi.
06:57Donc, forcément, il y a des tariènes en temps.
06:59Et puis, pour vous dire aussi, le carnet de tradition, on peut le garder 20 ans.
07:04Et c'est amusant, il y a des personnes qui nous disent
07:05« Ah, mais j'ai retrouvé un carnet, il n'est pas pareil que maintenant. »
07:07Ben oui, parce que vous l'avez fait vieillir 20 ans.
07:09Et il va foncer un petit peu, parce que la propriété du bain en juin, ça va foncer.
07:13Et il va garder ses propriétés, il s'enterra très bon.
07:15C'est une entreprise qui a reçu le label « Entreprise du patrimoine vivant ».
07:19C'est-à-dire qu'on reconnaît, l'État reconnaît ce savoir-faire rare et précieux.
07:25C'est important pour vous, un label comme celui-ci ?
07:28Oui, parce qu'en fait, ça nous différencie des autres aussi.
07:30C'est aussi une reconnaissance pour nos employés, nos artisans qui fabriquent tous les jours.
07:36Mais c'est vraiment une reconnaissance, une différence.
07:40Et quand on vend à l'export, moi j'étais à New York il n'y a pas très longtemps,
07:44on était invité par Business France à un événement d'art de luxe,
07:47à l'art de vivre à la française et le luxe.
07:49Quand on dit « Entreprise du patrimoine vivant »,
07:52produit naturel, 140 ans, tradition et tâche, ça dit quelque chose en fait.
07:58C'est marrant parce que ce label dit plus de choses à l'étranger que sur le territoire.
08:01Parfois, oui, c'est assez intéressant.
08:04En Asie, on en parlait tout à l'heure, aux Âges Unis,
08:07ceux qui connaissent bien la France, ils aiment bien ça.
08:10Oui, puis en Asie, on a ces fameux trésors nationaux vivants.
08:13Il y a cette même fascination pour des entreprises centenaires
08:18qui ont un savoir-faire spécifique.
08:20J'imagine que pour vous aussi, le Japon, la Chine, c'était des territoires intéressants.
08:24Exactement. On vend au Japon, on vend au Vietnam, on vend en Chine, on vend en Asie.
08:29Et c'est amusant parce que les Japonais, dans nos carnets, parfois on a des traductions
08:33et les Japonais disent « On ne veut pas de japonais, on veut du français. »
08:37C'est chic, le français. C'est le luxe.
08:39Ça va avec le produit.
08:41La stratégie commerciale jusqu'à présent a reposé essentiellement sur les reventes
08:46dans les grandes enseignes.
08:47D'ailleurs, on vous voit chez Nature et Découverte ou d'autres endroits,
08:50des pharmacies, des boutiques bio, des drogueries.
08:52C'est toujours la même stratégie ?
08:55Est-ce que ça a un petit peu changé depuis ?
08:56En ligne également peut-être ?
08:57On a un peu évolué.
08:59C'est-à-dire que historiquement, mes ancêtres vendaient dans les drogueries.
09:03Oui.
09:04Mais les drogueries ont tendance à disparaître.
09:06Donc après, on s'est mis vers les pharmacies, dans les enseignes parapharmacies.
09:10On vend aussi dans les magasins spécialisés, décorations,
09:13comme vous avez nommé Nature et Découverte ou d'autres, Cultura.
09:16Mais on vend aussi de plus en plus maintenant de nouveau dans les drogueries.
09:20Vous avez des belles drogueries qui s'ouvrent de nouveau.
09:22Un droguerie qui s'appelle Magasin Général qui est super.
09:26Et ça, c'est sympa en fait.
09:28Les magasins se l'approprient.
09:30Et puis vous avez des magasins de mode, de décoration.
09:32Par exemple, Inès de la Fressange, ils achètent du papier d'Arménie.
09:35Vous avez des restaurants aussi qui vendent du papier d'Arménie, un restaurant très connu.
09:40Et puis à l'étranger, c'est un petit peu différent.
09:42Il n'y a pas de pharmacie dans lequel on vend du papier d'Arménie.
09:45Donc c'est des magasins de décoration, des magasins de cadeaux, des magasins de produits de luxe.
09:49Mais on est toujours un luxe accessible.
09:52Et donc en fait, on essaie d'être un peu diffus.
09:53Puis on vend un petit peu sur Internet aussi, pour que tout le monde puisse nous acheter où qu'il soit.
09:59Mais alors, comment on innove justement dans ce secteur-là ?
10:02Parce que vous avez un héritage important qui est là.
10:04C'est aussi ce qui fait le cœur même de l'entreprise.
10:07Comment est-ce qu'on a besoin d'innover pour capter peut-être ces nouveaux publics ?
10:11Et de quelle façon on innove ?
10:13Alors vous avez évoqué tout à l'heure les bougies.
10:14Mais est-ce qu'au niveau du parfum, on s'écarte parfois du parfum traditionnel ?
10:18Ou bien non, il faut qu'il soit toujours là ?
10:20Comment on fait ?
10:21Comment vous travaillez justement pour continuer à traverser les générations ?
10:25Alors nous, l'innovation, elle a commencé en fait il y a 20 ans.
10:30Quand ma mère a rencontré Francis Curdjian, qui est le grand parfumeur, qui dirige Dior maintenant.
10:37Et c'était l'année de l'Arménie, en 2006.
10:40Et il voulait offrir à la France et à l'Arménie un carnet.
10:44Et donc il a créé le parfum Arménie, qui est le carnet bleu,
10:47qui a eu un succès incroyable et qu'on a continué.
10:50Et puis après, il a créé un autre parfum rose.
10:53Parce que c'est un grand fan de Marie-Antoinette.
10:55Il est de Versailles et donc il a créé rose.
10:57Et à l'issue de ça, il est très créatif.
10:59Il a dit, mais attends Mireille, c'est le nom de ma mère, il faut que tu crées des bougies.
11:03Et donc en fait, il a créé des bougies avec les mêmes parfums de tradition,
11:06avec le bain joint, la rose et puis l'Arménie.
11:11Et puis on a fait ça grâce à un grand maître syrié.
11:16Et puis après, les gens nous disaient, mais on n'a pas d'endroit pour brûler le carnet.
11:21Comment on fait ?
11:23Et donc on a travaillé avec un designer espagnol qui nous a fait un brûleur.
11:25On l'appelle l'Étoile d'Arménie.
11:27Et puis là, j'ai rencontré Francis Curgeon de nouveau en septembre,
11:30quand je suis repris l'entreprise.
11:31Il m'a dit, il faut qu'on relance un nouveau produit.
11:33Parce qu'elle avait travaillé avec ma mère, qui s'appelle l'ambre.
11:36Et donc on va lancer vraiment un super parfum, un nouveau carnet ambre,
11:40sur premier trimestre ou deuxième trimestre.
11:42Mais c'est toujours lié à l'histoire, c'est ça ?
11:44Il faut vraiment qu'il y ait un ancrage dans quelque chose.
11:47Là, vous avez évoqué Marie-Antoinette, vous avez évoqué l'Arménie.
11:50Oui, alors l'ambre, je ne sais pas, c'est peut-être un peu l'Orient.
11:53Parce qu'en fait, mon arrière-grand-père avait d'autres marques
11:56qui s'appelaient Parfums d'Orient.
11:59Et donc on est en train de regarder des vieux carnets qu'on a.
12:02Et si vous venez visiter, vous vous montrez, on a des carnets incroyables et des couvertures.
12:05Et on est en train de voir avec l'ambre, qu'est-ce qu'on pourrait utiliser un vieux carnet.
12:09Le design d'un vieux carnet, toujours, c'est des papiers d'Arménie,
12:11mais on l'appellerait ambre.
12:13Donc on aime bien ce côté historique.
12:15Et je crois que nos clients, ils aiment ce côté-là.
12:18Alors, une question un petit peu plus personnelle.
12:20Vous, c'était une évidence pour vous de rejoindre la maison familiale,
12:23le papier d'Arménie ?
12:25Ou bien ça s'est décidé au fil des ans ?
12:29Ou peut-être parce qu'il fallait qu'il y ait un successeur à votre mère ?
12:33Ou bien c'était pour vous évident qu'il fallait à un moment donné rejoindre cette belle maison ?
12:37Non, ce n'était pas évident.
12:39Moi, j'étais banquier avant.
12:40J'étais directeur financier de très grands groupes.
12:42Chez General Electric, chez Barclays.
12:43Donc j'ai eu une vie professionnelle très remplie.
12:46Et puis je dois dire que les dernières années,
12:48j'en avais un petit peu marre de la pression boursière,
12:50des réunions trimestriels, des reportings,
12:54la pression de la bourse aussi.
12:56J'en ai bien profité.
12:57J'ai trouvé ça très intéressant.
12:59Et puis c'est tombé un moment où en fait,
13:00ma mère qui était actionnaire avec ses frères,
13:03voulait vendre en fait.
13:04Ils ont voulu vendre.
13:05Et donc, ils ont mandaté une petite banque d'affaires pour vendre la société.
13:09Moi, j'ai fait beaucoup d'opérations financières d'acquisition.
13:12Et donc du coup, je m'y suis intéressé.
13:15Et puis quand j'ai vu le mémo random d'acquisition,
13:17je me suis dit, mais je ne peux pas laisser passer ça.
13:19Toute cette histoire, tout ce patrimoine familial,
13:21non, ce n'est pas possible.
13:22Ce n'était pas possible.
13:25Donc, j'ai travaillé pendant...
13:26Ça a duré à peu près un an.
13:27Ça n'a pas été très facile.
13:28Notamment avec la famille,
13:29quand il n'y a plus besoin d'actionnaires
13:30qui veulent vendre à des investisseurs extérieurs.
13:33Et puis, j'ai réussi à monter le dossier.
13:36Et puis, j'ai été appuyé par une banque.
13:38Et puis, voilà.
13:40Et qu'est-ce qui vous paye le plus aujourd'hui au quotidien ?
13:42C'est de créer ?
13:44C'est de transmettre ?
13:46Qu'est-ce qui vous anime le plus au quotidien ?
13:49Moi, j'aime bien le produit en fait.
13:50C'est assez incroyable de voir que depuis 140 ans,
13:56on est là, dans le bureau de mon arrière-grand-père,
14:01ma grand-mère.
14:01Je suis un peu émis d'ailleurs.
14:03Mais oui, mais c'est vrai que c'est beau de se dire
14:06que tout a été préservé.
14:09Exactement.
14:09Et puis, de pouvoir continuer.
14:11Et puis après, lancer des nouveaux produits,
14:14faire quelque chose de nouveau.
14:15Continuer d'écrire l'histoire de la famille.
14:18Voilà, exactement.
14:18Plutôt que ce soit démantelé ou vendu à un fonds,
14:25enfin, un groupement financier ou à d'autres propriétaires.
14:28Bien sûr, bien sûr.
14:31Ça a failli partir à un investisseur.
14:34Et puis finalement, ça s'est bien fait.
14:37Et puis nos collaborateurs sont très reconnaissants en fait.
14:39Ils habitent tous Montrouge.
14:41On a des générations de collaborateurs, d'artisans
14:44qui travaillent au papier d'Arménie.
14:46Et c'était important d'avoir la continuité.
14:48On est dans Montrouge même.
14:49Ils voulaient tous faire des promotions immobilières.
14:52Donc, ça aurait quitté Montrouge probablement.
14:54Ils auraient fait un bel immeuble.
14:56Voilà, magnifique.
14:57Oui, puis vous aviez effectivement la responsabilité,
14:59quand on est chef d'entreprise, de toutes ces familles
15:01qui travaillent depuis des années pour la maison.
15:05Bien sûr, bien sûr.
15:05On a des artisans qui sont là, des collaborateurs, depuis 32 ans.
15:08Oui, qui maintiennent ce savoir-faire sur le territoire.
15:13Je pense que c'est un beau témoignage, Arnaud Schwartzain, effectivement.
15:17Puis je pense que votre mère doit être fière de pouvoir se dire
15:19c'est toujours dans la famille, ça continue, on continue d'écrire l'histoire.
15:22Et puis voilà, peut-être qu'il y aura la génération suivante
15:25qui voudra elle aussi prendre part à cette belle aventure.
15:28J'ai deux garçons.
15:29Il ne faut pas les pousser, il faut qu'ils aient leur vie aussi.
15:31Exactement.
15:32Ils y arriveront naturellement.
15:33J'en suis certaine.
15:35Merci d'avoir partagé avec nous cette belle histoire des papiers d'Arménie.
15:38On va se quitter un court instant.
15:39Et on se retrouve juste après avec Thibaut, notre French Trotter.
15:43Artisans, porteurs de projets, apprentis,
15:45les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent.
15:48La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente.
15:52Sud Radio C, Sala France, Nathalie Schrengirma.
15:56Nous voilà de retour dans C, Sala France, l'émission du savoir-faire français.
15:59Et il est temps d'aller se balader avec Thibaut,
16:02notre French Trotter qui parcourt la France pour l'émission.
16:06Sud Radio C, Sala France, avec Thibaut le French Trotter.
16:10Et cette semaine, Thibaut a tenté pour nous une expérience de déconnexion totale,
16:15en pleine nature, sans portable ni électricité,
16:18où le poêle à bois est bien utile.
16:20Un concept qui séduit de plus en plus, notamment en Vendée,
16:23à les directions Sèvremont, au cœur du bocage vendéen.
16:26Donc aujourd'hui, on découvre cette immersion, en pleine nature, dans le domaine terre et eau.
16:31Une immersion, une déconnexion, puisqu'on joue le jeu, voilà, il n'y a pas d'électricité.
16:35C'est bien ça, je suis avec Adeline, la propriétaire de ce domaine.
16:38C'est ça.
16:39Vous vous chauffez pour ce matin, du coup, au poêle à bois.
16:42Vous avez cuisiné hier au poêle à bois.
16:45Et effectivement, soit vous lavez avec de l'eau chaude solaire,
16:51soit ce matin, ce sont les granulés de bois qui ont pris le relais lorsqu'il y a une absence de soleil.
16:57Comment est née cette idée, ce concept de la déconnexion ?
17:01C'est un changement d'activité professionnelle, un vrai virage,
17:05où j'avais une vraie volonté de me retrouver à la campagne,
17:11vivre une vie plus simple, plus saine, moins rythmée pour profiter de mes enfants.
17:17Et j'ai découvert un jour le concept d'un lit au pré,
17:19et je me suis dit que c'était finalement ce genre de tourisme-là que je voulais faire.
17:25Donc nous avons démarré d'abord avec le gîte et les chambres d'hôtes.
17:30Et une fois que l'activité a été lancée, et que mon petit dernier avait pris quelques années,
17:36on s'est lancé du coup sur l'activité un lit au pré.
17:41Quelles sont les réactions des personnes qui viennent ?
17:44Est-ce qu'elles jouent vraiment le jeu, la déconnexion ?
17:46Vous préconisez aussi de couper le portable à l'arrivée ?
17:49Il y a des réticences, par exemple, pour couper le portable ?
17:51Pas du tout, parce que du coup, on a beaucoup de brochures locales, encore papier.
17:58Il y a possibilité de recharger le portable dans la grange,
18:01qui est un peu le lieu central, où on va retrouver les pains de glace
18:03pour conserver les aliments dans la malle de froid.
18:06Les infos, du coup, quotidiennes, le jour de marché, les activités locales.
18:14Mais ça permet vraiment aux gens de ne pas avoir leur portable dans leur poche.
18:17Mais c'est très fréquent qu'on puisse observer en fin de séjour
18:22une ribambelle de portable, un peu oubliée dans cette grange.
18:26Et là, en général, c'est un bon indicateur.
18:27On sait qu'ils ont trouvé autre chose à faire tous ensemble en famille.
18:31une partie de pêche, des jeux de société, souvent de la cuisine.
18:36On a un îlot central qui a été aussi, je pense, bien conçu dans nos lodges.
18:42Ça fait 45 mètres carrés.
18:44Et on a quand même cet îlot de cuisine au centre du lodge
18:47qui permet de se rassembler en quelque sorte.
18:50Ces lodges qui sont un peu des yourtes, en fait, des tentes ?
18:54Oui, des tentes. Tente, style un peu Tante Safari.
18:59Chaque chambre est isolée.
19:00Enfin, chacun a son intimité.
19:03La chambre avec le lit cabane est très prisée des enfants.
19:06Mais des tout petits comme des ados.
19:09C'est assez spacieux.
19:11La salle de bain est assez confortable aussi.
19:13Donc, chacun y trouve un peu son espace.
19:15Et puis, à défaut d'être dans le lodge,
19:19voilà, à l'extérieur, il y a aussi suffisamment de place
19:22dans les hamacs, les transats.
19:24On a une petite cabane perchée pour les enfants.
19:27La grange, de nouveau, où il y a des jeux pour les plus petits.
19:31Le trampoline et j'en passe, quoi.
19:33Grand terrain de jeu.
19:35Et avec un poêle qui trône au centre de la pièce ?
19:38Alors ça, c'est stratégique.
19:40Ça permet de se dire, voilà, le premier qui se lève, en gros,
19:43balance le feu si les nuits ou les matinées sont un peu fraîches.
19:48Et puis, ça va rappeler aussi aux parents
19:51que sans ça, on ne peut pas cuisiner.
19:55Donc, il faut se lancer.
19:58Il faut prendre le temps, du coup, de se lancer son feu de bois
20:02et de mettre des petits plats à mijoter.
20:05Vous allez voir, là, on l'a lancé.
20:06Et très, très vite, ça rayonne.
20:08Et on va pouvoir, du coup, se lancer, voilà, dans des œufs sur le plat
20:11ou des petits plats à cuisiner.
20:13Il y a des gens qui sont très, très à l'aise dans la cuisine.
20:16On a également un barbecue poêle en extérieur
20:18pour les journées quand même très ensoleillées
20:20où il fait bon et on n'a pas forcément besoin du poêle intérieur.
20:22Et là, on entend le vent s'engouffrer dans la toile de la tente.
20:26Oui, c'est maintenant.
20:27Et ça fait du bien d'être près du poêle.
20:30Et oui, on imagine qu'il fait bon près du poêle en plein hiver.
20:34On retrouve Thibaut la semaine prochaine
20:35pour la suite de cette déconnexion.
20:37Merci à vous, chers auditeurs.
20:43On se retrouve la semaine prochaine, même jour, même heure
20:45et même radio.
20:46Et surtout d'ici là, portez-vous bien.
20:48Sud Radio, c'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
20:53Avec les chambres de métier de l'artisanat.
20:55Artisans, porteurs de projets, apprentis.
20:57Nous vous accompagnons depuis 100 ans
20:59pour faire battre le cœur de la France.
21:00Sous-titrage Société Radio-Canada