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  • il y a 28 minutes
Avec Caroline Forest, Fondatrice de forESTIME

Retrouvez C'est Ça La France avec Nathalie Schraen-Guirma tous les dimanches à 12h30.

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##C_EST_CA_LA_FRANCE-2026-09-20##

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News
Transcription
00:00Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent.
00:05La CMA, artisan de la nouvelle économie, présente
00:09Sud Radio Cé-Salle à France, Nathalie Schrengerma.
00:12Bonjour à tous et bienvenue dans Cé-Salle à France, l'émission du savoir-faire français.
00:16Le 6 octobre, c'est la journée nationale des aidants.
00:19Ils sont des millions de français à accompagner leurs proches au quotidien,
00:23proches âgés, malades, en situation de handicap.
00:26Et parmi les gestes qui peuvent devenir compliqués,
00:28il y en a auxquels on ne pense pas spontanément s'habiller.
00:31Eh oui, boutonner une chemise, enfiler un pantalon, lever les bras.
00:35Avec l'âge ou la maladie, ces gestes très simples peuvent devenir difficiles.
00:40Eh bien, on va en parler justement car c'est de ce constat qu'est né Forestim,
00:43une marque française qui imagine des vêtements adaptés, faciles à enfiler,
00:47mais avec une conviction, ce n'est pas parce qu'on perd en autonomie qu'on doit renoncer à être
00:51élégant.
00:52Des vêtements, bien évidemment, qui sont fabriqués sur le territoire.
00:56On en parle avec sa fondatrice, la fondatrice de cette belle marque, Caroline Forest.
01:01Sud Radio, c'est ça la France.
01:03Bonjour Caroline.
01:05Bonjour Nathalie.
01:06Caroline Forest, vous avez créé non pas Forestime, mais Forestim, ce petit jeu de mots.
01:12Alors vous avez travaillé pendant 25 ans dans le textile.
01:14Qu'est-ce qui vous a poussé un jour à utiliser cette expérience
01:17pour vous intéresser aux vêtements des personnes âgées ?
01:21En fait, j'ai deux expériences qui m'ont poussé.
01:24Tout d'abord, j'étais vraiment marquée par la dernière étape de vie de mes grands-parents
01:29qui étaient en EHPAD et notamment sur la perte de dignité.
01:33Donc ça, c'était il y a plus de 20 ans.
01:34Et sur les problématiques qu'on avait quand on devenait dépendant.
01:39Et puis, plus récemment, j'ai rencontré une relation qui était directrice d'EHPAD
01:43et qui savait que je travaillais dans le textile
01:48et qui m'a fait part justement de la difficulté qu'elle avait
01:51à la fois à contenter les familles et ses équipes
01:58qui avaient du mal à habiller les seniors
02:00et qui se retrouvaient toujours confrontés dans le choix de soit du beau, soit le pratique.
02:05Mais jamais les deux en même temps.
02:07Mais alors, qu'est-ce que vous aviez observé justement chez eux, chez vos grands-parents ?
02:11Qu'est-ce qui avait été le plus marquant ?
02:13C'est vraiment ces scènes de devoir renoncer à l'élégance, la difficulté de s'habiller.
02:17C'est vraiment chez eux, au quotidien, que vous avez vu ça ?
02:20Alors, je l'ai vu dans le EHPAD.
02:21J'avais une grand-mère qui avait toujours été très coquette
02:24et elle se trouvait confrontée à cette problématique-là.
02:27Et puis même, au-delà de ça, c'était vraiment la perte de dignité.
02:31Quand vous voyez les bavoirs, tout est infantilisant.
02:37Alors que, c'est ce que m'avait expliqué mon grand-père,
02:39je me souviendrai toujours de la discussion que j'ai eue avec lui,
02:42en me disant, j'ai toute ma tête et j'ai l'impression d'être considérée comme un bébé.
02:46Et c'est cette perte de dignité qui m'avait beaucoup frappée chez eux,
02:49parce que ça avait été des personnes qui étaient très charismatiques.
02:53Et ils se retrouvaient à un âge où, d'un seul coup, on les exclut de la société.
03:00Et voilà, ils étaient très infantilisés.
03:02Et ce sont ces témoignages qui sont revenus le plus souvent
03:04quand vous êtes allée à la rencontre de ces responsables d'EHPAD.
03:08Alors, on parle beaucoup de mobilité, d'alimentation,
03:11lorsqu'on évoque la perte d'autonomie, mais beaucoup moins de l'habillement.
03:14Donc, c'est vrai que ne plus parvenir à s'habiller seule,
03:17c'est vrai que c'est difficile à vivre pour une personne qui vieillit.
03:21C'est très difficile à vivre.
03:23Et le fait de plutôt fermer les boutons,
03:25ou de mettre 20 minutes à fermer des boutons.
03:28Ma première cliente, j'étais à un salon,
03:32et je me souviendrai toujours de son expression,
03:33elle m'a dit « Ah, vous me sauvez la vie ! »
03:35J'ai pris 20 minutes ce matin à l'habiller.
03:38Et le système avec l'ouverture aimantée est tellement pratique
03:41qu'en un clic, c'est fini.
03:44Et ça reste une chemise élégante.
03:46Et pour moi, c'était vraiment de confiner l'élégance
03:49et la praticité sur la collection.
03:51Alors, expliquez-nous comment vous avez innové,
03:53comment vous avez repensé le vêtement.
03:55Je pense notamment, vous venez de l'évoquer,
03:57à certaines chemises.
03:59Voilà, les boutons, comment on fait justement
04:01pour proposer quelque chose de pratique,
04:03mais d'élégant également ?
04:05Alors, en fait, justement, je voulais avant tout
04:07que mes clients aiment l'élégance.
04:10Mais je sais qu'à partir d'un certain âge,
04:11c'est plus difficile de s'habiller
04:13parce que vous avez déjà même, avant tout problème,
04:15entre guillemets, vous avez déjà le corps qui évolue.
04:17Le corps de la femme et de l'homme, c'est pareil.
04:19Notamment avec la taille qui s'épaissit,
04:21le dos qui se voûte.
04:22Et tous ces éléments-là ne sont pas pris du tout en compte
04:25dans la mode actuelle.
04:27Donc, moi, je l'ai pris en compte
04:29en mettant au point mes vêtements déjà
04:30sur une morphologie de plus de 80 ans.
04:34Ce qui fait que, par exemple, mon chemisier,
04:35il va avoir une forme légèrement trapèze,
04:37ce qui permet que les épaules soient bien placées
04:40et que les personnes soient à l'aise au niveau du ventre.
04:42Donc ça, c'était déjà un premier point.
04:44Et le deuxième point, je voulais que ça soit pratique.
04:47Et pour être pratique, c'est là où j'ai imaginé un modèle
04:52où je pouvais soit le proposer, enfin, un modèle en deux versions.
04:55La version pour les personnes en autonomie
04:58qui veulent continuer à s'habiller en toute autonomie, tout seul.
05:01Et là, c'est avec la fermeture aimantée sur le devant.
05:04Et c'est très pratique parce qu'en deux secondes, ça se ferme.
05:07Et pareil pour les poignets avec des aimants.
05:09Et c'est un système français breveté
05:12qui résiste à tous les lavages.
05:13Donc c'est garanti à vie.
05:15Et je propose le même chemisier après
05:17pour d'autres personnes qui, elles, sont dépendantes
05:19et qui ont besoin d'aide pour être habillées.
05:21Et là, ça va éviter les manipulations douloureuses.
05:24Et pour la personne qui habille, ça va être beaucoup plus rapide.
05:27Et, pareillement, ça va se fermer avec des aimants,
05:29mais cette fois-ci, derrière.
05:31Mais vous savez, moi, ce que je trouve vraiment très intéressant
05:33dans votre démarche,
05:35déjà, je trouve ça très touchant.
05:36C'est-à-dire d'avoir pris le temps, déjà,
05:38de vraiment s'intéresser à ce que recherchaient les seniors.
05:42Parce que, finalement, tous ces vêtements,
05:44j'allais dire, vous les avez presque co-conçus
05:46au contact des seniors, au contact des soignants.
05:50Et donc, du coup, on a vraiment...
05:52On repense complètement le vêtement pour eux.
05:57Exactement.
05:57Parce qu'en fait, la mode actuelle, comme je vous disais,
05:59elle n'est absolument pas pensée pour eux.
06:00Et donc là, je voulais vraiment tout penser pour eux.
06:03Et c'est vrai que pour ça, j'ai fait des ateliers de co-design
06:05avec à la fois des seniors,
06:07pour savoir aussi quelle matière ils aimaient,
06:09quelle matière ils n'aimaient pas,
06:10quelles étaient les pièces les plus difficiles à mettre.
06:13J'ai fait aussi des ateliers de co-design avec les familles.
06:16Parce que les familles aussi sont confrontées à ça,
06:19notamment quand elles ont leur proche seigneur qui est en EHPAD,
06:21qui ne peut pas acheter lui-même, etc.
06:23Et puis, par rapport aussi aux soignants,
06:27parce que moi, j'avais l'expérience textile,
06:29mais je ne savais pas comment m'habiller
06:30un seigneur dépendant, dans un EHPAD, par exemple.
06:33Et là, j'ai mis au point cette fameuse découpe dans le dos, etc.,
06:38avec des soignants.
06:40Parce qu'on a vraiment pensé le vêtement
06:43pour faciliter l'habillage pour un aidant ou un soignant,
06:46et pour un seigneur.
06:47C'est pour ça que ça se ferme dans le dos.
06:49Comme ça, on ne doit pas monter les...
07:02ne pas médicaliser le vêtement.
07:04Donc, c'est-à-dire qu'on fait appel,
07:07on prend, comment dire,
07:09on travaille en collaboration aussi avec les aidants,
07:12mais l'idée, c'est vraiment qu'au final,
07:14ça ne ressemble pas à un vêtement médicalisé.
07:16Et ça, l'élégance, ça a été non négociable pour vous.
07:20Tout à fait.
07:21Je voulais absolument que ça ne soit pas stigmatisant.
07:25Que le vêtement, j'avais tellement été marqué
07:26pour mes grands-parents,
07:27et la perte de l'unité,
07:29que je ne voulais absolument pas un vêtement stigmatisant.
07:32Donc, c'est pour ça que le même modèle,
07:34enfin, le même imprimé,
07:35je vais le proposer dans la chemise Charlotte
07:37et dans la chemise Clara.
07:38La chemise Charlotte, elle est autonome.
07:39La chemise Clara, elle est pour les personnes dépendantes.
07:42Elle se ferme dans le dos, elle au contraire.
07:44Et d'extérieur, vous ne voyez pas la différence entre les deux.
07:47Mais alors, une fois qu'on a l'idée,
07:50une fois qu'on a l'idée,
07:52on vient de le dire,
07:53la mode, d'une manière générale,
07:54ne pense pas vraiment à la morphologie des seniors.
07:57On va juste proposer des tissus
07:59qui semblent, on va dire,
08:01comment dire, agréables à porter.
08:04Comment vous faites ?
08:05Vous avez l'idée ?
08:06Vous aviez envie de fabriquer en France.
08:08On le précise, tout est fabriqué dans les Hauts-de-France.
08:12Comment vous êtes partie chercher un atelier ?
08:14C'est ça avec votre idée en tête ?
08:15Vous avez été bien reçue ?
08:17Ça a été compliqué de convaincre ?
08:19Alors, les ateliers, en fait,
08:22j'ai cherché un atelier.
08:23Au début, j'en ai trouvé un,
08:24puis finalement, je n'étais pas contente de la qualité,
08:26donc j'en ai retrouvé un autre.
08:28Voilà, entre-temps, il y a eu le Covid,
08:29c'est un peu compliqué la chose,
08:31mais on y est arrivé.
08:33Et à convaincre, non,
08:34parce que je pense qu'il y a des petits ateliers,
08:36heureusement, qui se sont mis en place.
08:38Et là, le Covid a aidé un petit peu,
08:39parce qu'il y a eu toute la problématique de masques.
08:41Et après, il y avait ces ateliers-là
08:43qui étaient aussi disponibles
08:45pour pouvoir faire des vêtements
08:48en plus petite quantité.
08:49Parce que c'est vrai que quand on démarre,
08:50on est obligé de les créer en petite quantité.
08:52Mais l'avantage, justement, de la France,
08:55c'est que ça donne de la réactivité.
08:57On n'est pas obligé d'acheter des quantités.
08:59Et donc ça, c'est tout très bien,
09:01et ça permet d'adapter au fur et à mesure.
09:03Donc pour ça, je n'ai pas eu trop de soucis
09:05à convaincre les ateliers.
09:07En plus, je venais du textil,
09:09donc je connaissais quand même le domaine.
09:12Et après, moi, c'était dans mon choix aussi.
09:14J'ai essayé de faire dans les matières.
09:16Je voulais des matières qui soient jolies,
09:18qui soient modernes.
09:19Et donc c'est dans le choix des défunts,
09:21des imprimés.
09:22Et là, c'est aussi de convaincre les fournisseurs
09:24avec des plus petites quantités.
09:26Donc ça, ce n'est pas toujours simple.
09:27Mais on y arrive.
09:29Et puis après, c'était aussi d'avoir ce système d'aimants
09:31qui soit, je voulais quelque chose de breveté.
09:33Je ne voulais pas un aimant chinois
09:35qui, au bout de trois lavages, ne tenait pas.
09:38Donc je voulais vraiment quelque chose
09:39qui dure dans le temps.
09:40Voilà.
09:41Donc produire en France avec, j'imagine, un surcoût.
09:43Combien coûtent justement ces vêtements
09:46fabriqués sur le territoire en moyenne
09:48pour avoir une fourchette de prix
09:49pour ceux qui nous écoutent ?
09:51Tout à fait.
09:51Un fusil coûte entre 99 et pour celui qui est fermé dans le dos
09:56jusqu'à 129 euros.
09:57Et les pantalons, c'est entre 99 et 119 euros
10:01pour du fabrication française.
10:03Donc ce n'est pas, même si ça peut paraître élevé,
10:06ce n'est pas si élevé que ça pour la fabrication française.
10:08J'ai justement restreint les marges pour que ça soit quand même
10:11entre guillemets accessible.
10:13Alors je sais que pour beaucoup, ça peut être compliqué
10:16parce qu'on est habitué à du fabriqué chinois
10:18ou, voilà, fabriqué asiatique
10:21où le vêtement, voilà.
10:23Donc ça, mon chemisier, c'est un prix de 2 à 3 chemises.
10:26Voilà.
10:27En sachant qu'en général, j'imagine que, voilà,
10:30l'idée, ce n'est pas d'avoir non plus 50 000 pièces,
10:33mais juste les quelques pièces qui permettent justement
10:35d'être élégants et de s'habiller sans trop de souties,
10:38quoi, tout simplement.
10:40Exactement.
10:40Et c'est ça, souvent, où les clients,
10:42la première fois qu'ils essayent et qu'ils voient le petit claque,
10:45parce qu'on entend le petit claque quand on ferme les vêtements,
10:48eh bien là, ils n'en reviennent pas.
10:50Et donc ils essayent et après, ils disent,
10:51ben oui, finalement, parfois on achète 2, 3 chemises
10:55qui plaisent moyen, etc.
10:56Vous avez mis une belle chemise que l'on met très souvent,
10:59qui est très rapide à mettre.
11:01Et ainsi de suite, parfois, souvent, ils m'en prennent 2 après,
11:04parce qu'ils trouvent ça tellement plus pratique.
11:05Donc on en a moins, mais c'est plus qualitatif
11:07et c'est dur à temps.
11:09Restez bien avec nous, Caroline Forest.
11:10On va se quitter un court instant.
11:11On se retrouve juste après.
11:12On évoquera aussi avec vous cette semaine du 6 octobre
11:17qui approche à grands pas,
11:18la semaine de la Journée nationale des aidants.
11:21On va en dire un mot également.
11:23On se retrouve d'ici quelques secondes.
11:25Restez bien avec nous.
11:26Artisans, porteurs de projets, apprentis,
11:28les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent.
11:31La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente.
11:35Sud Radio, c'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
11:38Nous voilà de retour dans C'est ça la France,
11:40l'émission du savoir-faire français.
11:42Nous sommes avec Caroline Forest qui a créé l'entreprise Forestim.
11:47Une idée que je trouve très ingénieuse, tout simplement presque de bon sens.
11:52C'est comment proposer toute une gamme de vêtements à des personnes âgées
11:58qui ont plus de mal à s'habiller pour leur permettre de rester élégants
12:02tout en pouvant s'habiller encore de manière autonome.
12:05Caroline, vous êtes avec nous.
12:06Vous nous le disiez à l'instant, il y avait cette envie de produire sur le territoire français.
12:09Alors, c'est vrai que c'est beaucoup plus flexible, on a un retour rapidement,
12:12on peut travailler sur des petits volumes dans un premier temps.
12:16Mais du coup, aujourd'hui, votre entreprise a été créée il y a combien d'années ?
12:20Quel bilan vous dressez ?
12:22Alors, mon entreprise a été créée il y a six ans, en décembre 2019.
12:29Mais en fait, pendant deux ans, avec le Covid, je n'ai pas pu mettre en place ma stratégie.
12:34Parce que d'une part, les ateliers étaient pris par la production de masques.
12:37Et d'autre part, dès le départ, en fait, je voulais aller à la rencontre des seniors
12:41pour faire découvrir ma marque.
12:43Parce que sur Internet, il y en a peu encore qui y sont.
12:46Donc, j'ai un site Internet.
12:47Mais je voulais surtout aller faire aussi revenir le plaisir du shopping
12:51directement auprès des seniors.
12:53Et pour ça, l'idée, c'était d'aller dans les résidences-services seniors
12:55et dans les EHPAD.
12:57Et donc, pendant deux ans, ils ont été fermés à cause du Covid.
13:00Bah oui !
13:01Voilà, donc ça m'a retardé complètement mon développement.
13:05Donc, depuis quatre ans, j'ai pris ma voiture et je suis faite dans toute la France
13:09faire découvrir la marque dans les résidences-services seniors et les EHPAD.
13:14Et maintenant, je passe à la cap supérieure,
13:17qui est de remettre en place un résident ambassadrice
13:20qui fasse ce que je fais dans toutes les régions.
13:22Donc ça, c'est le but.
13:23C'est un peu comme une méthode, j'allais dire, Tupperware.
13:25C'est-à-dire qu'on est vraiment...
13:27Il faut faire découvrir le vêtement.
13:29Il faut expliquer comment ça fonctionne.
13:30Et généralement aussi, expliquer le coût.
13:33Ça sera peut-être plus élevé, que vous le disiez à l'instant,
13:36qu'un produit made in ailleurs.
13:38Mais par contre, pourquoi ?
13:40Parce que c'est fait sur le territoire.
13:42Et regardez justement l'avantage.
13:44Tout ce qui permettra à des seniors de pouvoir le laver à plusieurs reprises,
13:49le reporter derrière, avec effectivement les clips, les boutons
13:52qui fonctionneront toujours de la même manière,
13:55les tirettes également, de façon à pouvoir justement valoriser ce que vous faites.
13:59Donc ça, c'est l'idée.
14:00C'est-à-dire d'abord présenter à plusieurs EHPAD
14:02et ensuite créer, comme vous le disiez à l'instant,
14:05cette petite bande d'ambassadeurs, d'ambassadrices
14:07qui vont partir défendre vos produits sur tout le territoire français.
14:12Exactement.
14:13Et le réseau, c'est vraiment de faire un réseau d'ambassadrices en France.
14:16Mais également, j'ai déjà commencé à vendre à Bruxelles, au Luxembourg également.
14:20Voilà, c'est ce que je veux.
14:22Mais la France vieillit.
14:23Alors c'est la question de l'autonomie va prendre de plus en plus de place.
14:26Donc vous avez le sentiment qu'aujourd'hui encore,
14:29Forestim est sur un marché de niche ou pas du tout ?
14:32C'est plutôt même, j'allais dire, le début d'une transformation beaucoup plus large,
14:37d'une manière générale, de concevoir le vêtement,
14:39notamment pour les seniors.
14:41Je pense que je suis encore sur un marché de niche,
14:43même si on a un tsunami d'hémographie qui va arriver.
14:46Ça, on est bien au courant.
14:48Grosso modo, les plus de 75 ans en France vont doubler en 2050,
14:53passant de 6 millions à 12 millions.
14:55Et en Europe, c'est la même chose.
14:56Les plus de 75 ans, c'est 3 fois.
14:58Voilà.
14:59Donc c'est sûr que c'est un marché qui ne va plus être un marché de niche,
15:02mais en tout cas qu'il l'est encore énormément.
15:04Et c'est vrai qu'il faut convaincre.
15:06Il faut convaincre aussi.
15:07Par exemple, moi, je voulais absolument une marque inclusive.
15:09Et c'est pour ça que je voulais que ça soit présenté sur des seniors.
15:13Et beaucoup de personnes m'ont freiné un peu dans ce domaine-là,
15:16en disant, ben non, etc.
15:17Mais pour moi, ça me paraissait normal qu'un senior ait envie de voir,
15:20avec sa morphologie de senior, ait envie de voir porter sur une senior.
15:25Mais moi, j'ai pris des très jolis mannequins seniors.
15:28C'est dans une image moderne.
15:30Mais au moins, une personne peut voir ce que ça donne sur elle.
15:33Mais oui, c'est un peu comme les crèmes anti-rides.
15:36Quand on s'est porté par des femmes de 20 ans ou des femmes de 60 ans,
15:40ce n'est pas la même chose.
15:41C'est-à-dire que vraiment, on se dit, ben non, là, ce n'est pas sérieux.
15:43Donc c'est vrai que de le voir réellement avec quelqu'un qui vous ressemble,
15:49ça change tout.
15:50C'est-à-dire qu'on peut se projeter.
15:51Ça a plus de sens, quoi.
15:53Tout à fait.
15:54Et c'était le but parce que je veux vraiment que Forestine
15:56soit une marque inclusive vis-à-vis des seniors à tout niveau.
15:58Oui, c'est ça.
15:59On ne les cache pas.
16:00Il n'y a pas cette manière de prendre des mannequins
16:02qu'ont 30 ans ou 50 ans pour poster des vêtements de personnes de 80 ans, quoi.
16:07Au contraire, on prend les mannequins des grands-mères, mannequins,
16:11qui vont pouvoir montrer aussi comment ça fonctionne.
16:16Et avec les vrais gestes, des gestes peut-être plus au ralenti.
16:19Voilà.
16:19Donc c'est vraiment beaucoup plus proche de la réalité, en fait.
16:23Tout à fait.
16:25Moi, je trouve que c'est une très, très belle aventure.
16:27J'imagine que la prochaine étape, on l'a entendu,
16:30c'est continuer à se déployer un peu partout.
16:32Mais alors du coup, vous parliez de « faut convaincre, faut convaincre ».
16:35C'est quoi les freins que vous rencontrez ?
16:37C'est quoi les plus grosses difficultés, les plus gros obstacles
16:39pour justement vous permettre de vous déployer comme vous le souhaitez ?
16:43Alors, le plus gros obstacle, c'est le prix, parce que c'est du pays en France.
16:47Donc ça, c'est sûr que c'est un frein, je le comprends tout à fait.
16:50Donc c'est aussi de convaincre l'avantage par rapport, comme je vous le disais précédemment.
16:54Et puis après, le deuxième obstacle, c'est de faire connaître la marque,
16:58tout simplement parce qu'il y a plein de gens, une fois, qui me disent
17:00« Ah, si j'avais su, parfois, voilà, mes grands-parents, ils auraient adoré, etc. »
17:05En fait, c'est de faire connaître la marque.
17:06Et c'est pour ça que c'est de faire, et je fais l'appel aux ambassadrices
17:11ou aux ambassadeurs dans chaque région, parce qu'on cherche aussi bien sur Paris,
17:16sur Lyon, sur tout l'Ouest, sur ça, nous sommes très bien,
17:20d'avoir ce réseau, de mettre en place ce réseau d'ambassadrices
17:22pour aller à la rencontre des seniors et pour faire connaître la marque.
17:26Donc, et de la faire essayer, de pouvoir montrer les systèmes des mots, etc.
17:31Et puis après, ou sinon, également sur le site Internet. Voilà.
17:34– Merci beaucoup, Caroline Forest, d'avoir pris le temps de nous présenter
17:37cette belle entreprise Forestim pour permettre, pour qu'on ait une bonne estime de soi-même,
17:42quel que soit son âge. C'est vraiment une très belle idée.
17:45Et on a bien compris que vous êtes toujours à la recherche d'ambassadeurs et d'ambassadrices.
17:49Donc voilà, si certains sont intéressés, il suffit d'aller taper sur Forestim
17:54et vous envoyer un petit message à travers le formulaire contact.
17:58Merci beaucoup, Caroline.
18:00– C'est moi qui vous remercie. Merci beaucoup, Nathalie.
18:02– Bonne journée à vous. Au revoir.
18:03– Bonne journée également. Au revoir.
18:05– Allez, on va retrouver tout de suite Thibaut, notre French-trotter.
18:09– Sud Radio, c'est ça la France, avec Thibaut, le French-trotter.
18:13– Et Thibaut, avec vous aujourd'hui, nous allons nous intéresser à un monument
18:17qui vous tient particulièrement à cœur.
18:20– Et oui, Nathalie, vous connaissez mon attachement au Gers.
18:22Et aujourd'hui, je vais vous parler de l'un de ses joyaux, la cathédrale de Condon.
18:27Elle a été construite au XVIe siècle, sur l'emplacement d'une ancienne église
18:30et elle fut le siège de l'évêché jusqu'à la Révolution.
18:33Aujourd'hui, elle fait l'objet d'un vaste programme de restauration,
18:36engagé depuis trois ans et sur le chantier.
18:39J'ai rencontré Laurent Vicentini, un artisan passionnant et passionné
18:43qui dirige une société spécialisée dans la restauration des monuments historiques.
18:47Il a un savoir-faire reconnu dans le travail de la pierre.
18:50Et on va l'écouter. Il nous dit sur quelle partie de la cathédrale,
18:53cette belle cathédrale gothique, il est intervenu.
18:55Ça concerne le haut du clochet. Il y a une quinzaine d'années, on a fait la partie basse.
18:59Et donc là, la commune a décidé de s'attaquer à la partie haute
19:03parce que les pierres s'effrites, tombent dans la rue.
19:06Donc il y a beaucoup de travail de remplacement de pierres de taille un petit peu partout, on va dire.
19:10Vous, quand vous êtes face à cette cathédrale, qu'est-ce que vous regardez en premier ?
19:14Je dirais le travail de nos prédécesseurs.
19:17C'est ce qui m'impressionne le plus parce qu'aujourd'hui,
19:19on a quand même des moyens humains et matériels supérieurs à eux.
19:24Et on se rend compte des difficultés qu'on a quand même à remonter
19:28et à remplacer des cailloux qu'ils ont posés à l'époque, malgré les moyens qu'on a.
19:31Donc c'est ce qui m'impressionne le plus, je dirais.
19:33Aujourd'hui, on a mis l'ascenseur de chantier qui nous monte des pierres à 45 mètres de haut.
19:37C'est assez facile avec cet appareil.
19:40Je dirais qu'à l'époque, ils devaient monter des pierres avec des roues à écureuil
19:44ou des palans à cordes.
19:46Donc c'était plus compliqué.
19:47Concrètement, aujourd'hui, en quoi consiste votre travail ?
19:49Est-ce que c'est le remplacement de certaines pierres ?
19:51La restauration des pierres ? La réparation des pierres ?
19:54Oui, alors en fait, la pierre du Gers est très usée.
19:58Donc elle s'effrite beaucoup.
20:02Elle a tendance à se désquammer.
20:03Ce qu'on dit, c'est qu'elle perd de la matière.
20:07Donc le gros du travail, c'est effectivement remplacer les pierres qui sont usées
20:10et qui ne remplissent plus leur rôle structurel.
20:15Est-ce qu'il serait possible d'aller voir ce chantier de plus près ?
20:18Oui, bien sûr, on va y monter.
20:19Je vous invite à venir avec moi si vous n'avez pas le vertige.
20:22Allez, je vous suis.
20:22On va prendre l'ascenseur qui va nous mener jusqu'à 45 mètres de haut, c'est ça ?
20:25C'est ça.
20:2645 mètres, oui.
20:30Voilà, ça, il y en a arrivé presque au sommet de la cathédrale.
20:33Qu'est-ce que ça vous fait quand vous arrivez au sommet ?
20:35C'est toujours un peu impressionnant parce qu'il y a de la hauteur.
20:38Là, il n'y a pas trop de vent aujourd'hui, mais quand il y a un petit peu de
20:40vent,
20:40ça nous rappelle qu'on est assez haut quand même.
20:42Allez, on va voir le chantier.
20:44Là, vous avez une pierre neuve.
20:45Là, vous avez une pierre vieille.
20:47À quoi on voit que les pierres ont été remplacées ?
20:49La pierre neuve les arrête assez rectilignes,
20:52alors que les pierres anciennes, on les arrête plutôt érodées.
20:56Alors, le but d'une restauration, ce n'est pas de remplacer absolument toutes les pierres.
21:00Sinon, on ferait une cathédrale à neuf.
21:03Budgetairement parlant, ce ne serait pas possible.
21:04C'est qu'on remplace les pierres les plus érodées, celles qui nécessitent un remplacement
21:10puisqu'elles n'ont plus leur efficacité mécanique.
21:12Quelle quantité de pierres a été remplacée ?
21:15Par tranche, on a à peu près 20 mètres cubes.
21:17Un mètre cube de pierre pèse à peu près 2 tonnes 2, donc faites le calcul.
21:22Faites le calcul.
21:23Alors, ça représente combien de tonnes de pierres, Thibault ?
21:2644 tonnes de pierres.
21:28Alors, j'ai bien aimé votre voix en redescend.
21:31Vous avez un petit peu le vertige, non ?
21:32Non, non, non, je n'ai pas le vertige.
21:3444 tonnes de pierres, ça c'est impressionnant quand même.
21:37Mais elle vient d'où alors cette pierre ?
21:39Très bonne question.
21:40Pour ce chantier patrimonial, il a fallu retrouver une pierre compatible
21:43avec une couleur, vous savez, dorée ocre
21:46et une texture proche de celle de la pierre d'origine.
21:50Et Laurent va nous expliquer où il allait chercher cette pierre.
21:53La pierre d'origine, ils n'allaient pas très loin de la chercher.
21:56C'est le comte de moi.
21:58Nous, aujourd'hui, on est propriétaire d'une carrière en Lotté-Garonne
22:02avec une pierre qui ressemble très fortement
22:05parce qu'on a deux bancs.
22:05On a un banc un peu blanc cassé clair et un banc plutôt jaune.
22:09Et on est vraiment, vraiment dans le même type de pierre.
22:12Donc, voilà, c'est la pierre qu'on utilise aujourd'hui,
22:15la carrière de Pimirol, sur la restauration de la cathédrale.
22:18Et la taille a lieu chez vous, dans vos ateliers ?
22:20Oui, voilà, on a le siège social et l'atelier à la plume.
22:22En Lotté-Garonne ?
22:23En Lotté-Garonne, une petite vingtaine de minutes d'ici.
22:26Et on taille tout en atelier, oui.
22:28Dans cette taille de pierre, vous utilisez des machines, je crois ?
22:31Oui, voilà.
22:31On a des machines à découper la pierre, ce qu'on appelle des débiteuses à pierre.
22:35Alors, une pierre comme ça, on la dégrossie au maximum à la machine
22:37et on ne vient terminer l'approche des côtes et la dernière finition qu'à la main.
22:43Donc, on enlève le gros de la matière et est enlevé quand même à la machine.
22:47Il est passionnant, vraiment.
22:48C'est très intéressant de découvrir ce chantier, ce savoir-faire autour de la pierre.
22:52Et c'est vrai que sur Sud Radio et notamment dans ces salles à France,
22:56on aime donner la parole aux artisans et notamment à ceux qui se battent pour conserver le patrimoine.
23:02Alors, Laurent, je crois qu'il a encore beaucoup, beaucoup de choses à nous raconter.
23:06Donc, on vous retrouve la semaine prochaine.
23:08C'est ça pour la suite de ce reportage ?
23:09Absolument. Et on va voir notamment comment on replace ces pierres qui ont été nouvellement taillées.
23:14Voilà, c'est toujours passionnant.
23:16C'est toujours passionnant.
23:17Et puis, vous l'avez vu, Thibaut, dès qu'on parle du Gers, tout de suite.
23:20Il y a le sourire dans la voix.
23:22C'est un vrai passionné et un amoureux de sa région.
23:25Absolument.
23:25Merci, Thibaut. On vous retrouve la semaine prochaine.
23:28Merci à vous, chers auditeurs.
23:30C'est ça, la France. C'est terminé pour aujourd'hui.
23:32Rendez-vous la semaine prochaine.
23:34Même jour, même heure et même radio.
23:36Et d'ici là, portez-vous bien.
23:38Sud Radio, c'est ça, la France.
23:39Nathalie Schrengerma.
23:40Avec les chambres de métier de l'artisanat.
23:43Artisans, porteurs de projets, apprentis.
23:45Nous vous accompagnons depuis 100 ans pour faire battre le cœur de la France.
Commentaires

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  1. Sud Radio
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