- il y a 44 minutes
Avec Hasnaâ Ferreira, fondatrice de Hasnaâ Chocolats Grands Crus
Retrouvez C'est Ça La France avec Nathalie Schraen-Guirma tous les dimanches à 12h30.
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00:00Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier de l'artisanat vous accompagnent.
00:05La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente
00:09Sud Radio, c'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
00:12Bonjour à tous et bienvenue dans C'est ça la France, l'émission du savoir-faire français.
00:17Alors aujourd'hui nous retrouvons une entrepreneur que nous connaissons bien, que nous avons déjà reçu, Asna Ferreira,
00:22fondatrice avec son mari Vincent de Asna, chocolat grand cru à Bordeaux.
00:26Nous avions déjà raconté son parcours, sa reconversion et cette entreprise familiale, construite depuis plus de 10 ans autour du
00:32chocolat.
00:33Mais cet été, tout a basculé. Dans la nuit du 17 au 18 août, un incendie a entièrement détruit son
00:38atelier de production à Bordeaux.
00:41Près de 2 millions d'euros de matériel parti en fumée, 16 salariés privés de leur outil de travail, une
00:45entreprise à reconstruire.
00:47Un mois et demi plus tard, Asna Ferreira a décidé donc de repartir et justement, la production reprend progressivement
00:54et est avec nous au micro de Sud Radio pour en parler.
00:56Sud Radio, c'est ça la France.
00:59Bonjour Asna.
01:01Bonjour Nathalie.
01:02Alors Asna, je le disais, on a déjà eu l'occasion de vous avoir.
01:06C'est vrai que j'ai eu l'occasion même de venir à Bordeaux, découvrir la chocolaterie.
01:11Alors revenons justement sur cette nuit du 17 au 18 août.
01:14Comment vous apprenez que votre atelier est en feu ?
01:17Et lorsque vous avez rêvé sur place, qu'est-ce que vous découvrez ?
01:21Alors j'étais en vacances, j'étais en Espagne.
01:23Mon équipe était au courant avec moi puisqu'il y avait une partie de l'équipe qui continuait à travailler
01:27à mi-temps
01:28puisque c'était un atelier en cours de finalisation pour qu'on puisse se reproduire.
01:32Il était tout neuf.
01:35Donc ils m'ont appelée, mais comme j'avais mis en mode avion mon téléphone à 5 heures du matin,
01:43ce qui n'est pas possible d'entendre quoi que ce soit,
01:45mais à 8 heures, mon mari et moi, on a commencé à avoir les messages arrivés les uns après les
01:50autres.
01:50Et là, on a commencé à s'inquiéter, à se dire qu'il y avait un problème.
01:53Il doit y avoir un très très grave problème pour qu'on nous appelle comme ça.
01:57Et là, j'ai parlé avec mon chef d'atelier qui était à l'arme, qui me dit à cela,
02:01mais on m'a trop perdue, tout est parti.
02:04C'était la sidération.
02:05Oh là là.
02:06Et est-ce que vous avez le téléphone bien à l'oreille ?
02:08Parce qu'on entend beaucoup les bruits derrière vous.
02:14Alors je l'enlève.
02:17Est-ce que c'est mieux comme ça ?
02:18Ah, c'est nettement mieux.
02:20Donc vous avez votre chef d'atelier qui vous appelle pour vous annoncer le drame.
02:25Donc quoi ?
02:26Exactement.
02:27Et là, comme on était en voiture et qu'on s'est dit on ne va pas pouvoir y aller
02:32tout de suite avec nos enfants et tout,
02:34donc on est reparti que le lendemain.
02:36Le temps de faire la route, on est arrivé jeudi.
02:39Et là, le choc.
02:41Franchement, on peut imaginer, mais quand on le voit, c'est différent.
02:44C'est très choquant.
02:45Très choquant de voir 12 ans de travail partir comme ça en fumée
02:49et de voir à quel point le feu peut tout consommer et consommer.
02:53Donc oui, pour nous, ça a été un choc.
02:55Je pense que je ne suis pas prête à oublier ces images.
02:57Et vous savez ce qui a provoqué ce feu ?
03:00Alors, on soupçonne un incident électrique puisque nous, il n'y avait aucune production de notre part
03:07puisqu'on n'était pas encore en cours de production.
03:10Pour le moment, nous n'avons pas encore la cause exacte.
03:13Il va y avoir une RCCI, donc une recherche de causes et circonstances de l'incendie, le 27 octobre.
03:18Et une fois le choc passé, il faut redevenir entrepreneur immédiatement.
03:21Alors, heureusement, vous travaillez avec votre mari.
03:23Au-delà de ça, je vais être honnête.
03:24Je vais être honnête.
03:25Tout de suite, sous le choc, il fallait réfléchir à l'après.
03:29C'est bizarre de dire comme ça, mais on a tellement de responsabilités qu'on se dit
03:33bon, là, il y a l'incendie.
03:35On est en train de subir le choc.
03:37Et en même temps, on est en train de se dire bon, qu'est-ce qu'on va faire ?
03:39Comment on va pouvoir faire ?
03:41Et quelle est la première décision que vous avez prise alors du coup avec votre mari Vincent ?
03:46Alors, relancer la production.
03:49Relancer la production, trouver le moyen de reproduire.
03:52Et là, on a eu plein, plein, plein d'appels de la France entière,
03:56de confrères qui veulent soit nous prêter une partie du labo
03:59ou nous aider à produire pour nous des écoles type Ferrandi
04:04ou l'Institut culinaire de France qui étaient prêts à nous accueillir.
04:08Franchement, la générosité a été énorme.
04:10Il y a eu un vrai lentilé d'arrêté.
04:12C'est incroyable.
04:13Et là, grâce à un ami qui est traiteur,
04:16donc c'est la cause traiteur qui va nous mettre à disposition une partie de son labo.
04:21Donc, on aura 130 mètres carrés pour pouvoir travailler.
04:24Et c'est aux normes alimentaires déjà.
04:26Donc, on est rassuré de pouvoir avoir un lieu qui est tout propre, tout neuf,
04:29pour pouvoir travailler, même si c'est plus petit.
04:32Mais on reproduira petit à petit.
04:34Et pour que les auditeurs comprennent bien,
04:36vous avez estimé les pertes matérielles à près de 2 millions d'euros.
04:40Alors, vous êtes assuré,
04:41mais entre être assuré et recevoir effectivement les indemnisations,
04:44il peut s'écouler du temps.
04:46Donc, c'est vrai qu'il faut réussir à vendre ce qui a déjà été produit
04:50et trouver vite le moyen de pouvoir vite relancer la production.
04:53Je vais être honnête.
04:54On a vu une coquille dans le contrat d'assurance
04:58qui fait qu'on est assuré à une hauteur de même pas 300 000 euros.
05:04Donc, voilà, on réalise qu'on n'était pas assuré comme il fallait par rapport à nos besoins.
05:10Et d'ailleurs, vous avez lancé un appel,
05:12pas de crowdfunding, mais une sorte d'appel à solidarité sur les réseaux sociaux
05:16pour vous aider à justement relancer la production rapidement
05:20parce qu'il y a aussi, derrière cette entreprise, 16 salariés.
05:23Et donc, eux aussi, ils sont là.
05:25C'est ça, exactement.
05:27Donc là, ils sont au chômage partiel.
05:30Il y a une partie qui va reprendre.
05:32Après, pour la cagnotte,
05:34c'est vraiment une demande de la part de plein d'amis à l'étranger,
05:38que ce soit au Japon, aux États-Unis,
05:40qui, voyant notre détresse, voulaient quand même aider.
05:43Ils nous ont proposé de faire une cagnotte.
05:44Donc, on en a profité parce que l'incendie est arrivé en août
05:49à la période où il y a eu plein de canicules et des feux de forêt à Bordeaux
05:52où on n'a pas pu générer la trésorerie qu'on a l'habitude de générer.
05:57Donc, en fait, on se retrouve avec un incendie
05:59dans une période qui est fragilisante pour nous.
06:01Donc, une aide comme la cagnotte,
06:04même si au départ, j'étais contre parce que je me disais
06:06que je n'ai pas envie de faire payer aux autres,
06:09même si ça part d'un élan de générosité.
06:11Mais en fin de compte, je n'ai fait que l'accepter
06:14et de bon cœur parce que ça nous a beaucoup aidés.
06:17Oui. Et alors, ces salariés, que leur avez-vous dit ?
06:21Est-ce qu'ils espèrent, ils attendent,
06:23pouvoir petit à petit reprendre avec vous ?
06:25Qu'est-ce qu'on fait ? Comment on fait ?
06:26On est toujours en contact.
06:28Toujours en contact par notre réseau interne.
06:30On se voyait presque toutes les semaines, voire deux semaines.
06:34Et puis, par contre, malheureusement,
06:38j'ai dû faire deux licenciements économiques.
06:41Voilà. Donc, parce qu'il y a des postes, par exemple,
06:44qui étaient liés au développement,
06:46qui ne va plus avoir lieu, mine de rien,
06:48parce que la recherche et le développement,
06:50ça ne va pas être notre priorité pour le moment.
06:52Ou alors, comme on a annulé nos commandes pour l'international,
06:56donc cette aide-là, on n'en a plus besoin.
06:58Donc, il fallait minimiser un peu
07:00et rester avec les réels besoins de l'entreprise.
07:03Mais sinon, les salariés, ils sont au courant
07:05de tout ce qui se passe à chaque étape.
07:07C'est ça, vous les tenez informés.
07:08Et vous l'avez dit en début d'émission,
07:10tout de suite, il faut reprendre sa casquette d'entrepreneur
07:13et tout de suite prendre les décisions
07:14parce qu'il y a urgence, tout simplement.
07:17Et vos boutiques, elles sont là.
07:19Vos clients sont là.
07:20Donc, aujourd'hui, finalement,
07:21le meilleur moyen de vous soutenir,
07:22c'est de venir dans vos boutiques.
07:24Le temps de pouvoir continuer à produire de votre côté
07:27et remettre en place votre process de production
07:30pour alimenter à nouveau vos boutiques, Asna.
07:33Exactement.
07:33Donc, pour le moment, nous n'avons qu'une seule boutique.
07:35On n'a gardé qu'une seule boutique qui est au centre-ville.
07:38De Bordeaux, c'est ça ?
07:39De Bordeaux.
07:40Oui, de Bordeaux.
07:41Centre-ville de Bordeaux.
07:42Mais, bonne nouvelle,
07:43on va pouvoir bientôt réouvrir la e-boutique,
07:45donc le site Internet.
07:47Donc, on va pouvoir réexpédier
07:48puisque, bien sûr, la problématique,
07:51comme on a perdu nos packagings,
07:52le temps de recommander
07:53les premiers packagings qui arrivent.
07:55Donc, ça aussi, ça prenait du temps.
07:57Mais voilà, je suis contente.
07:59On va pouvoir réouvrir la e-boutique.
08:01Ça, c'est important.
08:03Et surtout, on sait à quel point Noël approche.
08:05C'est important pour un chocolatier.
08:07Donc, c'est un incendie qui arrive au pire moment
08:09parce que, voilà, là, il faut produire à nouveau.
08:13Et du coup, ce qui est bien, la bonne nouvelle,
08:15c'est que vous avez réussi à avoir un nouveau lieu de production
08:18grâce à l'élan solidarité.
08:21Clairement, ça n'aurait pas pu se passer autrement.
08:23Et les petites victoires sont importantes.
08:25À chaque pas, je fais un pas après l'autre.
08:29J'essaie de ne pas voir le problème
08:31en pensant qu'il est très grand.
08:33Sinon, là, je me découragerais.
08:35Mais je fais vraiment un pas après l'autre.
08:37Et puis, le côté positif, c'est de se dire,
08:39voilà, il y a cet élan de solidarité.
08:41Il y a, en fait, j'allais dire, une grande famille autour de vous
08:43qui a répondu présent
08:45et qui a tout de suite souhaité vous aider.
08:47Que ce soit des clients, des confrères, des fournisseurs,
08:49des anonymes.
08:50Et ça aussi, je pense que c'est quelque chose
08:52qui a dû vous porter dans ces moments difficiles.
08:55Absolument.
08:56J'ai même des clients.
08:57J'ai un client en Angleterre
08:59qui propose carrément de nous payer une facture
09:02qu'on n'honorera que dans un an, si possible.
09:06Je trouve ça d'une confiance et d'une générosité inouïe.
09:10Ça m'a beaucoup touchée, d'ailleurs.
09:12Alors, justement, dans cette solution temporaire de production
09:16que vous avez pu trouver, le temps de redémarrer.
09:19Quelles vont être, j'allais dire, les premières productions de chocolat
09:22qui vont sortir de l'atelier ?
09:23Qu'est-ce que vous avez besoin de faire le plus rapidement possible ?
09:26Alors, les premières productions, en fait,
09:29on va s'adapter par rapport aux machines qui arrivent
09:32parce que tout n'arrive pas au même moment.
09:34Donc, on a prévu de faire des orangettes,
09:36des pamplemoussettes
09:38et des guinettes.
09:40Le temps de lancer nos masses pralinées.
09:43Après, oui, j'ai oublié, il y a un détail assez important
09:46parce que nous, la complexité, c'est qu'on faisait du bean-to-bar.
09:49Donc, en fait, je ne vais pas pouvoir refaire du bean-to-bar sur place.
09:51Alors, expliquez bien aux auditeurs ce qu'est le bean-to-bar.
09:54De la fève à la tablette.
09:56Donc, on produisait notre propre chocolat de couverture nous-mêmes.
09:58Vous faites partie des rares chocolatiers à tout faire,
10:01de la fève jusqu'à la tablette.
10:02Mais c'est important de le dire
10:03parce que beaucoup de chocolatiers partent
10:05de couvertures chocolat déjà fabriquées par des grandes maisons,
10:09parfois des très belles maisons.
10:10Mais vous, vous faisiez tout sur place,
10:11la sélection de la fève
10:13et ensuite la transformation dans votre atelier.
10:17Exactement.
10:17Et comme là, je ne vais pas pouvoir avoir les machines tout de suite
10:19et il faut quand même continuer sur le même ADN.
10:22Donc, on a notre fournisseur de machines, Pakint,
10:24qui va utiliser son labo de recherche et développement
10:28pour produire notre chocolat de couverture.
10:30Donc, on lui expédie nos fèves de cacao,
10:33nos ingrédients, notre recette.
10:35Et mon mari, il va pour superviser.
10:38Et en quelques jours, il nous produise nos besoins pour le mois.
10:41Et on va faire comme ça en attendant de recevoir nos machines.
10:44Et au niveau justement de vos fournisseurs de fèves,
10:46là aussi, il a fallu revoir votre façon de travailler avec eux ?
10:51Alors, notre sourceuse qui est juste incroyable.
10:55Oui, c'est vraiment une réelle partenaire.
10:58Elle a été parmi les premiers à nous contacter
11:00pour savoir comment elle pouvait nous aider.
11:02Très, très réactive, très à l'écoute.
11:05Donc, franchement, on se sent vraiment soutenus.
11:07Et là, sur ce point de vue-là, on a beaucoup de chance.
11:10Est-ce qu'on peut dire que c'est quand même une épreuve,
11:12j'allais dire, qui a changé votre définition
11:16de ce qu'est être entrepreneur ?
11:18Alors, on va dire que c'est effectivement l'une des pires épreuves
11:22que j'ai vécues de ma vie, mais qui a changé ma façon de voir les choses
11:26de manière générale, que ce soit au niveau personnel ou professionnel.
11:29Les choses, les détails, les choses ont une autre valeur.
11:34Je ne vois plus les petits problèmes de la même façon,
11:37parce que je fais maintenant la distinction entre un petit souci
11:40et un véritable problème.
11:42Oui, oui, mais vraiment, il faut dire les choses comme ça.
11:44Je suis beaucoup plus posée, bizarrement.
11:47C'est comme si j'ai pris en maturité.
11:49Je ne vais pas dire, là, pour le moment,
11:50je n'ai pas encore assez de recul ni de sagesse pour dire
11:54je remercie cet incident de m'avoir fait évoluer.
11:57Je pense que je suis sur la bonne voie.
11:59Oui, je vois ce que vous voulez dire.
12:00C'est en relatif davantage.
12:03Quand on a réussi à traverser une telle tempête,
12:05quand vous aurez fini de la traverser,
12:07parce que là, vous n'en êtes qu'au début,
12:08mais on va dire sur une bonne lancée,
12:12là, vous pourrez vous dire
12:14ça, ça nous a apporté ça
12:15et voilà ce qu'on en retire.
12:17C'est ça.
12:18Et puis, il ne faut pas oublier,
12:19on a vécu un été très particulier
12:22où il y a beaucoup de gens,
12:23nos voisins au Porges
12:24et partout autour de nous à Bordeaux
12:26qui ont perdu vraiment leur maison.
12:28Et là, on relativise avec mon époux.
12:30On se dit, nous, au moins, on rentre.
12:31On a encore un chez nous.
12:33Nous, au moins, on rentre.
12:34On a encore des enfants qui sont en bonne santé
12:36et on est en bonne santé.
12:37Donc, en fait, on relativise énormément.
12:40Donc, ce qu'on a perdu, c'est du matériel
12:41et ce qu'on a gardé,
12:43ce qu'on a pu préserver,
12:44c'est le plus précieux,
12:45c'est notre savoir-faire,
12:47nos valeurs
12:48et puis nos clients
12:49qui nous font encore confiance.
12:50Et je m'estime vraiment très chanceuse
12:53et j'ai beaucoup de gratitude
12:54parce que dans ce lieu
12:56qui a brûlé quand même,
12:57j'ai des gens que j'admire
12:58et que je respecte beaucoup
13:00et qui me soutiennent.
13:01J'ai Sacré Français
13:02qui est mon fournisseur d'épices
13:03depuis 12 ans,
13:04qui nous sont vraiment très précieux
13:08et qui nous soutiennent beaucoup.
13:09Il y a Henriette et Olga
13:10qui, pareil,
13:11ils ont subi presque les mêmes dégâts que nous
13:13qui tiennent,
13:14qui s'accrochent aussi comme nous.
13:16Il y a plein, plein d'acteurs,
13:17les mines aussi,
13:18les mines de Brienne
13:18qui nous soutiennent.
13:20Je vois jusqu'où la générosité peut aller
13:22et ça, ça me réconforte.
13:24Et notamment dans une période
13:25comme celle-ci,
13:26de voir que vous avez pu compter
13:27sur votre écosystème,
13:29sur tous ces gens,
13:29votre famille
13:30qui vous suivent depuis les débuts.
13:32C'est vrai que c'est souvent
13:32dans ces moments-là
13:33qu'on fait le tri également.
13:34Et là, vous avez été très soutenue.
13:37Et vous avez raison de le rappeler, Asna.
13:39C'est vrai que cet été a été terrible
13:41pour beaucoup de foyers
13:42avec ces incendies
13:43dans votre région notamment.
13:45Et c'est vrai que dans ces moments-là,
13:47on le disait à l'instant,
13:48on relativise.
13:50Mais tout de même,
13:52vous l'avez dit,
13:52voir son outil de travail,
13:5412 ans de travail,
13:56complètement calciné
13:56où il ne reste rien,
13:57ça reste traumatisant.
13:59Oui, oui, oui.
14:00Donc on essaie de sortir cette image.
14:02Et puis je pense,
14:04là malheureusement,
14:05c'est aujourd'hui
14:06que la production redémarre.
14:07Mais là, je suis à Paris
14:08parce que j'ai un rendez-vous.
14:09Mais j'ai hâte de venir
14:11dans le labo,
14:11même s'il est provisoire.
14:12J'ai hâte de remettre ma tenue.
14:14Et pour dire la petite anecdote,
14:15parce que toutes les tenues
14:16de nos salariés ont brûlé.
14:18On a brodé un phénix
14:19sur le bord du manche
14:20et ça nous donne
14:21de la motivation.
14:22C'est une belle image.
14:23Et puis retrouver ce goût,
14:25cette odeur du chocolat,
14:26ce parfum qui embaume l'atelier.
14:28Vous avez hâte
14:28de vous retrouver
14:29dans votre univers.
14:31Exactement.
14:32Parce qu'un petit mot
14:32pour ceux qui ne vous connaissent pas.
14:34C'est vrai que vous avez
14:34complètement changé de vie.
14:36Vous êtes tombée,
14:37mais amoureuse du chocolat,
14:38alors que vous étiez
14:39dans la communication.
14:40Rien à voir.
14:41Et donc,
14:42vous avez tout appris.
14:43Tout appris.
14:43Et vous n'êtes pas issue
14:45d'une lignée de chocolatier.
14:47C'est vous qui avez créé
14:48votre savoir-faire
14:50et c'est vous
14:52qui avez décidé
14:52avec votre mari
14:53de se former
14:54aux Etats-Unis
14:54de mémoire
14:55à votre mari
14:55pour apprendre
14:55le bean to bar,
14:56cette volonté
14:57vraiment de travailler
14:58la matière première,
14:59de pouvoir sélectionner
15:00vos fèves de cacao.
15:02C'est merveilleux
15:03de tomber amoureux
15:04ou amoureuse du chocolat.
15:05C'est une matière juste
15:07extraordinaire et sublime
15:09qui a en elle
15:10une histoire extraordinaire
15:12et surtout,
15:12c'est un végétal
15:13hors du commun
15:15qui donne du bonheur,
15:16qui se transforme,
15:17qui nous donne
15:18un peu du fil à retordre
15:19des fois
15:19quand on est acteur
15:20du bean to bar.
15:21Et c'est une communauté
15:22qui est très soudée,
15:24qui peut-être,
15:24elle peut passer
15:25juste pour une mode,
15:26ce système de travail,
15:27cette philosophie,
15:28mais c'est au-delà de ça.
15:29D'ailleurs,
15:29j'invite des chers auditeurs
15:31s'ils sont intéressés
15:32d'apprendre un peu plus
15:33à venir à Chocolat
15:34qui se déroule
15:35le mois de mai
15:35à Bordeaux,
15:36qui est un événement
15:37où il y a des chocolatiers
15:38qui travaillent comme nous,
15:39qui viennent du monde entier.
15:40C'est très intéressant
15:42de découvrir
15:43cet artisanat.
15:45Merci beaucoup
15:46Asna Ferreira
15:47et on vous souhaite
15:48de retrouver très rapidement
15:49votre propre atelier
15:50et déjà de savoir
15:52que vous allez pouvoir
15:52produire pour fournir
15:54votre boutique
15:54Asna Chocolat à Bordeaux.
15:56C'est déjà extraordinaire
15:57de pouvoir relancer
15:58un petit peu
15:58et retrouver votre équipe
16:00au fur et à mesure
16:00que vous allez pouvoir
16:01vous installer à nouveau.
16:03Merci, merci beaucoup Nathalie.
16:05Merci pour ce soutien.
16:06Et bon courage à vous.
16:07Au revoir.
16:08Au revoir.
16:09Allez, on va se quitter
16:09un court instant
16:10et on se retrouve juste après
16:12avec Thibaut,
16:13notre French Trotter.
16:15Artisans, porteurs de projets,
16:16apprentis,
16:17les chambres de métiers
16:18et de l'artisanat
16:18vous accompagnent.
16:19La CMA,
16:20artisans de la nouvelle économie,
16:22présente
16:24Sud Radio,
16:25c'est ça la France,
16:25Nathalie Schrengerma.
16:27Et nous voilà de retour
16:28dans ces salles à France,
16:29l'émission du savoir-faire français,
16:31l'émission qui met en avant
16:32les entrepreneurs
16:33qui produisent sur le territoire,
16:35les artisans également
16:36et Thibaut,
16:37notre French Trotter
16:39que l'on va retrouver
16:39tout de suite.
16:41Sud Radio,
16:42c'est ça la France
16:42avec Thibaut,
16:43le French Trotter.
16:44Et oui,
16:45à chaque fin d'émission,
16:45on retrouve Thibaut,
16:46notre French Trotter
16:47et cette semaine,
16:48Thibaut,
16:48vous avez assisté
16:49aux essais
16:50d'un tout nouveau train
16:51qui va permettre
16:53de désenclaver
16:54les zones rurales.
16:56Exactement Nathalie,
16:57je me suis rendu
16:57à Saint-Pierre-des-Cors
16:58à côté de Tours
16:59pour assister
17:00à la présentation
17:01d'Eco-Train,
17:02c'est son nom,
17:03c'est un train léger,
17:04autonome
17:05et 100% électrique
17:06destiné à circuler
17:07sur les lignes
17:08sous-utilisées
17:09ou bien désaffectées
17:10de la SNCF.
17:11Et pour nous en dire
17:12plus sur ce concept,
17:13j'ai interrogé
17:14Kylian Hamon,
17:15ingénieur
17:16chez Socofer,
17:17la société ferroviaire
17:18qui a notamment
17:19conçu le châssis
17:20de ce train.
17:21Écoutez.
17:21Le concept,
17:22c'est vraiment
17:22un bus ferroviaire,
17:24donc un véhicule léger,
17:26peu cher à l'exploitation,
17:27à l'achat,
17:28à la maintenance.
17:30Donc on est sur
17:31une douzaine de mètres de long,
17:3232 passagers,
17:33plus accès PMR
17:35ou vélo si besoin.
17:36Et donc 16 tonnes
17:37le véhicule.
17:38Et en quoi consiste
17:39la démonstration d'aujourd'hui ?
17:40Qu'est-ce qu'on va voir ?
17:41Qu'est-ce qu'on va faire
17:41exactement ?
17:42Alors aujourd'hui,
17:43le but,
17:43c'est de présenter
17:45la façon dont pourrait
17:46fonctionner le train,
17:48donc dans ses différents
17:49modes de fonctionnement.
17:50Donc on a un train
17:52principalement autonome,
17:53on a aussi des possibilités
17:55de téléconduite,
17:56on a des fonctions de sécurité
17:57en cas d'arrêt d'urgence,
17:59on a aussi une commande
18:00manuelle locale
18:01via une radiocommande,
18:03donc en atelier de maintenance,
18:04etc.,
18:05pour faire des petits mouvements.
18:06Et donc le but,
18:07c'est de présenter tout ça,
18:08c'est de montrer
18:10que le concept est faisable,
18:11d'avoir un train
18:12léger, autonome,
18:13sur batterie,
18:14qui puisse correspondre
18:15au besoin
18:16de dynamiser
18:17les petites lignes
18:18qui aujourd'hui
18:19ont des modèles
18:20d'exploitation
18:20assez compliqués
18:22vis-à-vis des pouvoirs publics,
18:23avec des trains lourds,
18:26avec des TER classiques
18:27qui demandent beaucoup
18:28de maintenance de la voie
18:29et du matériel roulant.
18:30Il est en test
18:31depuis combien de temps ?
18:32Il est sorti de production,
18:33il a fait ses premiers
18:34tours de roue
18:34en octobre 2025,
18:36donc avec des essais
18:37très fonctionnels
18:37au début
18:38pour vérifier
18:38que tout fonctionne bien.
18:40Il a été envoyé
18:41ensuite à l'Elysée
18:42pour l'exposition
18:43fabriquée en France
18:45et puis on a continué
18:46les tests ici
18:47pour fiabiliser
18:48toute la partie
18:49aussi système
18:51intelligent,
18:52donc ATO,
18:52ce qui joue
18:54le rôle de conducteur,
18:56les sécurités
18:57de conduite,
18:58etc.
18:58Il va s'enculer
18:59sur un parcours
18:59très restreint,
19:00de combien de mètres ?
19:02Ici,
19:03on a une voie d'essai
19:05d'environ 300 mètres
19:06et on fait un parcours
19:07sur des allers-retours
19:08d'environ 200 mètres.
19:09Voilà,
19:10le train démarre
19:10sous nos yeux
19:11à petite vitesse
19:12et on va assister
19:13à une simulation
19:14d'obstacles sur la voie.
19:16Quelqu'un va traverser
19:16la voie
19:17et effectivement,
19:18le train s'arrête.
19:19C'est ça,
19:20on a un frein d'urgence
19:21donc avec un niveau
19:23de sécurité élevé.
19:24Ouf !
19:25Heureusement qu'il s'est arrêté.
19:27Alors c'est vraiment
19:27un train français
19:29qui va révolutionner
19:30le transport
19:31en zone rurale.
19:32On comprend bien
19:33l'importance
19:33des essais
19:34pour assurer
19:35une sécurité maximale.
19:36C'est une belle aventure
19:37et ce train
19:38bourré d'innovation,
19:39je crois que dès le départ,
19:40il y avait cette volonté
19:41de fabriquer entièrement
19:43sur le territoire français.
19:44Oui, c'est ça,
19:45c'était le souhait
19:45de Philippe Bourguignon
19:46qui a imaginé ce train
19:48et qui préside
19:48la société Ecotrain.
19:50Et on va l'écouter
19:50nous expliquer ce choix
19:51avant qu'il évoque aussi
19:53la grande exposition
19:54du fabriqué en France.
19:55100% made in France.
19:57D'entrée de jeu,
19:58dès 2018,
19:59j'étais convaincu
20:00qu'il fallait ne reposer
20:01ni sur les Américains
20:02ni sur les Chinois.
20:03Alors l'essentiel
20:04du montant
20:05est fabriqué
20:06par la société Socofer.
20:07Toute la partie cabine
20:08a été faite
20:09par la société Stratiforme.
20:11Alors la société Socofer
20:12est basée à Tours,
20:13la société Stratiforme
20:14est basée à Bercé
20:15dans les Hauts-de-France.
20:16Il y a en contribution,
20:18il y a la société Clercy
20:19qui est basée à Aix-en-Provence
20:20et la société Sainte-Honique
20:21est basée à Toulouse.
20:22Et ce train a également
20:23participé à la grande exposition
20:25du Made in France ?
20:26Tout à fait.
20:27On a l'État,
20:28le président de la République
20:29nous a effectivement sélectionné
20:31pour exposer notre train.
20:34Alors pour l'anecdote,
20:35il était prévu
20:35qu'on rentre
20:36dans le Jardin de l'Elysée
20:38et le train,
20:39il a beau être petit,
20:40il ne rentrait pas facilement
20:41donc on a été exposé
20:42devant les Jardins de l'Elysée.
20:44Mais enfin,
20:45on est quand même très fier
20:47d'avoir pu être
20:48venu du Faux-pourg-Saint-Honoré
20:49pendant trois jours
20:51et d'être vu par le public
20:52et commenté par l'AFP.
20:54Eh bien voilà,
20:54on va suivre de très près
20:55l'aventure Écotrain
20:56qui a été exposée
20:59devant l'Elysée.
21:00Donc certains ont pu l'admirer.
21:01Voilà, c'était l'année dernière
21:01en novembre 2025.
21:04En tout cas,
21:04c'est une belle aventure
21:06et surtout savoir
21:07que c'est entièrement fabriqué
21:08sur le territoire français,
21:09c'est d'autant plus
21:11plutôt en enthousiasmant.
21:13Enthousiasmant, voilà,
21:13avec des entreprises régionales
21:15de première ligne.
21:16Et vous ne l'avez pas encore
21:16testé Moutibaud ?
21:17Non, on ne peut pas encore
21:19rentrer dedans.
21:20À partir de quand ?
21:21On espère bientôt.
21:22On espère très bientôt.
21:23On n'a pas de date pour l'instant ?
21:24On n'a pas encore de date, non.
21:25Mais il y a des lignes
21:26qui sont intéressées
21:27et on va suivre ça de près.
21:29Comme toujours.
21:30Merci beaucoup Thibaut.
21:31Allez, on se retrouve
21:32la semaine prochaine,
21:33même jour, même heure
21:34et même radio.
21:35Et surtout d'ici là,
21:36portez-vous bien.
21:37Sud Radio,
21:38c'est ça la France,
21:39Nathalie Schrengirma.
21:40Avec les chambres de métier
21:41de l'artisanat.
21:42Artisans, porteurs de projets,
21:44apprentis.
21:44Nous vous accompagnons
21:45depuis 100 ans
21:46pour faire battre
21:47le cœur de la France.