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00:05Édition spéciale consacrée à l'après 17 octobre en attendant le 24,
00:09parce qu'il y a déjà des appels à manifester.
00:11On sait une chose, c'est que le nouveau couvre-feu est maintenu à Paris
00:15à partir de 23h ce soir autour de la place de la République idéale jusqu'à 6h du matin.
00:21Un autre arrêté interdit tout rassemblement non déclaré aussi à partir de ce soir 20h
00:25jusqu'à demain 6h du matin autour de l'Elysée, de l'Assemblée nationale,
00:29du Sénat, des Champs-Elysées, de Châtelet, la place Vendôme ou même autour des gares.
00:33Quant à l'appel au rassemblement et aux manifestations samedi, samedi 24,
00:39le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale a déjà promis un dispositif, je cite, massif.
00:45Ensuite il y a les manifestations à venir.
00:47Le ministre intérieur a déjà donné des instructions aux préfectures.
00:50Le dispositif de samedi prochain sera massif.
00:54Il sera présenté au ministre de l'Intérieur.
00:56J'aurai l'occasion moi-même de me le faire présenter.
01:00Jeudi prochain.
01:02Le gouvernement, le ministre de l'Intérieur, tout le monde a reconnu
01:05qu'il y a eu des erreurs de renseignements, de dispositifs,
01:08de prise en compte de ce qui allait se passer samedi dernier.
01:12Donc là, on réagit pour samedi prochain.
01:15Ce qui est revenu de toutes les sources politières avec qui on a pu discuter,
01:18c'est qu'ils étaient en sous-nombre par rapport aux différentes scènes de violence
01:22qui ont pu se produire et qu'ils ont quand même pu assurer aux manifestants des cortèges pacifiques
01:29parce qu'il y en a eu, ils ont pu défiler dans le calme.
01:32En revanche, ils n'ont pas pu assurer aux commerçants pillés, aux passants terrifiés,
01:39un rétablissement de l'ordre dans les temps.
01:41Et donc oui, pour les prochaines manifestations,
01:44maintenant les autorités s'engagent à mettre plus de forces de l'ordre encore dans les rues.
01:50Simplement, ces forces de l'ordre, il faut les trouver.
01:53Elles sont déjà mobilisées sur un maintien de l'ordre depuis plusieurs semaines,
01:56notamment avec les blocus devant les lycées.
01:59Et donc du côté de les forces de l'ordre, certains disent,
02:02en fait, il y a un moment où même si on revient tous travailler,
02:06on ne sera pas assez par rapport à ce qui nous est demandé sur le terrain.
02:09– Jean-Pierre Mercier, bonsoir.
02:11– Bonsoir.
02:11– Il y a quelques minutes, nous avions une commerçante désespérée
02:16qui est en train de voir comment elle peut remonter la pente,
02:20relancer ses commerces.
02:21Elle demandait une pause.
02:22On ne peut pas faire une pause dans les manifs ?
02:25– C'est au gouvernement de donner la solution
02:27et de faire en sorte qu'il y ait une pause.
02:31– Vous serez dans les rassemblements samedi ?
02:33– Oui, je serai dans les rassemblements samedi.
02:37Je serai même à la manifestation jeudi après-midi,
02:41appelée par les étudiants.
02:43Mais c'est au gouvernement.
02:45Pourquoi le gouvernement ne supprime pas Parcoursup ?
02:47Pourquoi le gouvernement s'échine à diminuer le budget de l'éducation nationale,
02:51à supprimer encore des postes d'enseignants ?
02:53Vous savez, cette mobilisation de la jeunesse,
02:56si on la voit que par le prisme de ce qui s'est passé le 17 octobre,
03:00vous ne pouvez rien y comprendre,
03:02ce qui se joue aujourd'hui,
03:04c'est une colère qui est énorme dans le pays,
03:06qui s'exprime aujourd'hui par la jeunesse,
03:09par les étudiants, par les lycéens,
03:11mais qui aussi est parmi le monde du travail.
03:15J'ai entendu cette commerçante
03:18et je partage l'émotion d'un artisan,
03:22d'un commerçant qui s'est fait défoncer son bar tabac.
03:25Parce que vous savez, cette émotion,
03:27moi je l'ai vécue.
03:28Je l'ai vécue parmi les travailleurs.
03:30Quand vous avez un plan de licenciement,
03:32des fermetures d'usines,
03:34oui, quand vous voyez vos camarades de travail
03:36qui sont par terre à genoux
03:37et qui sont en train de chialer
03:38parce qu'ils ont tout perdu,
03:39parce qu'ils reçoivent leur lettre de licenciement,
03:41parce que comment ils se posent la question,
03:43comment ils vont remonter la pente
03:44et qu'il n'y a personne en face
03:46pour donner la moindre solution.
03:49Cette émotion de tout perdre en un seul instant,
03:51on l'a vécue plein de fois.
03:53– Bien sûr, mais pour les salariés et les employés,
03:55il y a le chômage.
03:56Là, pour les commerçants qui ont tout perdu,
03:59il y a un fonds d'aide qui va se mettre en place.
04:01– Il y a des aides qui vont arriver de la part de l'État.
04:02– Ça va prendre du temps.
04:04– Ce que je voulais vous expliquer…
04:05– Non, mais ce que je veux dire,
04:05c'est derrière, pour eux,
04:06il faut réemprunter, se réendetter
04:09pour essayer de remonter la pente.
04:11– Oui, et quand vous êtes un travailleur,
04:12il faut peut-être se reformer,
04:14il faut courir après des boulots d'intérim,
04:16de précarité.
04:17Vous avez votre famille qui est en train de tomber
04:19dans la misère, bien sûr.
04:21– Je prenais cet exemple pour exprimer
04:25ce que vivent aujourd'hui la majorité de la population,
04:29c'est-à-dire le poids du chômage,
04:31le pouvoir d'achat qui n'a plus rien du tout,
04:34et qui a une colère qui doit s'exprimer dans la rue,
04:37dans les entreprises.
04:38– Vous dites à la minorité de commerçants,
04:39ce qui vous arrive, on l'a déjà vécu,
04:41donc on est au même plan.
04:42Tant pis pour vous.
04:43– Non, c'est qu'eux, ils arrivent à se faire entendre
04:45sur les plans l'autre.
04:46Non, je ne dis pas tant…
04:48– Comment vous traduisez ce que je dis ?
04:51– Vous êtes en train de dire,
04:52la commerçant qui était là, vous lui dites,
04:54moi aussi je l'ai vécu,
04:55il y a des milliers de travailleurs qui l'ont vécu.
04:57D'accord, donc finalement on est au même plan.
04:59– Et non…
05:00– Elle a été pillée, saccagée,
05:02c'est au même plan qu'un licenciement économique.
05:03– Oui, bien sûr.
05:04– Ah ben voilà.
05:04– Parce que nous, on est…
05:06– Donc tant pis pour elle, dommage.
05:07– Non, c'est pas tant pis pour elle,
05:09justement, c'est là où vous interprétez…
05:10– Mais non !
05:11– Avec vos idées politiques que vous avez dans la tête sûrement,
05:14vous interprétez ce que je dis.
05:15– Vous m'avez répondu clairement,
05:18ce qu'ils ont vécu, on l'a vécu en tant que salarié aussi.
05:21– Oui.
05:21– La casse, on la connaît, c'est la casse sociale.
05:23– Et je la partage.
05:24– Ah oui, mais c'est pas la même chose que le pillage.
05:26– Je la partage.
05:27– C'est pas la même chose qu'un pillage.
05:28– Je vais vous dire, peut-être que ça va vous soulager.
05:31Moi, la casse pour la casse,
05:32c'est pas une politique pour les jeunes,
05:35pour les lycéens,
05:35et c'est pas une politique pour les travailleurs.
05:37Là où on peut avoir un débouché
05:39sur cette situation sociale qui est explosive,
05:43c'est que le monde du travail rentre dans la danse.
05:45C'est qu'on occupe les usines,
05:47qu'on se mette en grève.
05:48Il faut que le monde du travail prenne conscience
05:50que là, il faut qu'ils retrouvent la capacité
05:52à se mobiliser et à défendre ses intérêts.
05:54Parce qu'en fait, on est tous dans le même bateau.
05:56Nous, les travailleurs, y compris les petits commerçants,
05:59les jeunes, les chômeurs, les retraités.
06:00Aujourd'hui, le budget est en discussion.
06:03Ils vont nous saigner à blanc.
06:05Ils vont nous saigner à blanc.
06:06– Quand cette dame, elle se défend face à 50 jeunes
06:08et une barre de fer.
06:09Elle a une barre à la main.
06:11Regardez, elle est là face à des dizaines de jeunes
06:14qui rentrent dans le magasin et qui saccage tout.
06:16Elle est seule.
06:17– Oui, c'est lamentable.
06:19– Oui, c'est lamentable.
06:19– On risque de revoir ça samedi prochain.
06:21– Et je milite.
06:23Alors, une des manières, une des solutions,
06:25je reviens sur ce que je disais au début,
06:27c'est que le gouvernement commence à discuter
06:29sur comment on fait, on supprime Parcoursup,
06:33comment on augmente.
06:34Là, on va être en plein dans la discussion du budget.
06:36– Vous pensez que les gens qu'on voit sur les images là
06:38sont des étudiants qui se payent de Parcoursup.
06:39– Pourquoi le budget de l'éducation nationale,
06:41il va encore diminuer ?
06:42Pourquoi il y a encore des droits qui vont s'il y en a ?
06:43– Non, non, il augmente, il augmente, ça.
06:45– Ça augmente pour, notamment, payer l'éducation.
06:47– Il faut prendre en compte de l'inflation.
06:48– Non, mais attendez, attendez.
06:49– Compte tenu de l'inflation, le budget de l'éducation nationale,
06:52le seul budget qui augmente constamment depuis 20 ans,
06:54et c'est le plus gros budget.
06:55Vous pouvez dire, c'est faux, ce sont les chiffres officiels.
06:57– Non, non, c'est faux.
06:59– Au-delà de la discussion budgétaire,
07:01– Là, on est dans la fausse vérité, c'est absurde.
07:04Tous les chiffres sont absolument en ligne, c'est public.
07:05– Malheureusement, samedi, il y a encore une manifestation
07:08alors que des commerçants demandent des pauses,
07:09dans beaucoup de villes, d'ailleurs.
07:11– Mais il ne faut pas confondre, ça, il faut être très clair là-dessus,
07:14la manifestation, les revendications, ce que vous semblez défendre,
07:17Parcoursup en fait partie.
07:18– Ça, il y a une réalité de revendication.
07:20– Il y a une réalité très claire.
07:20– Et les cortèges se sont bien passés, d'ailleurs.
07:22– Réalité très claire que le gouvernement n'a pas pris,
07:24dont le gouvernement n'a pas pris la mesure dès le départ,
07:26comme il fallait le faire, il a laissé tomber les dominos
07:29et il se retrouve avec une crise mouse-costaux
07:31alors qu'il pouvait résoudre une crise
07:32qui n'était qu'une crise de l'éducation nationale au départ,
07:34qui est devenue une crise de l'intérieur, du gouvernement,
07:36peut-être même de régime, certains le disent.
07:38Bon, en revanche, on ne peut pas dire en voyant ces images
07:40que les pilleurs et les casseurs sont des lycéens
07:43qui revendiquent pour la suppression de Parcoursup
07:45ou pour une augmentation du budget de l'éducation nationale.
07:47– Je n'ai jamais dit ça.
07:48– Mais si, vous nous dites…
07:49– Je n'ai jamais dit ça.
07:50– C'est incroyable, comment ?
07:51– Vous nous dites que le gouvernement…
07:52– Pardonnez-moi, monsieur, monsieur, monsieur,
07:55la traduction de la pensée que je fais se fait par la simple logique.
07:57Se fait par la simple logique.
07:58Vous m'avez dit, vous nous avez dit collectivement,
08:01le gouvernement peut éviter ces pillages
08:02en répondant aux questions sociales vis-à-vis de Parcoursup.
08:05Est-ce que ces pillages ont un rapport avec Parcoursup ?
08:07Absolument pas.
08:08Ils sont là pour se servir et pour profiter de la cause qui est la vôtre,
08:11c'est-à-dire de la manifestation, pour saccager les commerces.
08:14– Je pense que si le gouvernement répond aux revendications des manifestants,
08:17les manifestants n'iront plus dans les rues
08:19et donc les pierres ne se mêleront plus.
08:21– Ça, c'est une hypothèse.
08:22– Non, c'est une hypothèse.
08:23– C'est une hypothèse.
08:24– Si vous avez répondu, vous avez répondu.
08:25– Non, c'est une…
08:27– Les pierres ont profité samedi de la foule
08:33et en revanche, ce qui est terrible,
08:35c'est qu'ils ont profité samedi de la foule…
08:37– Il n'y a pas que les lycéens, il y a aussi…
08:38– Les pierres ont profité de la foule
08:39pour venir casser, saccager des commerces.
08:42En revanche, ils ont ensuite poursuivi cette stratégie totale du chaos
08:47en dehors de toute manifestation, puisque dimanche, lundi, mardi,
08:51ça s'est reproduit et il n'y avait pas à ce moment-là de manifestation.
08:53– Au Nouvel An, à la fête de la musique, lors des émeutes,
08:56je veux dire, il y a tant d'événements qui n'ont rien à voir
08:57avec les revendications sociales où il se trouve des pillages
08:59qu'il faut dissocier les deux questions.
09:01– Et on ne peut pas dire que la seule manière de faire en sorte
09:03qu'il n'y ait plus de pillages, c'est de répondre aux revendications.
09:06Parce que ça, c'est associer les pillages aux manifestations.
09:08Moi, je respecte trop les revendications.
09:11Il y en a certaines que je ne partage pas,
09:12d'autres que je peux partager qui sont légitimes.
09:14Mais je respecte trop les manifestations pour associer même intellectuellement
09:18les pillages d'une part qui sont des délits, voire des crimes,
09:22et les revendications qui sont le droit constitutionnel de manifester.
09:25On est fou de confondre les deux.
09:27Donc, il y a un droit de manifester qui doit être respecté,
09:31mais il y a aussi un problème de commandement.
09:34Parce que comment se fait-il ?
09:35Il y a, nous avons réuni avec Valérie Pécresse et Emmanuel Grégoire,
09:37les commerçants, et ils nous ont tous expliqué que pendant de longues minutes,
09:42voire des demi-heures entières, ils se retrouvaient entre les mains de pilleurs
09:45sans la présence d'un policier.
09:47Ce n'est pas de la faute des policiers, c'est de la faute du commandement.
09:49Et donc, effectivement, il est nécessaire aujourd'hui
09:52que l'on protège ces commerçants,
09:54qu'on les rassure en amont en vue de la manifestation de samedi,
09:57et peut-être même qu'on permette aux manifestants
09:59de revendiquer ce qu'ils souhaitent revendiquer
10:02de manière légitime, si c'est le cas.
10:04On peut encore en parler sur le fond,
10:06mais en tout cas de manière serait.
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