- il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Vous venez d'écouter Jean-Pierre Farando qui s'est rendu auprès des commerçants de Paris,
00:05impacté par le chaos de samedi dernier.
00:08Et puis la nuit dernière aussi, le gouvernement qui tente de trouver les parades dans la perspective de nouvelles manifestations.
00:14Alors une est prévue samedi prochain à l'appel des Gilets jaunes, le 31 octobre aussi,
00:18puis le 5 novembre, il y a aussi les syndicats qui s'en mêlent pour peut-être une grève générale.
00:23La parade qui essaye de trouver le gouvernement, c'est une nouvelle doctrine pour les forces de l'ordre,
00:28ou tout du moins peut-être l'envisager, un renforcement des forces de l'ordre
00:31et puis des couvre-feux localisés pour protéger les commerces.
00:35Après les pillages, écoutez le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:39Les Français et les Français d'avoir télévision se disent que c'est le bordel partout.
00:43Heureusement non, on a un bordel, pour être trivial, pardon ce mot, qui est très localisé sur des centres urbains.
00:50Aussi, j'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir,
00:55par couvre-feu partiel, dans lequel les préfets vont faire ce travail de discussion,
00:59non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d'industrie,
01:02parce que l'un des enjeux de ce couvre-feu, c'est la protection des personnes,
01:05mais aussi des biens et singulièrement des commerces.
01:08Voilà, couvre-feu localisé, ça peut vous aider ?
01:10Bonsoir Jérôme Jiménez, vous êtes policier, syndicat Alliance,
01:13ça peut vous aider les couvre-feux localisés ou pas ?
01:15Bien évidemment, ça va nous aider.
01:16Alors après, vous avez vu toute la difficulté, une manifestation sauvage,
01:20on ne peut pas forcément l'anticiper non plus.
01:22Donc après, sur les points les plus compliqués,
01:25je pense au Halle pour le cœur de Paris ou autre,
01:28s'il y a des couvre-feux demi, j'ai envie de vous dire,
01:30ça peut permettre aussi de mettre des forces ailleurs.
01:33Parce que quand vous avez des manifestations sauvages
01:35qui convergent sur toute la capitale,
01:37et ça a été toute la difficulté avec ces groupes qui sont bien organisés,
01:40c'est difficile, exactement, c'est difficile de multiplier les services sur tous les points.
01:45Oui, mais ces couvre-feux qui commencent à partir de ce soir,
01:48ça n'enlève rien au fait que vous, vous devez avoir peut-être plus de moyens,
01:53on a vu les ratés du week-end, plus de moyens et une meilleure coordination,
01:57c'est ce qui vous a manqué aussi ?
01:59Ou de meilleurs renseignements ?
02:01Oui, oui, tout à fait.
02:01Parce que c'est ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur,
02:03il a dit que la situation avait échappé à son contrôle, enfin partiellement,
02:06et qu'il y avait un problème d'anticipation,
02:09et donc l'anticipation, ce sont les renseignements.
02:11J'entends, mais on ne va pas, c'est un peu trop facile de...
02:13C'est votre ministre qui le dit.
02:15Moi, je vous dis...
02:15Et les chiffres, les renseignements prévoyaient 200 000,
02:18et il y en a eu 500 000 personnes.
02:20Écoutez, nous, notre position à Allianz,
02:22c'est de ne pas dire que les renseignements sont les boucs émissaires
02:24de ce qui s'est passé.
02:25Nous, ça fait des années aussi qu'on dénonce un nombre de moyens et d'effectifs.
02:28Il faut un retour d'expérience au week-end, quand même.
02:29On entend très bien.
02:30Maintenant, il nous manque vraiment des effectifs partout,
02:33et on n'a rien découvert, en fait.
02:36Cette journée noire, ça fait des années, nous, à Allianz,
02:38qu'on dénonce la montée de la violence.
02:41On nous a taxés d'une posture chez les jeunes,
02:44donc c'est toute la difficulté.
02:45Et je tiens quand même à mettre ce point qui est important.
02:47On va saluer ce soir le travail des policiers.
02:52Il y en a 2 000 policiers qui sont blessés dans nos rangs,
02:542 000, donc qui tiennent encore le pavé,
02:57et qui maintiennent l'ordre sur la voie publique du mieux qu'ils peuvent,
03:01et en prenant tous les risques,
03:03puisque aujourd'hui, nombreux policiers ont été agressés,
03:07violentés, et parfois jusqu'au péril de leur vie.
03:09C'est quand même très grave.
03:10On a changé de cap, et ça, moi, je ne l'ai jamais vu.
03:14Je me permets de vous le dire, ça fait 25 ans que je suis policier, 25 ans.
03:18Je n'ai jamais vu un tel niveau de violence.
03:21C'est incommensurable.
03:23Est-ce que ces policiers, ils auraient été aussi nombreux à être blessés
03:26s'il y en avait eu plus des forces de l'ordre dans la rue ?
03:28Parce que la vérité, c'est qu'il n'y avait pas tous les gendarmes mobiles,
03:30tous les CRS dans la rue.
03:31On a déjà été sur des dispositifs pour les Jeux Olympiques,
03:33pour les Gilets jaunes, avec plus de forces de l'ordre mobilisées.
03:36Oui, mais en fait, je veux dire,
03:38la difficulté aujourd'hui, et on s'en rend bien compte,
03:40c'est qu'on va faire quoi ?
03:42On va mettre des milliers de policiers tous les soirs dans la rue,
03:45pour sécuriser.
03:46Là, on va certainement renforcer pour le week-end à venir.
03:49Ça veut dire quoi ?
03:50Vous vous rendez compte ?
03:51Le nombre de semaines que les policiers enchaînent service d'ordre,
03:55tout ce qui est prioritaire dans la police nationale,
03:58on ne va plus y arriver.
04:00On va les essouffler, les policiers.
04:02Un mot quand même sur ces couvres-feux partiels,
04:04on verra où ils sont mis,
04:05mais vous serez de sortie ce soir encore,
04:08si je puis dire, si je peux en parler l'expression.
04:10Selma Labib, bonjour.
04:11Bonjour.
04:11Vous êtes candidate Nouveau Parti anticapitaliste révolutionnaire
04:14à l'élection présidentielle.
04:16Vous êtes conductrice de bus.
04:17Vous étiez dans l'action.
04:18Ça va continuer ce soir ?
04:20Vous avez des actions qui sont prévues ou pas ?
04:22Alors moi, j'étais en manifestation samedi,
04:25dans le cadre d'un mouvement social,
04:27d'une mobilisation qui a été amplifiée par les lycéens d'abord,
04:33puis les étudiants, la jeunesse,
04:35puis qui a été rejoint par des centaines de milliers de travailleurs.
04:39En réalité, c'est ça qui s'est passé aussi samedi
04:41et que peut-être on oublie un peu de dire depuis quelques heures,
04:45voire plusieurs heures sur ce plateau.
04:49Pourquoi il y a 2 millions de travailleurs en France
04:51qui sont sous le seuil de pauvreté ?
04:53Il y a 20 millions de travailleurs en France, en Europe,
04:55qui sont sous le seuil de pauvreté ?
04:57Et ce qui s'est passé hier, on le voit à l'échelle de l'Europe.
05:00Donc il y a un problème plus général.
05:01Les travailleurs, les travailleuses, j'en suis une,
05:03on est pris à la gorge.
05:05Voilà, c'est ça la situation.
05:06On manifeste pour le prix de l'essence,
05:08on manifeste contre les licenciements.
05:10Je voudrais dire que Sodexo est en train de licencier plus de 1 000 salariés,
05:13que l'usine de Poissy est en train de fermer.
05:16C'est toute cette situation-là qu'on dénonce.
05:18Mais pour qu'un mouvement continue d'être audible,
05:20un mouvement social, et c'est vrai qu'il y avait du monde,
05:22et que dans la majeure partie des cas,
05:24les cortèges sont plutôt bien déroulés,
05:25pour que le mouvement continue d'être audible,
05:27il ne faut pas qu'il ait de gaz derrière.
05:30Ou alors, vous dites que ça va avec.
05:32Le gouvernement...
05:33C'est le gouvernement qui est responsable de la classe ?
05:34Bien sûr, c'est le gouvernement qui est responsable.
05:37Le gouvernement est responsable de ce qu'il se passe.
05:40Mais pas les pillages.
05:40Le gouvernement est responsable...
05:42Pas les pillages.
05:42Il sème la misère, récolte la colère,
05:44et la colère sociale, elle ne se maintient pas dans un entonnoir.
05:48La colère sociale ne se maintient pas dans un entonnoir.
05:50Je vous pose une question.
05:51On pille parce que c'est la misère ?
05:52Mais moi, je vous dis ce que j'ai à vous dire.
05:54Vous êtes bien gentil, mais vous répondez à mes questions.
05:56Ce à quoi on appelle, nous appelons à un mouvement massif de grève, de mobilisation.
06:02Nous appelons à s'organiser.
06:03Il y a même une grève générale, le 5 octobre.
06:05Nous appelons à ce qu'il y ait des perspectives dans cette mobilisation.
06:07Et les perspectives dans cette mobilisation...
06:09Regardez, est-ce qu'on pille un Sephora ?
06:13Est-ce qu'on pille un magasin de vêtements ?
06:14Est-ce qu'on pille un magasin de téléphonie mobile ?
06:16Parce que c'est la misère.
06:16Écoutez, je vous ai répondu.
06:17Ma question, elle est toute simple.
06:19Non, vous ne m'avez pas répondu.
06:20Vous pleurez des marchandises.
06:21Voilà.
06:22Moi, je vous donne un exemple.
06:23Je pleure des commerçants qui, pour souvent, sont au SMIC aussi.
06:26Vous pleurez des marchandises.
06:26Et les commerçants au SMIC.
06:27Monsieur, vous êtes le porte-parole du gouvernement, visiblement.
06:29Non, je suis simplement moi.
06:31Vous êtes sur le plateau de BFM TV.
06:32Et je vous pose une question.
06:33Je vous ai répondu.
06:34Qu'est-ce que vous dites à ces commerçants qui sont pour certains au SMIC et endettés ?
06:37Je vous ai répondu.
06:37Ceux à quoi on appelle ces amplifiés, la mobilisation.
06:40Non, vous êtes en train de me sortir votre brévière anti-révolutionnaire.
06:43Je vous pose une question sur ces commerçants.
06:44Non, anti-révolutionnaire.
06:46Je vous ai donné mes réponses.
06:48Écoutez, vous n'allez pas me dicter ce que je vais dire et ne pas dire.
06:50Non, je vous pose la même question.
06:52Ces commerçants qui sont au SMIC et endettés, qu'est-ce que vous leur dites ?
06:55Ma réponse, c'est celle-là.
06:56Nous appelons à augmenter la mobilisation.
06:59Nous voulons l'augmentation des salaires.
07:01Le gouvernement joue ce jeu-là.
07:03C'est le gouvernement qui joue à ce jeu.
07:05Ce n'est pas le gouvernement qui casse et qui pille avec des commerçants qui sont endettés,
07:09qui sont au SMIC.
07:10Et qui sont victimes de casseurs.
07:12Je ne dis pas que c'est vous.
07:13Je dis simplement, qu'est-ce que vous avez à leur dire ?
07:14Au-delà de la manifestation, pour avoir un meilleur pouvoir d'achat.
07:17Je leur dis, par exemple, que Marine Le Pen rende l'argent
07:20et peut-être que ça remboursera une partie de la casse qui a été faite ce week-end.
07:23Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
07:25Vous voulez que je vous dise ce que vous voulez entendre ?
07:27Je ne vous le dirai pas.
07:28Je vous dis, nous appelons à la mobilisation.
07:31Il y a des coordinations lycéennes, étudiantes qui se mobilisent.
07:35Ce que j'entends, c'est que vous n'avez rien à fiche des commerçants qui sont endettés et qui
07:38ont tout perdu.
07:38Vous ne parlez pas ?
07:40Je suis en train de vous dire que les mobilisations ont été massives.
07:43Je me retourne vers vous en disant qu'il y a d'autres manifestations qui sont prévues.
07:47Il y a même un appel à la grève générale.
07:49Oui, et nous en serons.
07:50Et il sera peut-être massif, effectivement.
07:52Et je vous dis simplement...
07:53C'est comme on a toujours participé avec des cortèges de manifestants, de travailleurs.
07:58Les travailleurs, les travailleurs.
08:00Non, vous ne m'avez pas répondu sur les travailleurs et les commerçants qui ont tout perdu.
08:03Vous ne m'avez pas répondu.
08:05Je vous le dis.
08:07Les responsables de ce qui se passe, c'est le gouvernement.
08:09Très nice à Srigo.
08:10Bon, écoutez, déjà, la première chose, c'est que les responsables de ce chaos, c'est aussi les politiciens et
08:14les syndicalistes
08:15qui appellent à la mobilisation depuis des semaines et qui incitent à la violence et qui n'arrivent pas à
08:19répondre.
08:19Ça, c'est le premier élément.
08:20Donc, je propose, madame, qu'on vous fasse payer les réparations de ces pauvres gens.
08:23Et je vais vous répondre aussi sur un autre point.
08:25C'est qu'on ne pleure pas simplement des marchandises.
08:26On pleure des policiers, on pleure des professeurs, on pleure des commerçants qui ont été agressés, frappés par vos copains.
08:32Donc, maintenant, vous, vous allez payer à la place des commerçants et des Français qui ont ras-le-bol de
08:35votre cirque.
08:36Parce que vous êtes ridicule, madame.
08:37Mais vous parlez de ceux qui ont réparé, mais est-ce qu'une fois dans votre vie, vous êtes leurée
08:41pour travailler.
08:41Non, stop, arrêtez, vous êtes une syndicaliste.
08:44Vous ne travaillez pas, mais ce matin, j'étais réveillée à 3h45 pour aller conduire un bus.
08:48Les gens qui ont nettoyé ce matin, ils n'étaient pas en train de manifester samedi.
08:51On le voit les sons, vous les garez, vous êtes grotesques.
08:54Les éboueurs, ils n'étaient pas en train de manifester, ils étaient en train de travailler.
08:57C'était des black blocs et des racailles qui ont pété ce pays.
09:00Mais c'est vous, la racaille.
09:01Écoutez, vous parlez de vos grands leçons.
09:04Rien que sur ce plateau, et vous vous étonnez, il y a des violences dans cette société.
09:07Non, madame.
09:08Moi, je pense à tous les entrepreneurs de ce pays qui, toute l'année, sont taxés.
09:11Je pense à tous les policiers qui sont mobilisés depuis maintenant des années pour essayer d'assurer l'ordre.
09:15Et là, on a vous qui venez donner des leçons.
09:17Non, mais c'est vous qui devez payer, madame.
09:18Parce que les entrepreneurs, les travailleurs, les commerçants, eux, ils bossent.
09:21Le samedi, ils ne peuvent pas travailler.
09:23Vous comptez le manque à gagner de tous ces gens ?
09:24Mais vous n'avez jamais travaillé de votre vie.
09:25Qu'est-ce que vous me racontez ?
09:27Mais qu'est-ce que vous racontez ?
09:28Vous êtes venu semer le trouble sur le plateau.
09:30Vous avez le son de morale, vous les gardez.
09:31C'est ridicule.
09:31Vous devriez demander pardon.
09:32Vous devriez demander pardon, droit de nos yeux, et aux policiers, et aux professeurs, aux entrepreneurs.
09:37Gardez vos leçons de morale.
09:38On n'en a aucune à recevoir d'autre part.
09:39Alors, justement, puisqu'on continue de parler de cette case,
09:47que l'on voit beaucoup tourner sur les réseaux sociaux,
09:49vous savez, c'est un franc prix.
09:52Il y en a plusieurs, d'ailleurs, c'est des mini-surfaces qui ont été détruits,
09:55qui ont été ravagés, qui ont été saccagés, qui ont été pillés.
09:59Et puis, tout le monde est venu faire son marché.
10:01Il y a une vidéo, notamment, où on voit une femme qui tente de s'interposer
10:05et qui dit « Mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? »
10:08En plus, vous êtes en train de tuer la cause et de tuer le mouvement.
10:10Regardez.
10:36Vous voyez, elle tente de s'interposer, elle tente de dialoguer.
10:40Elle leur dit « Stop ! »
10:41On lui dit « Non, sortez de là, vous allez vous blesser. »
10:43Mais c'est parce que le pillage continue.
10:44Et puis, on voit à l'intérieur, d'ailleurs, de la supérette,
10:47on voit un vigile, un gardien qui est tétanisé et qui est pris par la peur.
10:54Et elle dit, vous voyez, elle dit elle-même « Vous n'aidez pas la cause, la cause sociale. »
10:58Enfin, on ne va pas… Vous êtes… Je suis désolée, c'est pitoyable.
11:01C'est pitoyable de rester en boucle sur les mêmes images, sur les mêmes faits.
11:06Elle parle de la cause.
11:06Sur les mêmes faits.
11:07Mais le gouvernement, vous, n'avez même pas fait ça.
11:10Quant au Porges, les gens ont perdu leur maison, vous n'avez même pas fait ça.
11:13Qu'est-ce que vous racontez ?
11:14Mais bien sûr que c'est vrai.
11:15Vous n'avez même pas fait ça.
11:16Le gouvernement instrumentalise ce qui s'est passé samedi pour vider la mobilisation de ces revendications.
11:26On demande le retrait de Parcoursup.
11:29On demande des augmentations de salaire.
11:32Là, ils ne risquent pas de les avoir avec un commerce qui est détruit.
11:35Ils ne risquent pas de les avoir.
11:36Les emplois, ils vont même tous être licenciés.
11:39Alors, si ça vous convient dans votre lutte sociale, c'est parfait.
11:42Abel Bouilly, qu'est-ce qu'on peut penser de ces émetiers ?
11:46Je réponds en tant qu'éducateur et en dehors de toute attitude partisane.
11:52Peu importe, je m'en fous des partis politiques.
11:54Je suis en colère.
11:56Je le prends comme un échec personnel.
11:58Et tous mes collègues éducateurs avec qui on a échangé hier, on est en colère.
12:01Pourquoi ?
12:02Un, le gouvernement qui se défausse sur les renseignements intérieurs.
12:05Comme je disais ce matin à l'un de vos collègues, vous êtes parmi les cocus de la République.
12:09Parce qu'on avait accès à toutes les informations sur Internet, sur Snapchat, sur TikTok, sur Telegram.
12:16Il y avait tous les appels.
12:17Il y avait des gens qui étaient organisés, qui sont armés, qui ont des véhicules.
12:21On avait accès à toutes les informations depuis des semaines.
12:25Donc moi, je ne comprends pas comment ça a pu être une journée porte ouverte comme ça.
12:29Deuxièmement, j'en veux assez jeune.
12:31Mais je dis bien, ces jeunes qui ne représentent pas la jeunesse, mais qui sont des délinquants,
12:36qui salissent l'image, qui salissent l'image des jeunes qui, eux, ont manifesté pour des bonnes causes,
12:41qui font ce qu'on appelle des CSC, des buts contre leur camp.
12:45Parce qu'après, c'est quoi ?
12:46C'est nous, après, on doit se battre.
12:48Moi, j'ai eu des éducateurs hier.
12:50C'est qui nous ? C'était à vous, les éducateurs ?
12:51Les éducateurs, on doit se battre.
12:52Moi, j'ai eu des éducateurs hier, dont certains étaient limite en pleurs, en train de me dire,
12:55tu sais, Abel, moi, je ne vais pas dans ces manifestations.
12:58Parce que si j'y vais, c'est moi qui vais me battre contre ces casseurs.
13:01Cette image, déjà, que notre métier, il est en souffrance.
13:04Donc, évidemment, moi, je ne peux pas applaudir quand je vois ça.
13:07Parce que, justement, on ne parle plus de la cause à cause de ces gens-là.
13:10Et moi, j'en veux aussi aux parents, je suis désolé.
13:12Quand vous êtes père, vous êtes mère, vous voyez votre fils rentrer avec une nouvelle paire de Air Max,
13:16vous voyez votre fils ou votre fille en train de rentrer avec une PlayStation 5,
13:20vous voyez votre fils ou votre fille en train de rentrer avec un nouveau jogging que vous n'avez pas
13:24acheté
13:25et que vous ne posez pas la question.
13:27C'est ça, la réalité sur le terrain.
13:28Parce que beaucoup de ces jeunes, certains vont être jugés, peut-être pas,
13:32après, dans quelques mois, on en parlera aussi dans les grandes gueules,
13:34beaucoup, j'en retrouverai dans mes ateliers,
13:36dans des dispositifs d'insertion et de réinsertion,
13:39en train de leur tirer les oreilles.
13:41Donc, moi, je ne peux pas applaudir ça.
13:43Parce qu'ils sont en train de détruire la cause.
13:45Ce n'est pas une question de misère, de misère sociale ?
13:47Non, je suis désolé.
13:48Moi, je ne mets pas sur deux jeunes qui sont dans la misère sociale,
13:51je ne mets pas sur le même plan le jeune qui se bat pour s'en sortir
13:54qu'avec le jeune qui casse.
13:56Parce que sinon, je ne suis plus éducateur.
13:57Et ce qui m'énerve aussi, c'est que beaucoup de ces jeunes,
13:59ils se disent croyants soi-disant, croyants.
14:02C'est ça que la religion...
14:03Moi, les jeunes, je les mets face à leurs responsabilités.
14:06D'un côté, je dis oui, il y a des injustices sociales,
14:08les discriminations, ça existe.
14:09Mais je ne peux pas applaudir un jeune qui se...
14:11Comment dire ? Qui se comporte mal.
14:13Si je fais ça, je ne suis pas un éducateur.
14:15Et je vous dis que je n'en ai rien à faire des partis politiques.
14:18Parce que moi, ces jeunes, je suis engagé au quotidien,
14:20dans les dispositifs, dans les centres éducatifs fermés,
14:23dans les prisons ou autres,
14:24et je tire les oreilles à ceux qui se comportent mal.
14:27Et ce qui s'est passé là, c'est tout simplement inadmissible.
14:30Mais Stanislas Rigaud, il y a une réponse politique à apporter.
14:32Et ça, elle ne peut pas être uniquement que policière et répressive.
14:36C'est-à-dire qu'effectivement, ça fait des semaines
14:38qu'on parle de cette crise, de cette crise sociale,
14:40de cette crise lycéenne,
14:41qui a une cocotte minute, qui monte.
14:43Et ça, on le voyait sur les réseaux sociaux.
14:45Le président de la République prend la parole hier.
14:47Et puis, ce n'est pas circulé, il n'y a rien à voir.
14:49Mais presque, il dit au Premier ministre,
14:51à vous de recevoir les gens, les représentants, les syndicats.
14:57Mais ça va au-delà.
14:58Il y avait peut-être des gestes politiques à faire, Stanislas Rigaud.
15:01Évidemment. Après, il y a deux choses.
15:02Déjà, bravo, monsieur, pour le travail que vous fournissez au quotidien.
15:05Mais ce n'est pas à ce monsieur de s'occuper de toute la jeunesse
15:08qui a des problèmes dans ce pays.
15:09Là où je vous rejoins, c'est que j'ai écouté hier
15:12les huit minutes atrocement longues du président de la République
15:15qui n'a rien dit.
15:16Mais en réalité, ça fait dix ans.
15:18Et si on peut se mettre d'accord autour de ce plateau
15:20sur un constat, ou en tout cas,
15:21ceux qui ont des positions politiques,
15:22c'est que la Macronie est absolument catastrophique.
15:26Et ce, depuis dix ans.
15:27Ça fait dix ans qu'il plombe ce pays dans tous les domaines.
15:30Mais si on pense sincèrement
15:31que c'est en créant ce climat de guerre civile dans ce pays
15:34qu'on va s'en sortir, on se trompe.
15:36Parce que derrière, il y a des milliards d'euros
15:38qui sont en train de partir en fumée.
15:39Derrière, il y a des vies qui sont brisées.
15:40Derrière, il y a des gens qui n'auront peut-être plus d'emploi.
15:43Derrière, il y a des assurances qui vont devoir passer.
15:44Et puis, toi, les assurances ne pourront pas payer.
15:46Qui va s'en charger ?
15:47Eh bien, c'est l'argent du contribuable.
15:48Et puis, je...
15:49Il y a un fonds spécial.
15:50Il y a un fonds spécial.
15:51Donc, c'est le contribuable, le fonds spécial.
15:53Vous en parlez toujours sur votre chaîne Info.
15:54On est endetté à hauteur de plus de 3 000 milliards de dettes.
15:57C'est absolument faramineux.
15:58Et puis, je m'attarde aussi sur un autre élément.
16:00Pour l'instant, il y a 2 000 policiers blessés.
16:02Et ce qui est un chiffre, je crois, qui est assez inédit.
16:06Quelle chance on a de n'avoir aucun mort du côté des forces de l'ordre.
16:10Parce que, vu ce qui se prenne dans la figure,
16:12vu l'attitude de certains, notamment le candidat de Madame,
16:14M. Poutou, qui a dit hier qu'il était dans le camp des émeutiers.
16:17Mais quand on entend M. Mélenchon qui, hier, sur une autre chaîne Info,
16:20a refusé de condamner le terme « acab »,
16:23qui veut dire, pardon l'expression, mais tous les flics sont des bâtards,
16:26on a un candidat à l'élection présidentielle
16:28qui ose dire que les flics sont tous des bâtards.
16:30Pardon de le dire, c'est absolument scandaleux.
16:31On va aller, Place de la République, retrouver l'une des équipes de BFM TV
16:34parce qu'il y a une manifestation spontanée qui est en cours.
16:37Et du coup, bien évidemment, le corollaire sont les contrôles policiers
16:40sur la Place de la République.
16:44Oui, tout à fait. Depuis 2 heures maintenant,
16:46il y a des petits groupes de jeunes qui arrivent ici, Place de la République.
16:50Tout à l'heure, ils étaient rassemblés, tous ces jeunes,
16:52mais les policiers sont arrivés et ont commencé à faire des contrôles.
16:56Nous avons d'ailleurs vu un jeune qui a été fouillé
16:59et qui avait du matériel qui aurait pu servir de projectile.
17:04Il a été emmené à l'extérieur de la Place de la République
17:07par les forces de l'ordre.
17:09Les policiers qui sont particulièrement attentifs
17:11car il y a un appel à manifester
17:13qui a été lancé sur plusieurs comptes sur TikTok.
17:17Des comptes qui appellent à maintenir la pression
17:20sur le gouvernement tous les jours.
17:21Et il y a parmi ces comptes plusieurs casseurs
17:24qui appellent à tout casser.
17:26Je cite en tout cas les policiers qui sont toujours présents ici sur place.
17:29Ils sont également déployés autour de la place.
17:32Il y a notamment un canon à eau.
17:34Et nous avons vu plusieurs motos de la Bravem
17:36également déployées dans le secteur.
17:39Et puis on va aller à Montpellier aussi auprès des commerçants.
17:44Retrouver l'une des équipes de BFM TV aussi auprès des commerçants
17:47qui malheureusement ne peuvent que constater aussi les dégâts.
17:53Oui exactement.
17:54Là on voulait vous montrer ceci avec Nisrine El Yagoubi.
17:57Regardez par exemple ici c'est Rue Jean Moulin.
17:59Imaginez ici samedi dernier aux alentours de 19h
18:02une centaine de casseurs s'en prendre à cette boutique de chaussures
18:05et surtout ici dans la boutique dans laquelle nous nous trouvons.
18:09Regardez ici la vitre d'entrée a totalement été pulvérisée.
18:11On voit des traces de sang.
18:13Ce sang c'est le vôtre Wim Schwiten.
18:15Vous êtes le gérant de la boutique d'E-Watcher.
18:16Expliquez-nous ce qui s'est passé samedi.
18:18Alors en fait on était avec ma famille, mon père, mon frère
18:22et mon collaborateur Cédric
18:24pour tenter d'intercepter les casseurs
18:27qui s'en prenaient à ma boutique.
18:30Et on a été vraiment submergés.
18:34On a appelé la police en urgence
18:36mais ils nous disaient qu'il était place de la comédie,
18:38qu'ils s'étaient submergés
18:39et ils nous ont dit qu'on devait se débrouiller seul.
18:43Donc on a un gros sentiment d'impuissance face à tous ces casseurs.
18:49Oui, on voit des marques sur votre corps, sur votre tête, sur votre joue
18:52et même sur vos mains.
18:52Ce sont les stigmates de samedi.
18:54Expliquez-nous, qu'est-ce qu'ils vous ont fait ces casseurs ?
18:56Effectivement, ils ont cassé la vitrine de gauche
19:01et du coup j'ai essayé de les empêcher de soulever la grille avec des barres de fer.
19:07Mais oui, ils me balancent un extincteur sur le crâne.
19:10J'ai aussi des points de suture sur le genou gauche.
19:17Après, ils ont pénétré la boutique.
19:19Avec mon frère et mon père, on a essayé des ralentures au maximum.
19:23Et il y a eu beaucoup de manifestants pacifiques qui sont venus nous aider,
19:26qui m'ont apporté les premiers soins.
19:29Et franchement, il y a eu un élan de solidarité incroyable
19:32avec les commerçants, les voisins, les clients même,
19:35les amis qui sont venus m'aider pour retirer tout le stock de la boutique,
19:39pour pouvoir le sécuriser et pour même repousser les casseurs
19:42quand c'était le soir même.
19:44Merci beaucoup, Wim, on vous souhaite beaucoup de courage.
19:46Vous le voyez aussi sur ces images, la boutique totalement dévastée.
19:49Ici, on estime une perte environ à 50% du stock total du magasin.
19:55Merci, Victor Pérez-Boucheron.
19:57On va retourner, revenir à Paris, retrouver Jean-Pierre Farandou
20:00qui est le ministre du Travail dans un instant
20:04parce qu'il est en train de discuter avec des commerçants, justement.
20:07C'est Serge Papin aussi, le ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Pouvoir d'Achat.
20:10On va regarder ce dialogue qu'ils ont avec les commerçants
20:13puisqu'ils sont venus à leur rencontre.
20:16...d'interdire les attrouvements, donc voilà.
20:18On a pris la mesure.
20:20À la fin, on va faire un micro-tendu, un net pour tout le monde.
20:24C'est comme ça, tout le monde pourra s'installer.
20:25Donc voilà, on va être juste ici pour qu'on puisse échanger.
20:29Après le dialogue avec les commerçants, il va y avoir ce qu'on appelle un micro-tendu.
20:33C'est-à-dire que les ministres vont faire part de leur réaction après cette entretenue
20:37avec justement ces commerçants.
20:39Mais on va retrouver d'abord Paul Conge qui est au tribunal judiciaire de Paris
20:41parce qu'il y a eu les premières comparutions immédiates, Paul.
20:46Oui absolument, ce sont les tout premiers cas, les premiers interpellés la journée de samedi
20:50qui passent en comparution immédiate.
20:51Il y a cinq dossiers aujourd'hui, ce sont plutôt des jeunes gens âgés de 19 à 23 ans.
20:55Ils ont pour la plupart un quasi-judiciaire vierge.
20:57Alors le premier prévenu qu'on a vu, c'est un jeune agent de sécurité de 23 ans
21:01de proche banlieue parisienne.
21:03Lui, il est jugé pour avoir tiré des mortiers d'artifice sur des fonctionnaires de police
21:06sur les Champs-Elysées.
21:07Alors il ne conteste pas les faits, mais il dit qu'il ne voulait pas blesser les forces de l
21:12'ordre,
21:12qu'il voulait animer l'événement en soutien aux lycéens.
21:16Alors bon, ça n'a pas beaucoup convaincu les magistrats ici à Paris.
21:19Le procureur l'a enjoint d'assumer ce qu'il était venu faire,
21:22à savoir des violences contre les forces de l'ordre.
21:23Il a recue une peine de prison ferme.
21:25Et finalement, le délibéré vient de tomber.
21:27Et donc, il vient d'être condamné à 12 mois de prison avec sursis
21:29et interdiction de manifester pendant un an.
21:32Ça, c'était un des dossiers.
21:33Un autre qu'on a vu, c'est un cuisinier de 21 ans.
21:35Sa particularité, c'est que c'est un ancien sapeur-pompier.
21:38Et lui, il a été interpellé avec du matériel pour fabriquer des cocktails Molotov
21:42en amont de la manifestation.
21:44Il a dit que c'était pour faire un barbecue pour son anniversaire.
21:46Là non plus, ça n'a pas beaucoup convaincu
21:48puisque le parquet a demandé 8 mois de prison avec aménagement de peine.
21:51Le concernant, on saura sa peine un petit peu plus tard.
21:54Il y a 3 autres personnes qui doivent être jugées aujourd'hui.
21:57On n'est pas sur des pillards.
21:59On est plutôt sur des personnes qui ont commis des violences sur les forces de l'ordre
22:01au début de la manifestation.
22:02Pour les pillards, on en saura un peu plus demain ou bien après-demain.
22:07Merci Paul Conge avec Laura Campion au tribunal judiciaire de Paris.
22:10On va retourner dans le centre de la capitale aussi.
22:12On va retrouver Serge Papin, le ministre de l'Artisanat,
22:14qui vient de s'entretenir avec le ministre du Travail et des commerçants.
22:17Que ce soit les charges patronales ou les charges salariales.
22:21Donc voilà, tout un dispositif d'aide qui est actionnable dès maintenant
22:27et qui est à la disposition des commerçants qui ont subi ce qu'on voit ici.
22:35C'est dramatique.
22:36Ils ont été pillés.
22:37Et puis ensuite, le magasin saccagé.
22:40Donc effectivement, on va les soutenir.
22:42Ce fonds spécial, il va être doté de combien ?
22:45Est-ce qu'on a donné l'ampleur de la trésorerie ?
22:46On est en train de le travailler avec le ministre des Comptes publics.
22:51Et ça sera publié dans quelques heures.
22:55Est-ce qu'on parle de plusieurs dizaines, centaines de millions d'euros ?
22:58Est-ce qu'on parle en milliards ?
23:00Non, on ne parle pas en milliards.
23:02Mais en tous les cas, c'est en cours d'élaboration actuellement.
23:07Il faut qu'on ait des échanges.
23:09Ça concerne plusieurs ministères, bien sûr.
23:11Il faut aussi qu'on ait un peu un bilan.
23:14Actuellement, on discute avec la Chambre de commerce,
23:19avec le MEDEF et avec nos propres services
23:22pour savoir combien de magasins ont été touchés,
23:27que ce soit par le pillage ou par le saccage.
23:29On est à plus de 2000 magasins.
23:32Donc il faut qu'on ait aussi tous les événements
23:33pour pouvoir faire une proposition ad hoc.
23:36Comment vous allez faire pour sécuriser les magasins ce soir,
23:38ces prochains jours ?
23:39Un nouvel acte de mobilisation est prévu.
23:41Samedi, beaucoup de magasins n'ont plus de vitrine.
23:43Concrètement, quelle réponse du gouvernement
23:45pour sécuriser ces 3000 magasins ?
23:47Il y a la question qui peut se poser sur la journée du 24.
23:52Ce n'est pas une manifestation qui est proposée
23:56par l'intersyndicale.
23:58Donc la question pourra se poser de savoir
24:02si cette manifestation, en tous les cas,
24:07la question a été posée par le Premier ministre
24:08si elle est autorisée ou pas.
24:13Excusez-moi, juste pour ce soir,
24:15comment vous allez ce soir sécuriser les magasins ?
24:17Écoutez, il y a un dispositif de sécurité qui est en place.
24:23Donc tous les endroits sont sécurisés.
24:27Je n'ai pas vu là, actuellement, j'arrive là dans Paris.
24:31Pour l'instant, je n'ai pas vu de manifestation.
24:35Par contre, on voit que les forces de police sont là.
24:37Monsieur, il y a plus de ministres maintenant,
24:43de policiers maintenant,
24:44qu'il n'y a eu de policiers le soir
24:45où ce magasin a été vandalisé.
24:48Les pires sont restés 3 heures à l'intérieur ici.
24:50Les commerçants, ceux qui sont abandonnés,
24:51qu'est-ce que vous dites ?
24:52Non, ils ne sont pas abandonnés.
24:53Écoutez, c'est drôle que vous me posiez cette question
24:56alors qu'on est là, alors que moi, je suis ministre du commerce
24:58et je suis là.
24:58Et vous dites, non mais attendez,
25:00vous êtes en train de dire qu'on abandonne
25:02alors que je suis, moi, en train de travailler
25:04à des mesures de soutien.
25:05Comment ça, j'arrive après ?
25:06On est lundi.
25:07Comment ça, j'arrive après ?
25:08Ça s'est passé hier.
25:09Ça s'est passé hier.
25:11Donc vous ne pouvez pas dire qu'on abandonne.
25:12Ce n'est pas vrai.
25:13On est là en soutien.
25:15On est là.
25:16Si on est là, si je suis ici,
25:18c'est pour leur dire que je suis avec eux.
25:20Donc je suis là, voilà,
25:23à travailler avec mes collègues des autres ministères
25:26à la solidarité, au soutien.
25:29Je l'ai développé.
25:30Et on est présent avec eux à leur côté.
25:33Monsieur, le restaurant d'à côté a été brûlé.
25:36La gérante a été frappée à coups de pavés.
25:39Ils sont venus samedi.
25:41Ils sont venus 10h pour s'emparer de la caisse.
25:43Ils sont venus 2 jours de suite.
25:45C'est la même chose dans plusieurs...
25:46Oui, mais je sais.
25:46Écoutez, il y a eu des exactions.
25:48On ne va pas...
25:49En fait, je sais, je suis touché par ça.
25:52Moi, je suis commerçant.
25:53Donc vous comprenez que, évidemment,
25:56j'ai une forte sensibilité.
25:57Et je sais bien, Julien, ici présent,
26:00c'est aussi son patrimoine.
26:01Moi, mon commerce, c'était mon patrimoine.
26:04Si on se fait piller,
26:06ce n'est pas que des produits qui sont enlevés.
26:08C'est aussi une partie du patrimoine.
26:10Donc, évidemment, moi, je suis touché par ça.
26:15Les moyens qui vont être mis en place maintenant,
26:18ça ne se reproduira plus.
26:20C'est ce qu'a dit le Premier ministre.
26:22On va renforcer la dynamique de sécurisation.
26:25Couvre-feu ce soir, M. le ministre, ou pas ?
26:27Ce n'est pas à moi de dire.
26:29Il y a une possibilité.
26:31Le Premier ministre s'est exprimé.
26:33Il peut y avoir, de manière localisée,
26:36l'utilisation du couvre-feu.
26:38À Paris y compris ?
26:39À Paris y compris, bien sûr.
26:40Est-ce que vous vous engagez personnellement
26:41à ce que les actes qui ont été commis
26:43contre les commerces
26:44ne se reproduisent pas une nouvelle fois ?
26:46Est-ce que vous allez faire tout ce qui est en votre pouvoir
26:48pour éviter que les commerces ne viennent pas s'engager ?
26:51Évidemment, le ministre de l'Intérieur,
26:53en première ligne, s'est engagé aussi
26:57pour tirer des leçons de ce qui s'est passé, bien sûr,
27:04et faire en sorte que ça ne se reproduise plus.
27:07Et le Premier ministre s'est exprimé aussi
27:10sur le changement d'échelle
27:12de la sécurisation des commerces
27:14pour les jours et semaines qui viennent.
27:17Donc ça veut dire concrètement
27:18que devant tous ces magasins pillés
27:20ici place de la République,
27:21il va y avoir des forces de l'ordre ?
27:23Il va y avoir des forces de l'ordre
27:25qui sont d'un dimensionnement approprié.
27:29Les ministres, le gouvernement est mobilisé
27:32pour être en soutien.
27:34Et pour, singulièrement, les commerces,
27:37je suis là à leur côté
27:40pour coordonner et organiser toutes les aides
27:44pour qu'à la fois, ils tiennent bon,
27:48deuxièmement, ils reconstruisent,
27:50et troisièmement, ils réouvrent.
27:53Voilà.
27:53Messieurs, dames, sur les aides,
27:54concentrons-nous sur les aides.
27:55Vous avez des questions imposées sur ça.
27:56Oui, est-ce que ces aides,
27:58il va y avoir des procédures facilitées
27:59pour que les assurances,
28:01notamment,
28:01bénissent plus rapidement ces commerçants ?
28:03Oui, on est en discussion
28:05avec les assurances,
28:06notamment sur la durée
28:08pour faire les déclarations.
28:09Elle est de manière normative
28:12de cinq jours.
28:12Elle va passer à 30 jours.
28:14Est-ce que le gouvernement va proposer
28:17des prêts garantis pour l'État ?
28:19Oui, ça fait partie de la batterie de choses
28:24qui sont actuellement en discussion.
28:26Je pense à la BPI, notamment,
28:29où on est en train de mettre en place
28:32la possibilité d'avoir des aides de trésorerie
28:35à taux zéro.
28:36Et on était en discussion ce matin
28:38avec les représentants des banques
28:41qui, comme elles l'ont fait d'ailleurs,
28:43au passage, pour ce qui s'est passé
28:44dans la zone des incendies en Gironde,
28:46vont le faire de la même manière ici,
28:48avec des prêts de type bonifié,
28:50de manière à faire des passerelles de trésorerie,
28:52même parfois en attendant que les aides arrivent.
28:54Est-ce que les commerçants vont être remboursés,
28:56vont être aidés à 100% ?
28:58Est-ce que le gouvernement s'engage à...
29:00L'activité partielle s'est passée ?
29:03Voilà, Serge Papin qui répond à toutes les questions
29:05ainsi qu'avec le ministre du Travail
29:07sur les aides qui vont être apportées aux commerçants.
29:09Et puis là, c'est une image qu'on a en direct de Marseille.
29:11Vous savez qu'il y avait une tentative d'intrusion
29:12à la mairie de Marseille
29:14et le buste de Marianne avait été jeté à terre.
29:18Benoît Payan avait promis,
29:19le maire de Marseille,
29:20que vous voyez devant les micros,
29:21de remettre rapidement le buste sur son socle
29:24avec l'écharpe tricolore.
29:25C'est donc dans une cérémonie solennelle
29:27et ça vient d'être fait,
29:28cette cérémonie, pour réinstaller Marianne.
29:31Puisque nous sommes avec Jérôme Jiménez,
29:33le policier,
29:34le délégué du syndicat Alliance Police Nationale,
29:36Marseille a fait partie des villes,
29:37mon nombre de commerces
29:38ont été saccagés, plusieurs centaines.
29:40Est-ce qu'à un moment, très franchement,
29:43les consignes qu'a eues la police,
29:44c'est concentrez-vous sur les manifestants,
29:46les black blocs,
29:47et tant pis pour les commerces ?
29:49C'était déjà de tradistance,
29:51donc les consignes n'étaient pas très fermes au départ,
29:53sur ce mouvement.
29:54Je parle avant même de me parler,
29:55là vous me parlez des black blocs,
29:56des pilleurs.
29:56Et après, on a été débordés,
29:58il faut appeler un chat un chat,
29:59il n'y a pas d'autre mot.
30:00Donc on a fait ce qu'on a pu,
30:02et quand je vois l'état
30:04de certaines villes de province,
30:06il y avait aussi beaucoup moins de policiers.
30:08Donc évidemment,
30:09le niveau de violence des jeunes
30:10était le même,
30:13donc en finalité,
30:15c'est des centres-villes
30:16qui ont été complètement ravagés.
30:18Et ça, c'est d'une tristesse absolue.
30:19J'en profite, parce que j'ai deux minutes.
30:21Nous, à Allianz, on demande...
30:23Parce que vous avez entendu,
30:23il y a eu des remarques,
30:25des commerçants en disant
30:25on a été sacrifiés,
30:26on a été laissés à l'abandon.
30:27On ne savait pas où étaient les policiers.
30:29Les commerçants, pareil,
30:29on n'en parle pas,
30:30mais les policiers,
30:31moi j'étais dans un commissariat ce matin,
30:32on a eu des centaines d'appels,
30:33on se déplace,
30:34on fait des constates,
30:35on doit aussi retrouver les bons mots
30:36pour les maux dont ils sont victimes.
30:39Donc tout ça,
30:40c'est aussi le travail du policier.
30:41Mais si vous voulez,
30:42nous, à Allianz,
30:43on demande un électrochoc d'autorité
30:45pour rétablir l'ordre républicain.
30:47Et là, alors,
30:48c'est un fait isolé,
30:51mais ça en dit long.
30:52Quand on a un individu
30:53qui tire au mortier d'artifice
30:54sur des policiers
30:56et qui l'écope d'une peine d'emprisonnement
30:58avec sursis de 12 mois,
30:59l'électrochoc,
31:00il n'est pas prêt de passer en fait.
31:01Et ça, ça en dit long.
31:02Parce que là, les pilleurs,
31:04ils n'ont pas été...
31:05ils ne sont pas encore passés
31:06sur les comparations immédiates.
31:07Pourquoi ?
31:08Parce qu'on priorise
31:09les atteintes aux personnes
31:09avant les atteintes aux biens.
31:11Donc quand on tire au mortier d'artifice
31:12sur un policier
31:13et qu'on ressort librement,
31:14les pilleurs, je pense que...
31:14Et ça pour vous, l'éducateur ?
31:16Je pense que samedi,
31:16ils vont pouvoir recommencer
31:17sans aucun problème.
31:18C'est un mauvais signal
31:18qui est envoyé, effectivement.
31:19Moi, je suis d'accord.
31:19Moi, je dis toujours
31:20qu'après, quand ils retournent chez eux,
31:22ils sont vus comme des héros
31:24auprès de leurs potes.
31:25C'est ça, la réalité.
31:25Tous les gens qui disent
31:26que c'est faux,
31:27je leur dis arrêtez
31:28votre corruption intellectuelle.
31:30On sait ce qui se passe
31:30sur le terrain.
31:31Il y a un problème
31:32d'inversion des valeurs.
31:33Et si vous me permettez
31:33de rebondir,
31:34vous avez d'un côté
31:35les appels des gens honnêtes
31:36qui appellent à manifester
31:37pour des revendications
31:38qui sont nobles.
31:39Mais il y a déjà des appels
31:40pour Halloween,
31:42pour le 24,
31:43en disant que lorsqu'il n'y aura
31:44plus rien à piller,
31:45il faudra s'attaquer
31:46au domicile des gens.
31:47Sur Snapchat, notamment,
31:49ça commence à tourner,
31:50y compris de la part de comptes
31:51qui sont suivis
31:52par des dizaines
31:53de milliers de personnes.
31:54Donc je suis désolé,
31:55et je le répète,
31:56moi je ne suis pas là
31:56pour avoir des postures.
31:57En tant qu'éducateur,
31:58je ne peux pas l'applaudir.
31:59Et j'en veux aussi
32:00à tous ces faux éducateurs
32:02qui sont incapables
32:04de dire ce qui est bien
32:05de ce qui est mal
32:06et qui encouragent les jeunes
32:07parce que les pauvres,
32:08ils sont tellement ostracisés.
32:09Je suis désolé.
32:11Il faut qu'on revienne
32:12sur l'enseignement
32:14de la notion de l'interdit.
32:16L'interdit,
32:16lorsqu'il est juste,
32:18c'est une bonne chose.
32:19Lorsqu'il est juste,
32:20je précise, bien entendu.
32:22Mais quand on bascule
32:23dans une société
32:23où il est interdit d'interdire,
32:24voilà ce que ça donne.
32:26Et je redis,
32:27les parents,
32:28où êtes-vous les parents ?
32:29Les aînés,
32:30les grands frères,
32:30où êtes-vous ?
32:31Toutes ces politiques
32:32des grands frères
32:33à la mort moineux
32:34pour rester polis
32:35qui ont fait en sorte
32:36que nos jeunes
32:36tombent dans du n'importe quoi.
32:38On a loupé le virage numérique
32:40des réseaux sociaux
32:40et voilà dans quoi
32:42on est en train de basculer.
32:43C'est une honte pour ce pays.
32:45Quels sont les profils
32:47de tous ceux
32:47que l'on a pu arrêter,
32:50interpeller ?
32:50On a une idée,
32:52Maxime Brandstetter ?
32:53Alors pour l'instant...
32:54Ils sont divers et variés,
32:55j'imagine.
32:55Ils sont divers et variés.
32:57Alors on a...
32:58Est-ce que c'est de les identifier ?
33:01Alors...
33:01À travers toutes les scènes de pillages,
33:03il va falloir les retrouver.
33:03Alors vous parlez de ceux
33:05qu'on va identifier
33:05a posteriori.
33:06Oui.
33:08C'est faisable
33:08parce que des éléments,
33:10il y en a beaucoup,
33:11des éléments de preuve,
33:11il y en a beaucoup,
33:12des vidéos,
33:12il suffit d'aller sur les réseaux sociaux
33:14pour en trouver plein.
33:15Parfois, c'est les pillers
33:15qui se filment eux-mêmes
33:16ou qui filment leurs amis
33:18en train de piller des magasins.
33:19Il y a dans la plupart
33:20des magasins des centres-villes,
33:22il y a des caméras
33:22de vidéosurveillance,
33:23il y a des caméras
33:24de vidéosurveillance
33:24dans les villes.
33:25Donc en soi,
33:26les éléments sont là.
33:27Après, c'est un travail
33:28long et fastidieux.
33:29Je vous prends un cas
33:30très concret
33:30pour que vous imaginiez
33:32quelqu'un qui vient dans...
33:36dans votre magasin,
33:37il va partir avec des articles.
33:39S'il est masqué,
33:40cagoulé comme ils le sont beaucoup,
33:42l'une des manières
33:42de l'identifier,
33:43ça va être de le suivre.
33:44C'est de remonter
33:45caméra par caméra
33:46pour voir tout son parcours,
33:47éventuellement s'il rentre
33:48dans un domicile,
33:49s'il prend une voiture.
33:50Imaginez ça
33:51pour le nombre de casseurs,
33:52c'est un travail
33:52extrêmement long et fastidieux.
33:54Donc c'est difficile,
33:56c'est un travail
33:56qui demande beaucoup de moyens.
33:58Mais il faut dire,
33:58il y a une volonté politique
34:00et policière
34:01parce qu'ils ont déjà annoncé
34:02sur Paris
34:03une task force d'enquêteurs
34:05pour la faire court
34:06tous les enquêteurs
34:07d'Île-de-France
34:08qui bossent
34:08dans les sûretés territoriales
34:09qui font des cambriolages,
34:11des événements
34:11de moyenne intensité.
34:12On a décidé
34:13de tous les rassembler
34:14en une cellule à Paris
34:15et en ce moment même
34:16où on se parle,
34:16ils sont en train
34:16d'éplucher toutes les images,
34:18ils sont en train
34:18de regarder,
34:19de recouper l'ADN
34:20qu'on a pu retrouver
34:20sur des objets
34:21qui ont été abandonnés.
34:22On va voir d'ici quelques jours,
34:24quelques semaines
34:24ce que donne cette task force.
34:26Ça fait combien de policiers
34:27au total qui sont mobilisés ?
34:28D'après le Cornu,
34:29ça fait 200 dans cette task force.
34:31Évidemment,
34:31il y en a d'autres
34:31qui travaillent.
34:32Non mais attendez,
34:33200 pour des coins,
34:34c'est des milliers de personnes
34:35qu'on avait pris
34:37par les vidéos surveillance.
34:39Le travail,
34:40ça va être un travail titanès,
34:41c'est un travail de fourmi.
34:42C'est un travail titanès.
34:43La reconnaissance faciale,
34:44elle est efficace,
34:45on va y arriver ?
34:46Alors la reconnaissance faciale,
34:47on n'a pas le droit
34:47de l'utiliser en matière policière.
34:49Avec les vidéos,
34:50on va l'utiliser,
34:50mais on devrait pouvoir...
34:51Alors il y a des articles,
34:55je pense,
34:55je crois Amnesty International
34:56qui accusent
34:57la police d'utiliser
34:58la reconnaissance faciale.
35:00En tout cas,
35:00ce qui est sûr,
35:00c'est que dans le cadre
35:01de l'illégal aujourd'hui,
35:02la CNIL interdit l'usage
35:04de reconnaissance faciale
35:05par des caméras,
35:06excepté dans des cas
35:07prévus par l'URGPD,
35:08je pense par exemple
35:09aux aéroports
35:09où c'est possible,
35:10mais pour l'instant,
35:11aujourd'hui,
35:12c'est impossible de l'utiliser.
35:13En matière pénale
35:14et de recherche,
35:15normalement,
35:16on n'a pas le droit
35:16de l'utiliser.
35:16Vous aimeriez que ce soit
35:17utilisable,
35:18M. Jimenez ?
35:18Bien évidemment,
35:19sur toutes les affaires,
35:20vous savez,
35:20nous c'est pareil,
35:20c'est un scandale,
35:21on ne donne pas les moyens
35:22à la police de travailler
35:22correctement,
35:23sur toutes les affaires.
35:24En plus,
35:24cette partie,
35:24je la connais,
35:25Maxime le sait,
35:26moi je suis dans le judiciaire.
35:27Donc quand on n'a pas
35:28tous les moyens aujourd'hui
35:29utiles,
35:30nécessaires,
35:31pour identifier,
35:31interpeller dans les meilleurs
35:32des individus,
35:34ne serait-ce que des moyens
35:35qui nous feraient gagner du temps
35:36parce que c'est très long
35:37et fastidieux,
35:38ça nous on ne le comprend pas.
35:39Et moi,
35:39je le dis à titre d'exemple,
35:41il y a encore quelques mois,
35:42j'ai travaillé sur le saccage
35:44et un pillage d'un magasin de sport,
35:46je dirais le nom,
35:46sur les Champs-Elysées.
35:48Travail colossal,
35:48une centaine de personnes
35:49qui sont venues se servir
35:50sur les Champs-Elysées
35:51après un match de foot.
35:53Donc ça,
35:53cela prend des semaines,
35:54mais derrière,
35:55la réponse pénale
35:56atteinte au bien,
35:57peanuts !
35:58Et passez-moi l'expression,
35:59ça ressort aussitôt.
36:01Donc,
36:01on travaille à vide.
36:03Soyons très clairs.
36:05Alexis Cuvillier,
36:06il y a le constat
36:08qui a été fait hier
36:08par le président de la République,
36:10par Laurent Nunes,
36:12dont on a refusé la démission,
36:13mais pour sortir d'une crise,
36:15il faut des réponses politiques.
36:17Là, pour le moment,
36:17les seules que l'on trouve,
36:18c'est le dialogue.
36:20On privilégie le dialogue.
36:21C'est ce que veut faire
36:22le gouvernement, quoi.
36:23Il y a une réponse concrète
36:25qui a été apportée
36:26à l'occasion
36:27de l'expression
36:28de Sébastien Lecornu
36:29ce midi.
36:30C'est le sujet
36:31des couvre-feux,
36:32des couvre-feux localisés
36:33qui vont pouvoir s'appliquer.
36:35Les membres du gouvernement
36:36qui s'expriment
36:37sur ce sujet
36:38expliquent que ce seront
36:40des couvre-feux
36:41très encadrés.
36:42Il n'est pas question,
36:43par exemple,
36:44ça c'était le Premier ministre
36:45qui le disait,
36:46que tout Paris
36:46soit soumis
36:47à un régime
36:48de couvre-feux
36:49dont on rappelle évidemment
36:50comme son nom l'indique
36:50les contraintes
36:51pour la liberté
36:52de circulation.
36:54Mais que,
36:55comme le maire
36:56du 4ème arrondissement,
36:57le maire des arrondissements
36:57du centre de Paris,
36:59Ariel Veil,
36:59l'a demandé
37:00que le quartier des Halles
37:01puisse être soumis
37:03à un couvre-feux,
37:03le quartier de République
37:04à Paris
37:05soit soumis
37:06à un couvre-feux.
37:07Ça, ce sont des choses
37:07qui ont été apportées
37:09sur le terrain sécuritaire.
37:10Il y a aussi eu une réponse
37:11que vous avez entendu
37:13Serge Papin
37:13il y a quelques minutes
37:14sur le terrain économique.
37:16La question du soutien.
37:16De l'indemnisation.
37:17C'est ça.
37:183 000 commerces
37:19qui ont été touchés.
37:20Il y a du chômage partiel
37:21à 100%
37:21qui va débuter dès demain.
37:23C'était une annonce
37:23du Premier ministre
37:24tout à l'heure.
37:25Une demande de célérité
37:26des assurances
37:27et la création
37:27d'un fonds de soutien.
37:28Donc, il y a
37:29un certain nombre de choses.
37:30Je pense que votre question,
37:31c'est qu'est-ce qu'on fait
37:33pour le plus long terme
37:34et qu'est-ce qu'on fait
37:34pour répondre
37:36sur cette crise
37:37de confiance,
37:38cette crise d'autorité
37:39et aussi
37:40ce qui a été
37:41la revendication légitime
37:43de centaines
37:44de milliers de personnes
37:45qui ont défilé
37:46sans qu'il n'y ait
37:47d'incidents partout en France.
37:48Le sujet du pouvoir d'achat
37:50parce que c'est aussi
37:50ce sujet-là,
37:51cette crise.
37:52Il ne faut pas l'oublier.
37:53Et là, en effet,
37:55les réponses
37:55elles sont moins nombreuses.
37:56Le président de la République
37:57a assumé une ligne.
37:58Les syndicats vont aller
37:59à Matignon quand même.
37:59Les syndicats vont être reçus
38:00à Matignon
38:01peut-être aussi
38:02parce qu'on va leur demander
38:02de clarifier leur position
38:05sur ce qui s'est passé
38:05le 17 octobre,
38:06d'assurer que
38:07d'éventuelles prochaines
38:08manifestations
38:09puissent se dérouler
38:10dans le calme
38:11et avec une extrême vigilance
38:12de leur service d'ordre.
38:14Je ne suis pas certain
38:15qu'ils puissent
38:16le garantir à l'avance
38:18mais en tout cas
38:18il y a cette discussion.
38:19Et sur la question
38:20des carburants,
38:21on voit qu'Emmanuel Macron
38:23a assumé une ligne particulière
38:24qui fait débattre
38:25dans la classe politique.
38:26Il a décidé de continuer
38:28à essayer de peser
38:28sur l'international
38:29sur ce sujet.
38:30D'où son voyage.
38:31D'où son voyage
38:31au Moyen-Orient.
38:32Mais la crainte,
38:33ça peut être aussi
38:34que des commerçants
38:35se disent
38:35« Moi, je ne peux pas
38:36compter sur la police.
38:37Donc, je vais m'armer
38:39ou je vais me mettre
38:40dans une situation
38:40d'autodéfense. »
38:43On en a déjà
38:43qui y pensent.
38:45Sérieusement,
38:45on a eu des appels
38:46dans ce sens.
38:47Est-ce que vous m'autorisez ?
38:48Oui, mais après,
38:49toute la difficulté,
38:50c'est la notion
38:51de la légitime défense.
38:52Il faut que la riposte
38:53soit à la hauteur
38:54de l'atteinte
38:55que vous subissez.
38:57Lors d'un pillage,
38:58si vous tirez
38:58à l'arme à feu
38:59sur un pilleur,
38:59la légitime défense
39:00ne tient pas.
39:01En fait,
39:01c'est le pays
39:02qui est en état
39:02de légitime défense.
39:03Le peuple qui est
39:03dans la rue,
39:04il est en état
39:05de légitime défense
39:05face à un monarque président.
39:08Et en fait,
39:08ce que vous êtes en train
39:09de voir,
39:10c'est la République.
39:11La République
39:11qui est en train
39:12de se passer.
39:12Et quand vous dites
39:13« Ces gens qui se révoltent
39:14ne sont pas républicains,
39:16c'est centaines de milliers
39:17de personnes qui se mobilisent
39:18et qui refusent
39:19de condamner
39:20les violences,
39:21etc. »
39:22Vous dites
39:22« Ce n'est pas ça la République. »
39:24La République,
39:24elle a été fondée
39:25par la révolte.
39:26La révolte,
39:26c'est ce qui a permis
39:27d'éviter que ce soit
39:29le pouvoir de quelques-uns
39:30contre le bien-être
39:32de tous.
39:33Là, ils ont été élus.
39:35Non.
39:35Au début,
39:35les états généraux...
39:36On n'en est pas là.
39:37Non, moi,
39:38j'appelle à de nouveaux
39:38états généraux.
39:39J'appelle à ce qu'on prenne
39:40l'ensemble.
39:40Il y a une élection présidentielle
39:42dans six mois,
39:42c'est ce qu'a dit
39:42le président de la République.
39:43Le choix,
39:44il sera à faire
39:45dans six mois.
39:45Non.
39:46On peut le faire
39:46dès maintenant.
39:48Vous appelez à quoi
39:48l'insurrection ?
39:49Absolument pas.
39:50J'appelle à ce que les gens
39:51se mobilisent.
39:52J'appelle à ce que les gens
39:53se mobilisent.
39:53Que l'ensemble
39:54des revendications
39:55de l'ensemble
39:56des secteurs concernés
39:57et qu'on soit reçu
39:58ensemble...
39:58À la grève générale ?
40:00Grève générale,
40:01blocage généralisé...
40:01Les syndicats vont être reçus
40:02après-demain, mercredi.
40:03Ça ne suffit pas.
40:03Il ne faut pas juste
40:04les syndicats.
40:04Il faut les syndicats,
40:05les gilets jaunes,
40:06les lycéens,
40:07les gens des quartiers populaires,
40:08les pompiers,
40:09les infirmières.
40:09Il faut que l'ensemble
40:10des secteurs soit reçu
40:12et que l'ensemble
40:12des revendications
40:13de tous ces secteurs
40:14répondent sur les carburants,
40:16sur le pouvoir d'achat...
40:17On doit répondre
40:17sur l'intégralité des éléments.
40:19Si on ne répond pas
40:19sur l'intégralité
40:20des éléments,
40:21cette crise ne va pas s'arrêter.
40:22Pourquoi cette crise
40:23ne s'arrêtera pas ?
40:24Parce qu'il y a
40:25une dimension émotionnelle
40:26qui est extrêmement forte.
40:26Quand vous avez été méprisé
40:28pendant des années,
40:29quand vous avez fait
40:30les revendications
40:31des gilets jaunes
40:32ou les doléances
40:32et que ça sert
40:33de rouleau de PQ à l'Elysée
40:34ou quand vous avez fait
40:35la Convention citoyenne
40:36pour le climat
40:36et que ça sert
40:37de quelle porte
40:38à l'Elysée également,
40:40eh bien, clairement,
40:40les gens se disent
40:41c'est bon.
40:42Leur concertation à deux balles,
40:43on s'en fout.
40:44Ce qu'on veut,
40:44c'est une vraie concertation
40:45où il y ait tout le monde,
40:46où on a un vrai pouvoir populaire
40:47qui soit reconnu.
40:49Justement, juste à ce propos,
40:50avant de vous donner
40:51la parole, Farid Benyaga,
40:52puisque vous êtes
40:53ancien membre
40:54de Place publique
40:55et producteur aussi,
40:57vous avez été au cœur
40:57des manifestations ce week-end.
40:59Mais si jamais
40:59le gouvernement
41:00ne dit pas de manifestation
41:02samedi,
41:03c'est une hypothèse, hein ?
41:06Ce sera la confirmation
41:07de ce que je dis,
41:07c'est-à-dire qu'ils prendront
41:08des mesures antirépublicaines
41:09face à un sursaut républicain
41:11du pays
41:11et donc ce seront eux
41:12qui seront le problème.
41:14Je dis que 100%
41:15de ce qui se passe aujourd'hui,
41:16je dis bien 100%
41:17de ce qui se passe aujourd'hui
41:18est de la responsabilité
41:20de M. Emmanuel Macron
41:21et de son gouvernement.
41:22Oui, il casse.
41:23Et celui qui doit casser
41:24doit payer.
41:24Non, non, vous pouvez lui en...
41:25On peut lui en vouloir,
41:26effectivement,
41:27sur un manque de réponse politique
41:28sur le pouvoir d'achat,
41:29mais les pillages des magasins,
41:30c'est pas le président.
41:32Le pillage des magasins,
41:32c'est pas le président.
41:33Il est 100% responsable.
41:34Non, ça c'est de la délinquance,
41:35c'est pas le président
41:36de la République.
41:36Eh bien, c'est lui
41:36qui est le délinquant chef.
41:38Monsieur, hier soir,
41:39soyons honnêtes,
41:40vous avez vu que des délinquants
41:41à la télé.
41:41Est-ce qu'il y avait des travailleurs ?
41:43Est-ce qu'il y avait des lycéens ?
41:44Est-ce qu'il y avait des pancartes
41:45et avec des revendications
41:47qui sont légitimes ?
41:48Est-ce que vous avez vu ça ?
41:49Non.
41:50On a vu une horde de sauvages
41:52qui a déterminé sur la table.
41:53C'est pas des sauvages,
41:53c'est des humains.
41:54C'est des humains
41:55qui souffrent tous les jours.
41:55Ce sont des comportements sauvages
41:57pour tous les gens qui travaillent.
41:58Ils sont en l'état
41:59de légitime défense.
42:00C'est pas comme ça
42:00que je me barre.
42:01C'est pas comme ça
42:02que je manifeste.
42:02Moi, je suis un militant
42:03de la non-violence.
42:04C'est pas comme ça
42:04que je manifeste.
42:05Je termine juste en deux mots.
42:06C'est pas comme ça
42:07que je manifeste.
42:08Et moi, pour moi...
42:08Vous ne vous diriez pas piller.
42:10Je n'irai pas.
42:11Vous ne vous diriez pas saccager
42:13un magasin, on est d'accord.
42:15Vous avez ceux qui le font,
42:15qui sont privés de tout
42:16et à qui on dit
42:20que les gens se révoltent.
42:24Vous n'allez pas légitimer
42:24ces actes, c'est inaudible.
42:26C'est de la faute du gouvernement.
42:27Si vous permettez,
42:28moi, je vais vous dire
42:29un mot sur ce sujet.
42:30Il faut...
42:31Oui, merci pour l'invitation.
42:33Moi, je mets en avant un sujet.
42:35Et je pense qu'il faut
42:36effectivement distinguer
42:37les responsabilités individuelles
42:39des responsabilités politiques.
42:42Ce qu'on voit
42:43et ce qu'on constate
42:44sur le terrain,
42:45moi, c'est ce que j'ai fait
42:45en y étant samedi,
42:47en y étant dimanche.
42:49Vous avez milité
42:50et mis en place un site
42:51pour recenser
42:52l'ensemble des manifestations
42:53et avec lequel
42:54vous avez repris
42:56la terminologie
42:57des Gilets jaunes.
42:57Moi, j'ai participé
42:58aux 25 premiers actes
42:59des Gilets jaunes.
43:00Je suis très proche
43:01de toutes les figures
43:03phares du mouvement
43:04des Gilets jaunes.
43:05Ce qui m'a intéressé
43:06dans ce mouvement,
43:07c'est que c'était
43:07un mouvement profondément politique.
43:10Aujourd'hui,
43:11on constate des dégâts à Paris
43:12et dans plein de villes de France.
43:14Moi, ce qui m'intéresse
43:15de regarder,
43:16c'est quels sont
43:16les responsabilités
43:17individuelles des uns
43:18et quelles sont
43:19les responsabilités
43:19politiques des autres.
43:21Aujourd'hui,
43:21il y a une responsabilité
43:22politique majeure,
43:23c'est celle des dirigeants.
43:25Mais on ne peut pas
43:26non plus nier,
43:28et moi, je l'ai vu,
43:29qu'il y a des gens
43:30qui commettent
43:31des actes
43:32de délinquance
43:33terribles.
43:34Et ces actes
43:36de délinquance terribles
43:37ont probablement
43:39plein d'explications
43:41historiques,
43:42profondes,
43:42de pouvoir analyser.
43:43Non mais si,
43:44parce que je pense
43:45que ces jeunes
43:45qui se laissent aller
43:48à de tels actes
43:49sont probablement
43:51imbibés
43:52d'une culture
43:53qui forcément
43:54trouve des explications.
43:56Et je ne suis pas là
43:56pour forcément...
43:57Ça n'excuse pas.
43:59Ce que je dis
43:59n'excuse rien.
44:01Je dis qu'ils sont
44:02le fruit
44:03d'une histoire.
44:04Cette histoire,
44:05c'est notre histoire
44:05collective.
44:07Ça ne veut pas dire
44:07qu'il faut les déresponsabiliser.
44:09Vous avez un éducateur,
44:10vous avez entendu
44:11ce qu'il a dit.
44:11Oui, oui, mais j'ai...
44:12Bien sûr que j'étais
44:13pas d'accord avec ce qu'il dit.
44:14Non, j'étais pas d'accord
44:14avec vous parce que moi,
44:15quand on met à mal
44:16le travail d'un très
44:18grand nombre d'éducateurs,
44:19il est éducateur,
44:20mais j'en connais
44:21plein d'autres
44:21et je travaille avec eux.
44:23Il y a des gens
44:23qui font comme ils peuvent
44:24et moi, je les salue.
44:25Je ne les mets pas
44:26au pilori.
44:27Je ne les mets pas
44:28au pilori.
44:29Je parle des mauvais
44:30parce qu'il y a des éducateurs
44:31proxénètes, dealers
44:32qui influencent
44:33de façon négative.
44:33Mais ce n'est pas des éducateurs,
44:34ça.