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  • il y a 16 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00On continue d'évoquer la colère lycéenne à la veille normalement d'un acte 4 avec des établissements qui ont
00:07encore été aujourd'hui bloqués.
00:08Et dans l'attente, dans une heure, un peu plus d'une heure, 18h30, la prise de parole du Premier
00:13ministre Sébastien Lecornu.
00:15Alors justement, est-ce que ce mouvement est d'ampleur, d'une ampleur inédite ?
00:18C'est ce que l'on va voir maintenant avec Raphaël Grabli qui va nous rejoindre pour l'effet Grabli.
00:24Bonsoir Raphaël.
00:25Bonsoir.
00:25Est-ce que c'est du jamais vu ?
00:26Alors en tout cas, on peut trouver des points communs, beaucoup de points communs, même avec des mouvements précédents.
00:31Notamment celui contre le CPE, le contrat première embauche.
00:34C'était il y a 20 ans déjà, en 2006.
00:36À l'époque, Dominique Deville est Premier ministre.
00:38Il fait adopter ce nouveau type de contrat qui permet notamment de licencier bien plus facilement les moins de 26
00:44ans.
00:44S'en suit une contestation de plusieurs semaines.
00:47Largement d'ailleurs à l'époque poussée par un syndicat étudiant proche du PS, l'UNEF,
00:51qui avait même distribué des manuels dans les facs pour organiser les assemblées générales.
00:55Les manifestations s'enchaînent parfois dans la violence.
00:59Il y a près de 600 blessés côté force de l'ordre, dont 5 graves et un blessé grave côté
01:05manifestant,
01:06avec à l'arrivée le retrait du texte.
01:08Des ressemblances, on en trouve aussi avec un mouvement lycéen né à l'automne 1990.
01:13L'étincelle, c'est le viol d'une lycéenne à Saint-Ouen qui déclenche un mouvement de contestation,
01:19notamment dans les établissements de banlieue parisienne.
01:22Les plaintes ressemblent à celles d'aujourd'hui concernant l'état des lycéens, des classes surchargées.
01:27On évoque à l'époque des lycées ghettos.
01:30Et comme aujourd'hui la colère est diffuse, elle ne vise pas forcément une réforme.
01:34D'où l'importance de regarder l'issue de cette crise.
01:37L'issue, c'était un chèque, 4,5 milliards de francs.
01:41A l'époque, ça fait en euros actuellement 1,2 milliard d'euros.
01:45Et hasard de l'histoire, c'est exactement la somme évoquée par Sébastien Lecornu avant-hier
01:50pour tenter d'apaiser la situation.
01:51Alors peut-être qu'il ira plus loin d'ici quelques minutes.
01:54Et puis forcément, il y a 40 ans, 1986, la contestation du projet de loi Devaquet
02:00portant sur la sélection à l'université, critiquée d'ailleurs comme les parcours sup aujourd'hui.
02:06À l'époque, les tracts, on le voit à l'écran, sont artisanaux.
02:08Mais le contenu ressemble aussi beaucoup.
02:10Il n'y avait pas de lié à l'époque.
02:10Non, il n'y avait ni Photoshop ni IA à l'époque, ça c'est sûr.
02:13Tout était écrit à la main.
02:14Mais sur le contenu, on retrouve le manque de moyens, le manque de profs,
02:18le problème d'accès notamment aux études supérieures.
02:20Il y a deux événements qui marquent ce mouvement.
02:22Évidemment, l'affaire Malik Ousekine, un étudiant battu à mort par deux policiers.
02:26Mais aussi une grande manifestation le 4 décembre 1986
02:30qui s'achève aux Invalides et qui, aux alentours de 20 heures, dégénèrent.
02:36254 blessés côté force de l'ordre et 90 blessés côté étudiant.
02:40Et ce bilan, il est détaillé dans un rapport sénatorial que j'ai retrouvé de 1987,
02:46signé entre d'air par un certain Jean-Luc Mélenchon.
02:48Il évoque trois étudiants grièvement blessés.
02:51Regardez ce qui s'affiche à l'écran.
02:53Il y a une boîte crânienne enfoncée, mais aussi un œil perdu et une main arrachée.
02:58Un bilan qui rappelle celui de ces derniers jours.
03:02Merci Raphaël Grabley.
03:03Stéphane Peux, député communiste de Seine-Saint-Denis.
03:07Vous étiez dans la rue contre la réforme d'Evaquet, c'est ça ?
03:09Oui.
03:10Dans 1986.
03:10Oui, j'étais militant de l'excommuniste.
03:12Oui, je m'en souviens très bien.
03:14Vous avez fait le coup de poing avec la police ?
03:15Non, pas du tout.
03:16J'ai même été...
03:18J'ai même rejoint aux Invalides le service d'ordre de la CGT
03:22qui déjà à l'époque essayait de protéger les manifestants
03:25contre à la fois les casseurs et les exactions
03:28de ce qu'on appelait les voltigeurs à l'époque.
03:31Et je me souviens être allé après sur le boulevard Saint.
03:33L'équivalent des braves un peu aujourd'hui.
03:35Oui, alors si vous dites ça au ministre de l'Intérieur, il va...
03:38Non, mais les voltigeurs, il faut rappeler qu'ils étaient deux à moto.
03:41Oui, oui, non, mais...
03:41Et aujourd'hui, la brigade de répression des actions violentes...
03:44Celui qui conduisait, parce que je me souviens très bien,
03:47il y avait celui qui avait la matraque.
03:48Absolument, il y a du vécu de matraque.
03:50Oui, parce qu'on avait le même âge à l'époque.
03:53Mais Stéphane peut...
03:54Mais ça ressemble beaucoup.
03:55Moi, je trouve que les dénégations du ministre de l'Intérieur
03:59sur la comparaison voltigeurs-Bravet, mais elle ne tient pas la route.
04:02Je les ai vus en action à Saint-Denis.
04:04Et on avait 10 sous à l'époque, après les voltigeurs.
04:05Oui, bien sûr, la bande de Malikousséquine.
04:07Parce que c'était un peu voltigeur.
04:08Est-ce que c'est une bonne chose d'enlever les grenades assourdissantes ou pas ?
04:11Oui, mais de toute façon, il faut...
04:14Franchement, là, il faut la désescalade.
04:18Il faut baisser...
04:19Et l'escalade, c'est les policiers ?
04:21Entre autres, oui.
04:23Oui, entre autres, oui, bien sûr.
04:26Je l'ai vu, il y a une disproportion.
04:29Ce n'est pas du tout proportionné, l'intervention de la police.
04:34Et puis, vous avez en face des jeunes.
04:36Quand vous avez un membre de 14 ans qui a plus de bras,
04:39un autre de 15 ans qui a la mâchoire défoncée,
04:42qui n'a pas un coup de fil, pas un mot d'excuse,
04:44pas une visite du gouvernement vis-à-vis des parents de ses enfants.
04:48Parce qu'à 14 ans, on est un enfant.
04:49Laurent Nunez aurait dû passer un coup de fil aux parents.
04:52Laurent Nunez, le Premier ministre, le ministre de l'Education.
04:57Ce gouvernement manque d'empathie.
04:59Parce que, semble-t-il, c'est le reproche qu'Emmanuel Macron aurait fait.
05:03à son gouvernement, un manque d'empathie vis-à-vis des jeunes.
05:07Il n'est pas trop tard pour Emmanuel Macron de faire un membre honorable.
05:10Parce qu'il a quand même largement donné l'exemple, depuis 10 ans,
05:12du manque d'empathie, du mépris.
05:16On l'avait, enfin, je ne vais pas citer ici tout ce qu'a pu dire Emmanuel Macron.
05:20Il suffit de traverser la route pour aller se trouver du travail.
05:25Revenons sur ce que vous avez dit.
05:26Vous diriez, l'escalade aujourd'hui, la désescalade,
05:29c'est en partie à cause de la police.
05:30Abdoulaye Kanté, vous êtes dans la campagne de Gabriel Attam,
05:32vous êtes policier, surtout.
05:33Et surtout, en fait, conseiller de Paris aussi,
05:35avec tout le respect que je vous donne, M. Peu,
05:37je pense qu'il faut qu'on arrête de s'étuerre en chère
05:38entre la jeunesse et la police.
05:40Évidemment, je pense qu'on peut aussi, on va dire,
05:43ne pas être satisfait de voir un gamin qui a la main arrachée,
05:46ou bien qui a un oeil crevé, ou bien qui a une bouche
05:47qui a été défoncée par un LBD.
05:49Mais pour autant, il y a des contextes.
05:51Rappelez-vous, il y a 751 policiers qui sont blessés.
05:53Il y a des profs et des enseignants,
05:55vous avez aussi des survivants qui sont blessés,
05:57qui ont été agressés.
05:58Mais pour autant, je pense que quand on dit que l'escalade de la violence
06:03vient de la police, je pense qu'il ne faut pas non plus se tromper.
06:05À un moment donné, la police...
06:07Oui, mais entre autres, ça sous-entend que la police est à...
06:09C'est à cause de la police qu'il y a ces violences-là.
06:11Rappelons-nous que vous avez des individus...
06:13Si vous l'avez dit, monsieur.
06:14J'ai dit entre autres.
06:15Vous avez...
06:15Écoutez-moi.
06:16Vous avez...
06:17Mais j'ai vu...
06:18Moi, j'ai vu mes yeux vus devant les lycées de Samy...
06:21Monsieur Peu, excusez-moi, pardon.
06:22Une présence policière qui a plutôt créé du désordre que ramait le calme.
06:27Très bien.
06:28Là, ce qui s'est passé, c'est que la mobilisation, effectivement, elle est légitime
06:31parce qu'il faut entendre aussi ses étudiants.
06:33Il faut entendre aussi les problématiques qu'elles ont.
06:35Et effectivement, c'est vrai qu'il est dans notre responsabilité.
06:37En tant que responsable politique...
06:38Mais Abdoulaye, je vous pose une question.
06:39Est-ce que vous pouvez, en tant que policier, vous passer des grenades...
06:43Toi, on ne sait pas.
06:44Mais non, je suis plus de côté maintenant.
06:45Non, mais quand vous étiez policier, est-ce qu'on peut se passer de grenades assourdissantes
06:49pour maintenir l'ordre ou faire rétablir l'ordre ?
06:51Par exemple, lorsque vous êtes face à des jeunes qui tirent au mortier,
06:55qui lancent des cocktails moteurs ?
06:56Les instructions du ministre de l'Intérieur sont très claires.
06:58C'est que du temps de l'enquête, effectivement, on va suspendre, on va dire, ce moyen intermédiaire.
07:01Mais rappelons que ces enjeux sont faits.
07:04Mais ma question intérieure, est-ce que vous en avez besoin ?
07:06Mais effectivement, c'est une norme intermédiaire.
07:08C'est quelque chose qui permet de mettre de la distance.
07:10C'est permettre de mettre de la distance parce qu'on ne veut pas aller dans la létalité.
07:13Ce sont des armes non létales.
07:14Donc, vous avez des individus qui sont armés, je vous rappelle, de cocktails Molotov.
07:17Ils sont amenés de boules de pétanque.
07:19Et derrière, qu'est-ce qu'on fait pour maintenir la distance ?
07:21Le but, encore une fois, c'est intervenir contre des individus, pas des étudiants.
07:26Pas des individus qui sont armés de cocktails Molotov.
07:28Face à des jeunes, certains jeunes très violents, qu'est-ce qu'on fait si on enlève toutes les armes
07:33intermédiaires ?
07:33Il y a une nouvelle journée d'action.
07:36Si ils envoient des poubelles contre la police, ils ont des tirs de mortier.
07:40Ça s'est bien passé.
07:41Ils ont lancé quelques grenades comme ça.
07:42Oui, mais enfin, ça s'est bien passé.
07:44Globalement, il y a eu un problème en fin de manif.
07:46En fin de manif, la domination.
07:47Comme souvent, malheureusement.
07:49Ma question, elle est simple.
07:50Si on enlève les armes intermédiaires aux policiers, parce que j'ai entendu Olivier Faure dire
07:53qu'il faut également supprimer les LBD, les lanceurs de balades de caoutchouc.
07:57Comment les policiers vont faire, puisqu'ils ne vont pas quand même utiliser leurs vraies armes,
08:01comment ils vont faire pour mettre à distance certains casseurs qui, eux, sont particulièrement violents ?
08:05Il y a eu des manifestations violentes dans le passé.
08:08On avait une autre doctrine du maintien de l'ordre.
08:10Il n'y avait pas les grenades assourdissantes, il n'y avait pas les LBD.
08:13Des canons à eau, ça vous va ?
08:13Il y avait, par exemple, des canons à eau.
08:15Et puis, il y avait une doctrine du maintien de l'ordre qui faisait que la police,
08:19elle était, et c'est d'ailleurs une doctrine française qui était enseignée partout dans le monde,
08:23qu'on a abandonnée il y a une dizaine d'années, un peu plus même.
08:26Sachant qu'il y a un chemin national du maintien de l'ordre.
08:29Et qui était de se tenir à distance et puis de protéger le droit de manifester.
08:33C'est-à-dire d'essayer de faire en sorte que ceux qui veulent manifester et s'exprimer
08:37puissent le faire dans le calme et qu'on puisse éloigner les...
08:40Moi, je me souviens, par exemple, d'une relation de coopération
08:46entre la préfecture de police et les syndicats
08:48pour essayer d'encadrer et d'isoler ceux qui étaient là pour...
08:52Alors, si vous le permettez, on va prendre un exemple à Marseille avec Alexis Plouyette,
08:55notre correspondant.
08:56Puis ensuite, je vous donne la parole au Synergie officier.
08:59C'est Alexis Plouyette qui est avec Anne Boisys.
09:02Parce que devant le lycée Marie Curie, il y a eu un blessé, Alexis,
09:06lors d'une charge de CRS, c'est ça ?
09:10Oui, absolument.
09:11Ça s'est passé ce matin, un petit peu avant 9h30.
09:13Il y avait 100 personnes qui étaient rassemblées ici, 100 élèves et des professeurs.
09:16Vous le voyez devant ce lycée du 5e arrondissement de Marseille.
09:19Alors, c'était vraiment pacifique, nous disent les professeurs et les élèves.
09:23Ils étaient au sol en signe de non-violence.
09:25Et les professeurs formaient une chaîne humaine face à la police
09:29qui est arrivée vers 9h30.
09:31Parce que ce que dit la préfecture de police, c'est qu'ils bloquaient la voie publique.
09:35Et donc, ça a constitué une sorte de danger.
09:37Il y avait des gens avec le visage masqué.
09:39Il y avait des tirs de mortier.
09:40Et donc, après plusieurs sommations,
09:43les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène
09:47pour disperser la foule.
09:49Ils n'ont pas fait usage de grenades,
09:51dit la préfecture de police.
09:53Faux, répondent les professeurs et les élèves.
09:56Ils disent que les policiers ont chargé,
09:58alors que tout était pacifique,
10:00qu'ils ont fait usage de grenades de désencerclement.
10:02Et les professeurs, ils ont été piétinés.
10:06C'est le mot qu'ils ont employé.
10:07Il y a donc eu un élève blessé au crâne
10:10avec un saillement abondant après un coup de matraque,
10:12nous disent les professeurs,
10:13et un autre, plus légèrement.
10:15Et cinq CRS ont été blessés.
10:17Les professeurs, eux, ils parlent d'un usage disproportionné de la force.
10:21Et donc, ils appellent à un rassemblement,
10:24ici, demain matin à 8h,
10:26pour exprimer leur soutien au mouvement lycéen
10:29et aussi leur solidarité avec l'élève qui a été blessé.
10:32Ils appellent aussi demain à manifester à 10h30
10:35sur la Canebière à Marseille.
10:37– Les équipes en direct de Marseille pour BFM TV.
10:41– Gaëlle James, je vous rappelle que vous êtes policière,
10:42secrétaire générale, synergie officier.
10:44Vous vouliez réagir aux propos de Stéphane Peu
10:46qui dit que finalement, c'est une bonne chose
10:48qu'on puisse se passer de grenade
10:50et qu'il faudrait peut-être revoir la façon
10:52dont la police engrade ces manifestations.
10:55– Non, je veux surtout réagir au mot des escalades
10:57puisque visiblement, entre autres,
10:59la police favorise les violences.
11:01Moi, je le prends comme ça, en tout cas,
11:02je défends les policiers.
11:03je rappelle quand même qu'il y a eu 6600 interpellations.
11:07Comment vous expliquez qu'il y ait 760 blessés
11:10chez les forces de l'ordre
11:11et 215 uniquement chez les lycéens ?
11:14– Alors, moi, 215 chez les lycéens,
11:18permettez-moi d'avoir un peu d'instant un doute sur ceci.
11:21– D'accord, donc il y a des menteurs.
11:23– Non mais madame, attendez,
11:24mais moi je vais renverser la question.
11:25– Comment expliquez-vous qu'il y a eu 6600 interpellations ?
11:28– Non, non, mais attendez, je finis ma question.
11:326600 interpellations, 90% de mineurs.
11:35– Mais c'est normal, ce sont des lycéens, monsieur,
11:39ou alors ils ont beaucoup redoublé.
11:40– Et aucun, quasiment aucun,
11:42déféré devant un parquet,
11:45devant une comparution immédiate,
11:46parce qu'aucun fait qu'il puisse le reste reprocher
11:50devant un tribunal.
11:51– C'est-à-dire qu'ils ressortent avec aucune sanction,
11:55aucune incrimination,
11:56parce qu'il n'y a aucune preuve
11:58et aucun fait établi.
12:00– Alors, Alexandra Gonzales,
12:01chef du service publiciste.
12:02– Là-dessus, je peux vous répondre,
12:05parce qu'on a eu un bilan judiciaire
12:07et il y a beaucoup de déferments.
12:09Justement, si, si, il y a beaucoup de déferments.
12:11Pour expliquer ce que ça veut dire, déferments,
12:13parce que ce n'est peut-être pas très clair
12:14pour le grand public,
12:15quand une personne est placée en garde à vue,
12:18à l'issue de cette garde à vue,
12:19donc la personne est retenue.
12:23Pour les mineurs, c'est en général 24 heures.
12:25À l'issue, il y a un magistrat du parquet
12:29qui décide ce qui va se passer pour la suite.
12:32Et quand le magistrat décide
12:34qu'il y a quand même des éléments contre la personne,
12:37il y a ce qu'on appelle un déferment.
12:39On enlève les ferdes,
12:40on enlève les menottes
12:41et la personne passe devant quelqu'un du parquet
12:45qui va lui expliquer,
12:46soit vous allez être jugé,
12:47il va y avoir un procès,
12:48soit pour les mineurs,
12:50vous allez voir un juge pour les enfants,
12:52vous allez avoir ce qu'on appelle
12:53une alternative aux poursuites pénales,
12:55il peut y avoir des stages de citoyenneté.
12:57En ce moment, il y a beaucoup de stages
12:59qui sont prononcés pour les mineurs
13:01en lien avec la police.
13:02Ils appellent ça découverte du métier de la police.
13:06Très bien.
13:06Après, mais pour le coup,
13:08il y a beaucoup de déferments sur les mineurs.
13:11D'ailleurs, ça crée un engorgement dans les tribunaux,
13:13c'est ça ?
13:14Oui, à tel point que les syndicats judiciaires,
13:18les syndicats de magistrats disent
13:20qu'ils sont obligés de revoir un peu
13:22leur priorité en ce moment
13:23parce qu'il y a un afflux massif
13:25de garde à vue à traiter,
13:27donc de décisions,
13:27comme je viens de vous l'expliquer,
13:29à prendre à chaque fois.
13:30Est-ce qu'il y a des poursuites pénales ?
13:31Est-ce qu'il y a des alternatives aux poursuites pénales ?
13:33Qu'est-ce qu'on fait de cette personne ?
13:35Contre qui il y a des éléments ?
13:36Est-ce qu'il y en a assez ?
13:37Tout ça, il faut le gérer.
13:39Ça demande du temps de travail au parquet
13:40qui, du coup, ne traite plus
13:42ce qui était la priorité
13:44il y a un mois seulement
13:46ou un peu plus d'un mois seulement
13:47sur les violences en Valémias.
13:49J'aimerais bien...
13:50Mais vous n'avez pas donné de chiffres.
13:52Alors, je suis en train de les chercher
13:54et je vais vous les donner dans une minute.
13:55On va laisser Alexandre aller chercher.
13:58Vous écoutez, François Grépillan...
13:59Vous faisiez allusion, Gaël James,
14:02avec Abdoulaye Kanté
14:04aux moyens dont les policiers disposent
14:06sur le terrain.
14:07C'est ce qu'on va voir avec François Grépillan.
14:08Et puis, vous pourrez répondre derrière, justement.
14:11Quelles sont les armes non létales
14:12dont disposent les policiers ?
14:14Eh bien, pour reprendre les termes
14:15employés il y a quelques instants
14:16par Abdoulaye Kanté,
14:17ce sont ce qu'on appelle
14:18les armes de force intermédiaire
14:20considérées comme nécessaires
14:21au maintien de l'ordre par les autorités
14:23et ce, malgré les blessures
14:24qu'elles peuvent entraîner
14:25à l'image des grenades assourdissantes
14:26dont l'usage a donc été suspendu
14:28durant le mouvement lycien, exemple.
14:32Trois mois !
14:33Il ne faut rien faire sur moi !
14:37Ces grenades appartiennent
14:38à la famille, si je puis dire,
14:40des grenades de désencerclement.
14:41Une fois envoyées,
14:41elles explosent dans un délai
14:43compris entre 1 et 4 secondes,
14:44ce qui laisse, en théorie,
14:45je dis bien en théorie,
14:46peu de temps aux personnes
14:47de les ramasser.
14:48Il y a aussi les grenades lacrymogènes.
14:51On en voit un exemple ici,
14:52le tournage a été fait aujourd'hui
14:53à Paris, envoyée à la main
14:55ou avec un lanceur,
14:57elle libère des fumigènes
14:57à effet lacrymogène,
14:59gaz irritant pour les yeux
15:00ou encore pour les muqueuses.
15:02Autre arme à la disposition
15:03des forces de l'ordre,
15:04le pistolet à impulsion électrique,
15:06souvent appelé par le nom
15:07de marque Taser.
15:09Il peut être utilisé au contact
15:10d'une personne ou à distance.
15:12Avec 50 000 volts,
15:14des charges entraînent de fortes douleurs,
15:16une paralysie,
15:16il peut être mortel.
15:17Femmes enceintes,
15:19enfants et conducteurs de véhicules
15:21en mouvement ne peuvent être visés
15:22et il est interdit, en théorie,
15:25de cibler la tête et le cou.
15:26Enfin, très souvent cités,
15:28bien entendu, comme à l'origine
15:29des blessures de manifestants,
15:30le LBD pour lanceur de balles de défense,
15:32il envoie des balles de caoutchouc
15:34de 4 cm de diamètre
15:36à forte distance,
15:37à forte puissance, pardon.
15:38Le tir doit être réalisé
15:39à une distance minimale de 10 mètres.
15:42Alors justement,
15:42demain, il y a une nouvelle journée
15:44de manifestation.
15:45Sans ces grenades de désencerclement,
15:48est-ce qu'il faut revoir
15:49la doctrine des policiers,
15:51la doctrine de positionnement,
15:52d'intervention face aux groupes
15:54qui peuvent être violents ?
15:55Je comprends votre question,
15:56mais à un moment donné,
15:57mais je vais répondre à monsieur
15:58en même temps que je vous réponds,
15:59à un moment donné,
16:00les policiers,
16:01ils ne vont plus utiliser
16:01leurs moyens intermédiaires.
16:03On va faire du pacifisme,
16:05comme vous l'avez dit,
16:06droit de retrait,
16:06on ne va plus rien faire.
16:08Et je n'ose pas imaginer
16:10la situation de la France
16:11si les policiers,
16:13aujourd'hui,
16:14n'emploient pas
16:14les forces intermédiaires
16:16pour intervenir
16:16chez les casseurs.
16:18Qu'est-ce que vous proposez ?
16:19Vous êtes quelqu'un même,
16:20votre parti est un parti dangereux
16:22de dire que la police nationale
16:24participe aux violences
16:25et fait en sorte
16:26que l'escalade de la violence
16:28existe dans les rues
16:29et devant les lycées.
16:30Votre parti est dangereux,
16:32monsieur,
16:32et je l'assimile
16:34à la France insoumise
16:36qui exacerbe
16:36les émotions
16:38des lycéens
16:39pour faire le buzz.
16:40Ça commence
16:41à bien faire.
16:42Alors moi, je dis,
16:43je représente les policiers
16:45aujourd'hui sur ce plateau,
16:46je dis,
16:46mais si demain,
16:47vous n'êtes pas content
16:48du travail de la police nationale,
16:50eh bien,
16:50les policiers,
16:51qu'est-ce qu'ils vont faire ?
16:52Ils vont utiliser
16:52leurs droits de retrait.
16:53Et ils vont se dire,
16:54mais débrouillez-vous !
16:56Débrouillez-vous !
16:56Mais les policiers,
16:57ils obéissent à des ordres.
16:59Non ?
16:59Oui, mais sur le terrain,
17:01qui est sur le terrain, monsieur ?
17:02Qui est sur le terrain, monsieur ?
17:03C'est nous,
17:04on est d'accord ?
17:05Mais moi, vous savez,
17:05j'y suis aussi.
17:07Vous parlez d'une jeunesse
17:08qui est d'un autre monde, monsieur ?
17:09Non, mais j'habite à Saint-Denis,
17:11je vis à Saint-Denis,
17:12mes enfants sont à Saint-Denis.
17:13Le jeune de 15 ans,
17:14il y a 40 ans,
17:15c'est plus le jeune de 15 ans
17:16qu'aujourd'hui, monsieur,
17:17enfin !
17:17Mais réveillez-vous,
17:18vous vivez dans un monde
17:19de bisounours !
17:20Non, mais non, non.
17:21Mais vous voyez les images
17:22comme nous.
17:22Mais venez avec moi
17:23à Saint-Denis,
17:24vous allez voir.
17:24Vous savez où j'ai travaillé, monsieur ?
17:26Avant d'être syndicaliste ?
17:28Dans le 93.
17:28Je connais parfaitement
17:29ce département.
17:29Mais vous savez que moi,
17:30j'ai vit depuis toujours
17:31et j'y élève mes enfants.
17:32Je connais parfaitement
17:32ce département
17:33et c'est dramatique.
17:35Vous voulez la ville de Saint-Denis ?
17:36Parlons-en de la ville de Saint-Denis.
17:38Depuis que le nouveau maire
17:40a été élu,
17:41les gares,
17:41maintenant je discutais
17:42avec des jeunes femmes,
17:43les gares,
17:44elles ne veulent même plus
17:45aller dans la gare de Saint-Denis
17:46depuis qu'il a été élu.
17:47Pourquoi ?
17:47Parce qu'il n'y a plus
17:48de policiers municipaux ?
17:50La drogue est revenue.
17:52C'est ça.
17:53La gauche, c'est ça.
17:53Elle n'a jamais vraiment disparu.
17:56Excusez-moi.
17:56Je peux vous dire.
17:59Écoutez,
17:59j'ai été élu
18:00sur le quartier
18:00de la gare de Saint-Denis.
18:01À l'époque,
18:02c'était la scène du crâtre
18:03parce qu'elle était à Stalingrad.
18:04Elle avait été déplacée
18:05sur la gare de Saint-Denis.
18:07Et à l'époque,
18:07avec les élus
18:08dont j'étais municipaux
18:09et le ministère de l'Intérieur
18:11de l'époque
18:11qui était monsieur Hortefeux,
18:13on a réussi à mener...
18:14Donc vous n'êtes pas anti-flics ?
18:16C'est ça que vous êtes en train de dire ?
18:17Quelle doctrine vous proposez demain
18:18pour la nouvelle journée
18:20de manifestation ?
18:21Mais moi,
18:21je connais beaucoup de policiers
18:22et les policiers,
18:23ils obéissent à des ordres.
18:24Oui, bien sûr.
18:24Alors, quel ordre
18:25il faut leur donner ?
18:25Ce n'est pas le travail des policiers,
18:27c'est la doctrine
18:28de maintien de l'ordre.
18:29C'est quoi le travail des policiers ?
18:30Hein ?
18:31C'est quoi le travail des policiers,
18:32s'il vous plaît ?
18:32Non, c'est pas le travail...
18:34Non, mais qu'est-ce qu'est-ce
18:34le travail d'un policier, monsieur ?
18:36Le travail,
18:36c'est de maintenir l'ordre
18:37et s'agissant des manifestations,
18:39c'est de protéger
18:40le droit de manifester.
18:40Et quand vous avez des casseurs
18:41qui lancent des tirs de mortier,
18:43des cocktails de monotopes...
18:43Oui, mais d'accord.
18:44Ce n'est pas les manifestants,
18:45ce n'est pas les manifestants.
18:46Et qui pillent les magasins,
18:47c'est quoi le travail du policier,
18:49monsieur, à ce moment-là ?
18:50C'est de les arrêter,
18:51mais de ne pas faire d'amalgame
18:52entre la masse des manifestants...
18:55on va leur demander
18:55leur pièce d'identité.
18:56Alors, t'es un casseur,
18:57t'es pas un casseur...
18:58Non, mais il y a quand même
19:00des questions qui se posent
19:03pour essayer de faire
19:04le juge de paire.
19:05Entre vous deux,
19:06il y a quand même des questions
19:06qui se posent
19:07sur la proportionnalité
19:09sur certaines scènes
19:11de maintien de l'ordre
19:12qu'on a pu voir
19:13sur les lycées.
19:14Abdoulaye Kanté.
19:15Vous savez, juste deux minutes,
19:17je vais répondre.
19:17Effectivement,
19:18mais si un policier
19:21déborde,
19:22n'utilise pas la force
19:23de manière proportionnelle,
19:25il y aura une enquête.
19:26En Europe,
19:27nous sommes la police
19:28la plus contrôlée.
19:29Je rappelle juste deux chiffres.
19:31Je le disais tout à l'heure,
19:326600 interpellations,
19:33seulement une dizaine
19:35d'enquêtes IGPN.
19:3618.
19:37Oui, il y a aussi
19:38les enquêtes
19:38confiétiques.
19:39C'est combien d'ontologiques
19:40c'est les enquêtes locales
19:41de l'IGPN ?
19:42Attendez, Abdoulaye Kanté,
19:44vous vouliez intervenir.
19:44Je vais juste intervenir
19:46simplement pour dire
19:47que nous,
19:48tout ce qui nous importe
19:48en tant qu'adulte,
19:51c'est effectivement,
19:52il faut entendre
19:53la manifestation,
19:53il faut entendre
19:55les lycéens,
19:56les revendications.
19:57Mais pour autant,
19:58je pense aussi que derrière,
19:59vous avez des policiers
19:59qui sont là
20:00pour protéger ces manifestants
20:01et tout aussi qu'il faut
20:02qu'il y a certains partis politiques
20:03qui n'essayent pas
20:04de mettre de l'huile sur le feu.
20:05Et quand un policier,
20:06évidemment,
20:07excusez-moi,
20:07je vais être un peu vulgaire,
20:08merde,
20:09effectivement,
20:09tout de suite,
20:10il y a une enquête
20:10qui est déclenchée.
20:11Systématiquement.
20:12On est l'une des policiers.
20:13Sous d'ailleurs la responsabilité
20:14d'un magistrat.
20:15C'est souvent quand il y a des images.
20:17C'est aussi partout
20:18il y a des images
20:19sur les réseaux sociaux
20:20que derrière,
20:20il y a des saisines de l'IGPN
20:22et sinon,
20:23ça ne se traduit pas toujours.
20:25C'est pour ça que là,
20:26je suis au Conseil de Paris
20:26et le préfet de police
20:27l'a redit
20:28que systématiquement,
20:29dès qu'il y a une intervention,
20:31déclenchement automatique
20:31de la caméra qui fonde.
20:32Comme ça,
20:33ça permettra
20:33de mettre les poils
20:34sur les interpellations.
20:35Allez,
20:35dans un instant,
20:36merci messieurs,
20:36dames.
20:37Mais si je peux me permettre
20:37le mot de désescalade,
20:38je l'ai proposé à Sébastien Lecornu
20:40hier dans ma question.
20:41La désescalade,
20:42elle doit venir aussi
20:43du gouvernement
20:44qui doit enfin entendre
20:45les revendications
20:45et apporter des réponses.
20:46C'est la réponse politique.
20:48C'est ce qu'on aura
20:48tout à l'heure
20:49comme réponse
20:50à 18h30.
20:52Puisque le Premier ministre
20:55s'exprimera tout à l'heure
20:56et vous suivrez ça,
20:57bien sûr,
20:57sur BFM TV.
20:59Du coup,
21:00notre programme habituel
21:01est un petit peu bouleversé.
21:02D'ailleurs,
21:02dans un instant,
21:03discussion sur cette crise
21:05ici entre Charles Consigny
21:06et Jean-Michel Blanquer,
21:08l'ancien ministre
21:09de l'Éducation nationale,
21:10puisque c'est l'une
21:11de ces réformes,
21:11le fameux parcours suivi
21:13qui se retrouve aussi
21:13au cœur de la contestation
21:15aujourd'hui.

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